Le problème avec l'euthanasie

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » dim. 08 déc. 2019, 18:05

J'avais manqué ce message à l'origine :
Levergero :

Manifestement, Cinci, vous n'avez jamais dû avoir un très proche en fin de vie souffrir affreusement et être à ses côtés. Sinon, vous n'auriez pas écrit cela. C'est un manque manifeste d'amour...

Ce serait quoi la crédibilité de prétendre que "les petites soeurs de Jésus et assimilées manqueraient de charité envers les malades et les plus mal pris" or que "les technocrates et autres administrateurs obsédés par le profit et les calculs comptables seraient sûrement bien davantage empathiques envers les pauvres, les improductifs et ceux qui nous coûteraient cher comme les paralytiques" ?

ou

C'est quoi qui vous autoriserait de dire que vous, mais parce que le programme de suicide assisté vous plaît, il devrait aller de soi que vous posséderiez un si grand coeur, tellement plus grand, plus fin, plus beau et plus sensible aux misères d'autrui que le mien, vous le savez, bien plus que tous ceux qui ne pensent pas comme vous ?




La friture sur la ligne, la nuisance dans les communications ...

Vos considérations personnelles *toutes imaginatives de projection*, ici, à propos de ce que j'aurais dû vivre ou pas auprès de grands malades, ne sont que de la pollution. Mais dans la mesure 1) vous ignorez tout en ce qui me concerne sur ce plan 2) la question d'un quelconque degré de vertu personnelle n'a rien à faire, et n'est significatif de rien, par rapport à la bonté ou la méchanceté de la politique d'euthanasie susdite et ainsi que par rapport à son danger de glissement déshumanisant, etc.

J'aurais beau m'appeler Barbe-Bleu (supposons !) et être contre le principe du suicide assisté, mais ce n'est pas le simple fait que je me nommerais Barbe-Bleu qui fait que la loi serait bonne ou pas.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » dim. 01 mars 2020, 22:01

Ça, c'était en septembre dernier ...


L’aide médicale à mourir sera dorénavant disponible aux personnes dont la mort n’est pas prévisible à court terme, vient de trancher une juge de la Cour supérieure du Québec.

« L’exigence de la mort naturelle raisonnablement prévisible prive des personnes comme les demandeurs d’exercer leur autonomie et de leur choix de mettre un terme à leur vie au moment et de la manière souhaitée, ce qui doit demeurer pourtant une décision personnelle tout à fait fondamentale », peut-on lire dans la décision de la juge Christine Baudouin, rendu ce mercredi.



https://vigile.quebec/articles/l-aide-m ... e-tribunal

En un mot, la juge du tribunal fait la promotion du suicide. La "privation" dont elle parle n'est que le droit de se suicider.



Et, là, c'est en janvier 2020 ...
Maladie mentale

« Ce qui suscite un certain nombre d’interrogations, c’est lorsqu’on va aborder les questions de santé mentale », reconnaît toutefois le Dr Yves Robert. En effet, l’abandon du critère de « fin de vie » permettra aux gens atteints de problèmes de santé mentale sévères, comme la schizophrénie ou la bipolarité, d’avoir également accès à ce soin de dernier recours.

https://www.journaldequebec.com/2020/01 ... e-a-mourir


P.S. : C'est le prêtre de la paroisse chez nous qui fait souvent des visites aux malades dans les hôpitaux, et qui nous contait comment un grand malade lui expliquait que son médecin passait son temps à essayer de lui vendre la solution finale, lui faisant valoir comment ce serait merveilleux, indolore. Malgré le fait qu'il lui répétait qu'il était catholique : ce genre de "détail" n'empêchait pas l'autre de revenir à la charge.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Altior » dim. 01 mars 2020, 23:28

Cinci a écrit :
dim. 01 mars 2020, 22:01
En un mot, la juge du tribunal fait la promotion du suicide. La "privation" dont elle parle n'est que le droit de se suicider.
Ici, c'est la première étape. Chaque personne responsable doit avoir le droit de se suicider, selon le principe «mon corps, mon choix».


Maladie mentale

« Ce qui suscite un certain nombre d’interrogations, c’est lorsqu’on va aborder les questions de santé mentale », reconnaît toutefois le Dr Yves Robert. En effet, l’abandon du critère de « fin de vie » permettra aux gens atteints de problèmes de santé mentale sévères, comme la schizophrénie ou la bipolarité, d’avoir également accès à ce soin de dernier recours.

https://www.journaldequebec.com/2020/01 ... e-a-mourir
Là, c'est la deuxième étape. Les personnes irresponsables peuvent aussi bénéficier de ce droit dont elles ne peuvent pas être privées.

P.S. : C'est le prêtre de la paroisse chez nous qui fait souvent des visites aux malades dans les hôpitaux, et qui nous contait comment un grand malade lui expliquait que son médecin passait son temps à essayer de lui vendre la solution finale, lui faisant valoir comment ce serait merveilleux, indolore. Malgré le fait qu'il lui répétait qu'il était catholique : ce genre de "détail" n'empêchait pas l'autre de revenir à la charge.
Là, c'est la troisième étape: ce n'est plus seulement un droit, c'est une recommandation.

Probablement la 4-ème étape, encore transitoire, sera quand tout personne souffrante sera dans le présomption d'avoir demandé la mise à mort. Seuls ceux qui exprimeront leur désir de rester en vie seront exempts. On a déjà ça pour la donation des organes, où une personne qui n'a pas refusé de façon explicite est un donnateur présomptif.

La 5-ème étape sera la solution finale: la mort rendue obligatoire. Le monde anciennement chrétien reviendra aux procédures de la Sparte païenne, où les vieillards étaient jetés dans des précipices. Evidemment, ça sera pour le bien général et pour le leurs, pour les épargner de tant de souffrance: le crime par humanitarisme, comme on dit déjà maintenant lorsqu'on parle d'avortement «thérapeutique». C'est pour mieux soigner les enfants qu'on les tue, c'est pour mieux soigner les vieillards (et les adultes malades) qu'on les tuera.

Ainsi, le monde finira là où son visage actuel a commencé. Le péché primordial, le fait d'avoir mangé le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, aura accompli son effet. Une humanité qui se définit seule ce qui est bien et ce qui est mal doit finir comme elle a commencé. Le premier homme qui est mort dans l'histoire est mort en étant tué par son frère. Les derniers subiront pareil. Puis, Notre Seigneur viendra, dans toute Sa majesté, pour juger les vivants et les morts.

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Antoine75
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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Antoine75 » mer. 04 mars 2020, 2:52

"Légaliser l'euthanasie, c'est la banaliser sans éviter les dérives. La légalisation repousse les limites des dérives vers des pratiques toujours plus extrêmes. Après l'euthanasie des patients en fin de vie, on en vient à celle des mineurs, puis des personnes atteintes de troubles mentaux, puis l'on passe outre les conditions fixées par la loi, et parfois même outre le consentement du patient. Statistiquement, les dérives sont plus nombreuses encore dans les pays qui ont légalisé l'euthanasie."
Source : https://www.ouest-france.fr/reflexion/p ... ie-6047113

Est-ce une réalité l'euthanasie sans le consentement du patient ? Je me pose cette question car étant schizophrène et ayant des problèmes relationnels sérieux avec ma famille, je me demande si ils peuvent demander l'euthanasie pour moi.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Altior » mer. 04 mars 2020, 8:25

Antoine75 a écrit :
mer. 04 mars 2020, 2:52
Est-ce une réalité l'euthanasie sans le consentement du patient ?
Il y a eu beaucoup de cas en Pays Bas, mais habituellement concernant les démences. Apparemment, il y a eu des cas concernant les enfants aussi, à la demande des parents (horrible, choquant!). Les cas concernant les adultes sont plus rares. Celui qui a fait longtemps la une en France est le cas de Vincent Lambert. Cet adulte, infirmier, gravement handicapé suite à un accident, n'avait jamais demandé d'être euthanasié. Du moins, jamais de demande formelle. On a mis en avant une conversation qu'il aurait eu avec sa femme, lorsqu'il était en pleine santé, selon laquelle il se serait exprimé que mieux vaut mourir que souffrir. Evidemment, ce n'est pas une demande formelle, c'était une façon de parler, comme on en a chez le coiffeur pour passer le temps, dont le seul témoin était sa femme. Dans ce cas de figure, on a bien vu qu'il s'agit d'un acharnement euthanasique. En dépit des interventions de ses parents, de son brillant avocat, des associations des handicapés, on a réussi à lui donner la mort.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par zelie » mer. 04 mars 2020, 10:41

Cinci :
P.S. : C'est le prêtre de la paroisse chez nous qui fait souvent des visites aux malades dans les hôpitaux, et qui nous contait comment un grand malade lui expliquait que son médecin passait son temps à essayer de lui vendre la solution finale, lui faisant valoir comment ce serait merveilleux, indolore. Malgré le fait qu'il lui répétait qu'il était catholique : ce genre de "détail" n'empêchait pas l'autre de revenir à la charge.
Là, c'est la troisième étape: ce n'est plus seulement un droit, c'est une recommandation.
Altior:
Probablement la 4-ème étape, encore transitoire, sera quand tout personne souffrante sera dans le présomption d'avoir demandé la mise à mort. Seuls ceux qui exprimeront leur désir de rester en vie seront exempts. On a déjà ça pour la donation des organes, où une personne qui n'a pas refusé de façon explicite est un donnateur présomptif.

La 5-ème étape sera la solution finale: la mort rendue obligatoire. Le monde anciennement chrétien reviendra aux procédures de la Sparte païenne, où les vieillards étaient jetés dans des précipices. Evidemment, ça sera pour le bien général et pour le leurs, pour les épargner de tant de souffrance: le crime par humanitarisme, comme on dit déjà maintenant lorsqu'on parle d'avortement «thérapeutique». C'est pour mieux soigner les enfants qu'on les tue, c'est pour mieux soigner les vieillards (et les adultes malades) qu'on les tuera.

Ainsi, le monde finira là où son visage actuel a commencé. Le péché primordial, le fait d'avoir mangé le fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, aura accompli son effet. Une humanité qui se définit seule ce qui est bien et ce qui est mal doit finir comme elle a commencé. Le premier homme qui est mort dans l'histoire est mort en étant tué par son frère. Les derniers subiront pareil. Puis, Notre Seigneur viendra, dans toute Sa majesté, pour juger les vivants et les morts.
Mais c'est tellement cela! Le monde qui actuellement rejette Dieu sans oser le dire ou même en être conscient finira par rejeter Dieu consciemment et en toute chose. Et cela, oui, fermera une boucle.

Pour le médecin cité par Cinci, il ne s'agit que de respecter des enveloppes budgétaires, car les malades chroniques inguérissables coûtent cher à un état. Si on le questionne, il dira qu'il n'est contre personne, et peut-être même que ses parents étaient catholiques. Mais lui agit dans un système qu'il n'a peut-être pas pris le temps de véritablement interroger.

Si on regarde ce qui s'est déjà fait par le passé en matière de gestion des masses humaines, on peut regarder l'avortement. D'un acte destiné à sauver la vie de la mère, je cite Simone Veil, l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue " , il est devenu simplement lié à une situation médicale, puis à un confort offert par la médecine, etc. jusqu'à un droit des femmes de disposer de leur corps, quitte à ce que le bébé lui n'ait aucun droit ni aucune protection, tellement que même Simone Veil, à la fin de sa vie, en était choquée et avouait ne plus soutenir ce qui se faisait. Elle a perdu là d'ailleurs une belle occasion de l'ouvrir en aussi grand que le jour où elle a plaidé à l'Assemblée Nationale en 1974.
On peut regarder aussi ce qui se faisait des malades lors des idéologies tordues, comme en Allemagne lors de la guerre, où les malades étaient jugés "inutiles à la société" et représentaient un poids supplémentaire.
Ou du coté de l'Amérique latine, au Pérou, où 300 000 femmes ont été stérilisées de force entre 1995 et 2000, chose qui a très pu ému les nymphes médiatiques européennes, trop occupées par les fashion weeks.
A chaque fois que l'homme a construit une société où l'égoïsme, la soif de puissance et le rejet de la différence ont prévalu, on est allé de dérives en dérives.

Comment croire qu'aujourd'hui, avec l'euthanasie, -le nouveau jouet qui excite le sentiment de puissance de l'homme, d'être de plus en plus maître de son destin et de la société qu'il génère sous l'excuse de construire une société utile et sélectionnée-, on s'arrêtera en si bon chemin? C'est complètement illusoire de compter sur un état providence et protecteur, paternel, sur la "bonne moralité" d'un gouvernement ou d'un comité d'éthique, car le premier entérine toutes les vox populi qui le maintiennent au pouvoir (ah les élections!) et les seconds entérinent tous les changements de société que les gouvernements leur présentent!

Pour contrer tous ces courants idéologiques d'athéisme, il nous reste le religieux. Ca fait périmé dit comme ça, mais c'est exactement là, dans cette acceptation d'une transcendance et dans l'adhésion, l'obéissance à la croyance que "Quelque Chose" de plus grand que nous existe et nous guide qu'on peut échapper à ces vapeurs morbides de l'homme contre l'humanité.
C'est pire que dommage, c'est stupide que les hommes ne tournent plus leur regard ailleurs que sur le discours médiatique majoritaire. L'homme ne prend plus la peine, individuellement, de réfléchir et de penser son monde. Il confie cela aux penseurs d'aujourd'hui, les politiques et les médias. Et c'est vraiment grave.

J'y vois un parallèle avec une situation assez partagée de nos jours, la procrastination. Les sciences cognitives expliquent que les procrastinateurs qui frisent le syndrome de Diogène, sont très souvent des personnes en souffrance qui malgré eux ont des conduites d'évitement face à une tâche qui plus elle est repoussée, plus elle devient aversive. Ils font cela parce qu'ils privilégient une récompense immédiate à une récompense future : si on ne range pas sa maison, dans l'immédiat, on peut se reposer, regarder la télé, aller promener, faire du sport, ou flemmarder avec un bouquin. Mais si on range sa maison, on aura la récompense future d'avoir un maison propre, pimpante et entretenue, exempte de vaisselle non faite et d'odeurs. Les chercheurs opposent ainsi les procrastinateurs aux consciencieux. Les consciencieux sont des gens qui planifient, suivent leur planning et exécutent toutes les tâches sans trop tarder, ne prenant leur repos, enfin bien mérité, qu'après l'effort et pas avant.
Eh bien aujourd'hui, par moment, l'humanité, je veux dire les gens ordinaires qui vivent une vie ordinaire, me font parfois penser aux procrastinateurs décrits : ils prennent leur vie au jour le jour, dans l'immédiateté de tout, sans vraiment de patience envers les autres, comme la politesse et le respect, l'attente, l'ouverture et la bienveillance, ce qui amène à dire d'eux " mais c'est tout pour leur gueule, les autres, ils n'en ont rien à faire"... Comme si on n'en avait plus qu'assez de faire un petit peu plus que notre vie ordinaire, comme si penser, projeter un monde futur et se battre pour cela relevait désormais de l'impensable, du trop difficile. Moins on pense, et moins on se rebelle, et plus on suit ce qu'on nous dit de faire en concluant vite " mais c'est la société d'aujourd'hui!" .
L’intégrisme est un refuge pour la misère parce qu’il offre un sursaut d’espérance à ceux qui n’ont rien.
Que leur mal disparaisse, et l’intégrisme perdra ses troupes. L'Abbé Pierre
Vis vraiment chaque instant. Fais-le meilleur. Aime-le. Chéris-le. Fais-le beau, bon pour toi-même et pour Ton DIEU. Ne néglige pas les petites choses. Fais-les avec Moi, doucement. Fais de ta maison un Carmel où Je puisse Me reposer. Jésus, Premier Cahier d'Amour

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Antoine75 » mer. 04 mars 2020, 13:37

Et pour faire réfléchir, le serment d'Hippocrate que prête tout médecin en occident dit la phrase suivante :
Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate

Tout médecin a donc le droit de désobéir à la loi sur l'euthanasie. Et c'est pas un argument chrétien flou ici, c'est la charte même de tout médecin. Je suis étonné que les médecins n'aient pas plus élevé la voix que ça contre la loi sur l'euthanasie.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Foxy » mer. 04 mars 2020, 15:58

Antoine75 a écrit :
mer. 04 mars 2020, 13:37
Et pour faire réfléchir, le serment d'Hippocrate que prête tout médecin en occident dit la phrase suivante :
Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate

Tout médecin a donc le droit de désobéir à la loi sur l'euthanasie. Et c'est pas un argument chrétien flou ici, c'est la charte même de tout médecin. Je suis étonné que les médecins n'aient pas plus élevé la voix que ça contre la loi sur l'euthanasie.
Bonjour Antoine

Vous savez, il y a des médecins qui sont contre, je vous mets le lien : https://collectifmedecins.org/

Tout comme l'Eglise : https://qe.catholique.org/euthanasie/18 ... lise-sur-l

Ne vous mettez pas non plus la tête à l'envers, cela ne se fait pas "automatiquement" non plus.

Faites confiance aux médecins qui vous soignent.
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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Kerygme » ven. 06 mars 2020, 0:50

Bonjour,


Juste une courte réaction sur la forme et non le fond.

Il est important de discuter de cela avec des proches que ce soit la famille ou des amis. En effet, il se pourrait qu'un jour on légifère sur une décision par défaut comme pour le don d'organes et, en cas d'impossibilité de le faire soit même, ne pas laisser cette décision à un tiers ou à l'autorité civile et médicale.

Il faut ainsi une ou plusieurs personnes qui ont connaissance de nos dernières volontés : type de funérailles, don d'organes ou non, pas d'acharnement thérapeutique déraisonnable, refus d'euthanasie ...

Ainsi que ce soit le médecin, la coordinatrice des greffes, un membre de la famille, etc, c'est presque un acte charitable de ne pas leur laisser cette responsabilité. Je conseille à Antoine75 d'avoir dans son portefeuille un simple papier écrit à la main et signé avec ses dernières volontés, ainsi les choses sont claires - surtout en cas d'urgence - en plus d'avoir un caractère juridique. On peut même indiquer le nom d'une personne qui peut en témoigner pour éviter une contestation.

Le médecin a aussi un droit de retrait si un acte heurte ses convictions religieuses. Par contre, si le patient l'a sollicité pour cela, la loi l'oblige a orienter ce dernier vers un autre médecin qui peut pratiquer l'acte demandé. C'est le cas pour l'IVG et il est possible que cela soit identique si l'euthanasie devait être légalisée.


Bon chemin de Carême.
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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » ven. 06 mars 2020, 5:06

Zélie :

Pour contrer tous ces courants idéologiques d'athéisme, il nous reste le religieux. Ca fait périmé dit comme ça, mais c'est exactement là, dans cette acceptation d'une transcendance et dans l'adhésion, l'obéissance à la croyance que "Quelque Chose" de plus grand que nous existe et nous guide qu'on peut échapper à ces vapeurs morbides de l'homme contre l'humanité.
Tout à fait.

C'est pire que dommage, c'est stupide que les hommes ne tournent plus leur regard ailleurs que sur le discours médiatique majoritaire. L'homme ne prend plus la peine, individuellement, de réfléchir et de penser son monde. Il confie cela aux penseurs d'aujourd'hui, les politiques et les médias. Et c'est vraiment grave
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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » ven. 06 mars 2020, 5:25

Antoine75 :

Je suis étonné que les médecins n'aient pas plus élevé la voix que ça contre la loi sur l'euthanasie.
C'est chose compréhensible. On peut comprendre la faiblesse de la position du médecin chrétien, dans le contexte politique actuel.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » sam. 07 mars 2020, 13:49

Une réflexion en lien avec cette affaire d'euthanasie des malades, des souffrants ou des désespérés.


La souffrance fait-elle sens ?

"Comment les chrétiens se réconcilient-ils avec la folie de la Croix ? S'agit-il d'une grande cruauté de la part de Dieu à l'égard de son propre Fils ? Ou encore d'une grande impuissance ? Bien sûr que non ! La souffrance, la Passion du Christ, a des mérites, des vertus salvifiques, expiatoires. Elle a rouvert la porte du ciel qui s'était fermée avec la Chute des premiers parents dans la désobéissance, dans l'insubordination motivée par l'orgueil. La Croix de Jésus est également le plus grand exemple et modèle de miséricorde, de sacrifice, de don de soi, d'obéissance et de puissance qui soit (puissance, car la Croix de Jésus est la prémisse de la gloire de sa Résurrection, de sa victoire sur la mort et sur la haine) Et ces mérites et ces vertus en liens avec la souffrance du Christ s'appliquent à la souffrance de tout chrétien. Unis dans le Corps mystique du Christ, les chrétiens participent au salut du monde avec Lui. Ainsi, toute souffrance est perçue, accueillie et saisie comme une occasion de contribuer à l'établissement du Royaume de Dieu sur terre, et comme une occasion d'alléger son propre purgatoire.

L'accueil des souffrances et des épreuves n'est pas synonyme de résignation comme devant une fatalité, mais plutôt de l'acceptation d'entreprendre le défi de vaincre ladite épreuve, avec courage, persévérance et confiance (Espérance), sinon de l'alléger et de la rendre bien supportable, et d'en tirer des richesses spirituelles et matérielles insoupçonnées, grâce au concours du Christ. Telle est la puissance de la foi."

- Isabelle O'Connor, "La souffrance fait-elle sens ?" in Jésus Marie et Notre Temps, février 2020,

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Cinci » sam. 07 mars 2020, 21:09

J'ai une amie dont la mère très âgée, fragile, atteinte de la maladie d'Alzheimer, se trouve placée dans un foyer pour personnes âgées. Dans la famille de cette amie, personne n'a plus vraiment la foi en dehors d'elle-même et de sa vieille mère, laquelle aura toujours été croyante. Donc, c'est surtout elle, mon amie, qui s'occupe essentiellement de sa mère, qui lui rend des visites fréquentes, qui gère les difficultés qui se présentent au quotidien.

Or je lui parlais la semaine dernière. Elle me racontait qu'à chaque visite le soir, elle se trouvait à faire le chapelet avec sa mère, ouvrant la radio sur une chaîne qui rediffusait le chapelet ayant lieu le même jour dans l'un ou l'autre des sanctuaires catholiques du diocèse. C'est un rituel qui plaît toujours à sa vieille mère et qui a le don de la rassurer, la calmer. Mais où je veux en venir : il arrive parfois que sa soeur infirmière et incroyante se trouve à devoir la remplacer auprès de sa mère - question de lui accorder un petit congé de visite - et que dans cette occasion la soeur mécréante se retrouve à devoir "superviser" l'activité de sa mère malade, et donc de participer elle aussi d'une façon à la récitation du chapelet ! Le meilleur c'est que mon amie dit avoir réalisé comment sa soeur semblait maintenant avoir acquis une meilleure opinion de la prière de l'Église ! A force d'être obligée d'entendre les commentaires qui sont dit entre les mystères, avant ou après la récitation, à la radio, elle s'aperçoit à sa grande surprise que le contenu des propos sont moins bêtes ou insignifiants qu'elle l'aurait cru.

C'est pour dire : quand on se demanderait quel est le sens de la souffrance, de la maladie; ou quand on imaginerait un peu, en contrepartie, de quoi le développement des mesures gouvernementales d'assistance au suicide risque de nous priver davantage de quelque chose de bien et sur le plan de la foi.

On imagine que dans la société de demain, la vieille mère malade et incurable n'aurait jamais pu vivre aussi longtemps. Il ferait longtemps qu'elle serait disparue, morte et enterrée. Et sa fille, la "mécréante", n'aurait jamais eu le temps de découvrir quelques vertus au chapelet.

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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Foxy » sam. 07 mars 2020, 23:01

Merci pour ce témoignage Cinci.
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Re: Le problème avec l'euthanasie

Message non lu par Kerygme » dim. 08 mars 2020, 21:45

@Antoine75

Petite confirmation concernant mes propos plus haut car - hasard du calendrier - ce week-end dans mon cycle de formation nous avions un médecin (chrétien) intervenant venu traiter des questions éthiques, notamment sur l'état végétatif chronique.

Dans le triangle de Ricoeur qui traite de l'éthique se pose le principe d'autonomie pour la personne concernée. Par ce principe, l'expression écrite de sa volonté par un document s'appelle : les directives anticipées (formulaire inclus). En plus d'avoir une base juridique, elles sont contraignantes pour le médecin.

Si vous avez un « Dossier Médical Partagé », vous pouvez aussi les faire enregistrer dedans.

Donc Antoine75, si vous avez une crainte à ce niveau il suffit d'exprimer votre volonté sur ce formulaire, et éventuellement en avoir une copie sur vous.
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