La pilule contraceptive et les catholiques

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Liberatus » lun. 02 nov. 2015, 23:50

Prodigal,

Saint Augustin a pas mal écrit sur le mensonge. Et il pensait que "mentir, ce n'est pas cacher le vrai en se taisant ; c'est exprimer le faux en parlant". Et il ajoutait, dans son Contra mendacium je crois, que "tout acte qu'on jugerait blâmable, si on ne l'accomplissait pas, n'est pas un péché". Donc ne pas exprimer une vérité quand on ne nous demande rien, cela n'est pas préjudiciable. En revanche si la question nous ait posée, il faut y répondre en vérité.
Si je suis dans l'erreur, merci de me le signaler.

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Héraclius » mar. 03 nov. 2015, 1:23

Prodigal, le péché mortel ne peut être commis qu'en pleine conscience et par une volonté (suffisament) libre. Donc oui, il est bel et bien lié aux circonstances, d'une certaine manière. C'est la gravité de la matière qui elle, est déterminée hors contexte.

Un péché mortel est toujours commis dans une matière grave, l'inverse n'est pas toujours vrai.

Il ne s'agit pas, du reste, de cacher une vérité, mais de héirarchiser les vérités que l'on propose au sein de l'enseignement de la révélation. Il s'agit également d'acceuilir un homme intrigué avec son bagage de péché sans jeter sur lui l'anathème dès les premiers instants. C'est tout à fait différent, en théorie comme en pratique.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar axou » mar. 03 nov. 2015, 13:31

Chers Héraclius et Liberatus,
Si c'est toujours un péché mortel cela veut dire que cela sépare de Dieu, indépendamment des circonstances. On ne peut cacher cela à quelqu'un que l'on souhaite convertir sans grave préjudice pour la vérité et pour le salut de son âme.
Si ce n'est pas le cas, mais si la question est plus complexe et réclame une appréciation fine des situations, alors c'est dire que la contraception est toujours un péché mortel, et en cela vouer l'autre aux flammes de l'enfer, qui cause préjudice à la vérité.
Je ne vois pas comment on peut échapper à cette alternative, mais peut-être pourrez-vous trouver un moyen terme?
Vous aurez compris que pour ma part je penche pour la seconde branche de cette alternative.
Prodigal, je crois qu'il y a une "coquille" malencontreuse dans le message ci-dessus. Je crois, pour des raisons de logique textuelle, que vous avez voulu écrire " alors c'est dire que la contraception n'est pas toujours un péché mortel, et en cela, c'est ' vouer l'autre aux flammes de l'enfer, qui cause préjudice à la vérité. "

Vérifiez.

Bien à vous,

Axou

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar axou » mar. 03 nov. 2015, 13:39

. Or, il me semble que l'objectif ici, sur ce forum, est de déterminer quelle est cette règle. On y a apporté la réponse dans le cadre de ce sujet de la contraception. Maintenant nous ne pouvons pas descendre ici dans les cas particuliers qui existent :
  • 1- tout d'abord parce qu'ils ne changent rien à l'énoncé de la règle ;
  • 2- ensuite parce qu'ils sont multiples et tous différents : il faut en maîtriser tous les aspects, et c'est davantage le rôle d'un confesseur que le nôtre ;
  • 3- enfin car ce n'est pas l'objectif de ce forum de faire de la morale personnelle : on souhaite ici aider à la compréhension de l'enseignement de Jésus-Christ, non pas à blanchir ou condamner telle ou telle conscience.
Si vraiment vous souhaiter traiter un de ces cas particuliers, il conviendrait mieux de créer un nouveau sujet précisant le cas particulier que vous voulez traiter (exemple : "La contraception quand la chasteté est difficile", ou "La contraception dans le cas d'un conjoint non-coopératif", etc.). En effet, traiter de ces cas particuliers induirait les lecteurs en erreur en leur faisant interpréter les réponses de ces cas particuliers pour des cas généraux.
Ce point mérite d'être précisé par la modération : le sujet est "la pillule et les Catholiques". L'objectif est-il sur ce post (et sur ce forum) de rappeler uniquement quelle est la règle ou l'objectif est-il également de permettre aux membres de ce forum de débattre sur le sujet de la pillule contraceptive, et donc de partager leurs avis en évoquant, si ce n'est leur propre cas, des cas particuliers. Rapeller la règle : le CEC n'est -il pas fait pour cela ? Un forum n'est-il pas un lieu de débat ?

Bien à vous,

Axou

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar hussard » mar. 03 nov. 2015, 14:11

On peut débattre, mais il convient de nommer le sujet clairement dès le départ, et donc de ne pas débattre de cas particuliers sur un fil qui prétend poser une question générale de principe : "La pilule contraceptive et les catholiques".

Si vous voulez débattre de cas particuliers, il faut préciser le titre du sujet en ce sens : la pilule chez un non-catholique que l'on veut convertir, ou chez un catholique qui vit déjà en état de péché mortel pour une autre raison, ou chez un catholique qui ne respecte pas la chasteté conjugale, etc.

Dans le cas contraire, on induirait les lecteurs en erreur en leur faisant croire que les conclusions données dans le fil de discussion concernent le cas général questionné au départ, alors que ce n'est pas le cas.
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar prodigal » mar. 03 nov. 2015, 15:42

Liberatus,
je suis d'accord avec vous, ne rien dire n'est pas mentir. Mais dire ce que l'on ne croit pas? Ou bien, présenter les choses de façon dissimulée pour plaire davantage à son auditoire?
Axou,
non il n'y a pas de coquille, mais une simple maladresse de formulation. Ce que j'ai écrit est très laborieux, je l'admets. Lorsque j'ai écrit : "c'est dire que la contraception est toujours un péché mortel, et en cela vouer l'autre aux flammes de l'enfer, qui cause préjudice à la vérité", il fallait comprendre "ce qui cause préjudice à la vérité, c'est dire que la contraception est toujours un péché mortel, ce qui de plus revient à vouer l'autre aux flammes de l'enfer". Merci de m'avoir donné l'occasion de préciser ce point.
Héraclius,
je suis d'accord avec toutes vos précisions, même si je ne suis pas persuadé qu'elles résolvent la question, mais vous non plus sans doute. :)
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Cgs » ven. 06 nov. 2015, 14:24

Bonjour,

Je souhaite répondre à certaines affirmations sur ce fil de discussion.
En revanche, et c'est là que nous ne serons plus d'accord, j'affirme pour ma part que ni la contraception orale ni le stérilet ni même le préservatif, pas plus que la méthode des températures, ne heurte la chasteté conjugale. Et que si l'Eglise est évidemment habilitée à se prononcer sur les fins, et sur l'immoralité des moyens, elle ne peut se prononcer sur ce qui est techniquement le plus fiable ou le mieux adapté à tel couple.
Je serais donc heureux si votre souhait d'un discours positif se réalisait. J'ajoute qu'un discours positif peut aussi être exigeant. Il l'est même plus en réalité qu'un discours de la peur, car il se traduit par la mise des fidèles face à leur responsabilité. Au lieu de se conduire d'une manière qu'ils croient absurde par crainte de l'enfer, un discours positif les engage à suivre leur conscience éclairée. Le monde attend du magistère romain ce discours depuis longtemps déjà. Prions pour que ce soit pour bientôt.
Je ne vois pas comment pour pouvez justifier, rationnellement, le fait que l'utilisation de méthodes de contraception (à distinguer des méthodes de régulation, cf mon message infra) ne heurte pas la chasteté conjugale. Dans la chasteté, il y a également le respect des corps, et on en sort clairement dans la pratique d'une méthode de contraception, quelle qu'elle soit.

Ou bien je n'ai pas compris ce que vous vouliez dire, ou bien nous n'avons pas la même définition de la chasteté.

Sur le discours positif de l'Eglise, je répète qu'il existe déjà, et qu'il mérite d'être mieux connu. J'ai cité quelques sources ci-dessus. Ceux qui attendent ce discours sont déjà invités à bien lire et comprendre ce que dit l'Eglise sur le sujet. Mais en réalité, certains, aidés des medias qui ne veulent comprendre que ce qui les arrange sur les positions de l'Eglise en matière de sexualité, veulent faire dire à l'Eglise que ce qu'ils veulent entendre. Tout le problème vient de là.

Autre problème : certains chrétiens ont présenté la position de l'Eglise de façon triste et pharisienne (vous avez cité le jansénisme, mais d'autres courants, voire des hérésies, comme le catharisme, procédaient de même). Ceci a laissé beaucoup de traces et de souffrances dans les consciences, au point que le vrai message n'est plus compris. C'est ce que je disais plus haut : la vraie innovation du Synode, ce sera de proclamer le message positivement dans le monde, de sorte à redécouvrir la beauté du plan divin sur l'Amour, pour le plus grand bonheur des personnes. Cela nécessite de garder confiance dans le Christ et son Eglise.
Je vois une double contradiction :
1) par rapport au contrôle des naissances, dont Humanae Vitae qu'il peut être nécessaire. Il est contradictoire d'autoriser la régulation des naissances et d'empêcher que soient utilisés pour cela les moyens les plus efficaces.
2) par rapport à l'épanouissement du couple. Il est contradictoire de reconnaître qu'une sexualité respectueuse de l'autre est une bonne chose en soi et d'obliger certains couples "trop" féconds à l'abstinence.
Je ne veux certes pas répondre à votre place, mais je poursuis mon raisonnement. Cette double contradiction n'est levée, me semble-t-il, qu'à une condition, à savoir que tous les moyens de contraception soient intrinsèquement mauvais, auquel cas entre deux maux (le renoncement aux finalités positives de la vie de couple et l'utilisation de moyens pervers) il faudrait choisir le moindre. Mais ceci impliquerait deux choses très difficiles à admettre, pour ne pas dire irrationnelles : tout d'abord que tous les moyens de contraception (à l'exclusion des méthodes prônées par l'Eglise, considérées comme non contraceptives) soient mauvais alors que la fin est bonne, ensuite que ce que ces moyens auraient d'intrinsèquement mauvais soit toujours et en toute situation pires que la détresse d'un couple condamné à l'abstinence ou à faire un enfant par an.
Contre cette construction de l'esprit assez invraisemblable je considère pour ma part que chaque couple éclairé par l'enseignement de l'Eglise sur les finalités positives du mariage est beaucoup plus apte à savoir ce qui lui convient moralement que ce qu'en disent des textes abstraits, quel que soit le respect qu'on doit aux auteurs de ces derniers.
Votre analyse est intéressante, mais il manque à mon avis l'essentiel : la distinction entre les principaux moraux que l'on observe et leur mise en oeuvre pratique. L'Eglise, dans la sagesse de son discours, affirme à la fois la vérité du plan divin sur l'amour conjugal, mais sait pertinemment que son application concrète est difficile. Chaque couple doit discerner, s'il ne peut atteindre immédiatement le bien exigeant promis, et choisir le moindre mal. Dogme et pastorale vont forcément ensemble, même s'ils sont distincts. Cela n'a aucun sens d'affirmer des dogmes sans tenir compte des personnes et de la difficulté de tendre vers un bonheur exigeant, tout comme il est absurde de renoncer à la vérité sous prétexte qu'elle est difficile ou impossible à accepter.

On retrouve ici l'articulation vérité-charité chère à Benoît XVI.

En clair, en poursuivant l'exemple que vous avez cité, si on ne peut s'abstenir de relations sexuelles, vaut-il mieux avoir un enfant de plus au risque de ne pas pouvoir lui donner une vie digne, ou utiliser un moyen de contraception susceptible de provoquer l'avortement d'un innocent ? Il me semble, au vu des graves conséquences de l'accueil indigne d'un enfant ou de l'utilisation d'une méthode de contraception, l'abstinence a des conséquences moins graves. Pourquoi donc systématiquement écarter la solution de l'abstinence prolongée, pour retenir des solutions aux conséquences fâcheuses, conséquences que l'on tente de minimiser ? Chaque couple doit donc discerner en vérité en regardant bien les conséquences de ses actes. L'éducation à la sexualité depuis 1960 ne nous aide guère, tant la chasteté a été ringardisée et mal vue. Et pourtant, elle fait aussi partie de la vie de couple.

Je précise que je dis cela sans juger ceux qui, croyant bien faire ou pensant ne pouvoir faire autrement, croient bon de recourir à la contraception. Il se peut que cela soit une étape temporaire à franchir pour se rapprocher du chemin de bonheur voulu par le Christ. Mais ce n'est qu'une étape, ce ne peut en aucun cas être une solution acceptable de long terme. Encore une fois, réalité du vécu et message évangélique vont de pair, main dans la main.

(je continuerai plus tard)
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.

axou
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar axou » ven. 06 nov. 2015, 17:35

Bonjour CGS,

je partage l'avis de Prodigal mais j'ai bien lu vos propos et vais préciser certaines choses.
Je ne vois pas comment pour pouvez justifier, rationnellement, le fait que l'utilisation de méthodes de contraception (à distinguer des méthodes de régulation, cf mon message infra) ne heurte pas la chasteté conjugale. Dans la chasteté, il y a également le respect des corps, et on en sort clairement dans la pratique d'une méthode de contraception, quelle qu'elle soit.
A y regarder de plus près, aucune méthode, qu'elle soit naturelle ou non naturelle, n'est vraiment respectueuse des corps, et elles ont chacune des avantages et des inconvénients.
Et certaines méthodes sont respectueuses pour un couple et pas une autre et réciproquement, cela dépend du tempérament de chacun, aussi bien physique que psychologique.


Les méthodes naturelles : elles respectent le rythme naturel de la femme, elles incluent le compagnon dans le processus, elles ne font pas intervenir de produit nocif ou de barrière entre les corps.
MAIS elles exigent une semaine d'abstinence au moment même ou la femme est le plus apte à l'union physique. La nature étant bien faite, c'est pendant la période fécondable, au moment du pic de l'ovulation que la femme a le plus de désirs et il arrive que certaines femmes ne soient vraiment "en forme" qu'à cette période là. Pour certains couples, cette méthode là peut donc ne pas être vivable tout du moins sur la durée.(cet aspect là des choses est très rarement évoqué, il est pourtant important )
Autre inconvénient déja précisé dans ce post, elles exigent une nature bien réglée pour arriver à 95 pour cent d'efficacité.

La pillule. Elle est efficace à 99 pour cent, elle permet de ne plus s'occuper de la question et offre apparemment une grande liberté.
MAIS elle supprime également le pic de l'ovulation puisqu'elle supprime toutes les ovulations et peut donc avoir un aspect ravageur sur la libido de certaines femmes. cet aspect là a été nié pendant longtemps pas les médecins qui refusaient que Sainte Pillule soit remise en cause. Décidément, la libido des femmes est un sujet encore un peu tabou....
Elle supprime le cycle naturel de la femme, ce qui n'est quand même pas anodin surtout pendant des années, pose question sur des sujets graves de santé et a un effet grave sur l'environnement car le produit est évacué dans les eaux et les rivières.
A noter que 70 pour cent des avortements sont dus à des oublis de pillule. Sans commentaires.

Le préservatif ne présente aucun des inconvénients ci-dessus, protège en plus des problèmes de santé transmissibles,
MAIS il est une barrière entre les corps.

Le stérilet respecte le cycle naturel, est efficace à 99 pour cent, n'impose pas d'abstinence au meilleur moment, permet de ne plus penser à la question,
MAIS il agit après la conception et est donc un procédé abortif quand bien même le phénomène est précoce et passe inaperçu. sans commentaires aussi.

Tout cela pour dire qu'il n'existe pas de méthode vraiment respectueuse des corps, et je trouve que c'est important de le conscientiser pour faire le bon choix qui ne peut être le même selon les couples mais aussi parfois selon les périodes.
il existe des couples qui font le choix de la méthode naturelle avec une grande bonne volonté (et un désir de fidélité à l'Eglise) et qui passe à la pillule au bouts de 5 ans d'échecs et d'épuisement. L'inverse est vrai : de couples passent avec bonheur aux méthodes naturelles et ont l'impression de se retrouver après 5 ans de pillule. (à noter que ce phénomène progresse même dont les milieux non cathos). D'autres couples cathos finissent par associer le préservatif aux méthodes naturelles pour les raisons déja nommées...

Et ne peut-on pas en Eglise entendre cela ? respecter cela ? Il n'y a pas de solution idéale, la nature, qui veut que la vie soit transmise, se dérobe à toute méthode idéale et les couples doivent faire humblement des choix difficiles, en se respectant, en tenant compte du caractère de chacun, des désirs de chacun, des limites de chacun. Le choix de telle ou telle méthode peut être vitale pour un couple et je pense que cela doit être accompagné avec bienveillance en Eglise plutôt que potentiellement jugé.
la vraie innovation du Synode, ce sera de proclamer le message positivement dans le monde, de sorte à redécouvrir la beauté du plan divin sur l'Amour, pour le plus grand bonheur des personnes. Cela nécessite de garder confiance dans le Christ et son Eglise.
YES !

Chaque couple doit discerner, s'il ne peut atteindre immédiatement le bien exigeant promis, et choisir le moindre mal. Dogme et pastorale vont forcément ensemble, même s'ils sont distincts. Cela n'a aucun sens d'affirmer des dogmes sans tenir compte des personnes et de la difficulté de tendre vers un bonheur exigeant, tout comme il est absurde de renoncer à la vérité sous prétexte qu'elle est difficile ou impossible à accepter.
L'expression "moindre mal " est deja un jugement pour moi, elle ne respecte pas la conscience personnelle des personnes qui choisissent le mieux pour leur couple.

. Pourquoi donc systématiquement écarter la solution de l'abstinence prolongée, pour retenir des solutions aux conséquences fâcheuses, conséquences que l'on tente de minimiser ? Chaque couple doit donc discerner en vérité en regardant bien les conséquences de ses actes. L'éducation à la sexualité depuis 1960 ne nous aide guère, tant la chasteté a été ringardisée et mal vue. Et pourtant, elle fait aussi partie de la vie de couple.
Oui, l'abstinence prolongée peut tout à faire convenir à certains couples et ne doit pas être oubliée. Pour d'autres, elle peut signer la mort du couple ou le malheur du couple.
A mon avis ce n'est pas tant la chasteté qui est ringardisée que l'épanouissement sexuel qui bénéficie d'une forte promotion et d'ailleurs l'épanouissement tout court !
Cela a des aspects positifs (oui, le bonheur physique est important et pour certains couples, il est capital) et négatifs (une perte de sens sur l'amour et l'engagement).
C'est notre époque !

Dieu vous bénisse,

Axou

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar hussard » ven. 06 nov. 2015, 18:05

Tout cela pour dire qu'il n'existe pas de méthode vraiment respectueuse des corps, et je trouve que c'est important de le conscientiser pour faire le bon choix qui ne peut être le même selon les couples mais aussi parfois selon les périodes.

Votre "tableau" comparatif des différentes méthodes est intéressant, mais il manque (est-ce volontaire ?) l'aspect essentiel qui est celui du respect de toute nouvelle vie (distinction contraceptif / contragestif).
Or, il me semble que c'est bien le point fondamental sur lequel l'Eglise se base pour affirmer quelle méthode est licite, et laquelle ne l'est pas.
L'expression "moindre mal " est deja un jugement pour moi, elle ne respecte pas la conscience personnelle des personnes qui choisissent le mieux pour leur couple.
Votre propos confirme ce que je déplore plus haut, à savoir que vous faites abstraction dans votre raisonnement des avortements causés par les méthodes dites non-naturelles.

En occultant le point fondamental qui est le respect de la vie de tout enfant, dès sa conception, et en vous concentrant sur la technicité de telle ou telle méthode, il n'y a plus rien de catholique dans la démarche. Dès lors, on fait de l'épicerie, puisque effectivement "toutes les méthodes se valent" (forcément, on a supprimé le critère moral de base...) et on en vient à discuter de quelle méthode est la plus efficace (la fin justifierait-elle les moyens ?), quelle méthode permet de conserver le plus de plaisir, laquelle est la moins pire, etc. bref, des critères ma foi assez intéressants mais totalement secondaires.

Votre vision naturaliste de la chose, où vous nous expliquez notamment que tels couples ne peuvent pas s'abstenir, que moins de x relations sexuelles par cycle entraîneraient probablement une séparation dans le couple nie totalement le fait que la loi de Dieu n'est pas un idéal comme vous le soulignez, mais bien une hygiène de vie qui est praticable dès ici-bas. La morale que nous demande de vivre l'Eglise est bien applicable dans nos vie : ce n'est pas quelque chose idyllique et d'utopique !
Dieu ne demande rien d'impossible, mais au contraire il nous envoie sa grâce pour surmonter les épreuves qui se présentent à nous. Autrement dit, il ne s'agit pas ici uniquement de traiter d'un problème de "tuyauterie" comme un intervenant l'a justement souligné plus haut, mais on touche à l'un des plus grands mystères de notre existence. La prière, les sacrements ; bref la vie de la Grâce y a toute sa place nécessaire.
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar axou » ven. 06 nov. 2015, 19:22

Votre "tableau" comparatif des différentes méthodes est intéressant, mais il manque (est-ce volontaire ?) l'aspect essentiel qui est celui du respect de toute nouvelle vie (distinction contraceptif / contragestif).
(...)
Votre propos confirme ce que je déplore plus haut, à savoir que vous faites abstraction dans votre raisonnement des avortements causés par les méthodes dites non-naturelles.
Enfin Hussard, Lisez bien !!!!

j'ai justement précisé que l'avortement était provoqué à 70 pour cent par l'oubli de pillule !
et que le stérilet était un procédé abortif !

Toutes les autres méthodes empêchent la conception (pillule ou préservatif) ou évitent le rapport sexuel à risque (méthodes naturelles).

Bien à vous,

Axou

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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar prodigal » ven. 06 nov. 2015, 20:55

Ou bien je n'ai pas compris ce que vous vouliez dire, ou bien nous n'avons pas la même définition de la chasteté.
Je vais essayer de préciser ce que j'entends par chasteté, vous pourrez ainsi en juger.
La chasteté est la vertu dont le vice opposé s'appelle lubricité. Elle n'est pas l'abstinence, qui est de l'ordre du fait. On peut être abstinent sans être chaste (pécher en pensées), on peut être chaste sans être abstinent (avoir une union sexuelle qui ne soit pas motivée par le vice).
La chasteté implique de renoncer à imposer à l'autre son désir, ainsi qu'à toutes formes de domination malsaines. Elle consiste à ne pas traiter l'autre comme un simple moyen en vue de satisfaire ses propres pulsions, égoïstement.
En clair, en poursuivant l'exemple que vous avez cité, si on ne peut s'abstenir de relations sexuelles, vaut-il mieux avoir un enfant de plus au risque de ne pas pouvoir lui donner une vie digne, ou utiliser un moyen de contraception susceptible de provoquer l'avortement d'un innocent ? Il me semble, au vu des graves conséquences de l'accueil indigne d'un enfant ou de l'utilisation d'une méthode de contraception, l'abstinence a des conséquences moins graves. Pourquoi donc systématiquement écarter la solution de l'abstinence prolongée, pour retenir des solutions aux conséquences fâcheuses, conséquences que l'on tente de minimiser ? Chaque couple doit donc discerner en vérité en regardant bien les conséquences de ses actes.
Entre votre dernière phrase, qui vous sert de conclusion, et ce que j'ai écrit, je ne vois pas de réelle divergence. Mais je pense m'être mal fait comprendre sur un point, et il me faut donc préciser.
Je ne pense pas du tout qu'il faille autoriser la fornication, même entre époux, au simple motif qu'on ne pourrait pas se retenir. Et je n'adresse évidemment aucun reproche aux couples abstinents.
Ce que je dis est beaucoup plus simple, en réalité. Si deux personnes unies par un lien sacré font l'amour, c'est parce que l'amour est une belle chose. Ordinairement, cette belle chose débouche un jour sur la conception désirée d'un enfant. Mais il arrive, pour toutes sortes de raison, que ce ne puisse être le cas. Ce n'est pas une raison pour sacrifier l'amour. Je n'y vois pas une histoire de moindre mal, mais de plus grand bien. Chaque couple a à juger, dans la situation qui est la sienne, si le plus grand bien est de donner la vie à un enfant, ou de ne pas le faire.
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Cgs » lun. 09 nov. 2015, 16:24

Bonjour prodigal,

Merci pour ces précisions. Nous sommes donc d'accord.

Bonjour axou,

Vous affirmez que les méthodes naturelles ne sont pas respectueuses des corps. Vous donnez simplement comme argument : "c'est parce qu'elles sont difficiles à vivre, car il faut s'abstenir pendant les périodes fécondes où le désir est fort", ce qui n'étaye pas du tout l'affirmation sus-citée. Il faut entendre "respectueuses des corps" au sens de "conforme à leur nature", sans entrave qui nuisent au corps, et non juger de la difficulté d'application de telle ou telle méthode.

Au passage, il n'est pas besoin que la femme ait un cycle régulier pour appliquer une méthode naturelle. Documentez-vous un peu sur le sujet. Par exemple, pour la méthode Billings :
[La méthode Billings] est applicable dans toutes les circonstances et à toutes les étapes de la vie procréative (...), même si vous allaitez, si vous avez des cycles irréguliers, ou si vous êtes à l'approche de la ménopause.
Source : http://www.billingslife.fr

En effet, les méthodes naturelles étant des méthodes d'observation et non des méthodes statistiques, on observe au jour le jour pour savoir si la femme est en période fertile ou non. Que le cycle fasse 28 jours, 15 jours ou 72 jours, peu importe ! Les signes de fertilité, la glaire cervicale pour la méthode Billings par exemple, ou bien la température pour les méthodes sympto-thermiques, sont observées puis on en déduit si la femme est fertile ou non.

Sur la fiabilité des méthodes naturelles, documentez-vous aussi davantage, les méthodes correctement appliquées donnent des pourcentages élevés de l'ordre de 99,5%. Voici une étude réalisée en Chine en 2000 qui a testé la méthode Billings, contre la méthode du stérilet. J'attache le fichier à ce message.
Evaluation methode Billings en Chine Dr Qian 2000.pdf
(246.8 Kio) Téléchargé 19 fois
Sur la pilule, vous oubliez de mentionner que de nombreuses études tendent à montrer leur rôle dans l'augmentation des cancers chez les femmes.

Sur le stérilet, votre analyse est un peu rapide. Il est certes efficace à 99%, mais il faut savoir qu'il en existe 2 types :
:arrow: les stérilets en cuivre sans hormone : leur rôle consiste à enflammer en permanence la muqueuse utérine, de sorte à rendre impossible la nidation de l'embryon. Il est donc abortif. Notons que l'embryon arrive parfois à s'implanter sous stérilet...
:arrow: les stérilets avec hormones, qui diffusent des oestrogènes et de la progestérone, afin de perturber le cycle et éviter soit une ovulation, soit que la muqueuse se maintienne si un embryon se présente. Dans le second cas, l'embryon ne peut se nider faute d'une muqueuse suffisamment développée ou tombée trop tôt.

Bref, l'utilisation d'un stérilet n'est pas anodin, ni pour la femme, ni pour le bébé.

Sur l'utilisation d'un préservatif, quelques éléments aussi :
:arrow: l'efficacité est assez faible : 2% d'échec en utilisation idéale, 15% en utilisation courante. (source OMS, page 14, cf fichier joint
document_OMS.pdf
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)
:arrow: si le préservatif est utilisé en combinaison avec une méthode naturelle, c'est pire, car les statistiques données ci-dessus sont données quel que soit le moment du cycle. Si on met le préservatif uniquement dans les périodes fécondes, il faut donc s'attendre à des pourcentages d'échec bien plus importants.

Voilà pour les éléments factuels sur la contraception et les méthodes naturelles.

Sur l'argument "il n'y a pas de solution idéale", il convient de bien distinguer 2 choses, comme je le disais précédemment en réponse à prodigal :
:arrow: il y a les principes moraux liés à la pratique de la sexualité en couple d'une part
:arrow: il y a ce que chaque couple, en conscience, cherche à mettre en oeuvre, là où il en est

Souvent, on amalgame les deux, en disant que comme chaque couple fait comme il le veut, cela signifie qu'il n'y a pas de solutions objectivement bonne ou mauvaise, et que donc l'Eglise n'a pas à parler sur le sujet.

Ceci est faux. Ce n'est pas parce que chaque couple est unique et est libre d'agir comme il l'entend que les solutions retenues ne sont pas objectivement bonnes ou mauvaises. En l'espèce, et c'est ce que dit l'Eglise :
:arrow: les solutions de contraceptions sont toutes, sans exceptions, objectivement mauvaises. Dire cela n'est pas juger les personnes qui y ont recours, puisque d'une part elles restent libres d'agir ainsi, d'autre part elles agissent avec leur passé, leurs contraintes, leurs blessures, et tout un contexte que l'on ne connaît pas forcément. Mais l'exigence de vérité, y compris envers ces personnes, impose d'affirmer le caractère nocif de ces solutions contraceptives.

:arrow: les méthodes naturelles de régulation des naissances respectent la finalité de la sexualité en couple. Dire cela n'est pas juger ceux qui y ont recours, ou ceux qui ont essayé et pour qui cela n'a pas été un succès. Là encore, des éléments de contexte peuvent expliquer les vécus différents.

En bref, la liberté de choisir doit logiquement s'exercer en conscience et sur des solutions conformes à l'exercice d'une sexualité en accord avec la loi naturelle.

Bien à vous,
Cgs
Mes propos qui apparaissent en vert comme ceci indiquent que j'agis au nom de la modération du forum.

Bénédictions
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Bénédictions » lun. 09 nov. 2015, 20:44

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Fée Violine
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Re: La pilule contraceptive et les catholiques

Message non lupar Fée Violine » mar. 10 nov. 2015, 21:04

Notons que l'embryon arrive parfois à s'implanter sous stérilet...
Je confirme ! :rire: (grâce à Dieu, c'est ainsi que j'ai eu mon petit Sylvain ! :amoureux: )


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