Un fil pour la Russie

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Cinci
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8358
Inscription : lun. 06 juil. 2009, 21:35

Re: Un fil pour la Russie

Message non lupar Cinci » ven. 14 juil. 2017, 15:16

La déportation des Acadiens est un fait historique qui concerne la colonie de peuplement située dans l'actuelle Nouvelle-Écosse. Il n'y a pas de liens directs entre la vallée du Saint-Laurent et les Canadiens qui y habitent d'un côté, la déportation qui affecte les Acadiens sur le territoire qui va devenir la Nouvelle-Écosse de l'autre. Le Canada sous le régime français et l'Acadie sont des colonies distinctes.

Personne n'essaie de nier la déportation des Acadiens du reste.

Si la réalité historique de la déportation de 1755 est une évidence, il n'en va pas de même de la légitimité du fait qui consisterait alors à pouvoir utiliser aujourd'hui le terme "génocide" pour parler de mesures de représailles ou de répressions devant prendre place dans le cadre d'une opération de "pacification" en Vendée; pour employer un jargon militaire.

Il ne s'agit pas ici de cacher des événements historiques réels ou nier le débarquement des Américains sur la lune, comme vous semblez le penser sans raison. Non, mais juste d'être soi-même en désaccord avec l'usage politique que certains veulent faire d'un terme fortement connoté et qui possède tout de même un sens précis.

On a affaire ici à un problème de terminologie et de "compréhension/jugement" portant plus largement sur une période charnière en histoire soit le début de notre histoire politique contemporaine occidentale (...qui commence avec les révolutions américaine et française)

Le problème ...

Une certaine pensée de "catholiques conservateurs de droite" se borne à réagir contre l'époque contemporaine, pour renier tout ce qui aura pu survenir politiquement depuis le début. Parce qu'on veut interpréter le drame de l'abaissement de l'Église catholique, la diminution draconienne de son emprise sur les esprits, son prestige et sa puissance matérielle, comme étant le fait d'un accident fâcheux en quelque sorte, le fait d'une ligue de comploteurs. Et pour mieux diaboliser ces comploteurs à l'origine, on aura la gentillesse de leur attribuer la paternité des plus grands crimes du XXe siècle.

Je ne trouve pas que ce soit un procédé très honnête. Parce que je pense que la réalité est beaucoup plus nuancé que cela.

Cinci
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8358
Inscription : lun. 06 juil. 2009, 21:35

Re: Un fil pour la Russie

Message non lupar Cinci » ven. 14 juil. 2017, 16:46

Après la fin des combats, l'armée républicaine a appliqué un plan d'extermination. Les milliers de femmes, d'enfants et de bébés qui ont été fusillés, noyés, brûlés, n'étaient pas des rebelles.
... représailles, châtiment, punition, dissuasion ... ôter l'envie de poursuivre la campagne chez les rebelles.

Il n'y a pas de plan d'extermination en 1794. Pas comme on dirait qu'il y a un plan d'extermination en 1942: un plan systématique, une volonté procédant d'un racisme dit "scientifique" ou raisonné, faisant de la tare biologique une menace en soi, déterminant que le mieux serait idéalement d'exterminer jusqu'au dernier représentant porteur du "génome à problème", peu importe où celui-ci se trouverait : en Grèce, en Afrique, en Chine, etc.

En 1794, on parle de pacifier le pays, mettre un terme aux attaques des rebelles, briser la révolte, détruire les rebelles, exterminer les traîtres. Le comportement des troupiers ou du général en chef qui commande la troupe entrant dans le pays des rebelles, en 1794, il est assimilable à celui des troupiers de l'armée fédérale des États-Unis et de leur commandant en chef quand ils entreront dans le pays des indiens rebelles. Il n'y a pas de plan spécifique, rien déterminé à l'avance, et rien qui consisterait à devoir exterminer totalement le moindre indien rencontré, et si possible tous les indiens du nord de l'Amérique au simple motif qu'ils seront des indiens ("Le seul bon indien est un indien mort", blabla ... paroles creuses).

Les révolutionnaires de 1794, férus de modernité, fiers du formidable bond en avant et progrès que leur nation ferait faire à toute l'humanité (de grands amateurs de libéralisme politique; "liberté, égalité, fraternité") , ils se rapprochent des patriotes américains nés de la cuisse de Washington. On ne parle pas de génocidaires, mais tout au plus d'intolérants capables de rager, de bouillir, face à un nid de résistants menaçant d'entraver la marche du progrès, le développement du pays dans le bon sens. On souhaite éliminer un obstacle qui empêcherait un bon contrôle sur le territoire.

La méthode éliminationniste ne fait pas partie en soi de la doctrine politique des libéraux révolutionnaires, contrairement à la doctrine des bolchéviques (économique) ou des nazis (raciale). Les libéraux peuvent traiter, tracter, négocier, acheter.


Revenir vers « Politique »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit