Propositions concernant la famille et la société

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Christophe
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Propositions concernant la famille et la société

Message non lu par Christophe » mer. 02 mars 2005, 0:55

Bonjour,

Ce fil vous est ouvert pour discuter des points concernant la politique sociale et la politique familiale.

Pour info, les propositions qu'avait retenu la liste sociale-chrétienne (LSC) :
:arrow: Famille / Natalité / Démographie :
- Abolition de l'avortement (assistance sociale aux filles-mères ; amélioration de l'éducation sexuelle au collège)
- Développement des structures d'accueil pour l'enfance (facilitation de la "parentalité")
- Mise en place d'une allocation "mère au foyer", dans le cadre des allocations familiales
- Incitations fiscales à la natalité (prime de naissance, allocations dès le premier enfant...)
- Simplification et facilitation de l'adoption
- Campagne de communication pour promouvoir la natalité
- Incitation juridique et fiscale à la stabilisation des couples dans le mariage

:arrow: Social / Société :
- RMI : hausse jusqu'au niveau du seuil du pauvreté ; exigence d'une contrepartie sous forme d'activité d'intérêt général
- Instauration d'un service civil obligatoire (social, humanitaire, militaire, écologique ou administratif...) pour tous les citoyens
- Action sociale : développement des services aux personnes à domicile (livraison de repas, ménage, toilette, compagnie...)
- Suppression des affichages publicitaires sur l'espace public (voirie, chaînes publiques radiophoniques ou télévisuelles)
- Interdiction des affiches publicitaires explicitement et implicitement sexuelle dans les zones urbaines ; interdiction des publicités à destination des enfants
- Augmentation des capacités d'acceuil des personnes atteintes de handicap
- Interdiction des sectes coercitives (scientologie, raëliens, Jéhovah...)
- Urbanisme : développer un habitat social à l'architecture plus humaine
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Message non lu par guelfo » mer. 02 mars 2005, 18:28

Tout à fait d'accord pour le volet famille. Un bémol pourtant et une question.

La question, c'est quid pour les avortements lorsque l'enfant ne sera pas viable, en cas de viol ou en cas de danger sérieux pour la vie de la mère ?

Le bémol, ce sont les primes à la natalité. Nous sommes déjà soumis à une pression fiscale insoutenable, il me semble peu judicieux de créer de nouvelles dépenses dont on peut d'ailleurs se demander si elles atteignent leurs objectifs. Vous connaissez beaucoup de gens qui ont des enfants parce qu'ils vont recevoir cent balles à la naissance ? Ne laissons pas l'état mettre son nez entre nos draps.

Le volet social par contre me semble irréaliste.

Le RMI tout d'abord. Tous les économistes vous diront que l'effet principal du RMI est de condamner au chômage les gens qui ont une productivité inférieure au coût du RMI pour l'employeur. Donc on risque de faire augmenter le chômage et la demande de politiques socialistes du type 32h ("partager le travail"), quotas à l'embauche ("combattre la discrimination") etc, tout cela à grand coût et sans aider les bénéficiaires présumés.

Le service civil, honnêtement, je ne vois pas ce qui justifie cette forme d'esclavage, ni s'il répondrait à un besoin autre que d'emmerder les braves gens en créant une pléthore d'associations gauchistes qui feront de l'agitation pour avoir toujours plus de socialisme.

Action sociale, si on proposait plutôt de détaxer ce genre d'activités, ce qui rendrait service notamment aux diverses associations catholiques qui s'occupent des pauvres sans permettre à l'état de mettre le grapin dessus sous prétexte de contrôle de l'utilisation des deniers publics ?

Suppression des affichages publicitaires: et pourquoi donc ?

Affichage à contenu sexuel: bof, quand on voit ce qu'on peut obtenir par une bonne campagne de boycottage (voir la manière dont les altermondialistes sont parvenus à faire plier Shell, Nike, etc.) donner aux pouvoirs publics un nouveau moyen de limiter la liberté d'expression, DONT LA NOTRE, le remède me semble pire que le mal.

Personnes handicapées, comme pour action sociale.

Interdiction des sectes: si vous voulez courir le risque de faire interdire l'Opus Dei... Une fois de plus, comme catholiques nous savons de quelle manière l'état conçoit la liberté de conscience, inutile de lui tendre les verges avec lesquelles il pourra nous battre. L'information et l'attention portée à des personnes spirituellement faibles est un moyen bien plus efficace de limiter les dégâts que commettent les sectes.

Urbanisme: je ne trouve pas que le bilan du logement social soit assez glorieux pour qu'on poursuive l'expérience.
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Message non lu par Christophe » jeu. 03 mars 2005, 0:09

Bonsoir encore Guelfo, :cool:
guelfo a écrit :La question, c'est quid pour les avortements lorsque l'enfant ne sera pas viable, en cas de viol ou en cas de danger sérieux pour la vie de la mère ?
Bonjour,

Pour information, je reproduis ici la position officielle que la LSC avait arrêtée :
Article 1 - Considérant l'infanticide pré-natal comme une abomination, nous projettons, conformément à notre programme officiel, son interdiction.

Article 2 - Considérant que des circonstances exceptionnelles peuvent médicalement justifier un avortement, celui-ci ne pourra être effectué que sur décision du corps médical, par le corps médical, en concertation avec les parents et conformément au Serment d'Hyppocrate. La corporation des médecins (Conseil National de l'Ordre des Médecins) sera seule habilitée à définir les cas qui relèvent de l'avortement médical.

Article 3 - La liste sociale-chrétienne prévoit de développer la prévention et les alternatives à l'avortement : prévention de la sexualité infantile ; éducation sexuelle renforcée en direction des adolescents; promotion d'une sexualité "responsable" ; facilitation des procédures d'adoption ; soutien aux associations d'aide aux filles mères ; campagne de sensibilisation de l'opinion publique...

Article 4 - Concient qu'une interdiction brutale et précipitée de l'infanticide pré-natal ne peut qu'entraîner des drames humains pires que ceux qu'elle vise à soulager, la liste sociale-chrétienne ne projette de rendre effective cette interdiction que dès lors que la prévention et l'assistance seront suffisament développées.

Article 5 - L'acharnement thérapeutique est proscrit. La corporation des médecins (Conseil National de l'Ordre des Médecins) sera seule habilitée à définir les cas qui relèvent de l'acharnement thérapeutique.
Je précise que les "circonstances exceptionnelles qui peuvent médicalement justifier un avortement" dont il était question concernaient un risque grave pour la santé de la mère, puisque la médecine n'a pas vocation à éliminer le malade mais la maladie. On peut considérer - mais le Conseil National de l'Ordre des Médecins tranchera - que des tendances suicidaires lourdes, chez une femme victime de viol par exemple, constituent un risque suffisant pour justifier un avortement médical.
Je suis opposé - conformément à la DSE - à l'acharnement thérapeutique. Y compris lorsqu'il est question de foetus. Inversement, je suis opposé - conformément à la DSE - à l'euthanasie. Y compris lorsqu'il est question de foetus.
J'espère que ces précisions répondent à vos questions.
Le bémol, ce sont les primes à la natalité. Nous sommes déjà soumis à une pression fiscale insoutenable, il me semble peu judicieux de créer de nouvelles dépenses dont on peut d'ailleurs se demander si elles atteignent leurs objectifs. Vous connaissez beaucoup de gens qui ont des enfants parce qu'ils vont recevoir cent balles à la naissance ? Ne laissons pas l'état mettre son nez entre nos draps.
Vous avez raison, il serait nécessaire de confirmer ou d'infirmer par une étude si une telle dépense aurait un impact positif sur la natalité.
Suppression des affichages publicitaires: et pourquoi donc ?
Dans l'espace publique. Parce que cela constitue une agression. C'est interdit dans les écoles et c'est très bien. Mais oublie-t-on que les enfants marchent également dans les rues ?
Cette perpétuelle sollicitation consumériste me semble être lourde de conséquences qui n'ont rien d'anodin.
Affichage à contenu sexuel: bof, quand on voit ce qu'on peut obtenir par une bonne campagne de boycottage (voir la manière dont les altermondialistes sont parvenus à faire plier Shell, Nike, etc.) donner aux pouvoirs publics un nouveau moyen de limiter la liberté d'expression, DONT LA NOTRE, le remède me semble pire que le mal.
Si la mesure précédante était mise en place, celle-ci n'aurait plus lieu d'être.
Interdiction des sectes: si vous voulez courir le risque de faire interdire l'Opus Dei... Une fois de plus, comme catholiques nous savons de quelle manière l'état conçoit la liberté de conscience, inutile de lui tendre les verges avec lesquelles il pourra nous battre. L'information et l'attention portée à des personnes spirituellement faibles est un moyen bien plus efficace de limiter les dégâts que commettent les sectes.
Si un Etat veut faire interdire l'Opus Dei il le fera, car si la loi n'existe pas, il la votera. Il existe des critères objectifs de définition d'une secte coercitive. La nécessaire information et charité à l'égard du prochain ne permet pas de s'abstenir de lutter - y compris par la loi - contre les structures de pêché et de perdition.
Urbanisme: je ne trouve pas que le bilan du logement social soit assez glorieux pour qu'on poursuive l'expérience.
Peut-être avez vous raison. Il faudrait s'interroger plus longtemps sur les raisons de ce bilan.

Pax Christi
Christophe

PS : Sur le RMI, le service civil et l'action sociale, je vous répondrai plus tard. Mon lit m'appelle... :arrow:
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Message non lu par guelfo » jeu. 03 mars 2005, 11:39

Christophe a écrit :que des tendances suicidaires lourdes, chez une femme victime de viol par exemple
Ne craignez-vous pas d'encourager les femmes violées (et les autres d'ailleurs) qui voudront se faire avorter à faire des tentatives de suicide ?
Suppression des affichages publicitaires: et pourquoi donc ?
Dans l'espace publique. Parce que cela constitue une agression. C'est interdit dans les écoles et c'est très bien. Mais oublie-t-on que les enfants marchent également dans les rues ?
Cette perpétuelle sollicitation consumériste me semble être lourde de conséquences qui n'ont rien d'anodin.
Franchement, je ne crois pas. Tout d'abord, une économie capitaliste ne peut fonctionner sans publicité. Ensuite, il me semble que c'est un problème qui relève de la responsabilité des parents. Je me rappelle pour ma part avec tristesse ;-) les efforts infructueux que je faisais comme gamin afin que mes parents m'achètent tel ou tel jouet, bonbon, etc. Je crois même que ce stimulus sommme toute assez anodin a été utile pour permettre à mes parents de m'enseigner un peu de volonté et à résister à des tentations autrement plus lourdes en conséquence lors de l'adolescence.
Interdiction des sectes: si vous voulez courir le risque de faire interdire l'Opus Dei... Une fois de plus, comme catholiques nous savons de quelle manière l'état conçoit la liberté de conscience, inutile de lui tendre les verges avec lesquelles il pourra nous battre. L'information et l'attention portée à des personnes spirituellement faibles est un moyen bien plus efficace de limiter les dégâts que commettent les sectes.
Si un Etat veut faire interdire l'Opus Dei il le fera, car si la loi n'existe pas, il la votera. Il existe des critères objectifs de définition d'une secte coercitive. La nécessaire information et charité à l'égard du prochain ne permet pas de s'abstenir de lutter - y compris par la loi - contre les structures de pêché et de perdition.
En Belgique, le parlement a qualifié l'OD et une autre organisation catholique de sectes. Je ne connais pas suffisamment l'OD et cette autre organisation (dont le nom m'échappe) pour pouvoir juger, mais je crois que cela pose tout de même question.
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Message non lu par FMD » jeu. 03 mars 2005, 14:49

[align=justify]Bonjour Guelfo,
guelfo a écrit :Ne craignez-vous pas d'encourager les femmes violées (et les autres d'ailleurs) qui voudront se faire avorter à faire des tentatives de suicide ?

C'est un risque en effet, toutefois si les personnels médicaux mais également sociaux et judiciaires chargés de dossiers si délicats se montrent impartiaux, les femmes tentées par des tentatives de simulation comprendront que cela ne fonctionnera pas et que les conséquences pourraient alors être très graves, notamment pour les simulations de viols.

Pour ce qui est de la publicité, l'interdiction totale me paraît être assez improbable comme l'a souligné Guelfo, néanmoins – et je dis ça sans aucun puritanisme tant je suis hélas familiarisé à voir de telles publicités – il me semble important d'interdire dans l'espace public les publicités dégradantes pour l'homme et la femme, ne serait-ce que pour ne pas fausser le rapport des enfants et des adolescents avec leur corps et avec celui du sexe opposé.
En Belgique, le parlement a qualifié l'OD et une autre organisation catholique de sectes. Je ne connais pas suffisamment l'OD et cette autre organisation (dont le nom m'échappe) pour pouvoir juger, mais je crois que cela pose tout de même question.

L'Opus Dei avait effectivement été inclus dans une note parlementaire préliminaire mais n'était toutefois pas dans le rapport final présenté au Parlement belge.[/align]

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Message non lu par guelfo » jeu. 03 mars 2005, 16:41

En ce qui concerne l'avortement, je pense que si on veut trouver un compromis qui fonctionne, il faut édicter des règles claires qui laissent le moins de champ possible à l'interprétation, surtout de fonctionnaires et de services sociaux, pour des motifs évidents.

Donc il faut soit accepter que les femmes violées ont le droit d'avorter, soit le refuser catégoriquement. J'avoue que j'ai pour ma part beaucoup de mal à trancher. Notons tout de même qu'il y a des solutions techniques intermédiaires qui peuvent fonctionner dans certains cas, genre la fameuse "pillule du lendemain".

En ce qui concerne les sectes, après recherche google, je ne puis ni confirmer ni infirmer ce qu'écrit Franck; le rapport complet semble avoir disparu du site de la chambre. Mais même si l'OD, les charismatiques et l'Oeuvre (un mouvement catholique belge qui semble ne pas susciter l'enthousiasme du Primat de Belgique, Mgr Danneels) n'auraient pas figuré dans le rapport final, ce n'est en tout cas pas l'impression qu'on a pu avoir en suivant les médias à ce sujet.

Il me semble que la lutte contre les sectes doit être avant tout spirituelle, et qu'il faut éviter à tout prix que l'état ne s'en charge, avec tous les risques que cela implique pour la liberté de conscience. Après tout, combien de fois ne m'a-t-il pas fallu entendre que l'Eglise n'est qu'une secte qui a réussi ? Il n'y a pas un jour qui passe sur FOPO sans qu'un couillon quelconque dénonce les soi-disant manipulations de l'Eglise et n'appelle à y mettre fin. Ca mérite réflexion me semble-t-il.
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Message non lu par Christophe » jeu. 03 mars 2005, 23:57

guelfo a écrit :Ne craignez-vous pas d'encourager les femmes violées (et les autres d'ailleurs) qui voudront se faire avorter à faire des tentatives de suicide ?
Les femmes qui voudront avorter malgrès l'interdiction ne se suicideront pas : elles iront voir des avorteurs clandestins.
Tout d'abord, une économie capitaliste ne peut fonctionner sans publicité.
La LSC ne proposait pas l'abolition de la publicité, mais son éradication dans l'espace public. Qu'il y ait de la publicité dans les journeaux, à la télé, sur Internet, dans les cafés et les hyper-marchés c'est très normal.
En Belgique, le parlement a qualifié l'OD et une autre organisation catholique de sectes. Je ne connais pas suffisamment l'OD et cette autre organisation (dont le nom m'échappe) pour pouvoir juger, mais je crois que cela pose tout de même question.
Il ne s'agit pas d'interdire un groupement par censure idéologique mais en se fondant sur des éléments objectifs qui caractérisent les organisations coercitives. Ce n'est pas un simple rapport parlementaire se basant sur des ouïs-dires plus ou moins assumés qui aurait autorité à interdire une secte.
Il me semble que la lutte contre les sectes doit être avant tout spirituelle, et qu'il faut éviter à tout prix que l'état ne s'en charge, avec tous les risques que cela implique pour la liberté de conscience. Après tout, combien de fois ne m'a-t-il pas fallu entendre que l'Eglise n'est qu'une secte qui a réussi ?
Le terme "secte" est ambigü et prête à polémique. Il ne faut pas confondre mouvement religieux et organisation coercitive. Il y a des sectes dont le fond de commerce n'est pas spirituel mais politique, écologique ou communautariste. Mais elles ont toutes en commun un certain nombre d'aspects qui peuvent servir de critères objectifs pour identifier les sectes coercitives. Le message véhiculé n'est pas pertinent comme critère.
Il y a d'excellents livres sur ce sujet. Je vous recommande La mécanique des sectes, du Dr Abgrall.
En ce qui concerne l'avortement, je pense que si on veut trouver un compromis qui fonctionne, il faut édicter des règles claires qui laissent le moins de champ possible à l'interprétation, surtout de fonctionnaires et de services sociaux, pour des motifs évidents.
Il ne s'agit pas, dans la proposition supra, de donner aux fonctionnaires ou aux services sociaux un quelconque droit d'appréciation. Seul l'avortement médical ( qui diffère de l'avortement eugéniste malignement appellé "thérapeutique" ) serait autorisé. Donc au médecin, en concertation avec les parents, de prendre la décision. Ses pairs, grâce au conseil de l'ordre, seraient seuls habilités à évaluer si la décision prise a été conforme au serment d'Hypocrate.
Ce n'est pas à la loi de fixer les règles de l'exercice de l'art médical...

Pour répondre clairement à votre question, j'estime qu'être victime d'un viol ne donne pas "droit" de commettre un foeticide.

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Message non lu par guelfo » ven. 04 mars 2005, 11:46

Christophe a écrit :
guelfo a écrit :Ne craignez-vous pas d'encourager les femmes violées (et les autres d'ailleurs) qui voudront se faire avorter à faire des tentatives de suicide ?
Les femmes qui voudront avorter malgrès l'interdiction ne se suicideront pas : elles iront voir des avorteurs clandestins.
Je sais que ce n'est pas en soi une raison de défendre l'avortement (et je ne le fais pas), mais il faut avouer que cela pose problème et que c'est donc une donnée qu'il conviendrait de creuser un peu.
Tout d'abord, une économie capitaliste ne peut fonctionner sans publicité.
La LSC ne proposait pas l'abolition de la publicité, mais son éradication dans l'espace public. Qu'il y ait de la publicité dans les journeaux, à la télé, sur Internet, dans les cafés et les hyper-marchés c'est très normal.
Donc, si je vous comprends bien, plus d'affichage visible à partir de la rue ? Franchement, je n'en vois pas l'intérêt et la limitation du droit d'expression qu'une pareille mesure représente me gêne très fort, mais bon, question de sensibilité je suppose.
En Belgique, le parlement a qualifié l'OD et une autre organisation catholique de sectes. Je ne connais pas suffisamment l'OD et cette autre organisation (dont le nom m'échappe) pour pouvoir juger, mais je crois que cela pose tout de même question.
Il ne s'agit pas d'interdire un groupement par censure idéologique mais en se fondant sur des éléments objectifs qui caractérisent les organisations coercitives. Ce n'est pas un simple rapport parlementaire se basant sur des ouïs-dires plus ou moins assumés qui aurait autorité à interdire une secte.
Vous raisonnez comme si c'est vous qui exercez le pouvoir de manière exclusive. Or, tout d'abord, ce n'est pas toujours le cas, et ensuite, la situation peut changer, après des élections par exemple. Qui vous dit qu'un gouvernement laïcard ne ferait pas usage des instruments que vous avez créé pour attaquer les catholiques ? Voyez comme on fête le petit père Combes qui avait fait exactement cela. Je pense qu'il convient de cadenasser la boîte de Pandore (pace Stahler ;-) )
Il me semble que la lutte contre les sectes doit être avant tout spirituelle, et qu'il faut éviter à tout prix que l'état ne s'en charge, avec tous les risques que cela implique pour la liberté de conscience. Après tout, combien de fois ne m'a-t-il pas fallu entendre que l'Eglise n'est qu'une secte qui a réussi ?
Le terme "secte" est ambigü et prête à polémique. Il ne faut pas confondre mouvement religieux et organisation coercitive. Il y a des sectes dont le fond de commerce n'est pas spirituel mais politique, écologique ou communautariste. Mais elles ont toutes en commun un certain nombre d'aspects qui peuvent servir de critères objectifs pour identifier les sectes coercitives. Le message véhiculé n'est pas pertinent comme critère.

Il y a d'excellents livres sur ce sujet. Je vous recommande La mécanique des sectes, du Dr Abgrall.
Vous avez évidemment raison d'un point de vue scientifique, mais il s'agit ici de politique. Vous raisonnez comme si jamais un élu ou un fonctionnaire anti-chrétien n'aura l'occasion d'appliquer selon ses "lumières" les textes que vous appelez de vos voeux.
En ce qui concerne l'avortement, je pense que si on veut trouver un compromis qui fonctionne, il faut édicter des règles claires qui laissent le moins de champ possible à l'interprétation, surtout de fonctionnaires et de services sociaux, pour des motifs évidents.
Il ne s'agit pas, dans la proposition supra, de donner aux fonctionnaires ou aux services sociaux un quelconque droit d'appréciation. Seul l'avortement médical ( qui diffère de l'avortement eugéniste malignement appellé "thérapeutique" ) serait autorisé. Donc au médecin, en concertation avec les parents, de prendre la décision. Ses pairs, grâce au conseil de l'ordre, seraient seuls habilités à évaluer si la décision prise a été conforme au serment d'Hypocrate.
Ce n'est pas à la loi de fixer les règles de l'exercice de l'art médical...

Pour répondre clairement à votre question, j'estime qu'être victime d'un viol ne donne pas "droit" de commettre un foeticide.

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Je suis parfaitement d'accord avec vous, même si je ne peux m'empêcher de trouver que le dernier point, s'il est juste, est tout de même très dur.
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Message non lu par Christophe » sam. 05 mars 2005, 1:37

Bonsoir Guelfo,
guelfo a écrit :Donc, si je vous comprends bien, plus d'affichage visible à partir de la rue ? Franchement, je n'en vois pas l'intérêt et la limitation du droit d'expression qu'une pareille mesure représente me gêne très fort, mais bon, question de sensibilité je suppose.
Effectivement, si cela ne tenait qu'à moi... ;-) Même si la liste est faite de différentes sensibilités, je suis certain que nous pourrons trouver un programme commun dans lequel tout le monde se retrouvera.
Vous raisonnez comme si c'est vous qui exercez le pouvoir de manière exclusive. Or, tout d'abord, ce n'est pas toujours le cas, et ensuite, la situation peut changer, après des élections par exemple. Qui vous dit qu'un gouvernement laïcard ne ferait pas usage des instruments que vous avez créé pour attaquer les catholiques ? Voyez comme on fête le petit père Combes qui avait fait exactement cela. Je pense qu'il convient de cadenasser la boîte de Pandore (pace Stahler ;-) )
Et bien à nous de faire que ces "instruments" soient suffisament bien faits pour ne pas pouvoir être utilisés à mauvais escient. Je pense que toute interdiction d'une organisation sectaire, c'est à dire la reconnaissance de son caractère coercitif, doit être le fait d'une décision judiciaire et non pas politique.


Bien à vous
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Le point de vue d'Aramis

Message non lu par Christophe » sam. 05 mars 2005, 23:04

aramis a écrit :1. Sujet famille : Il ne semble pas judicieux d'attaquer bille en tête sur l'avortement. Même si je partage votre soucis de préserver la vie humaine, il me semble qu'il s'agit d'un sujet trés sensible, qui a besoin d'être débattu dans le calme et la sereinité. Les catholiques eux même sont trés partagés sur le sujet. Si vous souhaitez gagner des élections, votre premier objectif doit être de rassembler. Ce sujet est trop porteur de division pour être affiché en tête.

Cependant, j'aurai souhaité que ce programme élaboré par un forum chrétien parle plus d'Amour, de charité, de compassion, et de la doctrine sociale de l'Eglise. Ces mots manquent cruellement dans le débat politique aujourd'hui.
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Message non lu par guelfo » lun. 07 mars 2005, 12:38

Christophe a écrit :Et bien à nous de faire que ces "instruments" soient suffisament bien faits pour ne pas pouvoir être utilisés à mauvais escient. Je pense que toute interdiction d'une organisation sectaire, c'est à dire la reconnaissance de son caractère coercitif, doit être le fait d'une décision judiciaire et non pas politique.
Peut-être que ma "qualité" de juriste vous fera-t-elle comprendre mon grand scepticisme à cet égard ! ;-)
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Message non lu par Christophe » lun. 07 mars 2005, 22:22

guelfo a écrit :Peut-être que ma "qualité" de juriste vous fera-t-elle comprendre mon grand scepticisme à cet égard ! ;-)
J'ai du louper l'argument persuasif... :cool:
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Message non lu par Gaudeamus » mar. 08 mars 2005, 10:33

guelfo a écrit :
Christophe a écrit :Et bien à nous de faire que ces "instruments" soient suffisament bien faits pour ne pas pouvoir être utilisés à mauvais escient. Je pense que toute interdiction d'une organisation sectaire, c'est à dire la reconnaissance de son caractère coercitif, doit être le fait d'une décision judiciaire et non pas politique.
Peut-être que ma "qualité" de juriste vous fera-t-elle comprendre mon grand scepticisme à cet égard ! ;-)
Sur ce coup-là, je suis plutôt d'accord avec Christophe.

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Message non lu par guelfo » mar. 08 mars 2005, 12:37

Je vais prendre les choses par l'autre bout pour mieux vous faire comprendre: le Code pénal prévoit déjà divers délits qui, pris dans leur ensemble, permettent de sanctionner tous les comportement contestables d'organisations sectaires.

En d'autres termes, le seul ajout possible à cette panoplie de lois serait une loi qui définirait le concept-même de "secte" et dans laquelle le seul nouvel élément serait d'ordre religieux. Sachant qu'une telle loi est inutile si on applique sévèrement les lois existantes et qu'elle risque d'être utilisée pour limiter la liberté de conscience, je ne trouve pas que ce soit une bonne idée.

Ensuite, comme le démontre la législation sur la drogue, le droit pénal n'est pas l'outil adapté pour régler ce genre de problèmes. Les sectes se nourissent du désarroi spirituel des gens, et il me semble que la solution, plutôt que de chercher à criminaliser ce désarroi, il convient d'y apporter des solutions.
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Message non lu par Christophe » mar. 08 mars 2005, 22:17

guelfo a écrit :Je vais prendre les choses par l'autre bout pour mieux vous faire comprendre: le Code pénal prévoit déjà divers délits qui, pris dans leur ensemble, permettent de sanctionner tous les comportement contestables d'organisations sectaires.

En d'autres termes, le seul ajout possible à cette panoplie de lois serait une loi qui définirait le concept-même de "secte" et dans laquelle le seul nouvel élément serait d'ordre religieux.
Bonsoir Guelfo,

Une loi sur les sectes permettrait de sanctionner l'organisation sectaire dans son ensemble et non pas seulement les "cadres inférieurs" de ces organisations qui sont l'objet des poursuites judiciaires. Ce serait là la grande différence : la condamnation à mort d'une personne morale, pour comportements coercitifs généralisés.

Je vous l'ai dit, la dimension gnostique ou religieuse du discours sectaire n'a aucune pertinence dans la définition d'une secte, tous les experts vous le confirmeront.

Bien à vous
Christophe
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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