Masturbation "de temps en temps" ?

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Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar JojoWolf » mar. 22 avr. 2014, 2:36

Bonjour à tous
J'ai 15 ans et je me pose une question sur la masturbation , je sais très bien que c'est un péché , j'en ai été "esclave" durant quelques années et quand j'ai appris que c’était un péché j'ai demandé de l'aide dans mes prières et j'ai réussi pendant une période, à arrêter mais la tentation est souvent forte , je tiens mais la question que je me pose c'est : est-ce grave de se masturber "de temps en temps" , je veux dire la masturbation régulière n'est pas bonne mais la masturbation une fois par mois par exemple est-ce grave ?

Voilà , la question peut paraître idiote vue que de la masturbation reste de la masturbation
mais je me demande souvent ça quand la tentation vient je me dis " une fois de temps en temps ça ne peut pas faire de mal ? " mais finalement je ne le fais pas et c'est pour sa que je demande sa ici :)

Merci d'avance pour vos réponses

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Hortus.Conclusus » sam. 03 mai 2014, 4:29

L'Eglise catholique qualifie effectivement la masturbation d'acte intrinsèquement et gravement désordonné, parce qu'elle contredit la finalité de la sexualité.

Dans le catéchisme de l'Eglise, vous retrouverez cependant une nuance importante:
2352: [...] "Pour former un jugement équitable sur la responsabilité morale des sujets et pour orienter l’action pastorale, on tiendra compte de l’immaturité affective, de la force des habitudes contractées, de l’état d’angoisse ou des autres facteurs psychiques ou sociaux qui peuvent atténuer, voire même réduire au minimum la culpabilité morale.

J'espère avoir répondu à votre question.

Fraternellement en Christ,
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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar PaxetBonum » sam. 03 mai 2014, 8:44

mais je me demande souvent sa quand la tentation viens je me dit " une fois de temps en temps sa ne peut pas faire de mal ? " mais finalement je ne le fait pas et c'est pour sa que je demande sa ici :)

Il m'arrive d'être coléreux.
Alors un petit meurtre par colère de temps en temps, cela vous semble grave ?

Je dis cela pour vous faire comprendre qu'un péché est un péché.
Une gifle au Seigneur.
Même de temps en temps une gifle est une gifle…
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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Didyme » ven. 09 mai 2014, 21:30

Le problème avec la masturbation c'est surtout que ça ouvre sur un terrain glissant (sans mauvais jeu de mot :/ ).
Mais en même temps, l'abstinence surtout à cet âge me paraît tellement surhumain...

Je pense que malheureusement (ou heureusement), il y a son expérience à faire pour y voir plus clair sur de tels sujets.
L'autre est un semblable.

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Héraclius » ven. 09 mai 2014, 21:43

Je suis à peu près dans la même situation que vous. J'aurais tendance à dire que le vrai péché, profond, c'est la résignation. Il ne faut jamais cesser de se battre.

Cela dit vous avez l'âge que vous avez, et c'est extrêmement difficile de se sortir d'une pareille affliction. A titre d'exemple, je tiens en moyenne une dizaine de jours avant de tomber, et c'est un cycle (chez moi) assez régulier.

Bref, trois conséquences :

1 - Ne jamais douter du péché que représente la masturbation ; ne jamais cesser de le combattre, même désespérément.
2 - Ce genre de péché tend facilement à faire culpabiliser les gens. Sans nier sa gravité, gardez en mémoire, si vous tombez, que ce n'est pas non plus le pire des péchés à votre âge...
3 - Rendez grâce au Seigneur lorsque vous sortez victorieux de la tentation, car aucun de nous ne peux faire face seul au démon : c'est bien Lui, les saints et la milice céleste qui nous sauvent.

Gardez courage, espoir et foi, :fleur:


Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Cinci » mer. 14 mai 2014, 16:19

Un petit «flash» en lien :

«... il est étonnant que dans le premier volet de son Histoire de la sexualité, Foucault passe sous silence la grande importance que les nombreuses guerres ont eue du XVIe au XXe siècle dans l'évolution de la sexualité. L'essor des nationalismes, qui a coïncidé avec les découvertes de gigantesques territoires qu'il fallait s'accaparer et protéger, a marqué un renversement spectaculaire dans l'ordre de la sexualité. Pendant les guerres napoléoniennes, la France devait donner à la patrie trois cent milles nouveaux soldats tous les ans, et l'espérance de vie de ces soldats-là ne dépassait guère le cap de la vingtaine. [...]

Que cela soit survenu en même temps que s'accélérait l'industrialisation donc le triomphe du capitalisme et la montée d'une bourgeoisie affairiste, quoi de plus normal ? Et quoi de plus normal encore que ce soit cette naissante bourgeoisie affairiste qui ait d'abord questionné la sexualité ?

Dans le passé, on n'avait pas eu à le faire, la noblesse appartenant totalement au champ de l'hérédité : on pouvait être idiot, fou ou dénaturé, on n'en était pas moins noble et la descendance qu'on avait l'était aussi, peu importe son état de santé physique et psychique. La noblesse était un droit acquis et pour ainsi dire divin.

Aucune comparaison possible avec la naissante bourgeoisie. Souvent venu de nulle part, l'entrepreneur, s'il devient riche et s'élève dans l'échelle sociale, n'en reste pas moins menacé, parce que si la relève familiale devait lui manquer ou si elle devait se montrer dégénérative, il n'y aurait plus d'avenir possible. D'où pour cette bourgeoisie la nécéssité de prendre en charge le corps qui la porte, de le questionner dans tous ses états, y compris dans sa sexualité. Si l'on veut procréer des enfants sains qui sauront préserver les valeurs, les ambitions et la richesse accumulée, de même que celle qui va s'ajouter, on doit établir pour sa famille des règles qui vont la fortifier. Foucault rappelle que ce n'est pas pour rien si la bourgeoisie anglaise a été la première à questionner l'hérédité, la salubrité du corps, les possibles améliorations de la santé par le contrôle de la sexualité. Pour assurer sa survie et son épanouissement, la bourgeoisie n'avait pour ainsi dire pas le choix de devenir spartiate.

[...]

Ne pouvant tout régler par elle-même par manque de connaissance, la bourgeoisie s'adresse donc au pouvoir médical et au pouvoir religieux. Comme le croit Foucault, ce n'est pas d'abord pour réprimer la sexualité qu'elle s'oriente ainsi, mais pour obtenir des réponses aux questions nouvelles qu'elle se pose.

«La société bourgeoise du XIXe siècle, la nôtre encore sans doute, est une société de la perversion éclatante et éclatée. Et ceci non point sur le mode de l'hypocrisie, car rien n'a été plus manifeste et prolixe, plus manifestement pris en charge par les discours et les institutions. Non point parce que, pour avoir voulu dresser contre la sexualité un barrage trop rigoureux ou trop général, elle aurait malgré elle donné lieu à tout un bourgeonnement pervers et à une longue pathologie de l'instinct sexuel. Il s'agit plutôt du type de pouvoir qu'elle a fait fonctionner sur le corps et le sexe. Ce pouvoir justement n'a ni la forme de la loi ni les effets de l'interdit. Il procède au contraire par démultiplication des sexualités; il en prolonge les formes diverses [...] il attire ses variétés par des spirales où plaisir et pouvoir se renforcent; il n'établit pas de barrage; il aménage des lieux de saturation maximale, il produit et fixe le disparate sexuel. La société moderne est perverse, non point en dépit de son puritanisme ou comme par le contrecoup de son hypocrisie; elle est perverse réellement et directement.»

[...]

Mais qui dit plaisirs dit aussi légitimation de ces plaisirs-là, en ce sens qu'au nom de la reproduction d'une race saine parce qu'on veut avoir de bons ouvriers dans les usines, capables de travailler douze heures par jour et six jours par semaine, l'invention de deux principes fondamentaux s'impose : assurer d'une part une bonne santé aux ouvriers et, d'autre part, contrôler sa sexualité en légiférant sur les plaisirs qui sont essentiels dans la vie des ouvriers, pour les garder en forme et les prévenir des maladies qui pourraient leur tomber dessus si, après une dure semaine de travail, ils se livreraient à des excès susceptibles de les rendre moins productifs. Aussi s'emploie-t-on à resserer liens familiaux en imaginant des jeux qui vont forcer les familles à rester ensemble et à se divertir en groupes dans un système dont la pierre d'assise est l'attraction : promenades dans les parcs, visites dans les zoos, tournois d'hommes forts, piques-niques sous les arbres, petites croisières sur les fleuves, représentations de pièces comiques en plein air, multiplication des cirques, des courses de chevaux et des bains publics. Parallèlement, sera surveillé et réprimé l'usage abusif des boissons et de la prostitution, parce que les deux affectent le corps social, aussi bien dire la force des ouvriers dont l'industrialisation nouvelle a besoin.

«Cette mise en discours du sexe (car c'est bien de cela dont il s'agit) n'est-elle pas ordonnée à la tâche de chasser de la réalité les formes de la sexualité qui ne sont pas soumises à l'économie stricte de la reproduction : dire non aux activités infécondes, bannir les plaisirs d'à côté, réduire ou exclure les pratiques qui n'ont pas pour fin la génération ? A travers tant de discours, on a multiplié les condamnations judiciaires des petites perversions; on a annexé l'irrégularité sexuelle à la maladie mentale; de l'enfance à la vieillesse, on a défini une norme du développement sexuel et caractérisé avec soin toutes les déviances possibles [...] autour des moindres fantaisies, les moralistes mais aussi et surtout les médecins, ont rameuté tout le vocabulaire emphatique de l'abomination : n'est-ce pas autant de moyens mis en oeuvre pour résorber, au profit d'une sexualité génitalement centrée, tant de plaisirs sans fruits ?

Toute cette attention bavarde dont nous faisons tapage autour de la sexualité depuis deux ou trois siècles, n'est-elle pas ordonnée à un souci élémentaire : assurer le peuplement, reproduire la force de travail, reconduire la forme des rapports sociaux, bref, aménager une sexualité économiquement utile et politiquement conservatrice ? »

[...]

Toute sexualité se pratiquant en dehors du mariage ne pouvait être que sévèrement punie :

«Dans la liste des péchés graves, séparés seulement par leur importance, figuraient le stupre, l'adultère, le rapt, l'inceste spirituel et charnel, mais aussi la sodomie, ou la «caresse» réciproque. Quant aux tribunaux, ils pouvaient condamner aussi bien l'homosexualité que l'infidélité, le mariage sans consentement des parents ou la bestialité. [...] Ce qu'on interroge de plus en plus, c'est la sexualité des enfants, c'est celle des fous et des criminels; c'est le plaisir de ceux qui n'aiment pas l'autre sexe; ce sont les rêveries, les obsessions, les petites manies ou les grandes rages.»

Bien sûr, cela fait l'affaire des médecins qui multiplient à dessein toutes ces petites perversités en prenant évidemment grand soin de baptiser chacune d'elles, dit Foucault, en leur donnant un nom de baptême : il y a les exhibitionnistes de Lasèque, les fétichistes de Binet, les zoophiles de Kraft-Ebing, les auto-monosexualités de Rohleder; il y aura les mixoscophiles, les gynécomastes, les invertis sexoesthétiques et les femmes dyspareunites. Le résultat de pareilles débauches dans le discours, Foucault l'exprime fort bien quand il y apporte sa conclusion :

«Plaisir d'exercer un pouvoir qui questionne, surveille, guette, épie, fouille, palpe, met au jour; et de l'autre, plaisir qui s'allume d'avoir à échapper à ce pouvoir, à le fuir, à le tromper ou à le travestir. Pouvoir qui se laisse envahir par le plaisir qu'il pourchasse; et en face de lui, pouvoir s'affirmant dans le plaisir de se montrer, de se scandaliser ou de résister.»

Ainsi sont envahis tous les champs de la sexualité, de la naissance de l'individu jusqu'à sa mort, par un code moral et des lois de plus en plus répressives qui font de la société moderne une société perverse pour laquelle la sexualité est le mal suprême [...] L'Église mène la charge en prenant comme ennemi numéro un le sexe qu'elle n'appelle plus que les parties honteuses :

«Sous prétexte de dire vrai, partout elle allume des peurs; elle prête aux moindres oscillations de la sexualité une dynastie imaginaire de maux destinés à se répercuter sur des générations; elle a affirmé dangereuse pour la société tout entière les habitudes furtives des timides et les petites manies les plus solitaires; au bout des plaisirs insolites, elle n'a placé rien de moins que la mort; celle des individus, celle des générations, celle de l'espèce.»

Source : Victor-Lévy Beaulieu,Se déprendre de soi-même. Dans les environs de Michel Foucault, pp. 87-94

Jean-Charles
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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Jean-Charles » sam. 17 mai 2014, 12:34

Bonjour jeune homme,

Vous n'avez que 15 ans, votre taux d'hormones augmente, il est tout à fait normal que vous ayez de fortes pulsions sexuelles à votre âge... Sur le plan physique, vous êtes prêt à vous reproduire, donc il n'y a vraiment pas de quoi culpabiliser... Cependant, de mon point de vue, quelques recommandations:

- Évitez la pornographie car la sexualité sans amour juste pour le plaisir d'un coït est très mauvais pour le mental et mène généralement à la perversion. En effet, le corps s'adapte et il vous faudra de plus en plus de stimulation... Alors que l'amour sublime.

- Respectez la femme dans votre esprit, ne la considérez pas comme un objet et ne focalisez pas sur son sexe. Dites-vous que la Femme est un être merveilleux qui conçoit la vie dans son ventre et à ce titre, mérite tous les égards.

- Par ailleurs, gardez en tête que votre semence, pardonnez-moi l'expression, ne tombe pas du ciel... C'est la vie, un concentré de vitamines, minéraux, calcium, magnésium, etc... et c'est votre corps qui va en produire à nouveau lorsque vous allez vous répandre. En d'autres termes, cela vous coûte de l'énergie vitale. Sexualité ou force mentale, il faut choisir. La plupart des hommes qui sont très actifs sexuellement ne sont pas très "fut fut" :siffle:

- Donc, oui, de temps en temps. Essayez néanmoins de résister au maximum, ne vous laissez pas aller à chaque tentation. Faites du sport! :boxe:

Enfin, je voulais ajouter que oui, il est écrit dans la Bible qu'il ne faut pas laisser couler sa semence sur le sol mais aussi qu'un homme qui a une relation sexuelle avec un autre homme est quelque chose d'abominable. Pourtant, il me semble avoir entendu que l'Eglise avait revue sa position quant à l'homosexualité. Sur le plan humain, je suis d'accord que deux personnes du même sexe puissent s'aimer. Par contre, cet amour va en principe se concrétiser par un acte sexuel dont je préfère ne pas évoquer les détails... :non: Alors faire culpabiliser un jeune homme en faisant une analogie entre la masturbation et le meurtre... :clap:

Cordialement,
Jean-Charles

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar PaxetBonum » mar. 20 mai 2014, 14:20

- Donc, oui, de temps en temps. Essayez néanmoins de résister au maximum, ne vous laissez pas aller à chaque tentation.
Non et non !
Faire un meurtre de temps en temps c'est toujours tuer !
Un péché même occasionnel est un péché et le restera !
Bref dire à quelqu'un 'pèche mais pas trop' est une invitation à la perdition éternelle, c'est à l'inverse de la charité exigente du Christ à la femme adultère : 'Va et ne pèche plus…"
Enfin, je voulais ajouter que oui, il est écrit dans la Bible qu'il ne faut pas laisser couler sa semence sur le sol mais aussi qu'un homme qui a une relation sexuelle avec un autre homme est quelque chose d'abominable. Pourtant, il me semble avoir entendu que l'Eglise avait revue sa position quant à l'homosexualité.
Absolument pas, c'est une invention médiatique.
L'Eglise n'a pas bougé d'un iota : le péché est condamné, le pécheur doit être sauvé.
Pax et Bonum !
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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Ignotus » mer. 21 mai 2014, 9:25

<< il me semble avoir entendu que l'Eglise avait revu sa position quant à l'homosexualité. >>

Hors sujet. Vous confondez (comme beaucoup): Penchant homosexuel et pratique de l'homosexualité .

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar solomon » dim. 25 mai 2014, 9:24

<< il me semble avoir entendu que l'Eglise avait revu sa position quant à l'homosexualité. >>

Hors sujet. Vous confondez (comme beaucoup): Penchant homosexuel et pratique de l'homosexualité .
C'est exact...

poche
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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar poche » mar. 27 mai 2014, 7:38

Il est toujours un péché.
Puis-je tuer des gens? Pas tous les jours, mais seulement une fois par mois ou plus.
Puis-je voler? Pas tous les jours, mais seulement une fois par mois, je vais cambrioler une banque. Ils ont beaucoup d'argent. ils n'ont pas besoin de tout cela. Que diriez-vous si je vais voler une banque une fois par mois pour dépenser de l'argent.

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Kolia Karamazov » mer. 28 mai 2014, 14:03

- Donc, oui, de temps en temps.
Ca c'est la réponse de Satan.

A un jeune homme qui demande ce qu'il doit faire, du point de vue de la sexualité, pour être sauvé, que croyez-vous que Satan réponde? Pensez-vous qu'il lui suggère de prendre part à des partouzes sado-masochistes quotidiennes? Bien entendu non, car s'il procédait ainsi, il ne prendrait jamais personne dans ses filets. Satan est un peu plus malin que ça, il commence toujours par murmurer à l'oreille de sa proie que la masturbation occasionnelle ne fait de mal à personne.
Un peu plus tard, il laisse entendre, qu'après tout, la fornication pratiquée de façon raisonnable, n'est pas bien méchante. Ensuite, c'est l'adultère «de temps en temps» qui sera présenté comme ne portant pas à conséquences. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que la descente aux enfers soit totale.
La perversion n'est pas un état, c'est un processus. Tous les gros pervers ont commencé par la masturbation occasionnelle.
Celui qui fait la vérité vient à la lumière pour que ses oeuvres soient manifestées, elles qui ont été accomplies en Dieu.

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Cinci » jeu. 29 mai 2014, 0:57

«... comme on le voit, tout le champ de la sexualité est envahi par le prêtre, dans ses excès comme dans ses insignifiances, mais pour l'Église ce sera la masturbation qui finira par prendre toute la place, tandis que la psychiatrie concentrera ses énergies sur l'inceste. Pourquoi la masturbation chez l'un et l'inceste chez l'autre ? Parce que, dit Foucault, la forme première du péché contre la chair, c'est d'avoir eu contact avec soi-même, c'est de s'être touché. Comme la chose se passe dans la solitude, quand il fait nuit et qu'on s'est alité, elle échappe au regard des autres, au regard du corps social. Et celui-ci tenant absolument à tout contrôler, il lui faut avoir accès au masturbateur. Pendant au moins un siècle, il va s'y employer en faisant publier toute une littérature sur le sujet :

«Par exemple, il y a des mémentos du père de famille, qu'on trouve jusque vers 1860, sur la manière d'empêcher les enfants de se masturber. Vous avez des traités qui sont, au contraire, destinés aux enfants, aux adolescents eux-mêmes. Le plus célèbre c'est le fameux Livre sans titre, qui n'a pas de titre mais qui comprend des illustrations, c'est à dire, d'une part, des pages où l'on analyse toutes les conséquences désastreuses de la masturbation et, sur la page d'en face, la physionomie de plus en plus décomposée, ravagée, squelettique et diaphane du jeune masturbateur qui s'épuise. Cette campagne comporte également des institutions destinées à guérir ou soigner les masturbateurs, des tracts pour les médicaments, des appels de médecins qui promettent aux familles de guérir leurs enfants de ce vice. Une institution, par exemple, comme celle de Salzmann, en Allemagne, affirmait qu'elle était la seule institution dans toute l'Europe où les enfants ne se masturbaient jamais.»

C'est ainsi qu'après que l'Église ait fait un péché de la masturbation, le pouvoir psychiatrique va l'identifier comme cause possible de toutes les maladies possibles. Elle donne entre autres la méningite, l'encéphalite, la phlegmasie des méninges, la myélite, l'amaurose, la phtisie, la tuberculose et le rachitisme. Même quand on meurt, ce n'est plus de vieillesse, mais parce qu'on s'est trop masturbé dans son enfance et son adolescence ! De cette véritable folie orchestrée par le pouvoir politique et par le pouvoir religieux, Foucault tire ces observations :

«Sous toutes ces puérilités, je crois qu'il y a un thème qui est très important. C'est la consigne de l'application directe, immédiate et constante du corps des parents sur les enfants. Désormais, le corps des enfants devra être veillé, dans une sorte de corps à corps, par celui des parents. C'est en faisant valoir la sexualité de l'enfant, plus exactement l'activité masturbatoire de l'enfant, c'est en faisant valoir le corps de l'enfant en danger sexuel que l'on a donné aux parents la consigne impérative de réduire le grand espace polymorphe et dangereux de la maisonnée, et ne plus faire avec leurs enfants, avec leur progéniture, qu'une sorte de corps unique, relié par le souci de la sexualité enfantine, par le souci de l'auto-érotisme enfantin et de la masturbation.»

C'est ce que Thomas Szasz appellera fabriquer la folie, car cette obsession de la masturbation mènera la médecine à inventer plein d'instruments dits de prévention : des chemises de nuit, avec des coulisses en bas, des corsets, des bandages, des corselets de métal à appliquer sur le bas-ventre, avec, pour les garçons, un sorte de petit tube de métal, percé à l'extrémité d'un certain nombre de petits trous pour qu'on puisse uriner, et qui est fermé pendant toute une semaine par des cadenas. Tout cela pour juguler la sexualité enfantine sous le regard pour ainsi dire permanent de la famille. Comment s'étonner qu'avec la banalisation de pareilles pratiques, on se trouve bientôt avec un autre problème sur les bras, qui en est la conséquence directe, l'inceste ?

Pour lui installer les instruments de prévention, pour qu'on les lui enlève afin de lui nettoyer les parties honteuses , il faut bien que l'enfant se déshabille, et c'est devant toute la famille qu'il le fait. Si malgré tout on décèle chez l'enfant quelque signe de pollution, on exige des parents une surveillance plus étroite encore, on leur recommandera non seulement de dormir dans la même chambrée que l'enfant, mais dans le même lit. Cette indiscrétion incestueuse, comme Foucalut l'appelle, a de graves retombées :

  • «Ne vous inquiétez pas, ce n'est pas vous qui êtes incestueux. L'inceste ne va pas de vous à eux, de votre indiscrétion, de votre curiosité à leur corps par vous mis à nu, mais c'est au contraire d'eux à vous que va l'inceste, puisque ce sont eux qui commencent, dès l'origine, à vous désirer.»
Lorsqu'on se rend à une telle extrémité, ça va de soi que l'enfant ne peut plus être soigné seulement par sa famille proche, mais qu'on doit recourir au pouvoir médical pour le faire, et celui-ci ne lâchera pas sa proie : il découvrira chez l'enfant l'instinct sexuel et, évidemment, dans cet instinct-là, un côté sombre, pour ne pas dire morbide. Et ça l'est à un point tel que ce n'est pas toujours guérissable. Pourquoi ? se demandent les médecins. Parce que l'instinct sexuel, quand il est morbide, n'est pas une cause, mais un effet, celui des corps débile et des esprits imbéciles, d'où, écrit Foucault, «la nécéssité de découvrir l'arrière-corps qui va justifier, expliquer par sa causalité propre, l'apparition d'un individu qui est victime, sujet, porteur de cet état de dysfonctionnement.»

Source : Victor Lévy-Beaulieu, Se déprendre de soi-même, 2008, pp. 71-76 [/color]

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar aur15 » sam. 14 juin 2014, 21:11

Jesus allait vers les pécheurs, c'est pas parce qu'il est mort pour nous que le péché est mort.
Le péché nous tentera toujours et nous auront toujours une occasion de chute, c'est pourquoi que ce soit la masturbation ou autre chose, l'homme ne sera jamais parfait. Il faut donc a mon avis attendre la grâce de jesus pour nous sauver.
Du point de vue du dogme, je sais pas ce qui est dit, n'étant pas expert en la matière.
Pourtant à entendre certain le principal c'est justement de croire que jesus est mort et réssucité pour nous, est-ce qu'un péché comme la masturbation met en doute cette croyance ? Il me semble pas, donc pour moi ce n'est pas si grâve.
Je sais pas vous mais j'ai pas entendu de prêtre dire que quelqu'un serait venu au confessional que pour la forme, genre, "ça fait dix ans que je suis pas venu me confesser mais c'est pas grave je ne commet de toute façon aucun péché, appelé moi saint X" :-D

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Re: Masturbation "de temps en temps" ?

Message non lupar Peccator » sam. 14 juin 2014, 23:19

Détrompez vous, il y a des gens qui viennent se confesser et commencent effectivement en disant qu'ils n'ont commis aucun péché depuis leur dernière confession, et qui vous sortent les 10 commandements en disant qu'ils ont tout bien fait.

Vous avez bien compris que nous sommes tous pécheurs. Mais vous négligez que Jésus nous a dit "soyez saint comme votre Père est saint". L'exigence de sainteté, c'est pas une option. On ne peut pas continuer tranquillement à pécher en connaissance de cause sous prétexte que de toute façon, on est pécheur, donc on n'est pas à ça près.
Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux. Mc 14, 36


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