Projet de libéralisation de la Messe selon le missel de 1962

« Ceci est mon corps, qui est livré pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. » (Lc 22.19)
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Message non lupar jean_droit » ven. 03 nov. 2006, 15:48

Simple apport à cette disussion :

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COMMUNIQUE AU SUJET DU POSSIBLE MOTU PROPRIO SUR LA MESSE

Depuis quelques semaines une folle effervescence agite certains esprits au sujet de « la messe en latin ». Or la question dépasse largement la langue latine. La messe grégorienne a, fidèle à la tradition apostolique de Saint Pierre, 15 siècles d'existence. « La messe en français » est une pure fabrication du pontificat de Paul VI, sans lien authentique avec la tradition de l’Église.

En 2000, à l’occasion de son pèlerinage à Rome, la Fraternité Saint-Pie X avait demandé aux autorités romaines deux gestes préalables pour faire avancer des discussions en vue d’accords. Le premier, la libéralisation de la Messe grégorienne semblait, selon le Vatican, irréalisable.

Deux ans après, plus d’une centaine de jeunes prêtres diocésains français, n’ayant pas vécu le concile Vatican II, demandaient courageusement au Saint-Père cette libéralisation du rite grégorien.

En 2005, un prêtre de Perpignan, célébrant régulièrement et en cachette la messe grégorienne, est sacré évêque diocésain.

Aujourd’hui, une petite poignée de jeunes prêtres, n’ayant aucune connaissance de ce rite célébré selon la tradition de Saint Pierre jusqu’en 1969, organise une fronde médiatique contre une possible liberté liturgique.

Leur réaction, certainement motivée par quelque ignorance, ne doit pas voiler certaines réalités.

La révolution théologique et liturgique de Vatican II c’est 100 000 prêtres, depuis 1970, qui abandonnent le sacerdoce dans le monde. L’Église n’avait jamais connu telle défection, et cela continue.

En 2006, sur l’ensemble des jeunes français qui sont entrés au séminaire, (173) Fraternité Saint-Pie X comprise, 25 % se destinent à la liturgie grégorienne. Quand on connaît les multiples obstacles qu’ils rencontrent aujourd’hui, c’est un exploit.

En Languedoc-Roussillon, plus de 60 prêtres, délaissés par leurs évêques, ne célèbrent la Messe que dans ce rite antique. Et combien d’autres aspirent à faire de même !

Rien qu’à Fabrègues-Montpellier, nous avons eu une ordination sacerdotale l’an dernier, nous en aurons une autre dans deux ans, puis une autre dans trois ans… Une jeune fille vient de prononcer ses premiers vœux chez nos sœurs, une autre est rentrée chez les Dominicaines enseignantes en septembre.

Alors que la mondialisation emporte tout, qu’aucune unité liturgique et théologique n’est assurée avec la Messe de Paul VI, le rite grégorien est une véritable chance pour l’Église. Alors que les banlieues, laissent des jeunes à la merci du désespoir et des pires influences, notre apostolat liturgique dans les quartiers porte du fruit.

Nous ne demandons qu’un peu de liberté et de considération.

Abbé Marc Vernoy, prieur fsspx ordonné en 1995

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Message non lupar jean_droit » ven. 03 nov. 2006, 15:56

Point de vue de la FSSP :

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PARIS, 20 oct 2006 (AFP) - Messe en latin: pas besoin d'avoir peur, selon la Fraternité Saint-Pierre
Les projets du Vatican pour faciliter la messe en latin ne doivent pas faire peur aux catholiques, a déclaré à l'AFP l'abbé Armand de Malleray, secrétaire général de la Fraternité Saint Pierre, principal institut des traditionalistes restés fidèles au pape lors du schisme intégriste de Mgr Marcel Lefebvre en 1988.

Q: Que pensez-vous des projets de libéralisation de la célébration de la messe selon le rite de Saint Pie V d'avant Vatican II, que vous pouvez célébrer avec autorisation de l'évêque ?

R: Nous accueillons avec joie ce projet. Dix-huit ans après notre création, notre expérience montre que cela peut être mis en oeuvre dans la paix et avec fruit avec les diocèses.

Cela correspond à une vraie demande: nous avons des contrats dans 86 diocèses sur quatre continents et avons accompagné mille jeunes aux Journées mondiales de la jeunesse de Cologne en 2005. En 18 ans, nous sommes passés de 12 à 330 membres dans le monde, dont 14 prêtres ordonnés par an depuis sept ans.

Q: Etes-vous troublé par le traitement dont ont bénéficié en septembre cinq ex-lefebvristes autorisés à créer l'institut du Bon-Pasteur avec usage exclusif du rite Saint Pie V ?

R: La réconciliation de ces frères prêtres nous réjouit. Canoniquement, le Bon-Pasteur est une société cléricale de droit pontifical comme la Fraternité Saint-Pierre. Quant à la célébration du rite de Saint Pie V, nos Constitutions disent "fidèlement", les leurs disent "exclusivement". Sur Vatican II, que nous recevons à la lumière de la Tradition, le Saint-Siège a également prévu dès 1988 notre collaboration par "une attitude positive d'étude et de dialogue sur les points qui font difficulté".

Q: Pensez-vous que les lefebvristes de la Fraternité Saint Pie X renouent bientôt avec le Vatican?

R: Ils ont vraiment besoin d'être rassurés et regardent ce qui se passe avec nous. Pour eux, si Rome les invite à la pleine communion mais ne nous soutient pas devant les difficultés, ce n'est pas crédible.

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Message non lupar jean_droit » ven. 03 nov. 2006, 16:29

"Vatican II a rétabli la tradition de la communion dans la diversité"
Entretien avec Luc Perrin*

LIBERTE POLITIQUE. — L’annonce d’un projet de libéralisation de la messe tridentine a semé le trouble dans l’Église de France. Des évêques croient devoir soutenir des collectifs de prêtres qui s’inquiètent d’une remise en cause de Vatican II. La perspective de l’existence de deux rits dans l’Église latine est fortement critiquée : le bi-ritualisme serait contraire au principe même de la communion. On s’étonne que des arguments aussi lourds aient pu échapper au théologien Joseph Ratzinger. D’où vient alors la difficulté ?

LUC PERRIN. — Il y a une ignorance cultivée si je puis dire. D'abord le rit "tridentin" est une facilité de langage qui obscurcit le débat. Le parallèle, faux, avait certes été fait par Paul VI lui-même : au concile de Trente, le rit tridentin (1570) ; au concile Vatican II, le Novus ordo missæ (1969 et éditions successives, nous en sommes à la troisième). Mais il n'y a rien de comparable entre l'œuvre liturgique de saint Pie V et celle que Paul VI a fini par couvrir de son autorité. Les retouches apportées en 1570 sont très modestes et la commission pontificale a surtout repris le rit en usage à la cour de Rome. Ce missel de saint Pie V a lui-même connu quelques petites retouches, par ajout de messes lors de fêtes nouvelles ou les prières prescrites par Léon XIII ; sous Pie XII et Jean XXIII quelques réformes ont été introduites, notamment celle de la Semaine sainte, si bien qu'il faut parler du missel du bienheureux Jean XXIII (1962).

C'est à ce type de réformes que la grande majorité des Pères de Vatican II s'est ralliée, au point que l'abbé Berto, théologien de Mgr Lefebvre, pouvait écrire après le vote de la constitution conciliaire qu'elle n'ajouterait "que peu de choses à ce qui se pratique jusqu'ici".

Mais il faut rappeler un fait oublié par l'unification rituelle récente de l'Église latine : le XIXe siècle a connu avec la généralisation du missel romain une révolution liturgique. Avant le règne de Pie IX et le mouvement d'uniformisation lancé par dom Guéranger, on observe une joyeuse diversité rituelle, notamment en France, avec des messes proches certes du rit romain, mais néanmoins différentes, suivant les diocèses, et après le Concordat, au sein d'un même diocèse issu de plusieurs diocèses d'Ancien Régime. Sans oublier ni les rits liés à des ordres religieux comme le rit dominicain, ni les usages (celui de Braga au Portugal, le "Sarum rite" anglais d'avant la Réforme, l'usage lyonnais), ni les rits propres comme celui de Milan, le vénérable rit ambrosien que le cardinal Montini célébra en 1962 devant les Pères de Vatican II.

Mieux, dans la bulle Quo primum qui promulgue "son" missel, saint Pie V canonise paradoxalement le multi-ritualisme au sein de l'Église latine en confirmant la légitimité des rits latins dont l'existence est attestée depuis 200 ans. Or en 1570, beaucoup de diocèses pouvaient le faire. Comme l'a bien expliqué Nicole Lemaitre, l'unification très progressive autour du missel de 1570 a d'abord été une question économique. L'usage romain se répand inégalement et jamais complètement avant 1870, avec un mouvement inverse au XVIIIe siècle en France. En réaffirmant la légitimité de la pluralité rituelle, Vatican II s'inscrit, en fait, en droite ligne du texte de saint Pie V et solennise aussi la protection des rits orientaux, croissante depuis Léon XIII. Saint Pie V proposait là où Paul VI, sans le faire pour autant en droit jusqu'au bout, tentait d'imposer.

La constitution Sacrosanctum concilium (1963) prescrit une réforme du rit romain alors en vigueur, en donnant des grandes lignes et une consigne formelle : que les innovations s'inscrivent dans un développement organique, donc homogène. Aucun liturgiste de bonne foi ne peut soutenir que le rit romain nouveau de 1969 constitue un "développement organique" par rapport au missel de 1962. Cette règle d'or, affichée par le Concile, a été ignorée par les experts qui, plus que les évêques et le cardinal Lercaro, ont principalement animé le "Consilium" créé par Paul VI en 1964 : il est assez symbolique que l'on ait publié une première édition d'un nouveau missel et non l'édition révisée sous l'autorité du pape Paul VI du missel romain jusque là en vigueur.

Parmi les multiples ruptures introduites dans la tradition liturgique romaine, ce nouveau missel multiplie les "prières eucharistiques" en lieu et place de l'unique Canon romain. Mis à part dom Guy Oury en son temps, personne ne s'est vraiment risqué à prétendre qu'il y a identité entre le missel de Jean XXIII et celui de Paul VI. J'espère qu'un jour pas trop lointain, tout le monde pourra lire le témoignage accablant du P. Louis Bouyer, membre du Consilium, qui montre en termes crus à quel point le nouveau rit est une "fabrication" comme l'a écrit Joseph Ratzinger. Le témoignage du cardinal Antonelli, secrétaire de la Commission conciliaire et membre du Consilium, a été partiellement publié : il est déjà édifiant.

Revenons à l’argument central. Mgr Raffin, qui oppose "deux rites à la fois très proches et très différents", craint que la coexistence entre les missels de 1962 et de 2002 "finirait [selon lui] par nuire à l’unité de l’Église catholique". Qu’en pensez-vous ?

Odon Vallet, et bien d'autres avec lui, dit la même chose encore plus brutalement : "Il me semble difficile d'avoir deux rites aussi différents au sein d'une même Église" (Témoignage chrétien, 2/11/2006). L'évêque de Metz, qui a toujours refusé d'appliquer le motu proprio Ecclesia Dei de Jean-Paul II, souligne lui-même la différence quand il récuse le précédent historique de la coexistence multi-rituelle, au prétexte que les rits sauvegardés par saint Pie V "n’étaient en fait que des variantes du rite romain", affirmation qui demanderait quelques nuances. Prenons un exemple connu de tous : le diocèse de Milan célèbre la messe différemment de Rome depuis des siècles ; il a fourni un saint Charles Borromée et des papes sans que quiconque s'en plaigne. Il y a donc matière à perplexité devant ces jugements. Dans la critique, une part d'idéologie et de volonté polémique ne peut être écartée.

Comment l’évêque d’Angoulême peut-il s'épouvanter d'un biritualisme qui rendrait l'exercice de la communion ecclésiale impossible ?

Le P. Gy op créditait le nouveau missel, dont il fut l'un des auteurs, d'avoir desserré l'uniformité du rit romain, en multipliant les possibilités et variantes pour les conférences épiscopales et les prêtres suivant les contextes sociaux, culturels, d'âge, etc. La diversité liturgique est aujourd'hui la norme partout dans le monde. Les "rétrogrades", pour citer une formule malencontreuse appliquée récemment aux conceptions liturgiques de J. Ratzinger, sont ceux qui s'en offusquent subitement. À Paris, on trouve la messe moderne en latin, la messe romaine traditionnelle, plusieurs messes selon plusieurs rits orientaux distincts et une quantité de messes modernes en langue vernaculaire, une par prêtre et par communauté ou presque. Aux normes déjà très lâches du missel romain, il faut bien sûr ajouter les innombrables innovations introduites à la fantaisie des célébrants et des équipes liturgiques locales.

Aux États-Unis, les grandes villes ont plus encore qu'en Europe des églises "nationales", pour les fidèles d'origine latino-américaine, chinoise, polonaise, italienne, roumaine, allemande... Si un évêque de 2006 est incapable d'être le lien de communion dans son diocèse à cause de prêtres et de groupes de fidèles attachés au missel de Jean XXIII, ce n'est pas la tradition liturgique de l'Église latine ni le pape qu'il doit incriminer mais, peut-être, un aggiornamento qu’il doit opérer dans l'exercice de son ministère d'unité.

Mgr Vingt-Trois pose la question avec sagacité : "Est-ce une communion de l'Église uniformisée et uniformisante ou qui fait droit à des différences de sensibilité, d'approche?"

La diversité, régulée et entre rits légitimes, unit la plus pure Tradition à notre modernité contemporaine. Si elle est harmonieusement mise en œuvre, elle n'autorise pas l'anarchie, redoutée à bon droit par l'évêque d'Angoulême comme contraire au catholicisme.

Par la distinction de deux formes du rit romain, astucieuse mais qui peut légitimement prêter à discussion [1], le pape Benoît XVI — pour autant que les fuites et annonces soient justes — ferait ainsi « droit à des différences de sensibilité, d'approche », pour reprendre les termes de l'archevêque de Paris.

Rien de vraiment neuf dans la longue histoire de l'Église latine, rien de révolutionnaire par rapport à ses prédécesseurs. Paul VI avait maintenu une possibilité, très réduite, de célébrer selon le missel de 1962 : il avait par exemple accordé au saint Padre Pio un indult pour ne pas introduire les nouveautés de 1964-1965. Jean-Paul II a accordé en 1984 un indult universel et exhorté les évêques en 1988, puis à nouveau en 1998, à le mettre en œuvre avec "générosité". Il avait réuni en 1986 une commission qui concluait, au témoignage du cardinal Stickler, que l'ancien missel n'avait jamais été aboli et que chaque prêtre de l'Église latine pouvait y recourir. Devant les oppositions, notamment celle du cardinal Hume, le Saint-Père avait renoncé à publier ces conclusions, ne leur donnant pas force de loi. Le projet de motu proprio de Benoît XVI parachèverait donc ce que Jean-Paul II avait largement entrepris.

Quelle appréciation portez-vous sur les différences de traitement entre 1988 (refus d'un schisme par une minorité à qui il faut trouver un statut) et 2006 (retour au bercail de quelques schismatiques eux-mêmes marginalisés et en conflit avec leur communauté) ?

Sur le plan de l'accueil des groupes de prêtres et religieux traditionalistes — intégristes si vous voulez mais le mot a sa part de "stigmatisation" et cela n'est guère de mode dans notre société — je vois plus de continuité que de différences. Pour ce que l'on en sait, mais ils n'ont été rendus publics que très partiellement, les statuts de l'Institut du Bon Pasteur créé en septembre n'apportent guère de nouveauté par rapport à ceux de la Fraternité Saint-Pierre.

Dans ce domaine, le véritable tournant était 2001-2002, quand Jean-Paul II créa l'administration apostolique personnelle St-Jean-Marie Vianney sur le territoire de Campos au Brésil. Sur le même diocèse coexistent depuis quatre ans, très pacifiquement, dans la pleine communion romaine, des paroisses avec la messe moderne en portugais et des paroisses avec la messe traditionnelle latine. On n'a pas entendu l'évêque résidentiel de Campos récriminer avec véhémence : point de "schisme", point de violences, Vatican II n'a pas été supprimé à Campos, la Conférence épiscopale brésilienne n'a pas explosé pour avoir accueilli un évêque traditionaliste. Ce qui est vrai au Brésil ne pourrait-il l'être ailleurs ?

Les évêques français ont-ils une réflexion commune à l’égard du monde traditionaliste, et une stratégie pour résoudre les difficultés ?

"Les évêques", c'est constituer un bloc un peu vite. Des catholiques, nombreux parmi ceux et celles qui sont engagés dans la vie de l'Église, ont longtemps ignoré le fait traditionaliste. Les dignes vieillards et bonnes vieilles, trop routiniers, allaient mourir doucement. Mais en parallèle avec ce qu'on a appelé la "génération Jean-Paul II" au sein de l'Église dite conciliaire, il y eut, il y a une génération traditionaliste, jeune et militante. La Tradition, même en l'identifiant par raccourci au XIXe-mi XXe, a produit du... neuf, y compris en France.

Dans sa thèse (Les Communautés nouvelles, Cerf, 2004), Olivier Landron a bien montré la grande difficulté des cadres de l'Église de France à comprendre les nouveaux mouvements, à les accueillir et à les reconnaître. Ce qui fut vrai, et reste parfois vrai, du Néo-catéchuménat, de l'Emmanuel, des Frères de Saint-Jean ou de la Communauté Saint-Martin l'est encore plus des groupes laïcs et instituts de prêtres traditionalistes.

Par contraste, l'Église flamboyante du "renouveau", de "l'esprit du Concile", celle après laquelle soupire certains évêques comme Mgr Noyer (évêque émérite d’Amiens, Ndlr) se meurt au vu et au su de tous ceux qui veulent regarder les bancs vides, les séminaires aux effectifs squelettiques, les finances des diocèses en diminution régulière, les "équipes animatrices" vieillissantes, les mouvements d'Action catholique qui inexorablement rejoignent les collections de la Galerie de l'évolution du Jardin des Plantes, parmi les espèces en voie d'extinction. Cette Église du "printemps" connaît son automne et bientôt son hiver en Europe de l'Ouest, de "réaménagement pastoral" en "restructuration paroissiale", elle recule mais toujours sur des lignes préparées à l'avance comme on dit en temps de défaite. Regardez les produits des années soixante, ces barres de béton que l'on dynamite… : la société occidentale a tourné la page. Dans l'Église, les évolutions sont identiques mais à un rythme propre, plus lent.

Dans cette débâcle, le dynamisme affiché des petits groupes traditionalistes, avec d'autres comme ceux cités précédemment, contribue à créer un catholicisme néo-intransigeant de diaspora. Ce dynamisme relatif est mal vécu par la structure ecclésiale française. D'autant plus mal qu'il est communicatif : dans les congrégations religieuses, les rares jeunes sœurs n'ont pas peur de l'habit ; à Strasbourg un jour d'ordinations, un prêtre à l'ancienne venu de la pastorale ouvrière des années 1960-1970, s'interrogeait avec l'humour qui ne quitte jamais les Alsaciens : "Mais le séminaire a brûlé ? ... c'est tout noir." Les jeunes prêtres étaient très majoritairement en tenue de clergyman et col romain, et l'habit, quoiqu'on dise, fait toujours un peu le moine.

Fermer les yeux sur ce dynamisme comme le fait l'Annuaire de l'Église de France ou le combattre ouvertement au nom d'un "Concile" bien éloigné des textes de Vatican II, chercher à le confiner dans une camisole de force canonique, ce qui semble avoir tenté l'assemblée d'avril dernier de la Conférence épiscopale, s'efforcer d'attirer dans le clergé diocésain (nouveau rit), le plus possible de jeunes prêtres que le rit romain traditionnel a éveillé à la vocation, telles sont les stratégies dominantes aujourd'hui.

On est loin de l'appel à la générosité de Jean-Paul II, vieux de dix-huitans déjà ; on est loin aussi des développements sur l'ecclésiologie de "communion" à laquelle se réfèrent toujours les plus farouches opposants à un plus libre recours au missel de Jean XXIII.

Relevons cependant que les retentissants communiqués épiscopaux ne disent pas tout : en 2005, Mgr Rey à Toulon érigeait la première paroisse personnelle dédiée au rit romain traditionnel et Mgr Doré, co-signataire d'un de ces communiqués, vient d'ériger à son tour une quasi-paroisse personnelle à Strasbourg, la seconde en Europe donc. A Bordeaux, le cardinal Ricard a notablement évolué par rapport à la politique de son prédécesseur : il a confié deux lieux de culte à deux instituts traditionnels, incardiné un prêtre qui célèbre selon les deux missels à Saint-Bruno et il négocie la convention relative à Saint-Éloi, confiée au Bon Pasteur. Une partie de l'épiscopat français, minoritaire encore, entre dans l'approche pragmatique adoptée, depuis longtemps, par la grande majorité des évêques outre-Atlantique.

Quelle est la part de la mauvaise conscience ou de la blessure légitime dans cette sur-réaction dans l’Église de France ?

Oui, la "sur-réaction" est manifeste. Le tapage clérical fait autour de la reconnaissance de l'Institut du Bon Pasteur (cinq prêtres au départ, huit aujourd'hui) laisse songeur. Qu'arriverait-il demain si Rome et Mgr Fellay parvenaient à trouver une voie de réconciliation, avec plus de 460 prêtres de par le monde ? Quant aux blessures, dans cette affaire, traditionalistes et "conciliaires" peuvent être renvoyés dos à dos : chacun, jusqu'à ce jour, a porté des coups à l'autre, chacun peut alternativement tenir le rôle de Caïn et celui d'Abel.

Parmi les raisons qui contribuent au malaise, moins net dans des Églises plus vivantes comme celle des États-Unis ou d’Australie, il y a sans doute un effet lié à l'âge des élites cléricales et laïques françaises, effet aggravé par un renouvellement réduit. Ceux qui ont désappris leur jeunesse cléricale dans l'immédiat après-Concile ne peuvent accepter que des plus jeunes marchent dans les chemins qu'ils ont eux, péniblement ou joyeusement, quittés. Mgr Raffin en donne un indice : "Lorsque j'ai été ordonné prêtre selon l'ancien Pontifical, il m'en coûta beaucoup de devoir proférer le Canon de la messe secreto." Bien des prêtres de sa génération n'aimaient pas la liturgie qu'ils devaient célébrer. Comment comprendre que des jeunes, aujourd'hui, embrassent avec passion ce qui "coûtaient" tant à l'époque à leurs aînés ? En 1969, dans l'enquête organisée par l'épiscopat français, une énorme majorité de prêtres se prononçait pour une liberté totale de célébrer la liturgie : l'anti-rubricisme, l'indifférence aux rites, était absolue.

Paul VI, sans aucun succès (1965 Mysterium fidei), Jean-Paul II, avec plus de constance (2003 Ecclesia de Eucharistia), se sont efforcés de ramener dans le catholicisme ordinaire la doctrine liturgique pérenne. On se souvient que Mgr Le Gall, président du Comité épiscopal de liturgie, déclarait que l'instruction Redemptionis sacramentum en 2004 ne concernait pas notre pays : les "abus" avaient disparu. Pourquoi donc Rome a continuellement publié des instructions appelant les évêques à réprimer les abus liturgiques, dès 1980 sous le pontificat de Jean-Paul II jusqu'aux grands textes de 1997, 2003 et 2004 ? Tout historien sait que la fréquence des rappels à l'ordre, en quelque domaine, indique la persistance de comportements en rupture avec la norme prescrite.

Dans cette France idyllique, les sondages nous disent que près de 70% des catholiques ne croient pas à la Présence réelle, après quarante ans de liturgie en français, une liturgie qui aurait toutes les vertus pédagogiques. Selon Eamon Duffy, le fidèle anglais du début du XVIe siècle courait pour voir son Créateur lors de l'élévation du Saint-Sacrement, tombait à genoux les mains jointes en adoration : rien ne lui importait plus, parfois à plusieurs reprises quotidiennement. Le latin n'avait pas été un obstacle à sa compréhension profonde de ce qui est au cœur de la messe pour les catholiques et les chrétiens d'Orient. Ce que le plus humble des paysans du Moyen Âge pouvait comprendre, la majorité très éduquée de nos contemporains n'y parvient pas. Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre.

L'épiscopat français est-il prêt à exercer pleinement le droit d'inventaire des choix pastoraux d'après Vatican II ?

Une partie de ce travail a été effectué. On relit avec effarement les textes du début des années 1970 ; le ministère de prêtre-ouvrier était l'avenir, il est aujourd'hui surtout affaire d'historiens et d'historiennes. Le discours du pape sur la (compréhension du Concile) de décembre 2005 appelle à faire ce travail d'inventaire d'une façon plus poussée, à discerner parmi cet héritage les éléments qui restent utiles pour notre temps, qui est bien loin de l'optimisme occidental triomphant dans lequel Vatican II a baigné.

Les résistances françaises semblent frappées au coin d’un certain gallicanisme. Le traditionalisme ne répond-il pas à une crise universelle ?

Je pense que personne n'est mieux au fait des réticences et résistances françaises que Benoît XVI sur ces questions qu'il a suivies personnellement depuis 1988. Rappelons que l'incompréhension de l'épiscopat français des années 1970 a pesé lourdement dans la démarche schismatique de Mgr Lefebvre, d'autant plus lourdement que ce refus de comprendre fut relayé et aggravé par les cardinaux Garrone et Villot auprès de Paul VI. Ce n'est pas un cardinal Thiandoum qui aurait poussé son ancien archevêque hors de la communion : le cardinal Arinze a sûrement gardé le souvenir de cet illustre cardinal africain comme lui, très actif à Vatican II. Le traditionalisme et la question liturgique — celles qui portent sur d'autres problèmes aussi — ne sont pas une chasse gardée française. C'est une idée assez répandue chez nous, parfaitement erronée. Le traditionalisme est au moins autant nord-américain que français.

L'homologue américain de Mgr Pontier, le cardinal George, archevêque de Chicago, vice-président de la Conférence épiscopale, a déclaré il y a plusieurs années déjà que le rit traditionnel était pleinement légitime : il y a dans son diocèse une paroisse bi-rituelle et une autre confiée à l'Institut du Christ-Roi. Dans plusieurs diocèses, des paroisses personnelles et quasi-paroisses ont été érigées par les évêques ainsi qu'au Canada ; la Fraternité Saint-Pierre a dû bâtir un nouveau et vaste séminaire à Denton (en 2000) pour faire face à la demande.

Très lentement, le rit romain traditionnel retrouve, ça et là, droit de cité parmi les peuples en Afrique, Asie, Océanie, Amérique latine, qui peuvent le revendiquer autant que les Français comme leur patrimoine liturgique.

Léon XIII connaissait les réticences françaises mais il demanda quand même le ralliement à la République. Pie XI connaissait les élans pour l'Action française mais il engagea néanmoins l'Église de France à s'en séparer. Mais il est encore trop tôt pour écrire le "Pourquoi Rome a parlé" de 2006.



*Luc Perrin est historien, enseigne à l’université Marc-Bloch de Strasbourg. A publié L’Affaire Lefebvre, Cerf, 1989 ; Paris à l’heure de Vatican II, Ed. De l’Atelier, 1997.

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Manque de Charité et d'Amour

Message non lupar Boris » dim. 05 nov. 2006, 20:07

Malgré l'encyclique Deus Charitas Est, je trouve que les chrétiens bobos manquent cruellement d'Amour et de charité envers leur propres frères :
- quand on lit La Croix ou La Vie (qui n'est plus la Vie Chrétienne), on voit passer des articles assasins sur une possible ouverture plus large de l'ancienne forme du Rite Romain
- ces querelles sont reprises, déformées et amplifiées par la presse (athée, anti-catho, ... qui n'y connait rien)

Tout ça pour quoi ?

Pour que le Pape fasse ce qu'il peut pour maintenir ou réunir l'ensemble des Chrétiens !
Est-ce par ces refus des certaines classes de catholiques (Evêques inclus) que cette réunion va ce faire ? Non, s'il le faut elle se fera sans eux qui ne veulent rien comprendre à rien !
Car si les "tradis" peuvent célébrer de manière plus aisé l'ancienne forme du rite, qu'est-ce que cela va changer dans les autres paroisses ? Si les cathos bobos refusent de faire une relecture de leurs actions à la Lumière du texte du Concile, ce ne sont pas les "tradis" célébrant l'ancienne forme qui vont venir le faire à leur place.

Je constate juste que cette mini haine n'est que dans un seul camp ! Que cette rumeur d'une plus grande unité entre frères n'en fait rire jaune que certains, qui déjà refusent tout ce qui vient du Vatican (ou en grande partie, surtout si cela demande des efforts et va à l'enconte de la société) !

Ce manque d'Amour est un manque de Dieu ! Car Dieu est Amour et comme nous l'ont montré nombre de saints, l'homme ne sait pas aimer, c'est Dieu qui aime au travers de lui.


Prions donc pour l'unité, pour notre Pape et pour que la Vérité transmise à l'Eglise soit entendue et reconnue des fidèles.
Prions aussi pour tous ceux qui manquent d'Amour pour qu'ils s'ouvrent à Dieu et se tournent vers Lui.
UdP,
Boris

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Message non lupar jean_droit » lun. 06 nov. 2006, 14:45

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Boris.
Je trouve que c'est une très bonne chose que la Pape, et nous, tendions la main vers les fidèles de la FSSPX.
Cela s'est déjà fait au Brésil à la satisfaction de tout le monde.
Il est bien évident qu'il ne saurait être question d'un "ralliement inconditionnel" des traditionnalistes.
A nous et à eux de faire en sorte que tout se passe au mieux.
A nous d'essayer de faire revenir dans la Grande Eglise le maximum de fidèles traditionnalistes qui n'ont que faire des querelles "de clocher".
Je pense que chacun de nous pouvons oeuvrer dans ce sens.
Cela fait déjà plusieurs mois que j'ai envoyé des messages à certains évêques pour leur proposer de faciliter la célébration de quelques messes tridentines.
Il faut espèrer que les choses évoluent lentement avec le temps.
La réaction des "progressistes" est excessive et il s'agit d'une grosse manipulation médiatique.
Il me semble qu'il nous faut la dénoncer sans faiblir.
Sans jeter de l'huile sur le feu.
Et soutenir sans défaillir Benoît XVI.

jean_droit
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Message non lupar jean_droit » jeu. 09 nov. 2006, 12:07

Voici une analyse du Figaro qui me semble de bon almoi :

...............

L'ANALYSE de Guillaume Tabard *. LE FIGARO du 09/11.

Pétitions, lettres et interviews d'évêques parlant de choix « grave » ou « préoccupant »... La simple perspective d'une « libéralisation » du rite tridentin, c'est-à-dire de la célébration de la messe selon le missel de Pie V, en vigueur jusqu'en 1969, suscite la polémique au sein de l'Église de France. En cherchant à mettre un terme à la dissidence lefebvriste, Benoît XVI aurait-il déclenché ou réveillé une crise au sein de l'Église ? À l'inverse, la vivacité des réactions traduit-elle la persistance du vieux « complexe antiromain » en France, celui qu'avait diagnostiqué le théologien Urs von Balthasar ?

Il y a dans, cette affaire, beaucoup de confusions. Pour bien des chrétiens, et a fortiori pour l'ensemble de l'opinion publique, prise à témoin du débat, les questions de liturgie sont des questions « techniques ». Dès lors, on parle de « retour de la messe en latin », expression impropre puisque le latin reste la langue officielle de la liturgie catholique et qu'une messe selon le rite de Paul VI peut tout aussi bien être célébrée en latin.

Parler de « rite latin » est tout aussi faux puisque l'expression ne renvoie pas à un clivage historique (avant ou après le concile), mais à une différence géographique et culturelle avec les « rites orientaux ». Surtout, même sur la base du texte qui circule, il ne serait nullement question de remplacer la messe de Paul VI par celle de saint Pie V, mais simplement de généraliser la possibilité de célébrer la seconde. Autrement dit, pour les fidèles de la première, l'écrasante majorité des pratiquants, rien ne serait changé.

L'autre source de confusion vient de ce que les réactions sont venues avant la décision. Certes, certains, à Rome, comme le cardinal Castrillon Hoyos, président de la commission Ecclesia Dei chargée du rapprochement avec les lefebvristes, poussent à une solution rapide et très généreuse et ont utilisé des vecteurs de communication faisant fi de la concertation avec les évêques les plus directement concernés. Mais les précisions apportées dimanche à Lourdes par le cardinal Ricard ont rappelé, utilement mais tardivement, que Benoît XVI n'était pas homme à imposer sans dialoguer.

Il n'en est pas moins vrai qu'en rouvrant la question du retour plénier dans l'Église des lefebvristes, Benoit XVI a assumé le risque de turbulences, à ses yeux moins graves que l'acceptation d'une rupture définitive.

L'ancien préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi n'a jamais pris son parti de l'échec in extremis des négociations de 1988.

La création, à cette époque, de la Fraternité Saint-Pierre et la reconnaissance de communautés attachées au missel de saint Pie V, ont permis à certains « traditionalistes » de rester en pleine communion avec Rome. Mais sans vider les rangs de ce que l'on a appelé les « intégristes ». Certains, au sein de l'Église, s'en sont accommodés, voire réjouis ; d'autres ont tablé sur une érosion numérique de cette sensibilité. Il n'en a rien été. La Fraternité Saint Pie X compte 450 prêtres. En France, les lefebvristes sont estimés à 35 000. Quelle communauté, quelle famille religieuse peut se targuer d'une mouvance de pareille ampleur ?

Pour Benoît XVI, l'impératif est spirituel avant que d'être arithmétique. Le Pape sait que plus les années passeront, plus la réconciliation sera impossible, il y a urgence.

La question du prix à payer pour cette réconciliation n'est pas mineure et les évêques qui se sont exprimés ont raison de souligner que le « schisme » (dont les « intégristes » contestent la réalité au regard du droit canon) ne repose pas uniquement sur des questions liturgiques et que les lefébvristes ne peuvent oublier que l'Église est fondée sur les évêques, successeurs des apôtres.

D'une certaine façon, Benoît XVI est dans la position du père de la célèbre parabole de l'enfant prodigue : en « tuant le veau gras » pour le fils qui s'est rebellé, il s'attire les foudres du fils qui est resté fidèle.

On peut s'étonner par ailleurs de trouver les plus hostiles à l'égard de ces catholiques séparés de Rome (« Pourquoi cet homme devait rester dehors », titrait La Vie au lendemain de la réintégration de l'abbé Laguérie) parmi les plus ouverts au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions. Il est également paradoxal que ceux qui s'inquiètent de la coexistence de deux missels et défendent mordicus l'unité liturgique au sein de l'Église ne se soient pas émus jusqu'à présent de l'extrême diversité née des libertés prises au nom de la « créativité ».

Le pari de Benoît XVI est en fait double : mettre un terme à la division entre catholiques, d'une part, et favoriser un meilleur respect, par tous, des règles liturgiques, d'autre part. « La différence entre la liturgie selon les livres nouveaux, comme elle est pratiquée en fait, est souvent plus grande que celle entre la liturgie ancienne et la liturgie nouvelle, célébrées toutes les deux selon les livres liturgiques prescrits » , faisait remarquer le cardinal Ratzinger en 1998.

Devenu Pape, il ne veut pas plus d'un « camaïeu liturgique » où chacun façonnerait les célébrations à son goût, mais que partout, quel que soit le missel utilisé, la liturgie soit vécue comme une oeuvre du Christ et non comme une mise en scène humaine.

Certes, les abus les plus criants des années 1970 ont presque tous disparu. Mais les intentions droites d'aujourd'hui s'accompagnent encore parfois d'un manque de formation quant à la signification profonde de la liturgie ; Benoît XVI veut pallier ce manque.

Le cardinal Barbarin le rappelait lundi dans Le Figaro : « Relisons attentivement la constitution du concile sur la liturgie qui demande aux célébrants une grande humilité. »

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Apaisement ?

Message non lupar jean_droit » ven. 10 nov. 2006, 15:15

Sur le site de ZENIT voici un texte dont le but manifeste est de calmer les esprits et, sans doute, d'être un point de vue un peu officiel.
Comme le discours de monseigneur Vingt Trois il essaye d'être un bel exercice d'équilibre.
Une analyse entre les lignes est tout à fait intéressante.
Comme on dirait : A charge et à décharge.
Remarque :
En lisant différentes interventions autorisées on voit :
Que l'on reconnait, enfin, que la période post conciliaire fut une période noire.
Que l'on affirme qu'il serait bon de faire une analyse objective du Concile.
Si tout le monde fait preuve de bonne volonté qui sait ....
Il faut vivre dans l'Espérance !

.........

France : Réconciliation dans l’Eglise et service de l’annonce de l’Evangile
Discours de clôture du cardinal Ricard

ROME, Jeudi 9 novembre 2006 (ZENIT.org) – « Le travail de réconciliation dans l’Eglise est important à condition qu’il soit vraiment au service de l’annonce de l’Evangile », affirme le cardinal Ricard.

Le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la conférence épiscopale française, a reçu le soutien de l’assemblée des évêques de France à Lourdes, comme il le souligne lui-même dans son discours de clôture de l’assemblée, publié par le site Internet de la conférence épiscopale, en même temps que la déclaration de soutien des évêques (http://www.cef.fr).

Le cardinal Ricard conclut sur la tâche des évêques indiquée par l’Evangile : « La communion est au service de la mission. Le Christ ne dit-il pas : « Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé » (Jn 17, 21) ? Le travail de réconciliation dans l’Eglise est important à condition qu’il soit vraiment au service de l’annonce de l’Evangile. Il ne doit pas contribuer à refermer l’Eglise sur elle-même, en centrant toutes ses énergies sur des problèmes internes. C’est d’abord aux pauvres que nous sommes envoyés ».

« Durant notre Assemblée, rappelle le cardinal Ricard, nous sommes revenus sur deux événements qui ont marqué notre actualité ecclésiale récente : la création de l’Institut du Bon Pasteur et l’information donnée par la presse de la publication prochaine d’un motu proprio qui élargirait les conditions mises à la célébration de la messe dite de « saint Pie V ». Nous savons l’émotion que ces deux nouvelles ont provoquée chez bien des prêtres, diacres et laïcs de nos diocèses. J’ai eu l’occasion d’aborder ce point un peu longuement dans mon discours d’ouverture (http://www.cef.fr). Je voudrais résumer ici, en quelques mots, le fruit de nos échanges et les convictions qui se sont exprimées lors de notre Assemblée et qui sont rappelées dans le message que vous m’avez adressé. Je vous remercie à ce propos de votre confiance et de votre soutien qui sont pour moi un grand réconfort ».

Le premier point souligné par le cardinal Ricard est la « communion profonde » des évêques de France « avec le pape Benoît XVI ». « Il sait, disait-il, qu’il peut compter sur notre collaboration fraternelle et l’aide de notre prière ».

Le deuxième point est le même souci que le pape « de travailler à l’unité de l’Eglise et d’offrir un chemin de réconciliation à tous ceux qui, à la suite de Mgr Lefebvre, ont quitté la pleine communion avec le Siège de Pierre ». « Nous portons dans notre prière cette œuvre de réconciliation qui est un fruit de l’Esprit », souligne le cardinal Ricard.

Troisième point, le refus de toute polémique: « Nous avons la conviction, continue le cardinal Ricard, que cette oeuvre ne pourra se faire qu’en redécouvrant ensemble la réalité sacramentelle de l’Eglise et qu’en accueillant, avec humilité et simplicité, la fraternité chrétienne comme un don de Dieu. Voir toutes les relations dans l’Eglise en termes de stratégies à mener, de combats à livrer, de victoires à remporter et de polémiques à intensifier ne peut que nuire à cette oeuvre de réconciliation ».

Quatrième point, le cardinal Ricard réaffirme que « l’enseignement du Concile et le dynamisme apostolique qu’il a impulsé à toute l’Eglise restent la ‘boussole’ qui oriente notre marche ».

Il fait remarquer cependant que « le Concile Vatican II est encore à recevoir », qu’il « faut toujours vérifier que son souffle anime bien en profondeur la vie et le fonctionnement de nos communautés chrétiennes » et que « l’on ne met pas sous son patronage des façons de vivre, de penser, de célébrer ou de s’organiser qui n’ont rien à voir avec lui ».

Le cinquième point concerne une réflexion sur les « différends avec les fidèles qui ont suivi Mgr Lefebvre dans son ‘non’ à Rome » : ils ne sont pas d’abord « liturgiques, mais théologiques – autour de la liberté religieuse, de l’oecuménisme, du dialogue interreligieux – et politiques ».

Pourtant, souligne le cardinal Ricard, il ne s’agit pas de « minimiser l’importance de la liturgie qui est au coeur de la vie ecclésiale ».

Dans son sixième point, le cardinal Ricard affirme : « Nous souhaitons poursuivre l’accueil de ceux qui gardent un attachement à la messe dite de ‘saint Pie V’. Une diversité est possible. Mais celle-ci doit être régulée. Il en va de l’unité de la liturgie et de l’unité de l’Eglise. On ne saurait livrer le choix d’une des formes du rite romain – messe de ‘saint Pie V’ ou messe de ‘Paul VI’ – à sa seule subjectivité. Une Eglise où chacun construirait sa chapelle à partir de ses goûts personnels, de sa sensibilité, de son choix de liturgie ou de ses opinions politiques ne saurait être encore l’Eglise du Christ. Il faut résister aujourd’hui à la tentation d’une ‘religion à la carte’. Comme évêques, nous sommes prêts à veiller, avec le Saint-Père et sous son autorité, à l’unité et à la communion au sein de nos Eglises locales et entre nos Eglises ».
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Re: Apaisement ?

Message non lupar Miles Christi » ven. 10 nov. 2006, 17:13


France : Réconciliation dans l’Eglise et service de l’annonce de l’Evangile
Discours de clôture du cardinal Ricard

ROME, Jeudi 9 novembre 2006 (ZENIT.org) – « Le travail de réconciliation dans l’Eglise est important à condition qu’il soit vraiment au service de l’annonce de l’Evangile », affirme le cardinal Ricard.


Quatrième point, le cardinal Ricard réaffirme que « l’enseignement du Concile et le dynamisme apostolique qu’il a impulsé à toute l’Eglise restent la ‘boussole’ qui oriente notre marche ».
La formulation est plutôt dérangeante: parler du "Concile" sans préciser lequel, implicitement Vatican II, c'est survaloriser le concile en question et faire comme si les autres n'avaient plus désormais qu'une importance mineure, impression confirmée et renforcée par l'allusion à la boussole, car autant que je sache pour s'orienter nul besoin d'avoir 36 boussoles.

Cela peut sembler relever de l'anecdote, mais pour celui qui sait lire en filigrane c'est beaucoup plus problématique que cela: déjà parce qu'à ce niveau élevé de la hiérarchie catholique les mots ne sont pas choisis au hasard, ils sont pesés et soupesés, et ensuite parce qu'il y a une habitude couramment répandue en théologie, scolastique, qui consiste à désigner ceux qui font autorité non par leur nom propre mais par un nom commun: ainsi le Philosophe désigne Aristote, le Commentateur Averroès. La raison d'une telle pratique est que l'Eglise a pendant longtemps considéré qu'un auteur, c'est (étymologiquement) celui qui a l'auctoritas, à Rome l'auctoritas était détenue par le Sénat, par les plus anciens donc, ceux qui avaient vécu, fait leur preuve et qui imposaient le respect. Juste après la mort de Saint Thomas d'Aquin certains théologiens allèrent même jusqu'à refuser de lui concéder le titre d'"auteur" estimant que son nom n'avait pas encore traversé suffisamment de siècles pour qu'il fasse autorité. Aujourd'hui on accorde le titre d'auteur à monsieur tout le monde et si je dis le Philosophe personne ne saura de qui je veux parler, alors que jadis tout le monde savait que le Philosophe était Aristote. Donc parler du "Concile" c'est comme parler du concile du millénaire...

Alors que le concile Vatican I est d'un point de vue dogmatique beaucoup plus important et que les catholiques libéraux sont toujours sous le coup de l'anathème pour avoir refusé leur assentiment à un dogme: celui de l'infaillibilité papale. Peut-être faudrait-il donc commencer par là...

In cruce salus. In cruce vita. In cruce protectio ab hostibus. In cruce robur mentis. In cruce gaudium spiritus. In cruce virtus summa. In cruce perfectio sanctitatis. Non est salus animae, nec spes æternæ vitæ, nisi in cruce. Tolle ergo crucem et sequere Jesum, et ibis in vitam æternam.


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Message non lupar Kersen » ven. 10 nov. 2006, 18:12

Voici une analyse du Figaro qui me semble de bon almoi :

...............

L'ANALYSE de Guillaume Tabard *. LE FIGARO du 09/11.

même sur la base du texte qui circule,
Le texte "circule"? Première nouvelle. Où le journaliste se l'est-il procuré ?

Mais les précisions apportées dimanche à Lourdes par le cardinal Ricard ont rappelé, utilement mais tardivement, que Benoît XVI n'était pas homme à imposer sans dialoguer.
La création de l'Institut du Bon Pasteur a-t-elle été précédée d'un dialogue ? Avec qui ? Ne prouve-t-elle pas au contraire que Benoit XVI est homme à imposer sans dialoguer ?
Quelle communauté, quelle famille religieuse peut se targuer d'une mouvance de pareille ampleur ?
N'importe quel diocèse. Le diocèse de Bordeaux, celui de Paris. Le diocèse de Lyon...
D'une certaine façon, Benoît XVI est dans la position du père de la célèbre parabole de l'enfant prodigue : en « tuant le veau gras » pour le fils qui s'est rebellé, il s'attire les foudres du fils qui est resté fidèle.
Et que fait-on de la repentance du fils prodigue ? Est-ce que le père de la parabole aurait tué le veau gras sans cette repentance ?
On peut s'étonner par ailleurs de trouver les plus hostiles à l'égard de ces catholiques séparés de Rome (« Pourquoi cet homme devait rester dehors », titrait La Vie au lendemain de la réintégration de l'abbé Laguérie) parmi les plus ouverts au dialogue avec les autres confessions chrétiennes et les autres religions.

Etre intolérant avec l'intolérance est plus logique que le contraire.
Il est également paradoxal que ceux qui s'inquiètent de la coexistence de deux missels et défendent mordicus l'unité liturgique au sein de l'Église ne se soient pas émus jusqu'à présent de l'extrême diversité née des libertés prises au nom de la « créativité ».
On se méprend sur le lefebvrisme si l'on croit que ce mouvement est favorable à la diversité et à la créativité liturgiques.
Le pari de Benoît XVI est en fait double : mettre un terme à la division entre catholiques, d'une part, et favoriser un meilleur respect, par tous, des règles liturgiques, d'autre part. « La différence entre la liturgie selon les livres nouveaux, comme elle est pratiquée en fait, est souvent plus grande que celle entre la liturgie ancienne et la liturgie nouvelle, célébrées toutes les deux selon les livres liturgiques prescrits » , faisait remarquer le cardinal Ratzinger en 1998.
Ce qui tend à prouver que son intention n'est pas de favoriser la diversité, mais de resserrer les règles. Je ne vois pas pourquoi des gens épris de liberté et de diversité devraient applaudir.
non comme une mise en scène humaine.
C'est un jeu de mot sur le mot "cène" ? Le Fils a une double nature, humaine et divine. Réduire à l'une ou à l'autre, c'est... réducteur.

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Volonté réelle d'apaisement ?

Message non lupar Christophe » ven. 10 nov. 2006, 18:46

Bonjour Jean
Dans son sixième point, le cardinal Ricard affirme : « Nous souhaitons poursuivre l’accueil de ceux qui gardent un attachement à la messe dite de ‘saint Pie V’. Une diversité est possible. Mais celle-ci doit être régulée. Il en va de l’unité de la liturgie et de l’unité de l’Eglise. On ne saurait livrer le choix d’une des formes du rite romain – messe de ‘saint Pie V’ ou messe de ‘Paul VI’ – à sa seule subjectivité. Une Eglise où chacun construirait sa chapelle à partir de ses goûts personnels, de sa sensibilité, de son choix de liturgie ou de ses opinions politiques ne saurait être encore l’Eglise du Christ. Il faut résister aujourd’hui à la tentation d’une ‘religion à la carte’. Comme évêques, nous sommes prêts à veiller, avec le Saint-Père et sous son autorité, à l’unité et à la communion au sein de nos Eglises locales et entre nos Eglises ».
ZF06110906
Je ne suis pas certain que ce "sixième point" soit le reflet d'une réelle volonté d'apaisement...

Ne s'agit-il pas là d'un rejet clair et net de ce qui ferait l'objet propre du probable Motu proprio de Benoît XVI, à savoir la libéralisation - c'est-à-dire la liberté pour le prêtre, sans nécessité d'obtenir l'autorisation préalable de son évêque - de la célébration de la messe selon le missel de 1962 ? Dommage que le président de la CEF soit moins ému par les manifestations scandaleuses de la subjectivité de certains prêtres apprentis-liturges...

Le Motu proprio Ecclesia Dei de 1988 prévoyait les évêques dispensent "avec générosité" des autorisations pour que les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle puissent pratiquer dans des conditions compatibles avec leur sensibilité. Si Benoît XVI juge nécessaire un nouveau Motu proprio, c'est bien parceque celui de Jean-Paul II n'était pas appliqué "avec générosité" par les évêques !

Pax
Christophe

PS : je souhaite au passage la bienvenue à Kersen dont les positions à contre-courant de celles de la majorité des intervenants permettra certainement d'enrichir les débats...
Dernière édition par Christophe le ven. 10 nov. 2006, 19:20, édité 1 fois.
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Message non lupar Boris » ven. 10 nov. 2006, 19:00

Ce qui tend à prouver que son intention n'est pas de favoriser la diversité, mais de resserrer les règles. Je ne vois pas pourquoi des gens épris de liberté et de diversité devraient applaudir.
C'est très embêtant car ce sont les Papes eux-même qui vous contredisent (ou que vous contredites) !
Dans quel camp êtes-vous ? Celui de l'Eglise ou un autre ?
4.
Comme acte public de l'Église, le culte liturgique est nécessairement hiérarchique et, par conséquent, soumis aux prescriptions de l'Autorité compétente. Il s'en suit que la désobéissance aux prescriptions de la loi, résultant de préférences personnelles, altère la nature de l'acte qui n'est plus liturgique ; ce n'est plus le culte de l'Église, mais la prière privée d'un individu ou d'une faction.
10.
Parce que “ les actions liturgiques ne sont pas des actions privées, mais des célébrations de l’Église, qui est le sacrement de l’unité (45) ”, leur discipline dépend uniquement de l’autorité hiérarchique de l’Église (46). La liturgie appartient au Corps tout entier de l’Église (47). C’est pourquoi il n’est permis à personne, même au prêtre, ni à un groupe quelconque, d’y ajouter, enlever ou changer quoi que ce soit de son propre chef (48). La fidélité aux rites et aux textes authentiques de la liturgie est une exigence de la “ lex orandi ”, qui doit toujours être conforme à la “ lex credendi ”. Le manque de fidélité sur ce point peut même toucher à la validité des sacrements.

Parce qu’elle est une célébration de l’Église, la liturgie appelle la participation pleine, consciente et active de tous, selon la diversité des ordres et des fonctions (49) : tous, ministres et fidèles, en accomplissant leur fonction, font tout ce qui leur revient, et seulement ce qui leur revient (50). C’est pourquoi l’Église donne la préférence à la célébration commune, quand la nature des rites l’appelle (51) ; elle encourage la formation de servants, de lecteurs, de chanteurs, de commentateurs, qui accomplissent un véritable ministère liturgique (52) ; elle a restauré la concélébration (53) ; elle recommande la célébration commune de l’office divin (54).


20.
Mais le temps est venu de réfléchir à certaines difficultés éprouvées depuis, de remédier à certaines faiblesses ou inexactitudes, de compléter les traductions partielles, de créer ou d’approuver les chants à utiliser dans la liturgie, de veiller au respect des textes approuvés, de publier enfin des livres liturgiques dans un état qu’on peut considérer comme acquis durablement et dans une présentation qui soit digne des mystères célébrés.
8.
De la bonne coordination de tous - le prêtre célébrant et le diacre, les servants de Messe, les officiants, les lecteurs, le psalmiste, la schola cantorum, les musiciens, le maître de chant, l'assemblée - naît ce juste climat spirituel qui rend la célébration liturgique véritablement intense, vécue et fructueuse. L'aspect musical des célébrations liturgiques ne peut donc être laissé ni à l'improvisation, ni à l'arbitraire des individus, mais doit être confié à une direction bien concertée dans le respect des normes et des compétences, fruit significatif d'une bonne formation liturgique.
Chapitre V, N°51-52
Le « trésor » est trop grand et trop précieux pour que l'on risque de l'appauvrir ou de lui porter atteinte par des expériences ou des pratiques introduites sans qu'elles fassent l'objet d'une vérification attentive des Autorités ecclésiastiques compétentes. Par ailleurs, le caractère central du Mystère eucharistique est tel qu'il exige que cette vérification s'accomplisse en liaison étroite avec le Saint-Siège. Comme je l'écrivais dans l'exhortation apostolique post-synodale Ecclesia in Asia, « une telle collaboration est essentielle parce que la sainte Liturgie exprime et célèbre la foi unique professée par tous et, étant l'héritage de toute l'Église, elle ne peut pas être déterminée par les Églises locales isolément, sans référence à l'Église universelle ».

52. De ce qui vient d'être dit, on comprend la grande responsabilité qui, dans la Célébration eucharistique, incombe surtout aux prêtres, auxquels il revient de la présider in persona Christi, assurant un témoignage et un service de la communion non seulement pour la communauté qui participe directement à la célébration, mais aussi pour l'Église universelle, qui est toujours concernée par l'Eucharistie. Il faut malheureusement déplorer que, surtout à partir des années de la réforme liturgique post-conciliaire, en raison d'un sens mal compris de la créativité et de l'adaptation les abus n'ont pas manqué, et ils ont été des motifs de souffrance pour beaucoup. Une certaine réaction au « formalisme » a poussé quelques-uns, en particulier dans telle ou telle région, à estimer que les « formes » choisies par la grande tradition liturgique de l'Église et par son Magistère ne s'imposaient pas, et à introduire des innovations non autorisées et souvent de mauvais goût.

C'est pourquoi je me sens le devoir de lancer un vigoureux appel pour que, dans la Célébration eucharistique, les normes liturgiques soient observées avec une grande fidélité. Elles sont une expression concrète du caractère ecclésial authentique de l'Eucharistie; tel est leur sens le plus profond. La liturgie n'est jamais la propriété privée de quelqu'un, ni du célébrant, ni de la communauté dans laquelle les Mystères sont célébrés. L'Apôtre Paul dut adresser des paroles virulentes à la communauté de Corinthe pour dénoncer les manquements graves à la Célébration eucharistique, manquements qui avaient conduit à des divisions (schísmata) et à la formation de factions (airéseis) (cf. 1 Co 11, 17-34). À notre époque aussi, l'obéissance aux normes liturgiques devrait être redécouverte et mise en valeur comme un reflet et un témoignage de l'Église une et universelle, qui est rendue présente en toute célébration de l'Eucharistie. Le prêtre qui célèbre fidèlement la Messe selon les normes liturgiques et la communauté qui s'y conforme manifestent, de manière silencieuse mais éloquente, leur amour pour l'Église. Précisément pour renforcer ce sens profond des normes liturgiques, j'ai demandé aux Dicastères compétents de la Curie romaine de préparer un document plus spécifique, avec des rappels d'ordre également juridique, sur ce thème d'une grande importance. Il n'est permis à personne de sous-évaluer le Mystère remis entre nos mains: il est trop grand pour que quelqu'un puisse se permettre de le traiter à sa guise, ne respectant ni son caractère sacré ni sa dimension universelle.
Ce dernier passage fait référence à l'instruction "Redemtoris Sacramentum" dont je vous recommande la lecture, surtout l'introduction.
UdP,
Boris

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Message non lupar Boris » sam. 11 nov. 2006, 0:52

Cher Christophe,

je crois que vous passez à coté de certains points du discours :
Une Eglise où chacun construirait sa chapelle à partir de ses goûts personnels, de sa sensibilité, de son choix de liturgie ou de ses opinions politiques ne saurait être encore l’Eglise du Christ. Il faut résister aujourd’hui à la tentation d’une ‘religion à la carte’.
C'est plutôt un pavé dans la marre !

Et si on reprend le discours d'ouverture du colloque de l'ISL :
Par delà telles ou telles dispositions discutables et amendables de la réforme,(...)

Dans notre pays, la réforme liturgique a été appliquée avec une méthode systématique que l’on ne retrouve pas ailleurs. (...) Cette approche systématique a aussi conduit à des mises en œuvre parfois maladroites ou brutales, qui ont pu donner le sentiment d’une rupture de tradition.

Chez nous, la liturgie a été instrumentalisée dans un débat d’un autre ordre. Sous certaines fantaisies ou certaines dérives liturgiques, on a pu identifier une auto-célébration de l’assemblée elle-même substituée à la célébration de l’œuvre de Dieu, voire l’annonce d’un nouveau modèle d’Église.

(...)Le refus des livres liturgiques régulièrement promulgués fut suivi de l’injure publique envers les papes (...)
La dernière phrase peut très bien s'adresser à des groupes comme Golias ou du même acabis. (refus des normes d'une part et refus de la morale d'autre part)
UdP,
Boris

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Message non lupar Kersen » sam. 11 nov. 2006, 14:58

Ce qui tend à prouver que son intention n'est pas de favoriser la diversité, mais de resserrer les règles. Je ne vois pas pourquoi des gens épris de liberté et de diversité devraient applaudir.
C'est très embêtant car ce sont les Papes eux-même qui vous contredisent (ou que vous contredites) !
Dans quel camp êtes-vous ? Celui de l'Eglise ou un autre ?
Vous connaissez la phrase attribuée à Loisy : « Jésus annonçait le Royaume, ... ».
4.
10.
8.
Chapitre V, N°51-52
Ce dernier passage fait référence à l'instruction "Redemtoris Sacramentum" dont je vous recommande la lecture, surtout l'introduction.
Vous savez, les Japonais sont en train de mettre au point des robots, principalement pour aider les handicapés dans les tâches de la vie quotidienne, mais avec le niveau de technologie qui sera atteint dans quelques années, on pourra envisager d'utiliser des robots pour dire la messe. De cette façon vous serez certain qu'il n'y aura plus aucune erreur.

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Message non lupar Boris » dim. 12 nov. 2006, 9:54

Kersen,

vous mélangez un point : ce n'est pas moi qui demande à ce qu'il n'y est aucune erreur, ce sont les Papes.

Donc, ne cherchez pas à me dire que j'ai tort, mais répondez de manière contruite et contructive à l'enseignement du Magistère.

Montrez nous comment, la Messe étant l'expression de la théologie Catholique, celle-ci pourrait se défaire des normes ?

Mais une remarque de terrain est simple à faire : là où les normes ont été envoyées aux orties, la communauté chrétienne s'affaiblit et célèbre plus d'enterrement que de baptême ou de communion.
C'est un fait, pas une idée.
UdP,
Boris

jean_droit
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Quelques petits rappels

Message non lupar jean_droit » lun. 13 nov. 2006, 10:58

Bonjour à tous !
Bonjour en Le Seigneur !
...................
C'est amusant de voir à quel point on déforme les faits.
Et je pense que ce n'est pas à l'honneur des interéssés.
...................
D'abord on fait comme si la création de l'Institut du Bon Pasteur est une initiative de notre Pape faite sans consultation.
Vous croyez vraiment ?
Même si l'on est peu informé, et c'est tant mieux, les relations entre la papauté et la FSSPX peuvent être suivies
depuis 1988.
Il est bien connu que Benoît XVI a reçu monseigneur Lefay il y a peu.
Lors du synode qui a été convoqué par Benoît XVI le sujet a été débattu.
Penser que monseigneur Ricard n'a pas été consulté par Benoît XV avant la création de l'Institut du Bon Pasteur me semble être de la fausse information.
Alors ceux qui disent que tout s'est passé "en catimini" sont des menteurs.
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Ensuite on semble s'offusquer des décisions "à venir" de Benoît XVI sur la liturgie et la messe en latin.
Depuis son accession au trône de Pierre nous savons ce qu'il en est.
Le cardinal Ratzinger n'a jamais caché ce qu'il pensait.
Il ne l'a jamais caché devant les cardinaux qui l'ont "confortablement" élu.
N'oubliez pas que l'introduction du missel latin Pie V que certains utilisent, dont moi, est écrite par le cardinal Ratzinger.
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Certains évêques et cardinaux français font semblant de découvrir tout cela.
Je pense que c'est un doux mensonge.
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Tant qu'à celui qui a fait circuler le projet de réforme on a bien compris que c'est une opération d'intoxication comme on en voit dans tous les domaines.


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