Sur la fornication

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » lun. 06 janv. 2020, 13:46

PaxetBonum a écrit :
jeu. 02 janv. 2020, 16:26

Le reste relève de la psychologie de chacun et n'a rien à voir avec l'Eglise.
Je n’ai pas voulu que ma première réponse soit polluée par ce qui lui est secondaire, mais il me semble nécessaire de lui apporter ce complément car votre propos final fait ici écho à l’avis de beaucoup de personnes qui freinent des quatre fers face à une source merveilleuse d’enrichissement, notamment par une crainte compréhensible (mais peu vertueuse) de ce qu’elle pourrait mettre chez eux à découvert.
Je manquais également d’une citation exacte, je suis allé la rechercher dans Vatican II, « Gaudium et spes » article 62 :

« Bien que l’Eglise ait largement contribué au progrès de la culture, l’expérience montre toutefois que, pour des raisons contingentes, il n’est pas toujours facile de réaliser l’harmonie entre la culture et le christianisme.
Ces difficultés ne portent pas nécessairement préjudice à la vitalité de la foi, et même elles peuvent inciter à une plus exacte et plus profonde intelligence de celle-ci. En effet, les plus récentes recherches et découvertes des sciences, ainsi que celles de l’histoire et de la philosophie, soulèvent de nouvelles questions qui comportent des conséquences pour la vie même, et exigent de nouvelles recherches de la part des théologiens eux-mêmes. Dés lors, tout en respectant les méthodes et les règles propres aux sciences théologiques, ils sont invités à chercher sans cesse la manière la plus apte de communiquer la doctrine aux hommes de leur temps : car autre chose est le dépôt même ou les vérités de foi, autre chose la façon selon laquelle ces vérités sont exprimées, à condition toutefois d’en sauvegarder le sens et la signification. Que, dans la pastorale, on ait une connaissance suffisante non seulement des principes de la théologie, mais aussi des découvertes scientifiques profanes, notamment de la psychologie et de la sociologie, et qu’on en fasse usage : de la sorte, les fidèles à leur tour seront amenés à une plus grande pureté et maturité dans leur vie de foi. »

Autrement dit, le progrès dans la foi et dans la compréhension de l’écriture passe aussi par ces découvertes qui font beaucoup grincer des dents certains. Elles conduisent à revoir certains postulats théologiques et à approfondir toujours mieux le sens caché des vérités qu’elles nous donnent et contiennent, à démasquer des erreurs là où nous étions aveugles, par manque de finesse ou de précision, désir de protection.


J'en profite pour perfectionner le sens que j'avais donné à la bonne traduction pour "l'inconduite sexuelle". il s'agit, par "sexuelle" de considérer que cette inconduite touche à ce qui est le fondement de la relation nuptiale, ce qui, encore une fois, déborde le côté purement sexuel de leur relation pour en prendre le mot dans sons sens de complémentarité voulue par Dieu, dans une relation bienveillante et amoureuse, féconde et éducative.

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Re: Sur la fornication

Message non lu par PaxetBonum » lun. 06 janv. 2020, 16:58

cmoi a écrit :
lun. 06 janv. 2020, 13:46
"Que, dans la pastorale, on ait une connaissance suffisante non seulement des principes de la théologie, mais aussi des découvertes scientifiques profanes, notamment de la psychologie et de la sociologie, et qu’on en fasse usage : de la sorte, les fidèles à leur tour seront amenés à une plus grande pureté et maturité dans leur vie de foi. »

Autrement dit, le progrès dans la foi et dans la compréhension de l’écriture passe aussi par ces découvertes qui font beaucoup grincer des dents certains. Elles conduisent à revoir certains postulats théologiques et à approfondir toujours mieux le sens caché des vérités qu’elles nous donnent et contiennent, à démasquer des erreurs là où nous étions aveugles, par manque de finesse ou de précision, désir de protection.
Le texte ne parle pas de revoir des 'postulats théologiques' mais à avoir les connaissance et à faire usage d'autres sciences pour précisément permettre une meilleure transmission et connaissance des vérités théologiques.
Pax et Bonum !
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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » lun. 06 janv. 2020, 17:04

Ha! nous sommes "de visite" presque en même temps...

Le texte dit quand même aussi : ."..soulèvent de nouvelles questions qui comportent des conséquences pour la vie même, et exigent de nouvelles recherches de la part des théologiens eux-mêmes."

Si donc elles exigent de nouvelles recherches de la part des théologiens, on peut penser que celles-ci puissent aboutir à revoir des postulats théologiques,... non ?
Ne serait-ce qu'à titre de précisions plus grandes...

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » jeu. 09 janv. 2020, 13:20

Les postulats étant posés, je voudrais maintenant passer aux cas pratiques…

Et revenir sur l’enseignement traditionnel, qui, traitant de la conduite à adopter par l’un à l’égard de l’autre époux qui n’admettrait pas la loi de Dieu sur ce point (point qui est celui de la continence, face à toute pratique volontaire ayant pour but d’empêcher l’acte conjugal d’atteindre la fin pour laquelle il a été institué, à savoir la procréation) et en supposant que le premier refuse de non seulement devenir le complice d’un péché, mais le péché tout court.
Dans ce cas, l’époux innocent qui ne veut pas cette interruption frauduleuse et la désapprouve intérieurement dès qu’elle se produit ne doit pas non plus négliger de dissuader son conjoint de cette pratique et il doit s’efforcer, par des protestations, de l’éloigner du péché.
Ne pas résister positivement serait commettre une faute grave (malgré la menace même que l’autre aille satisfaire sa passion en dehors du mariage). Seule la violence subie excuserait le conjoint innocent de toute faute et à condition que pendant l’acte, il gardât une attitude purement passive n’approuvant en aucune manière le crime qu’il subit.

Autrement dit, le coupable se contente d’appliquer une contraception qui n’est pas celle des méthodes naturelles agréées par l’Eglise.

Je vous le demande : peut-on imaginer au vu de la situation représentée, que ce couple ne devienne pas bancal et qu’il puisse rester en bons termes ? Que l’époux innocent, face à ses enfants, puisse leur donner en présence de l’autre une éducation chrétienne adéquate ?

Certes, si la volonté de l’autre était déjà bien d’agir ainsi dès avant l’instant du mariage, sans doute y a-t-il une possibilité de demander la nullité du mariage, mais si cette attitude lui est venue ultérieurement, fortuitement ou non, disons par convenance personnelle ou pour une toute autre raison (marre du bruit fait par des enfants ou du temps qu’ils requièrent…) l’annulation ne serait plus possible.

Là intervient la fameuse exception posée par le Christ en Mathieu, et parlant d’inconduite sexuelle. Et puisque les conditions d’annulation ne sont plus remplies, il reste le divorce.

Vous paraît-il normal que, du seul fait que cette volonté de pécher soit venue après leur mariage, l’autre ne puisse refaire sa vie (car sinon il le pourra après une annulation) ?

Il me semble que ce devrait plutôt être le contraire, car si cette volonté existait avant le mariage, il appartenait à l’époux innocent de s’en assurer et il aurait une part de responsabilité de ne pas l’avoir su (à moins que l’autre n’ait menti, mais cela peut se déjouer et on doit le rechercher, pour une chose si grave).

Quant à l’époux « coupable », lui ne devrait plus être autorisé à se remarier sans au moins une longue période probatoire et de pénitence.

Au lieu de cela, parfois du fait même de cet empêchement, c’est souvent le statu quo, et l’époux innocent qui devient coupable…
Car s’il est précisé qu’il n’est pas tenu d’en reprendre l’autre chaque fois et garde le droit de réclamer l’acte conjugal lorsqu’il en est désireux, même s’il a tout lieu de craindre un dénouement frauduleux qu’il désapprouve intérieurement. (Et que dans ces conditions, c’est uniquement le conjoint onaniste qui fait le péché, l’autre ne faisant que le subir, et ne le commettant pas), - en toute rigueur il ne n’agit pas là des cas où la contraception est planifiée par avance par l’usage de stérilet, pilule, spermicide, diaphragme, implants divers, etc. Cela ne peut concerner que l’acte interrompu, à la limite le préservatif et seulement s’il est « produit » au dernier moment.

Vous admettrez ou non qu’aller jusqu’à ce point de détail dans les « instructions » a quelque chose d’un peu… relèverait d’une sorte de… et c’est pourquoi les chefs orthodoxes ont préféré considérer pour la plupart que ce qui se passe dans l’intimité d’un couple ne les regarde pas, avortement excepté. Ce qu’il convient de moduler par le fait que tout les regarde dès lors qu’il y a péché, mais qu’à tort ou à raison ils s’en remettent à la conscience de chacun pour le déterminer sur un tel sujet…

Toujours est-il que je ne considère pas qu’envisager une telle évolution comme possible relève d’un acte ou d’une pensée « progressiste », elle ne remet aucune vérité de foi en cause, elle approfondit un domaine dans lequel il y a un malaise contemporain qui dure depuis un certain temps, et le résoudrait en partie, sans pour autant tomber dans la facilité ni prôner le vice.

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Re: Sur la fornication

Message non lu par pierrot2 » jeu. 09 janv. 2020, 18:13

cmoi a écrit :
jeu. 09 janv. 2020, 13:20
Vous paraît-il normal que, du seul fait que cette volonté de pécher soit venue après leur mariage, l’autre ne puisse refaire sa vie (car sinon il le pourra après une annulation) ?
Cher cmoi,

Pour ma part, ce qui me paraît dommageable se situe au niveau de la transmission ou non du témoignage d'engagement du Christ dans sa passion, dont le mariage chrétien est un reflet (de l'engagement), tant pour l'unicité de ce bon berger qui, contrairement aux mercenaires, donne sa vie pour ses brebis, que par l'envergure salvatrice de ce sacrifice.

Or, les meilleurs témoignages chrétiens de la passion du Christ, dans le mariage, et à mes yeux, sont sans doute ceux des chrétiens qui ont le plus à souffrir du mariage, tout en restant fidèle à leur engagement (ce qui inclut les séparés non remariés. ). Je crois que c'est vous qui m'aviez parlé de la séparation de corps, qui
1. ne désengage pas du mariage,
2. ne pose pas le problème de la responsabilité des époux l'un vis à vis de l'autre quant à cette parole de Jésus qui prévient que celui qui répudie sa femme la pousse à l'adultère et
3. qui magnifie probablement la valeur de l'engagement par ce parcours en solo que cela suppose..

La vie conjugale, lorsqu'elle est épanouie, reflétera quant à elle la joie de vivre qui est tout aussi chrétienne, bien évidement..

Après, la liberté est toujours de mise, bien sûr: personne ne s'opposera à la souveraineté de chacun en la matière, dans nos societés occidentales

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » ven. 10 janv. 2020, 9:19

Votre réponse est proche du sublime, Pierrot2, et me touche infiniment.
Peut-être est-ce moi, peut-être est-ce aussi un autre, j'aurais pu le faire en effet mais ne m'en souviens pas précisément.

Que vous dire qui ne soit "descendre" dans l'amour du Christ...
Comment le dire sans avoir le sentiment de faire tâche...
Et pourtant il le faut...

Au-dessus de la justice, il y a la miséricorde.
au dessus de la miséricorde, il y a la justice.
Et ainsi de suite...
Lequel des deux sera au plus haut dans l'éternité et si tant est qu'une balance puisse y tenir, Dieu le sait, je ne sais.

Donc les "options" dont je semble défendre la légalité religieuse et qui ne sont pas encore reconnues par l'Eglise latine, je dirai qu'elles sont de l'ordre de la miséricorde quand elle est en dessous de la justice.
Ce qui reste une voie pour aller au ciel, pour ceux qui sinon n'en auraient plus ou seraient obligés d'en prendre qui leur feraient plus de mal.
Parce qu'il ne serait pas juste de placer sinon là le péché qui les condamnerait.

Dans l'amour du Christ crucifié, celui qu'eut Le bon larron...

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Re: Sur la fornication

Message non lu par Levergero » ven. 10 janv. 2020, 12:31

Comment peut-on mêler la vie de couples mariés avec le phénomème de la fornication -un terme horrible, détestable- qui est censé décrire l'acte sexuel !

Quelle horreur...

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Re: Sur la fornication

Message non lu par pierrot2 » ven. 10 janv. 2020, 21:01

Levergero a écrit :
ven. 10 janv. 2020, 12:31
Comment peut-on mêler la vie de couples mariés avec le phénomème de la fornication -un terme horrible, détestable- qui est censé décrire l'acte sexuel !
Vous feriez un excellent modérateur, Levergero. Il faut avouer que nous donnons un peu le bâton pour nous faire battre.. D ailleurs, sans doute la modération saura a-t-elle que faire de nos déviances..

Cmoi,
cmoi a écrit :
ven. 10 janv. 2020, 9:19
Au-dessus de la justice, il y a la miséricorde.
au dessus de la miséricorde, il y a la justice.
Et ainsi de suite...
Lequel des deux sera au plus haut dans l'éternité et si tant est qu'une balance puisse y tenir, Dieu le sait, je ne sais.
Quant à moi, je n ai pas le sentiment que refléter l engagement de Jésus lors de sa passion ait un lien direct avec la miséricorde ou la justice. Ceci n aurait en effet aucune raison d être à l étude si miséricorde ou justice n étaient pas des paramètres imposés par le choix de vie des seconds. Quant à moi, en effet, qui ai choisi de rester fidèle à notre engagement de mariage, je n éprouve nul besoin d en appeler à la justice, ni de voir d un mauvais œil la miséricorde dont Dieu pourrait user avec ceux qui choisissent l autre voie..

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » lun. 13 janv. 2020, 14:03

Levergero a écrit :
ven. 10 janv. 2020, 12:31
Comment peut-on mêler la vie de couples mariés avec le phénomème de la fornication -un terme horrible, détestable- qui est censé décrire l'acte sexuel !

Quelle horreur...

Vous avez parfaitement raison de noter et signaler cette aberration qui avait un autre but que de vous faire réagir…
De fait, il existe des hommes, monstres libidineux en pleine puissance d’exercice, qui se servent du chantage et de menaces graves pour obtenir de l’élue non pas de leur cœur mais de ce qui leur tient lieu par leur luxure de substitut, un consentement forcé qui prendra la figure du mariage. Pour eux, en eux et par eux, la confusion est totale. Ce seront les premiers à s’exclamer « quelle horreur » dès qu’un soupçon pèsera sur l’intimité de ce qui n’a plus rien ni de sain ni de saint.
Vous reconnaîtriez-vous comme l’un d’entre eux, en comparaison desquels Tartuffe (un imitateur, déjà…) est un enfant de choeur ?
Non, bien sûr…

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » lun. 13 janv. 2020, 14:18

Pierrot2,

ma réponse "à chaud" était incorrecte, en effet.
Il ne s'agit ni de justice ni de miséricorde (quoique...), mais d'un comportement qui va au -delà, qui relève en quelque sorte comme des conseils évangéliques, de la manifestation d 'un amour "plus grand" et non nécessaire.
C'est pourquoi je me demande quelle attitude aurait été la vôtre, si malgré tout l'attitude et l'enseignement de l'Eglise avait été autre. Vous-même semblez reconnaître que cela vous a aidé : tant mieux. Mais est-ce toujours le cas ?

Je pense notamment à ces fidèles chrétiens qui se marient en sachant qu'ils auront à souffrir de leur époux, et qui le prennent joyeusement et courageusement comme une croix, par zèle.
Ce n'est pas le but du mariage, et quand les enfants leur arrivent, cela peut poser de graves différents et problèmes. Mais c'est trop tard.
Je pense à tant d'autres situations... L'héroïsme n'est pas la panacée, et peut conduire à la perte de la foi...

Votre intimité avec le Christ m'a touché, mais peut-on en demander autant à tous sous peine de péché ?
Vous connaissez bien sûr la parole du Christ sur ces fardeaux trop lourds...
Je ne fais que soulever la question et l'illustrer...

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Re: Sur la fornication

Message non lu par pierrot2 » lun. 13 janv. 2020, 19:56

cmoi a écrit :
lun. 13 janv. 2020, 14:18
Il ne s'agit ni de justice ni de miséricorde
Sans doute Christ est-il attaché à l'un et à l'autre. Perso., j'essaie de faire de mon mieux pour ce qui me concerne. Pour ma relation aux autres, si justice ou miséricorde sont à promouvoir, j'essaie d'en laisser l'initiative à Jésus..
cmoi a écrit :
lun. 13 janv. 2020, 14:18
C'est pourquoi je me demande quelle attitude aurait été la vôtre, si malgré tout l'attitude et l'enseignement de l'Eglise avait été autre. Vous-même semblez reconnaître que cela vous a aidé : tant mieux. Mais est-ce toujours le cas ?
Je ne me souviens pas de quoi j'ai pu parler.
Le fait est que j'interprète assez souvent au sens strict les paroles de Jésus, qui sont à distinguer, je suppose, des autres paroles d'évangile. C'est bien intentionné de ma part, mais peut-être que je suis comme la grenouille de la fable avec le boeuf, à essayer d'être plus chrétien que Christ. Il est tellement admirable!

Je ne sais si ça répond à votre interrogation; c'est vrai que les paroles qu'il a prononcées ont encore et toujours un pouvoir salvateur, qui m'ont aidé et m'aident encore. S'il avait délivré un autre enseignement, je me serais sans doute adapté. Mais lui-même l'a sans doute déjà adapté à notre maladie du péché. Il ne doit rien y avoir à retoucher..Surtout qu'il est mort pour que cette bonne nouvelle soit propagée
cmoi a écrit :
lun. 13 janv. 2020, 14:18
Votre intimité avec le Christ m'a touché, mais peut-on en demander autant à tous sous peine de péché ?
Vous connaissez bien sûr la parole du Christ sur ces fardeaux trop lourds...
J'en suis heureux.

Qui est ce "on" dont vous parlez? Pas Jésus, n'est ce pas? Je dirais qu'observer la parole de Jésus relève de l'autodétermination de chacun(e), en laquelle chacun(e) est souverain.Jésus propose, (non pas impose), un chemin de salut..

En même temps, je suppose qu'il interpelle l'homme, comme depuis sa passion, en lui apprivoisant ses peurs et autres réticences de ne pas se croire capable de se relever de la Chute, (ces peurs et réticences si fortes que l'homme a tué celui qui osait parler de ce salut qu il ne savait comment amorcer; (un peu comme un enfant qui aurait trop peur d'apprendre à nager, et qui s'en prendrait à celui qui vient lui dire que c'est possible de nager))
Lorsqu'il lui donne un commandement, c'est qu'assurément cela fait partie de ses aptitudes de l'observer..

Donc, je ne sais si ce fardeau précisément est trop lourd. C'est un fardeau chrétien, je crois, à la différence des fardeaux des scribes et pharisiens hypocrites. Et il a également dit que son fardeau ou son joug était lèger et facile à porter.

La violence en couple a peut-être aussi ses racines dans la peur d'afficher une simplicité relationnelle, peur que j'ai dénoncée dans un autre fil, qui prenait la forme de la "pudeur des sentiments", du nom du fil. Si c'est bien cela, je crois que c'est surmontable, avec l'aide de Dieu..
cmoi a écrit :
lun. 13 janv. 2020, 14:18
Je ne fais que soulever la question et l'illustrer..
Merci, cmoi, ça m'a inspiré ce que vous avez lu
Dernière modification par pierrot2 le mer. 15 janv. 2020, 12:20, modifié 1 fois.

cmoi
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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » mar. 14 janv. 2020, 10:19

Merci à vous également, Pierrot2, car vous m'inspirez également par votre réponse.
Il m'arrive dans nos échanges un phénomène étrange : j'ai l'impression de me parler à moi-même, de m'entendre dans un autre moment où partant d'un autre postulat ou point de vue, avançant donc des idées différentes, je me sens d'abord dépaysé pour finalement aboutir au sentiment que nous avons la même idée, mais qu'elle était perçue sous un autre jour, une autre humeur du moment.
Peut-être un avant-goût de la communion des saints :!: :?:

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Re: Sur la fornication

Message non lu par pierrot2 » mer. 15 janv. 2020, 12:17

cmoi a écrit :
mar. 14 janv. 2020, 10:19
j'ai l'impression de me parler à moi-même, de m'entendre dans un autre moment où partant d'un autre postulat ou point de vue, avançant donc des idées différentes,
Bonjour cmoi, et ceux qui liront

veuillez excuser le délai de réponse, je suis momentanément souffrant.

Les mêmes états de conscience m'arrivent de temps à autre, je comprends très bien
cmoi a écrit :
mar. 14 janv. 2020, 10:19
Peut-être un avant-goût de la communion des saints
ainsi soit-il, cher cmoi.

En parlant de communion des saints, je m'essaie, en profitant de mon arrêt de travail, à contempler la vie des saints. Je viens de visionner:
https://www.youtube.com/watch?v=DbvTPD7YvYw, vie de sainte Agnès, très soutenante pour ce genre de chrétien que je suis, avec les préoccupations matrimoniales que nous évoquions. Je crois que je vais continuer ce cheminement que je vous recommande également, si comme moi, vous vous sentez seul parmi nos contemporains.. Je prie que vous ayez les grâces pour croire à ces miracles de la vie de sainte Agnès..

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Re: Sur la fornication

Message non lu par cmoi » mer. 15 janv. 2020, 14:44

Soignez-vous bien et profitez de ce temps de retrait comme vous semblez y avoir bien songé...
Je connais bien Ste Agnès car j'avais une tante qui l'avait pour patronne.
Les vies de saints sont un trésor inestimable pour renforcer sa foi.
Le miracle fait partie intégrante de ma foi et ma porte ne lui sera plus jamais fermée.

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Re: Sur la fornication

Message non lu par Grégory » ven. 17 janv. 2020, 0:59

PaxetBonum a écrit :
mar. 05 déc. 2017, 9:35
Kerniou a écrit :
lun. 04 déc. 2017, 18:07
Si je ne m'abuse, au tout début du siècle, l'adultère féminin était puni par la loi et représentait un motif indiscutable de divorce pour faute en ce qui concerne la femme. En ce qui concerne l'homme et " la différence de nature", c'était, me semble-t-il, moins clair... A vérifier ...
Le constat d'adultère était une cause immédiate de divorce au tort du pécheur que se soit pour l'homme ou la femme. (avant le passage de Mitterand)
Auparavant il existait une peine pouvant aller jusqu'à la prison pour la femme et uniquement une amende pour l'homme… (sauf erreur)
J'avais des soupçons mais peut-être que c'était à l'époque que l'on pouvait porter plainte pour adultère c'est à dire appeler la Police pour tromperie.
En effet, je trouverais ça raisonnable cela peut-être éviter des accidents et des violences !

Milla a écrit :
mar. 05 déc. 2017, 20:02
Suliko a écrit :
mar. 05 déc. 2017, 15:36
Par contre, je ne vois pas où j'ai parlé de notion juridique quant à cette problématique... A ma connaissance, il n'a jamais existé de condamnations pénales pour s'être refusé au devoir conjugal !
C'est aussi ce que je dis. "On" = le devoir conjugal.
J'ai en tête (mais c'est peut-être totalement faux) que se soustraire au devoir conjugal a été réprimé par la loi. Donc, je me demande si l’Église catholique, et ces textes de Paul, ont quelque chose à voir avec cette répression (si elle existe). Et (toujours dans le cas où les manquements au devoir conjugal étaient punis) si c'était volontaire de transformer un commandement "moral" en obligation juridique.

Sinon, oui, nos conceptions sont à l'opposée. Dans la législation française "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol", ce dont je me félicite. Je ne vois pas pourquoi une femme mariée devrait être moins protégée que moi parce que son agresseur se trouve être son mari. Et je ne vois pas non plus pourquoi la violence ou la menace serait punie (avec raison) dans plein de cas mais pas dans celui où le conjoint a refusé d'entendre un "je ne veux pas".
Une pénétration forcée, c'est plus qu'un manque de tendresse.
Le devoir conjugal est nécessaire dans le mariage. j'imagine mal une personne marié par intérêt, profiter des biens de son conjoint(e)
et faire le malheur du conjoint(e) dans sa vie par manque de son devoir.

Je tiens à vous dire que je lis des choses bien dans vos commentaires sur la fornication.
La fornication est un péché à lourd conséquence. (adultère, avortement, viol, divorce, violence conjugal...) Sans oublier les grande véroles (MST)
L’intérêt de s'abstenir avant le mariage a du sens si on évite la fornication telle définie. A mon avis, c'est égoïste ! et loin d’être anodin.
"TON REGNE EST UN REGNE ETERNEL..." Ps.145

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