Sur la théorie du genre

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MB
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Re: La théorie du genre

Message non lu par MB » jeu. 04 juin 2015, 21:47

Cher PaxetBonum,

Il faut beaucoup de patience pour vous lire.
Vous m'accusez de dénier la réalité de "la théorie du genre". Je ne nie rien : c'est juste que l'objet que vous définissez ainsi, et qui existe bel et bien, ne s'appelle pas comme ça. On dit "les théories queer", ou "constructivistes", etc. Point barre.
Et pour vous montrer qu'il ne faut pas tout mettre dans le même panier, qu'il y a bien une différence entre "théorie" et "études" de genre, je vous ferai imaginer ceci : un clerc, ou un intellectuel catholique (Tony Anatrella par exemple), qui vise à démontrer l'hypothèse d'une différence fondamentale entre les sexes, est clairement quelqu'un qui n'est pas dans ce que vous appelez "la théorie du genre". Mais il fait bel et bien des "études de genre", ne serait-ce que parce qu'il faut comprendre les outils dont on se sert ; il les oriente dans un sens particulier (il peut même en contester la validité intrinsèque, ce que fait Anatrella d'ailleurs) mais il est objectivement intégré dans cette sphère intellectuelle. Saisissez-vous la nuance ? Si vous ne le faites pas, je ne peux rien pour vous.

Vous parlez d'évidences. Mais pour un Somalien, c'est l'évidence même que la nature de la femme doit amener à l'exciser. En quoi son "évidence" serait moins forte que la nôtre ? La démarche de l'intellectuel consiste justement à refuser de suivre aveuglément et sans raison ce qui paraît être évident - non pour le nier dans l'absolu, mais pour le vérifier, le confirmer ou l'infirmer. C'est assez agaçant de lire quelqu'un qui refuse même l'idée qu'on réfléchisse. Vous parlez de génome et d'anatomie, mais alors en quoi cela expliquerait cette histoire d'arc et de panier ? C'est marqué dans les gènes, ça ? Pas sûr. Alors comment se fait-il que l'habitude dans nos sociétés assigne le rose aux filles, et le bleu aux garçons ? Il y a là des sujets d'étude intéressants qui permettent de comprendre le fonctionnement d'une société ; genre ou non, d'ailleurs, ce qui compte c'est l'intérêt intellectuel. Dans mon domaine : pourquoi Aristote a-t-il séparé le féminin et le masculin sur des critères métaphysiques objectivement faux, et complètement délirants ? Il y a là un domaine de recherche (qu'est-ce qui se passe dans la tête d'un Ancien intelligent pour dire de telles idioties ?) qui amène à mieux comprendre une société dans son histoire.

Bien sûr vous avez le droit de vous dire que ces recherches sont vaines, que cela consiste à couper les cheveux en quatre, etc. Objectivement, quand on connaît certains universitaires - et pas que dans ce domaine-là - ce n'est pas toujours faux. Mais personne n'a le droit de décréter - sans rien y connaître, en plus ! - que des recherches sont inutiles. Et la connaissance en elle-même est toujours un bien désirable. Vous confirmez tous les préjugés des bouffeurs de curés à notre sujet, lorsqu'ils nous reprochent d'être obtus et ignorants ! Vous dites "kif-kif" et refusez la discussion, mais qu'est-ce que vous y connaissez ?
Et d'ailleurs, rien n'interdit de penser que, à terme, ces études de genre auront peut-être validé l'enseignement de l'Eglise à ce sujet. Vous direz quoi alors ? :saint:

Amicalement,
MB

PS. J'ai appris, concernant les programmes prêtés à l'Education nationale, qu'il faut toujours vérifier les sources. Je vous prie donc de donner ici les liens qui permettent de savoir ce qui est effectivement au programme des têtes blondes. Pas un "document pédagogique" facultatif, mais les programmes et leur contenu précis, et la preuve que c'est ce qui est enseigné obligatoirement partout. Renseignez-moi ! Je sais où aller chercher, mais je vous laisse faire le travail... :p Et promis, si les textes officiels vont nécessairement dans le sens que vous dénoncez, je devrai me rendre à l'évidence.

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Re: La théorie du genre

Message non lu par PaxetBonum » ven. 05 juin 2015, 8:02

MB a écrit : PS. J'ai appris, concernant les programmes prêtés à l'Education nationale, qu'il faut toujours vérifier les sources. Je vous prie donc de donner ici les liens qui permettent de savoir ce qui est effectivement au programme des têtes blondes. Pas un "document pédagogique" facultatif, mais les programmes et leur contenu précis, et la preuve que c'est ce qui est enseigné obligatoirement partout. Renseignez-moi ! Je sais où aller chercher, mais je vous laisse faire le travail... :p Et promis, si les textes officiels vont nécessairement dans le sens que vous dénoncez, je devrai me rendre à l'évidence.
Je ne refuse pas le débat comme vous le dites, je donne mon point de vue.
Etudier des évidences me semble effectivement être de la tetrapilectomie qui ne peut aboutir qu'à des théories fumeuses.
Quant à dire que la théorie du genre n'existe pas mais que c'est les théories queer je pense que c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Quelque soit l'appellation qu'on lui donne en français ou en anglais ces théories existent et sont enseignées.

Un exemple ?
Ouvrez n'importe lequel des livres de SVT première terminal du nouveau programme, feuilletez le nouveau programme de science Po…
Cette théorie mortifère est à l'œuvre avec les subventions d'état qui payent les organisations issues de la LGBT pour enseigner cela aux enfant…
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Re: La théorie du genre

Message non lu par axou » ven. 05 juin 2015, 15:49

Bonjour à tous !

je prends la suite, cela fera un peu de répit pour MB face à Paxet Bonum. :)

Je suis moi même interloquée et navrée par la manière dont les Cathos se laissent envahir par l'intox sur le sujet. Je n'ai pas la grande culture d'MB sur le sujet mais j'ai un peu réfléchi et je vais le dire avec mes mots (de femme !).

Héraclius a écrit : Se proposer d'étudier la dimension sociale, culturelle (par opposition à naturelle) des genres n'est pas de facto rejeter la dimension biologique...
On ne saurait mieux synthétiser l'objet des études de genre. Le genre, c'est le sexe SOCIAL : c'est-à-dire que dans une société donnée, avec ses us et coutumes, il est attendu d'une personne, en fonction de son sexe biologique, qu'elle adopte un comportement précis en société. Son sexe, c'est son identité biologique, homme ou femme; le genre, c'est le comportement qu'on attend d'elle ou de lui, parce qu'elle homme ou femme.

Pourquoi ces études de genre sont elles importantes ? Parce qu'elles révèlent, par l'étude de ces comportements de par le monde, le poids très lourd des inégalités entre hommes et femmes, l'injustice faite aux femmes, la restriction des choix de vie possible, les maltraitances et les souffrances innombrables qui en découlent. Nous sommes en Occident pour la plupart sur ce forum, nous avons la chance de bénéficier de droits égaux et de choix de vie égaux entre hommes et femmes, même si il reste encore des écarts de salaire. Mais de par le monde, la situation est tragique dans bien des sociétés, le Saint-Père l'a rappelé !

Ces études impliquent une proposition de remise en question pour les cultures concernées; la sociologie dit : vous vous croyez enfermés dans tel comportement mais ce n'est pas le cas, vous pouvez changer, et votre monde sera plus humain et plus juste. Le changement proposé est un changement de GENRE, c'est-à-dire une ouverture des possibles quant aux COMPORTEMENTS des personnes, quant à la possibilité de faire des choix personnels dans sa vie... Changer de genre, ce n'est pas changer de sexe ! C'est changer de comportement afin de ne plus rester esclave des injonctions éventuellement injustes que des instances sociales vous imposent.

Comment les cathos ont-ils pu confondre changer de comportement avec changer de sexe, c'est un mystère... et cela n'améliore pas notre réputation, qui veut qu'on se cantonne aux vieux poncifs, papa travaille, maman à la maison et rien d'autre...

Je prends quelques exemples. Dans une société salafiste, les hommes se déplacent le visage découvert et les femmes portent la burka. Une étude de genre va étudier de près tous les comportements attendus des unes et des autres et ses conséquences (psychologiques, économiques, sur le lien social...). Elle induit une possibilité de changer ce genre qu'est le port de la burka, pour plus de justice mais également pour créer une société qui crée du lien et pas de la violence, car l'oppression d'un sexe sur un autre engendre naturellement de la violence.

Autre exemple : il y a a 25 ans, quand j'étais en formation humanitaire, on nous enseignait que si nous allions en mission en Afrique, il fallait au maximum scolariser les filles car économiquement, les familles ne pouvaient scolariser qu'un ou deux enfants sur une famille de 8 et, culturellement, les parents choisissaient toujours les garçons (la loi du genre). Or une étude avait démontré que l'impact des petites filles scolarisées sur la société était beaucoup plus important que l'impact des garçons scolarisés. En effet, les femmes élevant les enfants, le fait d'avoir été scolarisées faisait qu'elles modifiaient ensuite leur fécondité ( plutôt 4 enfants que 8), prenaient des initiatives économiques tandis qu'un garçon solarisé ne changeait pas sensiblement les habitudes sociales. C'est ainsi qu'une [théorie?] de genre avant la lettre proposait aux humanitaires de pousser les familles à choisir une fille si ils ne pouvaient scolariser qu'un enfant, pour le bien du développement économique du pays.

Autre exemple, une étude passionnante dans le monde des grandes entreprises occidentales : on s'est demandé pourquoi, à compétence égale, les postes de leaders étaient d'avantage pris par les hommes que par les femmes. Il était couramment entendu un certain discours victimaire des femmes qui disaient qu'on ne leur faisait pas de place et qu'il fallait qu'elles aient le double de compétence que les hommes pour être engagées sur le même poste. Mais l'étude a révélé autre chose (nous parlons de postes de très haut niveau) !

On a découvert que lorsqu'un poste se présentait, les hommes postulaient alors qu'ils ne possédaient que 70 pour cent des compétences. Pourquoi ? ils ont répondu que justement ils allaient apprendre des choses, gagner en compétence et que leur 70 suffisaient largement pour assurer, ce qui était le cas en général.
Et on a découvert que ces dames, ayant 70 pour cent des compétences ne postulaient pas, avec 100 pour cent non plus (!) et qu'elles ne postulaient qu'avec 120 pour cent des compétences ! Autrement dit, on a découvert que les femmes se bridaient elles-mêmes et se savonnaient la planche... (ce qui ne les empêchaient pas de se plaindre).
Et pourquoi ? leur a t-on demandé, parce que contrairement aux hommes, "elle ne se sentaient pas légitimes" !

Le genre ici : une croyance inconsciente concernant la légitimité qui implique un comportement frileux. L'étude a interrogé les rares femmes qui postulaient avec 70 pour cent des compétences : la plupart avaient bénéficié dans leur vie d'un modèle féminin qui leur avaient appris à se lancer "parce qu'elles en avaient envie". La question limitante de la légitimité ne se posait plus, on était donc dans un cas de "genre" et non pas de "nature féminine". Cette étude a permis à une amie, DRH d'un grand groupe, d'accompagner des femmes à des postes de leaders en les encourageant à suivre leur route et en prenant conscience de cette question de légitimité (croyance introjectée par les femmes, transmise par la société). Elle a donc induit un changement de genre dans son entreprise.

Je finirai par Sainte Thérèse d'Avila. Thérèse a dit un jour à ses religieuses (je cite de mémoire) :

"Mes soeurs, conduisez-vous en hommes ! Soyez viriles, fortes, car Dieu aime les forts. Ayez de l'audace, du courage, de l'initiative !"

On dirait aujourd'hui qu'elle tenait un discours sexiste. En fait, avec le langage de son époque, elle disait à ses carmélites de ne pas être esclaves du genre, de ce que leur époque leur ordonnait d'être : soumises, faible et effacées.

Bravo Sainte -Thérèse !

Bien à vous,

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Re: La théorie du genre

Message non lu par PaxetBonum » ven. 05 juin 2015, 20:47

axou a écrit :
Je suis moi même interloquée et navrée par la manière dont les Cathos se laissent envahir par l'intox sur le sujet. Je n'ai pas la grande culture d'MB sur le sujet mais j'ai un peu réfléchi et je vais le dire avec mes mots (de femme !).
Et là c'est vous qui êtes envahie par l'intox.
Nos dirigeants veulent faire croire que la théorie du genre n'existe pas et qu'elle n'est pas enseignée.
C'est ce que vous démontrez (soit dit en passant comme nos dirigeants) en nous parlant d'égalité des sexes.
Ce n'est pas du tout le sujet.
Le sujet c'est cette théorie fumeuse que l'on ne naît pas homme ou femme mais que l'on choisit de le devenir.
C'est texto dans les programmes de SVT.
Mais pour faire avaler la couleuvre et la vipère qui la suit, on vous amène les mots de bien pensance : égalité, valeurs de la république, parité…
Bref on vous désigne comme coupable, débile profond et inculte complotiste qui voit le mal dans le progrès qui est si merveilleux.

Et bien si il vous faut du concret : il n'y a plus de père et de mère mais des parents 1 et 2, dans certains pays et bientôt la France il y a 3 ou 4 cases à cocher pour la mention sexe, il y a 3 types de toilettes publics différents… etc
Appelez la comme vous voulez cette théorie du genre est une œuvre destruction massive.
Le diable lui-même ne devait pas penser que l'homme pourrait avaler de si grosses couleuvres.

On est bien loin de Ste Thérèse qui si elle était là vous dirait vertement à sa manière masculine ce qu'elle en pense !
Dernière modification par PaxetBonum le sam. 06 juin 2015, 8:28, modifié 1 fois.
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Re: La théorie du genre

Message non lu par Quem quaeritis » ven. 05 juin 2015, 20:56


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La théorie du genre

Message non lu par Quem quaeritis » sam. 06 juin 2015, 6:52

suite de la vidéo par Bertrand Vergely, philosophe et théologien (enseignant).


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Re: La théorie du genre

Message non lu par axou » sam. 06 juin 2015, 8:49

PaxetBonum a écrit : C'est texto dans les programmes de SVT.
Auriez-vous la gentillesse de nous citer quelques courts passages de ces programmes qui vous posent problème ? On pourrait s'appuyer sur le fond pour en parler.

Bien à vous,

Axou

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Re: La théorie du genre

Message non lu par PaxetBonum » lun. 08 juin 2015, 8:07

axou a écrit :
PaxetBonum a écrit : C'est texto dans les programmes de SVT.
Auriez-vous la gentillesse de nous citer quelques courts passages de ces programmes qui vous posent problème ? On pourrait s'appuyer sur le fond pour en parler.
Je n'ai pas le livre sous la main mais clairement on vous explique que votre sexe n'est pas déterminé et que c'est à vous de choisir librement votre sexe et votre sexualité.

Voici un exemple :
http://www.fichier-pdf.fr/2013/12/30/ma ... emme-2.jpg
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Re: La théorie du genre

Message non lu par MB » lun. 08 juin 2015, 14:33

Avé PaxetBonum

Vu la page ; c'est bien que vous ayez cherché des documents (comme j'ai vu d'autres pages de manuel, vous en aurez un aperçu ici :
http://www.penser-le-genre-catholique.f ... 26859.html )
Ce blog fait une critique générale et intelligente de nombre de pensées catholiques sur le sujet, en montrant l'insuffisance intellectuelle de certains des commentateurs (frappant dans le cas de Marguerite Peeters, dont on se demande si la "pensée" mérite ce nom).

Plusieurs commentaires :
- une réserve de fond - et là, je serai d'accord avec vous - sur l'idée de faire ces débats, qui semblent incongrus dans un manuel de biologie. A ceci près que des inserts "à côté" du sujet sont courants dans ces ouvrages, qu'il s'agisse de biologie humaine ou non. Donc il faut mettre en contexte et voir ce qu'on dit à côté. Au demeurant, pour que votre présentation soit complète, il faut que vous joigniez les questions et les exercices mentionnés, qui sont parfois beaucoup plus tendancieux.
- un accord avec vous sur l'idée que l'éducation sexuelle manque d'éthique et qu'il y a un vrai problème de définition "mécaniste". Pas besoin d'être un tradi pour le dire : comme je l'ai écrit plus haut, Françoise Dolto elle-même s'en plaignait. Mais ce n'est pas le "gender" qui est en cause ici.
- le texte lui-même n'est pas d'un seul bloc. Il y a des interviews et des coupures de presse, qui ne disent pas la même chose, et pas sur le même ton. Je les passe en revue :

1° le premier est le plus orienté, et le plus contestable car il n'emploie même pas le mot "genre" et il résume tout par la notion de sexe, défini comme l'ensemble sexe chromosomique + sexe différencié + identité sexuelle. C'est seulement cette dernière qui est décrite comme "la perception subjective que l'on a de son propre sexe et de son identité sexuelle". Ce qui veut dire que les deux premières composantes sont définies de façon objective.
Je ne vois pas ce qu'il y a de polémique à dire que l'identité sexuelle comporte une part de subjectivité. Je me sens hétérosexuel, et personne ne va m'enlever ça. Dans la suite du texte, la phrase est plus discutable : on donne une part exclusive à la subjectivité dans la définition de l'identité sexuelle. Je rejoindrai ici vos critiques. Mais - vous l'aurez noté - le texte mentionne que ce serait le cas "selon les auteurs". Donc ce n'est pas affirmé de manière catégorique.

2° le deuxième texte est beaucoup plus nuancé qu'il n'y paraît. On met l'accent sur le processus de socialisation, mais c'est incontestable (il n'est pas dit à la naissance que nous devions associer le rose aux filles et le bleu aux garçons). La phrase qui prête le plus à discussion est "seul sexe bien établi, le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle, mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin". Sauf qu'elle est nuancée par ce qui suit : "Selon Chiland, l'être humain est une construction, seuls existent des hommes et des femmes. Devenir un être sexué fait partie intégrante de la construction identitaire". Franchement, je ne vois pas ce que vous avez à redire à cet extrait. La première phrase sonne comme du Joseph de Maistre ; la deuxième est un truisme, et pris isolément, cela pourrait être de l'Anatrella dans le texte (enfin, encore une fois, même si l'on pose que le comportement viril ou féminin est une donnée, elle n'en demeure pas moins à actualiser par l'imitation et l'apprentissage). Donc en réalité, ce texte est étonnamment consensuel.

3° le troisième texte sur l'athlète kenyan(e) ne comporte aucun commentaire positif et aucune prescription à suivre. La tonalité même de l'article laisse entendre que cet athlète trafique de son identité sexuelle pour cacher des faits de dopage ! Alors je ne suis pas sûr que les adolescents qui le liront le comprendront de la manière que vous croyez. Quant à l'illustration de cet article, elle est complètement neutre.

4° Le dernier texte, qui définit le transsexualisme, n'est absolument pas prescriptif, puisqu'on parle même de "trouble de l'identité sexuelle". Qu'avez-vous à redire à cela ?
Le texte rappelle qu'on a souvent confondu ce "trouble" avec l'homosexualité - et de fait, les deux choses n'ont rien à voir. Je connais bien pas mal d'homos, et ils peuvent être très virilistes dans leur comportement, même lorsqu'ils sont passifs.

5° L'illustration de fond (le mannequin complètement androgyne) est ce qu'il y a de plus troublant. Mais je ne suis pas du tout certain que les adolescents le prennent bien ; je crois que vous sous-estimez leur autonomie ici. Vous sous-estimez aussi, et je serai paradoxal, leur conformisme de groupe : presque tout le monde trouvera cette image dégueu.

En définitive, que retirer de ces textes ? Que tout dépend du cours du professeur. D'abord, il peut très bien choisir de ne pas parler du sujet. Vous me direz qu'il est censé le faire, mais vu que les inspections sont bien rares, et que de toute façon les inspecteurs ont des pouvoirs réels très limités, vous pourrez vous rassurer. Je pense que c'est ce qui doit se passer (beaucoup de professeurs n'en parlent pas pour avoir la paix et pour faire du "vrai" cours). Vous anticipez le militantisme des profs. Mais ils ont beaucoup plus d'éthique de la neutralité que vous ne le croyez !

- "Mais, me direz-vous, il y a des élèves qui vont lire ça tout seuls même si le professeur n'en parle pas !" Vous êtes très optimiste quant à la curiosité que les élèves manifestent vis-à-vis de leurs manuels ! Et franchement, si un élève est assez lecteur pour être arrivé jusque là, cela veut dire aussi qu'il lit en général beaucoup dans la vie, c'est-à-dire qu'il a les ressources culturelles qui lui permettront de ne pas être manipulé - s'il y a manip, d'ailleurs, puisque ces textes ne sont pas si catégoriques que vous le dites.

Ensuite, il peut très bien en parler d'une manière constructive. Vous savez, ma prof de SVT en 4ème et en 3ème - les années où on apprend tout sur le zizi - était une religieuse. J'étais dans un établissements sous contrat, donc elle devait appliquer le programme et parler de tout. Elle l'a fait loyalement, sans cacher d'ailleurs l'enseignement de l'Eglise, en ajoutant une dimension éthique authentique ("la sexualité comme merveille et comme don") : bref, elle a été chaste et pudique, mais pas pudibonde.
Je crois que dans le fond, bien plus qu'une simple question de gender, le grief de beaucoup de catholiques porte sur le simple fait de parler de sexualité. Mais ils ont du mal à faire la différence entre ce qui est pudique et ce qui est puritain. Tant pis pour eux !

- "Mais - je vous imagine parler - il peut y avoir des profs militants qui vont endoctriner les élèves !" Oui, mais croyez-vous vraiment qu'ils ont besoin de manuels ? C'est le principe de la liberté pédagogique, elle va dans les deux sens. Et ne prétendez pas la supprimer, car là l'enseignement n'ira pas forcément dans le sens que vous croyez.

Bref, je crois que vous présumez beaucoup trop. Qu'est-ce qui vous choque ? Qu'on dise (sans même faire de commentaire positif) qu'il y a des gens pas comme tout le monde ? Qu'on parle juste de sexe ? Vous avez peur qu'on veuille transformer nos jeunes en fiottes de backrooms ?
Alors laissez-moi vous dire une chose. Je fréquente pas mal de tradis, et je suis ébahi par la quantité incroyable d'homos que l'on y trouve. On peut, bien sûr, voir cela comme le signe qu'ils comprennent la bienveillance de l'Eglise à leur égard (et comme le disait le curé d'une des paroisses concernées, "j'aime mieux les voir ici qu'au Marais"). Mais - vu le caractère systématique et prévisible de leur présence - on peut se demander si ce n'est pas plutôt un effet collatéral de l'éducation tradi. C'est à la limite de la caricature ! Je suis ouvert à la discussion, mais tant qu'à faire, si vous tenez tellement à la virilité hétérosexuelle des futurs hommes de ce pays, je me demande si vous ne vous trompez pas de cible.

Bien à vous,
MB

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Re: La théorie du genre

Message non lu par PaxetBonum » lun. 08 juin 2015, 15:00

MB a écrit : - une réserve de fond - et là, je serai d'accord avec vous - sur l'idée de faire ces débats, qui semblent incongrus dans un manuel de biologie.
(…)
Je pense que c'est ce qui doit se passer (beaucoup de professeurs n'en parlent pas pour avoir la paix et pour faire du "vrai" cours).
(…)
- "Mais, me direz-vous, il y a des élèves qui vont lire ça tout seuls même si le professeur n'en parle pas !" Vous êtes très optimiste quant à la curiosité que les élèves manifestent vis-à-vis de leurs manuels !
(…)
Bref, je crois que vous présumez beaucoup trop. Qu'est-ce qui vous choque ?
Ce qui me choque ce n'est pas l'enseignement de la sexualité bien au contraire, c'est l'enseignement de la théorie que vous dites ne pas exister.
Tout est là : cela n'a rien à faire dans un programme scolaire et encore moins dans un programme de SVT (ce que vous soulignez dans votre début de réponse).
Que dans de 'vrais" cours de SVT cela n'en fait pas partie (comme vous le soulignez aussi).
Il est inadmissible que l'état souscrive aux pressions de la LGBT pour déconstruire le bons sens naturel en plaçant ces théories fumeuses (qui n'existent pas) dans les manuels scolaires.

L'homosexualité n'a pas de lien direct.
Ni dans les cours à dispenser, ni dans la théorie du genre.
Certes se sont les LGB qui la colportent mais se sont seulement les T qui la prônent.
Les trois premiers sont des attirances sexuelles déviantes, le quatrième est un délire anatomique qui ne peut avoir de légitimité que si on fait avaler la théorie du genre. Toutefois (c'est à vérifier) les transexuels se mettent toujours en couple avec une personne de leur sexe biologique in fine.
Pax et Bonum !
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Re: La théorie du genre

Message non lu par MB » mar. 09 juin 2015, 1:15

Cher PaxetBonum,

C'est lassant, cette impression que vous ne lisez pas le contenu effectif de mes posts... Vous savez, j'ai d'autres choses à faire dans la journée et ils me demandent du temps.

Bien à vous,
MB

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Re: La théorie du genre

Message non lu par Anne » mar. 09 juin 2015, 2:57

Perso, je vous lis et je trouve le tout bien intéressant ! :-D

Est-ce que ça fait quand même l'affaire ? ;)
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
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Re: La théorie du genre

Message non lu par PaxetBonum » mar. 09 juin 2015, 8:03

MB a écrit :Cher PaxetBonum,

C'est lassant, cette impression que vous ne lisez pas le contenu effectif de mes posts... Vous savez, j'ai d'autres choses à faire dans la journée et ils me demandent du temps.

Bien à vous,
MB
Bonjour MB

J'ai bien lu l'intégralité de votre post, je n'ai fait que répondre à votre question : "Bref, je crois que vous présumez beaucoup trop. Qu'est-ce qui vous choque ?"

Vous me faîtes un procès d'intention car j'ai simplement exprimé en reprenant vos passages en accord avec ce qui me choque : cette théorie du genre n'a pas à être enseignée à l'école et encore moins en SVT.
Pax et Bonum !
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Re: La théorie du genre

Message non lu par Fée Violine » mar. 09 juin 2015, 13:58

Anne a écrit :Perso, je vous lis et je trouve le tout bien intéressant ! :-D

Est-ce que ça fait quand même l'affaire ? ;)
J'allais dire la même chose ! Et il y en a certainement beaucoup d'autres !

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Re: La théorie du genre

Message non lu par michel88 » mar. 09 juin 2015, 18:02

PaxetBonum a écrit :Ce qui me choque ce n'est pas l'enseignement de la sexualité bien au contraire, c'est l'enseignement de la théorie que vous dites ne pas exister.
Tout est là : cela n'a rien à faire dans un programme scolaire et encore moins dans un programme de SVT (ce que vous soulignez dans votre début de réponse).
Que dans de 'vrais" cours de SVT cela n'en fait pas partie (comme vous le soulignez aussi).
Il est inadmissible que l'état souscrive aux pressions de la LGBT pour déconstruire le bons sens naturel en plaçant ces théories fumeuses (qui n'existent pas) dans les manuels scolaires.
Moi je pense que c'est très bien d'enseigner très tôt aux petits enfants qu'une fille peut très bien jouer avec des jouets de garçons et un garçon avec des jouets de fille car il faut lutter contre les stéréotypes dés l'école maternelle.
PaxetBonum a écrit :se sont seulement les T qui la prônent [...] le quatrième est un délire anatomique qui ne peut avoir de légitimité que si on fait avaler la théorie du genre.
:-@ Que Dieu vous pardonne.
Soyez fier de ce que vous êtes !

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