L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

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Trinité
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L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par Trinité » sam. 24 août 2019, 15:53

Bonjour !

Je viens de lire un roman de l'écrivain Polonais "Marek Halter", c'est son histoire de Marie que je ne vais pas vous résumer ici car c'est assez long et qui fait intervenir un tas de personnages bibliques, mais sans en faire une vérité ...d'Evangile!

A la fin du roman, il fait référence à un document papyrus qu'il aurait eu d'une vieille famille polonaise, hérité de générations en générations...

Résumer de l'histoire du document:

Hélène, la mère de Constantin 1° , Empereur de Rome devenu Chrétien , le rapporta de Jérusalem, les femmes Chrétiennes le lui donnèrent lorsqu'elle vint à Jérusalem pour édifier l'Eglise du St Sépulcre, c'était en 326 de notre ère.

Myriem de Nazareth (Marie) se serait retrouvé enceinte par la grâce de l'Esprit Saint , par contre aucune référence n'est faite à l'Annonciation !
Jésus écoute la parole de Jean Baptiste et l'approuve, par contre, lorsque Jean Baptiste propose à Marie de baptiser Jésus, Marie rétorque qu'il n'a aucun besoin d'être purifier.
Cette réponse ne plait pas à Jean Baptiste qui se plaint de ne pas entendre la parole de Jésus ,pourtant investi de la mission divine. Jean Baptiste est décapité par l'ordre d'Hérode, Marie va malgré sa brouille avec Jean et , avec Joseph d'Arimathie à la mise en terre de Jean. Marie se met en colère (très étonnant...) car Jésus ne dispense pas le message divin, mais on l'informe que Jésus a pris parole à Capharnaüm et qu'il a guéri la fille d'un centurion Romain.
Ensuite, il est relaté le miracle des noces de Cana, St Jean s'approche de Marie et cela l'étonne, car à ses dires il est le seul...les disciples de Jésus n'aiment pas se montrer près de Marie ! Marie se plaint auprès de St Jean que son fils la chasse, qu'il n'a pas de famille, pas même de mère.
Marie dit à Jésus :"ils n'ont plus de vin, tu dois faire ce que l'on attend de toi, c'est le jour..".(cela me semble très autoritaire pour Marie qui est la douceur même...) Jésus répond "mon heure n'est pas venue"
Marie intervient encore pour dire à Jésus : " tu te trompes, tu ne peux attendre plus longtemps, le signe est entre tes mains"
La suite vous la connaissez, c'est la même que l'Evangile et le miracle s'accomplit.
Marie a des remords d'avoir forcé les évènements et demande pardon à Dieu.
Ensuite, il est fait allusion à la vie de Jésus pendant une année et de ses miracles, notamment l'expulsion des marchands du temple de Jérusalem, notamment de la phrase qu'il dit à Caïphe "Abattez ce temple, je le relève en trois jours"
Après l'évènement Marie dit à Jésus"Fais un signe pour entrainer la foule derrière toi" mais Jésus n'en décide pas ainsi.
Nicodème intervient auprès de Jésus qui lui dit :"Qu'attends tu de moi?" Nicodème : "Un signe, celui que tu as annoncé"; Va devant le peuple qui détruit le temple et remonte le en trois jours" Jésus: "Comment savez vous que l'heure est venue, vous qui ne savez rien, pas même si vous êtes dans la main de mon Père"
Jésus ajoute : "Tous vous voulez accélérer le temps. Passe encore pour une mère impatiente qui oublie sa place.Mais toi le pharisien, ne sais tu pas qui décide? Votre impatience vous fait esclave du monde, pourtant je vous le dis , dans le monde vous n'aurez que détresse.

Puis, c'est l'arrestation de Jésus par une cohorte Romaine, et la garde du temple à Béthanie. Marie éprouve des remords car c'est elle qui est intervenue à Cana alors que Jésus lui disait " Mon temps n'est pas encore venue"
A Mariamme elle dit "Mais qu'apportera la mort de Jésus ? Sa parole n'a pas encore changé la face du monde, je ferai ce que doit faire une mère pour l'empêcher de souffrir dans le supplice de la Croix"
Marie va voir Joseph d'Arimathie qui lui dit :" Celui qui saura sauver ton fils, c'est moi .Dieu fera le jugement. Si la volonté de tuer ton fils sur la croix appartient au tout puissant, alors Jésus mourra, si elle appartient à Pilate alors Jésus vivra"
Jésus est mis en croix , pas cloué mais lié, Marie et les femmes sont éloignées de la Croix par les mercenaires à la solde d'Hérode et voient la scène de loin.
Il est relaté les moqueries des gardes et des curieux, Joseph d'Arimathie et ses disciples sont au pied de la Croix, Jésus parle mais Marie trop loin n'entends pas les paroles.
Le centurion Romain dont Jésus a sauvé le fils, arrive près des gardes et il rie avec eux , il semblerait qu'il ait un rôle à jouer de connivence avec Joseph d'Arimathie.
Nicodème demande que l'on fasse boire Jésus, un soldat se prépare à tremper un linge dans une jarre de vinaigre, mais le centurion arrête la main du soldat et lui propose une autre jarre amener par Nicodème, le soldat trempe un linge dans la jarre et met le linge dans la bouche de Jésus, Marie sait ce qui doit arriver (on en déduit qu'elle est au courant , après concertation avec Joseph d'Arimathie celui-ci a préparé une drogue dans le breuvage...) Jésus perd connaissance sa tête bascule sur sa poitrine, un soldat romain lui donne un coup de lance dans la poitrine.
Joseph d'Arimathie obtient de Pilate de récupérer le corps de Jésus.
Jésus est descendu de la croix on place un emplatre sur la plaie de la lance, on entoure son corps avec des bandes enduites d'onguents, dans le char de Nicodème on le transporte dans la grotte et sa sépulture terminée depuis 5 jours on roule la pierre devant la tombe.
Joseph d'Arimathie montre à Marie la fiole dont il s'est servi pour la jarre de vinaigre.
Joseph d'Arimathie affirme à Marie que Jésus vit, Marie va le voir la nuit d'après en rentrant dans la grotte avec joseph d'Arimathie par une faille dissimuler derrière , elle pose sa main sur sa poitrine, son coeur bat, ils le veille 3 jours , après 3 jours, il ouvre les yeux, voit Marie il demande à Joseph "Depuis combien de temps depuis que tu m'as descendu de la croix,?" Joseph réponds "3 jours" Jésus : "N'avais je pas annoncé qu'il me suffirait de 3 jours pour redresser le temple en ruines"
La nuit d'après Jésus veut partir Marie lui dit "Tu n'as pas assez de forces" il lui adresse un regard chargé de tendresse!
Nicodème lui dit "Tu n'es pas en sécurité dans ce pays.On te cherchera,ne te montre plus au peuple, ta parole te suivra,tes disciples la sèmeront"
Jésus décide qu'il retourne en Gallilée, après plus de traces de Jésus.


Voilà!

C'est un vrai roman feuilleton que je viens de vous passer, et pas tellement crédible, car ou est le message d'Amour du Christ là-dedans et surtout sa mort et sa résurrection qui conditionne le pardon de nos péchés?
Dernière modification par Trinité le sam. 24 août 2019, 20:51, modifié 1 fois.

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zelie
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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par zelie » sam. 24 août 2019, 16:27

C'est un roman, juste un roman... Mais qui a un grand mérite : celui de mettre en valeur la figure mariale et la Présence immanente de Dieu dans la version officielle des évangiles catholiques.
Car, en fait, si Marie n'avait pas été "pleine de grâce", constamment conduite par l'Esprit-Saint, elle aurait pu n'être que ça : une femme essayant de conduire son fils puis de le sauver, quitte à se tromper, puis quitte à accepter, en plein désespoir, toutes les ruses possibles pour faire disparaître son fils et le sauver humainement. Elle n'est qu'une femme habitée de sentiments humains.
Et idem pour le Jésus et les autres personnages du roman: ils agissent un peu comme ils peuvent, impuissants devant les conséquences de leurs propres actes, puis usant de toutes les ruses très humaines mais perçues comme "magiques" pour finalement faire en sorte de s'en tirer humainement.
Dieu le Père et l'Esprit-Saint sont les grands absents... Ce qui est typique des récits grands intellos donneurs de leçons persuadés de détenir eux seuls une analyse pertinente d'une croyance (qui souvent les irrite, et qu'ils se sentent donc investit de corriger).

Cela donne tout son relief à la vraie histoire, où le Père et l'Esprit-Saint sont à la base de tout !
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Pathos » sam. 24 août 2019, 16:43

Rien que l'auteur ça ne présage rien de très catholique...
Lisez plutôt la cité Mystique de Dieu par Marie d'Agréda vous aurez la vraie vie intégrale de nôtre très sainte mère.
C'est comment dire...beaucoup plus spectaculaire..

Jean-Mic
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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Jean-Mic » sam. 24 août 2019, 17:39

La lecture de Marek Halter est toujours un régal, avec ce mélange d'érudition historique, de mémoire et de tradition judaïque, de belle langue, et les thèses parfois déconcertantes de l'auteur. Ce n'est qu'une fiction, mais une bien belle fiction. :) :oui:

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Pathos » sam. 24 août 2019, 22:54

Toujours un travail de sape sournois : la mère de Jésus était une femme courageuse mais une femme comme une autre ; voilà ce que retiendront les lecteurs lambda.

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Cinci » dim. 25 août 2019, 14:32

Bonjour Trinité,

On dirait encore l'un de ces romans à la Dan Brown ou à la Gérald Messadié. Des longs pastiches de littérature apocryphe et recyclant au passage une hérésie ou une autre : je ne vois pas du tout l'intérêt de l'exercice pour ma part.

Dans cet extrait qui est bien court, l'extrait a beau être limité que l'on percevrait déjà les préventions de l'auteur à l'encontre de la foi catholique, me semble-t-il cf. Cohorte romaine procédant à l'arrestation de Jésus, désacralisation du personnage de Marie, évacuation de la résurrection. Un travail de sape sournois, comme le suggère si bien Pathos.

Il est possible que l'auteur soit bien coté dans le beau monde des communications en France ou en Europe. Jusqu'à quel point, je ne saurais dire. En tout cas, il aurait au moins le profil pour plaire à une certaine intelligentsia, Marek Halter, surtout s'Il tape en même temps dans toutes les veines qui peuvent faire plaisir au monde actuellement (féminisme, anti-catholicisme traditionnel, ouverture large sur le spirituel et l'inter-religieux, etc.) Bref, rien qu'à voir ce que je vois, j'ai déjà plusieurs préjugés sur la valeur de l'oeuvre. Et je ne serai pas tenté d'aller vérifier plus loin.

:)

Trinité
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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Trinité » dim. 25 août 2019, 21:19

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire un petit résumé vraiment très succin du roman. :)

En fait, l'histoire se déroule depuis l'enfance de Myriem (Marie) jusqu'à la naissance de Jésus.
On évoque au départ la vie de Marie avec son père Joachim (charpentier) et sa mère Anne, les mercenaires d'Hérode travaillant pour les Romains font des incursions dans les villages pour piller et embaucher de force les enfants mâles .
A la suite d'un passage des mercenaires, Marie découvre chez elle Barrabas recherché, car auteur avec sa bande d'agressions sur les mercenaires et les Romains.
Elle le cache et le sauve.
Plus tard son père Joachim intervient pour défendre une pauvre femme des mercenaires , il est emmené captif et destiné à être crucifié.
Marie part à la recherche de Barrabas à Sepphoris, dans les bas quartier elle rencontre un garçon de sa bande (Abdias) qui le conduit à lui.
Elle lui demande d'intervenir pour libérer son père de la crucifixion avec Abdias , Barabbas et sa bande monte un plan pour détacher à la faveur de la nuit Joachim de la croix.
Abdias le détache , joachim est très reconnaissant envers Abdias et Barabbas. Abdias s'éprend de Marie il semblerait que Barabbas ait des sentiments également pour elle.
Toute cette relation est Platonique, cependant il semblerait que Marie ait des sentiments pour Abdias.
Marie n'est pas d'accord sur la façon de procéder de Barrabas et d'Abdias par la violence, elle parle du Messie le libérateur d'Israël qui doit naître d'une femme d'après les écritures;
A la suite d'un combat Abdias est gravement blessé, Marie le transporte en char avec Barabbas à Joseph d'Arimathie chef des Esséniens et réputé pour faire des guérisons miraculeuses, Abdias décède à l'arrivée. Joseph d'Arimathie ne peut rien faire, Marie est inconsolable !
Elle reste chez les Esséniens chez qui elle connait Mariamme (sans doute Marie de Magdala) et se lie d'amitié avec elle.
Elle revient chez son père Joachim qui se cache chez Yossef (St Joseph) et son épouse mère de 5 enfants. Yossef est également charpentier et Joachim recherché, travaille incognito chez lui.
la mère de Marie, Annah (Anne) décède, la femme de Yossef décède également.
Barrabas réapparait, ils organisent chez Yossef une réunion pour renverser Hérode le tyran, à cette réunion est convié: Yossef , Joachim, Barrabas, Nicodème (le pharisien, tout le monde se méfie de lui...) joseph d'Arimathie.
Il n'en sort rien , personne n'est du même avis!
Barrabas demande Marie en mariage à Joachim qui accepte, mais Marie refuse, elle lui dit qu'elle l'aime bien , mais ce n'est pas sa destiné !
Joachim ne comprend pas le refus de Marie, celle-ci passe des nuits entières dehors à méditer et un jour elle apprend à son père Joachim quelle est enceinte ( a aucun moment il n'est fait état de l'annonciation et de l'Esprit Saint...), celui-ci rentre dans une colère noire et demande qui est le père, il accuse à tour de rôle Barrabas et Yossef qui récusent tous les deux vivement l'accusation!
Yossef (St Joseph) et ses 5 enfants veuf, accepte Marie comme épouse, sans cela elle sera lapidé ...
Ils partent à Nazareth et se font enregistré par les Romains qui leur donne de nouveaux noms:

Myriem (Marie) Mariamme (Marie) Yossef (Joseph)

Jésus nait à Bethléem !


C'est bourré d'intrigue cette histoire et peu ressemblant à la réalité!

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Fée Violine » dim. 25 août 2019, 22:55

Bref : c'est un roman !
Je ne comprends pas les commentaires méfiants de ceux qui soupçonnent l'auteur de vouloir dénigrer le christianisme ou je ne sais quoi.
Ce sont les chrétiens ou ex-chrétiens qui disent du mal du christianisme. Marek Halter, lui, n'a rien à voir avec le christianisme. Il est juif. Il fait des romans sur divers personnages bibliques : Sara, Tsippora, Bethsabée, la reine de Saba...
Il ne fait pas de théories tortueuses style Dan Brown, il raconte juste des histoires.

Évidemment, pour nous ça fait bizarre de voir Marie dans une histoire pareille !

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie .

Message non lu par Pathos » lun. 26 août 2019, 0:04

Fée Violine,
Pensez vous qu'un tel portrait plaise à notre Mère du Ciel même si c'est un roman ?
Ça m'étonnerait fort que l'auteur prenne autant de liberté dévalorisantes avec des personnages de l'ancien testament dans ses précédents ouvrages. Quoique le titre "Betsabée - Éloge de l'adultère" si c'est pas racoleur...
Ce que raconte Trinité est à la limite du blasphème et devrait vous outrer :
Marie en conivence avec Barabbas !
Joseph père de 5 enfants !
Faut il être sourd et aveugle pour ne pas comprendre que ce livre se fout de la gueule des chrétiens ?!
Que l'auteur fasse donc une fiction sur Mahomet s'il a des couilles.
Les musulmans eux défendront leur héros alors que nous on qualifie ça de roman donc c'est pas grave...
Chrétiens tièdes nous serons vomis !
Dernière modification par Pathos le lun. 26 août 2019, 13:39, modifié 1 fois.

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zelie
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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par zelie » lun. 26 août 2019, 8:06

Faut il être sourd et aveugle pour ne pas comprendre que se livre se fout de la gueule des chrétiens ?!
Que l'auteur fasse donc une fiction sur Mahomet s'il a des couilles.
Les musulmans eux défendront leur héros alors que nous on qualifie ça de roman donc c'est pas grave...
Chrétiens tièdes nous serons vomis !
Je ne le dirais pas comme ça, mais j'avoue, Pathos, vous avez raison, il y a de ça... Cinci a raison d'en tirer un parallèle avec Dan Brown ou Messadié, le premier parce que pas mal de monde a pris les anecdotes romanesques du Da Vinci Code pour la réalité, pour la véritable version de la bible, à tel point que les médias s'en sont fait l'écho à l'époque. La version Jésus amoureux de Marie de Magdala a la vie durable, et pas mal de personnes sont venues me poser des questions suite à ce film, (toujours déçues que je n'aille pas du tout dans le sens du film au passage); je me demande si cette fiction ne date pas du film de 1988 de Scorcese, La dernière tentation du Christ...? Toujours est-il qu'il faut toujours la démonter auprès de pas mal de monde, tout comme l'idée que Joseph était marié avant Marie, très vieux lors du mariage, voire qu'il était polygame (ce qui au passage est contredit par Marie D'Agréda, (17ème siècle, religieuse espagnole), Maria-Cecilia Baij (religieuse du 18 ème siècle, Italie) et Maria Valtorta (Tiers-Ordres des Servites de Marie, 20 ème siècle), qui comme on pourra aisément le noter auraient bien du mal à être complices l'une des autres, auxquelles s'ajoutent les évangiles, et ce n'est pas parce qu'ils ne disent mot qu'ils consentent à toutes sortes de spéculations.
Le deuxième auteur, Messadié, je crois bien que c'est celui-là, a décrit un Jésus ivrogne, et autres joyeusetés, qui ont été prises pour vérité scientifique et ont donné des cours d'histoire à des élèves d'école primaire assez surprenants... Ce qui ne devrait pas étonner outre mesure; prenez un mythe et un professeur fondamentalement anti-ce mythe là, il va se faire un plaisir de dénicher une source qui va faire s'effondrer le mythe, persuadé qu'ainsi, il "sauve une génération d'une gabegie d'un autre temps"....!


En outre, Marek Halter a la réputation, et même un peu plus que la réputation, d'avoir une imagination débordante dans le mensonge, particulièrement dans la réécriture de sa propre vie. Comme si son talent l'emportait un peu loin parfois... C'est surement un auteur intéressant, mais controversé et d'un profil de personnalité assez singulier...

Le fait est qu'un tel livre peut largement faire le lit d'une Vierge Marie à l'opposé de la réalité et vide de la vacuité même de toute grâce, un portrait qui nous coupe incroyablement de la splendeur de l'action de Dieu en elle. Comme des films précédemment.
Je me rappelle d'une époque où estimant ne rien connaître à la figure de Marie, je me suis tournée vers des bouquins qui parlaient d'elle pour apprendre à la connaître, et ce que j'ai découvert était bien loin du peu que le catéchisme m'en avait montré. Ce fut un beau voyage, mais si au lieu de ça, j'étais tombée sur ce livre, ensuite, aurais-je été aussi touchée par une Marie à l'opposé, une Marie tellement empreinte de prière, de renoncement, d'exactitude dans l'abandon à la Sainte Providence, dans l'obéissance, qui apparaît bien moins incarnée quand on en a une image aussi matérialiste, aussi engluée dans les méandres hormonaux et patriarcaux de l'époque décrite?

Quels contresens aussi sur Nicodème, sur Joseph d'Arimathie, sur Barrabas, sur les Esséniens.... ça fait même mal de lire le résumé de Trinité. On a l'impression de quelqu'un qui a mélangé les cartes à dessein, pas forcément d'un auteur qui aurait manqué d'aboutissement dans ses recherches préliminaires, mais qui aurait volontairement brouillé les pistes pour jouer sur le "bankable" , quitte à abandonner son lecteur non averti dans un labyrinthe mortel...

On n'imagine pas l'empreinte et le mal que cela peut créer dans l'esprit de gens malformés et influençables. Une amie proche, très chrétienne et autrefois très pratiquante, a abandonné la foi après la mort de sa soeur, ressuscitant dans ce deuil un conflit non résolu avec son père. Pourtant, avant cela, c'était laudes et vêpres, messe et prière. Du coup, se sentant coincée entre rejeter Dieu mais ne le pouvant logiquement pas au vu de sa formation catholique, elle n'est pas devenue athée, mais est devenue influençable à toutes les c.....ries New Age.
C'était désespérant de la voir faire :
une fois, je lui ai parlé pendant tout un après-midi de l'action de Pie XII pendant la guerre, de la figure de Marie et de Jésus, et à la fin elle m'a dit en substance ; "oui, je te crois, toi, parce que tu ne cherches pas à tout expliquer, à m'emprisonner par des arguments biaisés, et donc Jésus est bien etc... et Marie est bien vierge etc..." Je respire un coup, en me disant qu'enfin elle va pouvoir méditer sur une base plus saine et petit à petit faire la part des choses entre sa religion et sa famille. Sur ce, le téléphone sonne et une de ses amies lui dit qu'elle vient de trouver (sur internet!) le dernier truc New Age comme quoi Jésus était essénien... (image qui a aussi un longue vie dans l'idée de pas mal de monde!) . Toute émoustillée, elle s'est précipitée chez la copine pour absorber comme une éponge la énième bêtise. Alors, certes, tout le monde va me dire que mon amie n'était pas la plus fûtée... quoique hautement diplômée tout de même. Mais elle est représentative d'une population avide de sensationnel et d'immédiateté parce qu'elle est déconnectée de la soif profonde de Dieu, elle est en pleine confusion entre le besoin fondamental de structurer un sens à sa vie spirituelle et la satisfaction la plus rapide de ce besoin pour ne pas affronter la part d'angoisse qu'il pourrait porter. Les gens comme elle, ils sont des millions.
Comment alors se satisfaire d'un roman aussi déviant sur tant de points de doctrine, qui a son tour et immanquablement, rencontrera un public qui le prendra pour parole d'évangile pour ne pas avoir à faire l'effort rebutant de se frotter à un véritable Evangile?
Comment, même en accordant à Halter le bénéfice du doute sur ses intentions, peut-être pas aussi anti-chrétiennes primaires que le soupçonne Pathos, en rester à ne rien faire, à ne pas réagir en témoignant de notre foi?
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par Trinité » lun. 26 août 2019, 9:52

Comme quoi j'avais lancé sur un autre fil "Peut-on lire tout et n'importe quoi" ;)

J'avoue que je suis allé au bout, mais si l'on est pas fort dans sa foi, je pense que ce genre de roman peut-être dangereux!

Heureusement que je n'ai pas lu cela il y a 5 ans!

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par Cinci » lun. 26 août 2019, 18:06

En phase, Trinité ! Je suis d'accord avec vos dernières observations.

S'il est possible de tout lire alors il est sûr aussi que tout n'est pas profitable. Moi, je suis sûr que l'oeuvre de Marek Halter se serait retrouvée vite fait dans la liste de l'abbé Sagehomme. "A l'index !"

:)

Cinci
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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par Cinci » lun. 26 août 2019, 18:11

Zélie :

On n'imagine pas l'empreinte et le mal que cela peut créer dans l'esprit de gens malformés et influençables. Une amie proche, très chrétienne et autrefois très pratiquante, a abandonné la foi après la mort de sa soeur, ressuscitant dans ce deuil un conflit non résolu avec son père. Pourtant, avant cela, c'était laudes et vêpres, messe et prière. Du coup, se sentant coincée entre rejeter Dieu mais ne le pouvant logiquement pas au vu de sa formation catholique, elle n'est pas devenue athée, mais est devenue influençable à toutes les c.....ries New Age.
Ben tiens !

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par zelie » mer. 28 août 2019, 10:52

Comme vous dites, comme vous dites... et ce n'est pas la seule!

Des catholiques qui sont devenus témoins de Jéhova, des catholiques qui par le mariage sont devenus chrétiens évangéliques, des New Age convaincus d'avoir trouvé des traces d'un graal imaginaire que l'Eglise étoufferait, pfft... Ces cas que je cite ne sont même pas des cas uniques, j'en connais plusieurs de chaque...
Ce sont des personnes qui se disent chrétiennes, croyantes en Dieu, et même, qui me donnent la nette impression d'avoir une soif authentique de l'amour de Dieu, et qui aiment Dieu de tout leur coeur, le prient, le chantent, en parlent tout le temps... et à coté de ça, sont pleines de questions irrésolvables et d'une profonde tristesse. C'est ça, ils sont tristes. Tristes dans le sens de l'absence de la joie primordiale.

Un jour que je lisais l'évangile dans un parc, une femme ex-catholique, témoin de Jéhova est venue s'asseoir à coté de moi, et s'est mise à me parler. De la non-virginité de Marie, et que c'était écrit dans la Bible qu'elle n'était pas vierge, qu'elle avait eu d'autres enfants, que je ne sais quoi. Tant qu'elle a été silencieuse, je n'ai rient noté sur elle. Dès qu'elle s'est mise à dénigrer Marie, je l'ai trouvée bien inquiète, bien peu apaisée.
Comme j'étais en mode porc-épic, à ses questions j'ai répondu que pour moi elle était vierge, et que même si elle arrivait à me prouver le contraire, je m'en foutais comme de la dernière date de l'apocalypse. Vierge elle resterait.
Du coup elle a tourné les talons.
Mais ça m'a interpellée, cette espèce d'angoisse diffuse de cette personne. Elle ne m'a pas dit comment de catholique elle est devenue témoin, mais ça se devine aisément; un jour, une personne a eu assez d'ascendant sur elle pour l'embarquer dans le brouillard. Une énième âme qui sous prétexte que les curés ceci ou cela, ou que l'Eglise est "rigide" ou je ne sais quoi, a renoncé à un royaume pour un plat de lentilles.
Comme tous ces gens qui réinventent la Bible par prosélytisme, qui vous citent n'importe quoi avec n'importe quelle référence. A part que comme je connaissais la référence, je les renvoyais à un principe de réalité aussi sec.
A chaque fois qu'une de ces personnes s'aperçoit qu'il a affaire à quelqu'un qui connait bien la bible ou sa religion, il tourne les talons comme s'il fuyait. J'ai vu des personnes se faire cuisiner des dizaines de minutes, mais moi, en 10 secondes on me lâche aussi sec, et ça aussi à force ça m'a interpellée. Car cela signifie que ce prosélytisme-là, en fait, c'est de la prédation; on n'appelle pas tout le monde, on sélectionne les manipulables qui entrent dans les critères de futures vaches à lait ou futurs adeptes faibles faciles à mettre sous emprise et à leur faire faire n'importe quoi. C'est criant la rapidité du tournage de talon dès qu'on a du bec.
Une fois, des saints et saintes des derniers jours m'ont abordée. J'ai bien vu qu'une pauvre jeune fille, de 19 ans, était chaperonnée dans cet exercice par une femme (très décidée) d'une quarantaine d'années; ça m'a écoeurée. A l'époque, je devais avoir dans les 22-23 ans, et j'ai immédiatement attaqué sur deux fronts: à la jeune fille, je lui ai demandé si elle était vraiment épanouie dans ce qu'elle faisait, si c'est ce qu'elle voulait faire toute sa vie, si elle n'avait pas soif de rentrer chez elle, et à la vieille je lui ai coupé la parole sans ménagement en lui intimant l'ordre de laisser parler et réfléchir sa jeune acolyte, j'ai même été dure. Et ça a marché, j'ai eu l'impression que la jeune fille s'interrogeait, et que la femme mûre était en rage contenue. Au moins que la jeune comprenne que la plus âgée n'a aucun droit sur elle, qu'elle a le droit de s'en aller et surtout, que la femme mûre n'a pas tous les pouvoirs sur elle, qu'elle peut reprendre le pouvoir.
Tout ça et bien d'autres histoires convergent vers la sensation que les personnes d'origine catholiques abandonnent tellement leur foi qu'ils en perdent leurs racines , leur identité et ensuite errent au gré de la malchance plus ou moins forte... Ces gens sont profondément malheureux, ça se voit, ça suent par tous leurs pores.
La femme qui attaquait Marie, ne cessait de répéter "mais il est écrit que Jésus a des frères et des soeurs", et elle disait cela comme si elle avait dit : "prouvez-moi le contraire que je puisse échapper à ceux à qui je n'ai pas su résister faute d'argument, faute de connaître ma foi, ma foi catholique que je regrette tellement" (elle me disait "oui, mais avant, avant, j'étais catholique" avec une respiration dénouée, un regret du bon temps). Et en même temps prisonnière de ce qu'elle tenait pour une preuve, une évidence. Lui dire que Dieu est tout-puissant, que rien ne Lui est impossible, lui parler de l'impossiblité pour un Dieu parfait de s'incarner dans un corps non-immaculé, car la tâche même est signature démoniaque? Lui dire plus simplement qu'à l'époque, tous les cousins étaient des frères et des soeurs, parce que c'était culturel, tout comme ça l'est encore aujourd'hui dans certaines cultures? Mais son inculture catholique était telle que quel que soit l'argument, il ne s'incarnait plus en elle pour perdurer et prendre corps en elle, comme si quoi que je lui ai dit, elle n'aurait pas pu ensuite le ressortir à qui de droit pour se libérer des chaînes que de guerre lasse elle avait acceptées... Je ne pouvais que prier pour elle, ou trouver une combine pour la retenir et l'inscrire à un cours de catéchisme pour adultes, ou l'amener au prêtre, je ne sais; il aurait fallu que je lui parle des mois entiers pour démonter une à une les inepties dont on l'avait farcie jusqu'à son dernier brin d'ADN. C'est terrible de voir des gens en perte de soi à ce point, mais hélas, ça résonnerait presque comme une allégorie de toute une société, qui a force de semer, un jour récoltera...

Et c'est vrai aussi que les New Age, c'est encore autre chose; ils portent en eux une image personnelle et complètement fabriquée sur mesure de Dieu. Dieu, pour eux, n'est pas : il est uniquement la projection de ce qui les arrange, dans un mélange qui augmente synergiquement en confusion et en accumulation de connaissances, car ce sont des portes trouées ; tout entre, tout sort, et ils ont toujours raison. Parlez leur des anges, pas de problèmes, ils en connaissent tellement qu'ils "communiquent" même avec eux, parlez-leur de Jésus, ils connaissent les apocryphes et toutes les superstitions possibles et rejettent les évangiles officiels. C'est simple, le New Age, c'est l'accumulation de tout ce qui peut circuler sur internet sur Dieu et son royaume, à l'exception de tout ce qui est orthodoxe. C'est la version humaine, mythique et mystifiée de l'idée d'un Dieu-Amour et d'un monde surnaturel cloisonné comme un abcès. C'est l'amalgame de tous les délires, et ces délires brillent d'autant plus qu'ils vont loin dans le délire. Leurs adeptes sont médusés, éblouis, heureux de l'être, et totalement inconscients de leur hypnose. Ca finit que ça va vraiment loin.
Rien ne suscite vraiment leur opposition, mais rien ne suscite non plus leur critiques et leur réflexion : ils sont l'acmé du relativisme. Des horizontaux.
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: L'Evangile de Myriem de Nazareth , Marie

Message non lu par Trinité » mer. 28 août 2019, 20:40

Chère Zélie,

J'entends bien ce que vous dites, mais le commun des catholiques n'a pas votre érudition en ce qui concerne la Bible!
Le problème basique vient de là à mon avis, car la récupération se fait à tous les niveaux et si l'on a pas la connaissance, un moment ou l'autre on est piégé par des personnes qui interprètent les écrits et sont plus instruites que vous dans ce domaine!
Il est vrai que la "foi" peut nous sauver, mais il faut quelle soit solide, et le doute peut vite entrer insidieusement.

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