Le Christ et le végétarisme

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Tian
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » dim. 06 sept. 2015, 11:47

Bonjour,

J'ai suivi dans les grandes lignes cette conversation et j'avoue que c'est un sujet qui m'a toujours un peu gênée.

Le fait que le Christ n'ait pas été végétarien est quelque peu troublant pour moi, car nous qui sommes mauvais, nous avons de la compassion pour les animaux (enfin certains d'entre nous) et je ne pense pas que dans l'ordre du "Bien" on puisse décemment dire qu'une personne qui ressent cette compassion, surtout si elle s'accompagne en priorité de l'amour de son prochain, a un manque en elle.

Au contraire, je pense qu'on dira qu'elle a une douceur et une sensibilité en "plus".

Aimer les animaux, et préférer les voir vivre plutôt que les faire souffrir en les tuant pour les manger est plutôt un pas de plus vers la bonté, et non l'inverse.

Pourtant, bien que le Christ soit l'Amour en personne et qu'il ne puisse être tenté par aucun mal, il ne ressentait pas cette compassion. Il n'a même pas indiqué cette voie comme étant une voie de perfection.

L'Immaculée Conception qu'était la Vierge ne la ressentait pas non plus puisqu'ils mangeaient tous les deux des animaux.

Il me semblerait pourtant logique qu'étant conçus sans péché, quelque chose en eux se refuse à tolérer toute souffrance, fût-elle animale ; mais non, leurs nourritures correspondaient à celles autorisées après la "chute" et ils n'ont rien dit à ce sujet.

Il faut avoir vu un agneau, un veau (je prends les animaux les plus adorables physiquement) se faire égorger pour se poser des questions sur la dureté du cœur de ceux qui peuvent faire abstraction de ces souffrances pour se délecter de ces chairs.

Or le Christ était la bonté même ! C'est donc totalement contradictoire. Je ne comprends pas…

Maintenant, s'il n'y a rien d'autre à manger, bien sûr, et je ne parle pas de ce cas-là.

Cette question du végétarisme m'a toujours attristée, et je bute là-dessus depuis toujours.

Je n'ai jamais reçu une réponse apaisante et consolante à ce sujet.

Cela m'ennuie que les bouddhistes aient cette perfection, cette conscience en plus, ce respect de toutes vies et pas nous.

Maintenant, j'ai bien conscience aussi que si le Christ avait prôné le végétarisme il n'y aurait sans doute eu ni disciples, ni Eglise.

Fraternellement,

Tian
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » dim. 06 sept. 2015, 12:16

... Pour faire suite à mon message ci-dessus, je rajouterais également que si l'on prend le Catéchisme, les passages concernant les animaux, et sous couvert de bons sentiments, non seulement ne dissuadent pas de les exploiter, mais y poussent.

2417 Dieu a confiés les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image (cf. Gn 2, 19-20 ; 9, 1-4). Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et dans ses loisirs. Les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement acceptables, pourvu qu’elles restent dans des limites raisonnables et contribuent a soigner ou sauver des vies humaines.

2418 Il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. Il est également indigne de dépenser pour eux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes. On peut aimer les animaux ; on ne saurait détourner vers eux l’affection due aux seules personnes.



Pour la derniere phrase, je note que je suis "indigne", et sans doute bien des catholiques, puisque je "dépense" de l'argent qui -de fait- ne sera pas donner pour soulager la misère des hommes.

Quant à détourner vers eux l'affection due aux seules personnes, là encore il y a un manque de sensibilité et de compréhension évidente de ce qu'est l'affection que l'on ressent pour un animal.

LaurentM
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar LaurentM » dim. 06 sept. 2015, 19:06

Les conditions d'élevage des animaux à l'époque du Christ n'avaient certainement rien à voir avec les déviances actuelles...
Même s'il ne faut pas non plus idéaliser, la vie des bêtes devait être aussi rude que celle des hommes.

Je ne mange quasiment plus de viande depuis une dizaine d'années parce que je pense que l'élevage industriel est une abomination, sans pour autant être végétarien par principe. Je ne verrais par exemple pas d'objection à manger la viande d'un animal tué à la chasse : un animal qui a vécu sa vie, a éventuellement eu sa chance d'échapper au chasseur humain, qui est un prédateur parmi d'autres.
Ou même celle d'un animal issu de méthodes d'élevage plus traditionnelles, qui a pu se balader dans un pré, jouer avec ses congénères, etc., pour peu que la mise à mort soit un bref moment à passer.

Pourquoi une abomination ?
Il ne s'agit pas d'un crime contre une nature abstraite, mais d'une simple conséquence du fait que la continuité entre l'animal et l'humain ne se limite pas à la biologie. Tout être vivant doté d'un système nerveux est conscient, même à un niveau rudimentaire. Et plus particulièrement les mammifères.
Lorsque vous mangez une tranche de jambon provenant d'un cochon qui n'a jamais vu la lumière du jour et a vécu immobilisé dans une cage pendant toute sa courte vie, pensez qu'il s'agit d'un animal aussi intelligent et sensible que votre chien ou votre chat, d'un être conscient, même si son niveau de conscience n'atteint pas celui d'un être humain.

La chasse et l'élevage traditionnel ne permettrait pas de couvrir notre consommation actuelle, mais d'un autre côté, sur le plan nutritionnel, on peut se passer de cette viande, et tirer les protéines qui nous sont indispensables du poisson, ou des oeufs (bio évidemment, pondus par des poules élevées en plein air), ou accepter de payer plus cher la viande provenant d'élevage traditionnel, en en consommant moins. En ce qui me concerne, je m'en porte très bien.
A vrai dire, je ne vois guère que les habitudes et la gourmandise pour justifier la consommation effrénée de cette viande d'élevage industriel à bas coût.

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » dim. 06 sept. 2015, 22:26

Je suis d'accord avec vous Laurent, mais vous me répondez surtout sur le végétarisme et l'élevage actuel, et peu sur le Christ et sa position (y compris celle de l'Eglise) là-dessus.

Or, c'est cela qui me pose problème.

LaurentM
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar LaurentM » lun. 07 sept. 2015, 9:48

Je ne suis pas particulièrement connaisseur de la position de l'Eglise et du Christ sur ce sujet, mais je me risque à une interprétation des articles 2417 et 2418 cités plus haut (s'il est permis d'interpréter le catéchisme, dans le cas contraire, je ne serais pas vexé si ce qui suit est effacé).

L'article 2417 dit bien qu'il est légitime de manger les animaux, ce qui est somme toute une position raisonnable, l'être humain étant naturellement omnivore. Je ne suis pas croyant, mais si je l'étais, j'avancerais l'argument que Dieu n'a pas créé l'Homme végétarien "par construction".
Pour l'article 2418, le mot important est "inutilement" : il me semble que celà implique bien certaines limitations, en particulier une limitation de la consommation alimentaire d'animaux au delà de ce qui est utile, surtout si cette surconsommation n'est soutenable quantitativement qu'avec des conditions d'élevage indignes, parce qu'impliquant des souffrances évidentes pendant toute la vie de ces animaux.

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Fée Violine » lun. 07 sept. 2015, 15:58

Je suis d'accord avec vous Laurent, mais vous me répondez surtout sur le végétarisme et l'élevage actuel, et peu sur le Christ et sa position (y compris celle de l'Eglise) là-dessus.

Or, c'est cela qui me pose problème.
Bonjour Tian,
les gens de l'Antiquité n'avaient pas la même sensibilité que nous par rapport aux animaux. C'est toujours une erreur de juger les gens d'autrefois avec notre mentalité d'aujourd'hui, on aboutit à des anachronismes. Y compris en ce qui concerne Notre Seigneur, qui tout en étant Dieu, était aussi un homme de son époque. S'il n'a pas condamné la consommation d'animaux, c'est que ce n'est pas répréhensible en soi ; ce qui n'empêche pas que certaines personnes puissent légitimement estimer meilleur d'être végétariens, mais sans vouloir imposer ce comportement à tout le monde. D'ailleurs, dans les civilisations traditionnelles, et dans nos pays jusqu'à une époque récente, on mangeait rarement des animaux (sauf les Esquimaux, qui n'ont rien d'autre à manger), c'était surtout les jours de fête. La consommation à outrance de viande est un phénomène très récent, qui pose beaucoup de problèmes divers (justice sociale, santé etc.).

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » lun. 07 sept. 2015, 23:08

L'article 2417 dit bien qu'il est légitime de manger les animaux, ce qui est somme toute une position raisonnable, l'être humain étant naturellement omnivore. Je ne suis pas croyant, mais si je l'étais, j'avancerais l'argument que Dieu n'a pas créé l'Homme végétarien "par construction".
Personnellement, je lis plutôt l'article 2417 comme une incitation à consommer et à se servir des animaux sans état d'âme.
Pourtant, si l'on en croit la Genèse, Dieu souhaitait que l'Homme ne tue pas pour manger, et il en était de même pour les animaux.
Dieu voulait qu'ils soient végétaliens.
De fait, on imagine difficilement le Paradis avec des abattoirs.

Quant à la "construction" de l'Homme, et à moins qu'il y ait eu de grosses modifications, il est certain que l'Homme et les animaux sauvages n'ont aucun mal à tuer et à manger de la viande. Ils ont tout ce qu'il faut pour cela, mais l'Homme a un cœur aussi, et un esprit, tout cela devrait le faire réfléchir un peu plus.

La main peut tuer ou caresser, c'est la grandeur de l'Homme que de faire un choix à ce moment là.


Pour l'article 2418, le mot important est "inutilement" : il me semble que cela implique bien certaines limitations, en particulier une limitation de la consommation alimentaire d'animaux au delà de ce qui est utile
Mais consommer de la viande est inutile dans nos contrées pour peu que nous consommions d'autres aliments suffisamment riches pour y pallier.
La plupart des gens ne consomment pas de la viande par besoin vital mais par gourmandise (pêché) et par paresse (pêché)
Malgré cela, personne ne soulève ce point.

Il est aussi dit dans cet article "et de gaspiller leur vie", hors nous gaspillons leurs vies.

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » mar. 08 sept. 2015, 0:09

S'il n'a pas condamné la consommation d'animaux, c'est que ce n'est pas répréhensible en soi
Bonjour Fée,

Alors que fait-on quand on trouve que consommer de la viande (si d'autres aliments sont disponibles) est une chose cruelle ? A t-on une sensibilité que Dieu n'a pas ? Est-ce possible ?

Comment continuer dans la voix chrétienne si on se dit que Dieu en personne, Dieu qui est tout amour, doux et humble de coeur, trouvait que tuer un animal pour le plaisir de manger sa chair n'était pas répréhensible ?

Je n'ai jamais eu plaisir à m'imaginer le Christ indifférent à la souffrance, fusse t-elle animale, et apparemment sur ce dernier point j'avais tort. Cela me trouble beaucoup.

Maintenant, il n'aimait peut-être pas les animaux.
Bien des personnes aiment les gens et sont totalement indifférents aux animaux et à leur souffrance.
Ou alors c'est l'inverse. D'ailleurs Jésus n'a jamais rien dit sur les animaux, et l'Esprit Saint qui s'exprime dans les articles 2417 et 2418 ne fait que confirmer que leur sort ne le préoccupe pas plus que ça.

Personnellement, j'imagine l'Etre parfait avec un amour total pour toutes les créatures, refusant de faire couler le sang et de faire souffrir si d'autres voies sont possibles.

Ca n'a l'air de rien, mais c'est très difficile à trouver, même parmi les Saints. Combien étaient végétariens par refus de faire souffrir un animal ? Combien avaient pris conscience qu'un animal ça souffre quand on l'égorge ?


sauf les Esquimaux, qui n'ont rien d'autre à manger
Ceux qui n'ont rien d'autres à manger (et qui aimeraient bien je suppose) ne sont heureusement pas concernés par le sujet.

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar mike.adoo » mar. 08 sept. 2015, 4:40

Bonjour,

J'ai suivi dans les grandes lignes cette conversation et j'avoue que c'est un sujet qui m'a toujours un peu gênée.
Le fait que le Christ n'ait pas été végétarien est quelque peu troublant pour moi
Or le Christ était la bonté même ! C'est donc totalement contradictoire. Je ne comprends pas…
Je n'ai jamais reçu une réponse apaisante et consolante à ce sujet.
Bonjour
Comme vous , je me culpabilise lorsque je mange de la viande et je fantasme souvent sur une machine qui pourrait produire de la nourriture comme une photocopieuse reproduit des documents ...
Concernant Jésus , il est venu parmi nous à un moment précis et dans un lieu choisi . Il a adopté les us et les coutumes de son temps en prenant soin d'éviter tout anachronisme . Il parlait l'araméen , mangeait ce qui était licite et disponible .
Il n'a jamais consommé de chocolat ni de haricots , tomates ou pommes de terre ...Bref , il faisait comme tout le monde . D'ailleurs , s'il avait refusé un plat de viande sous les prétextes évoqués ici , on ne l'aurait pas compris ! ( « O tempora, o mores »)
Avec le recul , on constate une logique dans toute cette histoire . Jésus s'est attaché " aux affaires de son Père " et non à notre cuisine temporelle .
Du temps d'Abraham , les sacrifices humains étaient courants . Le sacrifice avorté d'Isaac y a mis un terme . Seuls les sacrifices d'animaux ont été licites .Plus tard , Jésus a été sacrifié comme bouc émissaire . Les sacrifices d'animaux ont disparu .
Ça , c'est important .

LaurentM
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar LaurentM » mar. 08 sept. 2015, 8:19


...
Pour l'article 2418, le mot important est "inutilement" : il me semble que cela implique bien certaines limitations, en particulier une limitation de la consommation alimentaire d'animaux au delà de ce qui est utile
Mais consommer de la viande est inutile dans nos contrées pour peu que nous consommions d'autres aliments suffisamment riches pour y pallier.
La plupart des gens ne consomment pas de la viande par besoin vital mais par gourmandise (pêché) et par paresse (pêché)
Malgré cela, personne ne soulève ce point.

Il est aussi dit dans cet article "et de gaspiller leur vie", hors nous gaspillons leurs vies.
Relisez mon premier message, j'ai bien parlé d'habitude et de gourmandise...

Je pense qu'il ne faut pas confondre utilité et nécessité.
Il est tout à fait vrai qu'un adulte peut exclure totalement la viande des animaux de son régime alimentaire, y compris les poissons. Au prix de complications pour équilibrer correctement ses apports nutritionnels, et avec des risques de carences.
Cela peut-même devenir très dangereux dans certains cas : j'ai été scandalisé il y a quelques années par un fait divers, des parents jugés pour maltraitance de leur enfant, qui présentait d'importants retards de croissance et une déficience mentale, parce que ses parents lui avaient imposé leur régime alimentaire végétalien, sans comprendre ce qu'ils faisaient. Même s'il s'agissait d'une forme extrême, ce type de fait divers rappelle les risques de certains comportements alimentaires.
Nous avons une dentition et un système digestif de carnivore, des besoins nutritionnels de carnivores, c'est de la biologie et de la physiologie, et on ne saurait passer outre sans risques.

Notre marge de manoeuvre, en tant qu'êtres moraux, est de limiter autant que possible les souffrances des animaux.
Un lapin tué d'un coup de fusil ou d'une flèche par un chasseur adroit ne souffre pas beaucoup, et en fait peut-être moins que s'il était dévoré à moitié vivant par un autre prédateur.
Bien qu'étant un être sensible et conscient, un animal d'élevage ne l'est pas suffisamment pour comprendre qu'il est élevé pour être consommé (enfin, dans l'état actuel des connaissances), et la mise à mort peut être limitée à un bref moment déplaisant à passer.
Ce qui est problématique, et en contradiction avec l'article 2418, sont certaines conditions d'élevage industriel qui rabaissent l'animal au rang d'objet, alors qu'il est possible de faire autrement, et sans pour autant être végétalien exclusif, ce qui ne serait pas conforme à nos besoins physiques.

Jeremy43
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Jeremy43 » mar. 08 sept. 2015, 8:58

Bonjour,

Je pense que c'est une vision très citadine de vouloir se priver de viande (ou de toute alimentation d'origine animale pour les plus extrêmes) car cela passe obligatoirement par l'importation de produits étrangers (enfin je pense, je me trompe peut-être, est-ce possible d'avoir une alimentation équilibrée en mangeant seulement les produits du terroir (ou acheté en circuit court) ?).

Dans la nature il n'y a aucun cadeau (quand une fouine rentre dans un poulailler elle est tellement enivré par le sang qu'elle égorgera toutes les poules, je ne parle pas des rapaces non plus ou des sangliers qui viennent ravager les potagers), les animaux qui sont élevés dignement, par exemple dans une petite ferme comme autrefois, sont très heureux, ils n'ont pas tout le stress lié à la vie dans la nature, même s'ils sont destinés à être mangé. Les loups et les lynxs qui colonisent notre pays terrifient littéralement le gibier qui n'était plus habitué à subir la prédation naturelle, prédateurs qui viennent même manger les chats et les chiens près des maisons (mais ça c'est un autre sujet).

Comme l'a dit Fée Violine jadis on mangeait peu de viandes, on tuait deux / trois cochons pour l'hiver, on mangeait de la viande le dimanche (du lapin ou de la volaille) pour les familles les plus riches, on avait des vaches et des chèvres pour le lait, des poules pour les oeufs. On mangeait beaucoup de pommes de terre, de pain, de fromage avec un peu de lard donc.

Jésus en tout cas, s'Il ne s'est pas occupé des animaux lors de sa première venue, le fera lors de son Avènement car dans Isaïe il est prophétisé que les brebis et les agneaux seront l'un à côté de l'autre.

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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » mar. 08 sept. 2015, 10:58

Comme vous , je me culpabilise lorsque je mange de la viande et je fantasme souvent sur une machine qui pourrait produire de la nourriture comme une photocopieuse reproduit des documents ...
Bonjour Mike,

Apparemment ça arrivera un jour puisqu'on peut d'ores et déjà (mais à quel prix !) reproduire de la viande en laboratoire.
D'ailleurs , s'il avait refusé un plat de viande sous les prétextes évoqués ici , on ne l'aurait pas compris ! ( « O tempora, o mores »)
C'est bien ce que je disais aussi dans un de mes messages. S'il avait prôné le végétarisme il n'y aurait sans doute pas eu beaucoup de disciples.
Avec le recul , on constate une logique dans toute cette histoire . Jésus s'est attaché " aux affaires de son Père " et non à notre cuisine temporelle .
Du temps d'Abraham , les sacrifices humains étaient courants . Le sacrifice avorté d'Isaac y a mis un terme . Seuls les sacrifices d'animaux ont été licites .Plus tard , Jésus a été sacrifié comme bouc émissaire . Les sacrifices d'animaux ont disparu .
Ça , c'est important .
Justement, ne pourrait-on (via l'Esprit Saint qui souffle sur l'Eglise) devancer un peu cette perfection vers laquelle nous devons aller ?

Quand je lis les articles du CEC cités en référence, je m'aperçois qu'il n'y a pas de grandes prises de conscience dans ce domaine.

Tian
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » mar. 08 sept. 2015, 11:34

Je pense qu'il ne faut pas confondre utilité et nécessité.
Il est tout à fait vrai qu'un adulte peut exclure totalement la viande des animaux de son régime alimentaire, y compris les poissons. Au prix de complications pour équilibrer correctement ses apports nutritionnels, et avec des risques de carences.
Cela peut-même devenir très dangereux dans certains cas

En fait, en ce qui concerne la capacité qu'a notre organisme à supporter un régime végétarien, j'entends tout et le contraire de tout. Certaines personnes (et parmi des sommités) disent qu'il n'y a aucun problème à ne jamais consommer de viandes si bien sûr il est possible de manger des légumineuses, des fruits, de boire du lait et de manger du fromage, et j'en passe...

D'autres, tout aussi compétents, estiment qu'à la longue c'est dangereux. Et ceux qui aiment la viande, mais ont des remords, sautent sur cette explication qui les déculpabilise et ne vont pas chercher plus loin bien sûr.

Je ne parle pas ici du végétalisme, qui est autre chose, et je ne m'avancerai pas en la matière.
Nous avons une dentition et un système digestif de carnivore, des besoins nutritionnels de carnivores, c'est de la biologie et de la physiologie, et on ne saurait passer outre sans risques.
Adam et Eve étaient donc vraiment très différents de nous alors (ainsi que les animaux carnivores) puisqu'ils étaient végétaliens...
Après la "chute", des dents ont dû pousser et les organes se modifier.

Ou alors, nous devons pour Dieu, encore et toujours, nous contrôler et ne pas obéir à nos instincts . Nous ne sommes pas des êtres dépourvus de raison c'est ce qui fait toute la différence entre un animal et nous.
Ce qui a de la valeur pour Dieu c'est notre volonté de ne pas faire le mal. Si nous en étions incapables parce qu' avec une physiologie de végétaliens par exemple, nous n'aurions aucun mérite. De même avant la "chute" nous n'avions aucun mérite.


Quant aux besoins nutritionnels instinctifs, je serais plus modérée que vous.
Je dois dire que je n'aime pas la viande, ni le goût, ni la consistance, et que si elle n'est pas assaisonnée et ultra cuite ou baignant dans la sauce, je serais incapable d'en manger.

Dans ces conditions, on ne peut pas dire que "spontanément" si je me retrouvais dans un lieu avec des fruits, du lait, du riz... j'irais tuer pour me nourrir.
Notre marge de manoeuvre, en tant qu'êtres moraux, est de limiter autant que possible les souffrances des animaux.
Je suis totalement d'accord, et j'aimerais beaucoup que l'Eglise s'exprime à ce sujet, il y aurait tant à dire ; hors le silence est assourdissant. Si elle attend qu'il n'y ait plus de misère humaine dans le monde elle ne dira jamais rien.

Milla
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Milla » mar. 08 sept. 2015, 11:36

Bonjour !

Tous les régimes alimentaires (omnivore, végétarien, végétalien...) peuvent être mauvais pour la santé s'ils sont mal équilibrés. Actuellement, en France, je dirais que c'est plus l'excès de viande que son absence qui nuit à la santé globale de la population.
Et je suis d'accord avec Tian : souvent, on (je m'inclue) mange de la viande par gourmandise, par habitude ou par ignorance des alternatives plus que par nécessité. Je ne sais pas si ça entre dans le cadre du "gaspillage de vies" selon l’Église catholique mais on peut se poser la question.
Je pense que c'est une vision très citadine de vouloir se priver de viande (ou de toute alimentation d'origine animale pour les plus extrêmes) car cela passe obligatoirement par l'importation de produits étrangers (enfin je pense, je me trompe peut-être, est-ce possible d'avoir une alimentation équilibrée en mangeant seulement les produits du terroir (ou acheté en circuit court) ?).
J'ai sans doute mal compris ce que vous voulez dire, car les ruraux comme les citadins consomment régulièrement des produits provenant de l'étranger (thé, café, cacao [chocolat], bananes...), qu'ils soient omnivores ou végétariens. A la campagne comme en ville, quel que soit leur régime alimentaire, ceux qui ne consomment que des produits achetés en circuit court sont des exceptions.
Quant aux animaux élevés dignement dans des petites fermes comme autrefois, c'est là encore plus l'exception que la règle (le "comme autrefois" le souligne bien). Ces petites fermes auraient d'ailleurs bien du mal à produire une viande satisfaisant les exigences actuelles des consommateurs en terme de quantité et de prix.
Pour répondre à la question, cela me semble possible pour les végétariens, puisqu'on peut trouver des œufs, des produits laitiers et des légumineuses sont devoir les chercher à l'étranger. Pour les végétaliens, je ne sais pas.

Tian
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Re: Le Christ et le végétarisme

Message non lupar Tian » mar. 08 sept. 2015, 12:03

Dans la nature il n'y a aucun cadeau (quand une fouine rentre dans un poulailler elle est tellement enivré par le sang qu'elle égorgera toutes les poules, je ne parle pas des rapaces non plus ou des sangliers qui viennent ravager les potagers),
Bonjour Jérémy,

Je suis d'accord, mais les animaux qui s'entretuent n'ont pas de conscience du bien et du mal, voilà toute la différence entre eux et nous. Pourquoi nous comparer à eux quant il s'agit de nourriture et refuser cette comparaison quand il s'agit de se reproduire par exemple ?

Nous nous contrôlons (enfin certains) concernant nos instincts et nous ne devrions pas en faire de même pour la nourriture ?

C'est la grandeur de l'Homme (enfin il me semble) que de ne vouloir faire de mal à aucun être vivant si il peut en être autrement. Les animaux n'ont pas cette conscience et ils sont donc sans pêchés.
Comme l'a dit Fée Violine jadis on mangeait peu de viandes, on tuait deux / trois cochons pour l'hiver, on mangeait de la viande le dimanche (du lapin ou de la volaille) pour les familles les plus riches, on avait des vaches et des chèvres pour le lait, des poules pour les oeufs. On mangeait beaucoup de pommes de terre, de pain, de fromage avec un peu de lard donc.
Il y a aussi parfois, beaucoup, beaucoup, de cruauté dans les petites fermes de nos campagnes. Du sadisme aussi et je ne rentrerai pas dans les détails... Pour beaucoup, comme le disait Descartes, les animaux ne sont que des objets.
Jésus en tout cas, s'Il ne s'est pas occupé des animaux lors de sa première venue, le fera lors de son Avènement car dans Isaïe il est prophétisé que les brebis et les agneaux seront l'un à côté de l'autre.
Je l'espère Jérémy, je l'espère...

Une réflexion me vient tout d'un coup : Parmi les plus carnivores parmi les croyants, je n'en connais pas un que ne ferait pas la moue si on lui demandait d'imaginer le Christ ou la Vierge Marie avec un couteau en train d'égorger un agneau. Tous crieraient au scandale ! Quelle horreur !!! Blasphème !!!

Cela prouve bien qu'un tel spectacle nous rebute et nous déçoit venant de la part de Dieu et de sa mère, mais pourtant nous acceptons sans problème qu'ils en aient mangé, nous le revendiquons même.

N'y a t-il pas contradiction ?


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