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Re: Le goût de vivre

Publié : mar. 08 déc. 2009, 17:36
par christiane
Ce petit poème est un concentré de sagesse et de vérité.

Je suis tout à fait d'accord avec cette Canadienne. Que le Seigneur la garde !

Christiane

Poésie chrétienne

Publié : lun. 21 déc. 2009, 4:09
par papillon
Noël: Envole-moi

Il enviait, chagrin, l'essor de l'hirondelle
qui, se laissant porter par l'épaule du vent,
s'évadait outre-mer sous les Cieux de l'Avent.
Il implorait: "Mon Dieu! Si je pouvais, comme elle,
de nuage en lumière aller, sans passerelle,
avec au fond des yeux l'allégresse d'un chant,
sûr que je rejoindrais dans le soir finissant,
l'Etoile des bergers que je trouve si belle.

Il faudrait que soufflés par ma plume de bois
s'envolent tous les mots que je prie à la fois
et que léger, mon coeur s'attache à leurs jambages.
Alors, petit poète entre rimes et Ciel,
enfin je croiserais l'Etoile au gré des pages
lorsqu'elle effleurera l'Enfant, l'Emmanuel."

Marie-Claude Pellerin

Re: Les poètes

Publié : lun. 21 déc. 2009, 10:34
par etienne lorant
Voici un beau texte de Jean XXIII, que je dédie spécialement à Christiane, avec ma reconnaissance !

Le décalogue de la sérénité
1. Rien qu'aujourd'hui, j'essaierai de vivre ma journée sans chercher à résoudre le problème de toute ma vie.
2. Rien qu'aujourd'hui, je prendrai le plus grand soin de me comporter et d'agir de manière courtoise ; je ne critiquerai personne et je ne prétendrai corriger ou régenter qui que ce soit, excepté moi-même.
3. Aujourd'hui je serai heureux, rien qu'aujourd'hui, sur la certitude d'avoir été créé pour le bonheur, non seulement dans l'autre monde, mais également dans celui-ci.
4. Rien qu'aujourd'hui je consacrerai dix minutes à une bonne lecture en me rappelant que, comme la nourriture est nécessaire à la vie du corps , de même la bonne lecture est nécessaire à la vie de l'âme.
5. Rien qu'aujourd'hui, je ferai une bonne action et je n'en parlerai à personne.
6. Rien qu'aujourd'hui, j'accomplirai au moins une chose que je n'ai pas du tout envie de faire, et si on m'offense, je ne le manifesterai pas.
7. Rien qu'aujourd'hui, je me plierai aux circonstances, sans prétendre que celles-ci cèdent à tous mes désirs.
8. Rien qu'aujourd'hui, j'établirai un programme détaillé de ma journée. Je ne m'en acquitterai peut-être pas entièrement, mais je le rédigerai. Et je me garderai de deux calamités: la hâte et l'indécision.
9. Rien qu'aujourd'hui, je croirai fermement - même si les circonstances attestent le contraire - que la Providence de Dieu s'occupe de moi comme si rien d'autre n'existait au monde.
10. Rien qu'aujourd'hui, je n'aurai aucune crainte. Et tout particulièrement, je n'aurai pas peur d'apprécier ce qui est beau et de croire à la bonté.
Je suis en mesure de faire le bien pendant douze heures, ce qui ne saurait me décourager, comme si je me croyais obligé de le faire toute ma vie durant.

Pape Jean XXIII

Tout est accompli

Publié : ven. 02 avr. 2010, 4:08
par papillon
Tout est accompli.
Ton regard, Seigneur, qui a baptisé la terre,
Ton regard qui éternise
Et qui a revêtu d'une lunière nouvelle les êtres
Et les petites choses de la vie.
Ton regard n'est plus.

Tout est accompli.
Ils sont fixées pour toujours
Ils ne sortiront plus de la mémoire humaine
Ceux que tu as rencontrés dans la parabole de ta vie,
L'apôtre et le miséreux,
Le jeune homme riche et la femme du puits de Jacob,
Pilate qui se lavera les mains jusqu'à la fin des temps,
Caïphe le doigt levé pour énoncer les mornes sentences.

De toutes les sagesses pourries par l'avarice du coeur,
L'aveugle qui a vu son visage monter du fond des eaux,
Lazare debout, échappé aux griffes molles des ténèbres,
Marthe qui n'avait pas une minute à elle
Et sa soeur contemplative qui avait choisi la meilleure part,
Nicodème qui aurait bien voulu comprendre
Et le centurion qui ne doutait pas!

Tout est accompli.
Ton corps transpercé, détaché de la croix,
Glisse dans les bras de ta mère,
De Jean le fils que tu lui as légué,
De Madeleine auprès d'eux qui brûle
Comme une torsade de douleur.

Ô Marie!
Être béni entre toutes les femmes
Cela signifiait donc qu'il te serait tout demandé
De subir, de savoir, et d'accepter?

Tout est accompli.
Sur le tertre des suppliciés
Où le monde se donne la mort en spectacle,
Il n'y a plus autour de Toi que ces trois êtres immenses
Qui rayonneront jusqu'à la fin des jours
Et qui te pleurent,
Ô Christ,
Irruption de lumière enfouie.


André Frossard (1915-1995)

Re: Tout est accompli

Publié : ven. 02 avr. 2010, 7:58
par DavidB
Infiniment merci pour ce poème absolument magnifique.

Cité un jour par Teilhard de Chardin

Publié : mer. 17 août 2011, 22:20
par stephlorant
C'est un poème chinois du Xème siècle avant Jésus–Christ, que le père Teilhard raconte à un ami gravement blessé, dans le vieux feuilleton qui racontait le tour du monde des voitures Citroën, intitulé "La Croisière jaune":


D’abord, il y a, tout en bas, les faux Seigneurs ... et je ne parlerai pas de ceux là, car ils se croient supérieurs aux simples.
Au dessus, il y a les simples.
Au dessus des simples, il y a les vrais Seigneurs,

... et parmi les vrais Seigneurs, il y a les Seigneurs de la parole ;
mais la parole est creuse comme un corps sans âme.

Au dessus, il y a les Seigneurs de la pensée ;
mais la pensée est vaine comme une âme inincarnée.

Au dessus, il y a les Seigneurs du geste,
et le geste, c’est l’équilibre de l’âme avec le corps.

Au dessus, il y a les Seigneurs de l’esprit,
et l’esprit domine le geste car il existe sans être matériel.

Au dessus, il y a les Seigneurs de l’Ame,
car ils ont pour aspiration d’être des simples,
... et parce qu’ainsi, le cercle est refermé.



(à classer dans les intuitions préchrétiennes)

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : dim. 30 oct. 2011, 17:48
par steph
Je découvre la poésie de Verlaine converti; impressionnant!

---

Malheureux ! Tous les dons, la gloire du baptême,
Ton enfance chrétienne, une mère qui t'aime,
La force et la santé comme le pain et l'eau,
Cet avenir enfin, décrit dans le tableau
De ce passé plus clair que le jeu des marées
Tu pilles tout, tu perds en viles simagrées
Jusqu'aux derniers pouvoirs de ton esprit, hélas !
La malédiction de n'être jamais las
Suit tes pas sur le monde où l'horizon t'attire,

L'enfant prodigue avec des gestes de satyre !
Nul avertissement, douloureux ou moqueur,
Ne prévaut sur l'élan funeste de ton coeur
Tu flânes à travers péril et ridicule,
Avec l'irresponsable audace d'un Hercule
Dont les travaux seraient fous, nécessairement.
L'amitié - dame ! - a tu son reproche clément,
Et chaste, et sans aucun espoir que le suprême,
Vient prier, comme au lit d'un mourant qui blasphème.

La patrie oubliée est dure au fils affreux,
Et le monde alentour dresse ses buissons creux
Où ton désir mauvais s'épuise en flèches mortes.
Maintenant il te faut passer devant les portes,
Hâtant le pas de peur qu'on ne lâche le chien,
Et si tu n'entends pas rire, c'est encore bien.
Malheureux, toi Français, toi Chrétien, quel dommage !
Mais tu vas, la pensée obscure de l'image
D'un bonheur qu'il te faut immédiat, étant
Athée (avec la foule !) et jaloux de l'instant,
Tout appétit parmi ces appétits féroces,
Épris de la fadaise actuelle, mots, noces
Et festins, la " Science " , et " l'esprit de Paris " ,
Tu vas magnifiant ce par quoi tu péris,
Imbécile ! et niant le soleil qui t'aveugle !

Tout ce que les temps ont de bête paît et beugle
Dans ta cervelle, ainsi qu'un troupeau dans un pré,
Et les vices de tout le monde ont émigré
Pour ton sang dont le fer lâchement s'étiole.
Tu n'es plus bon à rien de propre, ta parole
Est morte de l'argot et du ricanement,
Et d'avoir rabâché les bourdes du moment.
Ta mémoire, de tant d'obscénités bondée,
Ne saurait accueillir la plus petite idée,
Et patauge parmi l'égoïsme ambiant,
En quête d'on ne peut dire quel vil néant !
Seul, entre les débris honnis de ton désastre,
L'Orgueil, qui met la flamme au front du poétastre
Et fait au criminel un prestige odieux,
Seul, l'Orgueil est vivant, il danse dans tes yeux,
Il regarde la Faute et rit de s'y complaire.

- Dieu des humbles, sauvez cet enfant de colère !

(http://www.toutelapoesie.com/poemes/ver ... gesse4.htm)

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 04 nov. 2011, 11:03
par Lylïéflorèncé!
En ces temps de Toussaint tumultueux, j'aurais plutôt tendance à penser à ceci d'Agrippa d'Aubigné :

Je veux peindre la France une mere affligée,

Qui est entre ses bras de deux enfants chargée.
Le plus fort, orgueilleux, empoigne les deux bouts
Des tetins nourriciers ; puis, à force de coups
D’ongles, de poings, de pieds, il brise le partage
Dont nature donnoit à son besson l’usage :
Ce voleur acharné, cet Esau malheureux,
Faict degast du doux laict qui doibt nourrir les deux,
Si que, pour arracher à son frere la vie,
Il mesprise la sienne et n’en a plus d’envie ;
Lors son Jacob, pressé d’avoir jeusné meshuy,

Ayant dompté longtemps en son cœur son ennuy,
A la fin se defend, et sa juste colere
Rend à l’autre un combat dont le champ est la mere.
Ni les souspirs ardens, les pitoyables cris,
Ni les pleurs rechauffez, ne calment leurs esprits ;
Mais leur rage les guide et leur poison les trouble,
Si bien que leur courroux par leurs coups se redouble.
Leur conflict se rallume et faict si furieux
Que d’un gauche malheur ils se crevent les yeux.
Cette femme esplorée, en sa douleur plus forte,
Succombe à la douleur, mi-vivante, mi-morte ;
Elle voit les mutins tous deschirez, sanglants,
Qui, ainsy que du cœur, des mains se vont cerchants.
Quand, pressant à son sein d’une amour maternelle
Celuy qui a le droict et la juste querelle,
Elle veut le sauver, l’autre, qui n’est pas las,
Viole en poursuivant l’asyle de ses bras.
Adonc se perd le laict, le suc de sa poictrine ;
Puis, aux derniers aboys de sa proche ruine,
Elle dit : « Vous avez, felons, ensanglanté
Le sein qui vous nourrit et qui vous a porté ;
Or, vivez de venin, sanglante geniture.
Je n’ay plus que du sang pour vostre nourriture ! »

http://fr.wikisource.org/wiki/Mis%C3%A8res

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : sam. 12 nov. 2011, 16:11
par Estel
Mon Dieu, je ne vous aime pas, je ne le désire même pas, je m'ennuie avec vous.
Peut être même que je ne crois pas en vous.

Mais regardez-moi en passant.
Abritez-vous un moment dans mon âme, mettez-la en ordre d'un souffle, sans en avoir l'air, sans rien me dire.

Si vous avez envie que je croie en vous, apportez-moi la foi.
Si vous avez envie que je vous aime, apportez-moi l'amour.
Moi je n'en ai pas et je n'y peux rien.

Je vous donne ce que j'ai : ma faiblesse, ma douleur.
Et cette tendresse qui me tourmente et que vous voyez bien..
Et ce désespoir...et cette honte affolée...
Mon mal, rien que mon mal...

C'est tout!
Et mon espérance!

Marie Noël

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : sam. 12 nov. 2011, 20:11
par etienne lorant
Ecrit au bas d'un crucifix

Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure.
Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit.
Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit.
Vous qui passez, venez à lui, car il demeure.

(VH).

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : dim. 13 nov. 2011, 7:08
par papillon
Lorsque Tu reviendras, vers le déclin du monde,
Dans la nuée ardente où notre coeur surpris
Découvrira soudain la vision féconde
De tout ce que, vivants, nous n'avons pas compris;

Lorsque, libres enfin des brumes de la Terre,
Nos yeux, illuminés par le soleil des morts,
Verront poindre, au-delà des voiles du mystère,
Le but définitif promis à nos efforts,

Alors nous Te diront, ô Dieu qui se fit homme
Et qui, par charité, vint pleurer avec nous,
Que nous ne voulons plus être ceux que nous sommes...
Et notre vain orgueil fléchira les genoux.

Eternel chemineau des routes éternelles
Qui, d'astre en astre va, glanant les coeurs meurtris,
Vers Ta divinité qui se fit fraternelle
Rouvre pour nous l'essor des chemins désappris;

Embrasse-nous, ô Christ, de l'invincible ivresse
Dont l'élan, à jamais, transporte Tes élus,
Et marque-nous au front du sceau de Ta tendresse
Pour que, T'ayant trouvé, nous ne Te quittions plus.


Paul Dewailly

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : mar. 15 nov. 2011, 18:54
par etienne lorant
Ô fumées écoutez, et vous écoutez, âmes
qui seules resterez étant souffles et flammes,

esprits purs qui mourez et naissez tour à tour,

Dieu n'a qu'un front Lumière et n'a qu'un Nom Amour !


(toujours "VH")

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : ven. 25 nov. 2011, 0:46
par Géraldine
Voici, mon Dieu, céans, mille âmes esseulées
Pour Vous dire combien Il Vous faut consoler
Les coeurs endoloris avant la nuit tombée
Et chassant les péchés par votre Grande Puissance
Nous louerons le Seigneur et toute Son Omniscience
Et comme Jeanne, nous vaincrons la cohorte des démons
En hissant l'Etendard de Notre Bien-Aimé,
Jésus-Christ, le Sauveur Qui nous a tant donné

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : sam. 03 déc. 2011, 3:00
par papillon
Dis-leur
Ce que le vent dit aux rochers,
Ce que la mer dit aux montagnes.

Dis-leur
Qu'une immense bonté
Pénètre l'univers.

Dis-leur
Que Dieu n'est pas ce qu'ils croient,
Qu'il est un vin que l'on boit,
Un festin partagé
Où chacun donne et reçoit.

Dis-leur
Qu'il est le joueur de flûte
Dans la lumière de midi :
Il s'approche et s'enfuit
Bondissant vers les sources.

Dis-leur
Que sa voix seule
Pouvait t'apprendre ton nom.

Dis-leur
Son visage d'innocence,
Son clair-obscur et son rire.

Dis-leur
Qu'il est ton espace et ta nuit,
Ta blessure et ta joie.

Mais dis-leur aussi
Qu'il n'est pas ce que tu dis
........Et que tu ne sais
................... Rien de lui...



Soeur Marie-Pierre
Cistercienne de Chambarand

Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Publié : jeu. 28 mai 2015, 21:41
par zelie
Je vous livre ici un poème d'Andrée Chedid que je trouve magnifique, qui m'a retournée le jour où je l'ai découvert. Je l'ai lu à mes élèves et plusieurs ont pleuré d'émotion.
Sans surprise, ils l'ont élu "plus beau poème de l'année"!


De cet amour ardent je reste émerveillée

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs,
Ces bonheurs de la terre.
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent.

Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent,
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés.

Dans mon miroir
Défraîchi,
Je me souris encore.
Je reste émerveillée.
Rien n’y fait,
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.

Andrée Chedid
Printemps des poètes 2007

Pour ceux qui ne connaissent pas l'auteure : http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9e_Chedid