Catholique pratiquant en France: martyr de nos jours ?

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Barbarus
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Catholique pratiquant en France: martyr de nos jours ?

Message non lu par Invité » mer. 22 janv. 2014, 13:56

Je suis toujours autant troublée par la légèreté des mœurs et "l'égocentrisme " de personnes que je rencontre où que je croise dans ma ville, au boulot, où dans la rue;

Mon but n'est pas de généraliser, mais plus j'observe, plus je me rends compte qu'une chose continue à me choquer jour après jour : individualisme et communautarisme sont de rigueur autour de moi (chacun pour sa pomme et tous pour ses "frères" )!

J’ai cru comprendre que mai 68 avait eu une grande influence sur la société telle qu'elle est aujourd'hui (je suis des années 80 donc mai 68, je ne connais pas !) mais je ne peux toujours pas comprendre comment la France en est arrivée à ça :

- un pays qui défend bec et ongle et par-dessus tout la liberté individuelle
- un pays qui rejette les notions du religieux et de moral
- un pays qui se veut égalitaire au-delà du bon sens et de l'intérêt commun

Mais comment un pays qui a un héritage philosophique et religieux aussi riche peut en arriver à voter/ proposer des lois pour décider avec autant de légèreté du droit à vivre et à mourir ?

Comment en est-on arrivé à dénigrer autant la vie ? Comment expliquer que même pas 1/4 de la population ne semble pas plus secouée que cela par la lutte pour le protection de la vie de son début jusqu'à sa fin ?

Comment en est- on arrivé à dénigrer le lieu de protection de la vie : la famille ?

Est-ce par impuissance (ils sont plus nombreux et majoritaires ceux qui sont contre la vie ?) Par manque de courage de prendre notre croix et d'être des témoins du Christ ? (je sais ce que c'est de "cacher" son médaillon de la Sainte Vierge ou son petit scapulaire sous son pull pour ne pas trop "déranger" dans une grande entreprise ! : incertain: )

je ne sais, pas et je me pose sincèrement la question sans chercher à culpabiliser ! je voudrais juste comprendre car je vis dans une société dans laquelle je ne reconnais aucune des valeurs dans lesquelles je crois ; du coup, je me sens mal à l'aise et en tant que parent je sens que j'aurai bien du pain sur ma toute petite planche !!!

Autre point, vous sentez-vous français ? Êtes-vous fiers d'être français ? Qu’est-ce qu'être français aujourd'hui ? je ne perçois pas de franche cohésion entre français, ni d'identité française clairement définie (c'est peut-être pour cela -hormis les raisons fiscales et liées aux opportunités de travail- que certains s'expatrient sans trop de regret aujourd'hui !)

Personnellement, je suis heureuse d'avoir reçu une petite flamme de foi de Notre Seigneur, et je tente de la faire vivre, mais je me rends compte que j'ai bien plus de mal à vivre ma foi et être cohérente dans mes actes en France qu'en Asie ou en Amérique Latine et ça, ça me gêne !
Car nous avons en exemple bien des saints et saintes qui nous ont laissé- ainsi qu'au monde, des témoignages bouleversants de foi ! (la Petite Thérèse de Lisieux ! Sainte Bernadette! Sainte Marguerite Marie ! Pour ne citer que trois saintes "contemporaines" !)

J'en viens à croire qu’être catholique pratiquant en France, c'est devenu particulièrement dur !pour moi la Fille ainée de l'Eglise se meurt ! et ce ne sont pas des paroles en l'air ! J’ai l'impression d'être une sorte d'espèce en voie de disparition ! Ou encore d'être étouffée, doucement mais surement par une société qui veut ma mort !

Je sais que dans ces temps difficiles, je dois garder les yeux rivés sur cette petite flamme qui brille, plutôt que sur l'obscurité qui l'entoure, mais en même temps, je ne peux pas ne pas me poser la question : comment garder l'espérance ? Comment témoigner de ma foi en Jésus Christ ? Comment demeurer Sel de la terre ? Sel de la France ? sommes nous de nouveaux martyrs sans le savoir ?

PS : surtout élevons le débat bien au-delà de l'aspect politique du sujet ! Car peu me chaut de la politique politicienne droite- gauche- centre- extrême droite et extrême gauche !!!

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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Peccator » mer. 22 janv. 2014, 14:10

pour moi la Fille ainée de l'Eglise se meurt !
"France, fille aînée de l'Eglise, qu'as-tu fait de ton baptême ?", demandait un grand pape.

Quand on ne vit plus de son baptême, quand on l'étouffe en son sein, c'est à la mort qu'on se donne.
Ce qui m'effraie, c'est à quel point la mort spirituelle est en train d'appeler à elle la mort physique.
sommes nous de nouveaux martyrs sans le savoir ?
Je pense qu'il faut rester raisonnable : il y a actuellement des tas de gens dans le monde qui meurent parce qu'ils sont chrétiens. Eux sont des martyrs. Ne nous attribuons pas ce terme que nous ne méritons pas.

Je suis en train de lire l'Introduction à la vie dévote, de François de Sales. Je vous invite à faire de même : vous y verrez qu'à l'époque où il écrivait ce livre aussi, vouloir vivre en chrétien ne suscitait que moqueries, railleries et même persécutions de la part de ceux qu'il appelait "les mondains", un terme que l'on retrouve dans la bouche du Pape François : ceux qui à Dieu préfèrent les jouissances de ce monde.

A tout prendre, notre époque est plus honnête : ceux qui se moquent bien de Dieu ne prétendent plus être chrétiens. A nous, qui professons notre foi, de garder confiance en Dieu et de vivre avec Lui de la vie qu'Il nous donne. A nous d'être des miroirs qui reflètent celui qui est la Lumière du monde, et à polir chaque jour notre miroir pour que notre reflet soit éclatant.
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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Kerniou » mer. 22 janv. 2014, 18:07

Pour avoir connu la France d'avant 1968, je dirais que selon les endroits le fait d'être catholique n'était pas plus facile à vivrez que maintenant.
A l'école publique, il était interdit de porter une Croix ou une médaille. Dans certaines écoles les scouts et les guides ne pouvaient porter leurs blousons bleu marine, même sans les insignes en métal, alors amovibles parce que c'était un vêtement qui évoquait mouvement à caractère religieux.
Dans la petite ville de l'ouest où j'habitais quand j'ai passé le brevet les religieuses, toutes en habit, à cette époque, n'avaient pas le droit de franchir la porte d'entrée du lycée. Quand elles nous accompagnaient pour passer les examens, elles restaient hors de l'enceinte du Lycée. A cette époque, lointaine pour vous, les professeurs de tous les établissements publiques et privés accompagnaient et encourageaient leurs élèves et les attendaient à la sortie des épreuves.
Selon les examinateurs, certains élèves venant "de l'école libre" se faisaient vertement apostropher. A l'oral d'anglais, la majorité des filles de ma classe, on été verbalement maltraitées. tien, c'est le défilé des "nonnettes" ... " vous n'avez pas mis vos cornettes ce matin " etc ... et le pire: il donnait aux élèves la note qu'ils méritaient et pour les cornettes ce sera 2 points de moins ! A chacune il donnait les deux notes.
Après plainte de l'institution auprès de l'académie et après avoir interrogé tous les candidats passés avec cet examinateur pour s'assurer de la véracité des faits, les notes ont été rehaussées de deux points pour les élèves concernées et ce prof a été interdit d'examens pendant des années et il aurait eu une sanction. De toute façon les élèves du public avaient été tellement choqués qu'ils avaient spontanément raconté ce qui s'était passé; le bruit s'était répandu en ville comme un traînée de poudre.
La religion était un sujet très sensible dans la fonction publique, en général. Il n'était pas toujours aisé d'être catalogué comme " de la calotte ". d'une manière générale, peu de catholiques faisaient de brillantes carrières dans l'administration. Sans qu'on demande rien à personne, on était l'objet de dérision, de quolibets et de rebuffades.

Avant mai 68, les relations entre les générations étaient teintées de pouvoir et d'autorité, dans les familles, les écoles, dans les entreprises ... Idem entre les classes sociales: ce qui bloquait les relations dans le travail et les négociations employeurs /salariés. Par exemple; quand j'ai commencé à travailler, il n'y avait pas encore de Convention collective dans mon secteur et à qualification égale et à travail égal, une fille de médecin gagnait plus qu'une fille d'ouvrier. L'échelle sociale et l'ordre étaient établis comme figés. Aux jeunes filles de bonne famille, on leur apprenait à diriger une maison aux autres, on leur apprenait à obéir et servir. C'était ainsi à tous les échelons de la société. L'Eglise et sa hiérarchie, les congrégations religieuses où l'obéissance était une vertu, étaient partie prenantes de cet ordre établi ... par Dieu disait-on aux enfants et aux adultes récalcitrants.
Ce fut une " révolution sociétale " contre l'ordre établi, menée par les étudiants issus de la bourgeoisie qui en raison de leurs études de leurs voyages à l'étranger voulaient partager les responsabilités de leurs pères qui ne voulaient surtout pas partager l'autorité ! Ce sont ceux-là qui ont pris, ultérieurement les rênes du pouvoir économique et politique, pas les ouvriers qui ont fait grève pour augmentation de leur salaire. Dans les fac, les grandes écoles, il s'est opéré un brassage entre les enfants de l'élite sociale et les boursiers qui ne pouvaient pas compter sur la fortune de leurs parents ni sur leurs relations familiales pour réussir leur carrière. C'était la première classe d'âge d'enfants modestes susceptibles d'accéder à de hautes fonctions. Il s'est créé une solidarité qui a conduit à une forte demande d'égalité. C'était la première génération de boursiers (dont je fais partie) qui avait accès à la promotion sociale ! Les mentalités allaient changer de toute façon.

A cette époque, les enfants ne disaient pas : "je n'ai pas envie". On ne leur demandait pas leur avis. Ils obéissaient, en silence. Ils avaient toujours tort par rapport à l'adulte, même quand ils avaient raison ou disaient la vérité. Quand on était injustement puni, il fallait offrir l'injustice en sacrifice à Dieu...
Au même moment sortaient des études relatives à la psychologie et l'éducation des enfants. On s'est penché sur la personne de l'enfant, on lui a donné la parole. Mais certains ont considéré l'enfant comme un adulte et lui ont accordé une place démesurée. De plus bon nombre de jeunes adultes qui avaient souffert d'une éducation trop sévère n'ont pas voulu reproduire le modèle et ont fait l'inverse de ce qu'ils avaient vécu. D'où le renoncement à l'autorité et la suppression de toute contrainte ... Ces excès ont donné les enfants rois avec une conscience de soi exacerbée que nous avons pu constater.
Après une enfance où tout était interdit, certains ont fait voler en éclats la notion d'interdit pourtant bien nécessaire à la construction de l'enfant. Il est difficile de se représenter la rigidité, le rigorisme, le culte de la discipline dans certaines écoles, les excès de sévérité qui devaient évoluer mais l'explosion s'est substituée à l'évolution.
Sont venues l'égalité des femmes, une cause nécessaire à défendre et la libération sexuelle,la contraception avec tous les débordements connus dont on a parlé, beaucoup parlé, trop parlé, beaucoup trop au point d'en faire le point culminant de l'héritage.
Je dirais personnellement que l'héritage essentiel est la modification des rapports sociaux à travers la prise en compte de la personne puis une nouvelle conception de l'autorité exercée de manière plus modulée.
Dans tous les secteurs de la société on a réfléchi à l'évolution constructive des rapports interpersonnels. Dans ces cas-là, il se trouve toujours des individus qui crient plus fort que les autres pour la gloriole et/ou pour servir leurs intérêts A ceux-là, on a accordé trop d'attention alors qu'un changement profond était en marche.
J'avais 21 ans et alors que j'étais dans un magasin, j'ai vu passer la manifestation gaulliste transformée en manif pseudo-militaire anti Cohn-Bendit avec les bannières et tous les slogans antisémites et xénophobes, c'était à vomir:" La France aux français, les étrangers dehors "." le juif allemand "
Devant tant de haine, tout de déballage de symboles d'un temps peu glorieux, ce jour-là, j'ai eu honte et j'ai compris que je ne pourrais jamais être du côté de ces idées-là.
Pour provocateur que fut l'insensé " il est interdit d'interdire ", Daniel Cohn-Bendit avait, au moins, l'excuse de la jeunesse.

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astre
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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par astre » mer. 22 janv. 2014, 20:25

Oui, nous vivons dans un monde d'égoïste, dans un monde où l'homme se soucie plus de son corps que de son âme, et se soucie plus de sa retraite que de son Salut !

Un monde où les tentations sont grandes, où la pub vous pousse à l'envie et à la consommation égoïste plus qu'au partage, à la distraction et au péché plus qu'à la prière et à la fidélité aux Commandements ...

Difficile de vivre en chrétien dans ces conditions et dans un pays qui prône la laïcité !

Alors chacun, à son niveau, doit essayer de semer le bon grain : donner un sourire, une poignée de main, un baiser, une parole aimable, s'occuper de son voisin, apporter un peu de bonheur à une personne âgée ... On se doit de se tourner vers les autres, les comprendre, les aider ... Des actes de charité qui apportent un peu de soleil aux autres, et qui font du bien intérieurement ... On se sent alors plus proche du Seigneur ! Peut être que par notre comportement, certains seront incités à changer de vie ?

Surtout ne pas se laisser troubler et ne pas se laisser entraîner dans ce monde sans Dieu !

Que Dieu nous garde sur le bon chemin et nous apporte la Paix !
L'amitié nous fait partager de grands moments de bonheur, mais aussi d'immenses peines. L'important est de partager, de s'écouter, de se soutenir.
Abbé Pierre

Peccator
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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Peccator » mer. 22 janv. 2014, 20:34

Merci Kerniou pour ce témoignage qui remet bien des choses en perspective.
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p.cristian
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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par p.cristian » jeu. 06 févr. 2014, 3:05

La laïcité est plutôt une bonne chose si elle permet la liberté de culte.
Elle devient dictature si elle s'établit comme pensée unique. Cela passe obligatoirement par la tolérence.

Quelques mots sur être français.
Moi je suis français de naissance, mais mes parents sont né à l'étranger, nationalisés français après 15 ans de vie en France.

J'ai longtemps réfléchi à cette notion d'appartenance, influencé par une pièces de théâtre superbe comme Face à la Mère de Jean-René Lemoine, ou Douce France de Karine Tuil.
"Du plus loin que je me souvienne, je me suis toujours sentie en situation irrégulière. Il me semblait quà tout moment quelquun pouvait surgir chez moi en hurlant : Police ! Contrôle d'identité ! Et me contraindre à le suivre. Cétait absurde, personne n'avait songé à me mettre à la porte, mon casier judiciaire était vierge et je n'envisageais aucune action terroriste ». La narratrice, un écrivain français de trente ans, est arrêtée par erreur avec des immigrés clandestins lors d'un contrôle d'identité sauvage. Mi-fascinée, mi-voyeuse, elle décide de se faire passer pour une immigrée roumaine et devient malgré elle victime de la machinerie bureaucratique. Placée dans un centre de rétention administrative de la région parisienne, elle découvre ces immigrés séquestrés qui tournoient dans l'attente hébétée dune décision du juge : libération ou renvoi au pays, la tour de Babel des langues et des codes, le racisme entre noirs et arabes, la course à l'identité, nimporte laquelle, pourvu qu'on vous laisse en paix.
Là-bas, elle va connaître des sentiments contradictoires, entre amour et crainte, pour un clandestin séducteur et manipulateur… Mais ces exilés la ramènent à son propre statut : fille d'immigrés juifs, née en France, elle s'est toujours sentie en situation irrégulière. Sur ce sujet ô combien d'actualité ! Karine Tuil pose les bonnes questions : pourquoi cherchons-nous à être aimés quand il suffirait qu'on nous tolère ? Quel prix à payer pour avoir la certitude d'être français ? Sommes-nous tous des immigrés ? L'auteur, qui a eu exceptionnellement accès au centre de Roissy, a écrit ici un roman coup de poing, bouleversant d'inquiétude, à mi-chemin entre le pamphlet et la lettre damour aux siens."
ou bien l'homme qui avait perdu son ombre de Chamisso.

Heinrich Heine disait que sa patrie c'était les arbres de son jardin.

Je pense aussi que l'on habite les langues que l'on parle. Lors de mon éducation, j'ai appris plusieurs langues, fréquenté plusieurs cultures très différentes. Et chacune d'elles a laissé une petite graine dans ce que je suis maintenant.
Alors suis-je français? Oui assurément, sans doute plus que d'autres, j'ai une connaissance qui n'est encore réduite à zéro de sa géographie, de son histoire, de sa langue, et je me défends lorsqu'on veut me faire penser que je le serai moins que d'autres.
N.B. le P. de mon pseudo ne veut pas dire "père".

Tout ce que vous voudriez que les hommes fassent pour vous, vous aussi, faites-le de même pour eux, car c'est ce qu'enseignent la loi et les prophètes.

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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par seba15 » mer. 12 févr. 2014, 20:46

Oui mais c'était peut être pas mieux avant. Il y a une vidéo qui est sur ce site et qui parle de la république des francs maçons. Ils étaient tout aussi anticléricaux que ceux d'aujourd'hui et on contribué à la séparation de l'église et de l'état. Je pense qu'aujourd'hui on a quand même plus de confort qu'autres fois. Ce qui fait que les inégalité sont beaucoup moins justifiable. Je sais que l'égalitarisme peut être une idéologie, mais la politique de l'actionnaire roi qui existe dans pas mal de grand entreprise est aussi un mal.
J'ai connu personnellement plusieurs licenciement économique de société qui donnait tout la part aux actionnaires, quand l'actionnaire réclamais plus de bénéfices, c'est X emplois qui étaient supprimé. Et je suis peut être un peu pessimiste mais je sens bien le troisième licenciement économique en quinze ans d'expérience professionnelle dans différente entreprise.

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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Pacem » jeu. 13 févr. 2014, 19:13

Bonjour,
p.cristian a écrit :La laïcité est plutôt une bonne chose si elle permet la liberté de culte.
Elle devient dictature si elle s'établit comme pensée unique. Cela passe obligatoirement par la tolérence.
Je ne suis pas totalement d'accord :
Il y a deux principes de laïcité : un principe d'acceptation, et un principe de refus. Si vous parlez de la laïcité dans son principe d'acceptation, cela s'est toujours fait : même au moyen-âge, la liberté de culte était autorisée pour les juifs par exemple.
La nouveauté qu'à apporté la laïcité telle qu'on l'entend actuellement, c'est son principe de refus au profit de l'athéisme. Alors non, désolé : la laïcité n'est pas du tout une bonne chose !
Comment un pays qui a un héritage philosophique et religieux aussi riche peut en arriver [là] ?
Facile, simplement en refusant cet héritage ! Plus de transmission !
Je résume : avec la Renaissance la société refuse Dieu (renaissance du tout premier péché). Puis avec la Révolution, la société refuse toute autorité.
Mais c'est plus profond que cela : l'idée même de la révolution, c'est le refus de tout ce qui nous dépasse en bien. Tout simplement parce que le suppérieur à autorité naturelle sur l'inférieur, c'est automatique et inévitable. Le "frère" du révolutionnaire devient un traître dès qu'il le surpasse en quoi que ce soit. Du fait, c'est un principe qui oppère un nivellement par le bas.
On refuse de l'autorité, non-seulement ce qu'elle ordonne, mais aussi ce qu'elle donne. Il ne peut plus y avoir de transmission dans cet esprit. Et c'est le principe même de la rébélion.

L'esprit révolutionnaire derrière tout ça repose sur une incroyable prétention de libre-arbitre imaginaire :
S'imaginer capable de décider (juger) de par notre propre MOI, orphelin sans père ni mère, né de nulle part, indépendant de tout.
...Une prétendue "liberté" qui n'existe pas, ou plutôt qui n'est autre que ce caprice millénaire du péché originel : se faire Dieu, Juge Suprême et établir ses propres lois, ses propres commandements (les fameux Droits de l'Homme, si peu respectés).
Dans cette logique d'auto-déification, il n'est pas étonnant que l'on en vienne jusqu'à nier et combattre les lois de la nature (sa logique) les plus élémentaires. Il n'est pas étonnant que l'on en vienne à exiger sa propre mort comme un droit ! Ça n'est ni plus ni moins que le caprice angélique !

Il me semble très nettement que la crise de l'Église elle aussi, provienne de cet esprit de refus d'autorité. La collégialité à tous les niveaux, le refus plus ou moins explicite du dogme, le refus du passé ("ça fait intégriste"), l'anthropocentrisme liturgique*, l'esprit critique/subjectiviste tel que le pape François nous l'a décrit*... toutes ces choses transpirent le principe révolutionnaire.
* Cf. les modifications liturgiques du concile, pour une dimension plus "sociale", une participation plus active du "peuple" (socialisme).
Pape Paul VI a écrit :Reconnaissez-lui au moins ce mérite [(à ce Concile)], vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque[33], nous avons le culte de l'homme[34].
[Discours de clôture du concile Vatican II, 7/12/1965]
**
Pape François I a écrit :Chacun de nous a sa vision du bien et aussi du mal. Nous devons inciter chacun à avancer vers ce qu’il pense être le bien. [...] Chacun a son idée du bien et du mal et doit choisir de suivre le bien et de combattre le mal tels qu’il les conçoit.
[Interview du pape à Scalfari, le 1/10/2013]
Autre point, vous sentez-vous français ? Êtes-vous fiers d'être français ? Qu’est-ce qu'être français aujourd'hui ? je ne perçois pas de franche cohésion entre français, ni d''identité française clairement définie (c'est peut-être pour cela -hormis les raisons fiscales et liées aux opportunités de travail- que certains s'expatrient sans trop de regret aujourd'hui !)
Oui, bien-sûr que je me sens français !
Et c'est dans des messages indignés comme le vôtre, que je retrouve la fierté (dans le bon sens du terme) et la cohésion française.

Vous pensez que l'identité française à disparue ? Si c'était le cas, pourquoi la combattrait-on encore aujourd'hui comme on le fait ? (Que fait Vincent Peillon et ses acolytes ?)
On veut nous faire avoir honte de la véritable France. Vous-même semblez défendre les valeurs françaises, normal alors que vous ne vous reconnaissez pas dans ces soi-disant "valeurs" soixante-huitardes !
Ce sont les libertaires du même acabit que les soixante-huitards qui ont la honte de leur patrie ! D'ailleurs, certains ne le cachent pas et vous disent carrément : une patrie, je veux pas en entendre parler, c'est un principe guerrier qui me fait honte...

Dans les faits, plein de gens n'ont pas à regretter leurs aïeux. Beaucoup de gens ont encore l'humilité de se dire "Qu'ai-je à prétendre de mieux qu'eux ? Qu'est-ce qui me prendrait de les juger, de les mépriser, de les vomir ?".
Qui se trouve désolé des siècles de civilisation chrétienne qui font encore l'identité de l'Europe ? Qui a honte des cathédrales ?... Les gens sont plutôt fiers d'être nés dans ce terreau, et se reconnaissent dans cet héritage.

Beaucoup de gens restent réticents à la doctrine libertaire infecte qui veut cracher à la figure de nos propres pères mères. La plupart des gens ont bien honte de l'histoire républicaine : Terreur, génocide vendéen (et mémoricide !), anticléricalisme sanglant...
Beaucoup de gens restent attachés à cet héritage culturel et manifestent une animosité particulièrement visible contre l'avancée de l'Islam par exemple. Et cela malgré une propagande très virulente : une véritable guerre des mots contre ce respect élémentaire ("tolérance", "xénophobie", "islamophobie", "racisme", "laïcité", etc.).

Non, vraiment, je crois que les français s'ignorent à cause de cette propagande médiatique constante, c'est tout.
(Lisez Soljenitsyne, sur les techniques de désinformation et Noam Chomsky sur "la fabrication du consentement", vous comprendrez tout cela très bien !)
“Pone, Domine, custodiam ori meo, et óstium circumstántiæ lábiis meis: ut non declinet cor meum in verba malítiæ, ad excusándas excusatiónes in peccátis.”
Placez, Seigneur, une garde à ma bouche et une barrière tout autour de mes lèvres. Que mon coeur ne se porte pas à des paroles mauvaises qui servent de prétexte au péché.

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Re: catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Altior » ven. 14 févr. 2014, 7:16

Bonne analyse, "Pacem"!
Pacem a écrit : On veut nous faire avoir honte de la véritable France.
(...)
Qui se trouve désolé des siècles de civilisation chrétienne qui font encore l'identité de l'Europe ? Qui a honte des cathédrales ?...
Et on revient au titre du fil. Martyre de nos jours ? Soyons sérieux! Pendant des siècles, les chrétiens de l'Eglise primaire venaient à la Sainte Messe avec peur. Et ils avaient raison, car nombreux étaient ceux qui ne rentraient plus chez eux, mais ils étaient tués par ceux ayant des fausses réligions. Leurs Messes se faisaient non pas dans des cathédrales, mais dans des cryptes, sous la terre. Mais nous, de nos jours, nous avons de splendides églises sur des collines, dans les centres des villes et des villages. Quelle honte de ne pas être chrétien dans ces conditions, que nos ancêtres n'osaient pas même rêver! De nos jours, en France, les adeptes des fausses religions peuvent, au plus, se moquer de nous. Et, quand nous nous exposons à ces moqueries, nous appelons ça "être martyre" ? Alors, ceux qui ont été tués par les adeptes de la fausse religion de la démocratie et de l'humanisme pendant les premiers années de la République étaient quoi ?

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Re: Catholique pratiquant en France: martyre de nos jours ?

Message non lu par Zarus » mer. 19 févr. 2014, 15:48

Je ne suis pas totalement d'accord :
Il y a deux principes de laïcité : un principe d'acceptation, et un principe de refus. Si vous parlez de la laïcité dans son principe d'acceptation, cela s'est toujours fait : même au moyen-âge, la liberté de culte était autorisée pour les juifs par exemple.
La nouveauté qu'à apporté la laïcité telle qu'on l'entend actuellement, c'est son principe de refus au profit de l'athéisme. Alors non, désolé : la laïcité n'est pas du tout une bonne chose !
C'est sûr que c'était tellement mieux quand seuls les juifs étaient "acceptés" par paix sociale et qu'un "chrétien" (l'habitant normal, baptisé chrétien) apostat, hérétique,etc. était puni de mort !
"With my eternal life, I will see the world through to its end. Until everyone who won't like me is gone."
— Porky Minch

"Can you face your fears ?"
— Hanako

I speak from the noise
Souls and shapes, forever twisted
the lost voices of the damned
lure the bringer of despair

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