Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
Jeremy43
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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Jeremy43 » ven. 03 janv. 2014, 21:41

Bonsoir,

Pourtant les faits sont ce qu'ils sont et la république est l'adversaire de l'Eglise depuis sa création, son but est d'endoctriner les enfants dès leur plus jeune âge pour en faire de bons petits républicains et bien sûr les détourner de Dieu, tout ne s'est pas fait en un jour mais ce qu'on voit aujourd'hui est le résultat d'un travail méthodique de destruction des valeurs portées par le Christianisme jusqu'au sein même des familles, ce qui a été le plus long mais aujourd'hui on voit les fruits.

Jean-Mic
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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Jean-Mic » ven. 03 janv. 2014, 21:54

Pourtant les faits sont ce qu'ils sont et la république est l'adversaire de l'Eglise depuis sa création,
C'est un peu exagéré de dire cela. La république a régulièrement joué au jeu du "je t'aime, moi non plus" avec la religion. Ce genre de raccourci n'apporte rien au débat, en particulier parce qu'il pourrait laisser sous-entendre qu'en retour l'Eglise devrait s'opposer à la république. Ce n'est vrai, ni en France, ni ailleurs.

Fraternellement
Jean-Mic
Spoiler!
J'ai failli signer : librement, avec égalité, et fraternellement :D ...

Cinci
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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » sam. 04 janv. 2014, 2:38

Fée violine,
C'est même plus que contestable : c'est stupide!
Ce serait stupide de penser ce que j'évoquais précédemment lorsqu'il faudrait se reporter dans le contexte actuel, si vous voulez. L'Église ne menace pas le système politique libéral de nos jours. Qui le croirait ?

Aussi, j'imagine que le ministre ci-présent se réfère surtout, de son côté, à la vieille opposition séculaire ayant pu exister entre l'Église catholique et le socialisme (le fantôme de l'affaire Dreyfus dans le placard, tiens !). Et alors il révèle en même temps ce que l'on pourrait appeler une fâcheuse manie telle à vouloir prendre le parti socialiste pour la république française et inversement.

Se pourrait-il que le ministre socialiste pratique une forme d'impérialisme idéologique au fond et consistant (à l'insu de son plein gré ? inflation d'enthousiasme ?) à s'annexer le pays d'une manière partisane et disons comme purement et simplement ? Ça, j'aurais tendance à le croire.

:)

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Francois78
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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Francois78 » dim. 05 janv. 2014, 12:05

Il n'est pas un danger ce cher monsieur, il est vrai que ses propos sont dur à entendre par moment, mais bon je préfère ignorer ce genre de propos et me tourner vers dieu.
L'église catholique existe depuis plus de 2000 ans, elle nourris les pauvres, soignent les cœurs et les malades. Lui est présent sur la scène politique pour combien de temps? 5 ans? 10 ans?
Je préfère et de loin partager le message de paix, d'amour et de tolérance que véhicule notre église, plutôt que de débattre avec ce genre de personne (mais j'apprécie le débat avec vous :oui: )
"Saint-Michel, donne-moi ta force pour défaire mes craintes et pour m'aider dans mes défis."

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » dim. 05 janv. 2014, 20:22

... ah ! mais c'est parce que au-delà de la personne, outre le cas particulier, il restera toujours les objections soulevées, les idées véhiculées dans l'opinion publique ou l'objet de débat. Genre : le catholicisme est-il une menace pour les minorités religieuses ? la curie un vecteur d'intolérance ? etc ... Des hommes comme Vincent Peillon semblent croire que ce serait bien le cas.

Ma propre expérience de fréquentation d'un certain forum chrétien évanglique m'aura fait voir en tout cas que ces idées sont monnaie courante, qu'une masse considérable de gens reste convaincu que l'Église catholique serait ataviquement allergique à la démocratie, incapable réellement de s'empêcher d'occasionner du tort aux dissidents, non mais à moins d'y être contrainte par une puissance publique adverse ou du fait de se trouver en état de faiblesse politiquement parlant, comme c'est bien le cas aujourd'hui. Dans l'opinion, la ligne de crédit de l'Église serait pas loin du zéro absolu sous ce rapport. «Il nécéssite que l'Église catholique soit placée sous garde à vue».

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » dim. 05 janv. 2014, 21:04

(C'est sur un site qui est signalé par elenos)
http://lafautearousseau.hautetfort.com/ ... 830832.pdf

On y suggère là-dedans combien la nature même de la république française, à raison de ses origines, son passif, la façon dont elle se serait construite avec le temps aussi, devrait l'établir parallèlement tel un adversaire irréductible du christianisme. Puis le rédacteur de ce commentaire pousse même l'idée en quoi cette république française aurait dû se doter déjà d'un fond de religiosité particulière cf. sorte d'oecuménisme anti-dogmatique et rassembleur auquel se réfère notre homme faisant l'objet de ce fil; lequel fond religieux serait une raison de plus pour nous l'instituer dans une opposition idéologique perpétuelle et alors simplement à ce qui fut à la fois la religion de rois de France et l'histoire constitutive ancienne du pays. Bref, la république française charrierait une sorte de spiritualité impure, au lieu de se contenter d'être un simple mode de gouvernement

Chose certaine, à voir ce que Vincent Peillon raconte de son côté, lui-même ne ferait pas peu comme pour donner raison à l'auteur de ce billet ... à croire bientôt qu'il serait un agent secret en service commandé d'une groupe royaliste ultra en réalité, un agent provocateur (sourire).

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Jeremy43 » dim. 05 janv. 2014, 21:54

Bonsoir,

La république est l'adversaire du Christianisme depuis sa création, c'est son essence même et son but ! comment peut-on croire que la république serait une entité neutre qui ne se mêlerait pas de la vie des gens mais serait simplement une forme de gouvernance comme une autre ?

Ce n'est pas le cas et ça ne l'a jamais été, ni au début, ni aujourd'hui alors que l'Eglise lui est totalement soumise. La république en veut plus car ce qu'elle recherche, ce sont les âmes pour les détourner de Dieu et les rattacher à un dogme étatique pour les perdre, c'est pour cela qu'elle endoctrine les enfants dès leur plus jeune âge.

Il suffit de regarder les faits et rien que les faits, enseigner la théorie du genre à des enfants, la légitimité de l'avortement (et sans doute bientôt de l'euthanasie) ça n'a rien de neutre et ce ne sont que des exemples parmi d'autres. Qui y-a-t-il de neutre à faire adorer la république aux enfants (et aux autres) en vantant notre merveilleux système comme le meilleur au monde, le garant de la liberté alors que dans les faits, toute notre vie est contrôlée par l'état de près ou de loin, soit l'inverse de la liberté.

L'état, qui est partout, s'est substitué à Dieu dans la vie de l'immense majorité des français, tant au niveau de la providence que de la morale (ou plutôt de l'absence de morale). Le but est de rendre les gens esclaves de l'état et ce à tous les niveaux, le principal étant l'aspect financier.

La liberté, la fraternité et l'égalité elles sont seulement dans l'Eglise du Christ et pas ailleurs car Lui seul peut en être le garant et Lui seul est la Lumière du monde et non ceux qui sont à l'origine du siècle des lumières (dont se revendique la république).

C'est tellement gros ! le diable n'a pas fait dans le détail ce coup là. Je ne comprends vraiment pas qu'on puisse louer ce système en tant que catholique alors qu'on peut voir chaque jour ses fruits (sans oublier bien sûr les premiers fruits de la république qui ont été les massacres de religieux, des vendéens (catholiques et royalistes), les profanations et destructions des églises, les spoliations des biens etc...).

Pardonnez-moi pour ce message "musclé", ce n'est vraiment pas contre vous Cinci ou contre n'importe quel autre membre du forum ou n'importe quel français, mais voir dans quel état se trouve notre société me fait vraiment mal et me donne des frissons quand à l'avenir.

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » mer. 08 janv. 2014, 16:10

Sur Internet :
  • Aucune des définitions générales de la religion ne fait l'unanimité. S'il est difficile de la définir, il est toutefois possible de la distinguer de pratiques apparemment similaires. Le marxisme-léninisme ou l'humanisme sont-ils des religions? Ces doctrines correspondraient à une notion de la religion définie comme étant "tout ce à quoi est vouée une fidélité fondamentale". Toutefois, de telles croyances ne font habituellement pas référence à un être suprême surnaturel. Il est donc préférable de les décrire plutôt comme des idéologies, bien qu'elles aient beaucoup de caractéristiques communes avec la religion. (mythologica.fr/religions/)

La spiritualité hors du cadre des religions
Humanisme, néopaganisme, spiritualité laïque, New Age
Spoiler!
La spiritualité, en tant qu'expression d'une aspiration aussi ancienne que l'humanité, existait avant les institutions religieuses. Après plusieurs siècles d'une spiritualité presque exclusivement religieuse, l'émergence de la philosophie, le déclin de l'adhésion aux grands courants religieux et le passage à la société postmoderne ont conduit une partie des « croyants » à revendiquer à nouveau une spiritualité sans appartenance à une institution religieuse, exprimant, par exemple, une préférence pour l'humanisme (pouvant relever de l'athéisme ou non). Une autre origine de cette transformation se trouverait dans le fait que, par la sécularisation de la société, le « religieux » place une importance plus grande sur la spiritualité, jusqu'à la recherche d'expériences mystiques individuelles, alors qu'auparavant, « dans la société plus marquée religieusement, la demande va plutôt dans le sens d’une religion plus mondaine».

[...]

Dans le discours des pratiquants de diverses spiritualités postmodernes, on retrouve deux tendances principales « se connecter à son soi profond (se relier à soi) ou se rapprocher de l’autre (se relier à l’extérieur de soi) ». La fonction de la démarche spirituelle est alors de « se rattacher avec ferveur à l’autre, au sens large du terme : que ce soit à Dieu (pour une connexion verticale, Ellison, 1983), à un proche, aux morts, à la nature ou à une cause (pour une connexion horizontale) ». Mais dans l’absence du cadre strict des dogmes religieux, la spiritualité s'élargit à des champs nouveaux, par lesquels sont parfois qualifiés de « spirituels » des actes comme « payer à manger à un SDF et ensuite manger avec lui, parler avec lui pour lui faire du bien » ou « aider des enfants en difficultés scolaires » ou partager « des moments intenses avec ses enfants, ses proches, pour être liés à eux » ou encore « être en harmonie avec la nature »

http://fr.wikipedia.org/wiki/Spiritualit%C3%A9

C'est ici qu'il faudrait situer la pensée de Vincent Peillon :

«... revendiquer à nouveau une spiritualité sans appartenance à une institution religieuse, exprimant, par exemple, une préférence pour l'humanisme (pouvant relever de l'athéisme ou non).»

Dans le discours des pratiquants de diverses spiritualités postmodernes, [....] se rapprocher de l’autre (se relier à l’extérieur de soi) ». La fonction de la démarche spirituelle est alors de « se rattacher avec ferveur à l’autre, au sens large du terme [...] ou à une cause (pour une connexion horizontale) [...] Mais dans l’absence du cadre strict des dogmes religieux, la spiritualité s'élargit à des champs nouveaux, par lesquels sont parfois qualifiés de « spirituels » des actes comme « payer à manger à un SDF et ensuite manger avec lui, parler avec lui pour lui faire du bien » ou « aider des enfants en difficultés scolaires » ou partager « des moments intenses avec ses enfants, ses proches, pour être liés à eux » ou encore « être en harmonie avec la nature [...]».


Un premier élément critique pourrait être adressé à Vincent Peillon concernant l'usage impropre qu'il pourrait faire du terme religion. Parce qu'avec la «spiritualité républicaine» dont il est question chez lui, il ne semble jamais qu'il faille entendre par là que les républicains devraient pratiquer ensemble un culte d'adoration envers Dieu (relation verticale), pour se lier d'une façon particulière à ce Dieu, pour le connaître et être connu de Lui, etc. Bref, la «religion républicaine» qu'il évoque n'en peut pas correspondre du tout au phénomène que le mot religion recouvre dans son acception la plus courante, dans l'entendement ordinnaire qui est celui de tout le monde. Vouloir employer le mot comme il le fait dans son livre est une source de confusion. Parler d'une idéologie en ce qui le concerne, sans pour autant introduire une connotation péjorative avec ce mot : voilà qui resterait un marqueur plus intelligible pour son discours en réalité. La démocratie procède de certaines idées, l'humanisme, le «vive ensemble», etc.

Sinon ...

Je viens de trouver son livre La Révolution française n'est pas terminée. Et je suis en train d'éplucher ça tranquillement. Commentaire : l'ouvrage est intéressant du simple fait qu'il donne au lecteur beaucoup de ses sources. C'est quand même généreux de sa part. Il permet de mieux voir ce qu'il veut dire (encore que je n'aurai pas lu tous les auteurs qu'il cite naturellement).

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » mer. 08 janv. 2014, 17:38

Dans quoi peut s'inscrire (se tournant ici vers le passé pour éclairer le présent) la démarche de Vincent Peillon, partant d'Edgar Quinet :

Spoiler!
«... du point de vue de Quinet, qui sera aussi celui de Buisson, les religions d'autorité sont en réalité privée de religiosité vraie. Pour déraciner l'ancienne religion, en réalité antireligieuse, il faut donc trouver une religion qui soit compatible avec l'âme des temps nouveaux, c'est à dire avec la liberté. Sur la nature de cette religion, sans dogme, sans Église, sans rite, où non seulement chaque homme est prêtre mais où aussi chaque homme est philosophe, il convient d'être prudent. Sans doute emprunte-t-elle beaucoup au protestantisme, et sans doute Quinet a même un temps, comme plus tard Renouvier le fera à son tour, appelé à la conversion au protestantisme. Mais cette religion de l'avenir ne s'y résume pas. Il s'agit, à l'évidence, d'un spiritualisme, d'une religion universelle de l'humanité et de la liberté. C'est d'alleurs, dès 1831, dans le texte intitulé De l'avenir de la religion , que Quinet formule l'idée de l'anéantissement des vieux dogmes ou plutôt leur fusion dans une religion du droit et de la liberté, embrassant le genre humain tout entier.

Libre-pensée religieuse ou religion laïque gardent de l'héritage protestant l'affranchissement à l'égard de l'Église et des prêtres. Chacun doit se faire une foi selon sa conscience. Mais elles reprennent aussi la critique à l'égard des dogmes, au nom de la raison et de la science, bref du libre-examen. Dans sa controverse de 1903 avec le pasteur Wagner, intitulée Libre-pensée et protestantisme libéral, Ferdinand Buisson fait du protestantisme une religion plus rationnelle même que le cartésianisme, parce que ce dernier n'aurait pas été jusqu'à remettre en doute les vérités révélées. Le protestantisme, c'est, pour Buisson, la libre-pensée. Ce qui ne veut pas dire, loin de là, que cette dernière puisse se réduire à lui.

Mais, inversement, pour Buisson, la libre-pensée, ce n'est pas «n'importe quel groupement de fanatiques à rebours se prévalant d'une bruyante profession de foi d'athéisme pour avoir le droit de n'être ni libres ni penseurs». Puisque ce n'est pas cela, on peut se demander alors en quoi réside la différence entre les uns et les autres ? Le libre-penseur religieux ne retient ni l'Église, ni les dogmes, ni la divinité de Jésus. Garderait-il alors la foi en Dieu ? Non plus. Car ce dogme même n'est plus nécéssaire. La religion laïque se présente comme une religion de l'idéal, un mouvement ilimité au coeur de l'existence qui fait du sentiment religieux, celui d'un infini qui habite le fini, un sentiment pleinement humain.

Buisson y insiste. Il s'agit bien d'une religion laïque et purement humaine. Il est convaincu que pour lutter contre l'Église, l'autorité, la théocratie, nous avons besoin d'une religion. Car la religion, qui, précisément, est une aspiration purement humaine, exige que les républicains, les défenseurs de la libre-pensée, répondent au besoin religieux, bref que la raison elle-même se dote d'un corps, d'une chaire, d'une mystique, d'une émotion.

En 1911, encore, dans l'article «religion» du Nouveau dictionnaire de pédagogie, Buisson précise que le phénomène religieux devrait être désormais envisagé moins comme un ordre distinct de faits spécifiques que comme un aspect, une forme, un degré que peut revêtir l'activité de l'âme dans tous ses domaines : pensée, sentiment, volonté. On peut sans doute légitimement s'interroger sur ce qui reste de religion au sens classique du mot dans cette religion laïque qui fait de l'action son credo : «[...] nous avons au coeur une foi aussi ardente que celle que d'autres puisent dans leurs croyances. Notre religion à nous, c'est celle même de la Révolution, c'est celle qui a engendré le monde nouveau, celle qui a eu pour «Tables de la Loi» l'immortelle Déclaration des Droits.» Cette religion de la Révolution, celle de Buisson, où nous conduit-elle ? «Dissocier la religion de la théologie, la rattacher à un nouveau domaine de référence, la politique et plus précisément l'idéal républicain et démocratique, ainsi se définissent les contours du projet libéral extrémiste.»

La religion ici c'est la République, comme la foi, ici, porte sur la laïcité. Il y aurait une religion propre à la République, «l'aspiration de l'homme vers toutes les formes de la perfection de l'esprit», religion morale et religion active, exigeant l'engagement dans la Cité. La libre-pensée, dont nous savons qu'elle est intrinsèquement liée à la République et au socialisme, est cette religion.

Source :La Révolution française n'est pas terminée, pp. 186-188
Il faudrait y revenir tantôt pour une remarque ou deux.

;)

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Cinci » mer. 08 janv. 2014, 21:18

Alors pour l'observation :

1) il y a problème sur le plan du sens lorsque Vincent Peillon ou les auteurs auxquels il se réfère emploient le mot religion pour commencer 2) on réalise que ces défenseurs de la République - incroyants - prennent comme un «fait établi» l'idée que toutes les religions devraient procéder d'une pure construction mentale, la projection d'un idéal quelconque. A ce titre, l'expression de l'idéologie républicaine ne devrait plus participer d'un phénomème tellement différent en nature de ce que l'on rencontrerait chez les autres (!) Il y a une ambiguïté là-dedans.

Pour trouver un meilleur éclairage, l'on pourrait saisir en parallèle ce que Vincent Peillon suggère de son côté, puis la réflexion d'un autre intellectuel qui réfléchit également dans le domaine :
Spoiler!
«... la laïcité se présente parfois comme l'équivalent séculier de la religion. Cette tentation est forte dans des pays où la laïcisation s'est accomplie au prix d'une grande lutte contre une religion dominante, par exemple contre l'Église catholique de la Restauration en France ou encore contre l'islam de l'ex-Califat en Turquie. Nous avons parfois l'impression que c'est le cas pour le Québec où cette lutte aurait été contre l'Église catholique. Si cette laïcité affirme sa neutralité envers les différentes religions, elle n'adopte pas une véritable position de neutralité sur le plan des conceptions du monde et du bien. Au contraire, dans sa forme la plus radicale, elle fait appel à une morale indépendante fondée sur les principes de la raison et sur une conception particulière de la nature humaine. Dans l'histoire, ces régimes politiques ont remplacé la religion établie par une philosophie morale laïciste. C'est ce que Jean-Jacques Rousseau appelait une religion civile. Cette quasi-religion de la laïcité se voulait la rivale des religions instituées. On ne prenait plus en compte le phénomène religieux comme une dimension constitutive de la vie individuelle et collective.

Face à ce problème, rappelons que la laïcité n'est ni une idéologie ni une doctrine. Comme nous l'avons déjà dit, il n'existe pas de laïcité «substantielle» qui comporterait des prescriptions ou des dogmes. Elle est essentiellement de l'ordre de l'aménagement du politique et du juridique en fonction des quatre principes développés précédemment. Elle repose sur un socle de valeurs comme la démocratie, les droits humains, le pluralisme, qui permettent de penser la gouvernance politique. Ces valeurs ne sont pas des objets de foi. Elles sont des préalables qui rendent possibles l'égalité ainsi que la liberté de conscience et de religion.

Rappelons aussi que l'Etat est neutre par rapport aux conceptions de la vie bonne. Le remplacement d'un fondement religieux par une conception philosophique séculière englobante pose problème. En effet, la conception du monde et de la nature humaine présupposée n'est pas susceptible d'être partagée par l'ensemble des citoyens dont ceux qui sont religieux. L'Etat laïque doit être aveugle par rapport au contenu des convictions. Ce qui revient à la gouvernance laïque c'est plutôt d'exercer une vigilance constante à l'égard des conséquences civiles et politiques de ces mêmes convictions.

L'essentiel est que les citoyens se rejoignent, en partant de leur propre perspective, sur un ensemble de principes communs capables d'assurer la coopération sociale et la stabilité politique. Le «vive ensemble» prend donc appui non pas sur l'équivalent séculier d'une doctrine religieuse, mais bien sur le stock de valeurs et de principes qui peut faire l'objet d'un consensus par recoupement.

Le fait de s'entendre sur des valeurs publiques communes vise à assurer l'égalité morale des citoyens en permettant qu'ils puissent tous épouser les grandes orientations de l'État, et ce, à partir de leur propre conception du monde et du bien.

Pour bien comprendre ces enjeux, on peut faire appel à la distinction entre la laïcisation d'un régime politique et la sécularisation de la société. La laïcisation est le processus à la faveur duquel l'État affirme son indépendance par rapport à la religion. L'une des composantes de la sécularisation est la diminution de l'influence de la religion dans les pratiques sociales et dans la conduite de la vie individuelle. La différence entre les deux consiste dans le fait que la laïcisation est un processus politique qui s'inscrit dans le droit alors que la sécularisation est un phénomène sociologique qui s'incarne dans les conceptions du monde et les modes de vie des personnes. L'État doit donc se laïciser sans pour autant promouvoir la sécularisation. - Bruno Demers
Source : Yvan Lamonde/Bruno Demers, Quelle laïcité ?, Montréal, Éditions Médiaspaul, 2013, coll. «Dialogue» pp.105-108 ( note : les livres de la collection Dialogues traitent des positions de l'Église qui alimentent la controverse. Ils permettent à deux auteurs, dont l'un prône le changement et l'autre défend la position du Magistère, d'exprimer leur point de vue sereinement et en profondeur. Ils invitent ainsi le lecteur à se faire sa propre idée en toute connaissance de cause. Bruno Demers est théologien et professeur à l'Institut de pastorale des Dominicains de Montréal. Il détient un doctorat de l'Institut catholique de Paris)

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Luciola » jeu. 09 janv. 2014, 4:22

bonjour

je relance un peu ce fil....

Il faut noter que V. Peillon, avant tout est franc maçon, et qu'il est loin d"être innocent pour lui, comme pour eux ,de brandir la laïcité ,comme un rempart ....a l’église catholique ou a ce qu'il en reste.Je crois que derrière ce discours et d'autres du même acabit ce "viel ennemi là" de la catholicité est toujours bien présent.Et je crois effectivement que la laïcité est la religion d’état de la république .

Il l'explique bien d'ailleurs. Ayant compris qu'une société ne se maintient pas uniquement par une idéologie et un arsenal de lois.

Les chrétiens ont a ce rendre compte qu'ils ne peuvent pas ,comme les autres , utilisé les mêmes outils, c'est bien plus exigent.

Je lisais plus haut quelqu’un ( je sais plus qui ) se référant a la phrase du Christ " si l'on te frappe sur la joue gauche...", et disant qu'il est peut être mieux d'ignorer nos ennemis. Mais je ne pense pas que ce soit une solution.

Quand Jésus devant le grand prêtre se fait frapper par un garde lui reprochant de parler ainsi devant le grand prêtre, Jésus n'a pas tendu l'autre joue. Au contraire il lui dit : " si j'ai mal parler ,témoigne alors du mal que j'ai dit, mais si j'ai bien parler alors pourquoi me frappes tu?"

Le coup de la joue tendue, ne s'applique pas systématiquement. Le chrétien, le christianisme n'est pas une sorte de poulpe qu'on peut secouer comme on le souhaite sans craindre la moindre réaction...(un jet d'encre peut etre, pour prendre la fuite).

La république ,comme la révolution, ont été menées par des maçons et le gouvernement français peillon en tête, est diriger par des maçons et des juifs.

Encore faudrait il croire en cet idéal laïc, maçonnique et démocratique....Or je ne vois pas la démocratie comme un système ayant fait ses preuves. Depuis 1789 on nous promet le bonheur , et on subit le malheur. L’égalité sous tendu derrière la laïcité n'existe pas ,ni ici ni ailleurs dans les sociétés ou même dans la nature.

Par conséquent je prend très au sérieux ce genre de discours de nos dirigent. Il faut regarder l’état de nos ecoles et universités depuis les changements radicaux survenue depuis 1968 dans les programmes scolaire et dans les méthodes d'enseignements, pour comprendre que tout cela est bien organiser et qu'on file a grand train vers l'objectif qu'ils ce sont fixé, et pas pour notre plus grand bonheur.

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar etienne lorant » jeu. 09 janv. 2014, 16:44

(RV) Manifester de la considération aux juifs et musulmans ne doit pas conduire à négliger les chrétiens : c’est la mise en garde lancée par l’évêque d’Evry dans les colonnes du quotidien La Croix. Mgr Michel Dubost réagissait aux inquiétudes manifestées par certains catholiques français quant à une différence de traitement entre les principales religions de la part des autorités de l’État.

Des cloches qui ne doivent plus sonner, des sapins, des pères Noël, des crèches ou des galettes que l’on ne veut plus voir au nom de l’égalité de traitement entre les religions…. Si la laïcité nie ceci, alors elle oublie notre histoire, avertit le président du conseil pour les relations interreligieuses de la Conférence des évêques de France. Tout en reconnaissant que la situation actuelle est difficile à gérer pour les élus, il estime que la laïcité ne doit pas conduire à nier certaines coutumes françaises d’origine chrétienne.

Dans les cabinets ministériels, beaucoup de gens sont sensibles à l’islam et au judaïsme parce que s’y rattachent des questions délicates. En revanche, personne ne pense tellement aux catholiques. Selon Mgr Dubost, on risque de favoriser l’extrême droite en niant la culture française. Il faut au contraire partir d’elle pour que les Français ne se sentent pas dépossédés. Beaucoup de musulmans sont Français, note-t-il. Nous devons les accueillir, les respecter, leur montrer qu’ils ont de l’importance pour nous, les saluer au moment de l’Aïd par exemple mais pas au détriment de notre identité historique. Sinon nous fabriquons des gens « toutes griffes dehors ».

François Hollande recevait mardi les autorités religieuses de France

La question de la laïcité a été évoquée mardi soir en France au cours de la rencontre traditionnelle des vœux entre le chef de l’Etat et les autorités religieuses du pays. L’entrevue, qui s’est déroulée à huis clos, a duré une heure environ. Le président de la République est rapidement revenu sur les événements qui ont marqué 2013, avant d’évoquer la laïcité, la situation internationale, notamment en République centrafricaine, Mali et Syrie, et la reconnaissance des religions dans la vie du pays. François Hollande a également assuré qu’il consulterait les représentants des religions sur les questions bioéthiques, notamment sur la fin de vie et sur la procréation médicalement assistées. Chacun des représentants a ensuite pu exprimer ses propres préoccupations.

Interrogé par les journalistes à la sortie, sur le perron de l’Elysée, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, a indiqué avoir mentionné l’importance de la place des religions dans la construction du tissu social, ainsi que sa préoccupation causée par le climat de violence dans la société, une violence nouvelle, sans borne et sans limites. Interrogé, quant à lui, sur l’affaire Dieudonné, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a évoqué une nécessité de réfléchir sur la manière dont notre culture est entraînée dans la provocation et la dérision. Le recteur de la grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a également mentionné la nécessaire lutte contre les actes de dégradation et de profanation commis à l’encontre des communautés religieuses en France. Il a affirmé avoir insisté sur les troubles que provoque le racisme dans la société.

http://fr.radiovaticana.va/news/2014/01 ... fr1-762232
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Luciola » jeu. 09 janv. 2014, 21:32

Bonjour

Je suis bien d'accord avec Mgr Michel Dubost , mais ca me parait bien timide comme action. Quant au discours des politiques, honnêtement leurs paroles ne me touchent pas.

Il n'y en a plus que pour l'islam et les juifs...les catholiques avec ce lourd sentiment de culpabilité qui fait accepter même l' inacceptable sont si frileux.

A l'heure actuelle les massacres de chrétiens continuent , les églises sont détruites et femmes et enfants violer et maltraité. Pourtant pas un mot dans la presse républicaine et laïc! Nos journaux tele et radios restent muets pendant que des hommes et des femmes se batte pour leur Foi.

J'aimerais que la voix du Pape s’élève un peu plus fortement . C'est bien beau de dire aux gens d'autres confessions de rester dans leur religion sous prétexte d'un œcuménisme inversé, mais il serait temps de retrouver un peu d'allant et de courage .

Quand je vois des evecques poser la première pierre de construction d'une mosqué, ou d'une synagogue , donc de lieux ou l'on bafoue le christ et sa mere, la sainte Trinité, et j'en passe : je me demande a quoi m'attendre pour demain...alors qu'en France même on continue a vendre ou a détruire des églises parfois plus que centenaires .

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Raistlin
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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar Raistlin » ven. 10 janv. 2014, 11:58

J'aimerais que la voix du Pape s’élève un peu plus fortement . C'est bien beau de dire aux gens d'autres confessions de rester dans leur religion sous prétexte d'un œcuménisme inversé, mais il serait temps de retrouver un peu d'allant et de courage .
Vous pouvez me dire où le pape aurait dit que les non chrétiens devaient rester dans leur religion ? Je suis vraiment curieux.

Quant aux persécutions envers les chrétiens, le pape s'est exprimé à ce sujet.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

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Re: Officiel, Peillon veut tuer l'Eglise catholique

Message non lupar etienne lorant » ven. 10 janv. 2014, 17:27

Pour en revenir au titre de ce fil, Peillon aurait donc beaucoup plus de "mérite" à tuer l'Eglise catholique, là où Néron avec ses armées et ses arènes a échoué. De même qu'Attila devant Paris a dû reculer... Lorsque l'on fait un martyre, on ne diminue pas l'Eglise, on lui donne un surcroît de force...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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