Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

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Cinci
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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » mar. 24 oct. 2017, 5:14

De toute beauté, ce poème! Merci, Milla.

:)

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » mar. 24 oct. 2017, 18:17

Francis Jammes, il n'y a rien à redire. C'est du bon! Mais je ne connais pas le travail de Max Jacob.

:francais:
Dernière édition par Cinci le jeu. 26 oct. 2017, 2:09, édité 1 fois.

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Re: Vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » jeu. 26 oct. 2017, 2:07

Ballade pour prier Notre Dame
François Villon

Dame du ciel, régente terrienne
Emperière des infernaux palus
Recevez-moi, votre humble chrétienne
Que comprise sois entre vos élus
Le biens de vous, Ma Dame et Ma Maîtresse
Sont trop plus grands que ne suis pécheresse
Sans lequels, biens âme ne peut mérir
N'avoir les cieux , Je n'en suis jongleresse
En cette foi je veux vivre et mourir.

A votre Fiis, dites que je suis sienne
De lui soyent mes péchés abolus
Pardonnez-moi comme à l'Egyptienne,
Ou comme il fait au clerc Theophilus,
Lequel par vous fut quitte et absolu
Combien qu'il eut au diable fait promesse.
Préservez-moi de faire jamais ce,
Vierge portant, sans rompre encourir,
Le sacrement qu'on célèbre à la messe
En cette foi, je veux vivre et mourir.

Femme, je suis pauvrette et ancienne,
Qui rien ne sait; oncques lettres ne lus.
Au moustier vois dont je suis paroissienne
Paradis peint, où sont harpes et luths,
Et un enfer où damnés sont boullus;
L'un me fait peur, l'autre joie et liesse,
La joie avoir me fais, haute Déesse,
A qui pécheurs doivent tous recourir
Comblés de foi, sans feinte ni paresse :
en cette foi, je veux vivre et mourir.

Vous portâtes, digne Vierge, princesse,
Jésus régnant, qui n'a ni fin ni cesse,
Le tout puissant, prenant notre faiblesse,
Laissa les cieux. et nous vint secourir,
Offrit à mort sa très chère jeunesse;
Notre Seigneur tel est, tel je confesse :
En cette foi, je veux vivre et mourir.

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Guillaume C.
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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » lun. 04 déc. 2017, 20:00

Sainte Barbe (4 décembre)

Martyre à Nicomédie sous l’empereur romain Sévère Alexandre – 235


Dans le chœur des fiancées du Grand Roi,
Une Vierge sage s’est distinguée.
C’est Barbe ! Qui épousa la croix
Et de sa lumière fut irriguée.

Elle gagna une couronne de roses
Qu’elle montra à Benoîte, du Laus.
Mais laissons cette martyre glorieuse
Nous raconter sa lutte victorieuse :

« Née en Bithynie, de Maître Dioscore,
Riche, illustre, mais un démon au corps,
J’étais louée pour ma vive beauté.
Mon père, craignant les assiduités
De certains visiteurs, me fit mener
A l’écart, dans un palais éloigné.

Dans cette prison dorée, je pouvais
Etudier la sagesse des Anciens.
Et mon esprit peu à peu s’élevait,
Voulant connaître le Souverain Bien.

Je connus la philosophie chrétienne
En un livre où il était fait mention
« Du Christ et de la secte d’Origène ».
Et j’appris l’injuste crucifixion
De Jésus Christ, qui pour vaincre la haine,
Daigna expirer entre deux larrons.

Et je pensai alors : « Mon Dieu, mon Roi,
C’est Jésus, ce Juif pendu sur la croix ! »

Je fis alors dépêcher un message
Au philosophe Origène, ce sage,
Lui disant ma volonté d’être instruite
Des saints enseignements de Jésus Christ.

Ce docteur envoya Valentinien
M’éclairer sur les mystères chrétiens.
Par l’eau jaillie par miracle d’un vase
Je reçus le saint baptême et la grâce.

Mon père, retenu par l’empereur,
Passa me voir ; pour mon plus grand malheur,
Il voulait m’engager dans un mariage
Avec quelque garçon de haut lignage.

Je fus troublée, presque pusillanime.
Mais l’Esprit-Saint mon courage ranime:
« Je ne ferai jamais cette douleur
A Jésus, l’Epoux que chérit mon cœur. »

Mon père alors, au seul nom de « Jésus »,
Fut frappé comme d’un coup de massue.
Il vit alors les idoles en morceau,
La croix gravée en place de son sceau.

Mû par une rage froide, Dioscore
M’enjoignit d’expliquer mon attitude :
« Adoreriez-vous Jésus, ce Juif mort ?
Est-ce là tout le fruit de vos études ? »

Malgré la peur, mon âme s’élevait
Au Seigneur Jésus. Et je retrouvai
Grâce à Dieu un puissant courage
Pour affronter de mon père la rage.

« Père, je suis chrétienne pour jamais.
Vos dieux étaient des hommes qui dormaient.
Mon Dieu est Tout-Puissant et immortel,
Il me prépare une gloire éternelle. »

Tout était dit ; mon père, ce faux sage,
Est confondu, montre son vrai visage :
Longtemps l’esprit de Bélial l’a conduit,
Au désespoir il est céans réduit.

« Tu n’es plus ma fille ! Je te renie ! »
Rugit Dioscore, et le glaive à la main,
Il me veut tuer - dessein inhumain !
Pour avoir dit « oui » à ce Dieu honni.

Ne voulant que mon père se rendît
Coupable d’un tel crime, je m’enfuis.
A ma prière, un rocher se fendit,
Pour me livrer passage dans la nuit.

Un vent vif me porte au sommet du mont.
Mais mon furieux père, en proie au démon,
Méprisant de Dieu les évidents signes,
Hardi grimpeur, escalade la cime.

De mon refuge je suis arrachée ;
Il me traîne par les cheveux, me bat.
Mon ange gardien sur moi s’est penché
Il m’assure, et du soutien de Dieu,
Et de celui des saints qui sont aux cieux,
Pour me préparer aux futurs combats.

Un père dénaturé m’abandonne
Au pouvoir d’un juge inique, Marcien :
« Toute entière ma fille s’adonne
Au Christ et à sa religion de chiens.
Cette insolente, à son père rebelle,
A outragé la déesse Cybèle ! »

Par la douceur et les cajoleries,
Marcien veut changer mes sentiments.
Il obtient, pour seul résultat, ce cri :
« Jamais, pour des délices d’un moment,
Jamais je ne trahirai mon amant,
Jamais je ne renierai Jésus Christ ! »

A ces mots, le gouver¬neur irrité
Expose à de terribles cruautés
Mon corps virginal ; le méchant ordonne :
« Que trente-neuf coups de fouet on lui donne ! »

Dans les tourments, mon âme était ravie
Sachant la gloire qui m’attend aux cieux.
Un flambeau dans la nuit : voilà mon Dieu !
Qui apparaît pour me redonner vie.

Marcien, surpris de cette guérison,
L’attribue au pouvoir de ses démons.
« Non, lui dis-je, vos dieux sont sans force.
Simples figures tirées de l’écorce ! »

Une noble dame nommée Julienne,
Voyant mon zèle en les tourments les pires,
Déclara lors tenir la foi chrétienne
Et fut ma compagne dans mon martyre.

Mon barbare bourreau ordonne alors
Qu’on arrache de mon corps les mamelles :
« Qu’en cet état on traîne la pucelle !
Qu’on la promène nue jusqu’au port ! »

Cette dernière atteinte à ma pudeur
Me causa une plus vive douleur
Que n’avaient fait les tenailles de fer.
Mais cet assaut des princes de l’enfer

Echoua, car aussitôt par bonheur
Un halo de lumière m’environne
Il éblouit de nombreuses personnes
Et il éveille la foi dans les cœurs.

Marcien, rempli de rage frénétique,
Et craignant que la foule empathique
Ne se détache du culte des dieux
Ordonne : « qu’on l’extraie de ces bas lieux !
Qu’elle soit mise à mort sur la montagne !
Qu’on tranche la tête à sa compagne ! »

Ayant entendu ces dernières paroles,
Dioscore, animé d’un violent soubresaut,
Demande à être mon dernier bourreau.
Marcien agrée cette requête folle.

Avant de recevoir le fatal coup,
Je prie le Seigneur Jésus, mon Epoux,
Pour tous ceux qui feront de moi mémoire :
« Que tous ils accèdent à Votre gloire ! »

Et voici mes derniers mots sur la terre :
« Seigneur, je remets mon âme en vos mains »,
Alors que d’un coup de hache, mon père,
Exécutait son macabre dessein.

A son retour, l’infâme Dioscore
Était frappé d’une funeste mort :
Dans un ciel sans nuage, un éclair
Tue promptement ce dénaturé père. »

Sainte Barbe, vierge chérie du Ciel,
Invoquée contre une funeste mort,
Préservez-nous de la fin de Dioscore !
Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)

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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » dim. 10 déc. 2017, 16:53

Sainte Eulalie (10 décembre)

Martyre à Merida (Espagne), sous l’empereur romain Dioclétien – 304


Longue vie à l‘Espagne où tant de sages vierges
Pour l'amour de l‘Epoux ont allumé leur cierge !
Sous Dioclès, certaines ont donné leur vie :
Merida vit mourir la très sainte Eulalie.

De sang noble, elle voulut un seul titre porter :
Celui du don à Dieu, dans la virginité.
Elle n‘avait que douze ans quand parut une loi,
enjoignant aux chrétiens d'abjurer la vraie Foi.

Sa mère qui voulait l’éloigner de ces maux
La mit sous bonne garde en un lointain hameau.
Enflammée par l'Esprit à chercher le martyre
Et aidée par Julie, Eulalie put s’enfuir.

Marchant toute la nuit, à l‘aube elles arrivent
les pieds ensanglantés, mais leur Foi toujours vive.
Eulalie hardiment alla se présenter
Au préfet, le blâmant pour son impiété.

« J'ai déjà bien vécu, malgré mon tout jeune âge,
Sur cette terre où l’âme vit en esclavage.
Mon coeur pour son Epoux est tout prêt de brûler.
Menaces et tourments ne peuvent m‘ébranler. »

Les fouets, l'huile, la chaux, le plomb fondu, les torches
N’ont pu faire céder cette enfant qu‘on écorche.
Sa virginale chair est toute déchirée ;
Elle veut par amour ce supplice endurer.

Traînée par les cheveux, on la mène au bûcher.
Sa parole inspirée fait alors trébucher
Le préfet : « Contemplez, lui dit-elle, ma face,
et après ça songez si Dieu vous fera grâce. »

Sa bouche ouverte défie la flamme montante :
Son désir satisfait, elle meurt contente.
Voyez cette colombe envolée vers le ciel !
C’est l’âme d’Eulalie : gloire au Dieu éternel !

Son corps immaculé fut recouvert de neige
comme marque d’honneur à l‘immortelle vierge.
Ainsi, les chrétiens purent l'ensevelir :
Allons à Oviedo méditer son martyre !
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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cinci » sam. 06 janv. 2018, 15:30

J'avais marché neuf années
ayant aperçu une contrée, sous un soleil splendide
habillé d'un ciel translucide
comme un voile diffusant son éclat
cette contrée que nul ne peut nommer

Je marchai franc est sur une longue distance
sachant qu'il y a ce lieu atteignable
bien qu'éloigné
Où ma soif serait étanchée.

Au fil des années
la végétation ne cessait de diminuer
ce qui ne m'avait pas trop inquiété ...
Le pays que je cherche vaut bien quelque attente

Et voilà que graduellement le pays se changea en désert

[...]

Je vous parle maintenant de ce qui est arrivé.
Aucun secours n'est apparu ...
Aucune oasis non plus
Mais la sécheresse a activé ma foi.
Pour chercher la source,
un sens secret s'est éveillé.

La sentant autour,
je tendais la main,
mais toujours ne la trouvais point.

Et c'est alors seulement habité déjà par la mort
que je vis quelques reflets
comme un soleil se mirant délicatement
sur une eau tranquille
J'abaissai mon regard
C'était là sous mes yeux ...
Sous la transparence de mon propre corps ...
Une source en moi.

Il m'a fallu un temps pour m'habituer.
L'eau ne tarit pas.
J'ai pensé créer une oasis avec cette eau,
mais une voix aux creux de la source m'a dit :
"Tu dois garder ta marche et ne pas oublier
le pays qui t'a appelé."

Mais alors cette eau est-elle seulement pour moi ?
"Non, tu vois tous ces grains de sable ?
Aussi nombreux soient-ils, verse sur eux et sois généreux
mais n'arrête pas ta marche."

Chaque pas est un adieu.
Sur ce chemin, je ne passerai pas deux fois.
Chaque goutte donnée est unique.
Je la donnerai avec joie.

Désert aimé.
Brûle aussi mes pieds.
Par cette brûlure,
que je sache porter la fraîcheur des eaux.

Et comme le soleil dépassait le zénith, je pensais :
Voilà, les mirages sont tombés, j'ai trouvé ma voie.
Et la voix des eaux ne répétait :
"Tu n'y passeras pas deux fois.
Chaque moment est unique,
et unique aussi la vraie patrie des hommes."

frère François-Marie

In memoriam

27 décembre 1958/ 8 janvier 2012

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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Cepora » mar. 20 févr. 2018, 17:09

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Re: Poésie, vos poèmes chrétiens préférés

Message non lupar Guillaume C. » dim. 03 juin 2018, 19:12

Les bienheureux martyrs de l'Ouganda (fête : le 3 juin)

Martyr sous le roi Mwanga II - 1886

Ils ont vaincu, les martyrs noirs de l’Ouganda !
Ils ont ravi la glorieuse couronne !
Ils étaient vingt pages du roi Mwanga.
Leur Foi et leur vaillance nous étonnent.

Le premier d’entre eux, Joseph Moukassa,
Avait dénoncé l’immoralité
Du roi, de sa cour et de ses sorciers.
Sur un bûcher ardent il trépassa.

Cependant, enflammés de charité,
Les chrétiens sans peur se réunissaient.
Onze pages à la vie du Christ naissaient.
Tous formaient une joyeuse cité.

Au seuil de la chambre du roi Mwanga,
Enseignés par le page Charles Lwanga,
La multitude des catéchumènes
Admirait Jésus instituant la Cène.

Le félon ministre du pauvre roi
Dénonça ceux qui avaient la vraie Foi :
« Des rebelles, prêts à vous détrôner,
A vous réduire, à vous découronner. »

Le prince passant un jour en revue
Les pages, du regard les fusilla.
Tout furieux, ce despote s’écria :
« Sectateurs de Jésus, hors de ma vue ! »

Ce fut une grande déconvenue
Pour le roi, de voir que sur dix-huit pages
Plus de quinze, encore à la fleur de l’âge,
Attendaient de Jésus-Christ la venue.

Il y avait Denis, le néophyte.
Il connaissait des chrétiens tous les rites.
Le roi Mwanga, si transporté de rage,
Egorgea avec sa lance le page.

Il y avait Honorat, le majordome.
Il s’avance vers le roi et se nomme :
« Je suis chrétien » dit-il hardiment.
On le fait mutiler atrocement.

Il y avait Jacques Buzabaliawo
Vaillant soldat, mais surtout très dévot.
« Ce chien voulut jadis me convertir !
Dit Mwanga. Qu’on le fasse donc périr ! »
« Adieu ! dit Jacques sans s’émouvoir.
Au Jugement nous allons nous revoir. »

Il y avait aussi Pontien Ngondwe
Qui priait, les yeux vers le Ciel levés.
Lui aussi fut amené en prison
Pour être ensuite égorgé sans raison.

« Qu’on lie ces insolents avec des cordes !
Et qu’à Namugongo on les conduise! »
Tous sont remplis d’une joie qui déborde,
D’une foi ardente que rien n’épuise.

La marche commence dans la savane.
Les bourreaux et les sorciers se pavanent.
Les martyrs avancent d’un joyeux pas
Se bousculant vers leur propre trépas.

A jeûn, le cou serré dans une cangue,
Les saints, dont la soif dessèche la langue,
Prient et chantent le jour comme la nuit :
Bientôt leur zèle portera son fruit.

Soudain, un enfant vers la foule accourt.
« C’est Mbaga ! » : le fils du chef des bourreaux
Il vient partager le sort des héros.
Son père, à tout sentiment humain sourd,
L’emmena à l’écart près d’un taillis
Et d’un coup de massue net l’abattit.

Enveloppés dans des claies de roseaux,
Leurs corps livrés aux flammes du bûcher,
Et Charles a la force de lâcher :
« Tu me brûles, mais c’est comme de l’eau ! »

Plus haut que le crépitement des flammes,
Que les bruits des sorciers et du tamtam,
S’élèvent les prières des pieux Noirs,
Disant un « Notre Père » plein d’espoir.

Dans le brasier fumant leur voix s’est tue.
On ne voit que les restes des corps nus.
Mais au Ciel les trompettes retentissent :
La Vierge les couronne avec son Fils.
Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)

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Saint Guy ou Vite et ses compagnons (fête : le 15 juin)

Message non lupar Guillaume C. » ven. 15 juin 2018, 16:31

Saint Guy ou Vite et ses compagnons (fête : le 15 juin)

Martyrs à Rome (Italie), sous l’empereur romain Dioclétien – 303

Bienheureux qui a pu dès sa plus tendre enfance
Du lait de la sainte doctrine être sevré !
Bienheureux qui a pu dès son jeune âge œuvrer
A la gloire de Dieu, conservant l’innocence !

A un saint de Sicile il revient le mérite
D’avoir dès ses douze ans souffert pour la vraie foi
Contre la volonté, et d‘un père, et d‘un roi ;
Honneurs à cet enfant, gloire soit à Saint Vite !

Vite naquit d’un père aux idoles voué
Qui fit sans le savoir la volonté de Dieu
En le confiant aux soins de deux chrétiens dévoués
Saints Modeste et Crescence, éclairés, droits et pieux.

L’enfant fut tôt instruit par son saint précepteur
Des mystères divins ; il voulut de bonne heure
Être plongé dans l’eau de la sacrée fontaine :
A l'insu de son père il reçut le baptême.

Rapidement on vit l’Esprit saint opérer
En ce vertueux enfant de prodigieux effets :
Des fous furent par lui du démon délivrés.
Chacun put lors de Vite louer les hauts faits.

Un suppôt de Satan du nom de Valérien
Fut comme gouverneur choisi par Dioclétien
Pour se faire en Sicile bourreau des chrétiens,
Opprimer leur Eglise et la réduire à rien !

Valérien, informé des charismes de Vite
Manda auprès de lui Maître Hylas, son père :
„Ton fils est un athée ; daigne t’employer, vite !
A le faire sacrifier ; en dépend ta carrière.“

Hylas, trop attaché à de vaines richesses,
S’employa à gagner à ses tristes raisons
Son fils ; ses baisers, ses larmes et ses bassesses
Ne peuvent de l’enfant changer les convictions.

„Le Dieu que nous louons est un roi crucifié
Et nous nous faisons gloire d’imiter sa vie.
Père, Il vous recevrait en Ses sacrés parvis
Si en Son grand amour vous daigniez vous confier.“

La parole de Dieu ne peut germer, hélas !
Dans le cœur aveuglé et endurci d’Hylas.
Ce père indigne livra Vite au gouverneur
Qui croyait de l’enfant triompher par la peur.

„Enfant ! seras-tu donc longtemps si effronté
Pour ensemble ton roi et ton père affronter ?
- Dieu, qui est mon seigneur et mon père du Ciel,
M’offrira en retour récompense éternelle.“

Ne pouvant se tenir, le préfet ordonna
Que des coups de bâton et de fouet l’on donnât
A Vite dont le corps ne fut plus qu’une plaie.
Mais Dieu protège Ses enfants comme il Lui plait.

La main de Valérien, et les bras des bourreaux,
soudain perdent leur force et sont tout desséchés.
„Ce n’est pas par magie, mais c’est pour vos péchés
Que vous devez, dit Vite, endurer tous ces maux.

Le Christ notre Seigneur est le vrai médecin :
Restituer la santé aux pécheurs endurcis
Est son plus grand désir – il brûle dans son sein
Au nom de Jésus Christ, préfet, soyez guéri !“

La prière de Vite est si tôt exaucée ;
Mais le méchant préfet, trop heureux de tenir
Sous sa main cet enfant du Ciel favorisé,
Le renvoie à son père, aux fins de l’avilir.

Plongé bien malgré lui dans mille vains délices,
Vite jour et nuit baignait son lit de larmes.
Sa chambre un soir s'emplit de lumière et de lys ;
Les serviteurs d’Hylas vinrent donner l’alarme.

Près du saint se tenaient douze splendides anges.
Hylas, à peine entré, fut par l’un d’eux frappé :
Ses yeux sont aveuglés ; Dieu l’a voulu châtier.
Vite lui rend la vue, sans que son coeur ne change.

Misérable celui qui par l‘esprit de lucre
Est mu, car aux appels de Dieu il reste sourd !
Voué à la haine de son père par nature,
Notre saint doit quitter ce sinistre vautour.

Saints Modeste et Crescence, inspirés par un ange,
Prirent Vite et l’emmenèrent en Italie.
Au bord du Silaro , ils se sont établis ;
Un aigle y apporte du pain, afin qu’ils mangent.

Au fil des guérisons par nos saints opérées,
Leur renommée grandit, s’étendant jusqu‘à Rome
Dioclétien voulut qu’on amenât le jeune homme
Afin qu’il pût son fils d‘un démon libérer.

L'enfant imposa ses mains sur le possédé,
Et le démon si tôt dut le terrain céder.
L’empereur, hébété, endurci dans le vice,
Croit en flattant le saint l’avoir à son service.

„Un si brillant sujet, aux actions si notables,
Mérite qu’on l’élève aux honneurs de l‘empire.
Loger dans mon palais, et manger à ma table ;
Tout cela t’est offert...mais pourquoi ce soupir ?“

„Prince, répondit Vite, à quelle gloire, hélas !
Pensez-vous m’élever, moi qui n’aspire plus
Qu’à régner dans le Ciel ? Ce Dieu, qui m’a tant plu,
Veut que ses seuls désirs et volontés, je fasse.

Les honneurs dont vous me voulez, prince, combler,
Sont tels une fumée qui obscurcit le ciel.
Les biens que Dieu promet sont, pour eux, éternels.
Me confiant en Jésus, je ne suis point troublé. “

„Enfant ! dit l’empereur, renonce à ces croyances
Tu t’es laissé charmer par Modeste et Crescence.
Sache donc que ces chiens dès demain vont mourir !“
„Prince, épargnez-les donc, je veux pour eux souffrir.“

Vite et ses compagnons, tous recouverts de fange,
Sont jetés, enchaînés en un étroit cachot.
Il en sort un parfum répandu par des anges.
L’empereur les fait jeter dans un four de chaux.

Dans le brasier ardent, saint Vite et ses compères
Chantent mille louanges à Dieu, Notre Père.
On doit les en tirer pour aux lions les jeter.
Ces fauves affamés sont par nos saints domptés.

Leurs membres étendus sur un lit de torture
Sont brisés, mais les peines que nos saints endurent
Du Ciel excite l’ire ; le temple aux idoles
Est frappé par la foudre et détruit jusqu’au sol.

L’ange gardien de Vite, Modeste et Crescence
Les mène en Lucanie, où leur gloire eut naissance.
„L’heure est bientôt sonnée où votre récompense
Vous sera décernée ; Dieu le veut, Il y pense.“

Il ne restait plus à nos saints qu’à bénir
Le Seigneur des seigneurs, auquel seul gloire est due.
Ils furent aux ides de juin à son empire
Appelés ; que nul de leurs hauts faits ne soit tu !
Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)


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