La situation politique en Belgique

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
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VexillumRegis
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par VexillumRegis » sam. 30 juil. 2011, 18:04

Bisdent a écrit :C'est quand même formidable que lorsque la Chine investit le Tibet de manière à aller jusqu'à ses frontières naturelles, tout le monde s'offusque en France.
Pour ma part, je ne m'en offusque pas le moins du monde.

Le Tibet appartient à la zone d'influence de la Chine. Quoi que les Chinois y puissent faire, cela les regarde.

Et puis il n'y a pas à ma connaissance de richesses en matières premières au Tibet, ce qui rend la région fort inintéressante en fin de compte.

PS : en ce qui concerne les "frontières naturelles", c'était de la pure provocation : je n'y crois guère moi-même.

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GuilhemMaurice
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par GuilhemMaurice » sam. 30 juil. 2011, 19:09

Détrompez-vous, le Tibet tout comme l'Afghanistan est très riche en terres rares, métaux utiles pour l'électronique. Pourquoi pensez-vous que les américains tiennent absolument à ce que le Tibet soit indépendant?
Les occidentaux sont très hypocrites lorsqu'ils jouent avec les droits de l'homme: ils ne s'y interessent que quand ça arrange leurs intérêts: chut sur l'Arabie Saoudite, mais crions au scandale sur la Chine. Ou alors autre exemple, création d'un Timor indépendant (pétrole oblige) et ignorance de la persécution des chrétiens des Moluques (pas de pétrole) en Indonésie; indépendance du Sud-Soudan (vive le pétrole), etc, etc.

En ce qui me concerne, je serais pour un rattachement de la Wallonie à la France, tout comme le Luxembourg et la Suisse romande et des parties germanophones à l'Allemagne. Je verrais d'un mauvais oeil la création d'un n ème état européen, ce serait la course à la balkanisation.
Pour Bruxelles, je la verrais bien en District fédéral de l'Union Européenne (comme Washington DC pour les USA), mais il faudrait faire de cette dernière une union fédérale, ce qui n'est pas gagné.... Sinon, faisons la française, les francophones étant majoritaires et risquant d'être discriminés par les flamands (en fait, ils le sont déjà...)
Vous avez deviné, je suis très européen dans mes idées (mais une vraie europe, pas celle qu'on nous mijote).
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par d.e » sam. 30 juil. 2011, 19:23

Théo d'Or a écrit :Dydimos et Bisdent, vous êtes historiens? J'ai l'impression de nager dans l'ignorance en vous lisant :-D
Bonjour Théo d'Or,
Rassurez-vous, vous n'êtes pas seul ! :)
Bisdent a écrit :Au temps pour moi, j'avais oublié de me connecter.
Bonjour Bisdent,
Heu ..., je crois que c'est à moi d'écrire cette phrase !
Le texte signé "touriste" est mien.
Et heureusement que vous m'avez anticipé car j'aurais écrit fautivement "autant pour moi ..." :( .

Pour revenir au sujet, c'est un réel délice de lire votre "débat contradictoire" entre vous et Didymos, et ce, sans agressivité (rare dans les forums), autant à l'égard de l'un que de l'autre !

Merci à vous deux et aux autres intervenants.

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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Bisdent » sam. 30 juil. 2011, 20:15

d.e a écrit : Pour revenir au sujet, c'est un réel délice de lire votre "débat contradictoire" entre vous et Didymos, et ce, sans agressivité (rare dans les forums), autant à l'égard de l'un que de l'autre !

Merci à vous deux et aux autres intervenants.
De rien hein dites ;)
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Didymos » sam. 30 juil. 2011, 22:27

Bisdent a écrit :Ce que je dis pour la France, je le pense évidemment aussi pour l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, etc. Je me refuse de penser que des frontières naturelles doivent dicter la constitution de frontières politiques ou culturelles.
Dans ce cas nous avons effectivement une divergence durable. Depuis la préhistoire les hommes d'un même clan cherchent à utiliser les obstacles naturels comme défense et comme repère. Qu'il s'agisse de cours d'eau, de reliefs, de forêts, de marais... Pour les mêmes raisons, les hauteurs ont toujours été prisées pour construire qui un oppidum, qui un castrum...
Les Romains ne sont pas les seuls à avoir agi ainsi, en prenant pour limites le Rhin et le Danube. La plupart des frontières encore aujourd'hui correspondent à des limites naturelles. Et même, à l'intérieur des États, pour les découpages administratifs.
Je m'éloigne un peu du sujet, mais les frontières correspondant avec des montagnes risquent même d'êtres intéressantes dans l'avenir à cause des problèmes d'eau (les montagnes délimitent des bassins versants).
Bisdent a écrit :Tout a une durée de vie limitée dans l'histoire. Vous ne trouverez pas de système immuable.
Justement, si, la géographie (pas à l'échelle géologique, certes). Encore faut-il que le système politique repose encore dans l'avenir sur des États, ce qui n'est pas sûr du tout, je vous l'accorde.
Bisdent a écrit :Vous prenez le parti de prendre la France comme point de référence. Ce n'est pas mon parti. Mon système de référence est l'Empire et son incroyable capacité à fédérer des réalités politiques, économiques et culturelles fort différentes, dans le respect de leur diversités. Ca contribue sans doute à expliquer que l'Allemagne était prédisposée à l'idée de la construction européenne dans le respect de sa devise (In varietate concordia).
En effet, voilà que nous avons une seconde vision opposée des choses. Après la fin de l'unité carolingienne, le titre impérial, s'il est porté, ne peut être qu'abusif, puisqu'il eût fallu réunir aussi la Francie occidentale à la Francie orientale et à la Lotharingie qui formaient le "Saint Empire" pour que ses différentes composantes unissent leur part d'héritage. Sans compter qu'à l'époque carolingienne, l'Empire couvrait presque tout l'occident chrétien, et était donc réellement un Empire, mais par la suite de nombreuses autres puissances se sont formées et sont devenues chrétiennes latines, en particulier en direction du nord et de l'est. Donc il faudrait normalement pouvoir toutes les fédérer pour prétendre à ce titre.
Selon votre vue, qui est par ailleurs parfaitement logique et sur ce point on ne peut pas vous reprocher d'être incohérent, l'Empire a une vocation quasiment universelle et peut s'étendre tous azimuts puisqu'il fédère, comme vous le dites, avec une efficacité remarquable, des réalités locales très différentes. Et donc, sans résistance, la France aurait parfaitement pu se retrouver intégrée à cet ensemble. Seulement voilà, elle a son propre modèle, et elle n'était pas décidée à se laisser bouffer !
Bisdent a écrit :Ca n'a rien à voir ! Ces révolutions n'étaient pas dirigées contre l'idée d'une fédération. La révolution brabançonne de 1789 est dirigée contre un point précis : la politique d'un homme appelé Joseph II. C'est comme si vous disiez que la Jacquerie des Pitauds était une remise en cause des Angoumois du sentiment d'appartenance au royaume de France. Or ce n'est pas le cas ; ce sont les mesures politiques appliquées qui amènent à la révolte. Quand à la révolution de 1830, c'est pareil : la révolte va à l'encontre de la politique personnelle de Guillaume d'Orange. La meilleure preuve que la révolte n'allait pas à l'encontre l'idée d'Empire, c'est que, par exemple, la ville de Luxembourg (qui fut belge de 1830 à 1839), continua à accueillir une garnison de la fédération germanique en son sein pour la défendre, et cela n'a jamais été remis en cause par personne. Par ailleurs, le Hainaut, le Luxembourg, le Brabant, le Namurois, etc., avaient bien plus de compétences au sein de l'Empire qu'elles n'en avaient du temps de la centralisation néerlandaise de 1815-1830. C'est précisément cette perte d'autonomie de gestion au profit de la centralisation de Guillaume d'Orange qui provoqua cette révolution.
Il y a une légère contradiction. Défense des libertés locales vs. défense de l'Empire. Je sais bien que l'Empire laissait des libertés, mais jusqu'en 1789 la France aussi ! Les fameux "privilèges" honnis dont on enseigne la haine à nos écoliers et collégiens, comprenaient aussi les privilèges provinciaux, ceux des villes, des corporations, etc.
D'autre part la description que vous faites vaut pour la révolution brabançonne mais pas pour la révolution liégeoise, qui elle, était fortement révolutionnaire et anticléricale, en parallèle avec ce qui se passait en France. D'ailleurs après le retour des troupes autrichiennes, certains chefs de file se sont réfugiés à Paris, et lors de l'arrivée des Français, l'annexion a été plébiscitée.
Quant au lien avec la France et ce qui se passait en 1830, je relèverai simplement l'adoption du drapeau tricolore belge, juste adapté aux couleurs du Brabant, mais avec les couleurs dans le même ordre...
Bisdent a écrit :Précisément. Ca me fait toujours rire de m'imaginer Clovis avec un accent liégeois... :-)
Et ça vous fait juste rire ou ça vous inspire autre chose ?
Bisdent a écrit :Mouais... C'est oublier que la Gaule, c'est aussi la Gaule Cisalpine, c'est-à-dire toute la région nord de l'Italie. Qu'en faites-vous ?
Elle a eu très tôt une autre destinée. Et puis les Francs n'ont pas cherché à conquérir les territoires des Gaulois, ce n'est pas ce que je veux dire. Juste à s'étendre dans l'espace naturel qui correspond principalement à la Gaule.
Bisdent a écrit :Et alors ? À l'époque impériale romaine, Lyon a bien été pendant 5 siècles en territoire impérial ! :-)
J'ai déjà répondu plus haut sur la vison impériale et sa légitimité.
Bisdent a écrit :Si vous n'y voyez pas d'inconvénient, je préfère parler de luxembourgeois plutôt que de francique mosellan. Le francique mosellan désigne un ensemble des dialectes germaniques. Le luxembourgeois est le nom donné à une langue nationale reconnue par l'état luxembourgeois, avec sa grammaire, son dictionnaire, etc. Le francique mosellan est un ensemble beaucoup plus vaste et moins réglementé. À l'heure actuelle, c'est le luxembourgeois qui est enseigné à Arlon, pas le francique mosellan.
Scientifiquement, le luxembourgeois n'est pas une langue, ne vous en déplaise, pas plus d'ailleurs que le francique mosellan. Ce dernier est un dialecte moyen-allemand oriental, qui comprend certes des variantes locales du nord au sud, mais qui ne sont ni des langues, ni des dialectes. La raison de sa désignation comme langue au Luxembourg est politique. On parle de langue ausbau.
Au passage, même chose pour le wallon que vous avez cité aussi comme langue. Aux yeux des linguistes, c'est un dialecte de la langue d'oïl (dont la forme écrite unifiée n'est autre que le français). Quant au flamand, ce sont en réalité trois dialectes du néerlandais : le flamand stricto sensu (aussi parlé dans la partie française), le brabançon et le limbourgeois. Chacun ayant sa gamme de variantes, s'entend. Mais le néerlandais est lui-même à l'origine une famille de dialectes dits bas-franciques et apparentés au bas-allemand. Son absence de lien actuel avec la langue allemande tient au fait que les Provinces-Unies se sont séparées précocement de l'Empire et que par conséquent la langue écrite unifiée qui s'est développée par la suite dans les autres régions germanophones y est inconnue. Les néerlandais ont préféré mettre par écrit leur dialecte. C'est donc également une langue ausbau à l'origine, mais ce n'est plus vrai aujourd'hui, parce qu'elle a continué à évoluer dans une autre direction. Peut-être qu'un jour on aura la même chose avec le Suisse-allemand, s'ils se mettent à l'écrire.
Bisdent a écrit :les mêmes notions de "frontières naturelles", qui selon moi, peu importe le pays, ouvrent la porte à n'importe quelle visée expansionniste (car on ne parle jamais de se replier derrière ses frontières naturelles, sauf en cas de débandade)
Je conçois les frontières naturelles comme défensives, pas comme base d'invasion. Il ne m'était jamais venu à l'idée de penser autrement. Peut-être est-ce le souvenir de Bonaparte et de sa France écartelée jusqu'à étirer des tentacules de la mer Baltique à la Campanie ? Rassurez-vous, je n'ai aucune sympathie bonapartiste.

Bon dimanche !
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Bisdent » sam. 30 juil. 2011, 23:21

Didymos a écrit :Dans ce cas nous avons effectivement une divergence durable.
Effectivement, je ne suis pas certain qu'un débat entre nous sur ce point soit très productif.
[/quote]
Didymos a écrit : Après la fin de l'unité carolingienne, le titre impérial, s'il est porté, ne peut être qu'abusif, puisqu'il eût fallu réunir aussi la Francie occidentale à la Francie orientale et à la Lotharingie qui formaient le "Saint Empire" pour que ses différentes composantes unissent leur part d'héritage.
Effectivement, ce n'est pas là mon point de vue. Tout comme si la Flandre fait unilatéralement sécession du reste de la Belgique, l'état belge demeure diminué de la Flandre, je ne vois pas ce qui empêche un empire retranché d'une partie de son territoire de continuer à s'appeler empire. Je ne pense pas que la discussion sur ce point sera très bénéfique non plus.
Didymos a écrit : Sans compter qu'à l'époque carolingienne, l'Empire couvrait presque tout l'occident chrétien, et était donc réellement un Empire, mais par la suite de nombreuses autres puissances se sont formées et sont devenues chrétiennes latines, en particulier en direction du nord et de l'est.
Avec cette logique, on ne peut plus parler non plus d'Empire quand l'Empire se scinde en 2 entre empire romain oriental et empire romain occidental.
Didymos a écrit : Selon votre vue, qui est par ailleurs parfaitement logique et sur ce point on ne peut pas vous reprocher d'être incohérent, l'Empire a une vocation quasiment universelle et peut s'étendre tous azimuts puisqu'il fédère, comme vous le dites, avec une efficacité remarquable, des réalités locales très différentes.
Vous savez, comme dans tout gouvernement, on ne fédère durablement que des entités qui veulent bien se mettre ensemble pour se régir. Et tant pis si c'est à plusieurs vitesses.
Didymos a écrit : Et donc, sans résistance, la France aurait parfaitement pu se retrouver intégrée à cet ensemble. Seulement voilà, elle a son propre modèle, et elle n'était pas décidée à se laisser bouffer !
Ca me rappelle l'attitude actuelle du Royaume Uni par rapport à la politique européenne : cette peur de se faire bouffer là où les autres ont des espoirs de construire quelque chose de grand et noble.
Didymos a écrit : D'autre part la description que vous faites vaut pour la révolution brabançonne mais pas pour la révolution liégeoise, qui elle, était fortement révolutionnaire et anticléricale, en parallèle avec ce qui se passait en France. D'ailleurs après le retour des troupes autrichiennes, certains chefs de file se sont réfugiés à Paris, et lors de l'arrivée des Français, l'annexion a été plébiscitée.
L'hérésie francophile du quartier liégeois d'Outre-Meuse existe toujours et n'est pas neuve. :-)
Didymos a écrit : Quant au lien avec la France et ce qui se passait en 1830, je relèverai simplement l'adoption du drapeau tricolore belge, juste adapté aux couleurs du Brabant, mais avec les couleurs dans le même ordre...
Erreur ! Donc correction ! Le premier drapeau belge commandé le 28 août 1830 avait les couleurs placées horizontalement et les couleurs n'étaient pas du tout dans le même ordre : rouge en haut, jaune au milieu et noir en-dessous. Un mois plus tard, le gouvernement provisoire adopte ce drapeau horizontal, suivi par le Congrès national puis l'armée. Ce n'est que le 23 janvier 1831 que le Congrès national propose de placer plutôt les couleurs à la verticale, et à ce moment-là, toujours pas dans l'ordre que nous connaissons aujourd'hui. Le rouge fut dans un premier temps à la hampe. Ce n'est que le 12 octobre 1831 (soit quand même plus d'un an après l'utilisation de premiers modèles) que le noir vient à la hampe. La raison est toute simple : faire concorder le pavillon de la marine avec le drapeau national. À partir de là, l'inspiration française dans le choix du drapeau, vous pouvez bien la chercher.
Didymos a écrit :
Bisdent a écrit :Précisément. Ca me fait toujours rire de m'imaginer Clovis avec un accent liégeois... :-)
Et ça vous fait juste rire ou ça vous inspire autre chose ?
Franchement, ça me fait juste rire. Et de bon coeur. :D
Didymos a écrit : Scientifiquement, le luxembourgeois n'est pas une langue, ne vous en déplaise, pas plus d'ailleurs que le francique mosellan.
Oh vous savez, moi, ce que j'en dis... Néanmoins, si le sujet vous intéresse vraiment, je peux vous mettre en relation avec un Docteur en linguistique luxembourgeoise qui vous expliquera en long, en large et dans les détails, pourquoi le luxembourgeois est une langue. Pour les coordonnées, je vous demanderai alors juste que ça se passe en mp.

Bien à vous,
Bisdent

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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Didymos » dim. 31 juil. 2011, 9:01

Bisdent a écrit :Effectivement, je ne suis pas certain qu'un débat entre nous sur ce point soit très productif.
Il est vrai qu'on progresse résolument vers l'impasse... Toujours est-il que j'étais très content de ce débat avec vous.
Bisdent a écrit :Avec cette logique, on ne peut plus parler non plus d'Empire quand l'Empire se scinde en 2 entre empire romain oriental et empire romain occidental.
Oui mais chacun avait conservé la dignité impériale et la reconnaissait à l'autre, c'est un peu différent.
Bisdent a écrit :Vous savez, comme dans tout gouvernement, on ne fédère durablement que des entités qui veulent bien se mettre ensemble pour se régir. Et tant pis si c'est à plusieurs vitesses.
Je pense que votre raisonnement est issue d'une pensée moderne. Dans le contexte historique c'est plutôt le rapport de force et la contrainte qui régissaient les relations entre puissances que la libre association. A ce titre, certains ont bien tenté, comme Charles Quint, de recréer un Empire d'occident. Il ne s'en cachait d'ailleurs pas.
Bisdent a écrit :Ca me rappelle l'attitude actuelle du Royaume Uni par rapport à la politique européenne : cette peur de se faire bouffer là où les autres ont des espoirs de construire quelque chose de grand et noble.
Bien que j'éprouve une aversion certaine à l'égard de tout ce qui est anglois, vous visez certainement juste : je suis résolument opposé à l'Union Européenne, qui n'est pour moi ni grande ni noble. Mais cela vous surprend-il vraiment ?

Quoi qu'il en soit, j'espère que la situation de votre pays va s'améliorer, pour notre bien à tous.
J'ai prié pour la Belgique hier soir, ainsi que pour vous, pour votre famille et vos élèves.
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par stephlorant » dim. 31 juil. 2011, 14:47

Bisdent,
Mon cher compatriote,

Je voulais simplement saluer votre patience. Chaque jour, en voiture, sans pouvoir m'arrêter, je passe devant la statue de Gabrielle Petit, à Tournai. Eh bien, peu importe comme la 'belgitude' se définit, je me reconnais dans cette femme, comme aussi dans Brel et beaucoup d'autres.

Pour elle, pour Gabrielle Petit, la Belgique n'était certainement pas une "erreur". Voici son histoire:


Pendant la première guerre mondiale, sous l'invasion et sous l'occupation, plus de sept mille civils belges furent massacrés ou fusillés: hommes, femmes, enfants, pêle-mêle. Parmi les femmes qui souffrirent chez nous pour la cause de la Justice, aucune ne dépassa Gabrielle Petit en vaillance et en courage.

Cette jeune fille fut fusillée pour la Patrie le 1er avril 1916. Elle mourut à 22 ans, souriante, en criant: « Vive la Belgique, vive le Roi! »

Elle était la plus jeune des 41 victimes exécutées et enterrées au Tir National de Bruxelles.

Au témoignage des Allemands, elle fut « la plus grande des fusillées ». D'un accord unanime, les Belges la considèrent comme l'héroïne nationale.



Gabrielle Petit était une modeste employée de commerce, sans autre ressource que le produit de son travail. En juillet 1914, elle était fiancée à un soldat belge. La guerre éclate. Elle dit à son fiancé: « Notre devoir est tracé. La Patrie nous appelle. Nous la servirons tous deux en soldats: Tu te battras, je m'engage à l'ambulance. »

Le brave est blessé à Liège, pendant ces jours d'épopée où le général Léman apprend au monde comment on arrête des armées invincibles. Elle soigne son fiancé, le guérit, le fait évader du lazaret et lui dit: « Ton devoir est de rejoindre l'armée. Je vais te conduire et te faire franchir la frontière. Puis, je reviendrai ici pour continuer mon service. »

Ils traversèrent sans encombre la frontière hérissée de baïonnettes allemandes, la Hollande peuplée d'espions et la mer parsemée de mines.

Lorsqu'elle a remis son fiancé à l'armée belge, elle s'engage, à l'insu de tous, au service des renseignements. Sa vie « militaire » commence. Elle fait passer des recrues en Hollande et elle ne cesse de fournir à nos armées les renseignements les plus précieux. Elle opérait sur le front d'Ypres à Maubeuge. Toutes les ruses, elle les connut et les pratiqua. Tour à tour elle se fit bonne d'enfant, pêcheuse à la ligne, voyageuse de commerce, colporteuse de journaux, réfugiée ou parente pauvre en villégiature, changeant d'attitude et de tenue suivant l'heure, le danger ou l'aventure. Ses adversaires les plus difficiles à dépister furent les détectives allemandes féminines qui sillonnaient sans relâche la contrée, photographiant toute figure suspecte et notant chaque allée et venue.

Un jour vint où les principaux chefs d'une branche de l'organisation furent arrêtés, jugés et exécutés par l'occupant. Cette alerte ne fit qu'exciter son ardeur. Et l'on vit alors cette jeune fille de vingt-deux ans prendre la direction de l'entreprise dangereuse entre toutes et organiser de toutes pièces un service qui rayonnait de Bruxelles à Maubeuge, à Lille, à Anvers, sur une grande partie de la ligne de feu...

A un confident de sa pensée intime, elle avait dit: « Mon devoir de chrétienne est d'employer mon activité à la tâche patriotique la plus haute et la plus utile. Or, rien n'est plus utile que le service des renseignements: Ainsi, je puis faire le plus de mal à l'ennemi, sauver le plus de soldats alliés, et peut-être contribuer à la victoire qui doit venir. S'il me faut perdre la vie, c'est que la Providence m'aura jugée digne de la mort la plus belle qui soit, la mort pour la Patrie et la Justice. Il n'y a pas de plus magnifique emploi de ma vie ni de plus beau départ pour l'éternité. »

Elle aimait joindre l'espièglerie à ses hauts faits. En guise de passe-temps, elle portait la Libre Belgique jusque dans le bureau du gouverneur allemand von Bissing. « Il faut bien, disait-elle, donner quelque distraction à son Excellence. »

Cependant le courtier qui transportait ses rapports en Hollande avait été capturé; elle l'ignorait. Un traître hollandais lui fut substitué par les Allemands et se rendit, avec le mot de passe, chez Gabrielle Petit. Elle confia ses secrets à cet espion qui les porta à la « Kommandatur ».

Le 20 janvier 1916, Gabrielle était arrêtée....

En prison, elle fut sublime. On ne sait vraiment ce qu'il faut admirer le plus: la vivacité de son intelligence, le courage, la vaillance, la fierté de l'accent, le dédain de la peur, la crânerie, la hauteur de la pensée et pardessus tout la gaîté triomphante. Jamais plus magnifique échantillon de notre race ne se dressa plus intrépide devant la toute puissance militaire allemande. A de certains moments, elle personnifie l'âme nationale.

Tout ce qu'une prisonnière peut subir de la soi-disant justice allemande, elle le souffrit avec un courage qui lassa ses bourreaux et leur arracha des cris d'admiration. Les interrogateurs appliquèrent successivement tous les moyens de la question la plus captieuse et la plus cruelle pour lui arracher le nom de ses complices et l'organisation de ce qu'on appelait sa bande. Tout échoua.

Lorsqu'enfin, on va la faire comparaître devant ce que ces gens-là appelaient une cour de justice, on lui propose pour défenseur un Allemand. Elle refuse: « Si vous ne me donnez un avocat belge, dit-elle, je refuse d'être défendue. Après tout, pourquoi un défenseur? Ma condamnation doit être écrite d'avance. Cessez cette parodie de la justice. » Son interrogatoire final fut un triomphe.

— Pourquoi, lui demande-t-on, avez-vous pratiqué le service de renseignements?

— Par haine contre votre régime et surtout par amour pour mon pays et mon Roi.

— Votre Roi, interrompt le juge en ricanant, c'est un roi de carton, une poupée.

— Mon Roi, réplique-t-elle aussitôt, est dans les tranchées avec ses soldats; votre Kaiser est à l'arrière avec ses courtisans.

On lui demande: « Pourquoi nous avez-vous fait du mal, à nous qui ne vous avions rien fait?

— Comment, vous ne nous avez rien fait? C'est un comble. Vous m'apparaissez comme le mal incarné. Vous avez pillé, ravagé, brûlé notre pays; vous avez massacré et torturé non seulement nos soldats, mais des civils innocents, des femmes et jusqu'à de petits enfants.

— On vous a fait accroire cela, ce n'est pas vrai, interrompt le juge.

— Non, j'ai vu, j'ai vu de mes yeux vos incendies; j'ai trouvé des mains coupées d'enfants dans les sacs de vos soldats; je vous vois encore, près de Charleroi, lier atrocement de pauvres femmes et les jeter dans la Sambre avec des huées féroces. Je vous ai vu tuer le mari innocent d'une femme qui le couvrait naïvement de sa jupe pour le soustraire aux coups de vos bourreaux: c'est moi qui ensevelis le cadavre. J'ai vu...

— Taisez-vous, ordonne le Président. Savez-vous que le métier d'espionne mérite la mort?

— Je ne suis pas une espionne comme vos espions. Je vous ai surveillés dans mon pays, pour mon gouvernement, pour ma Patrie, alors que vous, vous êtes dans mon pays contre tout droit, après avoir violé vos serments. La Justice vous défend même de me condamner. Vous n'êtes que la Force. Vous m'assassinerez. Faites vite.

— Si on vous graciait, que feriez-vous?

— Je recommencerais.

— Vous commandiez à des centaines d'hommes, quels sont vos agents?

— Pouah! Ne m'insultez pas. Vous savez bien que je suis incapable d'une infamie. Vous ne saurez rien.

— Votre crime est énorme. Vous êtes la cause de la mort de plusieurs milliers de soldats allemands.

— Vous me rendez bien heureuse. Mes efforts n'ont donc pas été vains.

J'ai, du reste, pris toutes mes précautions et mon service continue comme si j'y étais.

— Vous aurez la vie sauve si vous consentez à donner quelques indications sur votre organisation.

— Non, non et non!

Gabrielle Petit est condamnée à mort le 3 mars 1916. Elle n'est exécutée que le 1er avril.

C'est pendant ce mois interminable que la persécution des bourreaux atteint son point culminant. On joue de la vie et de la mort, de l'horreur, de la séduction et de la promesse pour arracher enfin le renseignement convoité sur les complices. Connaissez-vous un supplice plus affreux?

Tout reste inutile. Elle triomphe de toutes les embûches et de ses propres moments de faiblesse. Sur le mur de sa prison, elle écrit avec une épingle à cheveux cette pensée qui est une devise: « C'est avec des humbles qu'on fait des héros obscurs ».

Pour s'encourager dans les heures noires, lorsque les tourments physiques et moraux menacent de submerger sa volonté et sa gaieté, elle traça sur le mur ces mots de combat: « Ici je suis devant l'ennemi et c'est à l'ennemi que j'ai à faire. Mon droit et même mon devoir est de lui donner du fil à retordre. »

On veut lui faire signer un recours en grâce. Elle refuse en riant. L'aumônier allemand se présente pour insister. Elle ne veut pas le recevoir. A la fin, sur la recommandation suppliante de sa marraine qui a la délicate pensée de donner à l'aumônier, pour le transmettre à Gabrielle, une statuette de saint Joseph qu'elle aime, elle consent à recevoir le prêtre allemand. Celui-ci, avec sa lourdeur teutonne, veut la convaincre de la nécessité d'adresser un recours en grâce à Sa Majesté l'Empereur d'Allemagne. Elle bondit, agonise de sa verve le Kaiser et l'aumônier; sa crâ-nerie gamine reprend peu à peu le dessus; elle se moque alertement de la Toute Puissante Allemagne qui ne peut rien contre sa faiblesse à elle. Elle a des mots cinglants contre la « Kultur » germanique qui se doit d'ajouter à la liste de ses forfaits en Belgique, l'assassinat d'une jeune fille de vingt-deux ans: « Implorer la grâce du sinistre Kaiser, parjure, massacreur, voleur, pillard... jamais! Son honneur de Belge s'y oppose... »

Enfin, le 31 mars, à 3 h. 30 de l'après-midi, elle apprend que l'exécution est fixée au lendemain. Son calme est absolu. Sa sœur, qui lui rend visite, fait cet aveu: « J'avais l'air d'être la condamnée; c'est elle qui me consolait ».

Nous savons comment se passa la funèbre veillée. Rien n'est plus beau. Un soldat allemand est placé dans sa cellule. Cet homme parle français et est un incroyant. Avec un tact qui n'appartient qu'à la race teutonne, devant cette jeune fille qui va mourir, il nie Dieu et la vie future.

Gabrielle brode le dernier petit cadeau promis à sa marraine. De temps en temps, elle réplique en souriant. Elle s'anime par degrés et parle de l'immortalité de l'âme, de l'existence de Dieu, son Père qu'elle va voir sans voiles, au moment où les balles chasseront l'âme de son corps. Elle parle du Paradis, de la vision béatifique, de l'Eternité bienheureuse. Elle ajoute qu'elle prie Dieu pour son geôlier et qu'elle se souviendra de lui Là-Haut.

A 1 heure du matin, elle se met à écrire, jusque vers 2 h. 30. L'écriture est ferme comme auparavant. Elle distribue ses vêtements et son petit avoir de 581 francs. Cinq minutes plus tard, elle dort d'un sommeil profond. A cinq heures moins le quart, elle dort si paisiblement que le soldat n'ose l'éveiller.

A cinq heures, ses yeux s'ouvrent et sourient. Elle se lève aussitôt. Elle demande au soldat d'aller lui chercher une feuille de lierre.

Elle fait sa dernière toilette. Au témoignage du soldat, elle s'ensevelit vivante avec un courage héroïque.

A défaut de ciseaux, elle demande à son gardien de lui couper, avec son canif militaire, une mèche de cheveux qu'il voudra bien remettre à sa sœur avec ses dernières pensées, une broche, ses lettres et la feuille de lierre. Le soldat, totalement conquis, promet tout ce qu'elle veut, malgré les défenses et les consignes.

Elle achève ses dernières lettres; puis elle communie avec une ferveur touchante.

A 5 heures 45, on lui fait savoir que la voiture attend. Elle met son grand manteau bleu. Après un dernier regard à son crucifix, elle part, sans la moindre agitation. De la prison de Saint-Gilles au Tir national, elle récite à mi-voix le Rosaire, en prononçant avec force — l'aumônier le remarque — la fin des Ave Maria: « Maintenant et à l'heure de notre mort... ».

Lorsqu'elle descend de voiture, un Allemand, présumant une défaillance, s'offre à la soutenir. Elle remercie gentiment, disant: « Merci, Monsieur, je n'ai pas besoin de votre aide; vous allez voir comment une jeune fille belge sait mourir ».

Elle marche d'un pas alerte, suivant son habitude. Lorsqu'elle arrive à la place de l'exécution, elle salue l'aumônier, l'officier et les soldats et, d'un bond, elle va se poster en face du peloton. Un soldat s'approche avec le bandeau qu'on met sur les yeux des condamnés. Elle refuse. Le soldat veut employer la force. Elle le repousse avec violence en s'écriant: « Respectez au moins le dernier vœu d'une femme qui va mourir ». On n'insiste plus.

Tandis que l'officier précipite les commandements, elle crie: « Vive la Belgique! Vive le... »

La fusillade coupe le reste. Elle s'affaisse lentement et tombe face à l'ennemi.

Ainsi finit son calvaire et son âme s'élança dans l'immortalité.


récit de Cyrille van Overbergh
http://www.greatwardifferent.com/Great_ ... tit_04.htm
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par stephlorant » dim. 31 juil. 2011, 17:45

Aujourd'hui
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Souvenir d'un roi catholique dans une Europe sans Dieu


BRUXELLES Il y a 18 ans, l'annonce du décès du roi Baudouin provoquait un vif émoi dans la population. Le souverain est décédé le 31 juillet 1993 dans sa maison de vacances à Motril, en Espagne, d'une crise cardiaque.

Comme chaque année, une cérémonie religieuse en son honneur sera célébrée le dimanche 31 juillet dans l'église Notre-Dame de Laeken et la crypte royale où repose la dépouille sera ouverte au public de 10 à 17h00.

Lors du décès du Roi, des dizaines de milliers de Belges se sont rassemblés devant le palais de Bruxelles pour témoigner leur sympathie à la famille royale et leur attachement à un souverain qui leur apparaissait comme un "symbole d'unité nationale" dans une Belgique devenue fédérale. Plongés dans un deuil profond, d'innombrables anonymes ont déposé des bouquets de fleurs, bougies et messages de condoléances devant les grilles du palais.

Baudouin est né à Bruxelles au Château du Stuyvenberg, le 7 septembre 1930. A l'issue du règne de son père Léopold III, secoué par la question royale, Baudouin a prêté le serment constitutionnel le 17 juillet 1951 en tant que cinquième Roi des Belges. Il a épousé l'Espagnole Dona Fabiola de Mora y Aragon le 15 décembre 1960. Le couple royal n'a pas eu d'enfant.

De grands événements ont traversé son règne tels que l'exposition universelle à Bruxelles en 1958, la proclamation de l'indépendance du Congo belge (le 30 juin 1960) et la fédéralisation de la Belgique.

Le roi Baudouin a notamment marqué les esprits en 1990 lorsqu'il avait refusé de signer le projet de loi sur la dépénalisation de l'avortement. La notion d'impossibilité de régner telle qu'utilisée en 1990 par le roi et le gouvernement, pour des raisons morales, avait été considérée comme un cas sans précédent dans l'histoire du pays.

A l'occasion du 25e anniversaire de son règne, le souverain avait demandé, en 1976, la mise sur pied d'une Fondation qui porte son nom et dont les objectifs répondent toujours à ses préoccupations sociales: entre autres la lutte contre la pauvreté et les exclusions sociales, la formation des jeunes et l'environnement.
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Bisdent » dim. 31 juil. 2011, 23:22

Cher Stephlorant,

Je vous remercie grandement de rappeler le souvenir de Gabrielle Petit, mais surtout du Roi Baudouin. Vous le savez, je ne suis pas si vieux que ça. Mais comme bon nombre de Belges, je ne souviens précisément de ce que je faisais le jour de l'annonce du décès du Roi ; il y a 18 ans, j'avais donc dix ans.

Comme tous les dimanches (car c'était bien un dimanche matin que l'annonce est tombée dans les chaumières), mon père ramenait de bonne heure les petits pains au chocolat. Lorsqu'il rentrait, il dit qu'il devait se passer quelque chose, car tous les drapeaux belges étaient en berne en ville. J'ai donc allumé la télévision où je trouvais à ma grande surprise des émissions de plateau direct où je compris vite le sujet des débats : la mort du Roi et les questions relatives aux circonstances du décès et à la succession.

Le Roi était mort d'une crise cardiaque ! Je n'en revenais pas ! À l'âge de 10 ans évidemment, je n'avais connu que ce Roi là. Pour moi, Roi signifiait Baudouin et vice-versa. Et plus impressionnant encore pour moi à ce moment-là, mes parents eux-mêmes n'avaient pas connu d'autre Roi !

Ni une ni deux, je décidais alors d'enfourcher mon vélo pour aller annoncer la triste nouvelle à mes grands-parents habitant le même village. J'étais sûr qu'à cette heure là, ils n'avaient encore allumé ni la télé ni la radio, et comme c'était dimanche, ils n'avaient pas reçu de journal. En outre, je me disais qu'eux avaient déjà connu d'autres Rois, contrairement à mes parents, et je crois que c'était de nature à me rassurer ; car oui, cette mort m'avait déstabilisé.

Arrivé chez mes grand-parents, c'est ma grand-mère qui m'ouvrit la porte. La joie et la surprise de me voir un dimanche de si bonne heure laissa rapidement la place à l'effondrement (je pèse mes mots) suite à l'annonce de la nouvelle. J'ai regardé la suite des directs télévisés chez mes grands-parents.

Les jours suivants furent intenses en émotions télévisuelles, jusqu'à l'enterrement proprement. Ce fut par ailleurs le seul enterrement de chef d'état qui fit déplacer hors de leur pays la Reine d'Angleterre et l'Empereur du Japon.
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Bisdent » lun. 01 août 2011, 10:58

Didymos a écrit : J'ai prié pour la Belgique hier soir, ainsi que pour vous, pour votre famille et vos élèves.
Vous demandez au bon Dieu de donnez la Wallonie à la France et de me détourner de mes mauvais penchants afin de ne pas trop mal influencer mes élèves ? :-D
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Kerniou » lun. 01 août 2011, 11:16

Vous nous posez une drôle de question, Bisdent, et qui plus est, embarrassante.
Je ne répondrais "oui" à la question que si les wallons, d'abord, étaient d'accord.
J'avais cru comprendre, lors d'un reportage, que certains wallons le souhaiteraient ... Mais dans quelle proportion et dans quel cadre ?
La vanité française s'enorgueillirait d'un tel choix, bien entendu. Mais, nous n'en sommes pas là ...
Cette solution consentie ne pourrait intervenir qu'après un processus de "déstructuration" de la Belgique et d'une "restructuration" des territoires que les belges devraient approuver ...
Je souhaite, pour ma part aux Belges de trouver pour la Belgique, une solution interne qui leur soit satisfaisante.
Bonne journée à vous.
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Bisdent » lun. 01 août 2011, 11:36

Ah mais pardon ! Ce n'est pas moi qui pose la question ! Pour moi, cette question ne doit pas être posée ! Et comme vous dites bien, même si elle devait l'être, ce n'est pas aux Français qu'on devrait la poser en premier lieu !

Merci Kerniou pour vos sages paroles. Ca mérite bien une petite Brabançonne :

Ô Belgique, ô mère chérie,
À toi nos cœurs, à toi nos bras,
À toi notre sang, ô Patrie !
Nous le jurons tous, tu vivras !
Tu vivras toujours grande et belle
Et ton invincible unité
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Aura pour devise immortelle :
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !
Le Roi, la Loi, la Liberté !


Ce à quoi, il est de coutume de répondre en milieu estudiantin notamment !µ
Le lanceur : À la patrie !
Les répondants : Au Roi !
Tous ensemble : Vive le Roi !
Bisdent

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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par Didymos » lun. 01 août 2011, 20:26

Bisdent a écrit :
Didymos a écrit : J'ai prié pour la Belgique hier soir, ainsi que pour vous, pour votre famille et vos élèves.
Vous demandez au bon Dieu de donnez la Wallonie à la France et de me détourner de mes mauvais penchants afin de ne pas trop mal influencer mes élèves ? :-D
Vous êtes blessant.
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Re: Belgique : et si c'était bientôt la fin ?

Message non lu par stephlorant » lun. 01 août 2011, 20:54

Et moi, belge, né de Gabriel (de Vaulx) et de Léa (de Grandglise), dont les grands-parents ont donné leurs vies pour la Belgique, je me donne moi-même avec eux. De toute manière, je n'ai pas la moindre envie de devenir un Français. Ils sont vaniteux et orgueilleux, ils prennent Paris pour le centre du monde, tandis que mon amie Odile, de Montbrison, me déclare: "Ils ont beau crier fort à Paris, nous autres nous gardons les vaches" (çà veut dire beaucoup de choses).
Notez que j'ai flirté avec une Lilloise dans les années 80. Elle me disait en m'embrassant: "Toi, tu aurais pu être français", et moi je l'embrassais de retour et je lui répondais : "Heureusement que Dieu m'a protégé !" L'anecdote passée, je crois que le Seigneur m'a voulu belge et je salue mon drapeau.
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