Inversion des valeurs

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Philon
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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » mer. 19 août 2020, 8:50

Bonjour,
Quel plaisir de vous lire tous en rentrant de vacances ! Merci de vos réponses.

Evidemment je ne parlais pas des femmes battues que je me garderais bien de juger : oui, on comprend bien que dans ce cas ou d'autres cas graves ( un conjoint qui se drogue et s'endette, un fou sadique, et autres horreurs) , on ait bien le droit de se protéger (et les enfants). Ma cousine battue, ma voisine battue ( et menacée d'un couteau) on fait changer leurs serrures afin de mettre le mari dangereux dehors. Pour la voisine, j'ai failli monter parfois quand j'entendais les meubles jetés à terre par monsieur ( l'un des gosses a dû aller aux urgences) et j'étais bien contente et soulagée le jour où elle m'a annoncé qu'elle se séparait.

Mais d'autres situations sont plus complexes. L'infidélité ne tue pas. Il y a des situations très épineuses qui rendent le divorce impossible ou qui en font une "solution" bien pire que le mal. Des tas de conjoints ont enduré cela à des moments de leur vie conjugale en faisant "profil bas". Leurs enfants ( dont moi) les en remercient !

Ce que je critique c'est le cas où une idéologie prend le pas sur la réalité. On vous enjoint de divorcer au nom d'une idée très haute et utopique de l'humain appelé à s'épanouir d'abord sur terre . On monte en épingle les personnalités conquérantes et combattives, entourées, populaires, les femmes "fortes" qui n'ont pas hésité à agir ainsi. Si vous avez l'imprudence de déballer votre sac...aie aie aie ! Vous pouvez vous heurter à l'incompréhension des partisans du divorce ( même chez des catholiques fervents !!!!!)

Au mois de mars dernier cela a été mon cas et on m'a dit, bien que me connaissant ( et ma situation financière, sociale, famille d'origine, pas de travail...) que le divorce était la "seule" solution. "Mais cela offenserait le Seigneur" ai-je objecté à ce catholique "évangélisateur". "Cela l'offenserait mais parfois c'est nécessaire" a été sa réponse lapidaire. Ah bon? Mais qui sinon moi_même , peut juger de cette "nécessité"? Voilà un comportement bizarre et peu prudent. La personne a ensuite ajouté "je te connais bien, je SAIS pourquoi tu ne le fais pas depuis 7 ans que je te le répète, c'est que tu as PEUR de la liberté, de la solitude" .... Et la crainte de déplaire à Dieu, qu'en faisait derechef ce catholique fervent ?

D'autant plus que pour moi la question de divorcer/ se séparer ne SE POSE PAS, c'est NON. Ce serait disproportionné, inapproprié ( au plan humain) et surtout une offense grave au Seigneur. De surcroit, ayant plus de 50 ans avec une santé précaire et un cancer il y a 10 ans, c'est normal que je me pose des questions sur la mort. Voilà, c'est dit : je souhaite passer ce qui me reste de vie à faire ce qui plait au Seigneur. Cela peut couter des larmes mais je sais ( car je me connais bien) que ce n'est rien au regard de ce que je pleurerais si je retournais à la case départ ;(studio minable, précarités, jobs de m..., enfants une semaine sur deux, rivalité avec la "nouvelle"...ce serait un vrai suicide)

J'étais abasourdie d'entendre ces propos dans la bouche d'un ami proche et catholique fervent de surcroit !!! Sa grille de lecture semble moderne : les considérations sur le salut et sur les enfants sont passées au second plan. Il met en priorité une certaine idée de l'"épanouissement" sans tenir aucun compte de la réalité des situations et chaque objection que je pouvais lui opposer ( je n'ai plus 20 ans, j'ai des gosses, pas de travail depuis 17 ans, pas de famille d'origine qui m'aiderait, peu d'amis sûrs....) buttaient sur sa ferme conviction d'avoir raison et sur cette idée qu'il se fait de moi que je suis dans la lâcheté et la "dépendance affective" ( de la part d'un ami.........) si je n'applique pas ces conseils étranges. J'appelle cela avoir perdu le contact avec la réalité. Il semble avoir décidé de ce qui ferait mon "bonheur" à ma place.

Et c'est souvent avec de tels arguments ( "vous n'êtes pas courageuses, vous êtes responsable de votre souffrance si vous restez fidèles, divorcer est le signe du courage, de la capacité de supporter la solitude" etc,) véhiculée essentiellement par les "psys" et les féministes, que l'on arrive à pousser au divorce des gens qui n'en ont ni le désir ni la nécessité. Et qui sont capables d'endurer des choses au nom de ce qui dépasse l'individu, merci papa et maman ! Il y a effectivement une pression sociale. la personne qui se refuse à partir devient une pauvre loque incapable de se battre, etc. Mais cela dans la bouche d'un catholique, je suis encore sous le choc. :sonne:

Ce que je fais est de prier pour mon époux, c'est une chose que nous devons faire même si tout le monde vous dit "il ne changera pas".

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » mer. 19 août 2020, 15:32

J'avoue avoir du mal à prier pour cet ami et cependant je devrais le faire quand même, parce que là, il se trompe très lourdement. Comment de telles "révolutions" peuvent se faire dans l'esprit des gens, cela reste un mystère pour moi. Je sais que, il y a dix ans, jamais il n'aurait dit ni pensé de telles choses .Il n'a pas dit cela comme un conseil mais avec autoritarisme, comme une "vérité" dont il est désormais convaincu. (en gros, "il FAUT que tu divorces et tu ne le fais pas par manque de courage")...le parrain d'une de nos filles. Il souhaite donc un foyer désuni à sa filleule et à sa soeur.

Plus généralement sur le divorce , l'individualisme ( la religion de l'homme) part du principe erroné de l'autonomie de l'individu créé "tout seul" et dont il faudrait éloigner les entraves à l'épanouissement( morales, religieuses, éducatives...). Donc dans ce contexte qui adore l'individu épanoui, c'est l'hésitation à divorcer qui est perçue comme une tare ( dont on se soigne chez le psy) et qui suscite le mépris. Elle est perçue au contraire comme un signe de responsabilité et de sens du devoir dans toute société qui adore Dieu, qui a la Foi. Et qui sait aussi que l'homme est un animal social et donc dépendant.

C'est une "révolution dans les esprits" qui est en train de se faire ( qui s'est faite chez cet ami) au nom de l'individu "libéré" des liens et contraintes religieux et morales. Or je la crois mauvaise pour les individus qui sont en réalité des PERSONNES. Nous sommes des créatures et pas des dieux. Nous n'avons pas ce pouvoir divin de nous créer seuls, de décider seuls ce qui est bien ou mal, de vivres "seuls" en subordonnant autrui à nos besoins ( mariages contractuels, etc.). La réalité rattrape l'individu qui se berce de ces illusions.

Il est possible pour l'homme d'agir bien en conformité avec la Volonté de Dieu, d'acquérir de la vertu. Les devoirs envers Dieu sont protecteurs ( ce que ne sont pas les droits de l'Homme...)

En revanche il est impossible à la majorité des hommes d'être des individus exceptionnels, autonomes, forts, surhommes, extraordinaires, doués des charismes...donc déjà ces nouvelles normes nous feront souffrir car trop irréalistes pour les simples créatures que nous sommes.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » jeu. 20 août 2020, 8:27

Altior, l'an dernier, pour l'anecdote : j'ai été voir un psy qui m'a fermement conseillé de divorcer et qui a tout essayé pour m'y pousser !
Il allait même jusqu'à me téléphoner en privé !
Et ce psy bizarre qui me sort en pleine séance "si vous saviez ce que je souhaite vous voir heureuse". :clown:
Cela n'a pas marché, bien sûr, faut pas me prendre pour une bille.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par pierrot2 » jeu. 20 août 2020, 9:39

Bonjour Philon,

Vous avez décidément toute ma sympathie. N y voyez pas de discrimination positive, mais je suis admiratif d un discours comme le vôtre pour une femme

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Fée Violine » jeu. 20 août 2020, 11:36

Vous avez aussi toute ma sympathie, Philon !
Ce psy sort de son rôle en vous donnant des ordres ! Ce n'est pas très professionnel ! (peut-être espérait-il vous séduire ?)
Quant à l'ami catholique, il abuse aussi ! Son comportement n'est ni amical, ni catholique.
Le seul point sur lequel je trouverais à redire dans vos propos, c'est votre opposition entre les devoirs envers Dieu et les droits de l'homme. C'est quand même Dieu qui est à l'origine des droits de l'homme (ne pas tuer, ne pas voler, ne pas porter de faux témoignage, ne pas tromper son conjoint...). Les droits de l'homme ne sont pas seulement mes droits à moi, mais aussi ceux des autres !
Ce que je fais est de prier pour mon époux, c'est une chose que nous devons faire même si tout le monde vous dit "il ne changera pas".
Mais on ne prie pas pour que les autres changent. On prie pour que Dieu les éclaire, les comble de son amour, les soutienne...

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par nicolas-p » jeu. 20 août 2020, 17:05

Chère Philon,

C'est vous qui avez de la trempe! Votre ami est un "lâche" qui donne facilement des conseils aux autres. C'est tellement facile quand ce n'est pas soi. C'est un courage inouï justement que de rester affronter et non partir. C'est un courage inouï que de faire passer les autres avant soi, d'être fidèle au Christ. Vous avez toute mon admiration. c'est vous qui avez raison, mille fois raison.

En tant que médecin je vous conseille de fuir ce "psy" qui est un margoulin au minimum... C'est une faute professionnelle ce qu'il a fait et inacceptable (en plus des appels privés totalement déplacés). Vous savez, des incompétents ou tordus, il y en a partout...

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » ven. 21 août 2020, 10:46

Merci de vos réponses
qui me réconfortent.
Oui effectivement fée Violine, vous avez raison : je ne prie pas pour un changement de mon mari, en fait je le recommande à Dieu qui saura ce qui est bon pour lui. S'il se convertissait un jour, même après ma mort, qui sait ? Tout peut arriver. L'époux paien de Sainte Monique s'est converti avant sa mort. Il a pu regretter ses erreurs.
Pour les Droits de l'homme je voulais dire que, au moment où ils furent rédigés en 1789 le député Camus avait objecté qu'il existait déjà un texte sur les droits de l'Homme : le Décalogue. C'est logique en effet car si le Décalogue nous commande de ne pas tuer ni voler si spolier autrui...cela nous protège en retour du vol, de l'assassinat, etc. Si nous adorons Dieu et non les idoles nous sommes sur la voie de la sanctification , cette soumission est donc bénéfique pour l'homme.
Mais les concepteurs de la Déclaration des droits de l'Homme les concevaient indépendamment de la relation à Dieu.

Je ne sais vraiment quel parti prendre face à cet ami. Cette conversation étrange remonte à fin mars, depuis je n'ai plus osé donner signe de vie.
Je ne vais plus chez ce psy car ce comportement n'est pas du tout conforme à la déontologie de ce métier !

Peut-être que mon tort avec cet ami a été de le "saouler" de mes plaintes. Je pensais pouvoir le faire car il m'y avait invitée. Sans doute cela fait 7 ans qu'il m'entend une ou deux fois par an "déballer mon sac" et il a dû probablement s'énerver et conclure que, s il en est ainsi, je n'avais qu'à divorcer. Cela je peux le comprendre, il y a des torts de mon côté : j'ai abusé de son écoute.
En revanche le "je sais très bien pourquoi tu ne divorces pas, tu as peur de la liberté et de la solitude" est en trop.

Lorsqu'il a connu sa future femme, il lui a apparemment tout raconté de mes déboires et aussi de ce que je disais "contre" le divorce ( lui a-t-elle demandé la totale transparence ? )car , un mois à peine après leur rencontre, elle a glissé une allusion en ma présence ( à une veillée de prière).
En effet, aux conseils divorceurs de cet ami j' avais, quelque mois avant cette rencontre, repondu que de nombreuses femmes modernes ( je pensais à ma cousine athée) avaient divorcé et en parlaient comme d'une chose qui ne cause pas de souffrances à qui sait le vivre en femme "forte", se flattant de surmonter la souffrance, de vivre avec plus de libertés, faisant la "pub" du divorce et de la solitude ( style "maintenant j'ai du temps pour moi, je fais du chant, du yoga, je m'épanouis", etc...). Ma cousine dit tout cela pour me faire la leçon car je suis à ses yeux une pauvre chose fragile et dépendante qui "se laisse abattre" par le malheur ( allusion à une rupture que j'avais subie dans ma jeunesse et très mal vécue).
J'avais notamment dit à cet ami que la réalité des ruptures et de la solitude était moins reluisante qu'on le dit et que je ne me berçais pas d'illusions sur ma "résillience", outre que je trouvais que ces femmes SE MENTAIENT A ELLES-MEMES.( en réalité elles sont plus tristes que ce qu'elles donnent à voir) .
Ces paroles ont dû être rapportées à sa future car elle a trouvé une occasion en ma présence de faire l'éloge d'une veuve ( elle était alors elle aussi veuve, et une veuve remarquablement active et brillante, une de celle qui surmontent la souffrance) qui faisait face à sa douleur en s'investissant dans sa paroisse au service des pauvres, ce qui lui permettait de "se détacher de son nombril en faisant du bien aux autres."... Ce disant elle m'a glissé un regard plein de sous entendus puis elle a pris son futur par le bras et l'a entrainé loin de moi...et depuis elle tente d'empêcher que je puisse avoir une influence intellectuelle sur lui car elle a joué pour lui un rôle de pygmalion. Grace à elle il réussit dans la vie. Sans doute elle a pensé que je ne pensais pas "comme il faut"pour être heureuse et réussir , en tous cas ce que je disais des femmes qui se mentent ne concernait ni les veuves ni celles qui subissent le malheur et la solitude , elles sont innocentes !!! Mais plutôt les "militantes du divorce".
Est-ce son influence à elle qui incline cet ami à me voir désormais comme une lâche ?
Mais tout cela surprendrait de la part de catholiques.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Kerniou » ven. 21 août 2020, 16:57

Chère Philon
Personne ne peut décider à votre place; c'est vous qui savez ce qui reste supportable pour vous ou non ... dans un couple, la notion de respect de la dignité de l'autre me paraît importante pour ne pas dire indispensable; Il est des situations où les agissements de l'un peuvent devenir irrespectueux et/ou méprisants à l'égard de la dignité et du respect qu'ils doivent à l'autre .
Quand au divorce, la décision dépend du niveau de souffrance ... le but du mariage est le bonheur, pas la résignation ... Accepter l'inacceptable ... Cela ne donne pas aux enfants l'image d'un couple soudé ... cela donne aux enfants l'image d'un père ou d'une mère qui accepte d'être déconsidéré ...
Vouloir leur donner l'image d'un couple uni est normal et même souhaitable mais si le couple est désuni, cela ne sert à rien: le couple peut- être désuni même s'il n'est pas divorcé ... C'est la question de la relation d'amour réciproque qui unit les parents ...
j'imagine que le psy, sans doute "intrusif", considérait votre souffrance trop grande ou votre situation affective trop précaire ou votre situation d'épouse insuffisamment respectée ; à fortiori si vous étiez allée le voir pour aborder des "difficultés conjugales"... Qu'attendiez-vous de ces consultations ? ...
On ne peut pas exclure que certains psy soient des partisans du divorce facile, mais, dans les conseils qu'ils donnent, ils tiennent compte du discours et de la souffrance des patients ... ils ne gagnent rien à "faire" divorcer les patients ...
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » ven. 21 août 2020, 22:15

La souffrance n'est pas mon lot quotidien. Au jour le jour il en est de ma famille comme de nombreuses autres familles. Nous ne sommes pas si "désunis" que ce que le discours moderne veut bien croire ou "voit" de nous. Une crise éclate une à deux fois par an et alors j'ai besoin d'en parler. Il y a 7 ans c'était une crise grave. Mais voilà, nous sommes toujours ensemble et venons de passer un délicieux séjour en Espagne au soleil, rien qu'à deux, mon époux et moi, nous avons même été à la messe en espagnol( je ne le parle pas, j'ai vaguement compris). J'ai peint des paysages de la Costa Brava que mon mari veut faire encadrer. Nul projet de séparation en vue....Ceci pour dire que je suis à peu près "en règle" par rapport aux injonctions de la "tyrannie du bonheur" ( expression qui parodie la "tyrannie du plaisir" de Jean Claude Guillebaud)
Cette "tyrannie du bonheur" fait encore plus de mal que le malheur en soi.
Le mieux étant l''ennemi du bien, je ne me vois pas bazarder un couple longuement construit et qui a surmonté tant de crises par le passé pour une illusion de "bonheur" supérieur, parfait, accessible par un "travail sur soi"...je ne connais que trop les sordides réalités qui se cachent derrière ces baudruches. Et le profit que tirent certains ( assureurs, avocats, psys, pharmaciens, vendeurs d'électroménager ou propriétaires d'appartement...)des fréquentent séparations .

On ne se marie pas "pour soi".....heureusement !!!!!!

Certaines choses seront supportables aux uns et pas aux autres et vice versa.Apparemment Philon supporte mieux les frasques d'un mari qui n'est pas si mauvais bougre que cela que les injonctions divorceuses d'un ami devenu trop moderne en peu d'années.
Pour moi le plus important est la famille que j'ai fondée et c'est surtout là que je vois mon "épanouissement" ( un terme que je n'aime pas beaucoup employer). Je ne me suis jamais "épanouie " dans la solitude ni dans le travail professionnel ni dans des liaisons sans engagement. Et jamais un psy ne m'a amenée à "aller mieux". Pour moi ce sont des mythes. Mais le mariage, la famille, c'est du solide.

Il n'y a pas de "devoir" d'être heureux surtout si ce "bonheur" se définit d'une manière telle que pour vous c'est complètement infaisable, alors je fais seulement ce que je suis capable de faire. Il faut faire ce que l'on est capable de faire.
Etre "heureuse" et "épanouie" au sens moderne, j'en suis incapable, "se faire respecter" "se faire aimer", incarner cette femme idéalement indépendante et capable de partir et de se débrouiller seule JE N'EN SUIS PAS CAPABLE et comme vous le dites, personne ne peut décider de mon "bonheur" à ma place, c'est en soi un manque de respect. Et la porte ouverte au mépris, incompatible avec l'amitié.

Je trouve que les personnes ici qui m'ont mis een garde contre ce psy ont eu raison.
Un psy peut évoquer l'idée du divorce; il peut aider une personne à voir clair en elle, il peut aider une personne qui en a le désir à "oser franchir le pas". En aucun cas il peut se prévaloir d'un "savoir" sur le degré de souffrance où est la personne ( surtout s'il ne l'a vue que 2 fois)c'est un abus d'autorité. En aucun cas il ne peut décider pour le paient qui est un adulte, car le patient seul sait comment il va réagir à la séparation, ce qu'il peut supporter, ce qui importe pour lui, quelles ressources vont lui permettre de supporter telle ou telle chose, voire de LES PARDONNER.

Il ne peut pas non plus imposer ses valeurs ( les valeurs modernes ) à une personne conservatrice, "vieux jeu" en matière de mariage. Le but du mariage est la procréation et l'éducation des enfants dans le catholicisme de toujours ( je veux dire : la foi de mes grands parents que j'ai voulu retrouver après une période d'apostasie dans ma jeunesse) ce qui veut die que pendant des siècles les générations ont fonctionné comme cela, en mettant en second plan leur "bonheur" individuel. Je ne pense pas que nos aieux étaient si malheureux que cela ...parce que justement il y avait des limites ! Ils n'étaient pas "responsables de leur bonheur individuel" mais responsable de la société, des moeurs, de leur famille, et c'est beaucoup plus faisable ! Je ne dis pas que c'est toujours drôle ou facile, je dis que c'est faisable. Mais l'épanouissement personnel au sens moderne, pour moi c'est mystère et légende urbaine.
Aujourd'hui on a tendance à faire passer le bonheur individuel au premier plan, à se marier pour soi.
Le résultat c'est un pourcentage effarant de ruptures, estimé à 70 % de tous les couples si on compte aussi les non-mariés. 70% quand on connait les dégats que cause une rupture, la longueur de la souffrance qui la suit( quand elle ne dure pas toute une vie, quand la personne y survit), il y a un gros problème de santé publique car les répudiés consommeront des antidépresseurs. Nous sommes les premiers consommateurs d'Europe de ces médicaments...
Ce psy devrait savoir, c'est son métier, comment l'âme humaine varie, que les gens vont le voir dans les moments de "crise". Ce que je disais se rapportait uniquement aux seuls aspects négatifs de mon couple, pas à l'ensemble. C'est comme si on se faisait une idée d'une personne en ne prenant en compte que ses défauts et ses mauvais jours : ce n'est pas une image réaliste, elle est incomplète. Cela vaut aussi pour mon ami. La même chose m'est apparue avec une amie qui, à chaque fois qu'on se voyait, déballait ses souffrances par rapport à un certain petit ami, si bien que je ne donnais pas cher de la longévité de ce couple...et quelle ne fut pas ma surprise quand elle annonça qu'elle se mariait !
En réalité il y avait une perception particulière, un angle restreint de ce couple qui devait "fonctionner" bien dans d'autres moments dont je n'entendais pas parler ( comme disait ma grand'mère parler trop de son bonheur ça attire le mauvais oeil), "malgré" les déboires qu'elle racontait, finalement quelque part cela a fini par un mariage....et ce n'est pas à moi de juger cette amie ni de décider qu'elle doit se séparer parce qu'elle ne remplit pas telle ou telle norme de bonheur individuel obligatoire de nos jours. Dans ce cas c'est paradoxal, le "bonheur" individuel servirait à rendre bien des gens malheureux( ils ne se sentiront plus compris s'ils restent, ils divorceront pour un mirage de liberté, ils casseront tout pour "mériter" l'estime des autres...)et les nouvelles libertés à les asservir.
A moins qu'il n'y ait des glissement de langage et qu'on fasse changer les mentalités en faisant changer la signification des mots. cela s'est vu ( Orwell en parle dans 1984).

Quant aux enfants, des générations avant les années 70 ont vu des parents rester ensemble "malgré" leurs différend personnels, "malgré" des frustrations, et leur donner cet exemple, et cela ne faisait pas des générations de petits sauvages illéttrés et grossiers comme aujourd'hui , cela forgeait au contraire des enfants éduqués et de la bonne graine d'homme.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par pierrot2 » sam. 22 août 2020, 5:32

Bonjour Philon,

L intervention de Kerniou (merci Kerniou) m inspire de préciser qu'il m est facile de prêcher de supporter sans avoir à subir.

Je ne retire pas mon discours précédent, je précise juste que pour cette raison que je viens de dire, moi à qui on suggère que je juge trop facilement, je ne verrais bien en peine d avoir une opinion désaprobatrice dans l éventualité oû le divorce vous tenterait.
Par contre, même si cela peut signifier plusieurs décennie de souffrance, je trouve que cela peut valoir la peine, pour les enfants, de supporter ce qui est supportable en violence, manipulation, harcèlement, etc.., de la part du conjoint.
Si vous vous sentez assez forte pour porter le véritable esprit de famille à contre-courant de la pression, intimidation, opposition. Les scènes conjugales seront pour vous a supporter devant vos enfants s ils ne sont pas assez grands pour comprendre ou ne pas être traumatisés. Et puis le moment devrait venir oû ils auront la force de prendre en compte leur histoire familiale, de voir quelle sont les défaillances de chacun des parents.
Un couple soudé est idéal, comme dit Kerniou, mais je crois que la vérité de votre relation, sans fard, peut les mener à la grandeur de Jésus sur la base que vous aurez consentie de souffrances au nom de l unité familiale.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par Philon » sam. 22 août 2020, 11:35

Oui je pense que Pierrot et Kerniou, vous avez raisons tous les deux.
D'un côté on ne saurait juger ni désapprouver la femme qui part dans ces circonstances. Si la loi reste une vraie porte ouverte, une liberté proposée mais pas imposée, c'est d'accord. Les gens seront protégés.
Mais là où l'on serait dans l'erreur, ce serait d'imposer le divorce "par principe", de faire de l'individualisme une norme et par conséquent de considérer comme une faute honteuse ou pire une faiblesse morale ou psychique de rester. De faire des reproches à qui reste. De considérer que ses motivations sont de basses motivations humaines ( et l'intervention de Dieu ? Ne se laisse-t-Il pas toucher par nos prières ?) .
C'est pourtant le courant dominant de l 'Occident, comme le montrait déjà en 1985 le best seller d'une psy américaine, "Ces femmes qui aiment trop" évoquant exactement mon cas et d'une manière lapidaire.
Les références catholiques sont absentes, bien évidemment, d'un tel livre.
Le hic est que nos sociétés libérées où prime comme valeur prioritaire le bonheur de l'individu qui relève de sa propre responsabilité.....ces sociétés-là, comme le relève la sociologue Eva Illouz ( dans "Happycratie")connaissent des épidémies de dépressions et de suicides parce que la personne malheureuse se verra "accusée" de son malheur étant donné que des lois et des méthodes thérapeutiques en principe sont là pour vous aider à vous en évader. En cas de malheur, donc, la souffrance du malheur lui-même se voit redoublée par le jugement ( ou plutôt le diagnostic) social et thérapeutique ( omniprésent dans les réseaux, les médias, etc) comme quoi c'est votre responsabilité "donc" être dans le malheur et ne pas avoir recours aux "solutions" modernes c'est être un idiot ou un faible d'esprit ou encore une pauvre chose méprisable de bassesse morale ( apparemment c'est ce que cet ami semble penser de moi et il semble, comme bien des tenants de cette façon de voir, croire que cela "me fera réagir" s'il me le flanque à la figure).
Je prends bien des précaution avec les enfants car jamais, même au pire de nos crises, mon mari et moi ne nous sommes disputés devant elles et elles n'ont jamais su de quoi il retournait.J'ai pleuré en me cachant d'elles. Je ne me vois pas leur parler de ce qui ne les regarde pas.
Si elles comprennent un jour, elles peuvent éprouver une forme de gratitude pour leurs parents, comme moi pour les miens. Ils se sont entre déchirés, mal compris, disputés....des années durant et puis à partir de 50 ans, des projets communs ( construction d'une maison secondaire au bord de la merci les a réconciliés et ils vivent ensemble ce qui est bénéfique pour mon père . Il a Alzheimer et sans maman, il serait tout seul ou en maison de retraite. Je suis rassurée de les voir toujours ensemble, ils ne mourront pas seuls, il y en a un pour veiller sur l'autre.

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Re: Inversion des valeurs

Message non lu par pierrot2 » sam. 22 août 2020, 14:31

Je suis heureux pour votre famille, chére Philon.
Sans doute votre mari a t il plus de retenue que ce que je pensais (ou alors votre psy est vraiment un charlot, car peu ménager de vos valeurs chrétiennes). Avec toutes ces femmes battues dont les médias se font l écho, j avais en effet envisagé pire.
Merci en tout cas de votre témoignage sur votre parcours de vie.

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