Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

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Jean-Mic
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar Jean-Mic » lun. 08 sept. 2014, 18:05

Ceux de 14, de Maurice Genevoix, journal de guerre.
Je viens de le terminer ce matin. J'ai été plus long que d'habitude, il faut dire que c'est un pavé de 600 pages, regroupant quatre livres successifs. Le dernier, intitulé "les Éparges", aurait pu s'appeler "la nausée", tant les épisodes racontés vous secouent.

Il paraît qu'il a été censuré pendant de longues années et qu'il n'a été édité intégralement qu'en 1947 ou 1949 ... parce que la guerre, c'est moche, c'est sale, ça tue et ça mutile, ça coupe les hommes en deux, ça fait ressortir la cervelle et les boyaux, ça noie dans la boue ... parce que les hommes en sont réduits à attendre "qui sera le prochain ?", à pleurer, à espérer la "bonne blessure" (celle qui ne mutile pas et envoie à l'arrière), ... ou à ne plus rien éprouver du tout, tant c'est au-delà du pensable.

Terrible ! Terrifiant !
Et une très belle langue que celle de Maurice Genevoix.

À LIRE ! (Mais de préférence, pas si vous avez des idées noires).
Une question après ces pages : comment ces survivants sont-ils revenus chez eux après tant d'horreur et d'inhumanité ?

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar SergeA » jeu. 16 oct. 2014, 13:36

Quelques précisions concernant mes précédents messages : les homélies spirituelles de saint Macaire sont publiées aux éditions de l'abbaye de Bellefontaine dans la collection spiritualité orientale.
Par ailleurs, en guise d'introduction au travail du père Justin Popovitch, vous pouvez lire ceci pour vous mettre en appétit :

http://basilekrivocheine.org/fr-oeuvres ... rituelles/
... effectivement. Cela m'a mis en appétit, c'est le moins que je puisse dire. :oui:

Merci encore Majorette.

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Message non lupar Fée Violine » jeu. 16 oct. 2014, 15:08

Je termine "Comment tuer l'État. Précis de malfaçons et de malfaisances", de Claude Got, professeur de médecine, éd. Bayard, 2005.
http://www.alternatives-economiques.fr/ ... 22485.html
L'auteur, professeur de médecine, montre différents dysfonctionnements de l'État, chacun de ces dysfonctionnements étant illustré par un exemple récent. Ainsi la velléité est illustrée par le fait qu'il a fallu de nombreuses années avant que l'État décide de faire immatriculer les vélomoteurs, une mesure pourtant simple à prendre et dont le retard a coûté la vie à de nombreux adolescents (car une mobylette débridée, donc dangereuse, ne peut être identifiée si elle n'est pas immatriculée); l'inadaptation par la procédure utilisée pour "cogérer" le risque lié à l'amiante, etc. Il y a aussi le dogmatisme, l'opacité, la démagogie, l'agitation, la faiblesse, l'irresponsabilité, etc. (une vingtaine en tout).
La distinction entre malfaçon et malfaisance est dans l'intention de nuire.
C'est un livre facile à lire, et j'ai appris beaucoup de choses, ainsi j'ignorais complètement que la loi bioéthique de 1994 avait presque supprimé les autopsies, et beaucoup réduit les dons d'organes permettant de sauver des vies (c'est le chapitre "dogmatisme"). J'ignorais cet aspect de l'"éthique", qui respecte davantage le corps des morts que la vie des vivants !
Et là, l'auteur connaît bien le sujet, puisque cette affaire l'a incité à prendre sa retraite plus tôt que prévu.

Sinon, je lis aussi "La passe dangereuse" de Somerset Maugham, un beau roman qui se passe en Chine (paru en 1925).

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar Anne » dim. 19 oct. 2014, 4:00

Les pourquoi de l'histoire, de Stéphane Bern.

Des explications condensées sur toutes sortes de sujets intéressants, du genre: Pourquoi en 1582, nous sommes passés du 9 au 20 décembre en une seule nuit ? Pourquoi il y a plusieurs prétendants au trône de France ? Pourquoi le FBI doit sa fondation au petit neveu de Napoléon ? Pourquoi l'année 1566 n'a duré que 262 jours ? (Avec une parenthèse pour expliquer le fameux "poisson d'avril") Pourquoi le Québec est-il resté francophone ?

Vraiment amusant à lire, tout en étant instructif : une bonne lecture qu'on peut interrompre en tout temps pour y revenir plus tard sans problème !

Mysteries of the Middle Ages - The rise of Feminism, Science, and Art from the Cults of Catholic Europe de Thomas Cahill.

Très intéressant aussi, avec de jolies reproductions d'enluminures. Un regard plus positif que ce qu'on a l'habitude de lire sur le sujet.
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar Gnôsis » dim. 19 oct. 2014, 5:59

Quelques précisions concernant mes précédents messages : les homélies spirituelles de saint Macaire sont publiées aux éditions de l'abbaye de Bellefontaine dans la collection spiritualité orientale.
Par ailleurs, en guise d'introduction au travail du père Justin Popovitch, vous pouvez lire ceci pour vous mettre en appétit :

http://basilekrivocheine.org/fr-oeuvres ... rituelles/
Bonjour,

Belles pages, effectivement. J'irai probablement faire un tour aux éditions de l'abbaye de Bellefontaine. En ce moment, je suis en train de terminer "La Femme et le Salut du monde" de Paul Evdokimov. Splendide ! (mais il me faudra le relire deux ou trois fois pour en retirer la substantifique moelle...). Sinon, je compte m'attaquer à "L'envie, une histoire du mal" d'Helmut Schoeck. Je vous souhaite une excellente journée.
"j'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi" (II Timothée, 4, 7).

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar axou » lun. 27 oct. 2014, 22:32

Je viens de finir de lire "Le Royaume" d'Emmanuel Carrère, j'ai dévoré les 600 pages en une semaine !

Ce livre m'a à la fois bouleversée et passionnée. Il évoque son parcours spirituel personnel et les origines du christianisme. Il suit les traces du Christ en écrivant la vie de Saint-Paul et Saint-Luc, et en expliquant la genèse de leurs textes situés dans le contexte historique de l'époque. Cela se lit comme un roman et a le talent de redonner une fraicheur aux textes saints : il relève l'incroyable nouveauté et la radicalité du message chrétien. Cela m'a donné l'envie de relire les textes, avec un oeil nouveau et du coup, je relis la Bible !

Je viens d'acheter sinon "le Manifeste pour les animaux" de Franz olivier Giesbert (sur le combat à mener contre l'exploitation animale).

Sinon, comme d'autres sur le forum, je suis une grande fanatique de Jane Austen !

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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar SergeA » ven. 07 nov. 2014, 8:58

Quelques précisions concernant mes précédents messages : les homélies spirituelles de saint Macaire sont publiées aux éditions de l'abbaye de Bellefontaine dans la collection spiritualité orientale.
Par ailleurs, en guise d'introduction au travail du père Justin Popovitch, vous pouvez lire ceci pour vous mettre en appétit :

http://basilekrivocheine.org/fr-oeuvres ... rituelles/
... effectivement. Cela m'a mis en appétit, c'est le moins que je puisse dire. :oui:

Merci encore Majorette.

Serge
Je n'en suis plus à la mise en appétit. Je lis une à deux homélies par jour quand j'en ressens l'appel.
Ces homélies sont de véritables merveilles. Elles me permettent de voir ma foi comme quelque chose de véritablement concret.
Une véritable bénédiction.

Encore Merci.
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Re: Dites, quel livre lisez-vous en ce moment ?

Message non lupar Cinci » lun. 10 nov. 2014, 3:22

Un concours de circonstance m'aura amené à pouvoir manipuler le fameux livre de Jean Raspail Le camp des saints. Je ne l'ai pas terminé. Pas capable. C'est l'écriture probablement, le style. Non, je n'accroche pas d'un strict point de vue littéraire. Je suis un peu déçu. Certes, il reste l'anecdote amusante : la figure fictive du pape dans le roman d'anticipation porte le nom de Benoit XVI et l'auteur fait même provenir son successeur d'Amérique du sud (précisément : du Brésil dans le Roman). Le texte fut édité en 1973.

[...]

En fait

Je m'attèle plutôt à lire L'homme qui aimait les chiens. Et ici, il s'agira de Léonardo Padura, un romancier cubain.

En quatrième de converture :
  • «En 2004, Ivan, écrivain frustré et responsable d'un misérable cabinet vétérinaire de la Havane, revient sur sa rencontre en 1977 avec un homme mystérieux qui promenait sur la plage deux lévriers barzoï. "L'homme qui aimait les chiens" lui fait des confidences sur Ramon Mercader, l'assassin de Trotski qu'il semble connaître intimement. Ivan reconstruit les trajectoires de Lev Davidovitch Bronstein, dit Trotski, et de Ramon Mercader, connu aussi comme Jacques Mornard, devenus les acteurs de l'un des crimes les plus révélateurs du XXe siècle. De la révolution russe à la guerre d'Espagne, il suit ces deux itinéraires jusqu'à leur rencontre dramatique à Mexico. Ces deux histoires prennent tout leur sens lorsque Ivan y projette ses aventures dans la Cuba contemporaine.

    Dans une écriture puissante, Léonardo Padura raconte à travers ses personnages ambigus et convaincants l'histoire des conséquences du mensonge idéologique et de sa force de destruction sur la grande utopie révolutionnaire du XXe siècle ainsi que ses retombées actuelles dans la vie des individus, en particulier à Cuba.»

Deux extraits tirés des pages 77 et 78 :
  • «Tout aussi honteux lui apparaissait désormais son rôle de premier plan dans l'écrasement de l'insurrection des marins de la base de Kronstadt, en ce funeste mois de mars 1921. [...] Il savait que si, en mars 1921, les bolchéviks avaient autorisé des élections libres, ils auraient probablement perdu le pouvoir.

    La théorie marxiste, dont Lénine et lui se prévalaient pour valider toutes leurs décisions, n'avaient en aucun cas envisagé la conjoncture où les communistes, une fois au pouvoir, pourraient perdre l'appui des travailleurs. Pour la première fois depuis le triomphe d'Octobre, ils auraient dû se demander (nous le sommes-nous jamais demander? avouerait-il à à Natalia Sedova) s'il était juste d'instaurer le socialisme en marge de la volonté de la majorité ou contre elle. La dictature du prolétariat devait éliminer les classes dominantes, devait-elle aussi réprimer les travailleurs? L'alternative s'était avérée dramatique et manichéenne : il était impossible de permettre à la volonté populaire de s'exprimer, car elle pouvait inverser le processus lui-même. Mais l'abolition de cette volonté privait le gouvernement bolchévik de sa légitimité fondamentale : au moment où les masses cessèrent de croire, il fallut les faire croire de force. Et ils usèrent de cette force.

    L'inflexibilité dont il avait fait preuve (généralement appuyé par Lénine) était peut-être justifié à cette époque-là. Mais maintenant, en revenant sur ses attitudes, il ne pouvait s'empêcher de se demander si, au cas où il aurait eu l'impudence et la rouerie nécéssaire pour s'emparer du pouvoir après la mort de Lénine, il n'aurait pas fini par devenir, lui aussi, un tsar pseudo-communiste. N'aurait-il pas brandi la justification de la survie de la Révolution pour écraser des rivaux, comme Lénine l'avait utilisée en 1918 pour interdire les partis qui s'étaient battus pour la Révolution aux côtés des bolchéviks?»
et
  • «L'inquiétude du départ de Liova fut momentanément tempérée par un événement qui à peine annoncé fit à Lev Davidovitch l'effet d'un mauvais présage : aux élections allemandes du 14 septembre 1930, le parti national-socialiste de Hitler était arrivé deuxième en nombre de voix. Le saut était considérable. de huit cent mille voix en 1928 à plus de six millions qui l'appuyaient maintenant. Perplexe devant l'étrange irresponsabilité politique des communistes allemands , Lev Davidovitch lut qu'ils fêtaient leur propre avancée de trois à quatre millions et demie de voix, et qu'ils proclamaient que le score hitlérien était le chant du cygne d'un parti petit-bourgeois condamné à l'échec. Depuis plusieurs mois déjà, dans des lettres dont il bombardait le Comité centrale du Parti soviétique, il avait signalé le dangereux enracinement du national-socialisme en Allemagne qui, selon lui, était porteur d'une idéologie capable de rallier toute la "poussière humaine" de cette petite bourgeoisie revancharde malmenée par la crise.

    Dès lors, il avait commencé à souligner la nécéssité d'une alliance stratégique entre communistes et socialistes pour freiner le processus qui pourrait mener les hitlériens au pouvoir. Mais la réponse à son cri d'alarme prémonitoire avait été l'ordre de Moscou donné au Parti allemand et transmis par le komintern, de s'abstenir de toute alliance avec les socialistes et les démocrates.

    A ce moment comme jamais, Lev Davidovitch avait senti tout le poids de sa condamnation. Confiné dans une île perdue dans le temps, sa capacité d'action se réduisait à l'écriture d'articles et à l'organisation de sympatisants dispersés, quand en réalité il aurait dû se trouver au coeur des événements où se jouaient, il pouvait le sentir dans sa chair, le destin de la classe ouvrière allemande, celui de la révolution européenne et, qui sait, celui de l'Union soviétique elle-même. Il savait qu'il fallait absolument mobiliser la conscience de la gauche allemande, car il était encore possible d'éviter le désastre qui se profilait sur le ciel de Berlin.»
Note personnelle : le tableau (l'extrait ci-dessus) représente un Trotski méditatif dans l'année qui suit son arrivée en Turquie et son installation dans l'île des princes ( à une heure de demie d'Istanbul, près de l'embouchure de la mer Noire). L'île en question présente cette particularité de n'avoir jamais connu la moindre circulation automobile, les maisons y sont en bois dans un style du XVIIIe siècle, etc. C'est pourquoi le romancier cubain évoque "une île perdue dans le temps". Moi-même, j'aurai pu jouer le touriste sur cette île des princes. Je ne savais pas que Trotski aura pu séjourner, là-bas, en exil. Non, je ne fais que l'apprendre aujourd'hui grâce à ce roman (sourire). Et Liova c'est le fils de Trotski.

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Message non lupar Lys_Sul » lun. 10 nov. 2014, 3:37

Dans le camp des saints, le rôle de l'Eglise est très très négatif, dans le récit de Raspail, elle est décrite comme trop Friendly avec les immigrés. Si, je me souviens bien l'avion du Pape se crashe avec celui de l'ordre de Malte. Et les moines aussi ils meurent sur la plage par asphyxie par les personnes arrivant des bateaux vers la plage.
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Message non lupar Cinci » lun. 10 nov. 2014, 3:58

Je suis d'accord pour l'observation.

En effet, Jean Raspail semble bien s'y livrer (ce que j'en ai vu) à une certaine "charge" contre la hiérachie catholique, contre la complicité de cette dernière (avec les politiciens) dans ce qui serait alors le drame d'une sorte de suicide collectif. Haine de soi? volonté de se nier? refus de survivre? attraction pour le néant? Ici une Église comme cinquième colonne ... Oui, c'est un peu le message que l'on risquerait de retenir du livre.

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Message non lupar Lys_Sul » lun. 10 nov. 2014, 22:25

C'est exactement ça Cinci ;) . Quand le pape fut présent à l'île de Lampedusa avec son discours, les réactions furent acerbes avec la mise en parallèle du rôle papal du camps des saints . Pour certains dans ce milieu, le livre de Raspail est pratiquement prophétique.
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Message non lupar Etrigan » sam. 15 nov. 2014, 13:48

Je viens de terminer "Qui-suis je ?" Ungern d'Erik Sablé, l'histoire d'un "personnage exceptionnel qui libéra la Mongolie occupée par les troupes chinoises en 1921. Ataman cosaque, le baron Ungern vécut une vie d'aventures. Il fut un héros de la Première Guerre mondiale. Il habitera en Transbaïkalie, puis en Mongolie. Il parcourra la Mandchourie, la Chine, et se mariera avec une princesse chinoise. Sa Division Asiatique de Cavalerie sera la dernière armée à se battre contre les troupes communistes. Passionné par le bouddhisme, il s'entourait de lamas. Il rêvait de créer une Asie unifiée qui serait en mesure de lutter contre une Europe qu'il jugeait décadente. Après la prise d'Ourga, il s'empressa de remettre sur le trône le Koutouktou, l'équivalent mongol du Dalaï-Lama."

Et aussi un roman japonais, Le Ruban de Ito Ogawa chez Philippe Picquier. À la fois roman et recueil de nouvelles, Le Ruban met en scène 8 récits tournant autour d’un petit oiseau anthropomorphe, Ruban. L’histoire commence lorsque Sumiré, la grand-mère d’Hibari, décide de couvert dans son chignon ( !) un œuf tombé d’un nid. Son nom sera ruban parce que cet oiseau « est le ruban qui nous relie pour l’éternité » explique Sumiré à Hibari. Mais un jour, Ruban s’échappe de sa cage. Son périple, de personne en personne, sera l’occasion de raconter des histoires de chagrin et de bonheur.

À partir d’un pitch ô combien étrange, Ito Ogawa (auteur à succès avec Le Restaurant de l’amour retrouvé) raconte une suite d’histoire tantôt gaies, tantôt tristes dont le charme s’avère indéniable. C’est parfois surréaliste et poétique (l’histoire de Sumiré et Hibari), parfois profondément triste (le récit de cette maman qui a perdu son bébé), mais toujours doux et caressant. Ito Ogawa n’a pas son pareil, en effet, pour mettre en scène avec un mélange de tendresse et de gravité des personnages un peu hors norme, bizarre pour tout dire, mais touchants. Assurément un roman qu’on ne regrettera pas d’avoir ouvert.
« Le Verbe s’est incarné pour la Rédemption du Péché. Faudra-t-il que le Saint-Esprit s’incarne pour la rédemption de la sottise ? » Léon Bloy

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Message non lupar Buonavventura » sam. 15 nov. 2014, 21:05

Après Richelieu d'Erlanger, Louis XIV puis l'Affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils j'ai commencé le Condé le héros foudroyé de Simone Bertière en parallèle j'ai commencé le traité de la dévotion mariale de Louis Marie Grignon de Montfort.

Je m'intéresse au XVIIeme siècle en ce moment.

Mon intérêt est né avec la lecture d'une anthologie de Laurence Plazenet Port Royal au travers de laquelle j'ai mesuré l'importance de ce siècle sur la plan politique, culturel, religieux ; au passage je n'ai pas fini l'ouvrage qui reproduisait notamment des extraits de vie admirables, édifiantes, saintes et vénérables de personnes qui passaient leur temps à se reprocher tant et tant de péché, jusqu'à considérer que s'accuser de trop de péchés pouvait également être un péché ... d'orgueil etc.... bref tout est péché !

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Message non lupar Cinci » mar. 10 févr. 2015, 7:53

Neal Lozano, Délié. Guide pratique de la délivrance, 2003 («Unbound. A Practical Guide to Deliverance»)
  • «Neil Lozano, diplômé en éducation religieuse, a plus de trente-cinq ans d'expérience pastorale dans laquelle il aide les personnes à trouver leur liberté dans le Christ. Fondateur avec son épouse Janet, du Ministère «Coeur du Père», il donne dans différents pays du monde des séminaires et des formations sur le thème de la libération et de la délivrance. Catholique romain, Neal est également coordinateur aîné de la «Maison de la lumière de Dieu», communauté chrétienne interconfessionnelle, qu'il a conduite pendant plus de trente-cinq ans. [...]»

Le week-end dernier, j'ai participé à une autre bonne séance de type soirée de prière, charismatique, avec un solide bonhomme dont j'ai déjà parlé. «Que ça fait du bien!» Je le mentionne ici parce qu'il m'aura suggéré à la fin de la soirée un ouvrage dont je donne la référence.

Un extrait :
«... c'est en 1970 que Dieu m'a révélé son amour : ma vie en a été transformée pour toujours. Très vite cependant je me suis rendu compte que le malin s'opposait à moi quand je voulais servir le Seigneur. Que je tombe malade la veille d'une retraite ou que mon dos me lâche juste avant une intervention, j'ai pris conscience de la façon dont Satan se servait de ma peur pour engendrer des symptômes physiques destinés à me dissuader. J'ai commencé à comprendre que la tentation n'était pas un simple combat contre mes faiblesses personnelles, mais véritablement une campagne stratégique et démoniaque pour me faire dérailler et anéantir ma foi.

Au fur et à mesure que je lisais les Écritures, je trouvais beaucoup de références à l'oeuvre des démons et à la délivrance que Jésus apporte à tous ceux qui sont assaillis par des esprits mauvais. Je me suis mis à lire tout ce que je pus trouver sur la délivrance. J'écoutais attentivement les histoires des gens qui avaient été libérés au nom de Jésus de chaînes spirituelles. [...]

Le seul secours que je connaissais et la seule aide que je pouvais apporter à d'autres chrétiens en difficulté c'était des versets connus de l'Écriture que je croyais comprendre : «Soumettez-vous donc à Dieu. mais résistez au diable et il fuira loin de vous.» (Jacques 4,7) «Vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres»(Jean 8,32) Il me manquait quand même quelque chose. Je ne savais pas comment vivre en pratique la vérité de ces versets.

Environ quinze ans plus tard, le Seigneur m'a appris comment résister au malin et de quelle façon la vérité nous rend libres. Un homme de Dieu m'a délivré, par la puissance de l'Esprit Saint, de l'influence d'un esprit mauvais, un esprit qui m'avait comme gardé en esclavage à cause d'un lien spirituel ayant pour origine une profonde blessure du passé [...]» p.10
Mon animateur de la soirée qui connaît Neal Lozano, contait l'anecdote de cette délivrance au cours de laquelle l'auteur aura pu voir littéralement l'esprit nuisible se détacher de lui et finalement partir (sortir vers le haut) à la suite du commandement d'autorité au nom de Jésus. Il nous contait que cet esprit avait empoisonné sa vie jusque là, depuis tout jeune, s'agissant d'un esprit qui provoquait de la timidité, la crainte, le repliement sur soi. La personne ne se sera jamais douté de rien, croyant qu'il devait s'agir finalement d'un trait de caractère personnel. Apparemment que le changement aurait été notable à partir du moment où l'intrus aura pu être chassé lors de la prière. La blessure du passé aurait été provoquée par un professeur, à la petite école, qui se serait moqué de lui devant toute la classe.

Il en aura profité pour nous entretenir ensuite de Marie de Magdala qui aurait été délivrée par Jésus de sept esprits impurs. Marie de Magdala qui aurait été parmi les rares à suivre Jésus jusqu'au pied de la croix, celle qui aurait été ensuite la première à qui Jésus ressuscité se serait laissé voir.

L'enseignement avec des passages bibliques fut riche.

Quant à l'origine de l'expression «La Bonne Nouvelle» - parce qu'il en fut question aussi durant la soirée - je ne pensais plus moi-même à regarder du côté d'Isaïe :
Spoiler!
«... qu'ils sont beaux sur les montagnes
les pieds de celui qui apporte la bonne nouvelle,
qui proclame la paix
annonce le bonheur,
proclame le salut,
qui dit à Sion :
«Ton Dieu règne!»
Écoute! tes guetteurs élèvent la voix,
ensemble ils crient de joie;
car ils voient les yeux dans les yeux
Yavhé revenir à Sion.
Éclatez toutes en crie de joie,
ruines de Jérusalem!
car Yavhé console son peuple,
il rachète Jérusalem.
Yavhé met à nu son saint bras
aux yeux de toutes les nations,
et tous les confins de la terre verront
le salut de notre Dieu.
- Isaïe 52, 7

Spoiler!
«L'esprit du Seigneur Yavhé est sur moi,
parce que Yavhé m'a oint;
il m'a envoyé apporter aux humbles la bonne nouvelle,
panser les coeurs brisés,
proclamer aux déportés la libération
et aux captifs l'élargissement,
proclamer une année favorable de Yavhé,
un jour de vengeance de notre Dieu,
consoler tous les endeuillés,
leu donner un turban au lieu de cendre,
une huile d'allégresse au lieu d'habit de deuil,
la louange au lieu d'un esprit abattu.
On les appellera térébinthe de justice,
plantation de Yavhé pour se glorifier

[...]

Parce qu'ils ont eu le double en fait de honte
et comme part la confusion et le crachat,
ils recevront le double sur leur terre,
ils auront une joie perpétuelle.
Parce que moi, Yavhé, j'aime le droit
et que je hais ce qui est injustement dérobé,
je leur donnerai loyalement leur rétribution
et je conclurai avec eux une alliance perpétuelle.
Leur descendance sera connue parmi les nations,
et leurs rejetons au milieu des peuples :
tous ceux qui les verront reconnaitront en eux
une race bénie de Yavhé.

Je suis transporté d'allégresse en Yavhé,
mon âme jubile en mon Dieu,
car il m'a revêtu des habits du salut,
du manteau de la victoire il m'a enveloppé,
comme le jeune époux ajuste le turban,
et comme l'épousée se pare de bijoux.

Car de même que la terre fait éclore ses germes,
de même qu'un jardin fait germer ses semences,
ainsi le Seigneur Yavhé fera germer la victoire
et la louange devant toutes les nations.
- Isaïe 61, 1

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Message non lupar Fée Violine » mer. 11 févr. 2015, 17:32

*Journal d'un bourgeois de Paris sous Louis XV (Barbier, bourgeois de Paris, a tenu son journal de 1718 à 1763. C'est très intéressant, j'ai appris beaucoup de choses).

*Je relis les souvenirs de soeur Emmanuelle. C'est génial !


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