Féministes et catholiques et fières de l'être

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Suliko
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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Suliko » ven. 09 févr. 2018, 12:21

Bonjours Cgs,

Effectivement, les idées féministes sont apparemment incompatibles avec la foi catholique. Par contre, si à mon avis assez peu de catholiques pratiquants se définissent comme féministes, Théodore a émis récemment une constatation très intéressante, que je me permets de citer :
J'ai personnellement été extrêmement frappé par la pénétration qu'ont les thèses féministes soft type "égalitarisme" (totalement incompatibles avec la vision chrétienne de la famille, qui est une hiérarchie naturelle avec le père comme tête) chez les jeunes catholiques français.

Après, il faut reconnaître qu'aujourd'hui en Occident, les femmes, mêmes catholiques, sont culturellement formatées aux thèses féministes, et il est donc compréhensible qu'elles réagissent mal à la doctrine de l'Eglise à ce sujet.
Autrement dit, des idées qui autrefois étaient essentiellement l'apanage des mouvements féministes et/ou libéraux sont aujourd'hui la norme, même dans des milieux plutôt conservateurs, et ne sont donc plus qualifiées de typiquement féministes. Je pense à des choses aussi basiques que le droit de vote de la femme, la contraception, l'entrée massive des jeunes femmes dans les universités/écoles supérieures, dans le monde du travail, etc... Il en ira peut-être un jour de même des revendications féministes actuelles que je citais dans mon précédent message...
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » ven. 09 févr. 2018, 15:42

Bonjour Suliko,

C'est sûr que la société civile change peu à peu ("cette figure du monde passe ...") à raison de facteurs qui sont complètement étrangers au christianisme.

Il est matériellement impossible de figer mentalement des millions d'individus dans un pays, les forçant à vivre avec toutes les mêmes petites habitudes que grand-père. Vous ne pourrez jamais faire en sorte que toutes les jeunes filles d'aujourd'hui aillent se comporter globalement comme des jeunes filles de bonne famille bourgeoise d'il y a deux ou trois siècles ! A supposer même - cela - que le modèle d'il y a deux ou trois siècles aurait lui-même été parfait ! En même temps, on peut douter que le rôle de l'Église serait de se mettre au service de la "réaction" et comme pour défendre un modèle ancien de société.

Puis c'est entendu que la "philosophie libérale" qui anime notre monde paraît assez impure dans ses racines. Je ne vais pas vous l'apprendre : les libéraux ne font pas eux-mêmes acte de soumission envers le Pape, la hiérarchie, l'Évangile ou la Bible; encore moins envers une quelconque tradition religieuse ! Surtout pas !

Mais de tout temps je pense que le rôle de l'Église et des croyants catholiques en particulier consistait à filtrer ces choses du monde. Le mot d'ordre aura toujours été de retenir ce qui est bon. Il s'agit de faire avec ce qui est valable, tolérable, utile; ce qui est vivable, profitable, évangélisable, impossible à éviter, le moindre mal.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » sam. 10 févr. 2018, 4:32

Kitab a écrit :
Aux détracteurs : non, nous ne sommes pas hostiles aux hommes, nous souhaitons seulement l'égalité entre les deux sexes ; nous défendons la contraception car la femme n'est pas forcément vouée à procréer à tout prix : un homme refusant d'avoir des enfants (ne serait-ce qu'à un moment donné de sa vie ) n'est pas critiqué, une femme le sera - parce qu'elle "refuse" de fonder une famille. Mais on parle de famille à partir de deux personnes - un couple sans enfants est donc une famille :) Il s'agit là d'un choix , une femme devrait,, au même titre qu'un homme, avoir le droit de choisir, tout simplement. Choisir de privilégier sa vie professionnelle, par exemple. Car oui, l'utérus peut très bien ne pas servir et Dieu ne saurait nous le reprocher un jour. La contraception est aussi un choix responsable.
Remarquez que l''Église n'a jamais dit qu'une femme était vouée à procréer à tout prix ou que toute personne serait passible d'un jugement spécial du simple fait de n'avoir procréer ou élevé soi-même des enfants !

Par contre, d'un point de vue chrétien : le motif de nos actions n'est pas neutre. Il serait important que ce que nous ferions le serait en vue du Seigneur. On peut ne pas avoir d'enfant en vue du Seigneur ou au contraire en avoir. Les deux options sont bonnes. Ce qui est discutable c'est le fait d'agir sans prêter la moindre attention à la volonté de Dieu. Faire comme si Dieu n'existait pas ! Voilà le problème si l'on considère que notre fin dernière serait de voir Dieu ou d'aspirer à la béatitude promise dans l'Évangile.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Suliko » sam. 10 févr. 2018, 10:56

Bonjour Cinci,

Vous noterez tout d'abord que mon précédent message était purement descriptif et ne visait nullement à encourager un retour au XVIIIe siècle ou Dieu sait quoi d'autre. Votre premier paragraphe me semble donc un peu à côté du sujet. Mais puisque vous en parlez, autant préciser qu'il ne s'agit pas de revenir à un ordre social plus ancien, mais tout simplement d'être fidèle aux dix commandements du mieux que nous pouvons. Et si notre société promeut un mode de vie qui s'oppose largement à la Loi divine, alors il est clair qu'il faut rester attaché aux commandements, et pas à un monde impie. Et en l'occurrence, je ne vois pas comment on peut se déclarer féministe et catholique.
Vous abordez également la question de l'Eglise et des croyants en tant que responsables de filtrer ce qui est bon ou neutre dans notre société et de rejeter ce qui ne l'est pas. Certes, vous avez raison, mais j'ai comme l'impression que le filtre ne marche plus très bien depuis le concile ! Les baptisés, y compris les pratiquants réguliers, acceptent beaucoup trop de choses qui sont un danger pour la foi et qui n'auraient pas été acceptées il n'y a encore pas si longtemps ! Le souci, c'est que j'ai l'impression que pour beaucoup de catholiques, on dirait que le plus important est de montrer une image positive de leur religion au monde, d'être aimés, plutôt que de se battre pour que l'Eglise, voire seulement la Loi naturelle, soit respectée. C'est une grave erreur : de par le contenu de notre foi, nous ne plairons jamais aux libéraux et à l'Européen de base formaté dans le rejet de Dieu. Ils peuvent certes très bien apprécier tel ou tel catholique en particulier, en raison de ses qualités, mais guère plus ! C'est un constat que je fais presque quotidiennement : afficher même calmement ses opinions catholiques, c'est s'exposer au rejet et souvent au mépris. Dans ce contexte, il est facile d'être tenté de diluer le dogme et la morale pour être mieux vu. Parfois, on le fait même avec les meilleures intentions du monde, en se disant que des gens très éloignés de l'Eglise ne peuvent pas prendre dès le début une nourriture trop consistante. C'est parfois vrai, mais le problème, c'est que trop souvent, la nourriture plus consistante n'est jamais donnée et qu'au final, ce n'est pas le libéral qui devient catholique, mais le catholique qui devient libéral !
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Message non lupar Cinci » sam. 10 févr. 2018, 16:21

Suliko a écrit :
... mais j'ai comme l'impression que le filtre ne marche plus très bien depuis le concile ! Les baptisés, y compris les pratiquants réguliers, acceptent beaucoup trop de choses qui sont un danger pour la foi [...]
C'est vrai que le filtre ne marche plus très bien si l'on songe au grand nombre. Je suis d'accord.

Il faut dire aussi que le système d'éducation publique est contrôlé littéralement par les adversaires de la foi. Et je suis d'accord que nos évêques ont pour politique d'y faire profil bas. Ils vont demander explicitement aux catholiques engagés de ne heurter personne, d'être compréhensif, gentil, ouvert, etc.

Les catholiques deviennent libéraux parce qu'ils sont bombardés en permanence par des messages et slogans libéraux via les grands médias; il n'y a là aucun mystère. Les catholiques d'Occident vivent dans des régimes où ceux qui détiennent les rennes du pouvoir sont des libéraux, des gens qui sont tous "vendus" à la philosophie libérale. Dans ces conditions, l'on ne peut pas s'attendre à ce que les paroissiens de France et de Navarre se comportassent en masse comme des catholiques de 1934 vivant dans l'arrière-pays, dans une campagne retirée du sud de l'Italie.

[...]

Je veux dire que l'Église offre aussi un aspect de société, et puis cet "aspect de société" aura été de tout temps parfaitement poreux à la culture et à la civilisation ambiante. C'était déjà vrai pour l'Église antique, ensuite celle du Moyen Age et ainsi de suite. C'est tellement vrai que c'est justement cela que "nos" protestants reprochent souvent à l'Église antique : avoir été trop poreuse à des influences culturelles ambiantes et extra-bibliques. La recherche d'un certain purisme en mènent donc plusieurs à une rupture totale et intégrale d'avec une hiérarchie jugée trop complaisante avec le monde ("Il aurait fallu que ..."; "Y a qu'à ..."; "Trahison !"; "Le mieux serait de ..." ) C'est ainsi que Luther réagissait lui-même face à des prélats au trois-quart formatés par de ces "bonnes valeurs" de la Renaissance.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar JCNDA » sam. 10 févr. 2018, 17:20

Cinci a écrit:
Ils vont demander explicitement aux catholiques engagés de ne heurter personne, d'être compréhensif, gentil, ouvert, etc.

La recherche d'un certain purisme en mènent donc plusieurs à une rupture totale et intégrale d'avec une hiérarchie jugée trop complaisante avec le monde
En effet, on avance et puis on recule. C'est parfait.
"Car Yahweh connait la voie du juste, mais la voie des pécheurs mène à la ruine."
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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cepora » dim. 11 févr. 2018, 1:21

Bonjour Cinci,
Mais de tout temps je pense que le rôle de l'Église et des croyants catholiques en particulier consistait à filtrer ces choses du monde. Le mot d'ordre aura toujours été de retenir ce qui est bon. Il s'agit de faire avec ce qui est valable, tolérable, utile; ce qui est vivable, profitable, évangélisable, impossible à éviter, le moindre mal.
Il y a quand même une grande différence entre ce qui est bon et le moindre mal. Si effectivement ce qui est bon doit être retenu, en revanche la tolérance d’un moindre mal doit uniquement permettre d’éviter un mal plus grand. Il s’agit de deux conceptions morales bien distinctes. De plus il n’est pas permis, même pour de très graves raisons, de faire le mal afin qu’il en résulte un bien, même avec l’intention de sauvegarder ou de promouvoir des biens individuels, familiaux ou sociaux (voir l’encyclique Humanae vitae et Veritatis splendor). Cela ne laisse pas beaucoup de possibilité pour un accommodement ou un compromis avec ce qui est objectivement un mal. Ainsi, certaines revendications féministes sont objectivement un mal au regard de la loi naturelle, et la tolérance de ces revendications ne permet pas d’éviter un plus grand mal, bien au contraire.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » dim. 04 mars 2018, 2:54

Cepora a écrit :
Ainsi, certaines revendications féministes sont objectivement un mal au regard de la loi naturelle, et la tolérance de ces revendications ne permet pas d’éviter un plus grand mal, bien au contraire.
Vous avez raison. Il est évident qu'il y a une foule de sujets à propos desquels nombre de féministes vont adopter des prises de position contraire à la foi de l'Église. C'est le cas à propos de l'avortement sur demande, le refus de la différenciation sexuelle, la promotion de l'individualisme à outrance couplé à un rejet de la foi chrétienne cf. le piège tendu par les phallocrates afin d'enchaîner les femmes et pour mieux les exploiter et blabla ...

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Fleur de Lys » dim. 25 mars 2018, 12:22

Se sentir reconnaissante envers ces femmes qui se sont battues pour une égalité homme-femme (droit de vote, de travailler, d'avoir son propre compte en banque, de porter un pantalon, de faire du sport, d'entrer dans la Police ou de faire des études de médecine) est-ce vraiment contraire à la vision de l'Eglise?

Les femmes étaient des mineures dans le droit napoléonien, revendiquer contre cette injustice est selon moi "du bon féminisme".

Maintenant, l'égalité en droit quasi acquise (les salaires diffèrent encore, entre autres) les féministes pures et dures seraient au chômage si elles ne revendiquaient pas toujours plus loin.
Peut-on alors considérer le féminisme comme intrinsèquement mauvais (depuis toujours) ? Ou juste mais actuellement déviant?
Ou bien, le combat pour une égalité des droits n'aurait plutôt jamais été un combat féministe mais un combat de justice et qu'il y a eu confusion des deux - les féministes en profitant?

Concernant l'avortement, je me sens moralement contre, bien que POUR sa dépénalisation - c'est à dire que l'Etat ne poursuit personne pour crime (car légal ou pas il y a toujours eu des avortements mais dans quelles conditions?!). Est-ce vraiment incompatible de se revendiquer chrétienne?

Vous allez peut-être me dire que mes questions sont sans objet si vous pensez qu'une femme est inutile dans la Police ou dans les isoloirs électoraux...

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar prodigal » dim. 25 mars 2018, 14:36

Chère Fleur de Lys,
vos interrogations me semblent tout à fait légitimes.
Sans doute faut-il en cette affaire bien distinguer le fait et le droit.
Dans les faits, il est exact que des féministes ont pu se dire opposées à la foi chrétienne en tant que féministes, de manière irréconciliable, la religion n'étant pour elles qu'un moyen d'affermir la domination masculine.
Réciproquement, des catholiques ont pu prétendre que les femmes devaient être soumises aux hommes et que cela faisait partie de la foi catholique. Evidemment, c'est une bonne manière pour ces deux camps d'être parfaitement d'accord pour se dire en désaccord! et cela laisse des traces.
Mais, si, comme moi, vous appelez féminisme l'idée selon laquelle la défense des droits des femmes est un combat politique essentiel, idée que d'ailleurs je partage, cette position de départ n'est pas incompatible avec la foi catholique, puisque celle-ci engage au contraire à travailler en vue de la justice et à défendre partout les opprimés (et bien sûr aussi les opprimées). Il reste cependant, je le reconnais, des occasions de dispute sur ce que sont les droits des femmes d'une part, et sur les moyens de les défendre d'autre part. Mais, en droit, le féminisme ainsi défini et la foi catholique sont a priori compatibles.
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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cinci » mer. 28 mars 2018, 17:29

Fleur de Lys a écrit :
Vous allez peut-être me dire que mes questions sont sans objet [...]
C'est surtout que le féminisme représente historiquement un mouvement profane, dans lequel on retrouve toutes sortes de choses soit du meilleur ou bien du pire. Il faut tenir compte aussi du fait que les revendications sociales du féminisme de l'an 2000 ne sont pas celles des féministes de l'an 1890 ou 1910.

Et l'on ne devient pas féministe en 2018 pour refaire les bons combats d'Il y a cent ans ou plus.

Je dis mouvement profane, parlant du féminisme, mais encore que ... s'il me fallait écouter Philippe Muray dans son bouquin sur le XIXe siècle : l'on pourrait penser que le féminisme aurait des racines ésotériques (genre : Madame Blavatski) tout à fait dignes de la "révolte antichrétienne du meilleure cru", et ce, au moins dans ses fidèles inspiratrices et héroïnes de la première heure. Donc, une possible origine "trouble" pour le mouvement ... ce que je ne serais pas loin de croire.

En tout cas, que l'origine de la mouvance féministe soit trouble ou pas (vous penserez ce que vous voudrez) : l'on n'aurait pas de mal non plus à se figurer que les militantes pouvaient revendiquer certaines justes causes. de vraies et bonnes causes.

La bonne cause

Eh oui ! il n'existe aucun(e) militant(e) de quoi que ce soit qui puisse le devenir, en se réclamant de mauvaises causes, d'objectifs déclarés les plus vils, pour accroître l'injustice dans le monde ! Non, les féministes comme les autres pouvaient attacher leur activisme politico-social derrière la nécessité de mener de justes combats. C'est sûr ! Donc, le problème ne réside pas dans le fait que des féministes aient pu lutter pour certaines bonnes causes. Léon Trotski luttait également pour de bonnes causes, pour la noble et sainte cause des travailleurs exploités.

Non

Si l'on se reporte à notre temps, l'on risque surtout de trouver que les "bonnes causes" du féminisme d'aujourd'hui - et qui ne sont pas celles de jadis - sont surtout des causes qui contredisent de plein fouet la pensée de l'Église en général.

On y réclame le droit à une sexualité sauvage ("je fais ce que je veux, comme je veux et avec qui je veux, etc."), les magazines féminins/féministes sont devenus les meilleurs alliés des pornocrates de l'industrie XXX de Californie, on lutte pour le développement de l'homosexualisme, du transexualisme, du droit de choisir soi-même son appartenance sexuelle.

Il y a un passage spécifique dans la Bible qui évoque le sort de ceux qui ont abandonné la cause divine. Il est dit que ces derniers sont devenus fous littéralement, intellectuellement dérangés, malsains dans leurs raisonnements. Ils sont livrés à leurs idées folles et désireux de changer les rapports naturels entre les gens. La morale naturelle ? Exit.

Personnellement, à voir la teneur du discours actuel des éminences du mouvement : il me serait difficile de donner tort au propos grincheux de la Bible.

Ensuite

Comment ne pas voir le degré d'abaissement auquel les féministes d'aujourd'hui sont capables de descendre, en terme même de trahison à l'égard de la cause des femmes elles-mêmes, lorsqu'elles se font les meilleures alliées des islamistes ici et là ? Pour moi c'est impossible de manquer cette "hérésie".

Qui ne verrait comment "nos" féministes sont plus soucieuses de défendre la cause migratoire islamique en particulier que de défendre la cause des citoyennes (ou néo-citoyennes d'origine étrangère peu importe) victimes du comportement primaire des brutes phallocratiques qu'elles seraient pourtant censé dénoncer mais qu'elles ne dénoncent jamais, jamais au grand jamais, si ce comportement serait le fait des "bons sauvages" musulmans.

Si on résume ...

Révolte contre le "Père qui est aux Cieux", refus d'enfanter, trahison nationale, activisme en faveur de la liberté des coranistes : tout se tient assez et pour former un assez beau portrait à charge.

Absence de foi, culture de la mort, haine de soi, agitation stérile dans l'absence de paix, promotion de l'avortement à l'usage des nationaux, de l'euthanasie également ... volonté de changer les autres (papa, les chrétiens, la psyché des fondateurs de la république, etc.) et comme si à force d'obliger les autres à changer, nos revendicateurs/revendicatrices pourraient finir par trouver la paix ainsi. Une belle illusion !

Le problème du féminisme institutionnel organisé : il s'enracine dans une sorte de mensonge.

Le problème ce ne sont pas les bonnes causes (cf. égalité citoyenne devant la loi, égale dignité des personnes, droit de vote, etc.) mais le mensonge à la racine (ex : la femme est un homme comme les autres, le refus d'accepter son sexe travesti en une chose vertueuse, nous sommes tous des immigrants, l'homme blanc occidental est une peste pour la planète terre et "le" coupable par excellence de tout ce qui va mal, la religion chrétienne est un danger (Haro sur les curés !) ... voir le discours des Simone).

Autre perspective ?

On peut peut-être penser que le mouvement féministe fut providentiel (permission divine ...) afin d'aider un peu l'avancement de certaines bonnes causes, même si cela aurait dû se faire en partant d'idées ou de motivations souvent douteuses chez les acteurs eux-mêmes du changement. Peut-être ...

Alors quoi ?

Le féminisme est-il une force pour obliger des conservateurs à plier du bord de la lumière , comme des grévistes pour obliger le patron à faire montre d'un peu plus de décence ? comme le communisme pour forcer les gouvernants à élever les conditions de vie des plus pauvres ? et pour la plus grande confusion des pécheurs que nous sommes à la fin et qui ne sont jamais capables de se comporter spontanément de façon juste, sans qu'il y ait la peur de "quelque chose" derrière ?

Si c'est le cas du féminisme - cf. être un peu utile à l'occasion -, cela ne signerait pas pour autant la bonté intrinsèque du mouvement, je pense. Cela signerait surtout la misère des hommes en général.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cepora » mer. 28 mars 2018, 17:35

Bonjour Fleur de Lys,

Vous dites que l'égalité en droit est quasi acquise ; à ce propos, je suis en désaccord avec vous, car l'égalité du droit entre les hommes et les femmes peut encore évoluer. Mais pour comprendre la finalité d'un principe, il faut premièrement en définir le fondement ; sur quoi repose cette égalité ? Elle repose principalement sur une certaine conception de l'individu. Il s'agit d'une conception philosophique dite positive, qui est en fait apophatique, et qui consiste à nier les différences anthropologiques et ontologiques existantes entre les hommes et les femmes, afin d'en éliminer tous les facteurs discriminants. Une telle conception de la personne pose problème, car elle en vient à nier le rôle respectif et complémentaire de chacun dans la société, ainsi que dans la famille qui en constitue le fondement.

Vers quoi évolue cette conception de l'égalité en droit ? Elle évolue en toute logique vers la négation de nos différences anthropologiques et ontologiques, vers la théorie du genre, etc.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar prodigal » mer. 28 mars 2018, 17:50

L'égalité en droit de l'homme et de la femme repose sur leur appartenance commune à l'espèce humaine et sur leur égale dignité. Il n'est pas nécessaire d'inventer d'autres fondements.
Il va de soi que l'égalité et la différence ne sont pas incompatibles, qu'il soit question d'hommes ou de femmes. Je suis l'égal de mon frère, je suis aussi son semblable, mais je ne suis pas identique à lui. Et si vous remplacez mon frère par ma sœur, c'est exactement la même chose. Cela ne va-t-il pas de soi pour un chrétien?
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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Fleur de Lys » jeu. 29 mars 2018, 5:29

Merci Prodigal, Cinci, et Cepora,
L'égalité en droit de l'homme et de la femme repose sur leur appartenance commune à l'espèce humaine et sur leur égale dignité. Il n'est pas nécessaire d'inventer d'autres fondements. 
Je n'aurais pas mieux formulé. C'est en effet le fond de ma pensée.

Cepora,
C'est pourquoi j'ai dis quasi "acquise" et non "acquise" parce que par rapport au 19e siécle y a pas photo. Même s'il y a encore des inégalités.
Et si le fondement du féminisme est ce que vous décrivez - négation des différences, ça me semble en effet pervers.

Cinci,
Je vous rejoins sur les féministes d'aujourd'hui, et je n'en suis pas. Ma "définition" du féminisme date un peu pourtant il faut bien se méfier du sens des mots, et je ne peux en effet me définir féministe en 2018 à cause de cela sous-entend.
Mais peut-être serions-nous arrivés à la même égalité en droit en appliquant plus la charité chrétienne? En reconnaissant les Droits de la Personne humaine, homme ou femme, sans pour autant nier les particularités de chacun.

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Re: Féministes et catholiques et fières de l'être

Message non lupar Cepora » jeu. 29 mars 2018, 9:33

C'est ainsi que je perçois ce mouvement idéologique, et je l'analyse tel qu'il se présente à moi, sans aucune opinion préconçue sur ce qu'il devrait être. Si vous convenez que ce mouvement dégénère, alors concluez qu'il est mû par autre chose que la vérité. Par ailleurs, nous sommes d'accord pour dire que tous les humains jouissent d'une égale dignité (ce principe d'égale dignité trouve son fondement dans la conception chrétienne de la personne humaine).


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