Euthanasie et soins palliatifs

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Euthanasie et soins palliatifs

Message non lupar mgls » lun. 31 mai 2004, 12:57

Il ne faut pas confondre :


L'arrêt des traitements disproportionnés (inutilement agressifs) qui relève de la bonne pratique médicale en acceptant l'évolution naturelle de la maladie vers la mort

avec

L'euthanasie qui consiste à provoquer intentionnellement la mort - par un acte (injection, administration de substance...) ou par l'absence délibérée de soins indispensables à la vie.


http://monsite.wanadoo.fr/chretiens.oise/page5.html
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Euthanasie, à qui profite le crime ?

Message non lupar FMD » lun. 31 mai 2004, 14:46

Assurément non, le débat sur l’euthanasie aura au moins eu le mérite de relancer la question des soins palliatifs. Il faut bien comprendre que tous les partisans de l’euthanasie ne sont pas guidés par une image faussée de la compassion et de la charité : certains ne font qu’obéir à une logique eugéniste inacceptable qui souhaite créer de véritables surhommes; il n’est d’ailleurs guère surprenant que ce soit ces mêmes personnes qui soient favorables au dépistage prénatal dans un but abortif ou encore à la recherche sur les cellules œufs. À leurs yeux la vieillesse est bien souvent synonyme de déchéance et est donc inacceptable puisqu’elle est le symbole même de la finalité de la condition humaine et de la vaine révolte contre Dieu, la mort, dont seul Notre Seigneur peut nous sauver. Dans une telle optique il est hélas normal qu’une large partie de la population, celle-là même qui rejette Dieu, tente également de rejeter la mort. La canicule de l’été dernier fut un autre exemple frappant de ce mal-être qui gangrène notre société.

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Re: Euthanasie et Acharnement thérapeutique

Message non lupar Christophe » lun. 31 mai 2004, 15:34

Effectivement, les promoteurs du suicide assisté ont trop souvent tendance à amalgamer le débat sur l'acharnement thérapeutique et celui sur l'euthanasie (qui serait supposé en constituer l'alternative).

:heart: Un intéressant communiqué de presse (8 octobre 2003) de la Conférence des Evêques de France sur la question :
Ni euthanasie, ni acharnement thérapeutique !
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Proposition de loi sur la fin de vie

Message non lupar Christophe » mar. 11 janv. 2005, 14:06

Je soumets à vos réflexions un article paru dans la lettre d’information et d’analyse sur l’actualité bioéthique Gène Ethique ( http://www.genethique.org ) :

Proposition de loi sur la fin de vie : adoption à la quasi-unanimité
[align=justify]Le 30 novembre 2004, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture à la quasi-unanimité [...] la proposition de loi Léonetti « relative aux droits des malades et à la fin de vie ». Elle définit un droit au « laisser mourir » et refuse l’acharnement thérapeutique sans légaliser l’euthanasie.

Pas d’obstination déraisonnable

Le texte prévoit que les traitements ne doivent pas être poursuivis « par une obstination déraisonnable, lorsqu’il n’existe aucun espoir d’obtenir une amélioration de l’état de santé de la personne et qu’ils entraînent une prolongation artificielle de la vie » (art.1). Cette expression est préférée à celle d’acharnement thérapeutique. Une personne en phase terminale (ou, si elle est hors d’état d’exprimer sa volonté, la personne de confiance qu’elle a désignée), peut décider de limiter ou d’arrêter tout traitement. Elle peut autoriser l’administration de médicaments anti-douleurs, même s’ils accélèrent le décès.

[...]

Les soins palliatifs encouragés

Le projet médical de chaque grand service ou établissement médico-social accueillant des personnes âgées devra désormais comporter un volet « activité palliative des services » [...].[/align]
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Accompagnement et soins palliatifs

Message non lupar Charles » dim. 20 févr. 2005, 16:56

Je vous soumets cet extrait d'un texte sur Accompagner des personnes en fin de vie :

"L’écoute pure est l’effacement le plus grand, une sorte d’anéantissement qui est, pour la voix qui parle, son droit à l’inouï. Sans savoir, d’abord sans savoir, car le savoir est déjà jugement. Pour écouter, l’oreille doit être nue, sans interprétation. L’écoute pure d’abord n’interprète pas, elle est toute entière attentive à la parole qui se dit, sans traduction (…) Écouter, c’est être là, l’oreille ouverte, et laisser dire ce qui se dit"


J'ai un peu de mal à le comprendre. D'abord cette expression "son droit à l'inouï"... Le "sans savoir, car le savoir est déjà jugement" me pose aussi problème car je suis las de cet exil du jugement et de la conscience qui est prononcé sans jamais la moindre raison comme si ça allait de soi...

Ensuite j'ai un doute sur la possibilité d'une telle "écoute pure". Et je me demande si cela a un sens d'écouter "sans savoir", "sans interprétation", "sans traduction"... Sans conscience finalement de ce qui est dit et sans présence... Est-ce qu'il y a encore écoute quand on s'absente à ce point ? Dans "l'anéantissement" !?

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Message non lupar Chavelli » dim. 20 févr. 2005, 19:27

Difficile en quelques mots de répondre alors que j'ai écrit tout un livre sur le sujet ... Je ne peux que vous conseiller de le lire ! Il s'agit de "Accompagner la vie de la naissance à la mort" qui vient de paraître aux éditions du Rocher. De surcroît, ce texte est trop cérébral pour moi ! Merci de votre compréhension.

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Message non lupar Charles » dim. 20 févr. 2005, 20:54

Je ne comprends pas, vous écrivez :

"une qualité de présence. Une présence de compassion. Ce qui implique écoute, silence, respect, simplicité, et bien entendu absence de jugement. C'est entrer en relation avec l'essentiel chez l'autre qui, au fond, est l'Essentiel. C'est toucher la personne dans sa sincérité et sa vérité, sans les masques sociaux, les conformismes de pensées, les bienséances, les étiquettes, etc. On rencontre alors l'Etre, cela même qui nous anime tous. Cet Etre peut porter différents noms selon les croyances et les religions. "

Ce qui n'est pas moins cérébral que le petit extrait d'un témoignage d'accompagnateur que j'ai cité...

Ce n'est pas vous qui avez écrit la quatrième de couverture ?

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Message non lupar Chavelli » dim. 20 févr. 2005, 21:47

J'ai écrit la quatrième de couverture. Le texte que vous me proposez me semble cérébral et vous ressentez la même chose à l'égard du mien : ce que je trouve de tout à fait merveilleux, c'est qu'il existe sûrement autant de voies (et de voix) que d'êtres pour exprimer une réalité et que parmi elles chacun réussit à trouver celles qu'il comprend, qui le touche et qui le transforme.

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Message non lupar Charles » lun. 21 févr. 2005, 2:05

Chavelli,

Je trouve que le terme "inouï" dans ce contexte semble faire référence à des oeuvres de Jean-Louis Chrétien comme "L'appel et la réponse" et surtout à la première partie de" L'arche de la parole". Cependant même dans cet environnement-là, j'ai du mal à comprendre cette finesse dans la conception de l'écoute. Vous qui avez écrit un livre qui traite aussi de ce sujet et s'adressant à des professionnels de l'accompagnement, vous devez bien avoir une idée de ce que signifie "écouter". Merci pour vos lumières, merci d'avoir accepté de dialoguer, merci encore et beaucoup pour votre liberté de ton, pour votre parole et pour votre écoute. :)

De plus vous avez tout à fait raison, comment comparer "sans savoir, d’abord sans savoir, car le savoir est déjà jugement" et "ce qui implique écoute, silence, respect, simplicité, et bien entendu absence de jugement" ? On voit bien que ça ne parle pas du tout de la même chose et de manières très différentes en plus ! Et d'ailleurs dans le texte que je cite, il n'était fait mention ni de la notion de vérité ni d'Essentiel, ni d'Etre, notions bien connues pour être étrangères à l'abstraction et à tout travail intellectuel... bref à ce qu'on peut appeler "cérébral" :)

Petite question : écrire un livre de 335 pages classé en librairie au rayon psychologie-psychanalyse et vendu pour 19 euros, ça se fait sans son cerveau ? Ca se vend bien le pas trop "cérébral" ?

Encore merci pour votre parole et votre écoute :)

Bien à vous

Charles
Dernière édition par Charles le lun. 21 févr. 2005, 9:52, édité 2 fois.

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Message non lupar Charles » lun. 21 févr. 2005, 7:31

Voici quelques doutes dont je vous fais part. Ce qui vient à la suite, je ne l'écris pas comme une argumentation mais comme un doute qui me vient et qui peut tout aussi bien s'en aller...

Qu'est-ce qui me gène dans la phénoménologie de l'écoute proposée par Jean-Louis Chrétien ? En elle-même, je n'y trouve rien à redire. Mais ce sont plutôt ses suivants qui me posent problème. Car peut-on et doit-on écouter celui qui souffre comme on écoute l'homme bien-portant ? La souffrance imposerait-elle donc le silence ? Et surtout le requérerait-elle ? L'écoute pure dont il était ici question ne dissimule-t-elle pas aussi parfois une pure démission ? Celui qui réclame de se taire face à la souffrance et à l'homme dans l'épreuve, ne réclamerait-il pas de s'absenter, de fuir ?

Et s'il établissait ainsi son silence et son écoute avec tant de précautions, ne serait-ce pas aussi parce qu'il n'a rien à dire ? J'ai connu des gens désespérés et suicidaires, qui sombraient dans l'alcool, la drogue, dans la folie, la profonde névrose, la psychose et autour d'eux personne pour leur tendre une parole... Ceux-là étaient saoulés de l'écoute des autres et n'attendaient qu'une chose mais qui ne venait jamais, une parole qui sauve, un mot d'amour. Celui qui coule à pic et "meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts" et sur qui se sont penchés psychologues, psychiatres et accompagnateurs, celui-là n'a pas besoin et ne veut plus d'écoute mais une parole. Ce qu'il a dit, il l'a répété encore et encore à tous ceux qui se sont penchés sur lui pleins de silence et vides de paroles. Mais "celui qui n'a rien se fera enlever même ce qu'il a" (Luc 19, 26)

Ce n'est pas la phénoménologie de l'écoute de Jean-Louis Chrétien qui me gène mais cette façon dont elle est embauchée pour justifier la démission de toute une société. Car c'est vraiment d'une démission qu'il s'agit, car nous refusons l'idée même de mission comme nous refusons toute vérité sur l'homme. La détresse est privée de sens, la douleur est absurde, car l'homme n'a pas de sens, il a tous les sens et donc il n'en a aucun... il est aussi absurde que sa souffrance. Et le silence ne dit qu'une chose à l'homme qui souffre : que c'est absurde... à celui qui est désespéré et s'enfonce dans la folie ! J'en ai connu beaucoup, j'ai vu leurs longues glissades qui pour certains finissait en HP, en légumes humains... et il avaient été très écoutés, et beaucoup s'étaient respectueusement tus avec eux. J'avais à peine vingt ans et dans un restaurant derrière Montmartre, je dinais avec un ami, un homme de 13 ans mon aîné, et il m'a demandé : "Est-ce que je dois me suicider ?" Je lui répondu que non... puis nous nous sommes séparés. Mais ce non était aussi "silencieux" que cette "écoute pure" dont il est ici question, aussi vide de savoir et préjugés, de conformismes de pensée... J'ai répondu non mais pourquoi non ? Pourquoi pas se suicider ? Heureusement il ne l'a pas fait, il a seulement échoué en HP. Mais pourquoi heureusement ? Cet homme-là, je l'ai longuement écouté, je l'ai même en fait accompagné "comme il faut", mais j'étais trop jeune. Aujourd'hui je lui aurais d'abord collé une énorme baffe et puis je lui aurais parlé, et j'aurais été le premier à le faire. Les hommes passent et on ne les retient pas parce qu'on ignore ce qu'est l'homme, parce qu'on refuse qu'il y ait l'homme tel qu'il est. C'est au nom de la liberté, de la vie privée, de l'écoute pure, de toutes ces fausses excuses qu'on laisse mourir, qu'on rêve d'un suicide assisté comme il existe en Suisse, pour que les suicidaires nous désencombrent. Car déjà, c'est un gros effort d'avoir à feindre de s'en préoccuper. S'anéantir pour ne pas être présent tout en leur donnant l'illusion qu'on est encore là... l'écoute pure, cette discipline de devenir un fantôme, un bouddha déjà parti dont l'enveloppe seule, comme un gentil épouvantail, est abandonnée un instant auprès de l'homme souffrant.

Et c'est étonnant comme foisonnent les livres pleins de paroles, eux, que peuvent s'acheter les désespérés pour "revenir à la vie", les recettes miracles à la Simone Pacot, soit 923 pages en trois tomes dont le titre "Reviens à la vie..." est à lui seul une merveille. Comme si le premier moment d'un retour à la vie était d'acheter le livre au rayon Bien-être/Psychologies/Spiritualités/Sectes, et comme si revenir à la vie commençait par lire les 923 pages de théorie d'une bonne-femme auto-proclamée thérapeute ou accompagnatrice...

"Il vit une foule nombreuse et il en eut pitié, parce qu'ils étaient comme des brebis qui n'ont pas de berger, et il se mit à les enseigner." (Mc 6, 34) Nous vivons dans une civilisation qui n'a plus rien à enseigner, qui refuse d'enseigner, qui voit la misère des foules et qui n'en a pas pitié, et qui se tait... "Car la juste distance n’exclut pas l’amour"... Seulement, il y a un doute sur cette distance : si jamais elle n'est abolie, si jamais l'un ne touche l'autre, alors c'est le pousser dans la fosse, celui qui a commencé de sombrer...

Et si juste derrière le couple souffrance/accompagnement, il y avait un autre couple qui le déterminait : question/réponse ? Avec ce dogme contemporain qu'il n'y a jamais de réponses mais que des questions, jamais de pas en avant, jamais d'étape franchie, mais que le sur-place, que l'immobilité, encore... de celui qui "meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts" ? Et bien évidemment, certainement pas de réponse sur le sens de la vie humaine...

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Projet de loi sur le suicide assisté

Message non lupar Hélène » mar. 01 nov. 2005, 1:58

Trouvé dans La Presse de ce matin 31 octobre, jour morbide par excellence...
Le Canada sera-t-il une fois de plus « novateur » en matière de culture de la mort ? :(

OTTAWA

Dépôt d'un projet de loi sur le suicide assisté


Presse Canadienne
Ottawa

La députée bloquiste Francine Lalonde a lancé aujourd'hui à la Chambre des communes le débat en deuxième lecture sur son projet de loi visant à légaliser le suicide assisté.

Mme Lalonde a déclaré que le Parlement ne peut plus tergiverser et attendre des tribunaux ou du gouvernement les modifications au code criminel pour reconnaître aux citoyens le droit de mourir dignement.

Selon la députée bloquiste, chaque personne lucide, confrontée à une fin de vie pénible, doit pouvoir décider des conditions dans lesquelles elle veut mourir, y compris si elle veut être aidée à mourir. Elle souligne qu'ailleurs, notamment aux Pays-Bas et en Belgique, il existe des lois permettant l'euthanasie et le suicide assisté.

Mme Lalonde indique également qu'il y a un fort appui au Canada et au Québec en faveur du suicide assisté et du droit de mourir dignement.

Son projet de loi privé propose de modifier le Code criminel pour permettre d'aider, selon des conditions précises, une personne gravement malade qui désirerait mettre fin à ses jours pour écourter ses souffrances.

La personne devrait avoir au moins 18 ans et devrait être atteinte d'une maladie en phase terminale ou éprouver des douleurs aigues sans perspective de soulagement. Elle devrait aussi avoir exprimé par écrit à deux occasions son désir libre et éclairé de mourir. Seul un médecin pourrait poser le geste ultime.

Actuellement il est criminel de porter assistance à une personne malade pour l'aider à mettre fin à ses jours.


On n'arrête pas le progrès... :wacko:
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progrès de la culture de mort

Message non lupar bajulans » mar. 01 nov. 2005, 4:20

Chère Hélène,

Vous posez la véritable question : on arrête pas le progrès vers la folie. Comme j'ai un goût pour les solutions radicales, je ne vois que le cinquième commandement que l'on puisse opposer à ces lois.

En Amérique vous avez l'avantage de pouvoir être plus clairement pour l'application des dix commandements, car il existe, je crois une forte minorité, y compris protestante, pour cela. C'est l'avantage de baigner au milieu du monde anglo-saxon et libertaire, moins marqué par nos querelles laïcistes-ultramontaines. (Les idées "ultra montaines" sont les idées des catholiques attachés au pape qui est "outre mont", à Rome, je ne sais si vous autres américains canadiens, employez cette expression).

Le suicide assisté en France se pratique couramment, je crois bien, mais le problème, c'est que ce n'est pas un suicide, mais un assassinat la plupart du temps (on ne demande rien au mourant). C'est peut-être pour cela que l'on est pas si pressé que cela pour promulguer une loi, qui pourrait avoir l'effet inverse, en canalisant des pratiques commune, mais inavouées.

J'ai eu le récit de quelqu'un dont la mère, en phase terminale d'un cancer vomissait des matières fécales et qui avait demandé et obtenu du "médecin" qu'elle soit euthanasiée. Il trouvait cela normal et n'en faisait pas mystère. Le problème, c'est que pour lui l'assassinat se doublait de parricide (de "parens" au sens de père et mère en français).

Ca m'a paru complètement idiot en plus car il était bien évident que cette femme n'en avait plus pour longtemps (quelques jours tout au plus) et qu'il existe des soins palliatifs, beaucoup moins traumatisant pour tout le monde et parfaitement propres moralement. Mais peut-être ne le savait-il pas !

Là comme ailleurs, c'est sans doute un effort d'éducation qui est à mettre en oeuvre, mais ni vous, ni moi, ni tout le forum ensemble n'avons les moyens de changer les mentalités, car c'est bien de cela qu'il s'agit finalement. Nous avons au moins les moyens de nous entretenir entre nous.

En France, nous avons des centres de soins palliatifs, dont à Marseille "L'Oeuvre du Calvaire", fondée par Mme Noilly-Prat, qui reçoit des malades en phase terminale. J'ai beaucoup d'admiration pour le personnel qui y travaille, il faut certainement être très entouré familialement, pour pouvoir résister à ce travail. Je sais que les médecins et personnel et en particulier ceux qui travaillent en réanimation, aux urgences, au grand brûlés dans les centres de soins palliatifs etc. souffrent beaucoup de leur travail qui demande une grande résistance nerveuse.

Enfin je vous signale qu'un médecin directeur d'un centre de soins aux mourants, s'est spécialisé dans la lutte contre l'euthanasie, il a des mots très forts et très humains et a été invité à la télévision (je ne sais plus quelle chaîne) il y a quelque années. Quelqu'un sur le forum, se souvient peut-être de lui, je crois qu'il a écrit un livre sur la question.
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Re: progrès de la culture de mort

Message non lupar Hélène » mar. 01 nov. 2005, 14:27

Bonjour Bajulans,
En Amérique vous avez l'avantage de pouvoir être plus clairement pour l'application des dix commandements, car il existe, je crois une forte minorité, y compris protestante, pour cela. C'est l'avantage de baigner au milieu du monde anglo-saxon et libertaire, moins marqué par nos querelles laïcistes-ultramontaines.
Vous rigolez ? Le Québec ne fait rien comme l'Amérique... au loin, il peut paraître que le Canada soit un frère jumaux des américains, divisés en deux camps, les ultra conservateurs et les libertaires, mais il n'en est rien. Je ne parle pas pour le reste du Canada mais, le Québec...combien il réclame sa société distincte ! Pas de protestants qui dominent rien (sauf chez les anglophones...mais le Québec est majoritairement francophone...et allophone maintenant et surtout...eh oui comme vous, "laïc"). Ce sont les indépandantistes (gauchistes athées...ou si vous préférez, les gogos laïcs formés de babyboomers qui ont rejeté l'Église et ses valeurs et qui entrainent toute une génération derrière eux..."Les invasions barbares" c'est nous ça ! On y exhalte l'euthanasie, l'adultère, la toxicomanie ! :blink: ) qui manipulent la pensée. Je vous donne un exemple concret pour vous démontrer combien le reste du monde est dans un mythe concernant le Québec "catholique" : un des candidats à la chefferie du Parti Québécois (le parti qui veut faire un Québec souverain et qui défend les intérêts du Québec dans le grand Canada fédéral) est un jeune homosexuel avoué. Le beau jeune homme, André Boisclair pour ne pas le nommer, a été pris dans un scandale dans les dernières semaines parce qu'on a découvert qu'il avait abusé de substances illicites alors qu'il était ministre. Vous allez me dire, bof...fumer un joint, c'est pas si grave...mais il ne s'agit pas que d'un p'tit trip de marijunana...il s'agit de consommation de cocaïne. Minimisant et banalisant la chose, il a été dans l'obligation d'avouer ses excès de jeunesse...on aurait cru à une dégringolade dans sa campagne électorale... eh ben non ! Sa cote de popularité a grimpé en flèche et il est plus populaire que jamais auprès de toutes les couches de la société. Il avait déjà le lobby gay derrière lui, il a maintenant les jeunes...puis les mémés qui le trouvent fort sympatique d'avoir été honnête avec lui-même... :unsure: Vous voyez dans quoi on baigne ? Politiquement, il n'a strictement rien à dire ni a offrir n'ayant pas révélé ses intentions pour le Québec...sauf celui de la sacro-sainte souveraineté.
(Les idées "ultra montaines" sont les idées des catholiques attachés au Pape qui est "outre mont", à Rome, je ne sais si vous autres américains canadiens, employez cette expression).
Pas du tout, je ne connais pas cette expression...notre haine contre l'Église nous fait dire des expressions beaucoup plus crues... :oops:

Pour en revenir au suicide assisté, je crains que la loi passe et c'est pour bientôt (comme pour la loi sur le mariage gay)...mais pour de très mauvaises raisons que le soucis des personnes malades concernées (vous me direz que toutes les raisons sont mauvaises...mais il y en a des plus hypocrites encore que celles évoquées). Le Québec est dans une situation très précaire. La population vieillissante ne pourra plus être assumée par la jeunesse. Les babyboomers qui vont partir à la retraite et qui vont devenir les vieux de demain, comment, avec le taux d'avortement et la dénatalité alarmante, pouront-ils être pris en charge par la jeunesse de demain, càd, la génération de mes enfants ? La solution : on leur donnera une petite piqûre et ils s'endormiront paisiblement...sans souffrance...

Prions pour nos pays et nos dirigeants...
Dernière édition par Hélène le mar. 01 nov. 2005, 15:21, édité 1 fois.
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Message non lupar Hélène » mar. 01 nov. 2005, 15:18

Le plus drôle que je lis ce matin est que le Ministre fédéral Irwin Cotler (pour le Canada...ici c'est pas simple, nous sommes sous la gouverne non pas de un gouvernement mais de deux ! :sick: Féréral pour le Canada et Provincial pour le Québec...ce qui nous donne l'absurde taxe sur la taxe ! :ranting: Entre les deux, c'est la chicane depuis 40 ans...une relation d'amour/haine...) affrime qu'il s'opposera à ce projet de loi de Madame la bloquiste (un autre parti souverainiste radical...le Bloc Québécois) pour des raisons complètement farfelues. Il évoque que cette loi pourrait être une atteinte à l'éthique des religions...psfff...je vous signale que c'est ce même ministre Cotler qui a fait passer la loi sur le mariage gay alors que l'Église et les autres religions qui s'y opposaient et qui ont tout fait en leur pouvoir pour que ça ne passe pas n'ont pas eu le droit à ce même respect des moeurs et valeurs... quelle hypocrisie ! :sick:
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Message non lupar mc » mar. 31 oct. 2006, 12:44

Pétition en cours jusqu'en février 2007 sur le site du Collectif créé pour lutter contre l'euthanasie suite au succès de la publication du roman de l'infirmière Elisabeth Bourgeois 'Les assassins sont si gentils'

http://www.medecinedevie.com/


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