L'oligarchie au pouvoir _ Yvan Blot

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Cinci
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Re: L'oligarchie au pouvoir _ Yvan Blot

Message non lupar Cinci » dim. 22 oct. 2017, 20:19

Encore ...

L'idéologie du progrès

Quoi de plus "sacré" pour le monde actuel que le progrès fondé sur les techniques et les sciences? On a oublié la prédiction de Nietzsche juste avant les deux guerres mondiales et la terreur des totalitarismes : "Un monde de barbarie s'avance et la science se mettra à son service." Les communistes notamment étaient persuadés d'avoir une vision "scientifique" de l'histoire et de la politique. Que leur science soit fausse ne change rien au fait qu'ils en aient fait une idole.

Nietzsche a donné un nom à l'attitude du "dernier homme", l'homme qui ne sait plus se mépriser lui-même (pour être capable d'aller vers un idéal supérieur). Dans Ainsi parlait Zarathoustra, il leur fait dire ceci :
"Amour, étoile, création, qu'est-ce que cela? disent les derniers hommes et ils clignent de l'oeil [...] Nous avons inventé le bonheur! disent les derniers hommes [...] pas de chef et un seul troupeau. Tous veulent la même chose et tous sont égaux. Qui n'est pas d'accord ira à la maison des fous. Autrefois, tout le monde était fou! disent les derniers hommes et ils clignent de l'oeil!"
Ce texte est d'une grande richesse. Le dernier homme proclame la mort de tous les idéaux (amour, étoile, création, etc.) qui sont remplacés par du bonheur stérile. Ce bonheur de consommateur est garanti à tout le monde dans le mythe de l'égalité pour tous. Les grands magasins remplacent les cathédrales car ils sont la cause finale du système. Tout est fait dans le but ultime de la consommation. Le progrès est le socle de cet égalitarisme. Cette idéologie est en fait totalitaire.

Qui n'est pas politiquement correct ira dans la maison des fous. En URSS, cela se passait effectivement ainsi. En Occident, la coercition prend une autre forme : l'exclusion de l'espace public et notamment du champ des médias.



A cela se surajoute une autre caractéristique : la dévaluation du passé : "autrefois, tout le monde était fou, disent les derniers hommes et ils clignent de l'oeil." En effet, l'idéologie du Gestell est l'utilitarisme de la volonté de puissance. Or, la volonté ne peut rien contre le passé. Elle veut donc se venger de celui-ci. D'où une oeuvre de destruction qui porte le nom de révolution. C'est toujours au nom du progrès que l'on fait des révolutions. C'est l'esprit de vengeance qui en sous-main inspire le monde actuel : vengeance contre le passé et vengeance sous la forme de l'égalitarisme autoritaire.

On comprend mieux alors ce qui se passe aujourd'hui. On n'apprend plus l'histoire aux nouvelles générations. Lorsqu'on l'apprend, c'est pour célébrer l'idéologie de la repentance. Soit on occulte le passé, soit on le déforme : ainsi la vengeance contre le passé est assurée. Cette vengeance a aussi un avantage supplémentaire. L'identité est fondée sur la mémoire. En détruisant la mémoire d'un peuple, on détruit son identité. C'est en quelque sorte un génocide spirituel.

Lorsque la mémoire est morte, l'identité se dissout et il n'est plus possible de reconstruire ce qui a disparu. Or, il est nécessaire pour le Gestall, l'arraisonnement utilitaire, que les hommes soient réduits à l'état de la plus importante des matières premières. Pour être plus facilement utilisable, la matière première doit être composée d'éléments interchangeables. Il faut donc que les hommes perdent toute forme d'identité, notamment nationale, qui pourrait gêner ce caractère interchangeable. C'est ici qu'intervient l'égalitarisme, comme justification de ce processus de dissolution des identités.

p.70

Cinci
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Re: L'oligarchie au pouvoir _ Yvan Blot

Message non lupar Cinci » jeu. 26 oct. 2017, 20:12

Le problème de l'immigration

Prenons un exemple politiquement incorrect. Un citoyen peut entendre à la télévision que l'immigration est une "chance pour la France", qu'elle promeut une diversité bénéfique sans aucun inconvénient en contrepartie. Mais si ce citoyen vit dans un quartier envahi par des immigrés d'une culture tout autre que la sienne, que si beaucoup d'entre eux deviennent des délinquants suite à leur déracinement, il jugera que cette immigration massive et anarchique est une véritable catastrophe. L'information venue du vécu , c'est à dire l'information expérimentale aura plus de poids à ses yeux que l'information mimétique débitée par la télévision.

La gouvernance dite démocratique, qui est en réalité technocratique et oligarchique, prend rarement en compte l'information expérimentale et avance donc aveuglément sur la base de la seule information mimétique. Celle-ci peut constituer un écran qui la sépare de la réalité. Les gouvernants surinformés sont en réalité sur-désinformés mais ils sont persuadés du contraire.

La technocratie voit les problèmes à travers le prisme de sa vision juridique et budgétaire des choses, Pour parler comme Aristote, elle ne s'intéresse qu'aux causes matérielles et formelles des phénomènes. Elle ignore les causes motrices et finales.

Reprenons notre exemple de l'immigration. Admettons que des émeutes se produisent dans un quartier à forte densité d'immigrés d'Afrique du Nord. Le technocrate va dire : pour que cela ne se reproduise pas, il faut dépenser beaucoup d'argent pour augmenter le nombre de policiers, réhabiliter les immeubles dégradés et créer éventuellement des emplois. Le technocrate s'attaque d'abord à la cause matérielle de l'émeute avec des moyens matériels. Puis, il va dire aussi : la loi ne permet pas de réprimer correctement les émeutiers mineurs, et il proposera de changer la loi. Là, il s'attaque à la cause formelle et répond par des moyens formels, c'est à dire juridique. `

On observera que la cause motrice de l'émeute (un certain type d'hommes déracinés) n'est pas traitée. Elle n'est pas traitée par incompétence, car le technocrate n'a été formé qu,au droit et à l'économie, pas à l'ethnologie et aux sciences humaines. Pire encore, il fermera les yeux sur cet aspect des choses pour ne pas être accusé d'avoir une approche "raciste"!

Dans le système du Gestell, l'homme est toujours vu comme une matière première interchangeable de l'économie. Tout autre vision de l'homme est bannie. Seule la vision d'hommes interchangeables et "égaux" est admise, c'est à dire que l'on se refuse à voir les hommes dans leur réalité humaine.

Voir les hommes dans l'essence qui vient de leur provenance donc de leur être est considérée comme "raciste", ce qui relève de l'imposture la plus totale. Une telle vision permettrait pourtant de s'attaquer au problème réel du déracinement et d'envisager de modifier l'urbanisme et d'organiser le retour au pays des populations non intégrées.

Reste la cause finale à laquelle le technocrate est aveugle. Si des populations nombreuses se sont entassées anarchiquement dans ce quartier, c'est parce que la politique suivie consiste à voir les hommes comme de simples matières premières. On n'empêche pas les matières premières de circuler! C'est le système économique et social, qui combine le libre-échange de la main d'oeuvre et l'attribution de prestations sociales automatiquement garanties aux étrangers qui crée l'appel d'air à l'origine de l'immigration.

Si l'on voulait bien considérer la France, non comme simplement une société de consommateurs et de producteurs mais comme une Nation habitant une patrie, la politique prendrait un tout autre cours. On ferait passer l'impératif de l'identité nationale avant les impératifs utilitaires des hommes conçus comme de simples agents économiques.

Conclusion

Le Gestell secrète les armes idéologiques qui permettent à l'oligarchie régnante de justifier son pouvoir. Le progrès, l'égalité, les droits de l'homme, la gouvernance démocratique sont proclamés comme des "valeurs" suprêmes. Ces valeurs n'ont pas de fondements authentiques. Derrière le progrès, il y a l'utilitarisme du Gestell qui détruit les racines, fait de l'homme une matière première privée de patrie. Derrière l'égalité, il y a la destruction des libertés, l'oppression et la diffusion d'un esprit de haine qui déchire le tissu social. Derrière les droits de l'homme, il y a la volonté de légitimer tous les caprices de l'ego quitte à menacer l'ordre public et l'État de droit lui-même. Derrière la gouvernance démocratique, il y a l'oligarchie et la volonté d'empêcher le peuple de participer vraiment au débat public, sous le prétexte d'étouffer le "populisme".

Il faut donc s'appuyer sur l'information expérimentale contenue dans le vécu des citoyens pour accomplir le tournant philosophique et politique permettant à l'homme, dans son essence, d'habiter une patrie, de retrouver sa liberté et de protéger la dignité de l'homme en restaurant le sacré et la justice.

p. 77


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