Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

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cmoi
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » lun. 13 avr. 2020, 6:51

Je me pose une question : dois-je poursuivre ces parutions ?
Pâques est passé, dois-je continuer jusqu'à la fin de confinement par exemple ?
Il faudra bien y mettre une fin... Ou... Aucune ?
Faire alors appel pour avoir des thèmes et improviser selon l'inspiration, y trouver un renouvellement ?
Il semble que vous soyez environ 200 fidèles lecteurs...
Dois-je élargir les sujets ? Si je dois continuer j'y serai obligé.
Mes poésies les plus mystiques sont allégoriques et amphibologiques.
2 Exemples :

Un peuplier.

Un peuplier
Déraciné
Tourbillonne en vacillant vers le ciel ;
Et tandis
Qu’en toupie
Commence son ascension perpétuelle :
Un déluge
De subterfuges
Vient combler le vide accentué
Dans la fosse
De nos os,
Par des feuilles mortes et des fleurs fanées,
Pailletées d’éclairs.

Et de beaux vers
Luisant sous leur peau nouvelle,
Nous rappellent

Que l’azur
Fut aussi d’or et de mercure !
.

Hardie.

Hardie sous les étés,
Entre une âme et le ciel,
Une rose embuée
Malignement sommeille ;

Frémissante d’envie,
Câline et tropicale,
Elle égrène en ses plis
La rosée matinale.

Sinon, je pourrais choisir des thèmes...
Si je me limite à ce qui peut être d'inspiration chrétienne au sens strict, j'ai en stock : l'avortement, la contraception, l'abandon ou la trahison conjugale, l'extase (à la manière du "cantique des cantiques") : en majorité des sujets pas joyeux, joyeux...
Sinon j'ai aussi des poésies "paîennes" ou "neutres, d'amour évidemment mais pas seulement : philosophiques, d'émotions, et.
A vous de me dire.
2 exemples :

Au balcon.


Notre monde est un vase
Où des milliers de plantes reposent ;
La nature en extase
Y répand mille choses…

Vaste balcon fleuri,
Berceau de nos serments pressentis…,
La lumière d’un jour qui s’éteint
N’oublie pas l’œuvre de nos mains.

Doucement bercée par des pétales,
Une imperceptible nappe de rosée, musicale,
S’épanche et goutte lentement, puis s’étale,
Sur un lit de rouge argile initiale.

Même s’il n’y aura jamais plus
Personne pour s’en souvenir,
La couleur des choses a la vérité nue,
Un instant, de l’air que l’on respire.

La fraîcheur opaline
Flotte fauve, en pâle turgescence ;
Sur l’ombre chlorophylle
Un parfum se balance…

La matière, en tout lieu coquette,
Bien qu’elle soit source de vie inerte,
Nous prête sa confidence pour témoin
Avant d’en effacer vertement le chagrin.

Bonheur ou malheur, joie ou peine,
L’instant meurt pour nous dans un avenir :
S’il n’y en avait un autre à vivre
Je préférerais m’ouvrir les veines.

Mon cœur est une rose
Déchirée, offerte à la brise évanescente :
Sur deux lèvres charnues et closes
Elle s’est posée, fièrement aimante.

Par la bouche tue où elle repose
S’envolent des idées muettes ;
J’aurais aimé tenir porte close
À la vermine qui nous guette.

Le temps qui passe, dans un beau geste
Sème le doute et l’inconfort, m’enseigne
La distance et le changement, m’absous de son règne :
Je veux bien mourir pourvu qu’il reste !


La femme onglée

Le tigre en sa forêt, le lion dans sa savane,
La hyène ou le chacal, le chien dans sa cabane,
Guépards…, léopards…, le puma sur sa montagne,
Jusqu’au chat qui de ses ronrons nous accompagne,

Ces créatures, - animaux féroces et sûrs
Qui se montrent, quand ils déploient leur force et chassent,
Véloces et matures, purs jets de nature,
- Ferment les yeux, couchées drues dans l’air se prélassent

Et nous tromperaient, comme les ours en peluche,
Que l’on fabrique et qui nous rendent un peu nunuche,
Si l’on rêve de domination et d’insultes...

Pour ceux qu’un câlin ne rend pas assez crédules
Il y a l’heureux écho d’un conciliabule :
Nos sabots sont usés, la femme onglée un culte.


Honnêtement, je ne sais pas quoi faire...
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

cmoi
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » mer. 22 avr. 2020, 5:38

Il est difficile quand on a la foi de distinguer dans nos sentiments ce qui en relève - ou pas.
La foi exacerbe tous ceux qui concernent l'amour (seraient-ils douloureux), et je ne pense pas que "l'amour courtois" aurait existé sans elle.
Voilà pourquoi je vous propose ces deux poèmes, le second étant une trilogie qui répondait à un double pari : le premier sentimental, de l'exprimer par une énigme ; le second qui était de l'exprimer par trois sonnets dont chacun commencerait par la fin du précédent !


POTICHE ?


Il n’y a pas besoin de sortir le moindre argent
Pour te regarder, mais … ;
Si bien que tu es beaucoup mieux qu’un tableau,
Plus vivante et plus libre, plus gaie.

N’importe quel barbouilleur, aigri, jaloux ou salaud,
Ne peut rien - le voudrait-il ? - changer
A ce que tu es ; ni le danger.
Et pourtant… tu changes… à simplement vivre… à chaque instant.

Il n’y a pas besoin d’être riche
Pour constater l’harmonie de tes formes.
Apprécier l’œuvre où elle se niche :
Mon Dieu, qu’y a-t-il de plus conforme !?

Chaque partie défend le tout,
Sans lui céder en rien.
Si tu n’avais pas d’autre atout
Il en resterait un, épicurien.

N’es-tu pas confuse, ou troublée,
Que d’autres aient besoin de vêtements ?
Quand il semble que ce soit de toi, redoublée,
Qu’ils tirent un attrait, sottement.

Tu es beaucoup mieux qu’un tableau,
Serais-tu une nature morte, irréprochable,
Où ce qui bouge vient d’un sentiment nigaud
Et non d’un astre inapprochable.

Tu es bien trop belle, surtout,
Qu’il est impossible de te croire !
Serait-ce aussi pourquoi, tu te tais, partout,
Ne craignant pas de nous décevoir.

Tu voudrais bien apprendre à te maquiller ;
Tu t’y essaies… mais tu ne sais pas…
Inutile de regarder dans le noir d’un marguiller :
Tu n’en as pas besoin, mais, c’est pour faire le premier pas ! 



LA HONTE-CULPA !



Comme si j’offenserai toute l’affection
A laquelle il est sensé prêter attention,
Tradition, je te retire mon denier :
Je n’arrive pas à l’imaginer premier !

Non plus me faire une idée de ce qu’il sera :
Ton droit cœur m’a mis sur la paille, le foudroie,
Et je n’ai pas besoin de lui, je crains, je broie
Tout ce qu’il cachera quand il s‘avancera.

Aucune idée de ce que toi, tu en feras.
Je voudrais en effacer d’avance le droit,
Me priver de tout ce dont il te privera

Et qu’il ne dira pas. Qu’il me donne en entier
Ou ne livre rien de moi, lui, je le crois,
M’effraie comme s’il pouvait être le dernier


Avec toi. Une pareille déconvenue,
Si tôt perçue, m’apitoie. Quand même, amoureux,
Renoncer déjà aux sentiments advenus
Pour me préserver d’un sort étroit : malheureux !

Impossible de l’éviter, de le doubler,
De le noyer sous le nombre, le rendre froid :
J’aime trop ce qu’il contentera. Affublé
D’un rôle de dispensateur, je deviens proie.

Tant d’intuitions sublimes lui seront permises
Et qui deviendront aussi vite et à jamais
Perdues ! Il n’y aura plus de terre promise.

Simple péripétie que nous garderons prête
Pour témoigner, sans plus, de notre droit d’aimer…
Nous serons deux à la vouloir tenir secrète,


Après tout ! Mais je m’inquiète et je veux connaître
Ce qu’au moment venu tu miseras dessus.
Je redoute cet aveu de te méconnaître,
D’être incapable de prévoir le pardessus

Dans lequel se glisseront mes premières transes
Et ce qu’elles devront appareiller en dessous
Et comme par avance : quelle outrecuidance,
Si je me trompais et devais en être absous !

La richesse de ton amour me rend pantois.
Il n’y pas un geste, pas même de langue,
Pour s’y fondre sans me paraître discourtois.

En as-tu seulement une et qui ne soit pas
De bois ? Confondu d’adopter ce mauvais angle
Il m’échoit d’en dissimuler ma honte-culpa.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

cmoi
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » jeu. 23 avr. 2020, 7:56

Une trilogie, variation personnelle et moderne, évidemment, sur le même thème que celui qui inspira le Cantique des Cantiques...
Suivront quelques poèmes "satellites" si vous ne trouvez pas cela trop osé...

RENDEZ-VOUS !



J’ai hâte de te serrer dans mes bras,
De poser mes lèvres sur les tiennes, qui s’ouvriraient,
Afin de savoir comment précisément tu es à moi :

Seras-tu faussement lointaine, brumeuse, ou à fond dans le vrai ?

Frémissante, joliment outrée, ou bondissante !
Timide, simplement attentive à me rendre la pareille ;
Impatiente, ou, pourquoi pas, subtilement inconvenante…

En tout cas, prometteuse, et surtout,
Bonne à croquer, et nouvelle :

Tout !

En perdition,
Et pour ne pas perdre tes distances,
Tu t’appuieras sur les fascias
Qui enrobent mon squelette,
Le tourneras en déclaration,
A moins que ne soit ton choix
De simuler une défaillance

Et de m’inviter à te poursuivre,
Telle une proie consentante,
Ou, pour jouer les prolongations,
Un tantinet récalcitrante…
Te donnant cependant l’air d’être ivre !

Bref, rayonnante encore et décidée
A n’être ni prête,
Ni secrète,
Décidée
A me jouer celle qui me manque ou sur toute la palette,
A ne surtout pas commettre
La moindre boulette,
A paraître sage, mais rester pourtant bien follette.

C’est qu’il n’y aura pas d’autre irruption,
Ni d’interruption,
Quand plus tard, de nuit ou avant,
Tu voudras être
Sans plus aucun paravent,
Et ce ne seras pas par trop de passion,
Mais seulement plus vive qu’une éruption

Tandis que j’aurai trouvé la pose pour faire de nous deux ancêtres.



Or avant cela,
Il y aura ce rendez-vous
Qui en décidera :

Ne soyons pas comme deux voyous !

Qui peut-être n’en décidera pas :
Par forfanterie, par galanterie,
Par goujaterie ; et sans cérémonie…

Ce sera un comble, …ou pas.

Qui peut savoir ?

Il y a bien un âge
Au-delà duquel la femme n’enfantera pas.

Un âge
A partir duquel elle ne craindra plus ou pas
De décevoir.

Un âge, qui nous rendra
A ce que nous sommes : seuls, à l’abri d’un mauvais pas.

Il peut y avoir
Et il y aura, bonne ou mauvaise, une surprise.

Quand l’extase traversera nos cœurs
Pour se rejoindre en nos muqueuses et nos mises
Et qu’elles devront en sanctionner l’heur !

Se faire rapporteuses,
Devenir discrètes ou moqueuses,
Elogieuses, bénissantes,
Glorieuses, ou compatissantes...

Avant de s’endormir telles deux loirs !

L’esprit,
L’esprit dit-on est plus fort que la chair.
Mais vu que la chair est faible, elle
Est aussi celle
Qui nous conduit
A ce que ce nous soit, ou ne nous soit pas, cher.

Certains prétendent que non,
Que ce ne peut que l’être toujours :
Or ce ne sont pas les plus abscons
Mais les plus cons !

Pourquoi les qualifier ainsi ?
Qu’est-ce qui leur échappe de si joli ?
Il arrive que la plus belle, la plus enjouée,
Ne soit qu’une planche à repasser,
Ou que deux tempéraments fougueux et sensuels
Ne parviennent qu’à former un robot rebelle !
Que la pratique d’une véritable chasteté,
Aboutisse, dans le don, à plus d’honnêteté !

Et qui
Ainsi
Mieux défendraient,
Défendront
Mieux que nous,
Qui ne serions que des mous,
L’amour... Tout simplement l’amour…

Et ?

Et quoi ?
Resterions-nous sans voix… ?

Hé… !
Et pourquoi pas !

Entre nous :
Ce n’était qu’un rendez-vous.
Alors qu’entre une seconde, et une vie,
La plus longue histoire reste un sursis.


Il arrive que ne soit pas bon
De jouer les prolongations.

Comme ici !


Restons-en donc, revenons à ces deux ancêtres
Qui n’ont plus qu’à croître comme deux hêtres.



LA CHAMBRE ET LE PISTON



A toi l’étrangère,
Plus radicalement autre
Que ne le sera jamais
Dernière
Aucune femme,
Parmi
Toutes et tous,
Je te le dis :
Je suis aussi cet autre
Et nos mains
Qui se rejoignent
N’unissent plus rien
Que ne soumette et empoigne
L’inconnu vers lequel
Chacun s’absente et nous
Repousse.

O combien présente
Depuis que te voilà l’unique
De qui je ne puis plus me séparer
Sans dévoiler
Pudeur et mort,
A l’heure où je dois tomber la tunique
Et ne plus me soucier
Que d’oublier tout effort
Pour rester vrai :
L’amour, les soins et le respect
Que tu te portes et que ton corps a reçus
Je les partage en souvenir
Et comme il se doit
Sans en avoir connu le plaisir
Du bout de mes dix doigts.

Bientôt tu seras nue
Même si j’ignore
Encore
Par quel geste je l’ai su.

Le temps qu’il nous laisse
Je le passerai à remonter le tien
Jusqu’à trouver l’explication,
Le lien
Ou la promesse
Qui,
Tu le sais, n’existent pas !

Sauf, mais peut-être, pour Adam et Eve.

Longtemps nous l’oublierons
Pour entretenir l’illusion
Bercés par un courant de loi
Une crue de la plus haute joie.

Il y aura fort à parier
Qu’à défaut d’en trouver l’objet
A l’extérieur de soi
Aucune jouissance ni possession
N’entrera sous notre toit.

Nous en ferons monter l’enchère
Jusqu’aux limites du raisonnable,
Abolissant celles de nos chairs,
Défigurant l’orgasme d’un élan inexorable.

L’extase, ma chère,
Sera notre grande fois première
Et nous serons deux, sa stance,
L’indissociable circonstance.

Où se sera donc égaré le plaisir ?
Silencieux comme ton regard,
Loin derrière, sous nos éclats de rires,
Traversant tous nos retards

Pour nous rejoindre et nous conduire
Au chevet d’un nouvel avenir…

Lorsqu’il était encore
Sur l’arbre, le fruit n’était alors
Qu’un prolongement de branche,
Une brindille dont la sève blanche
Par une énergie soufflée
Avait fait grossir l’extrémité
Comme une greffe inversée
Laquelle porte au sein de sa substance
Pur joyau serti de son absence
Un chapelet de graines
Promesses autant d’un plant total.

L’écrin qui ne tombe qu’une fois
A maturité se déploie
Ses feuilles en parachute
Amortiront sa brève chute.

Bien sûr chacun peut le cueillir
Il suffit de passer par là
D’être celui le vent qui sera là
N’ayant pas eu à défaillir.

Si le geste est délicat,
Respectant la queue
Ainsi que la nature
Qui sait pour quoi elle tient
Il n’emportera
Au secours du bien futur
Tel don joyeux
Que s’il s’appropriera également
De ses causalités le contournement.

Je n’aurai pas eu à te le dire
Que je t’aimais
Cela t’aurait même fait plutôt sourire
Si tu n’en avais pas eue l’exacte idée.

Est-il possible

Et y répondrais-tu toi
Qui sans en avoir conscience
Me dérobe ton visage en confiance

Que je ne sache même pas
En t’attendant
Ni te reconnaître ni comment te chercher ?

Est-il possible

Que nos caresses et nos baisers
Tous ces gestes que guettait
Un ennui morne et qui les épuise
Avant qu’ils ne se referment
Et que sur notre tendresse éclose
Ils fassent cercle et promettent…

Est-il possible

Qu’ils puissent franchir
De l’offrande de nos épidermes
Comme la paupière close
Et toucher l’âme d’un sujet
Autrement que par un plaisir
Au fond passager
Et qui s’évente et s’admire ?

Ton cœur me regarde :
Lumière,
Joie,
Mise en garde !

Est-il possible
Que certains d’entre nous puissent mourir
De ne pas savoir aimer ?

Cela m’expliquerait
Que j’en puisse porter comme le souvenir
A chaque fois que te prenant pour cible
Je voudrais
Te rendre l’otage de ma destinée.

N’est-il pas triste

Que ce soit apprendre
Comment il faut aimer
Que se laisser surprendre
Par une place vide, abandonnée,
Où vivre c’est jouer marionnettiste ?

Sans toi mon prochain
N’est qu’un fantôme lointain
Dont les idées ne réalisent
Pas ma solitude désenchantée.

La gorge nouée
Par un cordon que mort
Et vie rendent invisible

Je me sens floué
Par une perquisition, un persistant remord
Libre et flottant, imperceptible.

Mon cœur, un instant surpris,
Sans s’arrêter
Avait cessé de battre :
Il dandinait.

Il se retrouvait pris
Par le chant d’un pâtre
A plus haute polarité ;

Contraint, plaint, consolé.

Et j’ai compris
Que l’homme pouvait mourir d’entendre ;
Souhaité
L’aveu de ce geste tendre ;
Senti
Se former dans l’épaisseur
De tissus privés de profondeur
La solitude ravie
De nouveaux membres.

Une présence
En moi se déplaçait
Qui dessinait
Le contour d’une autre existence.

Pure jubilation de plaisir,
Ayant troublé
De son empreinte rare et claire
La mémoire de ma chair,
Aucun chemin plus louche
N’abolira la cire
Scellée
Par ton passage ;
Ni le temps, ni l’espace,
Ni la fatigue ou la colère,
La maladie, la joie,
Pure jubilation de plaisir
N’abolira
Quoi
Dont j’ai construit la genèse !

Ton cri
Chante encore en moi
Son anamnèse.

Il est entré
Par ta bouche,
A secoué mes organes
Et fait vibrer
Mes muqueuses,
Mieux que ma force
Musculaire.
Mes poumons
Abusés
Se sont crus conducteurs
Et réquisitionnés
Comme adducteurs
De lumière
Et de chaleur
Pour donner l’heure
Ainsi qu’un diapason.

Communion
Autant qu’obole
Il a
Fait retentir
L’écho de ta voix
Plus loin
Que son souvenir,
Joint
Sans désunion
Son geste et sa parole.

Il a trouvé
Dans mon histoire
Un chemin
Qui rejoignait nos pères…
Tracé
Comme une lame d’espoir
Un sillon
D’inextinguible et lente
Combustion,
Carmin,
Evanescente,
Que le bonheur oblitère
D’un don :
Nos sexes unis
- La chambre et le piston -
Ont gardé pour fruit
Le contour du son.

Les années, les années seules, passent à travers…



ARPENTEURS !



Qu’y a-t-il eu soudain
Qui n’était pas et qui n’est déjà plus
Si vite disparu
Mais pourtant si certain ?

Je me souviens, oui, je me souviens :
D’un ventre doux
Qui ne pouvait être
Que le tien,
D’un bras, d’une épaule,
D’un mouvement de bassin,
- Qui tous ne pouvaient être
- Encore que les tiens…
Pour que sans y penser
Je m’en souvienne aussi bien
Que s’ils avaient trouvé un pôle,
Inventé une excuse,
Taquiné la muse,
Jouis encore de nous
Dont ils se dispensaient…

Qui de nous… ?

Et qui disparurent,
Quand ton visage frôla mon cou,
Sans se soucier de ma carrure
Ni de la sueur sur ma joue.

Et puis
De ta gorge,
Où le sang qui pulsait,
Gonflait ta peau et semblait clignoter,
A la place et tandis
Que la forge
De tes yeux agrandis qui sans relâche
D’un en-bas qui surgissait
- Fascinante paire se dressait
- Et qui vers l’en-haut me fixait
Comme s’ils se seraient fatigués
Ou alertés à se donner une autre tâche
Et que ton cerveau enregistrait la vue
Qu’ils t’offraient comme étant celle
Qui demandait la mienne, ou le ciel,
Et qu’entre « belles
Vues »
Elles reflétaient la flamme,,
Semblaient avoir une âme
Et garder un secret essentiel.

Elle y avait eu sans doute aussi tes seins
Mais discrets,
Effacés,
Juste là pour me cacher d’autres témoins :
Les bourses pleines.
Et que fouettait mon sang sans que je m’en plaigne.

Pourtant nous étions seuls,
Ensemble, mais seuls.

Nous étions bien,
N’en avions pas besoin,
En avions dépassé le poing,
Conservé les bons soins.

Il y avait donc eu ton corps,
Pas le sien ;
Il avait dû y avoir aussi le mien,
Mais plutôt comme un anticorps ;
Nous devions être nus
Puisque rien ne nous avait retenus.

Sinon tes jambes :
Oui ; je m’en souviens,
Qu’elles se tenaient aux miennes,
Qui se tenaient aux tiennes.

Il fallait bien qu’elles se retiennent,
Ou s’enjambent,
Pour que je m’en souvienne
Comme d’un mur pelvien.

Qu’y a-t-il eu soudain
Qui n’était pas et qui n’est déjà plus
Si vite disparu
Mais pourtant si certain ?

C‘était il y a un instant à peine,
Trop tard pour le vérifier.
Nous avions échangé notre haleine
Pris le temps de nous identifier.

Qu’est-ce donc qui nous avait attendus
Que nous n’attendions pas,
Qui nous a surpris d’un air entendu
Et laissé sur notre hésitation,

- Mis le silence au pas,
- Enduits d’une autre mixtion,
- Nous laissant nous suggérer la présence
- D’une dimension d’importance…

Mais si vite disparu
Comme le frôlement d’une aile,
Le bruissement d’une ritournelle ?

Quand nous nous sommes apparus
L’un à l’autre soudés, mais articulés,
Comme deux qui auraient perdu
Le devoir qu’ils auraient dû
A se retrouver scellés,

…Il m’a semblé,
Que sans donner de la voix
Nos corps et nos âmes rassemblés
Nous avaient parlé d’eux,
Avaient tracé la voie…

En se confiant ensemble et bien mieux
Qu’avec nos manières d’éviter d’avoir un visa,
Ils savaient tout, nous arpentaient déjà,
N’avaient plus besoin de mou,
Mais d’amour, et de nous…

De toi,
De moi,
Ne reste soit
Qu’une seule joie !

Le muscle du temps qui crépite autour,
Monte et descend,
Attend
Quoi,
Rythme pourquoi
Nous lui donnerons son tour.

Ses baguettes
Il y en aura trop, ou plus…
Il nous guette
Mais son tambour s’est tu.


En silence et en paix,

Plus rien ne nous effraie.


Rien que la paix.
Que le silence.
Là.

Eus… !


A deux,
Nous passerons aux alentours.


Nos adieux,
Feront la promesse du jour.


Hue…


Etait-ce de l’amour,
Ou simplement du plaisir, un rut ?
Celui qui est venu,
Qui lui le savait et le sait,
De qui la pure jubilation d’être
Etait presque palpable,
Qui n’a pas pu se tromper,
En tout cas qui s’y est reconnu,
Lui n’a pas voulu
Nous le rendre appréhendable.

Ni que sans son détour
Nous l’en sachions le maître.

Peut-être a-t-il voulu
Que nous ne puissions le reconnaître ?
Mais juste ouvrir une fenêtre…
Car à cause de nos idées,
Et notamment de celle du péché
Dont il regrettait l’interdiction
Comme d’une intimidation,
Il craignait d’être confondu !

Il s’avère que le rut
N’est que de l’amour
Où l’amour s’est tu ;
Parce qu’en nous il ne dure pas toujours,
Que la densité des sentiments
Ressemble à un tourment,
Et qu’il ne convient pas
D’en anticiper l’appât :

Celui de s’y enfermer,
D’en garder pour soi le fumet.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

cmoi
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » sam. 25 avr. 2020, 7:49

Le long poème (fort simple dans son expression) que je vais vous présenter a quelque chose de particulier en ce qu'il dresse une sorte de ligne de partage entre le bien et le mal.
Lorsque je voulus éditer le recueil dans lequel il se trouvait (cela remonte à un bail !) une collègue qui en connaissait le personnel (2 personnes) me proposa de le faire imprimer par notre service reprographie. Evidemment ils lurent ce qu'ils imprimèrent, et l'un d'eux réagit fort violemment en ce qu'il se sentit 'visé" - heureusement nous ne nous connaissions pas "d'avant".

Refuser de grandir.


Quand j'étais petit,
Je croyais
Qu'aussitôt amoureux
L’on n'avait plus rien
D'autre à faire
Que se perfectionner dans l'art d'aimer…

Car tout y concourrait et y trouvait son sens !

Ce n’est malheureusement pas le cas,
Alors
Je me dis
Que je ne suis pas amoureux,
Ou bien
Que je ne suis pas capable d'aimer.

D'autres fois je me dis
Que c'est la vie qui a changé
Et qui ne le permet plus.

Et si en fait cela ne dépendait
Que d'une façon de voir que j'aurai perdue ?
Alors je boude et je ne fais plus rien,
Du moins
Si !
J'essaye de changer
De façon de voir,
Mais
Que de temps perdu !

D'autres pensaient,
Au risque pour certains de le rester,
Qu’il n'y avait
Que les enfants et les simplets
Pour être amoureux.

Ce que je savais,
C'est que beaucoup
D'adultes
Ne l'étaient pas et que

C'était pourquoi
Ils avaient tant l'air si malheureux…

Et qu'ils s'intéressaient à des tas
De choses pour ne pas y penser !

Tu vois, faire une publicité
Pour mon travail :

Non !
Ce serait m'y intéresser...
Je veux que cela reste spontané,
Pour me permettre de croire
Que je suis encore capable d'aimer :

Et je reste fauché.

Je n’envie pas pourtant
Ceux qui trouvent à ces relations
De pouvoir et d’intérêt,

Celui de se croire et se sentir aimé !

Sans le risque d’être éconduit,
Et qui dominent leur passion
À force d’entregent,
De crainte, et d’ennui.

Quant à faire des compliments
À quelqu'un à propos de ce à quoi
Il ressemble…
(Lui-même)

Quelle bêtise !

Ce n'est même pas
Complimenter
Les parents, Dieu ou le hasard.

Mais c'est peut-être inciter
L'autre à prendre conscience de ses dons…,
Comme un rappel…,

Presque une menace !

(Que fait-il de ses dons ?)

J'envie celles et ceux qui sont
Comme toi
Capables de s'en réjouir,
Sans orgueil.

Ils ont quelque chose de la joie des anges
Pour qui tout est gratuit.

Tu vois, mes réflexions
Sont très éloignées de la jalousie ;
Car je ne peux penser qu'un homme puisse croire
Qu'il obtiendra grâce à quelques compliments
Ou quelque artifice protecteur

(Ce en quoi ils n'étaient pas une bêtise...
Qu’ils ne pouvaient être !)

Ce dont il aurait été sinon privé.

Les filles sont-elles à ce point cloches?
Ont-elles si peu conscience de leur vraie valeur ?

Et s'il n'avait jamais été question
Que d'être aimable,
N'y a-t-il pas d'autres façons plus pertinentes de l'être
Que de parler de ce qui ne peut pas être changé ?

Encore devrait-on être capable de l'analyser.

L’amour seul embellit.

Je ne fais qu'exprimer aujourd'hui
Mes remarques et réflexions d'enfant.

L'adulte fait-il autre chose dans sa vie ?

La monnaie, l’argent,
Cette idole qui pourrait sembler
Permettre et suffire
Au point d’être un sésame, un passe-partout,
S’avère être inerte et beaucoup trop lente
A manipuler,
Et pas seulement à acquérir,
Pour ne pas être qu’un chamboule-tout
Qui n’a rien fait d’original ;
Car à défaut du principal
Il lutte et se débat féal
Contre l’échange qui lui est primordial !


Ainsi on devait être amoureux
Pour devenir adulte.

Sans quoi il allait falloir être malheureux
Pour le devenir,
Or moi qui n'aimais pas le chantage,
J'avais décidé
D'être heureux et de refuser de grandir.

Les enfants ne savent pas ce que c'est
Que l'amour,
C'est pour cela qu'ils en rigolent et
En jouent,
Font semblant.

Ce serait sinon quelque chose comme un serment
Ou un sentiment dont on ne sait pas quoi faire.

Que dire aussi de la trahison :
Qu’elle ne devrait pas déplaire ?
Qu’elle offre une fin
Là où l’on reste sur sa faim… !

Ainsi parlent les enfants…
Qui ont sans doute plus raison
Que ceux qui mal aiment.

Éviter un embarras de plus
En évitant d’aimer :
Quelle désillusion superflue
Se donnent ceux qui l’ont pratiquée !

Mais l’attachement,
De celui
Qui se suffit
À lui-même
Pour donner un sens
À cette vie sur terre.

Et l’engagement,
Année
Après année,
De s’oublier
Pour assurer une postérité
Au bonheur partagé.

Qu’y a-t-il de plus vivant ?
Comment peut-on s’en séparer ?

Le don que l’on se fait
Dépasse tous les clichés
Sur l’homme,
Sur la femme,
Sur la famille,
Sur l’enfant,
Sur le couple,
Sur la mère,
Sur le père,
Sur l’adolescent,
Sur l’oncle,
La tante,
Le grand parent,
Sur ceux qui vivent
Et ne sont pas parfaits…
Tout simplement,

Mais aimants !

Combien ne se donnent qu’à moitié
Qui font vomir !
Et trouvent toujours de quoi médire
Sur leur responsabilité.

Autant les retrouver plus jeunes
Quand ils ne s’imaginaient pas semblables
Et se croyaient encore désirables
À taire leurs pensées plus « fun » :

« Tricher, se rendre amoureux
Ou se satisfaire d’être aimé,

Refuser l’amour offert pour deux,
Ou s’en contenter !

Se cacher la souffrance
D’être devenu grand
Sans malheur, ni surprise,
Et d’attendre longtemps !

Se suspendre au temps
Pour lui voler ses heures…,

Réduire les joies promises
Aux plaisirs qui les accompagnent,

Sans autre compagne
Qu’une réalité crue qui meurt
Entendre les mots bénis
Et les prendre comme on s’essuie !

Pour ne pas être formidable,
Mais juste satisfait,
D’être un rien haïssable,
Comme il le faut pour briller en société

Et se faire une nouvelle compagnie ! »

Mais que dire de ceux-là
Qui ne se peuvent parfois supporter
Pour avoir trop tôt ouvert les bras
Et maintenant leur ressembler ?

Leur dire que l’on peut grandir
Sans avoir connu l’amour
Les fera sourire
Car ils en ont reçu
Plus,
Pour un simple petit tour.

Devenir grand, oui !
Mais à quel prix ?
Renoncer à l’amour
Pour en pouvoir jouer les atours…

L’idée qu’il faut avoir souffert
Pour devenir un homme,
Se pervertit s’il faut en avoir été
La cause,
Par ses erreurs ainsi expliquées…

Seul reste l’engagement,
Le serment ;
L’amour fidèle,
Rien ne l’emmêle.

L’amour heureusement
Ne saurait se réduire
À cette quête
D’une personne du sexe opposé
Et c’est pourquoi il peut rejaillir
Et nous abuser.

Combien d’amoureux
Se croient bons
Parce qu’ils sont heureux ?

Et combien oublient
Qu’ils l’ont bafoué
Parce qu’ils sont encore en vie ?

L’amour se cultive :
En donnez-vous beaucoup
Dans ces relations quotidiennes
Qui font son lit ?
Votre générosité
N’est souvent qu’un orgueil déguisé
Dont la sollicitude
Vous enivre de sa fière solitude.

Et quand votre cœur
Se trouve assailli de soupçons
Savez-vous lui refuser vos raisons
De seulement donner plus de bonheur ?

Point n’est utile
Pour vivre d’amour
Et y concentrer sa présence
Qu’un rien ou plus y concoure
Hormis la volonté et le silence
De toute appréciation futile ou gracile.

La niaiserie n’a jamais été
De croire en sa défaite
Et cesser le combat pour préparer
Le discours de l’ennemi à sa fête.

Combien, pour en éviter la moquerie,
Se sont crus plus forts
Que leur sort,
Transformant l’amour en jonglerie !

Quoi peut mieux vaincre,
Sinon l’amour,
Celui qu’un pardon ne peut convaincre
Et qui s’enfuit par mille détours ?

Ne point haïr
Ceux qui l’amour désertent,
Garder son ire
Pour en pleurer la perte ;

Et retrouver la paix
Le moment venu,
Quand la plaie se sera refermée
Et son souvenir bienvenu.

Encore faut-il l’avoir choisi,
Lui,
Sans joie plus qu’aucun autre,
Ni que ce soit de notre choix
Le résultat,
Tout comme notre hôte.

Se détourner des caricatures
Qui s’offensent de notre liberté,
Ou rejoignent le futur
En n’affichant que ce qui plaît.

Fuir les discussions stériles
À la douteuse exemplarité,
Chacun se croyant civil
De défendre sa propriété.
Vendre serait perdre
Ce qui n’a été donné

Ainsi soit-il.

Si l’amour ne peut pas se vendre,
Il ne se donne pas non plus,

On ne peut donner que ce que l’on possède
Or l’amour nous traverse et nous cède
À la vie,
Sans que personne ne puisse prétendre
S’y être reconnu
Sans débris.

Sans la conscience et le sentiment
De la dignité tranquille de l’amour reçu,
À laquelle parfois il me fallut,
Malgré prudences et joies, plaisirs et sangs,

Me cramponner

Quand tous, et tout lâchaient :
Combien souvent j’aurais été berné
Par des gens de passage qui s’incrustaient,
Et qui dans l’immense et vaine vacuité de leur lutte
Auraient bien voulu me retenir pour parachute.

Ce que vous faites.
Ce que vous êtes.

À toi qui as tout perdu – le crois-tu ? –
Quand l’amour d’un(e) autre t’a quitté,
Toi que la nostalgie habite et dont le cœur bée,
Ne te laisse pas envahir par le disparu.

Il te faudra sans cesse hélas ! Chasser
Ceux-là qui te voudront remplir de simagrées,
Pour te faire oublier la passé et l’avenir,
Ils te feront croire juste… à leur souvenir.

L’amour mort, laisse-les l’enterrer
Avec les leurs ;
Invite-les à s’y consacrer

C’est leur seul bonheur.

Certains ont médit, tué, pleuré, calomnié,
Supplié pour y parvenir ;
Les moribonds n’ont pas de repos qu’ils ne viennent déranger,
Pouvoir nouveau de voir s’éteindre la vie et d’y lire…

Aurais-tu oublié ce chemin qui vous conduisait ?
Il n’est pas d’amour qui ne puisse être encore purifié.
Si votre amour était vrai, il débordait vers
Les autres, crois-tu n’avoir plus rien à verser par-devers ?

Que ta souffrance repose au fond de ton cœur
N’empêche pas l’amour de continuer à s’exprimer ;
Ne trahit pas ce qui t’a donné tant de bonheur,
Respecte le deuil en partageant sa gaieté.

Tu apprendras que l’amour est aussi fatal
Et qu’à ceux qui n’ont pas eu la chance
D’en recevoir car ils en ont à donner l’équivalence,
Il en aura donné des parts égales.

Le temps passe…, les sentiments sont aléatoires…,
Jouer la comédie devient : voilà !, j’accepte
De n’avoir aucune raison diffamatoire
Pour faire de l’amour juste un précepte.

L’injustice est d’aimer quand on est attendu,
Quelque part où aller qui n’obéit pas aux lois,
Et que nos souvenirs nous ont défendu
De retourner ailleurs, là où souffrir n’est pas un droit.

Penser aux autres, se mettre à leur place,
C’est vraiment leur faire ce qu’on ne se ferait pas à soi..,
Car si la vie est la même, l’amour se déplace
Qui ne mérite pas qu’on en prive celui qui n’en veut pas.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » dim. 26 avr. 2020, 7:32

Je choisi ce matin ce poème parce que sa chute rejoint celle du précédent et la complète harmonieusement
Et puis il y a un petit clin d'oeil avec un parallèle possible entre 2 personnes morales qui sont des églises. Il y a toujours beaucoup de sens et d'applications possibles pour une poésie

Mots d’amour.


C’est vrai qu’il n’est pas nécessaire de les dire,
Que ce qui compte c’est ceux qu’on a dans le cœur
Avant tout. Si l’on veut éviter de souffrir
On peut les taire… mais aussi, avoir trop peur !

Peur des droits que l’autre se donne à être aimé
Quand la confiance qu’il met en nous prévaut
Sur le doute. Peur que ne devienne un regret
D’avoir atteint en lui ce qu’il a de plus haut.

Peur de s’en priver quand les mots sont superflus ;
Peur qu’ils ne deviennent vides ou certains
Quand franchissant la frontière d’une mue
Ils s‘aventurent en un lieu, orphelins.

Après les avoir dit on ne peut déjà plus
Sans attirer la honte ou le mépris, bouder !
Ils auront dissipé tous les malentendus,
Du moins les auront rendus lointains, murmurés…

Ils changeront le sens et l’heure de l’espoir ;
Et, sans aller certes jusqu’à nous mettre à nu,
Proposeront pour nous une nouvelle histoire :
Plus d’œil critique et surtout, moins de retenue…

Impossible de changer celui que l’on aime ;
Lui seul peut le faire et c’est assez difficile
Quand l’impatience est telle qu’on la voudrait blême
Et qui n’a pas envie de se rendre docile.

Il n’y aura pas d’autre promesse en ces mots
Sinon de s’en souvenir et pas d’avenir…
Sinon de pouvoir les redire, quand de haut
Tombera sous leur poids… le regret, d’un soupir !

Vivre est un combat pour acquérir aussitôt
Les moyens habiles de ne se refuser
Pas ce que l’on voudrait pouvoir offrir de beau
Et qui n’est jamais gagné sans quelque obligé.

Jouir de sa liberté, porte sur l’amour !
Mais ne pas oublier ceux qui ont tout perdu
Le jour où nous avions passé notre tour
Au nom d’un sentiment qui n’était pas que tu.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » dim. 26 avr. 2020, 9:15

Au diable l'avarice !
Plus que des poésies, ce sont des tableaux à insérer dans un spectacle de troubadours, avec jongleurs, acrobates, musiciens, etc.

UNE FEMME M’ A AIME



Une femme m’a aimé !
Une femme a su
En prolonger l’augure
Et puis en témoigner…
Une femme m’a aimé !

Sans me promettre un futur
Ni me l’enseigner,
Une femme a su.
Su comment j’avais besoin de l’être
Et en sus,
Sans se faire reconnaître
Ni par humour,
Une femme l’a su.

Elle m’a abandonné le sien !
Or cet amour
Me l’a rendu certain.
Sans me l’offrir, l’a tu.

Une femme m’a aimé,
Bradant sa vertu.

De mes beaux yeux
Bleus,
La teinte particulière d’eux,
Bleue,
N’y fut pas pour rien…

Papa-maman, merci
A vous deux !
Au diable l’humilité…

Quoique je ne sois pas si
Sûr que ce soit un bien,
C’est peut-être d’autant mieux :

Au diable l’humilité,
Quand on est amoureux !
La foudre tombe :
Ensuite le reste nous incombe.

Les siens étaient marrons,
Les siens, de yeux…
Les siens qui selon
Qu’ils s’ouvraient ou qu’ils se refermaient,
Prenaient mon regard
Pour s’y enfermer.

C’était mielleux.

Mais que son corps était profond !
Pour plus d’intimité
Il y avait tous ces boutons,
Nombrils et tétons,
Avec lesquels nos doigts pouvaient jouer.

Une femme m’a aimé.
Je l’ai su
Que c’était pour de vrai,
Que personne ne me le contesterait,
Que je l’avais.

Une femme m’a aimé.

Eh ! Vous... :
Me direz-vous
Que cela vous est égal ?

Quand vous
Ne vous moquerez plus
De ce que je peux dire ou exprimer,
Parce qu’elle sourira
Et que cela lui plaira :
Aucun surplus !

Oui, vous…
Seriez-vous un féal ?

Quand je l’avais à mon bras
C’était un peu comme
Tout un programme
Dont je défendais la qualité ;
Et que les autres hommes,
Recevant un télégramme,
Voulaient m’acheter
Pour une représentation privée.

Quel embarras !

A moins d’en être une autre,
De femme, et qu’elle vous tuyaute,
Ce n’est pas une mince affaire
Que d’être aimé d’une jolie étrangère :
Or je n’étais pas si mal.

Mais mâle !

Et puis un triste jour
Ils l’ont menacée de me tuer.
Quelqu’un oui l’a osé.
Car ce n’était pas que « tous pour un » !

Un jour…, et puis d’autres jours.

Et moi je n’avais pas peur
Des défis.
Et je le lui ai prouvé…

Leur nombre a diminué.

Elle n’en avait pas moins
Du tempérament : le sien…
Je la savais même : « pas gentille » !
Ceinture noire de karaté,
Elle grimpait sur des podiums,
Et gagna un concours de beauté…

Je devais obtenir l’annulation
D’un mariage religieux
Pour l’épouser.

J’évitais,
Autant que de permission,
Que nous soyons, déjà, trop heureux.

Vous me comprendrez…
Ou vous prierez !
Sinon le ciel,
Du moins pour le fiel…

Elle en avait eu assez d’attendre
Alors que nous étions si près.
Elle était repartie
Encore pour m’attendre
Dans un pays d’Asie.
C’est là qu’un chef mafieux
L’a repérée.

Elle mettait notre amour au panthéon,
Digne d’un muséum !
Mais elle était aussi fragile :
Sans s’en rendre compte,
Elle faisait ainsi la réclame
Pour qu’un jaloux peu scrupuleux la dompte.

Elle aurait mieux fait de moins m’aimer… !



Post scriptum I


Sans doute que je serais
Mort. Avant même
D’avoir pu écrire ce poème !

Il me faut croire en cet équilibre.

Mais elle serait libre,
Et moi en paix.



Post scriptum II


Et si je vous passe bien des épisodes
Comme étant de faux problèmes,
C’est qu’ils resteront toujours hors de mode :
Ainsi/Aussi
N’est-ce pas ici
Le meilleur de mes poèmes…



Mais…
Combien une femme m’a aimé !!!
Pauvre femme : annulée avec impartialité.
(Aparté.)


HEUREUSE ?



Si tu couches avec moi tu resteras vierge,
Parce qu’il n’y en aura pas d’autre que toi.

Par d’autres que moi tu ne l’es déjà plus
Mais ouverte,
Triturée et follement désirée, secouée
Mais point offerte,
Envahie…, trompée déjà !
Contrainte à la fidélité d’un surplus,

Inerte,
Abandonnée, soumise,
Ou experte
Et follement jouissive.

Que tu puisses en être alors parfois adulée
N’y changera pas,
Y changerait quoi !

Je sais que tu m’aimes, que c’est un peu pour cela :
Je suis différent,
Je ne serai pas qu’un amant…

Tu passes. Ils t’imaginent être une pute
Pour se consoler de ne t’avoir pas.

Pour se consoler de ne t’avoir pas
Ils te veulent sur cette réserve
Qui t’appartient,
Car pour eux
Ce serait encore mieux
Si tu pouvais ne pas en avoir l’expérience,
Que cela te rende serve
Et qu’ils soient les premiers à te prendre,
A t’apprendre…
,
Ta virginité les préserve
D’avoir à se juger.

Ils deviendraient époux,
Maris, fous !
Même pas jaloux…

Tu seras mienne
Parce qu’aucun ne t’aura déflorée.
Qu’autant que toi je me moque
De leurs baisers,
De leurs caresses,
De leur fausse tendresse,
De tout ce qu’ils donnent
Pour oublier que cela les possède.

Et qu’ils n’ont rien à te proposer
Qu’une étreinte vide, une propriété.

Pour la meubler de joie ils intercèdent,
Mais ce ne serait que la tienne :
Ce serait le prix à y gagner.
Pour toi,
Il faudrait que tu le comprennes :
Ils ne veulent pas t’acheter…

Ce sont des gentlemen !

Tu serais en vitrine,
Gratuite comme une publicité.
Tu leur en ferais, cela t’amuserait,
T’occuperait.

Tu nettoieras aussi leurs latrines :
Ce seraient les tiennes, tu le ferais !


Et si lassée un jour
A force tu les trompais,
Ils te diraient que c’est une honte,
Qu’ils t’ont sortie du caniveau,
Offert bien des mots doux,
Des bijoux, des cadeaux,
Mais que toujours
Tu as voulu y retourner.

La preuve ?
Tu restais en vitrine.
Tu nettoyais les latrines.


Reste vierge.
Pour toi seule, seul, je ne le serai pas…

Lors tout ce que tu voudras
Vivre et faire,
Abolir et défaire,
Ce sera un secret entre toi et presque moi :
Toi.

Ce sera toi.


Et non
Entre toi et toi.


SAGE ?



Car d’autre il n’y en aura pas, sinon moi seul,
Le jour où je serai tout nu dans mon linceul ;
Personne d’autre que toi, ne tiendra de cierge.
Lors, si tu couches avec moi, tu resteras vierge.

Tu sais déjà que j’aimerai fort leur clairon :
Sans que je sache pour autant ce qu’ils seront,
Tes roucoulements, issus de contrées sauvages…
Et bien que tu sois une jeune fille sage !
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » jeu. 30 avr. 2020, 8:07

J'en avais déjà parlé, donc voici mes poésies sur le thème de la contraception.
Ce n'est pas un thème facile, aussi elles ne sont pas de grande qualité.
J'ai eu 3 périodes d'inspiration poétique (à quoi j'assimile les chansons) dans ma vie : entre 18 et 23 ans, entre 43 et 47 ans, et après 61 ans (je suis dedans mais ce n'est pas aussi foisonnant).
Je pioche par ci par là pour animer ce post anti-confinement.
Le premier de ces poèmes est aussi anti-avortement

Révolte.



Cela dont ma révolte se trame,
Voilà ce mouvement de vie fécondatrice :

Ce mouvement qui n’est pas le mien,
Ce mouvement qui n’est pas le tien,
Ce mouvement qui n’est peut-être que le nôtre

Et dont nous priverions Dieu qu’il te rende féconde*.

Notre amour n’est ni ne peut prétendre, solitaire,
Rassembler la compassion qui se traîne à nos pas :

Mais celui que l’on me donne
Et celui que l’on te donne,
Rendus possibles lorsque nous sommes ensemble,

C’est à elle qui nous en gratifie de le répandre
Sur le mouvement qui nous les donne
Afin d’en purifier la source.

Et puisque nous nous aimions
Maintenant que ce soit toi.

Femme, ce Dieu qui t’aime et prend la fuite
Pourquoi voudrait-il que cet enfant nous gène ?

On dit que le mensonge a des oreilles
Et qu’écouter l’honneur aide si l’ombre s’ébruite.

Non pas que la nature de ce qui nous éloigne
Soit à ta charge, car de te remplacer
Par l’histoire d’un esprit sincère qui te justifierait :

Tu n’as besoin que de toi pour accoucher !

Mais tu peux citer ton bonheur
Pour réponse à l’obligation de te garder dans mon cœur.

Qui t’a donné vue son mon cœur
Sinon de t’épargner ma possession de l’être
À quoi se reconnaît le mouvement qui veut que ce soit toi
Ma providence et le bonheur de l’enfantement ?

*Variante hors sujet moins suggestive :
et dont nous voudrions qu’il te rende féconde



L’invitée


S’il ressemble à l’entremet
Un corps sans muscle saillant,
Ne fut-il que juste dessiné,
Donne un plat fade et sans saveur,
Qui laisse sur sa faim, augure
D’un moment sans pitié, inexistant,
Lisse comme un besoin qui n’a plus lieu d’être.


Il arrive qu’en plus,
La place prévue ne soit pas supprimée,
Mais bouchée, meublée par l’adiposité,
Fut-elle juste étale et capricieuse,
Douce et ronde, achalandée.


Nous sommes alors rassasiés
Sans même avoir véritablement commencé
A goûter,
Ni avoir pu être appréciés.


Certains craignent toutefois,
Le mets épicé, l’alcool perfide,
La composition insipide,
L’aliment carné auquel ils n’ont pas droit.


D’autres se croient tels
Qu’ils puissent se contenter d’être là,
Beaux, garantis, de race,
Mais inefficaces.


Vient ensuite le plat dit de résistance,
Celui-là où s’expriment les convenances :
Il se cherche, interpelle,
Avant que d’apparaître si tous l’appellent.


Tout y passe, rien ne doit être retenu,
Car le désert, traditionnellement le meilleur,
Ne doit pas craindre le refus :
Il doit être sûr de son succès,
Qui ne sera complet
Que si nous n’en voulions plus.


Les sens, un à un sollicités, se surprennent à s’attendre :
Vue, odorat, goût, toucher,
Vivement ou peu à peu, seront tous invités,
Avant que d’être saturés, repus.


L’apéritif et l’entrée,
Le prétexte à manger,
La rencontre,
Rien ne s’oubliera qu’absous, excusé.


Alors il se souvient du bruit,
Des couverts qui s’entrechoquent,
Du vin qui coule et dans le cristal s’oublie,
Du temps qui passe et nous ennuie,
De tout ce dont notre ventre se moque.


Avant même de nous épater,
De nous surprendre et de nous plaire,
Clou du repas, la crème sera vite avalée,
Et chacun déjà pense à ses affaires.


Bref, pas de quoi donner sens
A son existence.
Juste la consommer,
Et s’impliquer.


Du point de vue de la vie,
Sinon à considérer
L’absence de toute jalousie,
Nous n‘en avons pas moins été


Quelque peu prétentieux,
Indélicat,
Inopinément précieux,
Fat.


Pas de noblesse à copuler,
Sauf à ce que le repas soit de liesse,
Les corps deux promesses
Et la vie l’invitée.




Celle qui suit aura ici sa place ci en ce que la chasteté, en notre temps fort prosaïque, peut être considérée comme une méthode contraceptive.
Elle est complètement ratée, car à l'origine je voulais par elle développer le thème d'un refus de participer à une sorte de consumérisme social, mais j'ai dérapé et je n'ai pas su le contrôler.
La bonne raison eschatologique de la virginité peut se cacher sous des sentiment humains bien inférieurs mais qui la rejoignent et s'accordent, et qui ayant le mérite d'être vécus intensément sans faux-fuyant, s'avèrent plus solides que des considérations abstraites aussi élevées soient elles pour garder le cap spirituel.


Virginité


Elle sait trop bien qu’à son âge
Pour un enfant de son lignage
Donner ne serait plus donner
Mais partager en parts inégales
La vie qui se sera multipliée.


Elle n’a plus la force de rendre hommage
Pourtant elle a gardé tout son courage
Celui qui lui disait d’attendre
L’homme qui ne lui ferait pas de mal
Après avoir visité sa grotte tendre.


Il est venu, il reviendra,
Il n’aura pas beaucoup le choix ;
Elle l’aime, il le sait déjà,
Personne ne les dérangera
Mais c’est triste, quand on a tout, déjà !


Pas de cris, pas de rots, de gazes ni de larmes,
Un peu de tendresse en remplacement ;
Celle qu’on distribuerait, joie !
D’un homme qui n’a pas eu d’autres armes
Pour illuminer son firmament, longtemps...


Tant de lumière et tant de drames !
Resteront ceux des autres femmes…
Le sien n’a pas beaucoup d’éclat,
Juste une promesse prouvant ses droits.


Voilà pourquoi elle se dérobera.


Enfin, restant dans la médiocrité littéraire du jour, le poème qui suit ne traite pas de la contraception, mais de sentiments humains (ici illustrés par un seul) appartenant à une génération désenchantée et qui peuvent la conduire par des voies détournées vers la compréhension d'une vraie fécondité



Désolation


Sans Toi
Mes chants d’amour ne seraient
Que désirs et regrets,
Habitant d’un écho de vie
Plein de nostalgie,
De scrupules et d’effroi,
Le palais désert
D’un cœur solitaire ;
Tant de fois protégé, exercé à grandir
Quand sa santé
Me faisait
Lugubrement frémir,
Ainsi qu’une éjaculation,
Sans joie ni plaisir,
Ni la consolation
De bien même en rougir.

Sans Toi
Mes pensées s’appliqueraient
A me prouver mes droits
Plus qu’à les exercer.
Déjà
Je m’appliquerai
A montrer ce que je donne,
Pour rien et à personne,
Simplement pourvu d’identité
Afin qu’on m’en pardonne.
Je n’aurai de parole
Qui ne soit un défi
Pour habiter mes heures
Et chasser l’ennui.
Il n’y aurait
Et qui seraient bonnes,
Qu’un foisonnement d’idées
De bonheur,
Dressées à taper le sol.

Sans Toi,
Ce serait le malheur.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » lun. 04 mai 2020, 6:24

3 poèmes sur le thème de l'avortement


Morveux !


D’avance fixer son choix sur un nombre, un seul,
Tout en respectant ceux qui savent ce qu’ils veulent,
Me paraît chiche, même s’ils seraient nombreux,
Ces enfants portant le risque d’être un enjeu.

Que dire alors de ceux que le calcul dépasse,
Dont l’amour est si grand qu’il ignore l’impasse
Par où les feraient chiqués des savants mielleux
Si le pragmatisme n’était pas merveilleux.

J‘éduquais mes enfants, satisfait d’ignorer
Tout d’eux, excepté leurs qualités naturelles,
Et de découvrir mes aïeux à travers elles.

Bienvenu à celui qui de ma chair n’était :
Lui comme moi, bernés, on aura été deux,
Quand ma femme avorta, tard à se sentir morveux.


Ritournelle


Si tu avais vécue
Au temps de ma naissance,
Tu aurais été condamnée,
Peut-être souhaité la pitié.

Si tu avais entendu
Les cris de ma confiance,
Aurais-tu toujours critiqué
Celui que j’aurais voulu protéger ?

Quand tu as surpris
L’expression de ma souffrance,
Tu hésitas avant que ne soit repris
Le masque de ton indifférence !

Peut-être alors qu’aujourd’hui
Que nous sommes devenus deux inconnus,
Surprise, tu me reconnaîtrais,
Regrettant d’avoir avorté…


Etienne


Etienne, je t’aime !
Je t’aimais, je t’aimerai :
J’ai choisi ma peine…

Juste envie de te rejoindre,
M’en aller sans me faire plaindre,
T’exprimer ma pitié,
Observer ton innocence
Et comprendre ma différence.

Te rejoindre ou t’appeler,
T’attendre en un lieu secret
Ou n’entendre plus que l’écho
De ma propre voix.
Travailleur soudain indisponible,
Oisif et distrait,
Poser l’outil, la prendre de haut,
Croire au possible
Et t’octroyer mes droits,
Excepté ceux qui t’effraient.

Celui de vivre et d’aimer,
De travailler, même de jouir !
Et puis de suivre au fil du temps
Les traces d’un enfant
Quand il n’est encore qu’un désir.

Je t’épargnerai de découvrir
Sur ce qui s’appelle une échographie
La résonance d’un prochain soupir
Annonçant la vie qu’en dépit
De mon avis
Ta mère a décommandée.

Etienne à bientôt
Pour une vie sans « écho »…
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » mar. 05 mai 2020, 5:14

Avant d'aborder les thèmes de l'adultère puis de la séparation, il me semble judicieux d'évoquer les motifs qui sont plus des situations de dangers divers et qui s'accumulent.
J'ai donc sélectionné un florilège non exhaustif de ce qui me semblait dans ma production, sans renier toute originalité, à la fois neutre, partageable et instructif.
J'ai une forte envie de les commenter/expliquer mais cela me rendrait trop prolixe...


Malentendu

L’entière confiance que je t’accorde
Et qu’hélas tu comprends comme un désintérêt
Nous aurait pourtant rendus libres et secrets ;
Au lieu de cela nous connaissons la discorde.

Quand je m’inquiète de ce que tu as fait,
Me montre empressé à partager tes émois :
Tu me crois soupçonneux sans en être flatté(e),
Te reprocherais d’avoir trop pensé qu’à moi !

Et si je ne m’intéresse qu’à ta présence
Pour te manifester ma joie et ma tendresse,
Tu n’en retiens que ces longs moments d’absence

Où tu n’as pas jouis de l’hommage rendu…
Explique-moi donc l’intérêt d’une promesse
Si tu m’évites et cherches le malentendu… !


L’extase


Par quels mots recherchés pour le dire je puisse
Il n’y a pas de critères si objectifs
Qui de mon poil ne fassent qu’il ne se hérisse
Car la béatitude mit mon cœur à vif.

Il n’est pas, non, de récit qui ne soit factice,
D’état hormonal, de silence ou d’esquisse,
De plaisir, de sentiment qui plus de mal fissent
A ne pouvoir rendre ce rut un mien propice.

Quel neurone en moi qui au rire n’aboutisse
Puis-je tendre et solliciter jusqu’au sourire
Afin qu’en émoi plus doux il ne le trahisse ?

Conjugaison de temps, qu’un pluriel frémisse !
Première Personne à si bien nous bénir…
Depuis que l’extase en nous Sa présence lisse.


Tropisme


Tu voudrais du moins qu’avec toi je me comporte
Comme avec une autre, et ne témoigne par là
D’aucune gêne. Tu ne veux d’attention forte
Mais la tienne me harcèle à chaque pas.

Tu soutiens dans mes bras la peine que m’évoque
Ta retenue, voudrais que ces maux qui maintiennent
Sous l’eau s’épuisent comme je la bois sans haine.
Tu surveilles ta voix comme une onde de choc.

Ton séisme met frein, colère ou fatalisme,
A celui qui se terre sous ton mutisme ;
Te permettre une délicatesse m’effraye.

Tu la quémandes, comme un besoin d’exotisme :
Aurais-tu oublié, d’où tu viens et pagayes,
Que j’ai pris le risque d’affronter ton tropisme ?


Dans l’aveu


Dans l’aveu inquiet et navrant de tes yeux
Se dissimulait ta vive inconstance envers
Moi. Notre intimité t’effrayait d’autant mieux
Que j’excluais de ses fracas tout jeu pervers.

Ton corps prisonnier de toute jubilation
Qui devait être un féminin vu que le tien
Tenait la cadence mais ne rougissait de rien,
T’exemptait cependant de la moindre émotion.

M’abuser, tel aurait été ton désir, si
Perspicace je ne t’en avais découragée :
Pourquoi masquerais-tu une odeur de ranci ?

A quel artifice il te faudrait te ranger
Fut le seul recours que décida ton esprit…
Regrettable est-il que je n’y ai pas souscrit ?


Risible


« Ce n’est pas par amour qu’il faut vivre ses peines ! »
Voilà ce qui chaque jour semble me maudire
Quand on suit le discours qui nous tient en haleine
Et par lequel s’explique l’oubli de sourire…

Discours que tu ne tiens que par un vrai silence
Sur tout ce qu’il importe de se souvenir
Et qui nous implique dans la stricte obédience
Que tu nous imposes à ne pas vouloir te grandir.

Sans regret pour ce qui te reste d’innocence
Tu prétends n’avoir voulu me faire allégeance
Que pour donner la vie et recevoir la mienne

En vertu. Mais tu me reproches mon aisance,
Celle-là même qui t’inspirait ta confiance :
Depuis que ce don ensevelit nos étrennes !


Tes doux yeux


Tes doux yeux qui se posent longtemps sur moi
Ne regardent plus mon corps et j’en ai froid
Plus que dans le dos seulement, plus que mon cœur
Qui voudrait bien les détourner, tendre et moqueur,

Mais ne le peut pas. Nous n’avons plus notre temps,
Il est à nous et nous l’avons bien trop souvent
Consumé, les yeux dans les yeux, comme amoureux,
Pour que je ne sache qu’aujourd’hui je n’ai mieux :

Vieux de cet amour là qu’un éclat dépasse
Et dont la monotonie t’a rendue perfide
Et lasse. Déjà vieux de l’instant qui passe

Puis surtout de ceux qui passeront sans promesse
Autre que celle qui fait de moi ce candide
Maintenant que mes secrets n’ont plus de largesse.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » mer. 06 mai 2020, 4:32

Chose promise... le sujet devient l'adultère.
Mais pour le rendre digeste, il ne va pas être abordé de front ou chronologiquement.
Je dirai que pour cette première sélection (pas facile !), il énumère un certain nombre de ressentis qui rendront la réconciliation problématique.
Ce que je cherche? Pour ceux qui ont traversé cela, peut-être offrir une reconnaissance ou une consolation, et pour les autres, transmettre une information d'ordre non doctrinal.


L’héritière


Ces sentiments lourds et profonds qui m’obligèrent
A réfléchir là où j’aurais voulu fléchir
Les rayons d’une étoile venue me conduire
Et baiser la douce lueur où obliquèrent

Ces sentiments lourds et profonds qui m’obligèrent
A souffrir là même où j’allais me dévêtir
Et me blottir, là même où prompts déménagèrent
Mes souvenirs, - sentiments qui me conduisirent

A m’obliger de réfléchir à la manière
Dont j’allais réussir à corrompre le plaisir
Au profit des larmes où mes yeux se noyèrent,

- Ces sentiments n’ont pour toute armure et bannière
Que ma triste réflexion qui les voit mourir
Au fur et à mesure qu’elle naît, l’héritière !


Faux sage


Il est certain que si je couche avec une autre
D’entre elles, je perds mon auréole ! … Quelque apôtre
Du bien, du bon mariage qui me déçoit,
Me dira que cela me prive de mes droits…

De celui de me plaindre et d’en être pardonné,
D’en avoir une honorabilité.
Que le résultat de mon geste autant déchoit ;
Que je n’aurai plus la protection qui m’échoit.

Mais protection de qui ? Dont l’effet m’a fait coi :
S’il faut pour y croire, à cette union pour la vie,
Accepter une séparation : je renvoie !!!

Quand la volonté de Dieu s’oppose à l’image
Qu’Il nous donne de Lui, un gros péché d’ennui
Frappe plus sûrement Sa porte qu’un faux sage !


Question d’autel


Une vaste amertume qui n’est pas la mienne
Mais celle d’un deuil incertain brisant mes ailes
Et m’éloignant de la joie… prend mon cœur, malmène
L’amour qui s’y noie, déborde en questions d’autel !

Rien vraiment qu’on ne puisse sur un sol aride
Pour le temps qu’il nous reste à essayer de vivre
Qu’en semer le gros sel ou le mettre sous vide
Et chasser les promesses d’un vent qui enivre ?

Serait-il revenu, le temps d’inquisition ?
Des gendarmes pourraient l’attacher sur ma couche ?
Comment pourrais-je l’absoudre sans son pardon ! ?

Vous ! Prêtres en soutane de ma religion…
Aucune cérémonie ne me sera douce
Si moi je suis sans amour et fermé son nom !


Pas assez mûr !


C’est devenu ! Ma belle dort dans le grand lit
D’un autre homme comme s’il était son mari.
Divorcer ou non ne changera que son nom.
Peut-être aussi à m’en donner quelque raison.

Raison de quoi que je ne connaisse déjà :
L’amour. Et moi je ne trouve pas de quel droit
Lui reprocher de n’avoir pas gardé la même
Ethique personnelle que moi… si je l’aime !

Puisqu’elle est heureuse et comblée je me refuse
A me plaindre d’en souffrir et à l’obliger
De me rejoindre, pour qu’en ironie s’amusent

Mes doigts. Je veux que mes sentiments restent purs.
A bout d’arguments je ne puis qu’être étonné :
Cet homme n’est pas toi, tu n’es pas assez mûr !


Plus grand


C’est entendu ! Votre amour qui n’en est pas un
Vaut bien le nôtre en ce qu’il est devenu ;
Son début même qui du être clandestin
Lui donne un petit air de presque déjà vu.

Si votre couple néanmoins se découvrait
Plus sérieusement qu’en ces instants trompeurs,
Je comprendrai que si vraiment je le voulais
Il me serait permis de regagner son cœur.

Elle en avait assez de décider à deux !
Brider son autonomie m’agaçait beaucoup ;
La soumettre à mes choix me faisait vivre anxieux…

Tu es venu pour l’écouter, faire semblant
Du moins. Tu peux ! Trichez…mais souffrez que je vous
Dise… qu’entre elle et moi le rêve était plus grand !


Honte de son plaisir


Le même acte dont il se prétend être amour
Devient à volonté l’instrument de la haine ;
Le désir fort pour lequel chacun y accourt
S’accommode de vie, rend l’émotion certaine,

Mais ne donne pas valeur à ce qui l’entraîne…
S’il n’y a pas de malice à pouvoir en jouir,
Priver l’autre du sien par une envie hautaine
De soi, le conduit droit à vouloir nous maudire.

L’offense y trouverait réparation, secours !
Aux arguments spécieux d’une violence en fuite
J’oppose ceux qui s’entendraient d’un vrai labour :

Vivre dans ces conditions vaut la réussite
Que soumise à notre instinct la victime en mire
S’ouvre la peau, dans la honte de son plaisir.


Besoin de vent


Le dernier servi ne sera pas premier,
Que nenni mon ami… Tu ne vas pas laisser
De toi le souvenir impérissable et fort,
Que rien ne peut détruire, ni la mort !

Ridicule et contrit tu n’as qu’aidé le sort.
A reprendre ma liberté j’ai déjà fait
Plus d’efforts ! Je te laisse aux projets, je m’endors…
Voici l’opercule où butinaient mes idées.

La membrane se fend, ton membre se détend ;
Je m’envole vers la terre où tu manquais d’air :
« Prends soin de ma ruche, j’ai grand besoin du vent ! »

La reine est fatiguée, ses pontes l’ont plissée ;
Tu n’en as vu que les ailes, à la lumière… !
A présent je te laisse, lèche bien ses plaies.


Votre mensonge


Il est certain que vous me rendez responsable
De votre mensonge, plus que de votre faute,
Et puisqu’il vous faut bien trouver quelque coupable
J’en tiendrai lieu tant que ne seront assez hautes

Vos vertus. J’aurais aimé vous être agréable
Et vous parer de celles qui n’ont pour défaut
Que de se refuser à trouver convenable
Ce qui le serait si j’avais été idiot.

Je suis bien le mari, entre nous le secret
Ne peut que nuire à votre réputation,
Ne peut qu’être partagé ou se déclarer.

Il est aussi bien regrettable que sot
Que vous introduisiez soudaine perversion
Dans l’objet d’un départ, qui eût pu être beau.


.
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » jeu. 07 mai 2020, 5:51

Même thème, une suite...

Qu’on me pardonne !


Pour comprendre j’ai des oreilles qui n’entendent
Qu’il ait été compris que l’amour reste aussi
A éviter. J’obéis comme le demande
L’Eglise mais ne l’aurait entendu ainsi.

Si l’homme qui répudie pousse à l’adultère
Sa femme, c’est bien que celle-ci le serait
Si elle ne se lassait d’être désirée :
J’apprends que certains auraient mieux fait de se taire !

Car n’a-t-Il pas dit que les péchés de la chair
N’étaient rien en comparaison de ceux que faisait
L’esprit ? Il eût fallu l’explication entière !

Il parlait toutefois de la faute de l’homme…
Interpréter ses paroles pour la femme condamner !
Plutôt d’ailleurs excusée, non ?... Qu’on m’en pardonne !


Pardonner


Aimer ce serait si l’amour durait toujours.
Vivre ce serait si aimer y suffisait.
Oublier ce serait si le temps n’était court,
Que l’expérience ne nous en affranchissait…

Ces sentiments qui nous privent de liberté
Et nous poussent à agir en panne d’idées :
Nous pouvons les regretter, voire les retenir,
Mais pas les éviter, les chasser ni les fuir.

Colère ou lâche paresse, consternation,
Haine ou révolte, vengeance ou déréliction,
Sont autant de trahisons, de démentis cruels,

Pour l’homme épris de paix, de pardon, d’amitié :
Cherchant démuni la cause de l’offensé
Et contraint de trouver celle du criminel !


Retourner le gant


Ecrire ou pleurer m’est à peu prés choses égales,
Laisser couler mes larmes m’épargne de geindre ;
Plutôt que de m’effondrer sur un idéal
Il m’appartient d’enjouer ce qui n’a pu se plaindre.

Quel homme n’a pas ourdi dans son plus jeune âge
Qu’il le serait moins s’il ne ravalait ses pleurs !
Contraint de feindre pour conserver l’avantage
Son cœur blessé revendiquait plus de malheur :

Mais après avoir, toutefois, baissé sa garde.
Récusant le courage qui nous apitoie,
Il revendique son droit, celui d’être en joie !

Joie d’omettre un instant sa cause de tristesse,
De n’obéir au temps qui tue la politesse,
De retourner le gant si l’amour se lézarde…


Gravité


Je dénonce cette clémente outrecuidance
Qui veut que le vol d’un véhicule à l’arrêt
Soit plus un délit pour les tribunaux de France
- En d’autres temps vous auriez été lapidés !

Que la trahison résolue de la confiance,
Que le viol à vie d’une promesse donnée,
Que l’obligation donnée d’honnir en silence,
Qu’en d’autres temps vous auriez été lapidés !

Je dénonce cette clémente outrecuidance
Comme une invitation à soi-même y goûter
Qu’aucune assurance n’aura cœur d’éponger !

Merci de me reformuler vos ordonnances ;
Qu’on ne doit point faire à autrui ce qu’on n’aurait
Voulu pour soi… ce qui fixe la gravité !


L’adultère


L’adultère était lapidé(e)… Ce qui du moins
Brisait le chantage et permettait au conjoint
De sa vie refaire et non de devoir coucher
Dessus si l’oraison du sexe il appréciait !

Trop tôt donné le pardon n’est qu’une injustice
De plus ! Qu’on ne puisse aujourd’hui invoquer Dieu
Et remplacer les pierres par un nouveau jeu :
J’approuve ! Proposez donc un débat propice.

Nous avons assez cru l’innocence volage
Et défendu l’avenir des enfants en deuil…
Il est question d’être sage et d’être à la page !

Maintenant : dissocions la faute et le mariage
Civil. Prison pour l’un, divorce pour l’autre œil…
Et cessons de nous prendre pour des sarcophages.


Dites-moi


Si l’on rie de l’amoureux trompé c’est qu’aussi
La loi n’a ni punition ni accusation
Pour défendre ses intérêts… Mais sapristi !
N’y a-t-il d’autre fortune que l’émotion

Pour qu’à ce point l’on tourne en dérision l’amour ?
L’avantage d’être heureux et de s’émouvoir
Du sourire d’un enfant et non par humour
Noir ? Le don joyeux qui fait seul toute une histoire ?

Vous qui punissez le vol d’un porte-monnaie
Mais trouveriez de trop la sortie d’un mouchoir,
Dites-moi ! De quoi faut-il donc être éploré

Pour qu’il ne soit pas même rendu nécessaire
De se plaindre et que vous vous fassiez un devoir
D’ajouter la consolation au désespoir ?


Déserte et dolente


Comme l’enfant sage levant son petit doigt
A l’école, tu attends le moment propice
Pour exiger l’hommage de mes jeunes rois
Si sur son sein s’épanchera ton droit factice !

Mais ils n’étaient que princes quand j’étais en place
Or tu ne la vaincras que déserte et dolente
Et sous leurs yeux tes précautions trop militantes
Ont un parfum de trahison bien trop salace.

L’étiquette qui te pèse fut communion,
Elle a mûri l’amour, nouant notre affection ;
Pas étonnant que son ressort ne te profite !

Berné par tes courtoises affabulations
Tu n’avais pas prévu cette comparaison :
Comme l’enfant, tu n’as que ce que tu mérites !


L’ordalie


Eh ! Toi, toi qui prétends à l’aimer davantage,
Or elle aspire à l’être plus qu’à en donner
Le témoignage… toi qui formais le présage
D’y arriver : que fais-tu de l’abandonner ?

Pour sûr qu’elle ne va pas t’implorer sans ambages
Et qu’à te connaître elle y ait eu intérêt !
En quoi donc la camisole de son cambrage
Ne serait plus tienne si aussi je m’en vais ?

Ces enfants dont la compagnie te distrayait
Au point même que tu les aurais dérobés :
Qu’ont-ils donc fait que tu les prives d’un message ?

Je craindrais que tu ne m’invites à quelque odieux
Persiflage, si je n’avais vu dans tes yeux
D’homme amouraché : l’ordalie d’un camouflage.
" Je puis me tromper, je ne puis pas être hérétique, car l'erreur est affaire d'intelligence, l'hérésie dépend de la volonté. " Maître Eckhart

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par Antoine75 » jeu. 21 mai 2020, 7:08

cmoi, je poste une ébauche de poème inspiré dans une nuit d'insomnie, en espérant que je ne parasite pas votre fil. Je n'ai pas eu l'occasion de lire vos partages de poèmes, mais je prendrai le temps de les lire prochainement.

Voilà mon poème très court et simpliste (j'ai essayé de faire des alexandrins et de faire des rimes 2 à 2, c'est déjà ça !)
Mon être a été créé plus que parfait
Les hommes m'ont rendu esclave tout à fait
Je languis les cieux pour ma libération
L'iniquité prend fin enfin à la passion

La religion est détournée de ses biens
Dieu, sage, fait son choix cornélien
Rend justice à l'opprimé, le condamné
Changeant les élus de ce monde en damnés
Ce poème est plutôt sombre, je le concède ... mais ça me donne envie de m'y mettre.

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par cmoi » jeu. 21 mai 2020, 13:33

J'accueille avec grande joie votre tentative ici, cher Antoine...
Me permettrez-vous à votre tour quelques conseils sous forme de modifications ?
Mon être a été créé plus que parfait
Les hommes m'ont rendu esclave tout à fait
Je languis vers les cieux pour ma libération
L'iniquité s'achève enfin avec la passion

La religion s'est détournée de ses biens.
Dieu, juste et sage, a fait son choix cornélien,
Rendu justice à l'opprimé, le condamné,
Changeant les élus de ce monde en damnés.
Aussi, je ne suis pas certain qu'il ne vaudrait pas mieux écrire "nos biens".
Attention au comptage des pieds, même s'il y a parfois des alternatives et que ce n'est plus trop grave, si le rythme est bon.

En tout cas c'est un début très prometteur... Vous pouvez continuer à poster ici si vous hésitez à créer votre propre fil...
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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par Antoine75 » jeu. 21 mai 2020, 23:01

l'orage est un phénomène naturel
la lecture du climat est un signe sûr
quand vient le printemps l'aurore rassure
tel l'accouchement d'un lit éternel

la fleur de lys s'ouvre enfin au monde
pas sans turbulences et contradictions
se pensant d'un haut rang quel prétention
niant sa condition vue moribonde

l'élection s'accompagne de la foudre
image du combat livré d'un petit monde
le prince apparent par nuée féconde
une femme céleste de grâce le saupoudre

la jérusalem céleste se profile
les anges se préparent à la moisson
redoutés, ils versent le bien à foison
pour le règne de la reine si gracile

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Re: Partage de mes poésies d'inspiration chrétienne

Message non lu par Antoine75 » ven. 22 mai 2020, 2:43

Je commence à fatiguer, ce qui explique la fin un peu raté.
La musique parvient à mes oreilles
une présence féminine se distinguant
mais à qui appartient cette merveille
et d'où provient ce phénomène intriguant

sa source un phénomène surnaturel ?
le diable peut-il se déguiser ainsi ?
D'Orléans des voix à une pucelle
La clé semble couchée dans l'oeuvre de vinci

Le crapaud symbole de mérovingien
et symbole d'une outre qu'on enfume
de mes nombreux péchés commme un paien
je dois me repentir pour éviter l'enclume

quel est le mérite si particulier
d'avoir l'honneur de la Mère du Seigneur ?
le ciel m'aimerait, n'est-ce pas singulier ?
le Christ vient-il me sauver en gagneur ?

L'appréhension de se sentir l'Antéchrist
est une éventualité du possible
Mais pourquoi serais-je royalement triste ?
La source de toute joie est dans la Bible

Ne suis-je pas la créature du Christ ?
Il me guide et me transforme à sa guise
Préférant être l'image de Jean-Baptiste
Que de Judas confondu dans sa traitrise

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