Le problème spécifique du viol et de l'avortement

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giorgino
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Le problème spécifique du viol et de l'avortement

Message non lu par giorgino » jeu. 22 mars 2007, 14:37

En cas de viol , et si ce viol débouche sur une grossesse , que préconise l' Eglise ? On sait que dans la doctrine de l' Eglise , la vie ne nous appartient pas , ou il ne nous appartient pas d ' en décider . Or dans le cas du viol , la liberté humaine n' intervenant pas ( au moins du pt de vue de la victime ) une femme ne peut etre tenue pour responsble de ce qui lui arrive . L' avortement est -il toléré dans ce cas ou non ?

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Boris
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Message non lu par Boris » jeu. 22 mars 2007, 15:31

Il faut bien comprendre qu'un avortement est aussi sinon plus traumatisant d'un viol.

La position de l'Eglise est simple :
1)la fin ne justifie pas les moyens d'une part
2)d'autre part on ne répare pas une traumatisme en commentant un autre traumatisme.

L'Eglise n'oblige pas à élever cet enfant, il peut être adopter par exemple.

Si je revient sur le point 1) :
- Dans le CEC, l'Eglise dit clairement que pour qu'un acte soit bon, il doit avoir une fin bonne et des moyens bons. Si la fin est mauvaise, alors même si on fait des choses bonnes elles sont corrompues par la fin mauvaise. Cela est évident pour tout le monde.
Mais l'Eglise ajoute : bien que la fin soit bonne, si on commet le mal pour y arriver, alors cela entraine la corruption de la fin et l'ensemble deveint mauvais.

C'est pourquoi la fin ne justifie pas les moyens.

Pour agir de manière juste, il faut faire des actes bons en vue d'obtenir le bien. Aucune autre voie n'est juste.

Application au viol :
- but : aider une femme en détresse ayant subis un traumatisme (premier effet) et étant en enceinte (second effet)
- le premier effet résulte d'un mal, la fin est de permettre à cette femme de surmonter son traumatisme. Cette fin est bonne. Si on en reste là, il existe toute une batterie de traitement psy ou autre pour l'aider. Ces traitements sont bons. Donc l'action est bonne.
- le second effet (la grossesse) est un bien résultant d'un mal : une Vie ne peut pas être considérée comme un mal. Ce qui semble être un mal c'est "est-ce que cette femme peut garder cet enfant ?". La vrai question est là : soit elle le garde en vue d'en faire son enfant, soit elle le garde en vue de le faire adopter.
- la compléxité du problème : cette grossesse résulte d'un mal (le viol). Néanmoins, il ne faut pas mélanger les 2. Si elle avait été violée 48h avant ou après, elle ne serait pas enceinte. Néanmoins elle serait tout autant traumatiser pas ce viol. De plus, le traumatimse du viol est immédiat. Elle s'est bel et bien rendu compte instantanément qu'elle a été violée. Pour la grossesse, elle ne se rend compte que 10 à 20 jours plus tard (c'est physiologique). Un premier travail sur le viol aura pu être entamé. Il faut donc traiter cette grossesse non désiréé à part du viol.

Enfin, tout cela n'est que pure spéculation : quand on voit la difficulté de certains couple pour avoir des enfants en ayant des unions très fréquentes, il faut regarder avec réalisme la possibilité qu'une femme tombe enceinte avec 1 seul viol (même s'il y a plusieurs hommes dans le coup).
UdP,
Boris

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marchenoir
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Re: Le problème spécifique du VIOL

Message non lu par marchenoir » jeu. 22 mars 2007, 16:44

giorgino a écrit :En cas de viol , et si ce viol débouche sur une grossesse , que préconise l' Eglise ? On sait que dans la doctrine de l' Eglise , la vie ne nous appartient pas , ou il ne nous appartient pas d ' en décider . Or dans le cas du viol , la liberté humaine n' intervenant pas ( au moins du pt de vue de la victime ) une femme ne peut etre tenue pour responsble de ce qui lui arrive . L' avortement est -il toléré dans ce cas ou non ?
Bonjour Giorgino.

La position de l'Eglise est claire sur ce sujet. Dès qu'il y a fécondation, ce qui grandit dans le sein de la mère est un être humain, votre égal et mon égal en dignité. Ce principe étant posé, rien ne saurait différentier le cas de l'embryon de celui du nouveau-né. Attenter à sa vie dans le sein de sa mère, c'est très exactement comme attenter à sa vie une fois qu'il est né, il n'y a fondamentalement aucune différence.

Vous dites que la femme qui s'est faite violer ne peut être tenue pour responsable de ce qui lui arrive, et c'est bien évident. Neuf mois après, elle ne le sera pas davantage. Tolérerait-on qu'on supprime alors le fruit du viol ? Le problème est bien le suivant : suppose-t-on que le fruit du viol est un être humain ? Il faut alors le traiter comme un être humain.

Bien entendu, cette réponse est en un sens odieuse dans la mesure où l'on parle froidement de situations dramatiques et où l'on rappelle l'interdit de déposer son fardeau, alors qu'on ne le remue personnellement pas du doigt.

Réponse odieuse, question odieuse.

Marchenoir.
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Christophe
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Faibles taux de grossesse à la suite d'un viol

Message non lu par Christophe » jeu. 22 mars 2007, 18:36

[align=justify]Quelles sont les raisons des statistiques de faibles taux de grossesse à la suite de viol ?

Statistiquement, les probabilités pour qu'un viol coïncide avec l'ovulation ou avec la glaire de caractéristiques fertiles sont très faibles. (Cette probabilité de grossesse à la suite d'un viol aux États-Unis a été estimée à un pour mille). Il se peut aussi que le stress sévère d'une telle agression retarde le processus d'ovulation ; de sorte que le spermatozoïdes meurent avant que l'oeuf quitte l'ovule. On pense souvent qu'un curetage retire les spermatozoïdes, mais ce n'est pas le cas. Le curetage enlève la muqueuse intra-utérine, de sorte que si éventuellement il y a fécondation, l'oeuf fécondé ne peut trouver place où se nider.
La "Pilule du lendemain" interrompt le cycle. Donnée jusqu'à une demi-journée avant l'ovulation, elle empêchera une conception en retardant l'ovulation. Une information hormonale très spécifique est requise, mais rarement disponible, de façon à déterminer l'imminence de l'ovulation. Donnée après la conception, elle provoquera un avortement en empêchant l'implantation de l'embryon, ce qui est son effet habituel. Il est important pour toute femme de connaître les signes de fertilité ; de sorte qu'en cas de viol, elle puisse déterminer immédiatement la possibilité d'une conception.[/align]
:arrow: Dr Evelyn Billlings et Dr Ann Westmore, La méthode Billings, p.94

Donc, avec environ 50.000 cas de viols par an en France, cela nous fait environ 50 cas à gérer. Et ce sont ces quelques 50 cas annuels qui ont, aux yeux de l'opinion publique, justifiés la légalisation de l'infanticide à l'égard des foetus : 300.000 cas par an.

No comment.
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Re: Faibles taux de grossesse à la suite d'un viol

Message non lu par Boris » jeu. 22 mars 2007, 18:39

Puisque l'on en est au jeu des citations :
Christophe a écrit : Donc, avec environ 50.000 cas de viols par an en France, cela nous fait environ 50 cas Particuliersà gérer. Et ce sont ces quelques 50 cas particuliers annuels qui ont, aux yeux de l'opinion publique, justifiés la légalisationgénérale de l'infanticide généralisé à l'égard des foetus : 300.000 cas par an.
Dernière modification par Boris le jeu. 22 mars 2007, 18:39, modifié 1 fois.
UdP,
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Message non lu par giorgino » jeu. 22 mars 2007, 19:54

Qu'est ce qui vous permet de dire que ce sont ces 50 cas qui ont justifié l' infanticide généralisé ??

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Message non lu par mc » jeu. 22 mars 2007, 20:13

Le fameux procès de Bobigny avec le 'presque viol' selon l'expression de Me Halimi

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Message non lu par giorgino » ven. 23 mars 2007, 8:53

Une fille violée est bien souvent détruite au moins pour longtemps , infiniement plus que je ne le croyais moi-même . Je ne crois pas que ce sujet soit hilarant , vous tapez en touche, soit , mais il n' y a pas de quoi se taper sur les cuisses et d'en rire comme un bossu !

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Message non lu par Boris » ven. 23 mars 2007, 13:11

pour reprendre la question du pourquoi les 50 cas estimés sont responsables de la législation, la réponse donnée par mc mérite d'être connue :
- le jeune fille en question a défendu son avortement en tentant de faire passer sa relation sexuelle origine de la Vie de cet enfant martyre pour un viol.
- le jeune homme père de cet enfant voulait garder l'enfant mais, en tant qu'homme dans une société machiste des années 70, il n'a pas eu voix au chapitre.
- le "presque viol" a permis de ne pas pénaliser la jeune femme pour son avortement ni le jeune homme (si je ne ds pas de bêtise.

Tout cela a été monté en tête d'épingle avec l'aide des médias, du juge et de l'avocate de la jeune fille.
A l'époque on parlait de 200 000 avortements clandestins. En réalité moins de 70 000 et 220 000 en 2005.
Ce qui montre comment les lobbies ont déformé la vérité et détruits la société.
UdP,
Boris

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Message non lu par mc » jeu. 26 avr. 2007, 13:23

:) Bonjour à tous!

Je viens juste de recevoir un message d'un intervenant sur le sujet et je ne suis pas sûre que ma réponse soit passée car je ne vois pas mon envoi dans la messagerie d'envoi. Donc, je sors exceptionnellement du 'jeûne' Internet que je m'étais imposée ces derniers temps suite à des échanges très pénibles ailleurs pour mettre ici qq extraits de ma réponse à cet intervenant qui se reconnaîtra:

Je connais une dame qui a été violée. Cet enfant est l'amour de sa vie même si c'est parfois dur.
Avec des gens comme vous, des pressions énormes seraient exercées aujourd'hui pour qu'elle avorte au cours de sa grossesse absolument non désirée.
Il y a sur l'ASME le témoignage bouleversant d'une maman violée qui a subi ces pressions (comme votre discours) et qui regrette amèrement aujourd'hui qu'on ne lui ait pas donné une autre possibilité pour son enfant.
Pour elle, l'avortement est vécu avec tous ses traumatismes propres comme un second viol.
C'est vrai que les pros de l'avortement dont vous faites partie n'aiment pas l'adoption.
Quand on est violée, il faut avorter...
Excusez moi, mais je connais des personnes de gauche et athées qui partagent mon respect intégral de la vie.
La vie... c'est la vie.
Je vous engage à réfléchir plus sur l'horreur et le traumatisme de l'avortement
avant de venir gémir sur les 'affreux' qui défendent le droit de vivre pour chacun
même celui de la petite victime du viol de sa mère et qui se voit ainsi privée d'une paternité respectable.
Je ne vous soutiens pas du tout.
Pour info, un courrier sur ce sujet va bientôt paraître dans la Tribune de Genève.
Ce sera mon 53ème.
Je conclue en rappelant que Moïse avait placé les israélites d'entant (et cela nous concerne tous aujourd'hui) devant le choix de la bénédiction (la vie) et de la Malédiction (la mort).

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