Un mariage singulier, votre avis ?

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Felix Junique
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Un mariage singulier, votre avis ?

Message non lupar Felix Junique » jeu. 24 nov. 2005, 21:34

Un homme et une femme se marient. Suite graves problèmes de vaginismes rencontrés par la jeune épouse, le mariage ne sera jamais "consommé". Celle- ci refusera obstinément de consulter un spécialiste. Les deux époux s'entendant particulièrement bien sur tous les autres plans décident de poursuivre leur vie commune, comme frère et soeur. Le temps et les années passent, 30 ans, et un jour, à l'occasion de la rencontre d'une femme libre, par ailleurs mise au courant de la situation, l'homme et cette femme décident de devenir amants, dans la plus totale discrétion, cette liaison restant secrète au yeux de tous et surtout de l'épouse afin de ne pas lui faire de la peine et de respecter sa dignité.
Sachant que le mari a beaucoup souffert et que les frustations rencontrées l'ont amené à faire une grave dépression(de l'avis de plusieurs spécialistes) la religion chrétienne considère-elle qu'il- y- a pêché et(ou) adultère. Qu'auriez vous fait à la place de l'infortuné mari ?

Merci par avance pour vos réflexions, vos avis...

oak
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Message non lupar oak » jeu. 24 nov. 2005, 23:12

la religion chrétienne considère-elle

Interprétée par Qui ?

Si cette affaire te concerne, vraiment, personnellement je suis convaincu que tu pourras trouver des personnes de sagesse et de discernement afin de prendre les meilleures décisions pour ta vie.

Sinon c'est que le sujet n'est pas essentiel pour ta vie.... :roll:

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Hélène
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Re: Un mariage singulier, votre avis ?

Message non lupar Hélène » ven. 25 nov. 2005, 0:12

Sachant que le mari a beaucoup souffert et que les frustations rencontrées l'ont amené à faire une grave dépression(de l'avis de plusieurs spécialistes) la religion chrétienne considère-elle qu'il- y- a pêché et(ou) adultère.
Oui, il y a péché, celui de l'adultère. On peut trouver toutes les bonnes raisons au monde mais, je prends pour appui les paroles mêmes de l'auteur de ce message :
Les deux époux s'entendant particulièrement bien sur tous les autres plans décident de poursuivre leur vie commune, comme frère et soeur.

Les deux avaient consentis à cette vie d'époux chastes. L'Église invite les époux qui ne peuvent pas consommer leur mariage dans l'étreinte charnelle, ou alors si l'un est stérile, à vivre une autre forme d'épousailles, plus spirituelle et à avancer sur ce dur chemin ensemble dans la foi et dans la certitude que leur vie reste féconde mais d'une autre manière. Ce que Dieu à uni, que l'homme ne le sépare pas puisqu'ils ne forment plus qu'une seule chair (une seule chair va au-delà de la rencontre sexuelle, on épouse la personne en entier, son âme y compris, tout ce qu'elle est au niveau psychique, etc.). Lorsque les époux se donnent l'un à l'autre dans le Sacrement du mariage, techniquement, ils ne s'appartiennent plus. Si nous avons donné notre vie à l'autre - et c'est un don radical que le Sacrement du mariage - on ne peut pas se reprendre pour se donner à un(e) autre.
Sachant que le mari a beaucoup souffert
Sûrement que cette souffrance est partagée par l'épouse...et aussi par le Christ qui, sur la Croix, à assumé toute souffrance.

Certes le chemin est pénible et les chutes ne sont pas inévitables. Mais il est sûr que c'est un adultère, un péché par faiblesse. Il existe lors un remède extraordinaire : le Sacrement de la Réconciliation. Il faudrait voir à ce que, peut-être que cette épouse serait incapable psychologiquement d'absorber la nouvelle et de demander au prêtre s'il serait opportun de laisser Jésus apporter le baume du Pardon (au fil d'un vrai repentir et dans une pratique régulière des Sacrements et soutenu par la prière) plutôt que d'admettre cette faute à la personne concernée. Enfin, il faut savoir discerner si elle serait capable de supporter ou si cela la détruirait...chose à ne pas faire. Ce serait un plus grand manque à la charité que de vouloir à tout prix lui dire (pour laver sa conscience) et la détruire que de garder ce "secret" (en ayant bien sûr rompu la relation adultère) entre le Seigneur et l'infortuné mari.
Qu'auriez vous fait à la place de l'infortuné mari ?
Je courrais vite au Sacrement de la Réconciliation pour être restauré dans ma vérité, La Vérité...
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Message non lupar Charles » ven. 25 nov. 2005, 12:02

L'Eglise parle-t-elle quelque part d'un péché de bêtise ? Car se marier et ne pas s'inquiéter de l'absence totale de relations sexuelles n'est rien d'autre que de la bêtise.

De plus il n'est même pas sûr que le mariage soit valide s'il n'a jamais été consommé. Et dans ce cas il n'y a pas d'adultère si le mariage est nul.

Le mari aurait dû obtenir de sa femme qu'elle consulte un médecin ou bien demander la nullité de son mariage, ce qu'il aurait obtenu sans aucun doute.

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Message non lupar FMD » ven. 25 nov. 2005, 15:56

[align=justify]
De plus il n'est même pas sûr que le mariage soit valide s'il n'a jamais été consommé.

Cet argument, que j'ai déjà entendu de la bouche de mon professeur de philosophie notamment, me laisse perplexe. Il n'existerait donc pas de mariage chaste? Alors dans ce cas la Sainte Vierge n'était pas donc pas réellement mariée à Saint Joseph? Que dire également de certains mariages comme celui de la Bienheureuse Delphine et de Saint Elzéar de Sabran?[/align]

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Message non lupar Christian » ven. 25 nov. 2005, 18:20

CharlesDe plus il n'est même pas sûr que le mariage soit valide s'il n'a jamais été consommé. Et dans ce cas il n'y a pas d'adultère si le mariage est nul.
Le mari aurait dû obtenir de sa femme qu'elle consulte un médecin ou bien demander la nullité de son mariage, ce qu'il aurait obtenu sans aucun doute.

Franck
Cet argument, que j'ai déjà entendu de la bouche de mon professeur de philosophie notamment, me laisse perplexe.
Les relations sexuelles ne sont pas obligatoires dans le mariage, me semble-t-il, comme le prouve le cas de nombreux saints couples qui y renoncèrent, à commencer par Marie et Joseph, mais il faut alors que les deux époux acceptent ensemble cette chasteté.

La chasteté ne peut être imposée dans le mariage à l’un des conjoints par l’autre qui ne pourrait ou ne voudrait avoir de relations sexuelles. Il suffit que le conjoint qui souhaite procréer, par exemple, demande l’annulation du mariage pour l’obtenir.

Dans le cas envisagé ci-dessus, les deux conjoints avaient d’abord consenti à vivre dans la chasteté. Cette dernière étant trop dure à supporter après un certain temps, le mari prit une maîtresse — "dans la plus totale discrétion, cette liaison restant secrète au yeux de tous et surtout de l'épouse afin de ne pas lui faire de la peine et de respecter sa dignité."

C’est là qu’il y a une double faute.

D’abord, comme le remarque Hélène Bourgeois, le mariage restant valide, cette liaison est adultérine.

Ensuite, l’argument de garder la liaison secrète pour respecter la dignité de l’épouse est totalement irrecevable. Où est la dignité dans le mensonge ? où est le respect de l’épouse à qui on raconte un voyage d’affaires ou un dîner avec des clients, alors qu’on a passé tout ce temps dans le lit d’une autre ? Le vrai respect eut été de faire franchement état à l’épouse de ses désirs sexuels légitimes et de trouver une solution ensemble. J’en vois plusieurs, mais je ne dirai pas celle qui aurait ma préférence puisqu'elle ne peut être qu'une décision commune.

Heureusement que ces cas douloureux sont rares, mais ils sont une bonne occasion de repenser les fondements de notre doctrine.

Christian

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Message non lupar Charles » ven. 25 nov. 2005, 19:27

Dans le cas présent, la femme aurait dû accepter de consulter un médecin et le mari ne pas accepter l'absence de relations sexuelles.

" Les deux époux s'entendant particulièrement bien sur tous les autres plans décident de poursuivre leur vie commune, comme frère et soeur... Sachant que le mari a beaucoup souffert et que les frustations rencontrées l'ont amené à faire une grave dépression(de l'avis de plusieurs spécialistes)"

La contradiction saute aux yeux !

Cela provoque-t-il "une grave dépression" et beaucoup de souffrance de vivre "comme frère et soeur" ?

Quand on est marié, oui, parce que le mariage est ouvert par définition sur le don de la vie.

Je répète ce que j'ai dit, il s'agit de bêtise. Et si la femme ne voulait pas se faire soigner, c'est qu'au départ, elle n'avait pas l'intention de donner la vie, ce qui est un cause de nullité du mariage. Si dès le début, il s'agit de rester vierge, il y a la vie religieuse. On ne se marie pas pour garder sa virginité.

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Message non lupar Felix Junique » sam. 26 nov. 2005, 22:04

Bonjour et merci à tous pour vos réponses.

Merci pour l'adjectif "imbécile" : il est très charitable, tout à fait chétien. Voila qui est réconfortant !

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'époux pensait, au départ, c'est que les choses allaient s'arranger avec de la tendresse, un peu de temps, que l'épouse allait finir par accepter de se soigner. Divorcer ou demander l'annulation du mariage auraient fait fit de l'amour réciproque qui avait réunit ces deux personnes à l'époque. De plus le mari est handicapé par un défaut rhédibitoire qui lui a causé beaucoup d'ennuis dans la vie, il a horreur de faire de la peine volontairement, encore plus à une personne aimée.
C'est l'unique raison aussi du caractère secret de la liaison, il s'agit d'un "pieux" mensonge et non d'une lâcheté.
Si l'abstinence imposée n'est pas l'unique raison de la dépression elle y a beaucoup contribué. Il y a une différence entre choisir la chasteté et la vivre dans une cure ou un monastère et la subir avec une belle femme allongée à son côté dans son lit pendant de nombreuses années. Merci à celui d'entre vous qui et a le courage de considèrer qu'il n'y a pas adultère et de l'affirmer.

Pour les autres réponses j'avoue un peu de déception, non par la teneur de celles-ci mais par leur sécheresse, leur manque d'humanité. On est loin de l'esprit des évangiles, de la compassion que manifestait Jésus envers tous ceux qu'il rencontrait et à qui il manifestait amour et compréhension tout en leur tenant un langage souvent sévère par ailleurs. Certains d'entre-vous ont beaucoup de chance, ils détiennent la vérité et le doute ne fait pas partie de leurs préoccupation !

Voilà qui facilite la vie ! Merci encore pour vos réponses et continuons le dialogue si vous le souhaitez.

Félix

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Message non lupar Eremos » dim. 27 nov. 2005, 1:17

Pour les autres réponses j'avoue un peu de déception, non par la teneur de celles-ci mais par leur sécheresse, leur manque d'humanité. On est loin de l'esprit des évangiles, de la compassion que manifestait Jésus envers tous ceux qu'il rencontrait et à qui il manifestait amour et compréhension tout en leur tenant un langage souvent sévère par ailleurs. Certains d'entre-vous ont beaucoup de chance, ils détiennent la vérité et le doute ne fait pas partie de leurs préoccupation !
Vous ne devriez pas être aussi sévère vous même avec ces personnes dont vous trouvez les réponses sèches. Vous demandiez un conseil purement morale, c'est celui qui, je crois, vous a été donné. Pour l'aspect humain, vous conviendrez qu'il est dur à apporter pleinement par internet à quelqu'un qu'on ne connait pas, et dont la situation est présentée de manière partielle, sans contexte. Je dirais même qu'il y aurait quelque chose d'un peu obscène à vouloir entrer dans l'intimité du sujet, car passé le domaine universel de la morale, ce serait entrer dans l'intimité du sujet certes mais surtout de la personne dont il est question.

D'autre part, vous le dîtes vous-même, la morale proposée par le Christ n'est pas facile. Essayer de vous informer de la morale des Evangiles le plus objectivement possible ne signifie pas que l'on soit ou que l'on se sente au dessus de tout doute.

Dans la paix du Christ :)
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Message non lupar Hélène » dim. 27 nov. 2005, 6:34

Ce qu'il faut comprendre c'est que l'époux pensait, au départ, c'est que les choses allaient s'arranger avec de la tendresse, un peu de temps, que l'épouse allait finir par accepter de se soigner.

Voilà une naïve erreur : croire que l'on peut changer l'autre. On risque d'être déçu...j'ai eu la grâce d'oser tenter l'inverse...essayer de me changer (par la grâce de Dieu seule et un pas de foi...un consentement de ma part)...et voilà que l'autre semble changer pour le mieux mais pas de la façon dont j'espérais pour mon petit bonheur individuel.
De plus le mari est handicapé par un défaut rhédibitoire qui lui a causé beaucoup d'ennuis dans la vie, il a horreur de faire de la peine volontairement, encore plus à une personne aimée.
C'est l'unique raison aussi du caractère secret de la liaison, il s'agit d'un "pieux" mensonge et non d'une lâcheté..
Faire de la peine volontairement ou involontairement ne change pas le résultat. Pardon si j'ai l'air de ne pas être miséricordieuse, mais je pars de mon expérience personnelle : lorsque je blesse l'amour, involontairement ou non, consciemment ou non, le résultat est le même : je blesse l'amour. Et j'ai à demander pardon avec un repentir sincère, je n'ai pas à me justifier...selon mon jugement subjectif. Si je justifie mon acte mauvais parce que mon intention était bonne, je me fais l'égal de Dieu (en pesant l'acte). Or ce n'est pas à moi de juger si un acte est bon ou mauvais, c'est la Parole de Dieu qui me donne de discerner un acte bon d'un acte mauvais. Et la Parole dit que l'adultère n'est pas un acte conforme à l'amour donc il est une offense à celui qui le subit et à Dieu devant qui j'ai promis fidélité le jour de mon mariage et qui s'est engagé avec nous pour passer au travers les tempêtes et les épreuves.
Si l'abstinence imposée n'est pas l'unique raison de la dépression elle y a beaucoup contribué.
C'est bien de dire que l'épouse n'a pas voulu consulter des spécialistes pour régler son problème mais est-ce que le couple a pensé à consulter des spécialistes en matière conjugale ou un prêtre qui oeuvre dans un ministère pour les couples ?
Il y a une différence entre choisir la chasteté et la vivre dans une cure ou un monastère et la subir avec une belle femme allongée à son côté dans son lit pendant de nombreuses années.
Encore une fois, "subir" est un mot fort pour un couple qui avait consenti ensemble. N'avaient-ils pas tous deux consenti ? Ou alors, le mari avait-il consenti pour faire plaisir à l'épouse en espérant qu'elle changerait ? Là encore il y a quelque chose de fondamentalement faux dans cette histoire. Le fait de ne pas vouloir cette chasteté et de n'avoir rien dit pour ne pas perdre l'amour de sa femme, on est déjà mal parti...comment bâtir une vie à deux si on n'est pas clair dès le départ ?
Pour les autres réponses j'avoue un peu de déception, non par la teneur de celles-ci mais par leur sécheresse, leur manque d'humanité.
J'imagine que je suis dans le lot... je suis désolée, mais comme le dit Eremos, s'agit-il d'une question qui vous concerne personnellement ? Alors que vous semblez parler d'une tierce personne. Comment pouvons-nous savoir ? C'est une question sur un forum... posée de façon anonyme. Ce n'est pas un manque de délicatesse que de dire ce qu'en dit la Bible et l'Église...au contraire, c'est un acte de charité. La charité ne consiste pas à "être gentil" et fusionner dans l'idée de l'autre pour lui faire plaisir. Ce n'est pas comme ça qu'agit notre Seigneur non plus. Il met en lumière le mensonge pour en libérer le pécheur et le remettre dans la vérité. Il ne dit pas à la femme adultère (pour rester dans le sujet) : bof, ça va...pas de problème, tu n'as rien fait de mal...d'ailleurs, tes intentions ne sont pas mauvaise, tu ne cherches que l'amour à travers ces relations extra-conjugales...je comprends bien...non...Jésus lui dit : va et ne pèche plus...tes péchés sont pardonnés. Il met en lumière le péché pour restaurer la personne dans sa dignité et sa liberté d'enfant de Dieu. Il y a péché et elle le reconnaît. Elle reconnaît qu'elle n'était pas en vérité. Parce que lorsque les pharisiens quittent les uns après les autres après l'avoir menacé de lapidation, elle reste là, encore au milieu du cercle (alors qu'il n'y a plus personne...de quel cercle s'agit-il ?) enfermée dans la peur, dans ses prisons intérieures...et Jésus lui dit avec tendresse la parole qui libère : femme, où sont-ils tes persécuteurs ? Personne ne t'a condamnée ? Va, moi aussi, je ne te condamne pas... Elle ne retourne pas à sa relation adultère...il semblerait, selon la tradition, qu'elle soit devenue disciple du Seigneur...et elle le suivait. Le péché est mis en lumière, la femme est libérée et elle avance vers une nouvelle vie, un nouveau départ dans une nouvelle humanité, auprès du Christ, càd, en Christ.
On est loin de l'esprit des évangiles, de la compassion que manifestait Jésus envers tous ceux qu'il rencontrait et à qui il manifestait amour et compréhension tout en leur tenant un langage souvent sévère par ailleurs.
Voilà une erreur d'interprétation de la personne de Jésus (très en vogue aujourd'hui pour justifier toutes les déviances) : Jésus ne se complait pas dans notre péché. Jamais. Il est tendresse et pitié, miséricorde infini...mais il hait le péché. Il aime le pécheur et rejette le péché vigoureusement. Pas de compromission avec le péché ("pescare" qui signifie "rupture d'alliance"). Il est venu vaincre le péché et non pas nous dire que c'est ok...
Certains d'entre-vous ont beaucoup de chance, ils détiennent la vérité et le doute ne fait pas partie de leurs préoccupation !
Pour avoir entrevu l'immense l'abime qui sépare la profondeur de ma misère et l'infinie miséricorde de Dieu pour la pécheresse que je suis, le seul doute qui me pèse est celui envers moi-même...et non envers Dieu qui est infinie bonté...mais qui est aussi Vérité pure et Lumière véritable qui éclaire mes ténèbres. Pas de place pour le mensonge devant Dieu, nous sommes à nu. Lui qui scrute les reins et les coeurs a vu l'abime de mon coeur et y a trouvé des couches d'orgueil, des scorpions et des serpents qui se cachaient sous la vase alors que je me trouvais bien tranquille dans une pseudo paix, ayant justifié moi-même mes actions...

Personnellement, j'ai reçu l'immense grâce de reconnaître que mes relations d'avant mon mariage avaient non seulement blessé l'amour (le Seigneur lui-même) mais, en plus de m'avoir blessé, ont blessé celui à qui je me suis donnée des années plus tard dans le Sacrement du mariage...même si cela était avant lui, avant notre rencontre... La relation charnelle est un si grand don intime et je l'avais donné au premier venu, je ne l'avais pas réservé pour celui que le Seigneur avait choisi pour moi. J'ai vu, dans le Sacrement de la Réconciliation, que je n'étais pas en vérité en justifiant ces relations d'avant le mariage parce que ce passé, je le traînais avec nous dans le lit conjugal...le mec d'il y a des années restait là, imprégné dans mon psychisme, dans ma chair...et du coup, nous n'étions plus dans une intimité à deux (trois si l'on compte l'Esprit Saint) mais nous étions 3, 4 ou 5...sans compter les copines de mon époux d'avant notre rencontre...ça fait du monde dans le lit conjugal ! Je vous livre cet exemple seulement pour vous démontrer que lorsqu'il est question d'intimité dans le couple, c'est d'une haute importance et...la fidélité est la base de l'amour conjugal. Il ne s'agit pas seulement de fidélité au sens de rester fidèle au niveau des relations sexuelles mais, il s'agit d'une fidélité - et la plus importante - envers un engagement envers l'autre que nous avons pris en toute connaissance de cause, librement, devant témoins, d'un projet à deux, d'une vie à deux jusqu'à ce que la mort nous sépare. N'oublions pas que le Seigneur nous dit que l'homme qui a eu une femme seulement dans son imagination commet l'adultère dans son coeur. Tout comme dire "raca" à son frère est passible de la géhenne, voulant dire par là qu'il y a des paroles qui tuent. Pour finir mon histoire, j'ai demandé pardon par la suite à mon époux pour ne pas m'être réservée pour lui. Tout étonné, il a été ému et à compris mon geste de repentance même s'il n'était pas visé personnellement par ce mal qui avait eu lieu bien avant notre rencontre. Cela a été pour nous deux une grande libération. Aussi, j'ajoute que j'ai demandé au Seigneur de venir guérir cette blessure de chacun des fantômes de mon passé qui portent en eux aussi cette culpabilité...morbide.

Oui, le doute m'habite...mais envers moi-même. Pas envers Dieu ni envers ce que dit sa Parole qui est vérité et qui libère.

Je vous demande pardon à l'avance si mes paroles vous blessent...ce n'est pas du tout mon intention. Mais je parle à partir de ma foi, de ce que la Parole et le Magistère de l'Église disent à propos de la fidélité au sein du couple.

Bien fraternellement,
Hélène
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Message non lupar Felix Junique » dim. 27 nov. 2005, 6:48

Ma réflexion finale ne concernait pas "oak" qui me souhaite de rencontrer une personne pouvant me
conseiller. Elle exprime son souhait avec avec humilité et gentillesse.

Sans doute avez-vous raison, c'est la première fois que je me rends sur un forum religieux et j'attendais sans doute un peu trop de compréhension face à un problème qui me pose une question difficile et met en jeu mon futur salut éternel. De plus je suis gravement malade et dispose de probablement de peu de temps pour solutionner cette question. A noter que je ne rencontre pas de difficultés vis à vis de ma conscience "civile" et que je me sens un peu dédouané par l'attitude de mon épouse(puisqu'il s'agit bien de moi Félix) refusant avec un égoÏsme certain et obstination de se faire soigner et faisant ainsi l'impasse, pour une grande part, sur ma souffrance. C'est d'ailleurs la seule chose importante que j'ai à lui reprocher car pour le reste elle est "super". C'est sur le plan de ma conscience "religieuse" que je m'inquiète car je voudrais être clair au moment de quitter ce monde...

Amis participant ou parcourant ce forum n'hésitez pas a me faire part de vos réflexions. Elle me seront utiles quelque soit votre opinion. Merci.

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Message non lupar wanderer » dim. 27 nov. 2005, 8:24

Personnellement, je n'ai pas souhaité répondre parce que je me doutais bien que vous étiez le mari en question et que j'avais peur de blesser. Honnêtement, ce que vous vivez n'est pas du ressort des membres de ce forum. Vous devez absolument trouver un prêtre de confiance qui vous guidera. Je pense aussi et surtout que le Christ nous a laissé un sacrement admirable qu'il faut utiliser toute sa vie, mais plus encore quand le temps presse, une bonne confession vous permettrait sans doute d'aller à nouveau de l'avant.

J'invite tous ceux qui voudraient parler à nouveau dans ce fil à imaginer ce que ressent Felix dans la situation qui est la sienne et à bien réfléchir sur la façon qu'ils auront de formuler leurs propos pour veiller à ne pas le blesser. Il faut fuir tout jugement de valeur et aider un frère chrétien à partir dignement et apaisé, peut-être dans peu de temps. Dieu aussi doit être apaisé par la confession je pense.

Pour vous donner du courage, je voudrais vous citer Thérèse cher Félix.
Et quelques temps avant sa mort, elle ajoute
"Dites bien ma Mère :
Si j'avais commis tous les crimes possibles,
je garderai toujours la même confiance,
Car je sais bien que cette multitude d'offenses
n'est qu'une goutte d'eau, dans un brasier ardent
Gardez l'espoir cher frère. Je ne vais pas vous dire que ce qui me semble mal est bien, non. Je veux vous dire que nous avons tous péché un jour dans nos vies et que nous savons combien nous avons besoin du Christ pour être sauvé. N'ayez pas peur, si vous avez un sincère remord, il faut le vivre dans la CONFIANCE parce que Dieu nous aime jusqu'à notre dernier souffle. S'il vous reste peu de temps, passer le à aimer, les autres et Dieu, passez le à comprendre et à pardonner et ainsi, vous serez pardonné.

Que Dieu vous bénisse.

Wanderer

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Message non lupar Charles » dim. 27 nov. 2005, 11:21

Merci pour l'adjectif "imbécile" : il est très charitable, tout à fait chétien. Voila qui est réconfortant !.
La bêtise existe, il y a des gens qui mettent leur chat mouillé au micro-ondes pour le sècher et beaucoup d'autres idioties semblables.
De plus le mari est handicapé par un défaut rhédibitoire qui lui a causé beaucoup d'ennuis dans la vie, il a horreur de faire de la peine volontairement, encore plus à une personne aimée..
Donc, il aurait dormi des années avec sa femme et sans jamais avoir avec elle de relations sexuelles par "horreur de faire de la peine volontairement"...
C'est l'unique raison aussi du caractère secret de la liaison, il s'agit d'un "pieux" mensonge et non d'une lâcheté.
...et il ne serait ni idiot ni lâche ? Quoi alors ? Pervers ?
Si l'abstinence imposée n'est pas l'unique raison de la dépression elle y a beaucoup contribué. Il y a une différence entre choisir la chasteté et la vivre dans une cure ou un monastère et la subir avec une belle femme allongée à son côté dans son lit pendant de nombreuses années. Merci à celui d'entre vous qui et a le courage de considèrer qu'il n'y a pas adultère et de l'affirmer.
Je pense qu'un tel mariage est nul et qu'il n'y a donc pas adultère. Par contre avoir des relations sexuelles hors mariage est aussi un péché, celui de fornication.

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Message non lupar Eremos » dim. 27 nov. 2005, 15:10

N'oublions pas que le Seigneur nous dit que l'homme qui a eu une femme seulement dans son imagination commet l'adultère dans son coeur.
C'est d'ailleurs un point qui personnellement m'embarasse... comment est-ce possible ? Même en restant physiquement chaste on ne peut pas chasser certaines idées souvent incontrôlées... A moins de vivre en hermite depuis son enfance et de n'avoir jamais croisé de femme. De même, lorsque l'on sort avec quelqu'un, sans avoir de relation sexuelle, il y a forcément à un moment ou à un autre un désir qui apparaît, si ce n'est pas dès le début. Ou bien y a-t-il une dimension de cette Parole du Seigneur qui m'échappe ? :oops:

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Message non lupar Hélène » dim. 27 nov. 2005, 16:08

N'oublions pas que le Seigneur nous dit que l'homme qui a eu une femme seulement dans son imagination commet l'adultère dans son coeur.
C'est d'ailleurs un point qui personnellement m'embarasse... comment est-ce possible ? Même en restant physiquement chaste on ne peut pas chasser certaines idées souvent incontrôlées... A moins de vivre en hermite depuis son enfance et de n'avoir jamais croisé de femme. De même, lorsque l'on sort avec quelqu'un, sans avoir de relation sexuelle, il y a forcément à un moment ou à un autre un désir qui apparaît, si ce n'est pas dès le début. Ou bien y a-t-il une dimension de cette Parole du Seigneur qui m'échappe ? :oops:
Heureusement que les pères de l'Église ont explicité ce que le Seigneur veut dire parce que je suis autant dans le trouble que vous ! :oops: :lol: Cassien nous apprend que la tentation, càd l'image qui nous passe par la tête, n'a pas de poids moral dans la mesure où nous n'y consentons pas (il en est de même pour toute forme de tentation). Tentation n'est pas péché. Les images nous assaillent parfois avec une telle violence, spécialement dans les premiers temps de vie spirituelle intense. Si l'image, par exemple, une tentation d'être avec une autre femme (ou homme selon le cas) alors que nous sommes dans les bras de notre épouse (époux), s'installe pour rester parce que je la laisse s'installer en la regardant intérieurement, vous pouvez être sûr que la tentation va devenir de plus en plus difficile à chasser et la suggestion deviendra consentement...c'est là qu'il y a péché. C'est le moment où je consents à entretenir cette image dans mon imagination (au point d'en faire parfois une fixation voire une obssession) qui risque de devenir péché. La femme belle (le bel homme) dans mon imagination ne me fait pas pécher...c'est parce que je suis faible que je pèche en pensée. Je ne sais plus quel père de l'Église disait quelque chose comme : que personne n'accuse l'autre de le faire pécher. C'est ce qui habite en moi qui fait que je pèche. La belle femme ne vient que réveiller ce qui est déjà en moi...le péché de concupiscence.

Heureusement que c'est le Seigneur qui combat pour nous...en y mettant aussi du nôtre et en ne se décourageant jamais. C'est le combat spirituel le plus redoutable à mon sens...parce qu'il réveille un passion en nous reliée à un besoin vital humain et un instinct de base...celui de la survie de la race. Tout comme le sont la nourriture et le sommeil. Ce sont les catégories de besoins humains nécessaires à la survie...mais que le malin se prend un malin plaisir à troubler et à pervertir pour notre perte.
"Le Père n'a dit qu'une seule Parole, c'est son Fils et, dans un éternel silence, il la prononce toujours". (Saint Jean de la Croix)


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