Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

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Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Socrate d'Aquin » lun. 17 juil. 2017, 21:31

Dans ce nouveau sujet, il est question des rapports entre ce monstre sacré du cinéma américain qu'est Francis Ford Coppola et la foi catholique.

Il est tout à fait certain que l'homme n'a aujourd'hui, rien de catholique ("Je détestais l'Eglise catholique. Je trouvais que les bonnes sœurs étaient toutes méchantes"). Et voir dans ses œuvres une sorte de catéchisme en images est peu envisageable.

Cela étant dit, il fut élevé dans la religion catholique. Il baignait dans cette culture catholique de par ses origines italiennes. Par conséquent, il n'est pas exclu de voir dans ses films une influence chrétienne tout à fait considérable. Ainsi, un théologien catholique anglais, l'abbé Alexander Lucie-Smith, voit dans la trilogie du Parrain "le plus grand film catholique de tous les temps":
http://www.catholicherald.co.uk/comment ... catholics/

Pour ma part, je pense qu'on pourrait voir dans Apocalypse Now, son chef d'oeuvre, une littérale descente aux enfers.

Et je ne parle même pas de la présence de l'Eglise dans son oeuvre: le baptême (en latin) du filleul de Michael Corleone dans Le Parrain, la Messe en pleine bataille d'Apocalypse Now, la damnation de Vlad Tepes au début de Dracula, j'en passe et des meilleures.

Par conséquent, de même qu'on ne peut parler de Spielberg sans évoquer ses racines juives, de même le catholicisme de Coppola est-il primordial à prendre en compte lorsqu'il s'agit d'analyser son oeuvre.

Qu'en pensez-vous ?
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Re: Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » mar. 18 juil. 2017, 19:34

Bonjour,

Francis Ford Coppola? Pourquoi lui? Je n'ai jamais remarqué que son cinéma devrait laisser transparaître quelques aspects du catholicisme. Je suis surpris de lire que le cycle du Parrain devrait représenter un sommet du cinéma catholique ...! Quand j'ai vu Apocalypse Now à l'époque, il ne m'est jamais venu à l'esprit de pouvoir retrouver des traits d'une mentalité catholique sur la pellicule.

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Re: Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » mar. 18 juil. 2017, 20:10

Parce que si vous parlez de ressentir une certaine influence du catholicisme chez des cinéastes, que ce soit en bien ou en mal, pour la thématique ou juste la sensibilité, je penserais davantage à un Fred Zinemann (Un homme pour l'éternité), Fellini sans doute (Roma, La Strada ...), Hitchcock (I Confess, Vertigo), John Ford (Les raisins de la colère, Le train sifflera trois fois) , Sergio Leone (... la condamnation de l'argent qui pourrit tout et sous-jacente à tout le cycle de l'homme sans nom dans Pour une pognée de dollars, etc,) ... Roland Joffé trahirait aussi une sensibilité ou une esthétique catholique à mon avis, et puis je me risque ici en ne sachant absolument rien de sa vie ou son milieu d'origine, mais The KIlling Field ou La mission ...

Mais pour Coppola ... ? Je demanderais à voir.

:)

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Re: Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Socrate d'Aquin » ven. 21 juil. 2017, 0:58

Bonjour,

Francis Ford Coppola? Pourquoi lui? Je n'ai jamais remarqué que son cinéma devrait laisser transparaître quelques aspects du catholicisme. Je suis surpris de lire que le cycle du Parrain devrait représenter un sommet du cinéma catholique ...! Quand j'ai vu Apocalypse Now à l'époque, il ne m'est jamais venu à l'esprit de pouvoir retrouver des traits d'une mentalité catholique sur la pellicule.
Comme je le dis plus haut, je ne vois pas dans Coppola un artiste catholique. Il est évident qu'il ne l'est pas et que son oeuvre n'est pas catholique comme celle de Bresson par exemple.

Mais il me semble quand même qu'on peut déceler une influence catholique sur la forme et sur le fond. De même qu'on pourrait voir une influence juive sur la filmographie de Spielberg, ou protestante chez nombre de réalisateurs américains.
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Re: Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » ven. 21 juil. 2017, 3:26

Socrate d'Aquin :
Mais il me semble quand même qu'on peut déceler une influence catholique sur la forme et sur le fond.
Oui, juste une influence. C'est bien à cela que je songeais. Et c'est pour cela que je demande quelle est cette influence catholique chez Coppola. Je ne l'ai jamais remarqué.

Avez-vous un exemple?

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Re: Francis Ford Coppola et l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » ven. 21 juil. 2017, 4:40

Si je pense (pour donner un exemple de ce que je dis) à Fred Zinnemann dans Le train sifflera trois fois :

Pour moi l'influence de la pensée chrétienne et dans une "sensibilité catholique" se fait clairement sentir chez le réalisateur et cinéaste. On s'en rend compte par le traitement particulier qu'il fait de son sujet, par la relecture qu'il fait du thème classique hollywoodien et majeur de l'après-guerre : l'affrontement entre le shérif et les méchants bonshommes.

Le film est un chef d'oeuvre cinématographique. Parce que Zinnemann transcende la matière brute du film. Son héros (Gary Cooper) présente moralement plus de complexité, plus de profondeur que dans les nombreux autres films de cow boy de l'époque. Le type est comme déchiré entre un choix à faire au travers de la perspective de deux sortes de bien, non pas tellement entre le bien et le mal. La catholicité se laisse deviner par le biais de cette réflexion morale à laquelle le héros doit se livrer. Le personnage de Cooper dans le film est amené à pratiquer l'héroïcité des vertus. Le personnage est disposé à offrir le sacrifice de sa vie pour le salut de la communauté, dans ce qui présente toutes les allures d'une cause perdue d'avance. La bonté du héros en fait une figure christique, qui ne tient même pas rigueur à la faiblesse de ses concitoyens, préoccupé surtout de leur trouver des excuses au lieu de les condamner, etc. Un certain réalisme dans le traitement de tous les personnages du film qui nous éloigne de la caricature, qui empêche de les considérer à travers une grille réductrice où l'un serait tout blanc l'autre tout noir, le fait que le héros éprouve quand même la peur, le fait que l'on sente très bien la présence de la communauté (il ne s'agit pas d'un individu n'ayant de compte à rendre qu'à son Dieu), la présence de Grace Kelly (figure mariale?) opère une médiation chaleureuse : les détails du genre se combinent pour produire l'Impression de catholicité dont je parle.

C'est le même Zinnemann qui va réaliser ensuite un film sur Thomas More. Ce serait juste une reprise du même thème à quelque part.

Il s'agit toujours de l'homme bon, l'homme qui refuse d'abandonner son poste, parce qu'il doit faire "ce qu'il doit faire", mais tout en étant dépourvu personnellement de la méchante raideur des "justiciers". Les personnages de Zinneman sont à l'opposite des personnages de réformateurs protestants du XVIe siècle ... tels des fanatiques, des accusateurs fulminants, des destructeurs qui abattent à coup de masse des monuments, la saveur talibanne ... ce genre de rigidité "névrotico-pathologique".


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