[Débat] Moralité de la vie homosexuelle

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Cinci » mar. 21 juin 2016, 13:29

Bonjour
Hep :
Selon le catéchisme les actes homosexuels sont intrinsèquement désordonnés. Cela dit, selon le même catéchisme, la masturbation est aussi intrinsèquement désordonnée. Il n'est donc ni mieux, ni moins bien d'être homo que de se masturber.
Ce n'était pas l'avis de Thomas d'Aquin. me semble-t-il.

Je me souviens d'avoir déjà lu dans la Somme théologique comment le philosophe chrétien rangeait l'homosexualité au second rang de gravité des péchés de luxure, immédiatement après la bestialité. Il positionnait la masturbation au quatrième rang . Comme Hussard vient de le dire, ce n'est pas parce que deux types de péché peuvent être mortels que les deux doivent s'équivaloir en terme d'offense faite à Dieu, ou de gravité en terme de désordre.

Il y aurait tort à dire que l'homosexualité n'est pas plus grave en soi que n'importe quel péché banal que n'importe qui pourrait commettre n'importe quand; du moins s'il faut se fier à nos fameux docteurs de l'Église.

Cinci
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Cinci » mar. 21 juin 2016, 14:55

Salut Axou,
Sur le plan psychologique (sur le plan de l'inconscient) : l'homosexualité provoque chez les autres une angoisse inconsciente qui est sans doute à la source de son rejet. Les humains comme les animaux tendent à se reproduire. Tout être vivant est programmé pour donner la vie. A la différence des animaux, l'Homme sait qu'il va mourir et il a peur de la mort. Donner la vie est une manière pour lui, outre de répondre à l'appel de la nature, de conjurer la mort qui approche inéluctablement. Hors, l'union homosexuelle est intrinsèquement stérile. Les Anciens ont du rejeter violemment les homosexuels pour des raisons officielles (immoralité...) ET pour des raison inconscientes : la peur de la mort, la peur de laisser vivre des témoins de la mort, une "espèce" humaine qui ne donne pas la vie ,: si tous les humains devenaient homosexuels, l'espèce humaine se détruirait.

La modernité occidentale dépasse peu à peu cette peur mais je crois qu'elle demeure enfouie et que les plus tolérants envers les homosexuels ne le sont que parce les homos demeurent très minoritaires : ils ne menacent donc pas la survie de l'espèce.
L'Eglise a peut-être "épousé" ces angoisses de mort en les habillant de principes moraux...

Mais là je ne parle que de ce provoque l'homosexualité dans la psyché des hétéros.
L'homosexualité des uns n'a jamais provoqué la moindre angoisse chez moi. Votre hypothèse me paraît fragile. Parler de stérilité au sujet de l'homosexualité? Pas nécessairement.

On peut facilement imaginer une ancienne société (ou post-moderne maintenant) où les femmes s'arrangent entre-elles, les hommes entre-eux, hormis les seuls cas de nécessité dû au facteur reproductif. Un "je" souverain peut être marié officiellement, être tout aussi bien père de trois enfants, et y vivre des relations homosexuelles à l'année longue, c'est à dire l'époux aussi bien que l'épouse. Ce semble être le rêve aussi de nos technocrates actuels, ceux moussant des techniques reproductives dissociées d'une quelconque moralité judéo-chrétienne classique.

Dire que la considération de l'homosexualité devrait provoquer des angoisses profondes? Pourquoi donc? Nous sommes dans une société qui ne fait pas d'enfants justement, ou le minimum du minimum. C'est bien maintenant que les hétérosexuels devraient être inquiets, tourmentés par l'irruption de la cause homosexuelle sur le devant de la scène. Or qu'est-ce qu'on voit? Les hétérosexuels applaudissent à tout rompre la cause homosexuelle. La masse des hétéros semble-t-elle angoissée par le fait de pratiques sexuelles hérérodoxes? Que nenni! On en redemande!

Je crois que la plus grande crainte des gens reste celle du stigmate sociale. Les homosexuels craignent comme la peste d'être stigmatisés, eux. Et les hétéros craignent comme la peste de se faire jeter par les idoles de leur société, de se faire bouder par leurs voisins, d'y perdre leurs 1500 amis facebook et de ne plus jamais trouver la moindre compagne dans le monde, la journée où ils devraient confesser qu'ils n'approuveraient pas l'homosexualité. "You are fired!", pour paraphraser une ancienne émission américaine de Donald Trump.

Hier ...

Hier, le père qui battait comme plâtre son fils homosexuel n'est qu'une conséquence de la crainte du stigmate social. Qu'est-ce que les voisins vont dire! Quel déshonneur! Je vais être aussi la risée du village! C'est la peine d'avoir un enfant qui ne peut pas constituer un motif de fierté. La honte! Mais si la société dans son ensemble nous présente l'homosexualité comme une marque du génie, une chance insigne, que le premier ministre puisse même venir y confesser son homosexualité à mi-temps, pendant que le patron de Google fait des conférences pour dire que l'homosexualité c'est très bien : la réaction du paternel hétéro risque de ne plus être la même par rapport aux autres. Le comportement des hommes est éminemment plastique dans la réalité. Moi, c'est la leçon numéro 1 que je retiens du XXe siècle. On peut facilement faire croire, reconnaître et approuver n'importe quoi, mais absolument n'importe quoi, du moment que le pouvoir en place est prêt à y mettre le temps, les efforts et les moyens : ce sera dans le sac! On rejoindrait ici le vidéo de Paxetbonum, pensant à un phénomène d'entraînement.

Et chez les jeunes ...

Je ne vois pas non plus que les jeunes hétéros de moins de vingt ans devraient être obsédés d'une question comme celle de la mort, Tout le contraire! Les jeunes ne sont même pas capables de se représenter réellement la chose mortuaire comme si ça devait les concerner vraiment. Ce sera pourtant chez ces mêmes jeunes que les réactions hostiles à l'homosexualité seront monnaie courante. On le voit dans les écoles. Je crois que ce phénomène réactionnel à surtout à voir avec un phénomène de groupe plus qu'autre chose. Pour s'Identifier au groupe A, le jeune sujet doit conspuer le groupe B.

Je ne vois pas que ce soit une affaire d'angoisse de mort à proprement parler. Je penserais plus à une sorte de conditionnement dans un sens ou dans l'autre.

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Milla » mar. 21 juin 2016, 15:48

Ce n'était pas l'avis de Thomas d'Aquin. me semble-t-il.
Bonjour Cinci,

Oui, Thomas d'Aquin écrit effectivement que "parmi les vices contre nature, le péché d'impureté, qui consiste dans la seule omission de l'union charnelle avec autrui occupe le dernier rang", la bestialité étant ce qui se fait de pire, suivie par "le vice de l'homosexualité".
Ceci dit, si je comprends bien l'auteur et ne trahit par son raisonnement, la masturbation - en tant que vice contre nature - est pire que l'adultère, la "fornication simple" ou le viol.
Ce n'est quand même pas évident à avaler, cela !

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar hussard » mar. 21 juin 2016, 15:51

Pas pire que le viol, car il ajoute la violence envers autrui.

Par contre oui, la fornication est moins désordonnée que la masturbation, si tant est qu'il s'agit d'une fornication sans contraception / contragestion, etc.
« Sufficit Tibi Gratia Mea » St Paul (2 Co XII:9)
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Suliko » mar. 21 juin 2016, 16:18

Par contre oui, la fornication est moins désordonnée que la masturbation, si tant est qu'il s'agit d'une fornication sans contraception / contragestion, etc.
Etes-vous sûr que c'est ce qu'enseigne l'Eglise? Si c'est le cas, désolée de le dire, mais c'est ridicule et je n'ai jamais lu cela nulle part!
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar hussard » mar. 21 juin 2016, 16:22

C'est moins intrinsèquement désordonné étant donné que la fornication "respecte" la finalité de la sexualité dans les conditions mentionnées ; là où la masturbation est contre-nature par rapport à la finalité.

Par contre :
  • le viol est plus désordonné car implique une violence faite à son prochain ;
  • l'adultère est plus désordonné car il est parjure contre le sacrement du mariage indissoluble et lèse gravement son conjoint.
Sources canoniques :
Spoiler!
can. 2351 : La luxure est un désir désordonné ou une jouissance déréglée du plaisir vénérien. Le plaisir sexuel est moralement désordonnée, quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d’union.

can. 2352 : Par la masturbation, il faut entendre l’excitation volontaire des organes génitaux, afin d’en retirer un plaisir vénérien. " Dans la ligne d’une tradition constante, tant le magistère de l’Église que le sens moral des fidèles ont affirmé sans hésitation que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné ". " Quel qu’en soit le motif, l’usage délibéré de la faculté sexuelle en dehors des rapports conjugaux normaux en contredit la finalité ". La jouissance sexuelle y est recherchée en dehors de " la relation sexuelle requise par l’ordre moral, celle qui réalise, dans le contexte d’un amour vrai, le sens intégral de la donation mutuelle et de la procréation humaine " (Congrégation pour la doctrine de la foi, décl. "Persona humana" 9).
Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale.

can. 2353 : La fornication est l’union charnelle en dehors du mariage entre un homme et une femme libres. Elle est gravement contraire à la dignité des personnes et de la sexualité humaine naturellement ordonnée au bien des époux ainsi qu’à la génération et à l’éducation des enfants. En outre c’est un scandale grave quand il y a corruption des jeunes.

can. 2356 : Le viol désigne l’entrée par effraction, avec violence, dans l’intimité sexuelle d’une personne. Il est atteinte à la justice et à la charité. Le viol blesse profondément le droit de chacun au respect, à la liberté, à l’intégrité physique et morale. Il crée un préjudice grave, qui peut marquer la victime sa vie durant. Il est toujours un acte intrinsèquement mauvais. Plus grave encore est le viol commis de la part des parents (cf. inceste) ou d’éducateurs envers les enfants qui leur sont confiés.

can. 2357 : L’homosexualité désigne les relations entre des hommes ou des femmes qui éprouvent une attirance sexuelle, exclusive ou prédominante, envers des personnes du même sexe. Elle revêt des formes très variables à travers les siècles et les cultures. Sa genèse psychique reste largement inexpliquée. S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves (cf. Gn 19, 1-29 ; Rm 1, 24-27 ; 1 Co 6, 10 ; 1 Tm 1, 10), la Tradition a toujours déclaré que " les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés" (Congrégation pour la doctrine de la foi, décl. "Persona humana" 8). Ils sont contraires à la loi naturelle. Ils ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.

can. 2358 : Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Cette propension, objectivement désordonnée, constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.
Il en résulte que :
  • la masturbation est intrinsèquement désordonnée ;
  • la fornication n'est pas intrinsèquement désordonnée mais présente une matière grave ;
  • le viol n'est pas intrinsèquement désordonné mais présente une matière grave ( = intrinsèquement mauvais) ;
  • l'homosexualité est intrinsèquement désordonnée.
La notion d'intrinsèquement désordonné est uniquement liée au fait que l'acte est en contradiction avec la nature intrinsèque des choses considérées. Concernant la sexualité, il s'agit donc d'une relation sexuelle vaginale aboutissant à une éjaculation, sans contraception ni contragestion.

Je ne pense pas que l'on puisse juger de la gravité d'un péché uniquement sur la base qu'il soit intrinsèquement désordonné ou pas, c'est seulement un élément de la réflexion.
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Hep » mar. 21 juin 2016, 18:36

Par contre oui, la fornication est moins désordonnée que la masturbation, si tant est qu'il s'agit d'une fornication sans contraception / contragestion, etc.
Etes-vous sûr que c'est ce qu'enseigne l'Eglise? Si c'est le cas, désolée de le dire, mais c'est ridicule et je n'ai jamais lu cela nulle part!
:clap:
En effet, perso il me semble qu'une soirée de fornication fouet/boules de geisha est quand même un peu plus osée qu'une simple masturbation même si le monsieur avec une cagoule en latex n'a pas mis de capote pour avoir des relations ouvertes à la vie :-D

Bon, au délà de la blague, une discussion sur le degré de désordre qu'implique tel ou tel péché de la chair est plus une discussion sur le sexe des anges.
J'ai juste dit que dans le catéchisme on utilise les même mots (exactement) pour l'homoséxualité et la masturbation. Après, si c'est sous -entendu différent c'est autre chose.

Puis en général, se concentrer sur le corps à tel point qu'il soit l'origine du mal, n'est pas la philosophie chrétienne où le corps et l'esprit sont étroitement liés. Cela devrait être le cas plus chez des gnostiques ou bien des boudhistes ou hinduistes où le corps est un mal nécessaire dont il faut se défaire. Si en effet, il faut toujours tendre vers la perfection, la sexualité n'est pas un mal absolu. Si l'égo s'en empare et s'en sert pour faire du mal aux autres ou à soi même, oui, c'est effectivement très mal. Sinon, ce n'est pas parfait ... mais pas mal non plus.
Les homos le sont depuis leur naissance, c'est Dieu qui les a fait comme ça. Ceux qui ont un problème avec ça peuvent toujours s'en prendre au Créateur.

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Suliko » mar. 21 juin 2016, 19:03

C'est moins intrinsèquement désordonné étant donné que la fornication "respecte" la finalité de la sexualité dans les conditions mentionnées ; là où la masturbation est contre-nature par rapport à la finalité.
D'accord, mais de nos jours, la fornication ne respecte presque jamais la finalité de la sexualité. De plus, il s'agit souvent d'un péché commis sur le long terme et de caractère public, ce qui rend la chose plus grave qu'un péché non public comme la masturbation.
De plus, votre source ne dit pas que la fornication est moins grave que la masturbation. Elle dit juste que ce sont deux péchés graves.
Enfin, un élément n'est pas mentionné dans votre réflexion : dans le cas des relations pré-maritales, ce n'est pas que Dieu et soi-même qui est lésé, mais également le futur conjoint que l'on prive de quelque chose qui aurait dû lui être réservé...Il me semble donc évidemment que c'est un péché plus grave, parce qu'il touche indirectement une tierce personne.
Bon, je n'ai pas envie de débattre en détail de ces sujets. C'est un peu gênant... :oops: . Je voulais juste souligner que l'on ne peut pas mettre ces deux péchés sur le même niveau et que cela me paraît couler de source.

Que Dieu nous garde,

Suliko
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Héraclius » mar. 21 juin 2016, 19:48

Suliko a tout fait raison.

On pourrait ajouter que la facilité et l'omniprésence de la tentation de masturbation la rend beaucoup plus difficile à éviter.

Un immonde pécheur à cet égard, et à bien d'autres -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar papillon » mar. 21 juin 2016, 21:40

C'est moins intrinsèquement désordonné étant donné que la fornication "respecte" la finalité de la sexualité dans les conditions mentionnées ; là où la masturbation est contre-nature par rapport à la finalité.
La finalité de la sexualité est la procréation, si je vous suis bien. C'est à ça que vous faites allusion ?
Les lapins, les canards, les porcs, les chevaux et tout ce qui vit respectent en soi la finalité de la sexualité, sans que ce soit un choix conscient. Ils sont simplement programmés pour ça.
Mais comme nous sommes des êtres humains dotés de raison et d'une conscience, la finalité de notre sexualité ne peut être simplement de procréer et de faire des petits comme le font les lapins. Il y a à considérer le respect de la vie d'un être humain dans tout ce qu'elle implique, ce qui est beaucoup plus complexe que la vie d'un lapineau, et la responsabilité personnelle qui nous incombe dans l'acte de faire un enfant.
On peut penser ce qu'on veut de la fornication. Ce n'est pas ce point qui m'intéresse présentement mais plutôt ce qui se passe "après".
Je ne crois pas que ce soit respecter la finalité de la sexualité, quand on parle de celle des humains, que de distribuer sa semence à tout vent, dans une totale irresponsabilité, sans se préoccuper des petites vies qui en résulteront éventuellement.
Dans ce sens, je crois qu'un fornicateur qui utilise un moyen de contraception est plus responsable et moins "désordonné" que celui qui s'en fiche.


Pour le reste, il y a tellement de choses à considérer dans l'évaluation des choix humains et dans tout ce qui peut conduire les humains à faire tel ou tel choix que je trouve quand même un peu ridicule ce catalogue des différents degrés de gravité des "désordres sexuels" .

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar hussard » mer. 22 juin 2016, 9:27

Je suis 100 % d'accord avec Suliko sur le fait que la majorité des relations sexuelles (d'autant plus hors-mariage) ne respectent pas la finalité de la sexualité.

Pour répondre à papillon, la finalité recouvre 2 aspects :
  • l'acte lui même qui doit être hétérosexuel par nature, et "pleinement consommé" sans artifices... ( = respecter la finalité physique pour laquelle les organes ont été créés)
  • l'ouverture à la vie qui consiste à ne pas utiliser de méthodes contragestives ni contraceptives artificielles (ok pour la contraception naturelle si justifié par au moins une raison sérieuse.
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Trinité » mer. 22 juin 2016, 14:07

Suliko a tout fait raison.

On pourrait ajouter que la facilité et l'omniprésence de la tentation de masturbation la rend beaucoup plus difficile à éviter.

Un immonde pécheur à cet égard, et à bien d'autres -
Mon cher Héraclius!

Ce que vous dites est très relatif et dépendant de chaque personne !
En ce qui concerne la sexualité ,nous sommes loin d'êtres tous logés à la même enseigne ;)
Je vais vous avouez une chose ici ! Je n'ai jamais été tenté par la masturbation et dans mes souvenirs lointains, je crois bien que je ne l'ai jamais pratiquée .Je n'en retire aucune gloire...j'ai été conçu par Dieu comme cela.
Par contre, des obsessions sexuelles terribles ont miné toute ma vie (et même mes nuits...) et j'ai succombé bien souvent!

Allez comprendre!

axou
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar axou » mer. 22 juin 2016, 16:15

Pour répondre à Axou :
"D'une part, comme je l'ai mentionné plus haut, je ne suis pas pleinement convaincu par l'exposé doctrinal de l'Eglise, en ce sens que je vois finalement assez mal ce que l'on peut reprocher à deux homosexuels qui s'aiment.
Bonjour cher Cinci,

veuillez noter que cette phrase est d'Héraclius et non pas de moi, mais je suis d'accord avec lui :)

Concernant les angoisses de mort, c'est normal que vous ne les ayez pas ressenties puisque'on ressent les choses en conscience et que je parlais là de peurs inconscientes, de celles qui traversent les humains et les cultures en profondeur....
Je n'ai aucun doute que certaines violences contre les homosexuels sont dues à ce type de peurs inconscientes...

Concernant Pasolini, l'un de mes cinéastes préférés. Tiens, il s'est lui aussi intéréssé de près au totalitarisme (Salo...).
C'est très juste, il y a un monde homo interlope et un monde sain de couples engagés, et alors ???
Comme chez les hétéros non ? ok, ça va plus loin et plus trasch dans le monde homo mais il y a bien ceux qui privilégient la RELATION dans le sexe et ceux qui privilégient la débauche, l'absence de relation ou l'autre est utilisé comme un objet. (encore que certains qui se perdent dans la débauche peuvent le faire par manque déséspéré d'amour).

Nous avons évolué sur l'homosexualité, nous pouvons aujourd'hui nous ouvrir à cette différence qui refuse la différence car il s'agit bien de cela, et l'exercice est délicat.
Voici ce que dit le Père Zanetti Zorkine sur le sujet, qui me parait un bon équilibriste... (c'était au moment du Mariage pour tous)

http://www.causeur.fr/pere-michel-marie ... 33095.html

question du journaliste : Et les homosexuels qui veulent se marier, comment les recevez-vous ?

"Comme des personnes qui ne méritent pas d’être rejetées en raison de leur choix. La légalisation des chemins particuliers me semble inutile. C’est encore faire preuve de conformisme que de vouloir marier tout le monde ! Que la société défende les droits de chacun, voilà son rôle, mais qu’elle fiche la paix à chacun en laissant chacun vivre sa vie dans sa lumière. Je suis convaincu que si Jean Cocteau et Jean Marais étaient là, ils tireraient à boulets rouges sur le mariage gay, qui est le summum du conventionnel.
En revanche l’amour entre deux êtres doit être enveloppé de respect. Il y a ce verset de l’épître de saint Jean qui indique la route à suivre : « Celui qui demeure en l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Laissons les êtres vivre comme ils peuvent vivre !"

Pour moi tout est dit là, garder le mariage Homme Femme comme signe et gage de la différence féconde et demeurer ouvert à une autre forme d'aimer qui peut aussi être un amour qui peut faire grandir.

Cher Hélios,

vous me rappelez de merveilleux souvenirs de ce forum où, parfois, on s'amusait ferme. Très rafraîchissantes, vos interventions. :fleur:
Chère Papillon, je ne crois pas avoir connu ce temps béni d'amusement sur la Cité. Que s'est-il passé depuis ? Les rigolos sont partis ? chassés par les trop sérieux ?

Bien à vous,

Axou
Dernière édition par axou le mer. 22 juin 2016, 17:20, édité 1 fois.

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar hussard » mer. 22 juin 2016, 16:31

En revanche l’amour entre deux êtres doit être enveloppé de respect. Il y a ce verset de l’épître de saint Jean qui indique la route à suivre : « Celui qui demeure en l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Laissons les êtres vivre comme ils peuvent vivre !"

Pour moi tout est dit là, garder le mariage Homme Femme comme signe et gage de la différence féconde et demeurer ouvert à une autre forme d'aimer qui peut aussi être un amour qui peut faire grandir.
Votre argument implique qu'on doive respecter un zoophile ? un pédophile ? un homosexuel ? un nécrophile ? un polygame ?

De plus votre citation semble sévèrement avariée. S'agit-il de 1 Jean IV ?
Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour vient de Dieu. Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour.
Voici comment l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui.
Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils en sacrifice de pardon pour nos péchés.
Bien-aimés, puisque Dieu nous a tellement aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. Dieu, personne ne l’a jamais vu. Mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et, en nous, son amour atteint la perfection.
Voici comment nous reconnaissons que nous demeurons en lui et lui en nous : il nous a donné part à son Esprit.
Quant à nous, nous avons vu et nous attestons que le Père a envoyé son Fils comme Sauveur du monde. Celui qui proclame que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu.
Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour : qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. Voici comment l’amour atteint, chez nous, sa perfection : avoir de l’assurance au jour du jugement ; comme Jésus, en effet, nous ne manquons pas d’assurance en ce monde.
On le voit clairement, on ne parle pas du tout de sexualité ici... La lecture de la lettre de Jean nous indique clairement ce qu'est l'Amour dont il parle : c'est l'amour de Jésus-Christ !

Or comment aime-t-on Jésus-Christ ? En gardant et pratiquant ses commandements ! C'est ce qui nous conserve dans sa grâce (Dieu vient en nous...) et nous rend justifiés au jour du jugement.
Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime; et celui qui m'aime sera aimé de mon Père, je l'aimerai, et je me ferai connaître à lui.
« Sufficit Tibi Gratia Mea » St Paul (2 Co XII:9)
« Il faut tout calculer, mais ne pas tout craindre. » Cardinal de Bernis
« Quand il n’est pas nécessaire de changer, il est nécessaire de ne pas changer. » Georges Bidault
« Il faut être avare de son mépris, vu le grand nombre de nécessiteux. » Chateaubriand
« La meule des dieux moud lentement, mais elle n'en moud que plus fin. » Proverbe pythagoricien

axou
Barbarus
Barbarus

Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar axou » mer. 22 juin 2016, 17:27

En revanche l’amour entre deux êtres doit être enveloppé de respect. Il y a ce verset de l’épître de saint Jean qui indique la route à suivre : « Celui qui demeure en l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui. Laissons les êtres vivre comme ils peuvent vivre !"

Pour moi tout est dit là, garder le mariage Homme Femme comme signe et gage de la différence féconde et demeurer ouvert à une autre forme d'aimer qui peut aussi être un amour qui peut faire grandir.

Votre argument implique qu'on doive respecter un zoophile ? un pédophile ? un homosexuel ? un nécrophile ? un polygame ?

De plus votre citation semble sévèrement avariée. S'agit-il de 1 Jean IV ?
Au cas ou ce n'est pas clair : tout le passage en gras est une réponse du Père Zanetti Zorkine, prêtre de l'Eglise Catholique et chapelain de Notre Dame du Laus.

Concernant vos...questions, vous n'avez pas mis vos lunettes ? Vous n'avez pas lu le titre de ce post ?
Par charité chrétienne, je vous le réécris : MORALITE DE LA VIE HOMOSEXUELLE.

Bien à vous,

Axou


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