Dire non aux idéologues de la diversité

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PaxetBonum
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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par PaxetBonum » lun. 07 janv. 2019, 20:35

Bassmeg a écrit :
lun. 07 janv. 2019, 18:27
Cela dit, il y a des pays qui luttent et disent non aux "idéologues de la diversité". On peut les prendre comme modèles, ou comme repoussoirs:
L' Afghanistan, la Corée du Nord, la Suisse, le Royaume du Bhoutan, l' état Islamique, l' allemagne hitlerienne, le Japon impérialiste, la Tchétchènie, etc...
A chacun de décider si il voudrait y vivre ou non.
Je vais malicieusement revenir sur l'un de vos exemples tendancieux : l'Allemagne hitlérienne.
Savez-vous que la 13ème division SS handschar était totalement musulmane ?
Que la Legion SS Legion Freies Indien était composée d'indiens ?
Que Hitler était très copain avec le grand mufti de Jérusalem ?
etc…
Bref dans la SS on connaissait déjà le vivre ensemble…

Tout cela pour dire que vos exemples sont fallacieux.
Pourquoi ne pas choisir des pays qui existent encore plutôt que des pays et plus encore des régimes révolus ?
Pourquoi ne pas proposer l'Arabie Saoudite, le Qatar, l'Algérie… ?
Bassmeg a écrit :
lun. 07 janv. 2019, 18:27
Fermer les yeux très fort en regrettant le temps passé ne sert à rien et surtout, c' est dangereux dans une telle situation.
(...)Est ce que vraiment, c' est si grave?
Pourquoi serai-ce dangereux d'écouter les anciens qui nous expliquent que c'était plus sain avant ?
Il n'y a peut-être pas que de la nostalgie mais aussi de la lucidité, de l'expérience et du bon sens !
Cela ne sert pas à rien : on voit fleurir des écoles de partout qui réemploient les anciennes méthodes d'apprentissage de la lecture, du calcul… avec de brillants succès, là où les méthodes modernes du progrès donnent des analphabètes.
Des générations d'immigrés se sont assimilés à la France avec ce savoir vivre à la française, alors que des générations d'immigrés se juxtaposent en 'vivant ensemble' avec ces théories progressistes de l'intégration (qui n'a fait que désintégrer le savoir vivre français).

Est-ce grave ? Extrêmement !
C'est la destruction de l'identité française et rapidement la culture, l'alimentation, l'histoire française seront remplacés par une population dominante qui imposera sa culture, son alimentation, son histoire… si vous ouvrez les yeux cela se réalise dés à présent sous vos yeux…

Seigneur ayez pitié de la France !
Pax et Bonum !
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Valentin
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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Valentin » lun. 07 janv. 2019, 22:12

Bassmeg a écrit :
lun. 07 janv. 2019, 18:27
Les français ne s' habillent plus en costumes régionaux de l' ancien régime? Bon, faisons notre deuil de ceci.
Bassmeg, Votre mépris de l'identité, de l'histoire et de la culture françaises s'assemble à merveille avec votre plaidoyer pour le multiculturalisme. À vrai dire, il le complète...

Mais voyons si vous êtes capable de suivre votre raisonnement jusqu'au bout.
Qu'en est-il des langues régionales : breton, occitan et autres alsacien, qui ont disparu en même temps que les costumes ? Une destruction voulue et orchestrée par le régime républicain, cette grande force du progrès humain.

Vous qui faites l'éloge des langues étrangères parlées dans votre entourage, et qui vous réjouissez - au nom de la diversité - de la présence de ces locuteurs étrangers sur le sol français : la disparition des traditions régionales françaises, des langues, des costumes, de la gastronomie, ne devrait-elle pas vous attrister au nom de cette même diversité ?

Il n'en est rien : vous vous moquez bien de la diversité française, qualifiée par vous de reliquat d'ancien régime (sic). Ce qui vous intéresse, c'est une diversité constituée d'éléments étrangers à la nation.

Mais n'avez-vous jamais pensé que si les étrangers arrivant en France possèdent une identité propre, une langue, des coutumes particulières etc., c'était parce qu'ils sont issus de cultures où les traditions sont transmises de père en fils et de mère en fille ? Où les traditions sont sacrées ?

Si ces juifs, ces Arabes et autres Hongrois que vous citez avaient eu le même mépris que vous vis-à-vis de leurs propres traditions nationales, qu'en serait-il du vivre-ensemble et des pâtisseries orientales ?
Les français mangent des pizzas, des tandooris, des hamburgers mais délaissent le boudin et les pieds paquets? Est ce que vraiment, c' est si grave?
Il est toujours curieux de constater le caractère borgne du gauchisme : vive les cultures, vive les traditions... mais celles des autres ! Surtout pas les nôtres.

Je vais vous illustrer le problème ci-dessus avec un autre exemple, chère Bassmeg. Vous allez tout de suite comprendre :

Si les Indiens mangent des pizzas et des hamburgers mais délaissent le tandoori, est-ce que vraiment, c'est si grave ?

Cinci
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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Cinci » lun. 01 avr. 2019, 18:03

Valentin :

Il est toujours curieux de constater le caractère borgne du gauchisme : vive les cultures, vive les traditions... mais celles des autres ! Surtout pas les nôtres.


Caractère borgne du néo-gauchisme allié au néo-libéralisme et qui souhaitent tout deux déconstruire, - en tant que mouvements - , les référents traditionnels de la société occidentale; voulant détruire soi-disant "jusqu'à la racine" les ferments de l'exclusion, ceux d'un manque d'ouverture à la différence, aux façons "autres" de raisonner, fonctionner, moraliser, vivre sa foi, etc.

C'est tout à fait cela.



Et encore ...


Ces penseurs du néo-libéralisme, comme uniquement soucieux de défendre les minorités méprisées, faire disparaître les pénalités pouvant entraver la marche "libératrice" de tous ceux ou celles qui n'entreraient pas dans le vieux moule sociétal : ils font tout autre chose que promouvoir des foires commerciales et où, des clients heureux j'Imagine pourraient enfin trouver, comme dans une caverne d'Ali baba, des richesses provenant des quatre coins de l'horizon.

Ils font tout autre chose, ces militant(e)s. Et puis c'est bien là que je dis, - eux, faisant autre chose, que Bassmeg est "hors champs" avec ses histoires de tables bien garnies, de spécialités culinaires provenant d'ici ou là.

Je dis non à Bassmeg parce que le coup de la "diversité culinaire" existait déjà du temps des empires coloniaux du XIXe siècle. Les Anglais n'ont pas eu besoin d'attendre après nos militants diversitaires de l'an 2000, par exemple, pour connaître et consommer du curry des Indes. La question n'est pas là. La Chine pouvait être aussi l'empire le plus fermé du monde aux étrangers mais que ses commerçants pouvaient y importer "quand même" toutes sortes de curiosités gustatives, d'épices et tout ce qu'on veut.

Voyez-vous

Non, la particularité de nos militants de la "diversité" aujourd'hui c'est qu'ils prônent la non intégration des étrangers ou des immigrants au moule traditionnel de notre société d'accueil et sa culture occidentale.

Ces militants (en réaction contre le passé, contre la société judéo-chrétienne) veulent que des Chinois puissent vivre au Canada comme s'ils vivaient en Chine, à côté d'arabes musulmans pouvant choisir, eux, d'y vivre comme dans un banlieue du Caire, à côté d'artistes anglophones libertariens pouvant y vivre comme à New-York, à côté d'une communauté d'homosexuels pouvant faire abstraction des uns et des autres, etc. "Je fais ce que je veux"; "Si je veux vivre, penser, manger, me vêtir comme si j'était à Karachi, j'ai le droit !" Haro sur le concept d'assimilation ! "Le ghetto c'est mieux. La société éclatée, c'est plus chouette."

Enfin

Cette question est extrêmement brûlante d'actualité. C'est un problème significatif qui traverse également l'Église catholique de part en part (elle n'est pas isolée du monde, notre Église) et qui risque bien sûr d'y amener de nouveaux durcissements inexpiables et autres incommunications au plus intime des membres entre eux.

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Cinci » mer. 03 avr. 2019, 3:29

Tiens ...

Je viens de trouver "quelque chose" qui est loin d'être inintéressant, dans un message fleuve du philosophe (et souverainiste) québécois Richard Gervais.

Il donne sa lecture personnelle d'une certaine dynamique politique ayant pu avoir cours dans le Québec des cinquante dernières décades. Attention. Je n'oblige personne ici à devoir se taper l'article tout entier, à être d'accord ou pas d'accord ou même à devoir s'intéresser au cas politique susdit.

Mais il raconte à un endroit :
Je pense que, dans notre société comme dans les sociétés occidentales en général, le débat nationalisme – mondialisme (ou populisme – multiculturalisme, ou comme on voudra) est en train de prendre le pas sur le débat classique gauche – droite et que par conséquent la question nationale québécoise se pose dans un contexte modifié. D’ailleurs, la gauche et la droite se retrouve du même bord, celui du mondialisme.

L’affrontement est majeur et il déterminera longtemps, à mon avis, l’histoire qui se fait. Il mobilise déjà une foule de notions. Il y a quelques temps, je me suis amusé à en repérer quelques-unes et à les opposer terme à terme plus ou moins rigoureusement. Cette simple énumération, non exhaustive, donne à voir la portée du nouveau clivage et les enjeux qu’il peut charrier.

- souverainisme (nationalisme, patriotisme)/mondialisme (internationalisme, cosmopolitisme)

- populisme/multiculturalisme

- conservatisme/progressisme

- transmission (de l’héritage, de la civilisation)/déconstruction (de l’héritage, de la civilisation)

- revalorisation de l’État-nation/dépassement de l’État-nation

- identitarisme/diversitarisme (communautarisme, etc.)

- natalisme/immigrationnisme

- frontiérisme/sans-frontiérisme

- enracinement (éloge de l’)/déracinement (éloge du)

- raison d’État (bien commun)/droits-de-l’hommisme (individualisme)

Son commentaire :
Richard Gervais :

Aujourd’hui, il y a toujours des gens qui prétendent s’opposer au système et on continue pour cette raison de les classer à gauche. Il faut cependant voir que, primo, le profil de cette gauche a changé; secundo, le système contre lequel elle se dresse a changé lui aussi; tertio, gauche et droite se rejoignent aujourd’hui sur plein de questions.

Les nouveaux gauches sont, à l’instar de leurs devanciers, imbus de la même « certitude arrogante d’incarner la marche du monde », pour utiliser une belle et forte formule d’Alain Finkielkraut à propos de la « gauchitude ». Ces néo-gauches comme les gauches « classiques » sont d’abord convaincus qu’il existe telle chose qu’une marche du monde vers le mieux — cela, il va sans dire, grâce à tous les valeureux de leur sorte qui mettent l’épaule à la roue du progrès et malgré les salauds qui mettent des bâtons dans la même roue : réactionnaires, conservateurs, passéistes, misonéistes, « fascistes ». Tout le credo du progressisme est là, avec l’absolu sentiment de son bon droit et qui, faut-il le dire, recèle un potentiel de violence considérable.

Mais malgré ces points communs de la nouvelle gauche avec l’ancienne, on sent que l’étiquette convient moins, qu’elle masque des évolutions sous-jacentes, que le clivage traditionnel gauche – droite perd de sa prépondérance et de sa pertinence. Et pour cause.

Le profil de la gauche a changé, disais-je : elle est devenue sociétale. Hier, le progressiste se revendiquait socialiste, syndicaliste, marxiste. Aujourd’hui, il s’affiche, en vrac, droit-de-l’hommiste, diversitariste (ethnique, religieux, sexuel, etc.), pro-immigration, antiraciste, inclusif, pro-LGBTQ+, féministe, contre les stéréotypes de « genres », contre l’« appropriation culturelle », contre les discriminations qu’il croit repérer partout et ainsi de suite — la liste est sans fin. On parlait de gauche sociale, maintenant on parlera de gauche sociétale (mot en train peut-être de s’imposer en Europe — francophone, à tout le moins). Ce qui en effet branche cette gauche-là est moins la « question sociale » classique que, disons, les « questions de société », les soi-disant questions du « vivre-ensemble » — du moins est-ce sous ces vertueuses rubriques qu’elle aime inscrire ses impérieuses préoccupations.

Le système ennemi, lui aussi, a changé : ce n’est plus le capitalisme, mais la civilisation occidentale.
Le système ennemi n'est plus le capitalisme mais la civilisation occidentale ...

L'article complet se trouve ici :

https://vigile.quebec/articles/sur-l-in ... -politique


J'ajoute :

Je trouve intéressant, moi, de voir ici clairement défini le contour de ce néo gauchisme. Les néo gauchistes ne sont pas des communistes, pas des bolchéviques et ni non plus des gens qui vont porter aux nues la classe des travailleurs ou qui vont idéaliser le peuple.

Non, les néo gauchistes sont plutôt tels des moralistes, des censeurs, qui, en s'appuyant sur une certaine élite et la puissance de l'État, prétendent vouloir remédier aux maux de l'exclusion (ostracisme, etc.) affectant des minorités (des individus victimes) et, pour ce faire, doivent rééduquer le peuple, les masses.

La loi doit servir à corriger les mal pensants. Les néo gauchistes peuvent fonctionner sans mal, main dans la main, avec les néo libéraux qui souhaitent eux aussi remodeler la société, détruire les barrières, exiger de la "souplesse" de la part des travailleurs et du peuple; davantage de place au soleil pour des pensées "autres" que chrétiennes ou traditionnelles; autres que conservatrices, protectionnistes, etc.

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par ChristianK » mer. 03 avr. 2019, 5:09

La diversité semble avoir partie liée avec le narcissisme libertaire. Ce dernier cherche à se protéger contre la notion de devoir, il implique un certain relativisme, et c'est ce dernier qui justifie la diversité comme valeur morale. En revanche, d'un point de vue plus pragmatique de philo politique une diversité limitée et raisonnable peut être utile pour sauvegarder les droits des minorités légitimes (pas de toute minorité quelle qu'elle soit).

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par emilio45 » dim. 07 juil. 2019, 4:05

Il est toujours curieux de constater le caractère borgne du gauchisme : vive les cultures, vive les traditions... mais celles des autres ! Surtout pas les nôtres.

Je vais vous illustrer le problème ci-dessus avec un autre exemple, chère Bassmeg. Vous allez tout de suite comprendre :

Si les Indiens mangent des pizzas et des hamburgers mais délaissent le tandoori, est-ce que vraiment, c'est si grave ?
Non c'est un homme de paille, une construction de votre esprit. Le gauchiste il est pour la diversité des culture, pas l'annihilation de la notre, il est pour la coexistence, pas la substitution.

Et pour répondre à votre question rhétorique qui n'en était pas vraiment une: Alors après je connais pas votre définition du mot "grave" hein, mais sans une once d'hésitation: oui, mais bien sur qu'il y a des choses plus importantes dans le monde que de savoir que l'art du tandoori se perdrait en Inde. Genre, au pif, le réchauffement climatique? Les limites de ressources naturelles? La surpopulation des zones urbanisées? le fait qu'environ 2000 SDF décèdent chaque années en France de cause non naturelle ? Ou qu'une femme meurt des coups de son conjoint tous les deux jours en moyenne? Mais vous avez raison, le souci c'est qu'on puisse plus badigeonner notre baguette de pain dans des œuf à la mouillette parce que les étrangers, eh bah, ils vont nous imposer la charia, et nous détruire nos traditions avec l'aide et la collaboration du multiculturalisme de gauche.
Ah le multiculturalisme de gauche.., ce poison dont le but machiavélique et de vouloir faire en sorte que toutes les ethnies et cultures puisent être égaux et cohabiter en harmonie sans discrimination! Rha ils ne manquent pas de culot ces gauchistes! :clap:

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Kerygme » dim. 07 juil. 2019, 12:27

Bonjour,


Evidemment tout dépend dans quelle acception on perçoit le mot "diversité".

Mais au sens biblique la diversité est voulue par Dieu, c'est l'enseignement qu'on peut tirer de la Tour de Babel.
Dieu veut de la diversité, mais Il nous appelle à l'unité dans cette diversité.

Au sens moderne c'est l'unité qu'il nous manque. Il ne me semble pas avoir vu ce mot être abordé.
Mais attention, et par anticipation, unité ne veut pas dire syncrétisme non plus ;)


Cordialement.
« N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité. » (1Jean 3,18)

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prodigal
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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par prodigal » dim. 07 juil. 2019, 14:59

Je suis bien d'accord avec vous, cher Kerygme.
L'unité est ce qui rassemble une diversité. Sinon, il ne s'agit que d'uniformité.
Ainsi l'Eglise est une, sainte, catholique et apostolique. Mais pas identitaire ni partisane. :oui:
Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Cinci » lun. 08 juil. 2019, 18:55

Bonjour,

Quand j'évoque les "idéologues de la diversité", je parle des partisans du multiculturalisme.


Voir :
Le multiculturalisme qui favorise le maintien du caractère distinctif des cultures multiples au sein d'une société est souvent opposé à d'autres politiques telles que l'intégration sociale, l'assimilation culturelle ou la ségrégation raciale. Pour parler de multiculturalisme, les termes « creuset » ou « mosaïque culturelle » sont parfois employés


En adoptant la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, promue par le Premier ministre Pierre Elliott Trudeau (PLC), le gouvernement canadien a opté en faveur d'une politique favorable au multiculturalisme . [...] Le fils de Pierre Elliott Trudeau et Premier ministre depuis 2015 Justin Trudeau poursuit cette politique

[...]

Alors que la France prône nationalement une stricte laïcité et en est venue à parfois faire des accommodements raisonnables (selon le vocabulaire québécois), le Royaume-Uni a effectué un parcours inverse, le multiculturalisme municipal étant ensuite érige au niveau national entre 1997 et 2001. Didier Lassalle poursuit : « La société s'est alors adaptée aux demandes des minorités : les mariages arrangés pratiqués dans la communauté pakistanaise ont été tolérés, les sikhs ont obtenu le droit de conduire des motos ou de travailler sur des chantiers avec leur turban … ». La création de projets à l'initiative des minorités, notamment d'écoles, « favorise l'implication des communautés dans la vie politique locale, tout en créant un risque de dérive communautariste » poursuit Delphine Papin. Des revendications particulières et des concentrations ethniques prennent alors un réel poids électoral

Après 2001, les gouvernements de Tony Blair, Gordon Brown et David Cameron s'éloignent de cette politique. En 2001, après les émeutes interethniques entre Blancs et musulmans à Bradford, Burnley et Oldham, le ministre de l'Intérieur travailliste David Blunkett déclare qu'il y a un impératif linguistique et la nécessité d'un minimum d'intégration culturelle. Après les attentats de Londres de 2005, le Premier ministre travailliste Tony Blair reprend ces propos sur les dérives de la diversité puis Gordon Brown, à partir de 2008, lequel « va s'efforcer de devenir le chante des valeurs britanniques ». En 2011, le Premier ministre conservateur David Cameron déclare que le « multiculturalisme d'État » des travaillistes entre 1997 et 2001 est à l'origine d'un séparatisme communautaire et des crispations identitaires, qui selon lui sont un terreau pour le terrorisme islamiste . Theresa May poursuit la même politique. Didier Lassalle note qu'en 2017, « à part dans les milliers universitaires et la gauche radicale, plus personne [ne] parle] » du multiculturalisme. Depuis 2007, la doctrine officielle est de promouvoir un retour à l'intégration des minorités ethniques afin de vivre en commun sur la base d'un certain nombre de principes.

[...]

Cependant, conclut Didier Lassalle : « Les minorités ont tendance à vouloir rester entre elles. Et les Blancs, eux, n'ont pas vraiment envie de vivre avec les minorités. Cela favorise la concentration ethnique, comme dans certains quartiers de Londres ou de Birmingham, qui ne sont pas pour autant des ghettos ». Dans ces endroits ont pu avoir lieu des émeutes, comme en 2001.

France

Historiquement depuis la Révolution française, la France de la Première République est opposée au multiculturalisme et développe l’idée d’un universalisme républicain, c’est-à-dire l’égalité de traitement pour tous les citoyens sans distinction d’origine ethnique notamment.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Multiculturalisme

Je suis contre le multiculturalisme qui est devenu "la" religion politique de l'État fédéral canadien. J'exècre cette philosophie politique !

Parce qu'il s'agit d'une pensée découlant principalement du modèle impérial britannique selon moi. C'est l'idée anglo-saxonne d'un vaste imperium dans lequel pourrait et ne devrait d'ailleurs se rencontrer, non pas des nations souveraines, mais uniquement des individus munis désormais de certains droits individuels; et encore, ici, que des individus "racialisés", des sujets de droit à la fois reconduit ou ramenés au statut de l'indigénat.

Voyez :

"Vous n'êtes mon cher monsieur qu'un membre d'une tribu ethnique à la base"; "Vous êtes essentiellement un musulman"; "Vous êtes un arabe pour l'éternité", "De quelle ethnie êtes-vous ?"; "Ah ! Les Canadiens-français et leur fête ethnique du 24 juin etc.; et pourtant présenté comme un statut qui devrait être le marche-pied d'une sorte de citoyenneté universelle. "Oui, je suis un bougnole, un bamboula comme auront pu le dire avec raison les Joseph Chamberlain d'une autre époque, Sauf que je suis un bamboula qui est fier de l'être et qui transcende verticalement sa condition de bamboula, mais du fait justement d'avoir pu recevoir sa propre élevation au rang de "membre de l'impérium"; ce qui signifie que tous les idiosyncrasies devraient se valoir , la négritude équivaloir au caractère asiate, la caucasianité n'être pas au-dessus de l'indianité ni l'hétérosexualité être privilégié avant l'homosexualité, etc.

Pour les sénateurs de l'impérium provenant des quatre horizons : tous les particularismes doivent donc se valoir, tous les métèques n'ètre que des "métèques comme les autres". La seule identité qui importe véritablement : citoyen de l'empire .

Il s'agit d'être ce sujet universel et interchangeable, mobile, apte à changer pour peu que l'envie ou la fantaisie lui en prenne ("je peux être une femme si je veux !"). Un sujet apte à tout consommer, avaler toutes les modes, accepter toutes les religions, pour se plier à toutes les nécessités pratiques du moment, pour devenir indifférent aux divers modèles sociaux proposés (sexualités les plus éclatées, etc.)

L'égalité ...

L'égalité de droits devant finalement s'obtenir par le biais du sacrifice, la vidange complète (idéalement) de toute espèce de réalité politique intermédiaire trop rigide, fruit de l'ancien monde et pouvant faire obstacle encore à la concrétisation "plus parfaite" du modèle impérial souhaité.

C'est un modèle à deux vitesses 1) assurant la promotion des cadres bien-pensants et collaborateurs enthousiastes de l'empire 2) satisfaisant les clans tribaux, les amateurs locaux de gris-gris, les ethnicistes les plus étroits et souhaitant voir leur folklore particulier être affiché plus largement en vitrine (droit pour le religieux de vivre chez lui et partout comme au XIIIe siècle, au VIIIe après Jésus si ce n'est pas avant, etc.; être professeur à l'université et pouvoir y travailler vêtu d'un djellaba, d'un turban ou décoré d'un anneau dans le nez) 3) repoussant dans les marges peu enviables de l'indésidérabilité ou dans le "cloaque de l'histoire" les nationalistes, les férus de la nation, les promoteurs "populistes" d'un soi-disant bien commun de tout un peuple, les partisans des frontières ou du dogme ressortant du passé.

Lutte des cosmopolites contre les enracinés ("La France éternelle !"; "Les racines chrétiennes de l'Europe ...") . Mais renouvellement de la lutte des barbares nomades contre les paysans sédentaires ? Peut-être ...

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Valentin
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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Valentin » lun. 08 juil. 2019, 22:21

emilio45 a écrit :
dim. 07 juil. 2019, 4:05
Le gauchiste il est pour la diversité des culture, pas l'annihilation de la notre, il est pour la coexistence, pas la substitution.
Avez-vous lu ce qui précède ? Je répondais à quelqu'un qui affichait son mépris des traditions locales françaises, tout en faisant l'éloge des cultures étrangères.
Et pour répondre à votre question rhétorique qui n'en était pas vraiment une: Alors après je connais pas votre définition du mot "grave" hein, mais sans une once d'hésitation: oui, mais bien sur qu'il y a des choses plus importantes dans le monde que de savoir que l'art du tandoori se perdrait en Inde. Genre, au pif, le réchauffement climatique? Les limites de ressources naturelles? La surpopulation des zones urbanisées? le fait qu'environ 2000 SDF décèdent chaque années en France de cause non naturelle ? Ou qu'une femme meurt des coups de son conjoint tous les deux jours en moyenne? Mais vous avez raison, le souci c'est qu'on puisse plus badigeonner notre baguette de pain dans des œuf à la mouillette parce que les étrangers, eh bah, ils vont nous imposer la charia, et nous détruire nos traditions avec l'aide et la collaboration du multiculturalisme de gauche.
Votre remarque est intéressante. Vous écrivez que le réchauffement climatique, la surpopulation et l'épuisement des ressources naturelles sont plus préoccupants que la perte des traditions culinaires indiennes.

D'un certain point de vue, vous n'avez pas tort. Vous faites même preuve de bon sens. Ce n'est pas étonnant : l'homme moderne se doit d'être raisonnable.

En effet, qu'importe la culture, dont la gastronomie fait partie ? Qu'importe le pot-au-feu quand on peut avaler des hamburgers préparés à la chaîne ? Qu'importent les cathédrales si on a des tours en béton, moins chères, bien plus utiles et rapides à construire ?

Vous avez raison, cher Emilio45. Seul compte le corps, puisque Dieu n'existe pas ; la culture, la cuisine, l'architecture, la littérature, en un mot : l'esprit, l'immatériel passent derrière le concret et l'utile. Shakespeare ne vaut pas mieux qu'une paire de bottes !

Mais songez à présent que la surpopulation, le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles sont la conséquence du mode de vie moderne, donc d'une forme de culture. Si nous vivions tous comme les Massaï ou les Inuit, nous nous en tirerions mieux, non ? Nous n'aurions pas tous ces problèmes que vous citez.
Si nous considérons l'abandon du riz tandoori pour le hamburger comme une forme d'américanisation, donc de modernisation ; si nous le considérons comme le symptôme d'une adoption progressive du mode de vie occidental par les Indiens ; alors oui, c'est grave.

Mais de toute façon, je ne vois même pas pourquoi vous vous inquiétez. Si Dieu n'existe pas, tout ceci importe peu. Si la planète se meurt, si l'humanité disparaît, quelle importance, au fond ? Pourquoi vous embêter avec ces questions, alors que la vie n'a aucun sens, aucun but, et que nous retournerons tous au néant après la mort ?

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par emilio45 » mar. 09 juil. 2019, 13:43

Valentin a écrit :
lun. 08 juil. 2019, 22:21
Avez-vous lu ce qui précède ? Je répondais à quelqu'un qui affichait son mépris des traditions locales françaises, tout en faisant l'éloge des cultures étrangères.
Je n'ai pas lu de mépris dans ses textes.
Valentin a écrit :
lun. 08 juil. 2019, 22:21
Votre remarque est intéressante. Vous écrivez que le réchauffement climatique, la surpopulation et l'épuisement des ressources naturelles sont plus préoccupants que la perte des traditions culinaires indiennes.

D'un certain point de vue, vous n'avez pas tort. Vous faites même preuve de bon sens. Ce n'est pas étonnant : l'homme moderne se doit d'être raisonnable.

En effet, qu'importe la culture, dont la gastronomie fait partie ? Qu'importe le pot-au-feu quand on peut avaler des hamburgers préparés à la chaîne ? Qu'importent les cathédrales si on a des tours en béton, moins chères, bien plus utiles et rapides à construire ?

Vous avez raison, cher Emilio45. Seul compte le corps, puisque Dieu n'existe pas ; la culture, la cuisine, l'architecture, la littérature, en un mot : l'esprit, l'immatériel passent derrière le concret et l'utile. Shakespeare ne vaut pas mieux qu'une paire de bottes !

Mais songez à présent que la surpopulation, le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles sont la conséquence du mode de vie moderne, donc d'une forme de culture. Si nous vivions tous comme les Massaï ou les Inuit, nous nous en tirerions mieux, non ? Nous n'aurions pas tous ces problèmes que vous citez.
Si nous considérons l'abandon du riz tandoori pour le hamburger comme une forme d'américanisation, donc de modernisation ; si nous le considérons comme le symptôme d'une adoption progressive du mode de vie occidental par les Indiens ; alors oui, c'est grave.

Mais de toute façon, je ne vois même pas pourquoi vous vous inquiétez. Si Dieu n'existe pas, tout ceci importe peu. Si la planète se meurt, si l'humanité disparaît, quelle importance, au fond ? Pourquoi vous embêter avec ces questions, alors que la vie n'a aucun sens, aucun but, et que nous retournerons tous au néant après la mort ?
Deux choses qu'il convient de ne pas confondre ici: 1) l'idéologie politique 2) la croyance cosmologique. Vous avez immédiatement fait le pont entre ces deux choses, pourtant je ne pense personnellement pas qu'elles soient forcément liées. Il ne suffit pas d'être athée pour être matérialiste, par exemple, parlons de l'IOR, la banque du Vatican, on en est pas au premier scandale la concernant, c'est quasiment un feuilleton. C'est aussi et surtout une banque assez unique en son genre: une banque offshore au coeur de l'Europe, c'est peu commun. Tous les principaux scandales financiers de la péninsule étaient liées de près ou de loin à l'IOR. Les dépôts ne laissent pas de traces et les intérêts sont supérieurs à 5 % en plus de ne pas êtres taxés. Mais le plus édifiant c'est que cette même banque fut utilisé pour blanchir l'argent des revenus du trafic d'héroïne de Cosa Nostra dans les années 90. La Cosa Nostra étant sans doute la mafia la plus connue du monde. Voici le dernier scandale en date à ma connaissance:
https://www.lepoint.fr/monde/italie-tro ... 821_24.php

Là où je veux en venir c'est que, quand ces affaires impliquent des hommes de foi, on est en droit de se demander si cette même foi à un rôle à jouer dans la corruption des hommes ou la moralité en générale? Et s'il faut forcément être athée pour être matérialiste! Surtout.

Sinon je trouve ça curieux que vous opposiez le concret/l'utile à tout un tas de concepts qui sont justement concrets et/ou utiles.. : la culture, la cuisine, l'architecture, la littérature. C'est du concret et c'est utile. Vous assimilez ça à l'esprit, mais l'athée ne nie pas l'esprit en tant que faculté intellectuelle intrinsèquement liée à l'évolution de l'homme, il nie l'esprit en tant que don de Dieu. C'est tout. On est pas en désaccord sur le constat de l'esprit humain (au sens cognitif, j'entends bien), mais sur la provenance de celui-ci.

Sinon le reste de votre réponse est un appel à la nature assez classique. Le débat de base tournait sur une opposition fictive entre les traditions culinaires française et la cuisine du monde. La tradition (culinaire ou non) française est l'occidentalisation du monde n'ont pas de rapport nécessaire, l'un représente notre patrimoine culturel, l'autre est un phénomène social économique qui influence tous les aspects de notre société au quotidien, (pas plus nos traditions qu'autre chose d'ailleurs) et qui n'est pas forcément incompatible avec les traditions. Donc le rapport entre ces deux éléments n'est pas si évident que ce que vous affirmez, encore moins leur prétendu antagonisme. Surtout quand nos traditions culinaires sont représentées dans des véritables temples à l'effigie de occidentalisation tels que les resto 3 étoiles du centre de paris, le genre d'endroit où la cuisine régionale est mise en avant, sauf qu'un simple plat régionale traditionnel peut parfois coûter le prix d'un loyer...

Après, quant à savoir si l'occidentalisation du monde est la cause directe du déclin de l’humanité (réchauffement climatique, surpopulation, ressources naturelles, etcetc). Peut être ouais, même si les occidentaux ne sont pas les seuls à émettre des gaze à effet serre admettons, mais du coup où est le rapport avec l'idéologie de la diversité? Donc vous prenez tout ce que vous n'aimez pas pour l'associez avec les mots généralement péjoratifs, du style "occidentalisation"? Comme ça on a une sorte de cohérence globale entre tout ce que vous n'aimez pas? Je trouve ça un peu facile quand même. Le multiculturalisme et l'occidentalisation n'ont pas de lien apparent. ce ne sont pas les deux faces d'une même pièce.

Sinon votre dernière question rhétorique est intrigante, car elle sous entend qu'on a besoin de croire en une entité supérieure pour donner un sens à notre existence. Ça explique assez bien l'existence du mono/polythéisme selon moi. Théisme qui a accompagné l'homme aussi loin qu'on puisse le retracer. Je pense qu'on est tous égaux à ce niveau-là, cette appréhension du néant n'est pas que mon fardeau d'athée, c'est le fardeau de chaque homme peuplant cette planète possède. Le simple fait que vous pleuriez quand un être cher décède en est la preuve.

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Valentin » mar. 09 juil. 2019, 17:43

emilio45 a écrit :
mar. 09 juil. 2019, 13:43
Je n'ai pas lu de mépris dans ses textes.
Bien entendu.
Deux choses qu'il convient de ne pas confondre ici: 1) l'idéologie politique 2) la croyance cosmologique. Vous avez immédiatement fait le pont entre ces deux choses, pourtant je ne pense personnellement pas qu'elles soient forcément liées. Il ne suffit pas d'être athée pour être matérialiste, par exemple
Je crois que vous avez confondu à votre tour le matérialisme philosophique, qui est indissociable de l'athéisme, et l'attachement aux biens matériels. Il va de soi qu'un homme religieux peut s'attacher aux biens de ce monde ; mais il n'est pas alors en adéquation avec sa religion, puisque celle-ci enseigne (pour ce qui est du christianisme en tout cas) qu'il est parfaitement vain d'amasser des richesses qui ne nous suivront pas dans l'au-delà, et qui ne nous sont d'aucune aide en termes de salut. Le Christ a même dit (et on peut difficilement faire plus explicite) :
Je vous le dis encore, il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. (Mt, XIX:24)
Pas mal de gens, dont de hauts dignitaires chrétiens, feraient bien de s'en souvenir ; je suis entièrement d'accord avec vous sur ce point.

Mais pour un athée, les choses se présentent différemment, puisque même si la mort sépare le riche athée de ses sous, il n'en demeure pas moins que l'accumulation de biens matériels est pour lui un objectif parfaitement raisonnable et logique. Si la vie présente est la seule chose que nous connaîtrons jamais, autant la passer de la façon la plus agréable possible. D'où une certaine obsession de notre époque pour l'argent, le sexe, la drogue, la jouissance en général.
Sinon je trouve ça curieux que vous opposiez le concret/l'utile à tout un tas de concepts qui sont justement concrets et/ou utiles.. : la culture, la cuisine, l'architecture, la littérature. C'est du concret et c'est utile.
Eh bien, j'allais vous féliciter de cette belle lucidité, mais vous vous réfutez vous-même à la phrase suivante...
Vous assimilez ça à l'esprit, mais l'athée ne nie pas l'esprit en tant que faculté intellectuelle intrinsèquement liée à l'évolution de l'homme, il nie l'esprit en tant que don de Dieu.


Voilà qui entre en contradiction flagrante avec ce qui précède. Si l'esprit n'est qu'une faculté du corps, s'il n'est pas don de Dieu (donc principe métaphysique), s'il n'existe pas en lui-même et pour lui-même, cela revient à dire qu'il n'est qu'une fonction biologique, autrement dit une illusion. L'amour n'existe pas pour un athée : il n'existe qu'un pic d'ocytocine. Le lien social, garanti par l'ocytocine, n'existe qu'en vue de la reproduction, et donc de la survie de l'espèce : il n'a aucune utilité en soi, c'est un moyen en vue d'une fin. Les chansons d'amour, les poèmes, les chagrins d'amour etc. ne sont que du vent, du théâtre vide de sens.

Pareil pour les autres activités de l'esprit non-essentielles à la survie de l'espèce : l'architecture n'est utile que dans la mesure où elle permet de se loger. La beauté (qui est de surcroît subjective d'un point de vue relativiste et athée) n'entre plus en compte.
La cuisine : peu importent les traditions culinaires élaborées au fil des siècles. Le surgelé-réchauffé nourrit tout aussi bien.
Et ne parlons même pas de la littérature : quelle utilité pourrait-elle bien avoir ? Exception faite des revues scientifiques bien sûr...
La tradition (culinaire ou non) française et l'occidentalisation du monde n'ont pas de rapport nécessaire, l'un représente notre patrimoine culturel, l'autre est un phénomène social économique qui influence tous les aspects de notre société au quotidien, (pas plus nos traditions qu'autre chose d'ailleurs) et qui n'est pas forcément incompatible avec les traditions.


Affirmation que je qualifierais d'assez osée, pour ne pas dire rocambolesque. Ce que vous appelez occidentalisation est effectivement une américanisation, puisqu'après la France, l'Angleterre et l'Allemagne, le flambeau de la modernité et du Saint Progrès © est passé aux États-Unis après 1945.
Or la prétendue « culture » américaine a complètement bouleversé les modes de vie en Europe occidentale depuis les années 1960, et dans le monde entier depuis plusieurs décennies. C'est-à-dire que la société paysanne française, pour ne prendre que cet exemple, n'existe tout simplement plus, puisque l'agriculture industrielle importée des États-Unis la rend obsolète.
L'habillement : rien ne distingue aujourd'hui un Français d'un Américain ou d'un Chinois. Ce n'était pas le cas il y a encore cent ans.
La cuisine : une étude de 2016 montre qu'un Français sur deux est en surpoids, ce qui est la conséquence directe d'un mode de vie importé, là encore, d'Amérique.
Je passe rapidement sur les anglicismes omniprésents dans la langue, le cinéma décérébré, la « musique » etc... Je vous laisse par exemple écouter des chansons françaises des années 1930 (même les plus médiocres !) et comparer avec ce qui passe de nos jours à la radio. Vous me direz si c'est grave ou pas...

Le pire, c'est évidemment les mutations de la pensée. Les idéologies importées d'Outre-mer, même les plus repoussantes (technolâtrie, machinisme, objectivisme...) se retrouvent dans toutes les conversations. L'Europe a cessé de penser par elle-même ; non contente d'abandonner sa souveraineté politique et militaire, elle a abdiqué aussi toute fierté, toute dignité philosophique.

Bien entendu, ce qui vaut pour la France vaut pour absolument tous les peuples du monde : aucun n'est épargné par l'américanisation, qui est - je le maintiens - l'équivalent culturel d'un cancer pour les traditions locales et nationales de n'importe quel pays la subissant.

Mais quel rapport avec la diversité, me demandez-vous.

N'est-ce pas évident ? Si la Terre entière s'aligne sur le mode de vie américain, que deviennent les modes de vie particuliers, nationaux, régionaux, locaux ?

Or ceux-là mêmes qui défendent le multiculturalisme participent de cette Grande Dissolution des civilisations, puisque les immigrés doivent fatalement abandonner (une partie de) leur culture en s'installant en pays étranger.
Sinon votre dernière question rhétorique est intrigante, car elle sous entend qu'on a besoin de croire en une entité supérieure pour donner un sens à notre existence.
Eh bien, dites-moi, je suis curieux : quel sens a votre existence ?
Ça explique assez bien l'existence du mono/polythéisme selon moi.
Avec vous au moins, les choses sont simples :clap:

Mais quid de l'origine du monde, de la justification du bien et du mal, etc. ?
Je pense qu'on est tous égaux à ce niveau-là, cette appréhension du néant n'est pas que mon fardeau d'athée, c'est le fardeau de chaque homme peuplant cette planète possède. Le simple fait que vous pleuriez quand un être cher décède en est la preuve.
Non, c'est précisément votre fardeau d'athée, puisque c'est vous qui croyez au néant. Moi, je ne crois pas au néant. Le décès d'un être cher m'affecte dans la mesure où je ne suis pas certain de le retrouver dans l'Autre monde ; mais il m'affecte infiniment moins que vous, puisque vous croyez qu'il a disparu à tout jamais.

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Valentin » mar. 09 juil. 2019, 20:08

Et en bonus, sur la question de la modernité et du progrès :

« Pourtant, la structure de l’histoire est cyclique, pas évolutionnaire. Il est loin d’être vrai que les civilisations les plus récentes sont nécessairement «supérieures». Elles peuvent être, en fait, stériles et décadentes. Il y a correspondance nécessaire entre les stades les plus avancés d’un cycle historique et les plus primitifs. L’Amérique est le stade final de l’Europe moderne. Guénon appela les États-Unis «l’Extrême-Occident», dans le sens nouveau que les États-Unis représentent la réduction à l’absurde des aspects négatifs les plus séniles de la civilisation occidentale. Ceux qui existent en Europe sous une forme diluée sont magnifiés et concentrés aux États-Unis, ce par quoi ils se révèlent comme des symptômes de désintégration et de régression culturelle et humaine.

La mentalité américaine peut être interprétée seulement comme un exemple de régression, qui se manifeste dans l’atrophie mentale envers tous les intérêts les plus élevés et dans l’incompréhension pour la plus haute sensibilité. L’esprit américain a des horizons limités, il se complaît à tout ce qui est immédiat et simpliste, avec l’inévitable conséquence que tout est rendu banal, basique et abaissé jusqu’à être privé de toute vie spirituelle. La vie elle-même en termes américains est entièrement mécanique. Le sens du «moi» en Amérique appartient entièrement au niveau physique de l’existence. L’Américain typique n’a ni dilemme spirituel ni complications: il est un «suiveur» et un conformiste «naturel». »


(Julius Evola)

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Re: Dire non aux idéologues de la diversité

Message non lu par Cinci » dim. 29 sept. 2019, 6:38

Le multiculturalisme canadien : diviser pour régner !

"... il faut bien l'avouer, Trudeau père a réussi un coup de circuit en déguisant le multiculturalisme en une politique d'ouverture à l'autre; or, c'est exactement le contraire. Le multiculturalisme divise, sépare la collectivité des citoyens, laquelle a la force du nombre et la cohésion, en plus petites communautés ethniques, raciales ou religieuses. Et vlan pour la cohésion ! Vous connaissez le vieux - mais combien efficace - dicton "diviser pour régner" ? C'est un dicton que les Britanniques ont systématiquement appliqué partout ou ils sont allés conquérir des territoires. Trudeau père l'a habillé du mot multiculturalisme. Il faut se rappeler qu'à l'origine, le multiculturalisme a été inventé pour contrer la croissance du nationalisme québécois. Pour ceux qui croyaient au mythe des deux peuples fondateurs et donc de deux cultures canadiennes, Trudeau père a entrepris de noyer la culture québécoise avec toutes les autres cultures du monde, incluant l'aspect religieux de la culture. C'est devenu le credo de l'idéologie politique canadienne, financée à coup de millions de dollars en propagande pour contrer le mouvement indépendantiste.

Le multiculturalisme souhaite faire triompher les droits des communautés, aussi petites et radicales soient-elles, contre les droits collectifs de l'ensemble des citoyens.

Neil Bissoondath écrivait en 1995 que le multiculturalisme était responsable de l'isolement des groupes ethnoraciaux en des enclaves distinctes, qu'il est une forme insidieuse d'apartheid, qu'il favorise une mentalité de repli sur soi qui crée un fossé entre les Canadiens de différentes origines, et qu'avec lui l'unité et la cohésion sont sacrifiées à une philosophie séparant les gens, exacerbant les haines.

Le multiculturalisme propose que chacun reste dans son coin. Il propose finalement aux immigrantes et immigrants de vivre en marge de la société québécoise. Ce n'est pas une façon d'accueillir les gens.

Le multiculturalisme, c'est finalement raciste

Qu'on se le dise une fois pour toutes : sous couvert de favoriser le développement ou de faire la promotion de telle ou telle communauté, le multiculturalisme favorise la ségrégation des citoyens par appartenance ethnique, raciale ou religieuse. Le multiculturalisme est en ce sens raciste. Il favorise l'établissement de ghettos ou il n'y a que peu d'interactions entre les citoyens de différentes provenances. "

Martine Ouellet, "Diviser pour régner" dans Oui, je le veux ! , volume 1, numéro 2, 2019

L'affrontement des racines britanniques et françaises

Entre les racines britanniques et françaises , le clivage est ostensible et les positions impossibles à rapprocher. Pour cause, contrairemen à la France, le Royaume-Uni porte en lui une bonne dose de théocratie. La reine Élisabeth II n'est pas seulement un monarque, elle est aussi chef de l'Église et incarne une sorte de représentante de Dieu dans son pays, Dans la Chambre des lords siègent aussi 25 archevêques et évêques qui participent à l'examen et à la modification de beaucoup de projets de loi. Disons qu'en plus d'ériger l'idéologie multiculturaliste en religion, on nage ici dans un certain brouillage des fonctions entre la suprématie de Dieu et la primauté du droit. C'est ce leg britannique qui explique le clivage entre la vision du Québec et celle d'une grande partie de l'anglophonie canadienne lorsque la religion s'invite dans le débat ...

Boucar Diouf, conteur, biologiste et animateur

L'origine du multiculturalisme canadien

L'instrumentalisation du mot "multiculturalisme" par Pierre Eliott Trudeau est pour contrer la montée de l'appui à l'indépendance du Québec et pour aller chercher des votes ethniques, particulièrement en Ontario.

Première politique en 1971 :

[...] que le gouvernement fédéral reconnaît que la diversité de la population canadienne sur les plans de la race, de la nationalité d'origine, de l'origine ethnique, de la couleur et de la religion constitue une caractéristique fondamentale de la société canadienne et qu'il est voué à une politique du multiculturalisme destinée à préserver et valoriser le patrimoine multiculturel des Canadiens.


En 1982, lors du rapatriement imposé de la Constitution canadienne (1), Pierre Eliott Trudeau y a incorporé sa Charte canadienne des droits et libertés, dans laquelle il a inclus le mutliculturalisme.

Voici l'article 27 :

Toute interprétation de la présente charte doit concorder avec l'objectif de promouvoir le maintien et la valorisation du patrimoine multiculturel des Canadiens

___
(1) Constitution canadienne de 1982 qu'aucun gouvernement du Québec n'a signé à ce jour, et laquelle fut dénoncée unanimement à l'Assemblée nationale du Québec par tous les partis politiques présents.


Sur Pierre Eliott Trudeau

Dans Une femme, Alice Parizeau (2) raconte ce qu'elle a vécu lors des réunions que tenait la revue Cité libre et dresse le portrait du Pierre Eliott Trudeau qu'elle y a connu :

"... j'étais résolument et spontanément de coeur avec les francophones, ce qui amusait beaucoup Jean Marchand et énervait Pierre Eliott Trudeau. Ce dernier me reprochait de transposer mon "sacré nationaliste polonais" dans une univers totalement différent. Selon lui, les nationalistes ne pouvaient être, par définition, que la preuve d'une étroitesse d'esprit bien faite pour porter au pouvoir des dictateurs grands et petits, tel Maurice Duplessis. Il avait justement passé des années de sa vie à lutter contre Duplessis et bien que le premier ministre fut mort, Trudeau ne parvenait pas à s'habituer à cette idée-là. Il agissait et réagissait comme si Maurice Duplessis était toujours vivant. Il prétendait que seule la présence des Canadiens anglais pouvait protéger le Canada français contre ses propres démons : le puritanisme clérical, l'esprit de clocher, le sous-dévelppement intellectuel, et donc culturel, l'intolérance et l'intransigeance."

Je rappelle ici que Pierre Eliott Trudeau n'aimait pas son père (Charles Trudeau, un homme d'affaire québécois qui devint millionnaire avec la distribution d'essence pour automobile durant les années 1930 ) précisément parce qu'il était un homme autoritaire, un grand buveur et un être sans culture, tandis que sa mère anglophone, à ses yeux, était tout le contraire. Quand il deviendra premier ministre, cette haine se traduira par son mépris pour tout ce qui était québécois et atteindra son sommet quand il traitera le premier ministre du Québec Robert Bourrassa de "tit-pit mangeur de hot-dogs" et qu'il dira aux grévistes de la firme Lapalme manifestant à Ottawa : : "Mangez de la marde !" Jamais Trudeau ne parlera ainsi du premier ministre anglophone de l'Ontario ni aux travailleurs en grève de n'importe quelle autre province canadienne. Le cas de Trudeau relève de la pathologie et je me demande toujours pourquoi les psychiatres ne se sont
pas chargés d'en faire l'étude.

Source : Victor-Lévy Beaulieu, Monsieur Parizeau. La plus haute autorité, Recueillement, 2015, p. 84

_________
(2) Alicja Poznanska, de son vrai nom. Née le 25 juillet 1930 en Pologne, qui passa toute son enfance à Cracovie. Alicja avait neuf ans quand commença la Deuxième Guerre mondiale, et l'armée allemande eût tôt fait d'occuper le pays. Malgré qu'elle n'était encore qu'une enfant, L'Encyclopédie canadienne nous apprend qu'elle fut agente de liaison dans l'armée de l'intérieure (armia krajowa), le plus important mouvement de résistance sous l'occupation allemande, puis soviétique de la Pologne; après l'insurrection de Varsovie en 1944, on l'interna dans le camp de concentration de Bergen-Belsen en Allemagne. Le père d'Alice Parizeau, un important entrepreneur industriel, et sa mère pianiste, d'ardents patriotes, furent tués vers la fin de la guerre - et Alice avouera plusieurs fois dans les livres qu'elle écrira le remord qui l'habite, celui de n'avoir pu sauver sa mère d'une mort horrible.

A la Libération, l'orpheline s'installe à Paris ou elle fera des études en lettres, en science politique et en droit. Quelques survivants de sa famille s'étant établis au Québec, Alicja Poznanka émigre à Montréal en 1955. Alice Poznanka tomba littéralement en amour avec la culture québécoise, et plus particulièrement, sa littérature. En épousant Monsieur Jacques Parizeau qu'elle appelait affectueusement Jacek, Alice Poznanska lui apporta comme don sa passion de la littérature, celle de l'étranger aussi bien que la nôtre.

Elle écrivit des livres magnifiques sur son pays d'origine; et ses nouvelles racines québécoises s'enfonçant rapidement dans la terre de sa nouvelle patrie, elle publia plusieurs romans sur la réalité de chez nous. Il faut lire Rue Sherbrooke ouest et Blizzard sur Québec qui en sont de vibrants témoignages. Quant à son amour pour le pays dont elle avait dû s'exiler, elle eut la grande générosité de nous le faire connaître dans une trilogie qui lui valut d'obtenir le Grand Prix européen des écrivains de langue française. Les livres étant pour ainsi dire immortels, nous pouvons lire et relire aujourd'hui Les lilas fleurissent à Varsovie, La Charge des sangliers et Ils se sont connus à Lwow.

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