Politique américaine dans le monde

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Message non lupar Cinci » mar. 09 mai 2017, 19:08

La longue guerre de Washington contre la Syrie

Tiré de de L'Autre journal, une feuille indépendante à tendance gauchiste, patriotique et syndicale


Le texte qui suit présente les grandes lignes de la conférence prononcée par Stephen Gowans le 2 mai [2017] dernier au Centre Saint-Pierre, à Montréal. Traduction de Robin Philpot.


Au milieu des années 1950, Washington complote avec Londres pour purger l’influence nationaliste arabe de la Syrie. Leur cible : le triumvirat de nationalistes et de communistes arabes que Washington et Londres perçoivent comme une menace pour les intérêts économiques occidentaux au Moyen-Orient.

Kermit Roosevelt, de la célèbre famille Roosevelt, est chef comploteur. C’est lui qui a dirigé aussi le coup d’État qui a chassé du pouvoir le premier ministre de l’Iran, Mohammed Mossadegh, parce que Mossadegh avait commis le gravissime crime contre la domination occidentale : il a nationalisé l’industrie pétrolière iranienne.

Roosevelt et les services britanniques du MI6 recrutent l’aide des Frères musulmans pour renverser les trois hommes de Damas qu’ils voient comme une menace aux intérêts économiques occidentaux.


http://lautjournal.info/20170504/la-lon ... e-la-syrie
A partir de 2003 :

Des sanctions de destruction massive

La première alternative à l’intervention militaire directe consiste à imposer des sanctions massive à la Syrie afin d’atteindre les objectifs de toute sanction : détruire l’économie afin de rendre la vie misérable pour les gens ordinaires de sorte qu’ils renversent leur propre gouvernement.

Les sanctions sont un excellent outil de propagande. Une fois l’économie d’un pays en ruine, on peut attribuer les difficultés économiques au fait que le gouvernement n’a pas poursuivi un système de libre entreprise, de politiques économiques de libre-marché qui, selon Washington, sont essentielles à la prospérité – et il est vrai qu’elles sont essentielles à la prospérité des banques américaines, de ses grands investisseurs et de ses grandes entreprises.

Les sanctions répondent aux attentes : la Syrie est dévastée. En octobre 2011, le New York Times rapporte que l’économie syrienne « s’écroule sous la pression des sanctions occidentales ».

Au printemps 2012, l’hémorragie financière provoquée par les sanctions « force les dirigeants syriens à arrêter de fournir des services essentiels d’éducation, de santé et autres dans certaines parties du pays ».

En 2016, selon un document interne de l’ONU, « les sanctions économiques des États-Unis et de l’Union européenne contre la Syrie… provoquaient une grande souffrance parmi les Syriens ordinaires et empêchaient les services d’aide humanitaire ».

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Discours de Trump en Pologne

Message non lupar Relief » sam. 08 juil. 2017, 21:52

"Et quand vint ce jour du 2 juin 1979, un million de Polonais se sont rassemblés place de la Victoire pour leur première messe avec leur pape polonais, ce jour-là, tous les communistes à Varsovie ont dû savoir que leur système oppressif allait bientôt s’effondrer. Ils ont dû le savoir au moment même du sermon du pape Jean-Paul II quand un million d’hommes, de femmes et d’enfants polonais ont élevé la voix en une seule prière. Un million de Polonais qui ne demandaient pas la richesse. Ils ne demandaient pas un privilège. Au lieu de cela, un million de Polonais scandaient ces trois simples mots : « Nous voulons Dieu ! »

Avec ces mots, le peuple polonais rappelait la promesse d’un avenir meilleur. Ils trouvaient un courage nouveau pour faire face à leurs oppresseurs, et ils trouvaient les mots pour déclarer que la Pologne serait de nouveau la Pologne.

Alors, je suis ici aujourd’hui devant cette foule incroyable, cette nation fidèle, nous pouvons encore entendre ces voix en écho à travers l’histoire. Leur message est toujours aussi vrai aujourd’hui. Le peuple de Pologne, le peuple d’Amérique et le peuple d’Europe crient toujours « Nous voulons Dieu ! ».

Ensemble, avec le pape Jean-Paul II, les Polonais ont réaffirmé leur identité en tant que nation dévouée à Dieu. Et avec cette puissante déclaration de qui vous êtes, vous en êtes venus à comprendre ce qu’il faut faire et comment il faut vivre. Vous étiez solidaires contre l’oppression, et contre une police secrète sans loi, contre un système cruel et méchant qui a appauvri vos villes et vos âmes. Et vous avez gagné. La Pologne l’a emporté. La Pologne l’emportera toujours. (…)

Ce continent n’est plus confronté au spectre du communisme. Mais aujourd’hui en Occident, nous devons dire qu’il y a des menaces sur notre sécurité et notre mode de vie. Vous voyez ce qui arrive. Il y a des menaces. Nous leur ferons face. Nous vaincrons. Mais il y a des menaces. Nous sommes confrontés à une autre idéologie oppressive, qui cherche à exporter le terrorisme et l’extrémisme tout autour du globe. L’Amérique et l’Europe souffrent attaque après attaque. Nous allons y mettre un terme. (…)

Comme le rappelle l’expérience polonaise, la défense de l’Occident repose non seulement sur des moyens, mais sur la volonté de son peuple de l’emporter et de réussir à obtenir ce que vous devez obtenir. La question fondamentale de notre temps est de savoir si l’Occident a la volonté de survivre. Avons-nous assez confiance en nos valeurs pour les défendre à tout prix ? Avons-nous suffisamment de respect envers nos concitoyens pour protéger nos frontières ? Avons-nous le désir et le courage de préserver notre civilisation face à ceux qui veulent la subvertir et la détruire ? Nous pouvons avoir les économies les plus fortes et les armes les plus mortelles n’importe où sur la terre, si nous n'avons pas des familles fortes et de fortes valeurs, nous serons faibles et nous ne survivrons pas. Si quelqu'un oublie l'importance cruciale de ces choses, qu’il vienne dans un pays qui ne l’a jamais oublié. Qu’il vienne en Pologne.

Et aujourd'hui comme toujours, la Pologne est dans notre cœur, et son peuple est dans ce combat. Tout comme la Pologne ne pouvait pas être brisée, je déclare aujourd'hui - que le monde l’entende - que l'Occident ne sera jamais brisé. Nos valeurs prévaudront. Nos peuples vont prospérer. Et notre civilisation triomphera. Alors, ensemble, combattons tous comme les Polonais - pour la famille, pour la liberté, pour le pays et pour Dieu.

Que Dieu vous bénisse. Que Dieu bénisse le peuple polonais. Que Dieu bénisse nos alliés. Et que Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique."

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog ... eurs-.html

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Re: Discours de Trump en Pologne

Message non lupar Cinci » dim. 09 juil. 2017, 22:57

Et qu'est-ce que représente ce discours selon vous? C'est significatif de quoi?

:?:

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Re: Discours de Trump en Pologne

Message non lupar Cinci » mar. 11 juil. 2017, 5:47

Dans un même souffle, il a assuré que «le peuple polonais, le peuple américain et les peuples d'Europe s'exclament: «nous avons soif de Dieu».
Donald Trump ferait enfin une lecture positive de l'état moral de l'Occident ... fini le matérialisme, fi de la société hédoniste ... interdit d'interdire ... Non, maintenant les Suédois ont soif de Dieu, les Hollandais, les Français également ... comme la jeunesse de Pologne qui a soif de courir les sanctuaires de Czestochowa et d'ailleurs. Et dire que la chose semblerait échapper à la sagacité de nos observateurs catholiques en Europe!

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Re: Discours de Trump en Pologne

Message non lupar Cinci » mar. 11 juil. 2017, 6:39

Ce continent n’est plus confronté au spectre du communisme. Mais aujourd’hui en Occident, nous devons dire qu’il y a des menaces sur notre sécurité et notre mode de vie. Vous voyez ce qui arrive. Il y a des menaces. Nous leur ferons face. Nous vaincrons. Mais il y a des menaces. Nous sommes confrontés à une autre idéologie oppressive, qui cherche à exporter le terrorisme et l’extrémisme tout autour du globe. L’Amérique et l’Europe souffrent attaque après attaque. Nous allons y mettre un terme. (…)
Trump voit des menace pour "notre mode de vie", la déstabilisation, l'insécurité ... comme si ce n'était pas le libéralisme de tous les opérateurs du système américain qui déstablisaient le monde, le Moyen-Orient entre autres; comme si ce n'était pas le capitalisme financier qui dérangeait ses propres électeurs de Pennsylvanie.

Une "grave" menace pour la sécurité des habitants du Vermont? Il faudrait un jour que les chrétiens de Syrie entendent ça, ceux de Gaza ... les femmes d'Iran, du Pakistan ...

Avec une force militaire déjà surdimensionnée et présente partout sur le globe, sous l'eau, dans les airs, en orbite dans l'espace, les habitants du Vermont devraient craindre pour leur sécurité? L'Amérique souffre attaque après attaque ... ;- Hein? ah bon!

Le discours n'est qu'une pièce de propagande démagogique complètement creuse. Pas possible!

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Re: Discours de Trump en Pologne

Message non lupar PaxetBonum » mar. 11 juil. 2017, 8:43

Le discours n'est qu'une pièce de propagande démagogique complètement creuse. Pas possible!
Pas sûr du tout.
Oui la politique américaine est à l'origine de beaucoup de déstabilisations mondiales.
Mais vous ne pouvez pas accuser Trump des crimes commis par ses prédécesseurs.

J'apprécie particulièrement cette phrase qui change tellement du politiquement correct : "Nous pouvons avoir les économies les plus fortes et les armes les plus mortelles n’importe où sur la terre, si nous n'avons pas des familles fortes et de fortes valeurs, nous serons faibles et nous ne survivrons pas."
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Re: Discours de Trump en Pologne

Message non lupar Cinci » jeu. 13 juil. 2017, 17:40

Je trouve que Trump est fort décevant. Le miracle escompté n'aura pas lieu. Le miracle du type inculte peut-être, grossier, partageant les mêmes goûts tapageurs que Berlusconi en Italie, mais, en même temps, suffisamment en réaction contre la culture politique ambiante à Washington, qu'à tant vouloir faire le contraire il parviendrait, accidentellement, une fois sur deux, à emprunter la bonne voie. Même pas! Les contribuables américains n'auront même pas droit à ça.

En lieu et place, ils auront droit à du "bushisme" déjà flétri; encore qu'aggravé par des discours de plus en plus démagogiques, de plus en plus menteurs.

Trump ne fait rien du tout de ce qu'il aurait pu laisser voir qu'il ferait. Au lieu d'en rabattre avec le militarisme et de ramener les "boys" à la maison, de songer à s'occuper de l'économie domestique au profit de la société civile et surtout au profit des "malmenés" des quarante dernières années : Trump reprend à son compte la bonne vieille politique de papa Bush et du Pentagone. Discours sur le nouvel ordre mondial, "We are in command", "On est les meilleurs"; "God bless you", etc. Discours de paranoïque également sur de prétendues menaces extérieures notamment. Trump donne dans le sionisme politique, dans le renversement de la Syrie comme objectif, dans le braquage contre la Russie, dans les relations cordiales avec le royaume des wahhabites. Le Dieu dont parle Trump a tout à voir avec l'idole, le Dieu des maréchalistes d'une autre époque, le Dieu de Netanyaou sans doute.

C'est toujours la même "cochonnerie", la même camelote, la même politique de puissance débile. On fait semblant de changer l'emballage mais le fond reste le même.

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Message non lupar etienne lorant » lun. 24 juil. 2017, 15:22

Les nouvelles sanctions contre la Russie que le Congrès américain s'apprête à voter mardi sont "contreproductives" et "nuisent" à Moscou comme à Washington, a estimé lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
La poursuite de la politique des sanctions est "contreproductive et nuit aux intérêts de nos deux pays, ainsi qu'à ceux des pays tiers avec lesquels la Russie maintient et développe ses relations bilatérales", a déclaré à la presse M. Peskov.
Moscou continue de considérer les sanctions comme étant une mesure "extrêmement négative", "surtout quand il s'agit des nouvelles initiatives émanant du Congrès", a-t-il souligné.

Un accord de principe a été trouvé ce week-end au Congrès américain sur l'adoption de nouvelles sanctions contre la Russie et la Maison Blanche semblait disposée à soutenir ce projet.La Chambre des représentants doit voter mardi une loi sanctionnant non seulement la Russie - pour son ingérence présumée dans la campagne présidentielle américaine et le rattachement de la Crimée -, mais aussi l'Iran, ainsi que la Corée du Nord en raison de ses récents tirs de missiles balistiques.

Les sanctions américaines contre Moscou avaient également été vivement dénoncées par Berlin, qui accuse Washington de chercher à favoriser ses entreprises en punissant les grands groupes européens engagés dans le projet de gazoduc Nord Stream 2.

http://www.lepoint.fr/monde/kremlin-les ... 96_24.php.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Message non lupar PaxetBonum » lun. 24 juil. 2017, 15:49

Tiens, Berlin s'est aperçu que les sanctions touchaient plus l'Europe que la Russie ?
Je suis épaté qu'ils aient enfin compris !

La Russie a développé son agriculture poussée par l'embargo.
A la levée de l'embargo bien des producteurs européen n'auront que leurs yeux pour pleurer en voyant que le marché russe ne leur reprend pas leurs produits qu'ils produisent désormais eux-mêmes…

"« La réouverture de ce marché doit être une priorité pour l’UE », a affirmé Henri Brichard, vice-président du Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles de l’Union européenne), dans un communiqué de presse publié vendredi.

Il a ensuite dressé un bilan alarmant de l’état de l’agriculture européenne, expliquant que « les prix de la viande porcine sont inférieurs à leur niveau d’il y a 11 ans et les prix du lait sont plus de 40 % en dessous des niveaux de l’année dernière ».

Dans la foulée, le principal syndicat agricole européen a réitéré sa demande à la Commission de faire en sorte que cesse l’embargo de la Russie sur les produits alimentaires européens.

En 2014, Moscou avait en effet mis en place un embargo en réaction à des sanctions économiques décidées par Bruxelles après la crise ukrainienne et le rattachement de la Crimée à la Russie."
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Les dessous de la disparition de la guerre secrète de la CIA en Syrie à un milliard de dollars

Message non lupar Guillaume C. » lun. 21 août 2017, 19:05

Les dessous de la disparition de la guerre secrète de la CIA en Syrie à un milliard de dollars

Spoiler!
Des avions de guerre et du personnel militaire russes sur une base aérienne aux abords de Lattaquié en Syrie, l’année dernière. Les bombardements russes ont contribué à la déliquescence d’une armée rebelle soutenue par la CIA. Crédits : Ministère de la Défense russe, via European Pressphoto Agency


WASHINGTON — L’une des missions secrètes de la CIA, parmi les plus chères de son histoire, a connu une fin brutale.

Au cours d’une réunion à la Maison-Blanche au début du mois dernier, Mike Pompeo, le directeur de la CIA, a recommandé au président Trump d’arrêter d’armer et d’entraîner les rebelles syriens, un effort poursuivi durant quatre années. Le président a rapidement mis fin au programme.

L’armée rebelle était alors une coquille vide après plus d’une année passée sous les bombardements de l’aviation russe et confinée dans des recoins de la Syrie, de plus en plus réduits, que les troupes gouvernementales n’avaient pas encore reconquis. Pendant des années, des voix se sont élevées, au sein du Congrès, pour protester contre les coûts engagés – plus d’un milliard de dollars sur toute la durée du programme. En outre, des rapports selon lesquels des armes fournies par la CIA avaient fini entre les mains d’un groupe rebelle lié à al-Qaïda ont davantage sapé le soutien politique apporté à ce programme.

Même si M. Trump a été l’objet de critiques avançant qu’il mettait fin au programme dans le but d’acheter ainsi les faveurs du président russe Vladimir Poutine, le soutien apporté aux rebelles était jugé douteux aussi bien sous la présidence de Trump que sous celle d’Obama – une convergence d’opinions rare sur la politique de sécurité intérieure.

Le programme de la CIA, était l’un des plus chers soutien en armes et en entraînement à des rebelles depuis le programme de soutien de l’agence aux moudjahidin en Afghanistan dans les années 80. Son arrêt a contraint à un bilan de ses réussites et de ses échecs. Ses opposants disent que ce programme a été aventureux, cher et inefficace. Ses partisans, qu’il était trop encadré, et que ses réussites sont remarquables, au vu des restrictions imposées à l’administration Obama dès le début, ce qui, arguent-ils, est la cause de son échec.

Le programme a eu ses heures de réussite, notamment en 2015 avec l’usage par les rebelles de missiles antichars fournis par la CIA, et les forces dirigées par l’Arabie saoudite en Syrie du Nord. Mais fin 2015, l’offensive militaire russe en Syrie était ciblée principalement sur les combattants soutenus par la CIA qui faisaient face aux troupes gouvernementales syriennes. Beaucoup de combattants y trouvèrent la mort, et le sort de l’armée rebelle s’est inversé.

Charles Lister, un expert de la Syrie auprès de l’institut du Moyen-Orient, dit ne pas être surpris de la fin par l’administration Trump du programme, qui a armé et entraîné des milliers de rebelles syriens. (En comparaison, un programme du Pentagone à 500 millions de dollars qui visait à entraîner et équiper 15 000 rebelles syriens pendant 3 ans, fut annulé en 2015 après n’avoir rendu opérationnels que quelques dizaines de combattants.)

« Sous bien des angles, je blâmerais l’administration Obama », a déclaré M. Lister à propos du programme de la CIA. « Ils ne lui ont jamais accordé les ressources ou l’espace nécessaires pour changer la dynamique du champ de bataille. Ils approvisionnaient les groupes d’opposition au compte-gouttes, juste assez pour qu’ils survivent, mais jamais de quoi leur donner l’avantage. »

M. Trump a critiqué publiquement le programme de soutien par deux fois après l’avoir arrêté. Après que le Washington Post a fait part de son arrêt pour la première fois, M. Trump a tweeté qu’il mettait fin à des « paiements considérables, dangereux et inefficaces aux rebelles syriens combattant Assad ». Et pendant une interview au Wall Street Journal le mois dernier, le président a évoqué que nombre d’armes fournies par la CIA ont fini dans les mains « d’al-Qaïda » – probablement une référence au front al Nosra, affilié à al-Qaïda, qui a souvent combattu au côté des rebelles soutenus par la CIA.

Michael V. Hayden, ancien directeur de la CIA, a déclaré que les commentaires du président « pourraient freiner l’agence au vu des réactions qu’ils pourraient craindre de sa part lors de futures actions clandestines. »

Le général Raymond A. Thomas III, commandant des opérations spéciales pour les États-Unis, a quant à lui déclaré lors d’une conférence le mois dernier que l’arrêt du programme de la CIA était « une décision dure, vraiment dure. »

« Du moins pour ce que je sais de ce programme et de la décision d’y mettre fin, il ne s’agit absolument pas d’une concession faite aux Russes », a-t-il dit. « Je crois que la décision a été prise sur la base d’une évaluation de la nature du programme, sur ce que nous essayons de faire là-bas, et la viabilité de continuer. »

Un porte-parole de la CIA n’a pas souhaité apporter de commentaires.

Le Président Barack Obama avait donné son accord à contre-cœur à ce programme en 2013, alors que l’administration se débattait pour mettre un coup d’arrêt à la dynamique prise par les forces gouvernementales loyales au président Bachar el Assad. Il fallut après cela peu de temps pour que le programme soit victime des alliances mouvantes de six ans de guerre civile et de la visibilité réduite dont disposaient les militaires et les renseignements américains sur la réalité du terrain.

Une fois entraînés par la CIA, les combattants traversaient la frontière syrienne, et devenaient difficiles à contrôler par la CIA. Que des armes de la CIA finissent entre les mains de combattants d’al-Nosra – et que certains rebelles eux-mêmes rejoignent ce groupe – a étayé les craintes que beaucoup dans l’administration Obama exprimaient dès le début du programme. Quoique le front Al Nosra fût considéré comme une force combattante efficace contre les troupes d’Assad, son affiliation à al-Qaïda rendait impossible à l’administration Obama de le financer directement.

Les responsables du renseignement américain estiment que le front al-Nosra dispose à présent de 20 000 combattants en Syrie, en faisant le plus grand groupe affilié à al-Qaïda. À la différence d’autres groupes affiliés à al-Qaïda comme par exemple « Al-Qaïda péninsule arabique », le front al-Nosra a longtemps gardé en ligne de mire le combat contre le gouvernement syrien, et non pas la mise au point d’attentats terroristes aux États-Unis et en Europe.

Les officiels américains s’expriment sur le sujet sous couvert d’anonymat, pour ne pas être pris à discuter d’un programme classé secret.

À l’été 2012, David H. Petraeus, alors directeur de la CIA, proposa pour la première fois un programme clandestin d’armement et d’entraînement aux rebelles, au moment où les forces gouvernementales syriennes leur rendaient la vie dure.

La proposition avait alors lancé le débat au sein de l’administration Obama, certains des conseillers les plus haut placés de M. Obama arguant de ce que le chaos du champ de bataille syrien rendrait quasiment impossible de s’assurer que les armes de la CIA restent éloignées des mains de groupes militants comme le front al-Nosra. M. Obama rejeta le programme.

Mais il changea d’avis l’année suivante, et signa une circulaire autorisant la CIA à armer et entraîner clandestinement de petits groupes de rebelles sur des bases situées en Jordanie. Le changement d’avis du président fit suite à un lobbying intense de la part de dirigeants étrangers, notamment le roi Abdullah II de Jordanie et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui demandaient que les États-Unis jouent un rôle plus actif pour mettre fin au conflit.

Le programme secret, dont le nom de code choisi fut Bois de Sycomore, commença lentement, mais en 2015, les rebelles soutenus par la CIA avaient fait des progrès importants contre les forces syriennes, prenant pied dans des zones du pays jusqu’alors considérées comme bastions gouvernementaux. L’offensive avait gagné en dynamisme après que la CIA et l’Arabie saoudite se mirent à distribuer les puissantes armes antichar aux groupes rebelles.

Mais la poussée des rebelles sur les provinces d’Idlib, Jama et Latakia en Syrie du nord créèrent également des problèmes à Washington. Le front al-Nosra, combattant souvent aux cotés des rebelles financés par la CIA, faisait ses propres conquêtes territoriales.

M. Poutine prit les conquêtes d’al-Nosra comme une justification pour l’attaque militaire russe sur la Syrie, qui commença en 2015. La campagne russe, qui bombarda sans relâche les combattants financés par la CIA et les militants d’al-Nosra, frappa fort les rebelles, et les mit en déroute.

Le programme subit également d’autres revers. L’armement et l’entraînement des rebelles se déroulaient en Jordanie et en Turquie, et à un moment les officiers de renseignement jordaniens se mirent à voler et à revendre sur le marché noir les armes que la CIA avaient apportées sur le territoire à destination des rebelles syriens. En novembre, un membre des forces militaires jordaniennes tua par arme à feu trois soldats américains qui avaient entraîné des rebelles syriens dans le cadre du programme de la CIA.

Les officiels de la Maison-Blanche reçurent également régulièrement des rapports, selon lesquels les rebelles entraînés par la CIA exécutaient sommairement les prisonniers et violaient de diverses façons les règles des conflits armés. Il pouvait arriver que les rapports amènent à une suspension de la coopération de la CIA avec les groupes soupçonnés de mal agir.

John O. Brennan, dernier directeur de la CIA sous Obama, continua de défendre bec et ongles le programme, malgré les divisions au sein de l’agence d’espionnage sur son efficacité. Mais au cours de la dernière année de l’administration Obama, le programme avait perdu de nombreux soutiens à la Maison-Blanche – en particulier après que la priorité numéro 1 en Syrie de l’administration devint de battre l’État Islamique, également appelé ISIS ou ISIL, et non plus de mettre fin au gouvernement de M. Assad.

Au cours d’une réunion dans la salle de crise de la Maison-Blanche, sur la fin de l’administration Obama, alors que les rebelles financés par la CIA continuaient de perdre du terrain face aux bombardements russes qui allaient en s’amenuisant, M. Brennan insista pour que les États-Unis poursuivent le financement contre M. Assad, d’après une personne présente à cette réunion.

Mais Susan E. Rice, la conseillère en sécurité nationale, répliqua « Ne faites pas d’erreur », toujours d’après la personne qui relate cette réunion. « La priorité du président est de combattre l’EI. »

Soutenues par l’aviation russe, les forces gouvernementales syriennes reprirent peu à peu du terrain près de la frontière turque, dans des zones longtemps restées sous contrôle des rebelles et finirent par repousser nombre de rebelles jusqu’à la ville assiégée d’Alep.

Alep fut reprise par les forces gouvernementales syriennes en décembre.

Eric Schmitt, Matthew Rosenberg et Matt Apuzzo ont participé à cette enquête.

Source : The New York Times, Mark Mazzetti, Adam Goldman & Michael S. Schmidt, 02-08-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


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