Le péché de gourmandise en vedette !

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etienne lorant
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Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » ven. 27 janv. 2012, 15:06

Au VIe siècle, le pape Grégoire Ier le Grand l'associe à la luxure (le ventre étant proche du bas-ventre) et décrit les cinq manières de commettre le péché de gourmandise:

1. Le moment : manger avant le moment du repas afin de satisfaire l'organe du goût.
2. La qualité : rechercher des délices et une meilleure qualité de la nourriture pour satisfaire les « ignobles sens du goût ».
3. Les stimulants : rechercher des sauces et assaisonnements pour le plaisir du palais.
4. La quantité : manger plus que nécessaire.
5. Le désir : manger avec trop de désir, bien qu'en absorbant une quantité raisonnable – cette dernière manière étant la pire.

(Lu sur Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gourmandis ... A9ch.C3.A9)

... et découvert aujourd'hui sur Sciences Actualités.fr
(http://www.universcience.fr/fr/science- ... nne-sur-3/)

Lancée il y a neuf ans par le laboratoire Roche, l'Inserm et l'hôpital de l'Hôtel-Dieu (Paris), l'enquête ObÉpi (pour épidémiologie de l'obésité) confirme en 2006 les résultats des années précédentes : la proportion de personnes obèses dans la population générale vivant en France ne cesse d'augmenter.

En 1997, l'obésité concernait 8,2% de la population. Dans la dernière étude rendue publique le 19 septembre, on découvre que globalement 12,4% de la population adulte est obèse aujourd'hui (11,8% des hommes et 13% des femmes).

(...)

Avec un recul de neuf ans, l'enquête ObÉpi permet déjà d'observer un « effet générationnel ». C'est-à-dire qu'à un âge donné, les jeunes générations ont un indice de masse corporelle supérieur (de 5 à 10%) à celui de leurs aînés. En clair, cela signifie que l'obésité arrive plus tôt dans la vie. Bien que les enfants soient exclus de l'étude (qui concerne des personnes âgées de 15 ans et plus), « il y a de bonnes raisons de croire que l'obésité touchant les jeunes adultes devait déjà exister dans l'enfance », explique Marie-Aline Charles.

Conclusion: Dans l'Ecclésiaste !

"1.9
Ce qui a été, c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
1.10
S'il est une chose dont on dise: Vois ceci, c'est nouveau! cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés."
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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marie du hellfest
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par marie du hellfest » ven. 27 janv. 2012, 16:42

etienne lorant a écrit : 1. Le moment : manger avant le moment du repas afin de satisfaire l'organe du goût.
2. La qualité : rechercher des délices et une meilleure qualité de la nourriture pour satisfaire les « ignobles sens du goût ».
3. Les stimulants : rechercher des sauces et assaisonnements pour le plaisir du palais.
4. La quantité : manger plus que nécessaire.
5. Le désir : manger avec trop de désir, bien qu'en absorbant une quantité raisonnable – cette dernière manière étant la pire.
Eh ben dites donc, c'était un sacré plaisantin votre Grégoire Ier ... on a quand même le droit de mettre du beurre dans les pâtes ou c'est pêcher ? Et si on a plus rien d'insipide sous la main, on a le droit de manger quelque chose de bon sans devoir aller à confesse ?

"ignobles sens du goût" ... :sonne: avec des idées pareilles je pourrai jamais être catholique.

Tiens, d'ailleurs, pourquoi limiter ces restrictions au seul sens du goût ? Devrait-on aussi ne chercher à regarder que des choses moches, porter des habits qui râpent, écouter du bruit plutôt que de la belle musique (non, ce n'est pas un clin d’œil), et proscrire les fleurs qui sentent bon ?? :zut:
J'avoue que la cohérence de tout ceci m'échappe ...

J'espère au moins que Grégoire Ier s'appliquait à respecter ses propres discours et carburait uniquement au pain sec et à l'eau ?


Sinon, sur une note (un peu) plus sérieuse, je doute que l'évolution vers l'obésité des populations soit le fruit d'une gourmandise débridée. Faudrait surtout chercher du côté de la fabrication des aliments déjà préparés, de la nourriture donnée aux bestiaux, etc ... Bref, à mon humble avis c'est plus un problème de gestion globale de la chaîne alimentaire plutôt que de mœurs.

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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » ven. 27 janv. 2012, 17:04

D'accord sur la "mal-bouffe" gorgée de produits conservateurs... mais il y a aussi les gros mangeurs, les mangeurs par pulsions... si la gourmandise fait partie des sept péchés capitaux, c'est que le fait de se "bourrer la g" (pardon !) disons, de s'en mettre "jusque là", d'avoir les dents du fond qui baignent... ce n'est pas bon. Ni pour le croyant, ni pour l'homme commun. Toujours de la mesure en tout. Du reste, après un bon repas, on s'endort. Est-on libre de ses choix après un repas de cinq à six services ? Le corps est-il fait pour être servi ou pour servir ? Les exagérations sont toujours mauvaises, d'une manière ou d'une autre.
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marie du hellfest
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par marie du hellfest » ven. 27 janv. 2012, 18:09

Je ne nie pas ce problème, seulement les prescriptions de Grégoire me paraissent un tantinet sévères ...
Comme vous dites, c'est l'excès qui est à proscrire. Un gros repas de temps en temps n'a jamais fait de mal à personne. Pour moi c'est associé aux repas de famille, où on passe tous un bon moment ensemble avant de digérer doucement devant une belote ou un tarot avec mes grands-parents : un moment de détente et de convivialité où l'on se sent bien, tout simplement. Pas grand chose à voir avec le fait de s'enfiler 3 menus au Mc Do, certes.

Mais si je devais respecter à la lettre ce que Grégoire propose, j'aurai envie de me flinguer :cry:
Mis à part le fait que la nourriture soit juste un de mes plus grands plaisirs dans la vie, je ne peux simplement pas comprendre pourquoi se faire plaisir avec modération (comme indiqué dans le 5.) serait la pire des manières de pêcher par gourmandise ? :sonne:

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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par Isabelle47 » ven. 27 janv. 2012, 18:25

L'obésité est un réel problème de nos jours et dans nos sociétés de surconsommations mais en rendre la gourmandise responsable me semble un peu abusif.
D'autres paramètres entrent en ligne de compte: style de vie (surconsommation, justement dans tous les domaines mais aussi horaires de travail et budgets serrés n'autorisant que la malbouffe industrielle, modes, temps de repas réduits tant pour leurs préparations que leurs prises, perte du sens de la convivialité dans les familles et du sens symbolique du repas préparé et pris ensemble etc...
De plus, la citation que vous donnez est anachronique (même si son sens moral est universel) car cette sentence a été émise à une époque où les modes et manières alimentaires n'avaient que peu de choses en commun avec les nôtres.
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » ven. 27 janv. 2012, 18:32

marie du hellfest a écrit : Mais si je devais respecter à la lettre ce que Grégoire propose, j'aurai envie de me flinguer :cry:
:sonne:
Je suis allé au plus simple en tapant le mot gourmandise sur Wikipedia. Il n'empêche que l'abus de chacun des sens sont contraires à l'éveil de l'âme et à son salut. Un bon repas de famille est à mes yeux une chose excellente ... d'autant que les repas de famille se font de plus en plus rares, y compris dans les familles chrétiennes (dont la mienne, bien sûr). Je me souviens vaguement d'un dîner de mariage ... il y a une quinzaine d'années. C'est perdu, tout le monde court... Par contre, j'ai eu une correspondante de Montbrison (42600) qui, pour son anniversaire, a dû louer un grand hangar dans une ferme afin de recevoir plus de quarante invités venus lui souhaiter son anniversaire ! Là-bas, en bas, c'est possible, mais dans ch' Nord !

.
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par coeurderoy » ven. 27 janv. 2012, 23:09

marie du hellfest a écrit :Eh ben dites donc, c'était un sacré plaisantin votre Grégoire Ier ... on a quand même le droit de mettre du beurre dans les pâtes ou c'est pécher ? Et si on a plus rien d'insipide sous la main, on a le droit de manger quelque chose de bon sans devoir aller à confesse ?

"ignobles sens du goût" ... :sonne: avec des idées pareilles je pourrai jamais être catholique.

Tiens, d'ailleurs, pourquoi limiter ces restrictions au seul sens du goût ? Devrait-on aussi ne chercher à regarder que des choses moches, porter des habits qui râpent, écouter du bruit plutôt que de la belle musique (non, ce n'est pas un clin d’œil), et proscrire les fleurs qui sentent bon ?? :zut: .
Oui je comprends cette réaction Marie ! Respirer le parfum d'une rose, apprécier la saveur de l'abricot, admirer la beauté du rouge-gorge, celle du chêne et même le beau visage d'un inconnu, prendre plaisir à la fraîcheur de la source ou à l'harmonie des sons ou des couleurs sera toujours rendre grâce au Créateur pour la magnificence de ses dons...
Il fut un temps où j'ignorais cela : j'étais beaucoup moins dans la louange et l'action de grâce, me focalisant sur mon "nombril à mortifier" au lieu de chanter le Cantique des créatures... Ceci dit, la vraie gourmandise (excès) conduit toujours au péché : excès d'alcool (qui peut entraîner des morts humaines, sur la route par ex.), la déchéance et souvent les péchés de luxure car on dit que "Bacchus appelle Vénus"...
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par lmx » ven. 27 janv. 2012, 23:33

Mais si je devais respecter à la lettre ce que Grégoire propose, j'aurai envie de me flinguer
Normal, si ce n'est pas fait dans une optique spirituelle, si ce n'est pas ordonné à quelque chose de supérieur, alors c'est une privation gratuite qui a peu d'intérêt et qui pourra être source de mal-être.
On ne se prive pas d'une chose uniquement pour s'en priver, l'ascèse n'a rien à avoir avec le masochisme, même si des déviations on pu faire croire que tel est le but. Ce qui est en effet malheureux c'est que l'ascèse ait été uniquement lié au péché.
Il faut comprendre le sens de l'ascèse chrétienne qui est ordonnée à une fin spirituelle, et qui vise donc à un dépassement de la condition naturelle et profane qui n'est pas notre véritable condition. Un peu comme quand un sportif s'entraine pour s'améliorer physiquement et être plus compétitif.
Ensuite, St Grégoire le Grand rappelle quelque chose de fondamental, qui est que rien ne possède sa fin en lui-même. Ainsi, il faut éviter de manger pour manger. La création organisée comme tel en vue de sa propre fin devient ce qu'on appelle le "monde" et c'est cela qu'il faut rejeter.
Et si un St François célèbre la création, c'est parce qu'il voit Dieu partout, parce qu'il voit en toute chose le don de Dieu ; en lui le monde a disparu, son acte de louange même reconduit les choses à leur source.

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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par miel » dim. 29 janv. 2012, 15:24

Le péché de gourmandise ?

Mais moi je croyais que ça ne consistait pas à avaler de la nourriture puante et à boire des breuvages amers !
Ni à rester la langue pendante devant un festin savoureux quand dans sa propre assiette on n'a qu'un repas immangeable !

Je ne croyais franchement pas qu'il fallait trouver des sauces et des accompagnements de repas les plus répréhensibles possibles et en plus les manger et en plus en petite quantité pour respecter ses prochains...



Moi je croyais juste que ce mot - gourmandise - est un mot dont le sens a dérivé au fils des années et que ça consistait à l'origine à ne pas vouloir, convoiter la part de ses proches et prochains...

Ne pas être gourmand.

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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par Isabelle47 » dim. 29 janv. 2012, 16:26

Il peut y avoir gourmandise dans tous les domaines; intellectuel et spirituel aussi.Cela consiste à manquer de mesure.
"Aussi, croyez-moi, vous pratiquerez beaucoup mieux la vertu en considérant les perfections divines, qu'en tenant le regard fixé sur votre propre limon"
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » lun. 30 janv. 2012, 12:33

Isabelle47 a écrit :Il peut y avoir gourmandise dans tous les domaines; intellectuel et spirituel aussi.Cela consiste à manquer de mesure.
Pourquoi donc la gourmandise serait un péché capital ?

Réponse:

http://www.josephbonespoir.org/La-gourm ... che-P.html


La gourmandise est-elle vraiment un péché ?
"Capital péché mignon !"

La gourmandise a toujours été répertoriée dans les péchés et même les péchés capitaux, c’est-à-dire ceux qui entraînent la personne vers d’autres péchés. Or l’opinion la plus commune est que la gourmandise est tout au plus un « péché mignon », qui ne fait de tord à personne si ce n’est à soi-même quand on y va « trop fort ». Il est vrai d’ailleurs que la vertu de tempérance, qui modère nos appétits divers, est un obstacle à la gourmandise. Alors que penser, quand on est chrétien ?
Servir : avec plaisir !

Premier élément de réflexion, l’absorption des aliments solides et liquides est une nécessité vitale. Notre organisme, notre corps, a besoin de « combustible », donneur d’énergie, de « matériaux » reconstituants des cellules usées, d’eau et d’oligo-éléments, de quelques toniques. Si, en chrétien, on veut pouvoir servir, le corps qui est partie intégrante de la personne doit être bien entretenu. cf Mon fils vole de la nourriture, que faire ? P. Bonnet

Dieu a attaché à cette fonction de conservation de la vie un plaisir, une délectation, une jouissance, qui n’ont rien de mauvais en eux-mêmes puisque inhérents à la création divine. Quelqu’un qui, par suite d’une affectation, perd le goût, la saveur, qui est à l’origine de ce plaisir a souvent bien du mal à se nourrir de façon équilibrée.
Quand il y a de l’abus…il y a de l’abus !

Mais il est clair, que de ce plaisir, peut naître un abus et c’est cet abus qui constitue la gourmandise. Attention on pourrait croire que cet abus ne peut être lié qu’à la quantité ingérée et dès lors on réserverait la qualification de péché de gourmandise uniquement aux excès de nourriture, a fortiori aux excès de boissons toniques, de drogues excitantes ou stupéfiantes. Je reviendrai plus loin sur cet aspect quantitatif de la gourmandise qui est effectivement le plus grave. Reste néanmoins l’aspect qualitatif, qui consiste à attacher trop d’importance aux mets délectables, à les chercher en permanence, à être « difficile » à table, que ce soit en famille, en collectivité ou à table avec autrui. Certes il y a parfois des dégoûts insurmontables mais ce n’est pas une généralité ! On peut apprécier les bonnes choses, être gourmet et connaisseur, et rester dans une saine modération y compris sur le « qualificatif ». Chez certains tempéraments, le plaisir dans l’absorption de certains mets pousse à consommer au-delà du besoin, même si cela ne conduit pas à des débordements visiblement préjudiciables, au moins à court terme, parce que cela calme le stress. Et c’est exact que cela calme le stress mais est-ce le meilleur moyen ? La prière calme le stress et elle nous rapproche de Dieu. Le plaisir gourmand, lui, nous éloigne de Dieu car il nous installe dans une priorité du corps sur l’esprit.
Ordonner nos désirs : le jeûne donne du " tonus spirituel" !

Or le premier besoin de notre âme spirituelle, c’est d’ordonner nos désirs. Priorité à l’âme spirituelle pour que l’intelligence et la volonté, clés du bon usage de notre libre arbitre, gardent leur vitalité. Ce n’est pas pour rien que le jeûne, raisonné et détaché du culte de notre propre image, nous procure du tonus spirituel. La complaisance envers le plaisir de la bouche va en sens inverse et je sais de quoi je parle ! Revenons sur les débordements quantitatifs. Dans le cas de la nourriture, ils peuvent conduire à une paresse intellectuelle qui s’installe et nuit énormément à la lucidité, au discernement, à l’approfondissement des questions. Ils favorisent, bien évidemment, un appétit sensuel qui conduit très souvent à un péché plus grave, la luxure.
Vive la vertu de tempérance !

Enfin il est aujourd’hui plus que jamais nécessaire de rappeler à quel point il faut être prudent avec les boissons alcoolisées, qui sont recherchées par beaucoup en raison de l’excitation du système nerveux qu’elles procurent. L’éducation, qui vise à donner une saine estime de soi, une raisonnable confiance en soi, rend la jeunesse moins vulnérable à l’ingestion de l’alcool et à l’usage des drogues devenues si banalisées comme le cannabis. cf Alcool, drogue, cannabis, comment préserver nos enfants de ces conduites addictives ? P. Bonnet

Décidemment la vertu de tempérance est bien une vertu cardinale, qui conduit dans le domaine alimentaire à de bonnes habitudes de sobriété, qui n’empêchent pas d’apprécier les saveurs agréables au goût que le Créateur a mis à notre disposition maîtrisée.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par Isabelle47 » lun. 30 janv. 2012, 15:08

Vous semblez considérer la gourmandise comme concernant le seul domaine de la nourriture (manger, boire), de l'estomac et du système digestif ;)
Or, la gourmandie est également agissante dans d'autres domaines tant intellectuels que spirituels.
Le comportement désordonné que représente la gourmandise est applicable à celui qui se goinfre de tout: d'internet, de mots, d'expériences diverses, d'idées plus ou moins bien posées, etc...
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » lun. 30 janv. 2012, 15:29

Isabelle47 a écrit :Vous semblez considérer la gourmandise comme concernant le seul domaine de la nourriture (manger, boire), de l'estomac et du système digestif ;)
Or, la gourmandie est également agissante dans d'autres domaines tant intellectuels que spirituels.
Le comportement désordonné que représente la gourmandise est applicable à celui qui se goinfre de tout: d'internet, de mots, d'expériences diverses, d'idées plus ou moins bien posées, etc...
Oui, par extension. Il y a même de la 'gourmandise' par excès de privations - mais ce doit être un cas limite !

:sonne:
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par etienne lorant » lun. 30 janv. 2012, 15:38

A la suite de mon message précédent, je note tout de même que la paresse pourrait dès lors être assimilée à une "gourmandise" de repos. Il est préférable d'employer les mots dans leur sens propre plutôt qu'au figuré !
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Re: Le péché de gourmandise en vedette !

Message non lu par marie du hellfest » lun. 30 janv. 2012, 16:47

Merci pour ces éclaircissements etienne lorant, parce qu'avec les 5 premières recommandations assez lapidaires ça donnait un autre ton.

Les saints devraient être fournis avec leur notice explicative ... :s

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