Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

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Baruch
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Baruch » dim. 28 août 2016, 22:52

Extrait du poème de saint Prosper d’Aquitaine¹
Contre les ingrats²

Et la loi naturelle au fond des cœurs empreinte
Prescrit ce qu’au dehors Dieu marque en sa loi sainte
Mais dans ces derniers temps le divin Rédempteur
Joint les dons de sa Grâce aux dons du Créateur,
Et rendant aux mortels le salut plus facile,
À tous au saint Baptême offre un commun asile :
Afin que tout pécheur qui veut naître en cette eau
Trouve un heureux pardon dans son être nouveau
Que l’esprit par soi-même engagé dans le vice
Rentre aussi par soi-même en sa propre justice,
Et qu’étant rendu saint, sa seule liberté
Par son propre travail garde sa sainteté.
De ce grand Sacrement l’admirable alliance
Verse en nous ses trésors avec tant d’abondance,
Qu’on l’accorde aux enfants, quoique l’art du Très-haut
Forme en eux son portrait sans tâche et sans défaut.
L’âme bonne en naissant devient ainsi plus pure,
Et la grâce orne encore les biens de la nature.
Tout homme également a part à ce bonheur,
Et nul n’en est exclu par l’arrêt du Seigneur ;
Tous par la liberté que notre âme a dans elle,
Méritent ces grands biens que JÉSUS nous appelle ;
Biens dus à tous les bons, non dus aux malheureux,
Qui s’éloignant de Dieu les rejettent loin d’eux.
Ainsi de cet Ingrat l’altière frénésie
Semait de toutes parts sa damnable hérésie.
1. https://books.google.fr/books?id=AQuuW2o[...]
2. M. Guizot : « l'un des plus heureux essais de poésie philosophique qui aient été tentés dans le sein du christianisme », Histoire de la civilisation en France, p. 163
Dominus illuminatio mea et salus mea ; quem timebo ?
Dominus protector vitæ meæ ; a quo trepidabo ?

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Ode à sainte Agathe (fête : 5 février)

Message non lupar Guillaume C. » dim. 05 févr. 2017, 13:57

Sainte Agathe (5 février)

Martyre à Catane (Sicile), sous l’empereur romain Dèce – 251

Image


O noble sainte Agathe ! Âme privilégiée
Qui gardâtes la foi et la virginité,
Nous vous prions bien fort : pour que vous protégiez
Des chrétiens les vertus, qui font leur dignité.

Vous avez résisté aux avances d’un juge,
Alors que dix ribaudes vous faisaient souffrir.
En Dieu fûtes cachée ; et nul en ce refuge
Ne put de votre fleur la pureté flétrir.

« Je suis, il est bien vrai, d’un illustre lignage,
Mais c’est la foi du Christ qui fait la vraie noblesse.
Je veux à Mon Sauveur rendre un pieux témoignage.
Je suis femme ; l’Esprit aidera ma faiblesse ! »

Quintianus, irrité par ce noble langage,
La livra aux tourments, aux lames, au chevalet
Puis, dans son impuissance à briser son courage,
Fit arracher ses seins par de cruels valets.

De cette chaste bouche ne sort nulle plainte
Si ce n’est de pitié pour Quintanius, amer.
« N’as-tu, cruel tyran, ni piété ni crainte,
Pour mutiler ce que tu suças dans ta mère ? »

Au matin, de nouveau citée à comparaître,
Elle avait recouvré sa santé, ses mamelles.
« L’Apôtre en ma geôle daigna de nuit paraître.
Par Dieu je fus guérie, à Dieu serai fidèle. »

Dans les débris et les charbons, elle est roulée.
Un tremblement de terre alors secoue la ville.
Deux morts dans le palais ! La muraille écroulée !
Que fait le gouverneur face à ce grand péril ?

Ramenée en sa geôle Agathe y expira
Rendant grâces à Dieu de l’avoir gardé pure
« De la prison bientôt mon âme s’en ira
Pour trouver auprès du Christ un asile sûr. »
Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)

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Ode à saint Nicéphore d'Antioche (fête : le 9 février)

Message non lupar Guillaume C. » jeu. 09 févr. 2017, 19:13

Saint Nicéphore d'Antioche (fête : le 9 février)

Martyr à Antioche, sous l'empereur romain Gallien - 260


A cœur embrasé d’une ardente flamme
Pour son bien aimé, l’élu de son âme,
Quand même le poids de fautes passées
Viendrait alourdir le fond des pensées,
Dieu accordera suffisantes grâces
Pour s’humilier devant sa sainte Face,
Et pour consommer héroïquement
L’œuvre de ce Dieu très bon et clément !

C’est ainsi qu’on vit l’heureux Nicéphore
Pour avoir un jour reconnu ses torts
Ravir la palme qu’un cœur rancunier
Avait perdue, faute de pardonner.

Nicéphore avait au prêtre Saprice,
Par légèreté mais non point par vice,
Causé un dommage ; et l’ombrageux clerc,
Ne voulut le voir, pas même aux prières.

Enfin le jour vint – c’était sous Gallien
Où le Gouverneur chargea les chrétiens.
Le pieux Saprice, chargé de lourds liens,
Eut avec le juge cet entretien :

« Comment avez-vous pu, vil ver de terre,
Embrasser des chrétiens la créance ?
Ce sont des chiens, les rebus de la terre :
Suprême injure aux dieux de notre enfance ! »

« Vos dieux ne sont que statues d’airain,
Dit le pieux clerc, et d’un signe de croix
Je puis chasser les démons, le Malin :
Rien ne peut résister à notre Foi. »

« Je te prends au mot ! dit le méchant juge
La peur, à l’heur de la condamnation,
De quitter la vie, ce puissant refuge,
Aura raison de ton obstination. »

Ni les dents de fer, les fouets, les étrilles,
Ne peuvent de Saprice subjuguer
La Foi ; le clerc, qu’un des bourreaux rhabille,
Est mené en geôle, bien fatigué.

On le pousse vers la place publique.
Il s’y rend de lui-même, bravement.
De la foule un homme crie hardiment :
« Père, pardonnez à un pauvre inique !

C’est Nicéphore, qui au nom du Christ
Vous implore. Vous, digne combattant,
Pardonnez-moi, ô valeureux Saprice,
Si je vous offensai, il y a longtemps. »

Saprice, animé d’un sursaut d’orgueil,
Se raidit et perd toute contenance.
O quelle haine se lit dans son œil !
Il se refuse à pardonner l’offense.

Nicéphore, sans se décourager,
Alla l’attendre en une autre ruelle,
Mais dans le cœur du clerc, rien de changé :
Il se refuse à entendre l’appel :

« Martyr de Jésus-Christ, pardonnez-moi !
J’ai par faiblesse péché contre vous.
Ma faute, ô Saprice, remettez-moi !
Je confesse avoir agi comme un fou.

Vous avez par votre confession
Prêché la grandeur du Dieu des armées.
Montrez-Lui maintenant que vous L’aimez
En remettant sa faute à un pécheur.
Notre Dieu comble d’un grand bonheur
Ceux qui comme Lui font rémission. »

Les soldats de la garde l’interpellent :
« Pauvre fou, cet homme que tu appelles
Va mourir, et de quelle utilité
Te sera le fait d’être racheté ? »

« Vous ne comprenez pas, dit Nicéphore,
Cette affaire intéresse un Dieu très fort
Qui distribue volontiers des couronnes
A ceux qui à leurs frères tout pardonnent. »

Arrivé au lieu même du supplice,
Nicéphore répète sa prière :
« Avant de boire du Christ le calice,
Pardonnez-moi donc mes fautes d’hier ! »

Hélas ! Saprice endurci reste sourd
Aux humbles prières qu’un grand amour
Suscite dans le cœur de Nicéphore.
Et voyant proche l’heure de la mort,

Entendant la foule qui à grands cris
Réclame : « Que soit sa tête tranchée ! »
Et le bourreau qui lui dit d’approcher,
Et ne voyant pas son ami qui prie,

Saprice est saisi d’un terrible effroi
Au point qu’il en vient à perdre la Foi.
« Pourquoi, dit-il, ce billot, cette hache ?
Il faut vite que le gouverneur sache
Que je ferai ce qu’il attend de moi.
Je sacrifie, comme le veut le roi. »

Comment Dieu permit une telle chute
D’un si zélé clerc ? C’est que la piété
Se doit dans les œuvres manifester
Et dans un pardon que rien ne rebute.

Si ne pardonnez point à votre frère
Onques n’exaucera Dieu vos prières.
Peut-on lui faire un plus grand sacrifice
Que celui de son orgueil, de ses vices ?

Nicéphore en pleurs à genoux s’est mis
Il supplie Saprice : « Ô très cher ami,
Voyez où l’endurcissement vous mène :
Pour n’avoir voulu ranger votre haine,
Vous perdez le fruit de si grands efforts,
Vous destinant à l’éternelle mort. »

Saprice est bien sourd à l’appel, hélas !
Son cœur pour jamais fermé à la grâce.
Ô chose étonnante ! On voit un pécheur
Faire de Jésus, souverain Seigneur,
Une plus noble et belle confession
Et par là venger l’honneur de Son Nom !

Ses larmes séchées, Nicéphore s’écrie :
« Greffier, maintenant prends la plume, écris :
Saprice a renié Jésus-Christ, son Dieu ;
Nicéphore est prêt à mourir sous peu
L’un s’est livré au diable son maître,
L’autre va dans son propre sang renaître. »

Un des greffiers porte la missive
Au palais du gouverneur de Syrie.
Aussitôt, le décret suivant arrive :
« Qu’on tranche la tête à celui qui rit
De nos dieux, et qui préfère adorer
Jésus Christ, ce roi des Juifs abhorrés. »

Un des bourreaux s’écrie : « C’est Nicéphore ! »
Ce brave aussitôt de la foule sort.
Son sacrifice est si tôt consommé.
Il récolte de ce qu’il a semé
Les fruits : ce sont trois couronnes immortelles
Qu’il portera en la vie éternelle (1).


(1) la couronne de la foi, celle de l'humilité, et celle de la charité.
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Sainte Philomène (fête : le 11 août)

Message non lupar Guillaume C. » jeu. 10 août 2017, 18:56

Sainte Philomène (fête : le 11 août)

Martyre à Rome (Italie), sous l’empereur romain Dioclétien – Fin du IIIe siècle.



Philomène !
Chère petite sainte !
La paix soit avec toi !

Tu nous mènes,
Nous fais franchir l’enceinte
Du Seigneur, Roi des rois !



Soeur Marie Louise de Jésus
Se recueillait en sa cellule
Devant une belle statue.
Voix dans la nuit ! Elle recule.

« Ces suaves paroles,
Qui dans l’obscur résonnent…
Suis-je devenue folle ?
L’heure de ma mort sonne…

- Marie Louise, ce tendre écho
Que tu entends sans ne rien voir
C’est la sainte de Mugnano
Qui te raconte son histoire. »



Et la suave voix poursuit :
« Dieu en la Grèce m’a fait naitre.
Mon père était roi, puissant maître
Mais en son âme : complète nuit !

Tant d’holocaustes aux faux dieux
N’ont pu lui obtenir des cieux
Cet enfant que son cœur désire
De Rome un docteur va venir…

" Votre patience en cette épreuve
Sera par Dieu récompensée.
Vous obtiendrez postérité
Qui ira le Ciel habiter
Si les faux dieux vous délaissez.
À vin nouveau, outre neuve. "

Un an après, ma noble mère
Me mit au monde en son domaine :
" Gloire à Jésus, la vraie lumière !
Elle aura pour nom Philomène. "

Un jour (j’avais treize ans à peine),
Ma famille quitta Athènes
Pour rencontrer Dioclétien
Le bourreau du peuple chrétien !

Ce prince en sa chair animé
D’un vice étrange mais commun
Aux hommes qu’excite Asmodée
Demande à mon père ma main !

Mes géniteurs voulant complaire
Au plus puissant roi de la terre,
Me supplièrent : " Philomène !
Consens donc à ce noble hymen ! "

- J’ai fait à Jésus mon Epoux
Vœu de rester fidèle en tout.
Dieu daigne lui-même élever
Un rempart pour ma pureté ! "

Mes faibles parents me livrèrent
A Dioclétien, à sa colère.
Pour affaiblir ma volonté
Il me fit en prison jeter.

Enchaînée en l’étroite geôle,
Je dus chaque jour soutenir
Les assauts répétés de ce sire.
Dieu ne permit pas un tel viol !

Je fus ainsi trente-sept jours
Tourmentée en la sombre tour.
Puis parut une belle dame :
Marie vint consoler mon âme !

" Mon enfant, ton nom de baptême
Est un signe que Jésus t’aime
Il est ton Epoux, ta Lumière ;
Moi, je suis l’Aurore, et ta Mère !

Il te faudra trois jours souffrir
Pour triompher par ton martyre.
Je te recommande aux bons soins
De Saint Gabriel, mon gardien ! "

Le jour fixé enfin arrive :
" Que de ses habits on la prive ! "
Ma chair est toute lacérée
De fouets aux lanières acérées !

Remise en prison pour mourir,
Deux anges vinrent m’y guérir.
L'empereur en colère enjoint
Aux archers de hâter ma fin.

Vois-tu, Marie-Louise, les flèches
Et l’ancre peintes sur ma tombe ?
Dieu ne voulut que je succombe
Ni à ces traits, ni même aux flots
Où je fus jetée, l’ancre au dos.
Je sortis des eaux toute sèche.

Ravi par de si grands miracles,
Le peuple louait le Tout-puissant
" Gloire à ce Jésus admirable
Qui protège si noble enfant ! "

L'empereur, craignant que le culte
Des faux dieux ne fût mis en doute
Fit trancher, en haut d’une butte
Ma tête, en ce dixième d’août.

Sur mon tombeau, quelqu’un peignit
A côté de l’ancre et du dard
Un lys, figurant ce don rare :
La pureté, de Dieu bénie.
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Dominus vobiscum » dim. 13 août 2017, 20:32

Vive flamme et cantique spirituel de Saint Jean de la Croix.
"l' amour ne se paie que par l amour." St jean de la croix

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » ven. 22 sept. 2017, 12:40

Saint Maurice et ses compagnons (fête : le 22 septembre)

Martyrs à Agaune - Saint-Maurice (Suisse), sous l'empereur romain Maximien - 286



Ils étaient six cent et six mille,
Venus d’une cité du Nil.
Ils étaient pieux, vaillants guerriers,
Prompts à combattre, prêts à prier.

Saint Maurice et ses compagnons,
Pour Jésus, pour Son Très Saint Nom,
Résistèrent à César même,
A ceux servant sous ses emblèmes.
C’est leur plus illustre victoire,
Et c’est là leur plus grande gloire.

César, alors, voulait mater
Une révolte née en Gaule.
Ses légions s’étaient transportées,
Franchissant des Alpes les cols.

En son campement d’Octodure ,
Au pied du massif du Mont-Blanc,
Ce tyran inflexible et dur
Ordonne à ses laquais tremblants :

« Portez aux troupes ce message :
César commande aux centurions
Et à ses hommes de tous âges,
D’offrir aux dieux des libations. »

Les preux soldats d’Egypte alors,
Préférant à l’apostasie la mort,
Prennent du Jura la route,
Et marchant sous le soleil d’août,
Par des sentiers tortueux,
Atteignent le Rhône impétueux.

César, enflammé de colère,
Ordonne à tous ses légionnaires
D’enserrer Maurice et ses hommes
En l’étroit défilé d’Agaune.

Les légats de César enjoignent
Aux Thébains d’obéir aux ordres.
Mais ceux-ci n’en veulent démordre
Et de leur sainte Foi témoignent :

« Nous sommes les soldats de César,
Prêts à nous battre pour l’empire.
Mais ne nous voulons déserter,
Ni remettre, ni rejeter
Le drapeau de Dieu, notre sire,
Pour plier à un ordre barbare. »

Ce noble discours de Maurice
Se répandant dans la région,
César ordonne à la milice :
« Que soit décimée la légion! »

Les noms de six cents légionnaires
Sont tirés au sort pour mourir.
L’enseigne de Maurice, Exupère
Harangue les futurs martyrs :

« Ne résistez point par le fer
Mais par l’amour et la prière.
Jésus, le divin agnel,
Vous aide à mériter le Ciel. »

Des loups furieux alors se portent
Sur les saints soldats désarmés.
Aussi nombreux qu’une cohorte,
Ils sont sans un cri décimés.

La plaine arrosée d’un pur sang,
Le vaillant Maurice, à cheval,
Exhorte en digne général
Ses soldats à former leurs rangs :

« Pieux soldats du Christ, courage !
Montrez à ces loups pleins de rage
Qu’une armée de chrétiens en ordre
Vaut mille romaines cohortes,
Par son esprit de sacrifice,
Sa loyauté, à Dieu, au Fils ! »

César, instruit de ce discours,
Ordonne : « Qu’au lever du jour,
On égorge sur cette plaine
Six cents de la légion thébaine. »

Six cents preux chrétiens, en silence
A nouveau d’un corps sans défense,
Font pieusement l’holocauste.
Leur sang arrose l’herbe haute.

Maximien, trépignant de rage,
Dépêche à Agaune son héraut
Pour le restant de nos héros
Menacer d’un complet carnage.

Maurice, qui bien tard a veillé,
Couvert de sang et de sueur,
Au messager émerveillé,
Dit avec une sainte ardeur :

« Héraut, tu diras à César :
Les soldats de la légion thébaine
Qui ont cent fois versé leur sang
Pour Rome, au nom du Tout-Puissant,
Ne ménageront pas leurs peines,
Dieu leur donne au Ciel victoire. »

Roulent les tambours en la plaine !
Marchent les cohortes de haine !

Elles s’en vont par le pilum
Faucher les vies de ces saints hommes
Pour que, quittant ce corps mortel,
Leurs âmes montent droit au Ciel.

Les trompettes de la mort sonnent.
Un sang pur rougit l’eau du Rhône.

Maurice, uni aux légions d’Anges,
Invoquez le Dieu des armées,
Afin qu’il protège et qu’il venge,
Les catholiques désarmés !

Vous qui à la jeune bergère
Benoîte, sur un mont solitaire
Fîtes entendre votre voix ,
Gardez le Laus et la Savoie !
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Cinci
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » ven. 22 sept. 2017, 14:42

Question d'enfant


- Qu'est-ce que tu fais?
- Je prie
-Ça veut dire quoi prier?
- Pour moi prier c'est lui ouvrir mon coeur
- Pourquoi tu pries?
- Pour lui dire merci
- Merci pourquoi?
- Parce qu'Il m'aime
- Et toi, l'aimes-tu?
- Un peu, j,espère, mais pas assez.
- Alors, pourquoi tu pries?
- Pour lui demander ...
- ... lui demander quoi?
- Qu'Il m'apprenne à l'aimer.

tiré de :
Marie Septembre, Quand Dieu fait l'amour à mon âme. Méditation poétique, 2004, p.77

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » sam. 23 sept. 2017, 15:29

Conjugaison

Tu conjugues le Verbe
Au passé antérieur
Je ne suis qu'un sujet
Qui vit à l'imparfait.

Tu habites le présent
Ma vie est un passif
Tu me donnes un futur
J'y met des conditions.

Mon passé est fort simple
Je n'avais pas le temps
De te donner du temps
Ô toi, Plus-que-parfait.

Je trouvais mille excuses
Mille compositions
Et mon pronominal
Était impératif.

Qu'a-t-il pu se passer
Pour qu'un jour, tout-à-coup
Mon présent s'enrichisse
D'un passé composé?

Qu'est-il donc advenu
Que l'être de ton participe
Soit soudain devenu
Tout mon impératif?

Tu oublies mon passé
Et, plein de miséricorde
Tu m'offre un radical
Qui fait que l'on s'accorde.

De tous mes singuliers
Tu fais des pluriels
Et mes terminaisons
Ne sont plus personnelles.

Mon état a changé
Il s'est fait un actif
Pour annoncer ton mode
Qui nous fait la promesse

De ton infini ...tif.


- Marie Septembre, 15 septembre 2003

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » sam. 23 sept. 2017, 21:59

Saint Gérard Sagredo (fête : le 24 septembre)

Martyr à Pest - 1046



De la sainte Vierge Marie, reine des anges,
Quel chrétien dignement chantera les louanges ?
Dans le peuple de Dieu, les vrais dévots sont rares.
Au Ciel tous la chérissent, et parmi eux Gérard.

Saint Gérard fut comme la Vierge immaculée
Tout rempli de grâces et de vertus immenses.
Il prit l’habit de religion dès son enfance,
Ne voulant devant nul sacrifice reculer.

Par amour pour Jésus, il fit un jour le vœu
D’aller en pèlerin démuni visiter
La terre où le Fils daigna se manifester.
En chemin, une voix lui dit : "Là, je te veux".

Gérard était alors arrivé dans les terres
Du saint roi Etienne, qui régnait en Hongrie.
Le roi fut édifié de la vie si austère
Menée dans un désert par l’ascète amaigri.

Il voulut qu’à son fils Émeric, le saint moine
Enseignât l’Evangile et les vertus idoines.
La maison de Hongrie est bénie d’un tel choix :
En odeur de sainteté meurt le fils du roi .

Le roi éleva au rang d’évêque Gérard
Pour prêcher aux païens non loin de Temesvar.
On vit lors la nation idolâtre jadis
Vénérer la Sainte Vierge, adorer son Fils.

Gérard toujours louait, dans ses prédications,
Les gloires de Marie, qu’il nommait "Notre-Dame".
Il l’aima d’autant plus dans les tribulations
Qu’il eut à subir quand Etienne eut rendu l’âme.

Hélas ! Etienne eut de bien tristes successeurs !
Après Pierre on élut Aba, cruel seigneur.
La Hongrie dévastée par mille mercenaires
Est en proie à des fléaux tels ceux de l'enfer !

Aba vint à Chonad de Gérard requérir
Qu'il posât sur son chef le diadème des rois :
"Il n'est pas grand seigneur, c'est un oiseau de proie,
Dit Gérard, ses forfaits offensent Notre Sire !"

D'indignes prélats l'imposteur couronnèrent
Puis tous vers la maison du saint se dirigèrent
Mille artifices furent par eux employés;
Aucun d'eux néanmoins ne put le faire ployer.

"Aba, méchant seigneur, le sang par vous versé
Crie vengeance vers Dieu et Lui dit "C''est assez !"
Vous serez tôt frappé par une mort soudaine
Si ne vous repentez en cette quarantaine.

Hélas! Combien l'orgueil aveugle l'ambitieux !
Oui, vous serez devant le tribunal de Dieu
Dans trois ans convoqué. Mais quels malheurs encore
Frapperont la Hongrie, et ce jusqu'à ma mort !"

C'est l'Esprit du Seigneur qui l'avait inspiré
En moins de mille jours on vit le peuple armé
Déposer le tyran, et Pierre acclamer,
Et Aba sous la main du bourreau expirer.

Versatile est ce peuple : il veut la liberté,
Mais c'est pour embrasser de honteuses passions !
Il voudrait un roi qui donne la permission
D'adorer les idoles: "Elisons Léventé !"

Léventé avec André et Béla, ses frères
Souscrit au pacte honteux que lui présentèrent
Des gens sans foi ni loi, plus soucieux de plaisir
Et qui ne craignaient pas de Notre Seigneur l'ire.

Occire les chrétiens, abattre leurs églises,
Sacrifier aux démons, n'en faire qu'à sa guise :
Tel était le programme qui leur fut un soir
Présenté par Vatha, idolâtre notoire.

Dans la noble cité d'Albe sont retranchés
Les fidèles du roi, de la loi, de la Foi.
Leur moral est atteint, est tout près de flancher
Seuls Gérard et les siens portent sans peur la croix.

Ils étaient trois évêques qui sans peur suivirent
Gérard quand ce dernier voulut à Dieu s'offrir
Ils s'appelaient Buldi, Benetha et Byskrik
Leur projet: combattre pour un Roi pacifique.

De nuit embarqués en une frèle nacelle
Ils allaient affronter, seuls, la horde cruelle,
Laquelle, à Pest, sous les ordres de Léventé,
Commettait les plus odieuses atrocités.

Gérard voulut à Giod fortifier leur courage
En célébrant avec eux le saint sacrifice :
"Enfants de Jésus-Christ, soyez de digne fils !
Et rendez à Marie le plus grand des hommages !

Nous serons aujourd'hui offerts en libation :
Soyons de vraies victimes de propitiation.
Mes enfants! Des poignards de l'infâme Vatha,
Un seul survivra : et ce sera Benetha."

Il advint tout ce que Gérard avait prédit.
La sainte procession, sous une pluie de pierres
S'avance vers ces impies, récitant des prières :
"Seigneur, pardonnez-leur ! Qu'ils ne soient point maudits !"

Les cailloux qu'on lançait contre le saint prélat
Paraissaient ne lui causer aucune offense.
Enfin Vatha vint le percer d'un coup de lance :
C'est en louant Marie que Gérard expira.

Le duc André, venu avec toute sa troupe,
Mit un terme aux actions de la sinistre horde
Délivra Benetha de la pression du groupe,
Et rétablit dans le pays la Foi et l'ordre.

Pour avoir gardé ferme la Foi durant l'émeute,
Votre nom, Gérard, est l'objet d'un culte ancien.
Votre mérite est grand d'avoir fait de la meute
Des enfants d'Attila un grand peuple chrétien.

Avec l'aide de Dieu, sous votre patronage,
Nous voulons comme vous rendre un digne hommage
A Marie Notre Dame, et pour le christianisme,
Briser net les assauts d'un nouveau paganisme !
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » jeu. 19 oct. 2017, 8:31

Saints Isaac Jogues, René Goupil, Jean de La Lande (fête: le 19 Octobre)

Martyrs à Ossernenon (aujourd’hui Auriesville, Etat de New York), 1642-1646



Ils sont venus d’Anjou, de Dieppe, d’Orléans
Pour planter la Croix sur un nouveau continent.
Ni la houleuse mer, ni les rudes hivers,
Ne les firent ployer, ni ne les dissuadèrent
D’accomplir leur mission en terre d’Amérique
Et de verser leur sang au nom du Fils unique.

Le Père Isaac Jogues, avec vingt Hurons,
Voyageait en canot tout près de Trois-Rivières.
Hélas ! Un groupe d’Iroquois les capturèrent.
Le brave Jésuite, fidèle à sa mission,
Refusa de suivre les fuyards dans les bois :
Avec René Goupil, il embrassa la croix.

Tels des chiens enragés, les Iroquois se ruent
Sur les deux prisonniers, et puis à pleines dents
Leur arrachent ongles et doigts cruellement,
Les battent et les jettent sur la terre nue.

Tous deux sont réduits en un cruel esclavage,
Sans que leur zèle ne s’en trouve diminué,
Soignant et baptisant ennemis et sauvages,
Ne craignant point d’être frappés et conspués.

Un jour qu’en l’honneur de la Vierge, pieusement,
Il disait son chapelet en une cabane,
René vit un enfant y entrer prestement.
Dans un grand zèle et amour pour cette jeune âme,
Il lui fit un grand signe de croix sur le corps.
C’était trop pour les sauvages voués aux idoles :
Saisissant une hache, ils l’envoient à la mort.
Le saint nom de Jésus aux lèvres, il s’immole.

Le Père Isaac Jogues un jour échappa
A la vigilance de ses sauvages gardiens.
Sur un navire hollandais il s’embarqua
Et s’en alla en France retrouver les siens.
Très édifié par le récit de ses prouesses,
Le pape lui permit de célébrer la messe.

Le Père cependant n’aspirait à rien d’autre
Qu’à connaître en ce monde le sort d’un apôtre.
Il repartit bientôt pour le pays des croix,
Décidé à prêcher l’Evangile et la Foi.

A peine deux ans après son retour, le saint
Fut chargé de négocier avec les sauvages
Une paix mettant fin aux inhumains ravages
Exercés au Nord par ces hordes de païens.
Avec l’oblat Jean de la Lande, il repartit
Prêt à donner sa vie au nom de Jésus Christ.
Les Iroquois, affaiblis par une disette,
Accablèrent le Père Jogues et l’accusèrent :
« Ce chien a par ses sorts provoqué la colère
Des dieux. Il mérite qu’on lui fende la tête ! »

Ils l’emmènent au village d’Ossernenon
Avec Jean de la Lande, son dernier fidèle.
Ces barbares usent en vain couteaux et bâtons.
De ses nombreuses plaies, le sang à flots ruisselle.
Enfin, n’ayant pu lui faire renier la foi, un Mohawk
Fendit sa noble tête par un tomahawk.

Jean de la Lande subit les plus lourds supplices.
Pour la cause de Dieu, il s’offre en sacrifice
Et meurt en vrai héros. Aujourd’hui, ce laïc
Est un modèle pour les jeunes d’Amérique.
Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar papillon » ven. 20 oct. 2017, 2:11

Joli poème chrétien, Guillaume, qui me rappelle l'enseignement des bonnes soeurs de mon enfance.

Toutefois, sans vouloir enlever quoi que ce soit aux bonnes intentions de ces bons pères venus d'Anjou, de Dieppe et d'Orléans, j'éprouve un malaise certain à la lecture d'un poème de ce genre, compte tenu de la maltraitance inouie dont ont été victimes ces "vilains sauvages" aux mains des différentes Eglises chrétiennes pendant les siècles qui ont suivi.
C'est vrai que, dit-on, l'enfer est pavé de bonnes intentions...

À lire dans son entièreté :

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/400 ... utochtones

http://blogue.onf.ca/blogue/2013/03/21/ ... nsionnats/
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » sam. 21 oct. 2017, 11:39

Ursule et ses compagnes (fête : le 21 octobre)

Martyres à Cologne (Allemagne), sous les troupes d'Attila, roi des Huns – 451



Une troupe de vierges a ravi l’Allemagne
C’est la phalange d’Ursule et de ses compagnes
Elles rehaussent du sexe dévot l’honneur.
Pour celles qui les imitent, éternel bonheur !

Ursule était fille du roi de Cornouailles
Sa beauté, sa douceur, sa piété sans faille,
Etaient connus, chantés dans toute l’Angleterre
Une ambassade un jour arriva par la mer.

Ce sont les envoyés d’un général romain
Qui d’Ursule désirait obtenir la main.
Voulant fonder une colonie en Bretagne,
Il requiert qu’à Ursule d’autres femmes se joignent.

Ursule était pourtant lors déjà engagée
Ayant le doux Jésus choisi pour fiancé.
Ne pouvant balancer, elle put obtenir
Qu’on lui laissât du moins ses compagnes choisir.

Le bateau met les voiles et vogue sur la Manche
Mais un vent le déroute ; aux bouches de la Canche
Il accoste. De là, un ange guide Ursule
Et ses compagnes, qu’une noble foi stimule.

Les voici à Cologne, et l’ange dit aux vierges :
« Dieu veut que vous fondiez ici, auprès des berges,
Un ordre de moniales, prêtes à sceller
Dans le sang leur alliance avec Dieu révélé.

Avant, il vous faut le Saint-Père requérir
Pour qu’il daigne lui-même cette œuvre bénir. »
Et ces femmes à pied s’en vinrent jusqu’à Rome
Présenter leurs hommages au vicaire du Dieu-Homme.

Ayant reçu du pape la bénédiction,
Depuis Bâle elles vont en une embarcation
Pour remonter le Rhin impétueux et puissant
Prêtes à faire à Dieu l’offrande de leur sang.

La cousine d’Ursule, la fougueuse Aurélie,
A Strasbourg expirait de longue maladie.
Elle fit à Dieu de ses douleurs offrande,
Pour qu’à ses sœurs il en épargnât de plus grandes.

La nacelle aborde de Cologne le port
Au moment où les Huns en assiègent le fort.
Oui, Dieu a suscité cette barbare horde,
Pour les pécheurs, afin qu’ils crient : « Miséricorde ! »

La légion virginale, assemblée près du mât,
Rejette des barbares les offres indécentes ;
Le cantique que ces femmes pieusement chantent,
Fait reculer les Huns ; mieux, il les désarma.

Attila, craignant que ce chœur de onze vierges,
N’inflige à son armée une prompte déroute
Ordonne à ses archers postés sur l’autre berge,
De tirer sur l’esquif, du mat jusqu’à la soute.

Et ces loups assoiffés du sang de nos martyres
Ont lancé leurs dards acérés sur le navire.
Un sang clair s’est mêlé aux eaux troubles du Rhin :
Les nobles vierges ont rejoint leur Souverain !

L’histoire d’Ursule a des siècles reçu créance.
Et plus tard sainte Angèle, par pieuse révérence,
Mit sous son patronage la noble compagnie
Qui sous Marie Guyart le Québec atteignit.
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Milla » lun. 23 oct. 2017, 18:03

Mon Dieu qui dormez faible entre mes bras,
Mon enfant tout chaud sur mon cœur qui bat,
J'adore en mes mains et berce étonnée,
La merveille, ô Dieu, que m'avez donnée.

De fils, ô mon Dieu, je n'en avais pas.
Vierge que je suis, en cet humble état,
Quelle joie en fleur de moi serait née ?
Mais vous, Tout-Puissant, me l'avez donnée.

Que rendrais-je à vous, moi sur qui tomba
Votre grâce ? ô Dieu, je souris tout bas
Car j'avais aussi, petite et bornée,
J'avais une grâce et vous l'ai donnée.

De bouche, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour parler aux gens perdus d'ici-bas
Ta bouche de lait vers mon sein tournée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De main, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las
Ta main, bouton clos, rose encore gênée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De chair, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour rompre avec eux le pain du repas
Ta chair au printemps de moi façonnée,
O mon fils, c'est moi qui te l'ai donnée.

De mort, ô mon Dieu, vous n'en aviez pas
Pour sauver le monde Ô douleur ! là-bas,
Ta mort d'homme, un soir, noir, abandonnée,
Mon petit, c'est moi qui te l'ai donnée.

Berceuse de la Mère-Dieu, Marie Noël
Mais il n'avait rien éprouvé, rien du tout ; c'était comme déambuler dans un nouveau magasin, où son argent n'avait pas cours, où son coeur était resté froid, même quand il avait touché le bois, le plâtre et l'argile.

Cinci
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » mar. 24 oct. 2017, 5:14

De toute beauté, ce poème! Merci, Milla.

:)

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Milla » mar. 24 oct. 2017, 18:07

Elle, Max Jacob et Francis Jammes forment mon trio "poètes chrétiens du 20e siècle". :)

Un poème de Francis Jammes chanté par Brassens :

Mais il n'avait rien éprouvé, rien du tout ; c'était comme déambuler dans un nouveau magasin, où son argent n'avait pas cours, où son coeur était resté froid, même quand il avait touché le bois, le plâtre et l'argile.


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