De la scientificité de la théorie de l'évolution

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Papé Robert
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Papé Robert » dim. 01 févr. 2009, 17:37

Bonjour,

je retrouve ici la prétention du petit homme ! Avec ses capacités limitées et sa durée de vie séculaire il dispose d'une expérience infinitésimale par rapport à l'étendue de l'espace et du temps.
Malgré ça, il prétend connaître ce qui lui sera toujours inaccessible dans l'espace comme dans le temps.
A partir de quelques observations de son temps, il extrapole à des distances que son cerveau ne peut même pas imaginer avec netteté, et émet des hypothèses que jamais personne ne confirmera ou n'infirmera expérimentalement !

C'est excitant de se caresser l'esprit avec ces réflexions outrageusement prétentieuses. Mais s'il est une activité vaine, c'est bien celle-là !

La théorie de l'évolution repose sur une vitesse de changement hors de proportion avec la mémoire de la société humaine !
Nous comptons notre histoire en siècles, alors que l'évolution des espèces compte le temps en millions d'années !

Emettre des hypothèses dans ce domaine est un passe-temps d'intellectuels...mais comme rien ne sera jamais prouvé, amusons-nous ! mais gentiment ! Inutile de se battre pour des idées aussi futiles...

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ti'hamo
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar ti'hamo » lun. 02 févr. 2009, 0:51

...à ce compte-là, on laisse tomber toute science.
Puisque qui prétendra que le moindre objet d'une science est "à échelle humaine" ? Atome, planètes, soleil, Histoire, siècles, cerveau, organisme, Terre, biotopes, Mathématiques, géométrie, océans, Raison,... qu'est-ce qui ne dépasse pas nos petites forces ?
Pourtant, nous les comprenons toujours mieux....et jamais complètement.

D'ailleurs, l'être humain lui-même ne dépasse-t-il pas nos capacités d'analyse et de compréhension ?

Mais nos limites n'ont jamais fait que les sciences soient vaines et inutiles.

Aucun art ne rend toute la beauté de la Création, tout art est-il donc vain ? Tout discours est imparfait et ne rend pas toute la subtilité de la pensée qui l'a fat naître....est-il vain pour autant ?

Je trouve, pour ma part, bien plus vain de prendre le temps d'écrire un message pour dire rien du tout, pour le seul plaisir de se regarder et de s'écouter soi-même. soit dit en passant.
“Il serait présomptueux de penser que ce que l'on sait soi-même n'est pas accessible à la majorité des autres hommes.”
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Celui qui connaît vraiment les animaux est par là même capable de comprendre pleinement le caractère unique de l'homme.
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Xavi » sam. 26 sept. 2009, 12:00

Je viens de parcourir ce sujet développé de manière remarquable.

Je peux comprendre le caractère irritant que ce type de réflexion fondamentale peut présenter, mais c’est cependant très important pour pouvoir présenter la foi de manière intelligente et raisonnable, ce qui peut lever des obstacles pour certains et consolider la foi de tous.

Nous ne pouvons pas répondre à tout, mais notre foi est raisonnable et elle peut nous permettre de dialoguer avec toute personne de bonne volonté sur les questions essentielles de ce qu’est la vie, un homme, l’éternité, la vie éternelle, la communion avec Dieu… etc.

Athées ou croyants, la question de nos origines est d’un intérêt commun et c’est un bon terrain pour évoquer notre foi en se dégageant des caricatures trop souvent rencontrées sous les termes de créationnisme, d’évolutionnisme, de concordisme, de fondamentalisme, … etc.

Que tous ces termes ne nous découragent pas de continuer à réfléchir et à méditer les questions en cause !

Dans d’autres sous-forums, j’ai déjà développé beaucoup de réflexions qui m’amènent, par rapport à la science, au résumé suivant :

Le récit d’Adam et Eve nous indique que tout humain descend d’un même couple originel.

La définition des premiers humains, comme image et à la ressemblance de Dieu, se réfère en partie à une création matérielle, mais aussi à une création spirituelle. Il est donc vain de chercher dans la science le début de l’humanité, puisque la science ne peut pas observer la réalité spirituelle.

A un moment, des personnes capables de franchir les limites matérielles et de vivre éternellement avec Dieu, en communion spirituelle avec Lui, ont été créées. Avant cette création des humains, il n’existait que des créatures vivantes sans cesse renouvelées naturellement par la mort, mais sans persistance d’une même personne. Seul l’humain a reçu la capacité de subsister comme personne, malgré et à travers la mort naturelle.

Adam et Eve ont des parents et des cousins pré-humains. Il ne s’agit pas de singes, mais d’une espèce spécifique qui précède l’humanité. Elle a pu disposer d’une certaine intelligence, d’un certain langage, de capacités d’écriture, d’une organisation sociale. Mais, le récit de la Genèse ne situe pas à ce niveau la création achevée de l’humanité.

L’achèvement de l’humain à l’image de Dieu, avec une vie spirituelle plus forte que la mort physique lui ouvrant la communion avec Dieu, s’est produite à un moment de l’histoire.

Lorsque le premier être ayant la vie éternelle à l’image de Dieu a été créé, il est possible qu’il y ait eu une ultime mutation génétique, mais nous n’en savons rien.

Même si beaucoup de réserves sont nécessaires par rapport aux durées indiquées dans la Genèse, il est tout à fait plausible que la création de l’homme, comme être doté d’une âme immortelle transcendant la réalité terrestre, soit intervenu il y a moins de dix mille ans.

L’Eglise n’affirme pas que les homo erectus ou sapiens sapiens qui vivaient il y a des millions ou des dizaines de milliers d’années sont des descendants d’Adam et Eve.

L’espèce pré-humaine dont proviennent Adam et Eve a disparu. Cela pourrait s’expliquer, en tout ou en partie, par une mutation d’un gêne dominant qui s’est répandu parmi les descendants de cette espèce d’origine, mais nous n’en savons rien.

Dans ce sujet et dans le prolongement de ce qui précède, je reprends ci-après quelques interventions particulièrement éclairantes.
le récit de la Genèse dit bien que Dieu tire l'être humain de la Création, (le façonne de boue), et à ce moment seulement lui insuffle son esprit.
Il y aurait donc bien un être qui pourrait être humain, à un moment donné,
Dieu seul pouvant directement, à ce moment, faire qu'il le devienne.
Tout à fait d’accord.
Si tant est qu’un jour par des manipulations génétiques l’homme puisse d’un embryon de chimpanzé faire naître un homme, cela n’invaliderait même pas ce constat, car le chimpanzé aurait été dans ce cas détruit pour servir de matériel génétique à la procréation d’un homme.
Cette hypothèse me paraît scientifiquement exclue. D’autres interventions me paraissent très exactes sur ce point.
Qu'une espèce se transforme en une autre espèce n'a jamais été ni observé ni n'a laissé des traces.

Je suis d'accord, je préciserai que ce qu'il n'a jamais observé est le passage d'une espèce à une autre. (du singe à l'homme par exemple).

Evidemment, Darwin ne prétend pas le contraire : une espèce ne se transforme jamais en une autre espèce déjà existante : un singe ne devient pas un homme, mais un être préhumain, n’ayant pas davantage de qualité observable qu’un singe peut être devenu un humain.

La réalité des mutations est constaté dans notre monde mortel : les cellules qui se reproduisent constamment peuvent le faire avec une anomalie.
Bref, on a jamais observé en laboratoire le passage d'une mouche à un moustique par exemple (ce qui constituerait l'apparition d'une nouvelle espèce à partir d'une ancienne).

De mémoire, il ne me semble pas que le passage d'une espèce à une autre ait déjà été observé.
personne … n'attend un passage de mouche à moustique Tomber suite à des mutations sur une autre espece deja existante est exclu tant c'est improbable.
L'évolution est observable et reproductible, dans les hôpitaux (résistance aux antibiotiques), dans les élevages, dans les laboratoires et dans les éprouvettes (il y a de très belles expériences d'évolution en labo qui ont duré jusqu'à une vingtaine d'années, chez les mouches et les bactéries, entre autres) et dans la nature, qui elle non plus n'est pas immuable : des espèces se modifient, disparaissent, des populations se séparent, divergent, etc. Tout cela s'observe, se comprend, s'étudie, se confronte aux résultats passés. Donc il n'y a aucun problème avec le critère de reproductibilité

…Si on observait 10 000 nouveaux gènes fonctionnels chez l'homme par rapport au chimpanzé, étant donné notre temps de génération, il serait totalement impossible que l'évolution ait eu lieu par mutations/sélection. Or ce n'est pas le cas, nos gènes sont les mêmes à 99 %. Et ce sera toujours pareil entre espèces ou groupes proches : les nouveaux gènes apparaissent lentement, à tâtons et avec parcimonie, toujours à partir de séquences préexistantes. Vous savez à quoi ça ressemble, la lecture d'un génome ? Ca n'a rien à voir avec un programme informatique et encore moins avec une partition pour virtuose. Ca tient bien davantage du palimpseste, avec partout les traces lisibles d'une histoire complexe de transpositions, d'insertions, de duplications, d'intrusions de virus, de cassures, de réparations... bref, si vous lisez les différences entre espèces au niveau où elles se jouent, celui de l'ADN lui-même, vous voyez, très concrètement et très directement, l'effet d'une longue et lente accumulation de mutations accidentelles tout à fait ordinaires, comme on peut on étudier chaque jour dans les laboratoires. On publie chaque jour des milliers de nouvelles séquences génétiques.

Tous les degrés intermédiaires de divergence morphologique, d'évitement comportemental et de stérilité des hybrides sont connus, jusqu'au degré où plus aucun hybride fertile ne peut être produit, ce qui correspond à la définition de deux espèces différentes (la définition de ximatt ci-dessus est juste). C'est un phénomène qui a été observé à de nombreuses reprises, chez des plantes, des amphibiens, des insectes...
Merci à chacun de ces intervenants pour ces réflexions pertinentes.

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Sofia » sam. 26 sept. 2009, 12:11

Le récit d’Adam et Eve nous indique que tout humain descend d’un même couple originel.

La définition des premiers humains, comme image et à la ressemblance de Dieu, se réfère en partie à une création matérielle, mais aussi à une création spirituelle. Il est donc vain de chercher dans la science le début de l’humanité, puisque la science ne peut pas observer la réalité spirituelle.

A un moment, des personnes capables de franchir les limites matérielles et de vivre éternellement avec Dieu, en communion spirituelle avec Lui, ont été créées. Avant cette création des humains, il n’existait que des créatures vivantes sans cesse renouvelées naturellement par la mort, mais sans persistance d’une même personne. Seul l’humain a reçu la capacité de subsister comme personne, malgré et à travers la mort naturelle.

Adam et Eve ont des parents et des cousins pré-humains. Il ne s’agit pas de singes, mais d’une espèce spécifique qui précède l’humanité. Elle a pu disposer d’une certaine intelligence, d’un certain langage, de capacités d’écriture, d’une organisation sociale. Mais, le récit de la Genèse ne situe pas à ce niveau la création achevée de l’humanité.
Vous allez sans doute pouvoir m'éclairer. Dans la Genèse, Caïn dit à Dieu : « Vois ! Tu me bannis aujourd'hui du sol fertile, je devrai me cacher loin de ta face et je serai un errant parcourant la terre : mais, le premier venu me tuera ! Yahvé lui répondit : Aussi bien, si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois et Yahvé mit un signe sur Caïn, afin que le premier venu ne le frappât point. »
Il y avait donc d'autres humains sur terre, en même temps qu'Adam et Ève ?

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Xavi » sam. 26 sept. 2009, 12:19

Bonjour Sofia,

Le sujet concernant la descendance de Cain est déja développé dans le sous forum sur l'Ecriture Sainte (p. 3 ou 4) :

viewtopic.php?f=91&t=7065

Le plus simple c'est d'aller lire.

En bref, je pense personnellement que la femme de Cain était pré-humaine, tout comme le père et la mère d'Adam ou de Eve.

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Xavi » sam. 26 sept. 2009, 17:22

Si la femme de Caïn est pré humaine, alors Caïn était zoophile ! Je ne suis pas certain de l'opportunité de vouloir faire coller à tout prix les récits bibliques sur nos théories scientifiques actuelles, sous peine de faire des anachronismes et d'avoir une mauvaise compréhension de la Parole de Dieu.
Bonjour Bon Seb,

Merci d’avoir le courage d’entamer le dialogue en indiquant bien les dangers auxquels il faut rester attentif. D’accord de ne pas faire coller « à tout prix ». Mais, attention de ne pas s’accrocher à ce que ni la Bible, ni l’Eglise n’affirment.

Même ceux qui refusent toute réalité concrète, et a fortiori historique, aux récits de la Genèse, lui reconnaissent au moins la valeur allégorique ou symbolique d’une parole sur l’essentiel de notre création.

Il me semble utile d’être vrai dans notre écoute de ce que l’auteur (ou les auteurs) du (ou des récit(s) qui forme(nt) le début de la Genèse ont eu à cœur, sous l’inspiration que nous croyons divine, de nous dire.

La science moderne nous aide à comprendre. Mais les questions sont bien plus anciennes et subsistent. D’où venons-nous ? Que sommes-nous ?

Votre réaction qui affirme « Si la femme de Caïn est pré humaine, alors Caïn était zoophile !» ne me semble effrayante qu’en apparence. Elle ne considère que l’alternative selon laquelle on est humain ou animal. C’est cette alternative qui justifie souvent ( à juste titre) le rejet de l’idée que l’homme descend du singe, ce qui est évidemment faux.

Vous ne dites rien des père et mère d’Adam et Eve ? La Genèse nous raconte que des femmes humaines ont fréquenté sexuellement d’autres créatures de Dieu (Gn 6, 1-4).

Votre expression « zoophile » vise une relation entre un humain et un animal.

Pour nous et à notre époque, la distinction entre les animaux et les humains est très claire.

Mais, les pré-humains ne sont ni des singes, ni des animaux, ce sont des … pré-humains. Il ne manque que la vie spirituelle qui caractérise l’humain selon la Genèse.

Pourquoi s’accrocher, sans aucune base ni biblique, ni de foi, ni scientifique, à séparer l’humain des animaux sur une base autre que spirituelle à l’origine. Il y a des différences matérielles et intellectuelles observables actuellement, mais la Genèse ne distingue en rien l’humain des autres créatures, ni pour sa composition corporelle (l’adamah, la poussière du sol), ni même sur le plan mental où son âme vivante est dite avec les mêmes mots que l’âme vivante des animaux.

La seule différence retenue par la Genèse, c’est l’image et la ressemblance de Dieu, la vie spirituelle en communion avec Dieu. Mais la parole et l’intelligence ne sont pas présentés comme spécifique à l’humain puisque le récit nous présente même un serpent qui est déclaré le plus intelligent et qui parle comme l’humain.

Ne cherchons pas dans les réalités matérielles une différence importante avec les animaux. L’important qui nous distingue c’est notre marque spirituelle à l’image et à la ressemblance de Dieu, notre accès à une communion avec Dieu, notre personnalité immortelle.

Pour quelle raison (malgré le contraire indiqué dans Gn 6, 1-4), les premiers humains n’auraient-ils pas fréquenté des semblables de la même espèce que les père et mère d’Adam et Eve ?

C’est peut-être ici la première question à vous poser : comment décrivez-vous les père et mère des premiers humains ? et leurs cousins, leurs amis … ? Mettez-vous en doute la provenance des premiers humains d’une espèce pré-humaine antérieure ? Croyez-vous que leur création sur terre s’est produite comme la chute d’un météorite ?

A notre époque, le danger pour la foi n’est-il pas plus grand de fuir ces questions que de les aborder dans le respect de l’Ecriture et de la Tradition, en communion avec la foi de l’Eglise ?

La fuite aboutit souvent à considérer la Genèse comme sans intérêt.

D’accord pour lutter avec vous contre les anachronismes et toute mauvaise compréhension, mais osons néanmoins réfléchir sans tabou et sans peur injustifiée.

Bon courage, Bon Seb !

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Etrigan » jeu. 10 déc. 2009, 12:17

SCOOP !!!

C'est le singe qui descendrait de l'Homme : http://www.philomag.com/fiche-philinfo.php?id=158

Eh ben, j'en connais ici qui vont être fous de joie ^^
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Xavi » jeu. 10 déc. 2009, 17:03

Qu'a-t-on a découvert ?
Une équipe scientifique internationale a mis à jour Ardi, le squelette d'une hominidée vivant en Éthiopie il y a 4,4 millions d'années. Publié dans un dossier spécial de la revue américaine, Science, en date du 2 octobre, le cas Ardi fait aussitôt le tour de la presse mondiale, de l'édito du New York Times à 20 minutes en passant par Al Jazeera (voir les liens infra). Beaucoup plus vieille que Lucy (2,5 M), Ardi révèle que notre plus vieil ancêtre était déjà bipède : il marchait sur ses deux pieds et non à quatre pattes.

En quoi cela bouleverse-t-il notre vision des origines ?
Jusqu'ici on s'imaginait que l'homme, issu de la même branche que les grands singes, s'était différencié, en se dressant sur ses pieds (vers 2,5 millions d'années). Si l'ancêtre commun de l'homme et des singes, que l'on se représentait comme un grand singe, était déjà debout, alors, il faut inverser le schéma de l'évolution.

La découverte d'Ardi réfute-t-elle la théorie de l'évolution de Darwin ?
Les créationnistes américains et musulmans se sont déjà emparés du cas de Ardi pour clamer que Dieu avait créé l'homme à son image – debout. En réalité, si Ardi bouleverse le schéma de l'évolution, il confirme le principe darwinien d'une origine animale de l'humanité et d'une différenciation des espèces s'adaptant à la modification de leur milieu.

En quoi cela nous concerne-t-il directement ?
Ardi nous prive du grand événement qui permettait de penser l'émergence de l'humanité. Si la station droite – associée au développement de l'outil et du cerveau – ne suffit plus à distinguer l'homme et l'animal, alors il faut se forger une nouvelle idée du propre de l'homme sur la base d'un partage de l'ensemble de ses compétences avec les grands singes.
Une conclusion qui rejoint beaucoup d’autres réflexions : « il faut se forger une nouvelle idée du propre de l'homme sur la base d'un partage de l'ensemble de ses compétences avec les grands singes ».

La Genèse a précédé depuis longtemps cette réflexion en ne présentant pas de distinction physique ou physiologique entre les humains et les animaux. Tous les deux sont qualifiés par le même mot hébreu d’âme vivante.

Le critère déterminant de la distinction est d’ordre divin : l’homme est fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, il a reçu en partage une communion avec Dieu, une âme immortelle, une capacité de soumettre la création et de ne pas être vaincu par la mort.

La science ne pourra guère déterminer à quel moment de l’histoire a vécu ce premier être ayant une âme capable de dépasser les limites mortelles de la nature, de vivre éternellement.

La station debout n’est pas plus pertinente que d’autres critères uniquement terrestres pour situer la création des premiers humains dans le temps.

Et quand on observe les progrès extraordinaires de l’humanité au cours des derniers millénaires, rien ne permet d’affirmer que des êtres suffisamment conscients et éclairés pour vivre en communion avec Dieu auraient vécus pendant des millions ou même des centaines de milliers d’années sans guère de progrès perceptible.

Alors imaginer un homme, au sens d’une personne dotée d’une vie éternelle avec Dieu, il y a quatre millions d’années, ce n’est guère vraisemblable.

Je ne m’attends pas à rencontrer Ardi dans l’éternité. Il me paraît plutôt un grand singe, peut-être un ancêtre non humain de l’humanité, mais pas un humain capable de vie éternelle avec Dieu.

Dans une méditation de la Genèse ou de nos origines, « il faut se forger une nouvelle idée du propre de l'homme », plutôt que de courir derrière la science qui ne s’intéresse pas au premier homme appelé à la vie éternelle et qui se distingue radicalement de tous les autres êtres terrestres animés qui se renouvellent sans cesse par la mort naturelle sans persistance éternelle de leur âme qui s’éteint sans pouvoir traverser la mort, au contraire de celle d’un humain.

Henriette
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Henriette » sam. 10 avr. 2010, 19:05

Je n'ai pas tout lu, mais je voulais juste réagir sur ça :
Vous pouvez repondre que si les observations des animaux sont de l'experience, un des points importants, l'apparition d'une espece n'a jamais été observée en direct.
Cela a déjà été observé.

D'abord, l'exemple le plus connu, les chiens. Certaines races de chiens ne sont pas inter fécondes, même avec intervention humaine. Pourtant, tout les chiens sans exception dérivent d'une seule espèce très ancienne.
Ce ne sont pas à proprement parler des espèces, car issus d'une sélection artificielle et pas naturelle, néanmoins le processus est semblable.

Il existe des exemples d'espèces ayant évolué par sélection naturelle sur des échelles relativement courtes. Par exemple, en Angleterre, il y avait un papillon blanc (désolé, oublié le nom) qui vivait sur les bouleaux. Le papillon avait la même couleur que l'arbre, et se camouflait donc sur celui-ci.
Avec la pollution, les arbres ont foncés, pour passer du blanc au gris-noir. La population des papillons à d'abord drastiquement chuté avec l'ère industrielle (les prédateurs les repérant plus facilement vu qu'ils étaient blanc sur des arbres noirs), puis elle a évolué vers une espèce de couleur plus foncée.

On a également des exemples de bactéries et virus (bien que le caractère "vivant" du virus soit discutable) qui sont selon toutes probabilités apparues dans le siècle dernier. Même s'il est difficile voire impossible d'affirmer que ces bactéries n'existaient pas avant, les mutations importantes que l'ont peut observer montrent bien comment une seule espèce peut évoluer en une autre, ou plusieurs autres.

Ensuite, je voulais aussi rappeler que le terme "l'homme descend du singe" ou "le singe descend de l'homme" est faux, peut importe les découvertes récentes. Le singe et l'homme sont de lointains cousins, mais l'homme ne peut en aucun cas descendre du singe actuel, puisqu'à l'époque le singe n'était pas vraiment celui que l'on connait, de même le singe ne peut descendre de l'homme puisque l'homme de l'époque était différent de nous.

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar ti'hamo » dim. 11 avr. 2010, 15:24

. Tous les chiens sont pourtant toujours classés dans la sous-espèce "Canis lupus familiaris", et considérés comme la même espèce.
D'autre part, je ne sais pas si on a réellement tenté la fécondation in-vitro en laboratoire entre chihuahua et Dogue argentin, par exemple - seul moyen de tester l'interfécondité.

. L'exemple du phalène du bouleau n'est pas un exemple de spéciation non plus, puisqu'il s'agit d'un changement de statistique dans la répartition des couleurs d'individus : d'une population majoritairement blanche on passe à une population majoritairement noire. Mais il ne s'agit pas à proprement parler d'une "nouvelle espèce".
Et ça n'explique certainement pas comment un lézard peut donner un oiseau, par exemple.
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Anonymus » dim. 11 avr. 2010, 15:37

Vous savez, la définition d'espèce n'est pas aussi simple et clair, l'interfécondité est un critère intéressant, mais pas unique.

Au delà du fait qu'il ne prend pas en compte les espèces asexuées, il faut aussi voir que certaines espèces ne peuvent plus se reproduire entre elles (exemple des chiens) sans techniques artificielles. Il existent aussi des oiseaux (leur nom m'échappe) qui ne se reproduisent jamais entre eux pour des raisons purement comportementales même si ils en sont physiquement capables et qu'ils sont interféconds, ils forment donc deux espèces différentes de fait.

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Christophe » dim. 11 avr. 2010, 18:13

En tous cas, nous n'avons jamais eu d'explication sur l'apparition de caryotypes originaux, qui eux sont des barrières de fécondité et un facteur de spéciation manifeste. Pourtant, c'est une barrière de cette nature qui sépare l'espèce humaine des autres espèces de primates ! La question n'est donc pas anecdotique…

Cela étant dit, nous nous éloignons du sujet qui concerne « la scientificité de la théorie de l'évolution » et les derniers échanges auraient davantage leur place dans le fil sur l'évolutionnisme et le créationnisme fixiste…

Bien à vous
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Anonymus » dim. 11 avr. 2010, 20:49

De nouveaux caryotypes peuvent être obtenus par hybridation, par cassure de chromosomes, par méiose. Mais c'est effectivement bien plus rarement observé qu'une simple mutation.

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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Christophe » dim. 11 avr. 2010, 21:07

De nouveaux caryotypes peuvent être obtenus par hybridation, par cassure de chromosomes, par méiose. Mais c'est effectivement bien plus rarement observé qu'une simple mutation.
Non, je vous parle de nouveaux caryotypes transmissibles à la descendance… Puisque le nouveau caryotype n'est pas « inter-fécond » avec l'ancien, comment l'individu qui né avec une telle monstruosité chromosomique peut-il avoir une descendance et créer une nouvelle espèce ? D'autre part, avons-nous des exemples de telles anomalies chromosomiques pour lequel le changement phénotypique est mineur ?
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Re: De la scientificité de la théorie de l'évolution

Message non lupar Anonymus » dim. 11 avr. 2010, 23:51

Un trisomique 21 est par exemple fécond avec un personne "saine"...le nombre de chromosomes n'est finalement pas si important que ça. Ce qui compte c'est les gènes. Un chromosome, c'est juste un assemblage de molécules d'ADN. Et ce n'est pas pour rien qu'on dit que l'ADN porte l'information génétique (et non chromosomique). Les chromosomes peuvent se casser, s'assembler aussi. Il est probable que notre dernier ancêtre commun avec les singes possédait 24 paires de chromosomes et non 23.


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