Féministes et catholiques et fières de l'être

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Suliko
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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Suliko » ven. 09 févr. 2018, 12:21

Bonjours Cgs,

Effectivement, les idées féministes sont apparemment incompatibles avec la foi catholique. Par contre, si à mon avis assez peu de catholiques pratiquants se définissent comme féministes, Théodore a émis récemment une constatation très intéressante, que je me permets de citer :
J'ai personnellement été extrêmement frappé par la pénétration qu'ont les thèses féministes soft type "égalitarisme" (totalement incompatibles avec la vision chrétienne de la famille, qui est une hiérarchie naturelle avec le père comme tête) chez les jeunes catholiques français.

Après, il faut reconnaître qu'aujourd'hui en Occident, les femmes, mêmes catholiques, sont culturellement formatées aux thèses féministes, et il est donc compréhensible qu'elles réagissent mal à la doctrine de l'Eglise à ce sujet.
Autrement dit, des idées qui autrefois étaient essentiellement l'apanage des mouvements féministes et/ou libéraux sont aujourd'hui la norme, même dans des milieux plutôt conservateurs, et ne sont donc plus qualifiées de typiquement féministes. Je pense à des choses aussi basiques que le droit de vote de la femme, la contraception, l'entrée massive des jeunes femmes dans les universités/écoles supérieures, dans le monde du travail, etc... Il en ira peut-être un jour de même des revendications féministes actuelles que je citais dans mon précédent message...
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » ven. 09 févr. 2018, 15:42

Bonjour Suliko,

C'est sûr que la société civile change peu à peu ("cette figure du monde passe ...") à raison de facteurs qui sont complètement étrangers au christianisme.

Il est matériellement impossible de figer mentalement des millions d'individus dans un pays, les forçant à vivre avec toutes les mêmes petites habitudes que grand-père. Vous ne pourrez jamais faire en sorte que toutes les jeunes filles d'aujourd'hui aillent se comporter globalement comme des jeunes filles de bonne famille bourgeoise d'il y a deux ou trois siècles ! A supposer même - cela - que le modèle d'il y a deux ou trois siècles aurait lui-même été parfait ! En même temps, on peut douter que le rôle de l'Église serait de se mettre au service de la "réaction" et comme pour défendre un modèle ancien de société.

Puis c'est entendu que la "philosophie libérale" qui anime notre monde paraît assez impure dans ses racines. Je ne vais pas vous l'apprendre : les libéraux ne font pas eux-mêmes acte de soumission envers le Pape, la hiérarchie, l'Évangile ou la Bible; encore moins envers une quelconque tradition religieuse ! Surtout pas !

Mais de tout temps je pense que le rôle de l'Église et des croyants catholiques en particulier consistait à filtrer ces choses du monde. Le mot d'ordre aura toujours été de retenir ce qui est bon. Il s'agit de faire avec ce qui est valable, tolérable, utile; ce qui est vivable, profitable, évangélisable, impossible à éviter, le moindre mal.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » sam. 10 févr. 2018, 4:32

Kitab a écrit :
Aux détracteurs : non, nous ne sommes pas hostiles aux hommes, nous souhaitons seulement l'égalité entre les deux sexes ; nous défendons la contraception car la femme n'est pas forcément vouée à procréer à tout prix : un homme refusant d'avoir des enfants (ne serait-ce qu'à un moment donné de sa vie ) n'est pas critiqué, une femme le sera - parce qu'elle "refuse" de fonder une famille. Mais on parle de famille à partir de deux personnes - un couple sans enfants est donc une famille :) Il s'agit là d'un choix , une femme devrait,, au même titre qu'un homme, avoir le droit de choisir, tout simplement. Choisir de privilégier sa vie professionnelle, par exemple. Car oui, l'utérus peut très bien ne pas servir et Dieu ne saurait nous le reprocher un jour. La contraception est aussi un choix responsable.
Remarquez que l''Église n'a jamais dit qu'une femme était vouée à procréer à tout prix ou que toute personne serait passible d'un jugement spécial du simple fait de n'avoir procréer ou élevé soi-même des enfants !

Par contre, d'un point de vue chrétien : le motif de nos actions n'est pas neutre. Il serait important que ce que nous ferions le serait en vue du Seigneur. On peut ne pas avoir d'enfant en vue du Seigneur ou au contraire en avoir. Les deux options sont bonnes. Ce qui est discutable c'est le fait d'agir sans prêter la moindre attention à la volonté de Dieu. Faire comme si Dieu n'existait pas ! Voilà le problème si l'on considère que notre fin dernière serait de voir Dieu ou d'aspirer à la béatitude promise dans l'Évangile.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Suliko » sam. 10 févr. 2018, 10:56

Bonjour Cinci,

Vous noterez tout d'abord que mon précédent message était purement descriptif et ne visait nullement à encourager un retour au XVIIIe siècle ou Dieu sait quoi d'autre. Votre premier paragraphe me semble donc un peu à côté du sujet. Mais puisque vous en parlez, autant préciser qu'il ne s'agit pas de revenir à un ordre social plus ancien, mais tout simplement d'être fidèle aux dix commandements du mieux que nous pouvons. Et si notre société promeut un mode de vie qui s'oppose largement à la Loi divine, alors il est clair qu'il faut rester attaché aux commandements, et pas à un monde impie. Et en l'occurrence, je ne vois pas comment on peut se déclarer féministe et catholique.
Vous abordez également la question de l'Eglise et des croyants en tant que responsables de filtrer ce qui est bon ou neutre dans notre société et de rejeter ce qui ne l'est pas. Certes, vous avez raison, mais j'ai comme l'impression que le filtre ne marche plus très bien depuis le concile ! Les baptisés, y compris les pratiquants réguliers, acceptent beaucoup trop de choses qui sont un danger pour la foi et qui n'auraient pas été acceptées il n'y a encore pas si longtemps ! Le souci, c'est que j'ai l'impression que pour beaucoup de catholiques, on dirait que le plus important est de montrer une image positive de leur religion au monde, d'être aimés, plutôt que de se battre pour que l'Eglise, voire seulement la Loi naturelle, soit respectée. C'est une grave erreur : de par le contenu de notre foi, nous ne plairons jamais aux libéraux et à l'Européen de base formaté dans le rejet de Dieu. Ils peuvent certes très bien apprécier tel ou tel catholique en particulier, en raison de ses qualités, mais guère plus ! C'est un constat que je fais presque quotidiennement : afficher même calmement ses opinions catholiques, c'est s'exposer au rejet et souvent au mépris. Dans ce contexte, il est facile d'être tenté de diluer le dogme et la morale pour être mieux vu. Parfois, on le fait même avec les meilleures intentions du monde, en se disant que des gens très éloignés de l'Eglise ne peuvent pas prendre dès le début une nourriture trop consistante. C'est parfois vrai, mais le problème, c'est que trop souvent, la nourriture plus consistante n'est jamais donnée et qu'au final, ce n'est pas le libéral qui devient catholique, mais le catholique qui devient libéral !
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » sam. 10 févr. 2018, 16:21

Suliko a écrit :
... mais j'ai comme l'impression que le filtre ne marche plus très bien depuis le concile ! Les baptisés, y compris les pratiquants réguliers, acceptent beaucoup trop de choses qui sont un danger pour la foi [...]
C'est vrai que le filtre ne marche plus très bien si l'on songe au grand nombre. Je suis d'accord.

Il faut dire aussi que le système d'éducation publique est contrôlé littéralement par les adversaires de la foi. Et je suis d'accord que nos évêques ont pour politique d'y faire profil bas. Ils vont demander explicitement aux catholiques engagés de ne heurter personne, d'être compréhensif, gentil, ouvert, etc.

Les catholiques deviennent libéraux parce qu'ils sont bombardés en permanence par des messages et slogans libéraux via les grands médias; il n'y a là aucun mystère. Les catholiques d'Occident vivent dans des régimes où ceux qui détiennent les rennes du pouvoir sont des libéraux, des gens qui sont tous "vendus" à la philosophie libérale. Dans ces conditions, l'on ne peut pas s'attendre à ce que les paroissiens de France et de Navarre se comportassent en masse comme des catholiques de 1934 vivant dans l'arrière-pays, dans une campagne retirée du sud de l'Italie.

[...]

Je veux dire que l'Église offre aussi un aspect de société, et puis cet "aspect de société" aura été de tout temps parfaitement poreux à la culture et à la civilisation ambiante. C'était déjà vrai pour l'Église antique, ensuite celle du Moyen Age et ainsi de suite. C'est tellement vrai que c'est justement cela que "nos" protestants reprochent souvent à l'Église antique : avoir été trop poreuse à des influences culturelles ambiantes et extra-bibliques. La recherche d'un certain purisme en mènent donc plusieurs à une rupture totale et intégrale d'avec une hiérarchie jugée trop complaisante avec le monde ("Il aurait fallu que ..."; "Y a qu'à ..."; "Trahison !"; "Le mieux serait de ..." ) C'est ainsi que Luther réagissait lui-même face à des prélats au trois-quart formatés par de ces "bonnes valeurs" de la Renaissance.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar JCNDA » sam. 10 févr. 2018, 17:20

Cinci a écrit:
Ils vont demander explicitement aux catholiques engagés de ne heurter personne, d'être compréhensif, gentil, ouvert, etc.

La recherche d'un certain purisme en mènent donc plusieurs à une rupture totale et intégrale d'avec une hiérarchie jugée trop complaisante avec le monde
En effet, on avance et puis on recule. C'est parfait.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cepora » dim. 11 févr. 2018, 1:21

Bonjour Cinci,
Mais de tout temps je pense que le rôle de l'Église et des croyants catholiques en particulier consistait à filtrer ces choses du monde. Le mot d'ordre aura toujours été de retenir ce qui est bon. Il s'agit de faire avec ce qui est valable, tolérable, utile; ce qui est vivable, profitable, évangélisable, impossible à éviter, le moindre mal.
Il y a quand même une grande différence entre ce qui est bon et le moindre mal. Si effectivement ce qui est bon doit être retenu, en revanche la tolérance d’un moindre mal doit uniquement permettre d’éviter un mal plus grand. Il s’agit de deux conceptions morales bien distinctes. De plus il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux (voir l’encyclique Humanae vitae et Veritatis splendor). Cela ne laisse pas beaucoup de possibilité pour un accommodement ou un compromis avec ce qui est objectivement un mal. Ainsi, certaines revendications féministes sont objectivement un mal au regard de la loi naturelle, et la tolérance de ces revendications ne permet pas d’éviter un plus grand mal, bien au contraire.


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