Problèmes moraux

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Quejana
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Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » sam. 26 oct. 2019, 18:30

Bonsoir,
Tout d'abord, merci beaucoup pour toutes les réponses que j'ai déjà obtenues sur ce forum. Il y a encore quelques mois, j'étais devenue quasiment amorale et maintenant, je reconnais que je veux tendre vers l'amour et vers le bien. Mais je m'interroge sur les moyens d'y parvenir, et c'est pour cela que j'ouvre ici ce sujet.

Première question : Je suis prise de sérieux doutes sur certains points centraux du christianisme, et notamment sur l'intérêt du combat spirituel. Faut-il combattre ses envies de pécher, ses pulsions ? Ne vaut-il pas mieux ne pas réagir face à ces tendances, les laisser passer (sans pour autant y consentir) pour ne pas les aiguillonner ? Prenons l'exemple d'un chien furieux. Plus on tirera sa laisse pour l'empêcher de se dégager et d'aller mordre quelqu'un, plus stimulé par cet aiguillon, il deviendra agressif et dangereux ; si on maintient fermement la laisse sans tirer dessus néanmoins davantage que si le chien était calme et serein, si l'on choisit donc de ne pas réagir et de ne pas changer notre attitude de celle que nous avons l'habitude d'avoir, n'obtient-on pas des résultats plus efficaces ? N'en est-il pas de même pour le péché ?

Deuxième question : le fait de se dire "coupable" ne nous enlaidit-il pas moralement ? Une action faite avec culpabilité n'est-elle pas plus laide qu'une action faite sans culpabilité ? Ne vaut-il pas mieux se considérer comme "bon" pour l'être effectivement ? Prenons l'exemple de quelqu'un qui vole une pomme. Si sa conscience l'accuse pendant qu'il le fait, son vol sera considéré comme odieux ; si au contraire, il se sent justifié dans son for intérieur ("J'ai le droit de me nourrir comme tout le monde", "La nourriture devrait être gratuite pour tout le monde" se dit-il), fait-il vraiment le mal ?

Troisième question : y a-t-il des choses qui sont mauvaises dans l'absolu ? n'est-il pas imprudent de définir une loi morale absolue ? Si je tue quelqu'un pour sauver la vie d'une personne qui se fait agresser par la première, est-ce mal ? Si j'avorte parce que je sais que j'ai une maladie horrible qui a 50% de chance d'être transmise à mon enfant, est-ce mal ? Si j'apostasie pour sauver la vie d'autres personnes (comme dans le cas du film Silence), est-ce mal ? Peut-on vraiment définir des interdits absolus en matière de morale ? quel est le danger du relativisme moral ? en quoi ce dernier est-il problématique ?

Quatrième question : est-on vertueux si l'on commet un mal par obéissance à son père spirituel ?
Le catholicisme continue de m'interpeller (bien que je sois protestante) et cette question le concerne plus particulièrement.

Cinquième question : a) l'amour exige-t-il vraiment le sacrifice ? Ne peut-on pas aimer l'autre tout en gardant l'amour de soi et son petit égoïsme ? Faut-il que le bien fait à autrui soit une privation faite à nous-même pour être réellement un bien ? b) en quoi les pénitences sont-elles importantes et font-elles partie de l'amour chrétien ?

Sixième question : la certitude que les pauvres et les malades sont grandement soutenus par les anges et placés très hauts dans le Royaume des cieux ne risque-t-il pas de nous aveugler sur leurs souffrances et de les minimiser ? et de ne pas chercher à y remédier mais au contraire de nous faire tomber dans un dolorisme aveugle ? Penser que la souffrance élève l'homme vers Dieu ne risque-t-il pas de nous faire manquer de compassion envers les souffrances de notre prochain ? connaître une vérité absolue ne risque-t-il pas de nous déshumaniser ?

Septième question : Connaître une vérité absolue ne risque-t-il pas de nous rendre intolérant et moins ouvert d'esprit ?

Voilà mes questions... Je suis désolée de m'en poser autant, mais je suis toujours en recherche actuellement.

Bonne soirée à vous,
Quejana
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » sam. 26 oct. 2019, 20:37

Merci beaucoup Suroît pour vos réponses à ces différentes questions ! Je les ai trouvées très éclairantes. :>
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 9:13

Merci Suroît pour cette longue réponse ! Je comprends mieux pourquoi il est important d'établir une loi, quitte à la dépasser ensuite grâce à l'amour. Mais dans ce cas, pourquoi y a-t-il dans l'Eglise catholique des interdits absolus (avortement, euthanasie...) ? Je peux par amour, par exemple, décider de tuer quelqu'un qui ne supporte plus l'existence à cause d'une maladie grave : est-ce un péché ? si oui, pourquoi, puisque c'est par amour, avec la meilleure intention du monde que je l'ai fait ?

Je comprends qu'il soit important d'établir une règle morale contre le meurtre en général pour ne pas permettre aux plus forts de profiter des plus faibles. Je comprends qu'on puisse se dresser contre l'euthanasie en général pour ne pas inciter les gens en mauvaise santé à dévaluer leur vie et à se "sacrifier" pour ne plus encombrer les "bien-portants". Mais cette règle n'admet-elle pas des exceptions ?

Si l'amour est la seule chose qui permet de juger d'un acte, prenons l'exemple d'une mère atteinte de grave dépression. Il arrive parfois dans ces cas-là (rarement, heureusement) que la mère pleine d'amour pour ses enfants décide de les tuer (et de se tuer elle-même ensuite) en se disant ceci : "La vie est un véritable enfer. Je ne veux pas que mes enfants aient à la subir, comme je ne la désire pas pour moi-même." Elle aime donc son prochain comme elle-même, puisqu'elle s'administre le même sort. Les psychologues insistent bien sur le fait que la matricide aime ses enfants et que ce n'est pas par méchanceté qu'elle les tue ; j'ai lu un article sur le sujet.
Dans certaines sectes, on assiste à des suicides collectifs où les membres croient qu'ils rejoindront une vie meilleure en se tuant. C'est arrivé quelques fois dans l'histoire. Dans ce cas, ceux qui tuent leurs enfants peuvent le faire par amour.
N'est-ce pas à cause de ce genre de dérive qu'il faut une règle absolue considérant que la vie est sacrée ?

Pourtant, il me semble qu'il faut bien admettre des exceptions à n'importe quelle règle absolue, sinon cette dernière devient dangereuse. Qu'en pensez-vous ?
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Foxy » dim. 27 oct. 2019, 12:02

Quejana a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 9:13
Je peux par amour, par exemple, décider de tuer quelqu'un qui ne supporte plus l'existence à cause d'une maladie grave : est-ce un péché ? si oui, pourquoi, puisque c'est par amour, avec la meilleure intention du monde que je l'ai fait ?
Non Quejana, Seul Dieu est le Maitre de la Vie et de la Mort, c'est donc un péché d'y avoir recours.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 12:23

Hmmm... Je comprends ce que vous dites, mais humainement, quelque chose me retient d'y adhérer complètement.
J'insiste sur le mot "humainement". Est-ce que sincèrement, vous ne comprenez pas les gens qui ont recours à l'euthanasie ? d'un point de vue humain et non d'un point de vue religieux ?
Voilà ce que je redoute avec les règles en matière de morale : c'est qu'elles nous enlèvent, nous aliènent une partie de notre humanité.
La morale religieuse s'oppose-t-elle parfois à notre morale naturelle ?

Désolée si je m'exprime mal. Mes questions sont assez philosophiques, mais je n'ai pas fait d'études de philo et je peux mal employer le vocabulaire que j'utilise. Dans ce cas-là, si vous arrivez malgré tout à me comprendre, je veux bien que vous me corrigiez ;)
Je doute aussi beaucoup, et je m'en excuse. J'espère un jour pouvoir fixer mes certitudes quelque part, et c'est uniquement dans ce but que je pose des questions.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 13:45

Je voulais dire "vie humaine", effectivement.
Merci pour ces arguments, ils me nourrissent véritablement. Cette "couche superficielle" dont vous parlez, cela peut être le milieu social ? C'est vrai que ma tendance à être pro-euthanasie, pro-avortement ne vient pas de ma foi chrétienne mais du milieu de gauche, progressiste, agnostique dans lequel j'ai grandi. Pour moi, c'est ce que j'appelle ma "morale naturelle", ma "morale humaine" bien qu'elle ne soit peut-être ni l'un ni l'autre.
Je reconnais qu'il est important que la religion soit conservatrice, qu'elle soit un réservoir de traditions puisqu'elle agit comme un contrepoids à une société parfois trop prométhéenne, trop orgueilleuse dans ses "avancées"...
Mais à défendre une vérité absolue et à ne jamais remettre en doute nos valeurs, ne risque-t-on pas de se déshumaniser (c'est ma sixième question) ? Pour ma part, je me sens capable de me mettre à la place d'un athée (puisque je l'ai été et que je continue à douter aujourd'hui) et dans ce cas, ce que nous considérons bien pour nous, croyants, ne l'est pas forcément pour l'athée. Généralement, l'athée préfère souvent la mort brusque et inattendue ; généralement, le croyant préfère la mort lente, au milieu de ses proches. Cela est dû à deux conceptions différentes de la vie. Pour l'un, l'acte de cruauté serait de le laisser mourir lentement ; pour l'autre, de lui ôter sa vie avant son terme. La plupart des êtres humains oscillent entre ces deux peurs ; aussi être un fervent croyant nous empêche-t-il d'une certaine manière de nous mettre à la place du commun des mortels. Mère Teresa avait de très bonnes intentions mais dans ses mouroirs, elle tenait parfois des discours qui n'étaient pas compris des mourants, des agonisants, peut-être parce que ce qu'ils considéraient comme un mal (la douleur) était conçu par elle comme un bien (la douleur rapproche du Christ).
Aussi le fait d'avoir une très grande foi peut-il nous éloigner des autres hommes et nous ôter une partie de la compassion qui leur est due. Vous comprenez ce que je veux dire ?
C'est une personne athée qui m'en a fait la remarque et cela me travaille beaucoup depuis.
Dernière modification par Quejana le dim. 27 oct. 2019, 18:21, modifié 1 fois.
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Message non lu par zelie » dim. 27 oct. 2019, 13:59

Quejana,
être chrétien, c'est aimer, oui, mais c'est aimer en Christ. C'est à dire que c'est aimer à la mesure et sous la loi du Christ (la loi du Christ, ce sont les évangiles principalement, et la Bible, le nouveau testament "l'emportant", si on peut dire sur l'ancien).

C'est important cette notion d'aimer en Christ, et pas d'aimer "tout court".
Aimer sous la loi et le regard de Dieu agit comme un rail, un guide qui nous mènera surement et saintement à bon port. Aimer tout court, c'est aimer sans tutorat, sans guide, livré à toutes les influences et modes sociologiques qui passent. Et cela, c'est dangereux, car à notre insu et même contre notre volonté de départ, cela peut nous mener vers des chemins de perdition: comprenez faire ce qu'on ne voulait pas faire au départ, et ne plus faire ce qu'il aurait fallu faire.
Aimer en Christ, c'est consentir et s'engager à reconnaître que Dieu sait quand on ne sait plus, que le Christ est plus sage, plus aimant et plus intelligent que nous, et comme le dit le Père Madore dans sa prière "Apprends-moi Marie..." (se trouve facilement sur internet) , à reconnaître, même contre toute évidence, que le projet de Dieu dépasse notre projet humain, et que c'est à Dieu qu'on doit abandonner toute notre confiance. C'est une attitude filiale envers Dieu.

Je conçois aisément que vous déballer tout ça comme ça peut être ça ne vous parle pas tant que ça, ou si peu. J'ai vu aussi que vous avez des tas de questions, qui tomberaient d'elles-même si vous connaissiez mieux le message chrétien. Vous semblez en être à ce moment de la foi qui laboure l'âme, qui crée en soi une immense soif de connaître et de comprendre pour pouvoir aimer. Et vous avez raison : on ne peut aimer durablement, et vivre selon l'esprit d'une personne dont on ne connaît pas à fond la pensée, la vie, la façon de voir les choses. C'est cela qu'il vous faut faire actuellement : partir à la découverte de Jésus, apprendre à le connaître, apprendre à méditer ses paroles, apprendre à connaître son avis sur chaque chose et sur chaque événement de sa vie.

Pour cela, je vous renvoie à l'évangile et à votre prêtre ; il y a peut être des cours de catéchisme pour adultes dans votre paroisse, ou un groupe de prière qui anime des soirées, pour que vous ne cheminiez pas seule dans votre foi pleine de questions.
Je vous renvoie aussi à une pratique régulière de la sainte messe, qui peu à peu, eucharistie après eucharistie, vous renouvellera, vous apaisera ; mais cela, dans le silence, la foi, la simplicité et la durée. (voir "visions de Catalina pendant la Sainte Messe").

Je vous renvoie aussi à une pratique régulière de la prière, à une authentique vie de prière, pas forcément en y passant des heures et des textes par coeur, mais à une prière simple, sortie du coeur, une simple phrase (on appelle cela une prière jaculatoire) ; je vous renvoie pour cela à Sainte Thérèse de Lisieux, ("Histoire d'une âme"), à Marcel Van particulièrement aussi ("Colloques"), comme à Comme Bénigna Consolata ("Vademecum"), ainsi qu'à Sainte Faustine ("Petit journal de Sainte Faustine", Faustine étant la messagère de la Miséricorde divine) et bienheureuse Josepha Menendez ("un appel à l'amour", Josepha étant la continuatrice de Marguerite-Marie Alacoque, messagères du Sacré-Coeur), et peut-être même à Elisabeth Kindelman (La flamme d'Amour du Coeur Immaculé de Marie), messagère du Coeur de Marie, et pourtant dévorée par des doutes et des allers-retours dans sa foi. .L'idée directrice, c'est que la prière est un acte d'amour, une union de son coeur avec celui de Marie ou de Jésus. Et du coup, on ne prie pas seul, on prie ensemble.
Il y a ainsi toute une littérature religieuse qui vous permettra de mieux connaître la pensée de Jésus, de mieux comprendre comment il voit tout ce qui se passe dans le monde.
Je vous renvoie pour cela vers des éditions religieuses reconnues sur internet où vous trouverez tout ce que je cite et bien plus encore :
https://www.asonimage.fr/CT-178-coup-de-coeur.aspx
https://www.google.com/search?q=%C3%A9d ... e&ie=UTF-8
https://www.editions-emmanuel.com/colle ... nctuaires/
https://www.laprocure.com/recherches/resultats.html


Et si tout cela ne vous touche pas ou ne vous émeut pas profondément, si la messe vous est inconnue ou incertaine, si votre besoin pour l'instant c'est de connaître Jésus, dans tous les détails de sa vie, simplement, pour ensuite pouvoir mieux avancer dans la religion catholique, il existe une révélation en cours d'étude par l'Eglise, "l'Evangile tel qu'il m'a été révélé", par Maria Valtorta. Comme pour cette mystique, -enterrée malgré tout dans la chapelle de la Sainte Annonciation de Florence, avec l'épitaphe "Hostia Deo grata (Hostie agrée par Dieu) – Divinarum rerum scriptrix (scribe de la chose divine)", dont le cinquantenaire de la mort a été célébré dans cette même église- les choses sont très lentement en cours, son oeuvre n'a pas pleinement droit de cité sur ce site, mais il n'empêche que ses écrits sont très largement diffusés dans toutes les librairies religieuses. Je mets un lien qui vous permettra de vous faire votre opinion :
http://www.maria-valtorta.org/ValtortaW ... orta04.htm
http://www.maria-valtorta.org/ValtortaW ... orta09.htm
http://www.maria-valtorta.org/ValtortaW ... ltorta.htm
Ses écrits étaient quand même chaudement recommandés par le Padre Pio, et servaient de livre de chevet à Jean Paul II, ainsi qu'à plusieurs autres archevêques et religieux... Ce qui est logique, car c'est une révélation qui décrit au jour le jour la vie de Jésus et de Marie en Palestine, sans toutefois faire d'ombre aux textes canoniques, bien au contraire, en les mettant en valeur et les rendant bien plus accessibles au commun des mortels. C'est donc un écrit particulièrement adapté à ceux qui se retrouvent adultes devant une soif spirituelle, un appel à la foi alors qu'ils ne connaissent pas vraiment Jésus. Et c'était le but de cette révélation, avoir un coté protéiforme qui parle au plus grand nombre.

Voilà, je pense qu'après avoir lu, prié, médité, appris à connaître, et communié, vos questionnements se seront nettement éclaircis, et votre chemin sera bien plus assuré et lumineux. C'est tout ce qu'on vous souhaite! Bonne continuation et bon courage!
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 16:11

Merci beaucoup pour votre réponse zelie !
Cela fait trois ans que je m'interroge. Eh bien, je ne trouve toujours pas de réponse à mes questions ou plutôt dès que je trouve une réponse à l'une, dix autres reviennent par-dessus comme un hydre dont on coupe les têtes, qui ne cessent de repousser... J'ai rencontré beaucoup de religieux, dont un prêtre qui m'a dit récemment que je pourrai passer le voir de temps en temps - c'est quelqu'un en qui j'ai confiance, et je compte repasser le voir... J'ai fait une retraite spirituelle il y a quelques mois, dans un couvent. Je prie tous les jours (il est vrai que j'avais arrêté de le faire ces derniers mois mais je recommence depuis une semaine). Je me remets aussi à lire des livres de spiritualité depuis peu...
Je tiens à préciser que je suis protestante mais que je suis toujours en pleine recherche. La seule chose que j'ai compris pour le moment du message chrétien, c'est l'importance de l'amour (de Dieu et des autres). Mais je n'ai toujours pas "rencontré" Jésus ni bien compris la spécificité de l'amour chrétien. Et pourtant, je passe une grande partie de mon temps à y penser.
J'ai de gros problèmes de concentration en ce moment, c'est pourquoi je peine souvent à finir les livres que je commence. Le dernier auteur que j'ai lu avec beaucoup d'assiduité est Chesterton, une bonne partie de ses livres, il y a quelques mois. D'ailleurs, je ne sais pas quel auteur lire car je ne me reconnais dans aucun des mystiques chrétiens que j'ai tenté de lire :/ En ce moment, je lis saint Jean de la Croix qui parle de la nuit de la foi, mais ce n'est pas ce que je vis ; je lis aussi François de Sales qui parle de prier avec son entendement et son imagination, mais c'est une manière qui ne me réussit pas... Pour le moment, je ne trouve pas ce qui me convient. Thérèse d'Avila s'en rapproche mieux, mais je n'ai pas les faveurs qu'elle reçoit et je ne brûle pas d'amour contrairement à elle. Je ne trouve pas d'auteur qui me convienne exactement. D'autant plus que je ne suis pas catholique - bien que je sois attirée par le catholicisme.
En bref, je suis très perdue - et ce depuis ma conversion, c'est-à-dire depuis bientôt trois ans.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 18:01

Merci Suroît pour votre message !
Suroît a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 17:29
La foi du chrétien doit en venir à désirer la Volonté d'un autre, librement, et pas sa volonté propre ou ses valeurs qu'il prend pour un absolu. C'est pourquoi il se fie dans un Maître, le Christ, qui est venu mettre en crise ses valeurs individuelles et subjectives et nous amener à prendre une décision essentielle : vivre pour soi ou pour un autre que soi, vivre par soi seul ou par un autre que soi.
Suroît a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 17:29
C'est cela qu'il doit essayer de faire comprendre, en se remettant toujours en question pour savoir si lui, sa volonté individuelle, est bien en train de désirer la Volonté de son Père ou seulement la sienne, sous couvert de Dieu. Car une foi qui n'essaie pas de se comprendre est fragile et parfois dangereuse.
Mais comment fait-on pour distinguer la volonté de Dieu de la sienne ? est-ce possible par la raison ?
Il est dangereux aussi de trop remettre en question certaines choses que l'on nous a apprises (l'importance de la démocratie, par exemple ; l'égalité homme-femme...), de déconstruire tout cela pour seulement chercher la volonté de Dieu : cela ne conduit-il pas à la folie ou dans certains cas, au fanatisme ? Je comprends le pharisien qui ne veut pas remettre en question tout ce qu'on lui a toujours appris. C'est vertigineux. Et c'est même risqué. Car assurément, il y a aussi du bon dans ce que notre milieu social nous a enseigné. C'est l'histoire de Crime et châtiment : Raskolnikoff veut remettre en question les "préjugés" qu'on lui a inculqués.
A ne pas lire si vous vous ne voulez pas connaître la fin de Crime et châtiment :
[+] Texte masqué
Finalement, cela le conduit au meurtre, puis plus tard à la foi, à la fin du livre - mais à quel prix ?
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par prodigal » dim. 27 oct. 2019, 18:44

Chère Quejana,
Raskolnikov pèche par orgueil.
Peut-être y a-t-il là un critère pour discerner la volonté de Dieu. Etre le plus humble possible, et ainsi la volonté propre cesse de faire écran à la volonté de Dieu.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 19:04

prodigal a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 18:44
Chère Quejana,
Raskolnikov pèche par orgueil.
Peut-être y a-t-il là un critère pour discerner la volonté de Dieu. Etre le plus humble possible, et ainsi la volonté propre cesse de faire écran à la volonté de Dieu.
Bonsoir prodigal,
Bonne remarque, mais quand j'y réfléchis, c'est aussi se mettre dans un état de grande vulnérabilité que de remettre en question ses fondements, tout en étant très humble. En effet, le premier gourou venu peut alors nous entraîner avec lui. Il y a là un véritable risque. Je suis quasiment sûre que les personnes recrutées par les Témoins de Jéhovah sont des personnes très humbles et pourtant... font-elles la volonté de Dieu ?
Visiblement, l'humilité ne suffit pas pour discerner la volonté de Dieu - ou peut-être ai-je mal compris votre message.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par prodigal » dim. 27 oct. 2019, 19:26

Je n'ai pas moi-même la réponse aux questions que vous soulevez.
Sans doute rien ne suffit, car celui qui croit qu'il est assez humble prouve par là même qu'il ne l'est pas.
Sans doute aussi faut-il se garder des tentations sectaires, et je vous rejoins. La meilleure façon de s'en préserver est probablement d'avoir trouvé sa place au milieu du monde, de sa famille et de ses amis. Qui a déjà une religion sait qu'il en a une, et donc ne voit pas l'intérêt de la changer pour une secte. Mais parfois il faut changer.
Il faut donc se mettre en route sans bien connaître le chemin, avec l'espérance pour compagne.
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 19:35

prodigal a écrit :
dim. 27 oct. 2019, 19:26
Je n'ai pas moi-même la réponse aux questions que vous soulevez.
Sans doute rien ne suffit, car celui qui croit qu'il est assez humble prouve par là même qu'il ne l'est pas.
Sans doute aussi faut-il se garder des tentations sectaires, et je vous rejoins. La meilleure façon de s'en préserver est probablement d'avoir trouvé sa place au milieu du monde, de sa famille et de ses amis. Qui a déjà une religion sait qu'il en a une, et donc ne voit pas l'intérêt de la changer pour une secte. Mais parfois il faut changer.
Il faut donc se mettre en route sans bien connaître le chemin, avec l'espérance pour compagne.
Ce que vous dites est très sage. Il y a toujours un risque, un petit risque ; le chemin est rugueux, difficile ; et il faut faire confiance à Dieu pour qu'il nous fasse arriver au bon endroit.

EDIT : Merci Suroît ! Je suis d'accord avec ce que vous dites. Une chose cependant où je me suis longtemps trompée : j'ai cru que je pourrai progresser seule sur mon chemin de foi. Et vous avez raison de dire que c'est impossible. Je ne suis plus de cet avis aujourd'hui. Je vais faire confiance au prêtre catholique (un homme très intelligent) qui a accepté de répondre à mes interrogations ; peut-être en résultera-t-il du bon.
"Un chrétien seul est un chrétien en danger."
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Quejana » dim. 27 oct. 2019, 21:55

Vous pensez qu'il est donc bon d'arriver quelque part ? à une ou plusieurs certitudes ? au moins quelques certitudes qui nous permettent de nous structurer ?
Peut-être y a-t-il certaines certitudes structurantes à avoir, sur lesquelles on peut s'appuyer aveuglément, pour pouvoir interroger le reste. Je ne sais pas si vous me suivez...
Je suis protestante libérale et je remarque souvent que les pasteurs de ma confession disent la chose suivante : "Il ne faut pas consacrer tout son temps à Dieu ; il faut faire d'autres choses à côté." Un tel discours peut me convenir pendant de courtes périodes. Mais toujours j'y reviens : il me manque quelque chose. Quelque chose que ma confession ne pousse pas jusqu'au bout, n'assume pas jusqu'au bout. Car elle ne le peut pas. Voilà pourquoi elle dit : "Il faut penser à autre chose qu'à Dieu" C'est parce qu'elle ne répond pas à ma soif d'absolu, elle se situe dans la modération. Quiconque cherche à vivre une mystique (expérience de l'absolu) dans le protestantisme court le grand risque de basculer dans la folie, car cette confession n'a rien de structurant : elle laisse la personne livrée à elle-même. Si quelqu'un veut pousser jusqu'au bout sa quête d'absolu, il doit passer par une religion qui l'encadre, selon moi ; mais je ne suis pas certaine qu'il faille entreprendre cette quête jusqu'au bout.
La question que je me pose est donc : faut-il accepter cet inconfort spirituel et ne s'arrêter à aucune pensée structurante, ne se complaire nulle part, ne s'arrêter nulle part, quitte à éprouver au fond de soi-même, une certaine gêne - cette gêne étant dans cette hypothèse le signe d'une bonne santé intellectuelle et spirituelle -, accepter de ne pas aller jusqu'au bout des choses, de ne les effleurer que du bout des doigts et avec prudence, ayant conscience de la fragilité de cette petite étincelle qui brille au fond de nous, ou faut-il au contraire chercher du solide, des fondements, des fondations, une structure sur laquelle s'appuyer, un véritable roc, consacré par deux millénaires de tradition, quitte à s'endurcir, devenir moins souple et plus dogmatique ?
Voilà la question que je me pose en ce moment, et je ne l'ai toujours pas résolue. Mais j'espère que je ne fatigue pas trop tout le monde avec mes questions... Voilà un certain temps que je fréquente le forum, et j'ai bien conscience que je pose beaucoup de questions :/ J'espère ne pas être trop exaspérante...
Je devine à peu près ce que l'on me répondra sur un forum catholique... Mais je serais quand même intéressée de connaître vos arguments. Suroît, vous qui n'êtes pas vraiment catholique, cela m'intéresserait aussi de connaître votre point de vue, il sera à coup sûr, original et intéressant.
S'il vous plaît, ne me brusquez pas en me disant : "Convertis-toi" et respectez mon doute, parce que me brusquer est le meilleur moyen de me faire partir en courant - tant je suis peu décidée sur la chose. De toute façon, ce n'est pas une simple conversation sur un forum qui va me convertir, c'est sûr, et le chemin est encore long avant que j'en vienne à me fixer dans une autre confession que celle que j'ai actuellement - à supposer que j'en change.
Bonne soirée à vous ;)
Par une nuit profonde,
Étant pleine d'angoisse et enflammée d'amour,
Oh ! l'heureux sort !
Je sortis sans être vue,
Tandis que ma demeure était déjà en paix.

Saint Jean de la Croix

Trinité
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Re: Problèmes moraux

Message non lu par Trinité » dim. 27 oct. 2019, 22:34

Quejana a écrit :
sam. 26 oct. 2019, 18:30



Cinquième question : a) l'amour exige-t-il vraiment le sacrifice ? Ne peut-on pas aimer l'autre tout en gardant l'amour de soi et son petit égoïsme ? Faut-il que le bien fait à autrui soit une privation faite à nous-même pour être réellement un bien ? b)

Quejana
Bonsoir Quejana,

J'ai constaté en ce qui me concerne que mes privations, pour faire un acte de charité ou d'amour envers quelqu'un, m'apportaient à postériori beaucoup plus de joie, que si je m'étais occupé de moi pour un plaisir momentané. ;)

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