Président du Conseil européen et catholique pratiquant

« Par moi les rois règnent, et les souverains décrètent la justice ! » (Pr 8.15)
etienne lorant
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Président du Conseil européen et catholique pratiquant

Message non lu par etienne lorant » ven. 20 nov. 2009, 18:55

Pour une fois qu'une bonne nouvelle vient de Belgique, il faut se réjouir !

«Sa foi le classait à part»

Voilà pour la légende, à la fois polie et un peu grise. Reste le fameux mystère, affiché à la première personne dans l'un des six ouvrages que l'intéressé a consacrés depuis trente ans à l'économie, à la politique et à la religion. Derrière de fines lunettes, un regard pétillant réveille la curiosité. Sourire en coin, un art cultivé de l'autodérision confirme le soupçon. Quel autre politicien serait assez poète pour évoquer sa calvitie dans les trois lignes d'un haïku japonais ? «Cheveux dans le vent, le vent rattrape les années, partis les cheveux…» (en flamand dans le texte).

Tout commence à Louvain et dans sa fameuse université catholique. Son père y enseignait, déjà, l'économie. Le parcours du jeune homme, né en 1947, est classique : humanités gréco-latines, bac de philosophie, puis licence d'économie. Mais à l'heure où les étudiants flamands s'enflamment pour la division linguistique de l'UCL - les Wallons dehors ! - le jeune Herman Van Rompuy choisit d'en découdre sur l'autre front de l'année 1968 : «Son combat, c'était celui d'un catholique pratiquant face à une extrême gauche qu'il exècre, se souvient l'un de ses condisciples. Sa foi le classait à part.»

Plus de quarante après, l'ancrage demeure. Bruxelles murmure que son austère premier ministre fréquente un discret monastère, au moins un jour par mois. Dans la presse belge, ce besoin d'isolement et de recueillement noircit beaucoup moins de papier que ses dernières vacances en Australie. Le modeste père de quatre enfants les a passées en famille, en camping-car «et, comme tout le monde, sans garde du corps».

Naturellement, le jeune diplômé entrera dans la banque et dans les rangs d'un parti social-chrétien dont l'unité ne survivra ni à l'épisode de Louvain ni à la querelle linguistique. À 27 ans, Herman Van Rompuy est conseiller au cabinet de Leo Tindemans. À 30 ans, il s'impose dans l'état-major des chrétiens-démocrates flamands - l'incontournable parti des premiers ministres fédéraux. À 40 ans, il en prend les commandes. Rigide au départ, il fait son apprentissage de la realpolitik, celle des intrigues en coulisses et des complots feutrés. Les apparences le montrent comme un sage, au-dessus de la mêlée politicienne. Les initiés le décrivent comme un cynique lancé à l'assaut du pouvoir et «sans pitié pour l'adversaire» . S'il ne se déclare jamais, c'est moins par modestie que par fierté.

Le microcosme bruxellois voit sa main dans deux exécutions retentissantes dans le camp chrétien-démocrate flamand. La première en 1996, celle de Johan Van Hecke, chef de file jugé trop progressiste. La seconde douze ans plus tard : cette fois, c'est le premier ministre Yves Leterme, son prédécesseur immédiat, qui passe à la trappe en plein scandale du Fortisgate.

Face à ses mentors successifs, Wilfried Martens et Jean-Luc Dehaene, Herman Van Rompuy campe à droite. Le monde agricole et celui des PME sont le cœur d'audience. Il a de bons rapports avec les milieux d'affaires. Ses liens avec l'univers syndical, point de passage obligé du consensus belge, sont plus distants. Vice-premier ministre en charge du Budget de 1993 à 1999, il laisse dans le royaume le souvenir d'un impitoyable père la rigueur. La purge aura permis à son pays d'entrer de plain-pied dans l'euro.

En Belgique, un portrait n'est pas complet sans aborder la question linguistique. Propulsé très tôt à l'étage fédéral, Herman Van Rompuy se nourrit là aussi de compromis, ou d'ambiguïtés. Il a sa résidence sur les terres contestées de la banlieue sud de Bruxelles. Bien que flamand jusqu'au bout des ongles, il n'a jamais pardonné à Yves Leterme de s'être allié avec les nationalistes de la NVA (Nieuw-Vlaamse Alliantie), dynamiteurs du fédéralisme.

De l'autre côté de la frontière linguistique, il jouit d'une popularité inhabituelle. Les Wallons francophones lui savent gré d'avoir calmé le jeu depuis un an. Mais il n'a rien fait non plus pour régler le dossier le plus explosif : celui du district bilingue de Bruxelles-Halle-Vilvorde. Son parti et lui-même en réclament ouvertement la scission, au risque d'isoler des dizaines de milliers de francophones. Si l'Europe l'enrôle, c'est à un autre qu'il reviendra de trancher le dilemme

(un article parmi d'autres aujourd'hui)
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par philémon.siclone » sam. 21 nov. 2009, 1:24

Bonne nouvelle, bof...

La construction européenne est l'œuvre politique typique des "chrétiens-démocrates" depuis son origine, depuis les Monnet, Adenauer, Schuman, et compagnie.

Pour moi, ce n'est ni une bonne ni une mauvaise nouvelle : tout ça va continuer dans la même direction. De plus, Angela Merkel a obtenu ce qu'elle voulait : un président effacé qui ne prenne pas trop d'initiatives.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par Marijie » sam. 21 nov. 2009, 2:41

Oui, une bonne nouvelle toute relative. J'aurais préféré un catholique moins pratiquant qui nous mène vers une Europe plus forte qu'un personnage pâle qui ne va bousculer personne et surtout pas le duo franco-allemand!

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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par Yves54 » sam. 21 nov. 2009, 22:38

Marijie a écrit :Oui, une bonne nouvelle toute relative. J'aurais préféré un catholique moins pratiquant qui nous mène vers une Europe plus forte qu'un personnage pâle qui ne va bousculer personne et surtout pas le duo franco-allemand!
Tout cela histoire d'oublier que :
1. l'Europe est de tradition chrétienne
2. l'Europe est composée de patries libres et indépendantes
3. l'Europe n'a pas à se soustraire aux états en ce qui concerne la politique étrangère
4. l'Europe s'est construit grâce au couple franco-allemand alors vouloir le supprimer maintenant, c'est devenir amnésique de ce qui l'a construite


Bref, Europe forte = fin des patries composant cette Europe = négation des traditions chrétiennes de ces états = des foutaises.


Cordialement,

Yves
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par Marijie » dim. 22 nov. 2009, 1:21

Bof, quand je vois que la moitié des "patries" de l'Europe sont protestantes...

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Yves54
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par Yves54 » dim. 22 nov. 2009, 11:36

Marijie a écrit :Bof, quand je vois que la moitié des "patries" de l'Europe sont protestantes...
Et alors ? Ils sont bien de tradition chrétienne si je ne me trompe pas.
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par MB » dim. 22 nov. 2009, 12:34

Marijie a écrit :Oui, une bonne nouvelle toute relative. J'aurais préféré un catholique moins pratiquant qui nous mène vers une Europe plus forte qu'un personnage pâle qui ne va bousculer personne et surtout pas le duo franco-allemand!
On va voir ce que donne le personnage.
En attendant, pitié, ne pas attaquer le couple franco-allemand, et surtout son côté allemand ! Je vais vous dire une chose : à presque tous points de vue actuellement (pas tous bien sûr), l'Allemagne est supérieure à la France actuelle. J'y vais souvent, et toujours les mêmes impressions me reviennent, confirmées par les autres : on s'y sent plus libre ; il n'y a pas cette espèce de déprime permanente, de ressentiment universel que l'on subit sans arrêt en France. Il n'y a pas cette espèce de persiflage, de ricanement qui nous afflige, voyez nos médias. La foi même y a de beaux restes : le catholicisme est devenu la première confession nationale, allez voir une messe en Bavière ! Et quelle que soit la confession du Land où l'on se trouve, Dieu n'y est jamais un mot tabou, et il est normal d'en parler en public, je ne sais pas si vous vous en rendez compte.

Moralement, ils nous sont très supérieurs : on ne se réjouit pas d'une crise pour se dire qu'on va gagner les prochaines élections ; on n'hésite pas à se mettre tous ensemble pour faire face à une situation difficile ; on ne vit pas dans un pays où l'essentiel des relations sociales consiste à montrer son pouvoir à son prochain. Et puis les gens bossent sans rouspéter ! Evidemment, ils ont des gros défauts aussi, et même dans ce domaine-là, mais en attendant, je vous dis ce que je pense : si l'Occup était à refaire, je voterais pour. L'Allemagne est pour moi ce que la France était aux Allemands en 1900 : le pays de la liberté et de la joie de vivre. Je le dis sans ironie ; si les Français savaient !

Bien à vous
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquan

Message non lu par philémon.siclone » dim. 22 nov. 2009, 22:59

MB, sur le fond vous avez peut-être raison, puisque cela confirme tous les échos que j'ai pu avoir de mon côté : un pays heureux, épanoui, décontracté, où la vie n'est pas chère, etc. (enfin, sauf quand même que le célibat y est plus répandu que chez nous, et que les enfants n'y courent pas les rues...).

Mais lorsque vous écrivez ces mots : "l'Allemagne est supérieure (*) à la France", et qu'ensuite vous affirmez voter pour l'Occupation nazie, je vous trouve franchement plus que limite.

S'il y a des français complexés par leur pays, vous occupez manifestement le premier rang...

(*) mot plutôt douteux, non ?
Dernière modification par philémon.siclone le lun. 23 nov. 2009, 0:03, modifié 1 fois.
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par Job » dim. 22 nov. 2009, 23:11

MB a écrit :Moralement, ils nous sont très supérieurs : on ne se réjouit pas d'une crise pour se dire qu'on va gagner les prochaines élections ; on n'hésite pas à se mettre tous ensemble pour faire face à une situation difficile ; on ne vit pas dans un pays où l'essentiel des relations sociales consiste à montrer son pouvoir à son prochain. Et puis les gens bossent sans rouspéter ! Evidemment, ils ont des gros défauts aussi, et même dans ce domaine-là, mais en attendant, je vous dis ce que je pense : si l'Occup était à refaire, je voterais pour. L'Allemagne est pour moi ce que la France était aux Allemands en 1900 : le pays de la liberté et de la joie de vivre. Je le dis sans ironie ; si les Français savaient !
Lire ce genre de prose me dégoûte au plus haut point. Sans verser dans le patriotisme résisto-gaulliste, je ne comprends pas comment on peut écrire ça... :cry: :mal:

(D'autant plus que du point de vue logique votre raisonnement me parait foireux pour ne pas dire plus. Que vous préfériez l'Allemagne de 2009 à la France de 2009, rien à redire, mais que cela vous pousse à regretter une période pendant laquelle une Allemagne qui n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui dominait une France qui n'était pas ce qu'elle est aujourd'hui...j'avoue ne pas voir le rapport).

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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par MB » lun. 23 nov. 2009, 12:07

Avé

Je comprends que vous soyez choqués par ce que j'ai dit sur l'Occup, il y a naturellement, là-dedans, une partie de provocation. D'autant que beaucoup des maux français d'aujourd'hui sont, au fond, des réminiscences de l'Occupation et des traumatismes qu'elle a inscrits dans notre "psychologie nationale".
Du reste, mélanger Français et Allemands ne servirait à rien : la France exerce toujours un fort charme sur les Teutons, et quand on fait travailler ensemble les uns et les autres, ce ne sont pas les Français qui prennent exemple sur les bons côtés des Allemands ; ce sont ceux-ci qui sont contaminés par la nonchalance de ceux-là... Cela dit, quand je dis "refaire l'Occup", il ne s'agit pas, bien sûr, de l'Allemagne de 1940, mais de celle d'aujourd'hui.

On doit être patriote, certes, mais de quoi ? D'un pays qui passe son temps à se trahir depuis 50 ans ? J'aime la France, mais tout ce que j'aime en elle, elle fait tout pour le détruire ! Regardons les choses objectivement : tous les dirigeants français (au sens large, énarques, hauts fonctionnaires, hommes politiques, etc.) formés depuis, mettons, le début de la 5ème république, sans exception, sont incompétents et malhonnêtes. Je trouverais normal aujourd'hui, dans ces conditions, que l'on fasse un apartheid en faveur de dirigeants allemands.

Quant à l'Allemagne, elle a bien quelques défauts : son communautarisme d'une part, et d'autre part sa faible proportion d'enfants, qui n'est certes pas son apanage en Europe (cf. l'Italie ou l'Espagne, où c'est encore pire). Cela dit, ce dernier phénomène s'explique aisément :
- une espèce de culpabilité qui ronge les Allemands depuis 1945, et qui est bien compréhensible ("des fois que nos enfants deviendraient des nazis")
- la longueur des études en Allemagne (jusqu'à 30 ou 35 ans, mais c'est en train de changer en ce moment)
- l'impossibilité culturelle, quasi absolue, de concilier maternité et vie active (une travailleuse mère de famille se fait traiter de "mère-corbeau", et la CSU s'est toujours opposée à ce qu'on vote des crédits pour ouvrir des places de crèche) : donc les femmes qui veulent travailler renoncent à avoir des enfants
- et puis, une chose qu'on oublie : en 1945, ce sont peut-être 1 million de femmes allemandes qui se sont fait violer à répétition par des soldats de l'Armée rouge. Il y a un secret assez lourd qui pèse sur ceux qui sont nés depuis cette époque, et je pense que cela joue un rôle.

Voilà... désolé d'avoir choqué, mais je le répète encore aujourd'hui : le plus grand drame des Français, c'est que 80 % d'entre eux partent en vacances en France (en Allemagne, c'est exactement l'inverse) : ils ne connaissent donc rien d'autre que ce qui est chez eux. Et encore, parmi les 20 % restants, ils ne partent que dans des pays du Sud, qui marchent moins bien que chez nous, donc cela revient au même. Quand je vais en Allemagne, je respire enfin, et je vois à quel point tout dans la vie française est une humiliation et un rabaissement permanents.... si l'on savait, mon Dieu ! Si l'on savait à quel point les choses peuvent être plus aimables et différentes... Si l'on savait à quel point les Français se détestent, s'exploitent les uns les autres, se méprisent tous... quand on pense qu'il suffit de traverser le Rhin, d'apprendre un peu une autre langue, pour voir la différence ! Si l'on savait !

Amicalement
MB

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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par jean_droit » lun. 23 nov. 2009, 12:47

Et alors ?
Il est catholique et il y a bien des hommes politiques français qui se proclament catholiques et qui font une politique peu conforme à l'enseignement de l'Eglise. Inutile de donner des noms, vous les connaissez parfaitement.
Alors attendons de voir les actes, les siens et ceux qu'il va soutenir.

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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par philémon.siclone » lun. 23 nov. 2009, 13:16

MB a écrit : Si l'on savait à quel point les Français se détestent, s'exploitent les uns les autres, se méprisent tous...
Je suis bien d'accord avec ça. Il y a vraiment une ambiance détestable dans notre pays. Une culpabilisation très pesante, et une haine féroce entre les gens, surtout au travail d'ailleurs. Quand donc cela cessera-t-il, alors qu'il faudrait se serrer les coudes ? Qui donc essaie au moins objectivement d'en découvrir et d'en dénoncer les causes ? Mais c'est vrai qu'il n'y a rien de plus explosif que de se pencher sur ce dossier rempli de tabous.
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par philémon.siclone » lun. 23 nov. 2009, 13:17

jean_droit a écrit :Et alors ?
Il est catholique et il y a bien des hommes politiques français qui se proclament catholiques et qui font une politique peu conforme à l'enseignement de l'Eglise. Inutile de donner des noms, vous les connaissez parfaitement.
Alors attendons de voir les actes, les siens et ceux qu'il va soutenir.
D'ailleurs, Tony Blair est également catholique, alors...
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Re: Président du Conseil européen et catholique pratiquant

Message non lu par Geronimo » sam. 28 nov. 2009, 4:46

ça calme les enthousiasmes :s

source : benoit-et-moi.fr

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C'est ce que fait cet article en italien publié sur le journal Libero, et traduit par moi.
Texte en italien: Raffaella.


Le Vatican attend les premiers gestes du "catholique" adulte Van Rompuy 
Gianfranco Amato 
Presidente di Scienza e Vita di Grosseto

-------------------


Herman Van Rompuy, qui est-ce? 
Ce Carnéade (*) de la politique internationale vient d'être nommé premier président de l'Union européenne. 

Catholique modéré (ndt: ???), atlantiste, Van Rompuy revendique les racines judéo-chrétiennes de l'Europe et se montre sceptique sur l'entrée de la Turquie dans l'Union. Bon médiateur - au point de se voir affublé du surnom d'"horloger des compromis impossibles" - on dit qu'il aime bien proclamer publiquement son inspiration à la doctrine sociale de l'Eglise.

Cela suffit pour susciter l'enthousiasme des catholiques de chez nous.

Pourtant, le Saint-Siège a accueilli avec extrême précaution la nouvelles de sa nomination.

Oui, parce que c'est le même Van Rompuy qui occupe aujourd'hui le poste de Premier ministre de Belgique.



Le Vatican n'a pas oublié la visite désagréable, le 15 avril dernier, de l'ambassadeur belge auprès du ministre des Affaires étrangères du Vatican, Mgr Dominique Mamberti, afin de lui transmettre la résolution du Parlement de Bruxelles contenant la "condamnation des déclarations inacceptables du pape lors de son voyage en Afrique" et la note officielle de protestation subséquente au Saint-Siège. (*)



Même l'Espagne de Zapatero, ou la France hyper-laïque n'en étaient jamais arrivées là.

La résolution condamnant le Pape Benoît XVI a été approuvé par le Parlement belge le 3 Avril 2009 par 95 voix pour (y compris les démocrates-chrétiens flamands, et parmi eux le premier ministre Van Rompuy), 18 contre (avec les nationalistes d'extrême droite flamande) et 7 abstentions.



Le Vatican n'a pas non plus oublié les paroles que prononça à cette occasion, le même Van Ropuy, en défense de la sentence: "Ce n'est pas au Pape de remettre en cause les politiques de santé publique, qui bénéficient d'un soutien unanime et qui sauvent chaque jour des vies".



Dure et irritée, telle fut la réponse du secrétairiat d'Etat du Saint-Siège (*)b à travers une note qui, après avoir parlé de "campagne de dénigrement" contre le Pape Benoît XVI, alla jusqu'à "déplorer qu'une assemblée parlementaire ait pu critiquer le Saint-Père sur la base d'un extrait d'interview tronqué et sorti de son contexte, qui a été utilisée par certains groupes avec une intention claire d'intimider, comme pour dissuader le pape de donner son avis sur certains sujets, dont la pertinence morale est évidente, et d'enseigner la doctrine de l'Eglise ".

L'Osservatore Romano lui-même ne fut pas tendre: "Le respect évident envers une institution de représentation démocratique ne doit pas faire oublier l'obligation tout aussi légitime obligations envers la liberté d'expression d'une (!!!) autorité religieuse à laquelle se réfèrent plus d'un milliard de femmes et d'hommes dans le monde entier, en particulier lorsque ses déclarations n'ont pas été comprises dans leur intention. "



L'épisode du blâme belge contre l'Eglise catholique, et l'attitude tenue par Van Rompuy à l'époque, n'est certainement pas un motif d'espoir pour les catholiques, étant donné que le Parlement européen a condamné le Pape et le Saint-Siège pour violation des droits de l'homme une trentaine de fois, alors que les pays comme Cuba et la Chine n'ont pas subi plus d'une douzaine de réprimandes de Bruxelles. En additionnant rapports, motions, questions et déclarations écrites présentées par des députés au cours des treize dernières années, on arrive à plus de 60 attaques contre le Saint-Siège et l'Eglise catholique, ayant toujours pour objet d'essayer de le faire apparaître comme un dangereux repaire de fondamentalistes.



L'Europe que Van Rompuy devra représenter est celle-là même qui a jugé "déplorable les ingérences de l'Eglise et des communautés religieuses dans la vie publique et politique des États, surtout lorsqu'elles visent à limiter les droits de l'homme et les libertés fondamentales, comme dans les domaines sexuel et de la reproduction, ou lorsqu'elles favorisent et encouragent la discrimination", et qui a déploré les églises qui prônent "l'exclusion des femmes dans la hiérarchie "(résolution 13/3/2002).



Durant le triste épisode de la résolution parlementaire belge, l'intervention du chrétien-démocrate Van Rompuy consista simplement à atténuer le texte original de la sentence qui parlait de «déclarations dangereuses et irresponsables», obtenant qu'il fût modifié en "affirmations inacceptables". Un compromis au rabais qui ne fait certes pas honneur à quelqu'un qui est candidat pour représenter l'Union européenne.



Mais qu'avait dit exactement le pape au journaliste Philippe Visseyrias, de France 2, lors de ce voyage en Afrique?

A la question:

"Sainteté, la position de l'Église catholique sur la façon de lutter contre le sida est souvent considéré comme irréaliste et inefficace. Affronterez-vous le thème pendant le voyage? ",

il donna cette réponse, a braccio (http://benoit-et-moi.fr/2009-I/...):

"Je dirais le contraire. Je pense que la réalité la plus efficace, la plus présente et la plus forte dans la bataille contre le Sida est vraiment l'Église catholique avec ses structures, ses mouvements et communautés. Je pense à Sant'Egidio qui fait tant dans la lutte contre le Sida, aux 'camilliani', aux soeurs qui se consacrent aux malades. On ne peut pas surmonter le problème du Sida seulement avec l'argent, qui aussi est nécessaire, s'il n'y a pas une âme qui sait appliquer une aide. Et on ne peut pas surmonter ce drame avec la distribution de préservatifs, qui au contraire augmentent le problème. La solution peut être double, une humanisation de la sexualité et une vraie amitié envers les personnes souffrantes, la disponibilité, même avec des sacrifices personnels, à être avec les souffrants. Ceci est notre double force: rénover l'homme intérieurement, lui donner la force spirituelle et humaine pour avoir un comportement juste et en même temps la capacité de souffrir avec les souffrants dans les situations d'épreuve. Cela me semble la juste réponse que l'Église donne, une contribution importante ". 



Telles sont les paroles jugées inacceptables par le "catholique Van Rompuy", au point de mériter une condamnation officielle par un acte parlementaire. Cela ne semble pas un très bon départ pour cette pauvre Union européenne. 


Notes (*)
Carnéade:
En 156 av. J.-C., il fut chargé d'une ambassade à Rome, avec Diogène de Babylone (un Stoïcien) et Critolaos (un Péripatéticien), pour faire exempter les Athéniens de l'amende reçue pour le sac d'Orope.
Son discours sur la justice effraya Caton l'Ancien; Lactance raconte à propos de cette rencontre qu'un jour, Carnéade avait argumenté en un sens, et que le lendemain, il tint exactement le discours inverse, réfutant la justice qu'il avait louée la veille. ..

-----------

L'indécente motion belge 
Pour mémoire... Voir ici: http://benoit-et-moi.fr/2009-I/...
-----------


A vrai dire, la réaction du Vatican n'a pas été si dure que ça.

Il faut relire ce que disait le Père Scalese à ce sujet:

"La première chose à faire est de rappeler les nonces pour consultations ; convoquer au Secrétariat d'État les ambassadeurs respectifs et délivrer une note de protestation et exiger de leurs gouvernements des excuses publiques et des rétractations de ce qu'ils ont affirmé (n'est-ce pas ainsi que font les organisations juives ?). Et, si ce n'est pas fait, rompre les relations diplomatiques".
"Tant la concurrence au sens du LIBERALISME économique que la lutte des classes dans le sens marxiste sont contre nature et opposées à la conception chrétienne de la vie." Bienheureux Jean XXIII, encyclique Mater et Magistra n. 24

"Si les élections changeaient vraiment les choses, le vote serait interdit" Coluche
vive les sacrifices humains !
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Re: Président du Conseil de l'Europe et catholique pratiquant

Message non lu par MB » lun. 30 nov. 2009, 2:24

philémon.siclone a écrit :
MB a écrit : Si l'on savait à quel point les Français se détestent, s'exploitent les uns les autres, se méprisent tous...
Je suis bien d'accord avec ça. Il y a vraiment une ambiance détestable dans notre pays. Une culpabilisation très pesante, et une haine féroce entre les gens, surtout au travail d'ailleurs. Quand donc cela cessera-t-il, alors qu'il faudrait se serrer les coudes ? Qui donc essaie au moins objectivement d'en découvrir et d'en dénoncer les causes ? Mais c'est vrai qu'il n'y a rien de plus explosif que de se pencher sur ce dossier rempli de tabous.
Avé Philémon

Je fais un peu du hors-sujet, là...

Je suis heureux que vous, au moins, m'ayez compris. Cette ambiance détestable se retrouve partout, à Paris un peu plus qu'en province, évidemment...
Elle me paraît très facile à expliquer : il n'y a pas de "système" voulant rendre les gens dépressifs et agressifs. C'est tout simplement que les Français ont, d'une part, cessé d'être catholiques, sans rien trouver d'autre ; et que, d'autre part, ils passent leur temps à cracher sur leur culture, même sans le savoir (ne serait-ce qu'en parlant vulgairement, par exemple). Bref, ils sont désorientés, et quand on est désorienté, on devient malheureux et agressif. Cela s'ajoute à d'autres traits culturels bien de chez nous, et ne fait que les amplifier, mais là, je déborde vraiment...

Une petite observation. En Allemagne, il n'y a pas d'hypermarchés ; très peu, ou presque, de ces hangars dégueulasses qui détruisent les entrées des villes et défigurent les paysages (alors que le pays est très densément peuplé). Le commerce se fait sur une échelle beaucoup plus réduite (moyennes ou petites surfaces), ce qui n'exclut pas, d'ailleurs, des effets de volumes ; par exemple, vous trouverez une boulangerie du coin, des choses de ce genre, mais ce sont souvent plus des dépôts de pain industriel - très bon d'ailleurs - que d'authentiques artisans.
Pourtant, malgré cette absence, et malgré le fait que les gens gagnent nettement plus qu'en France (PIB par personne comparés entre les régions les plus riches de l'Alsace - pourtant bien lotie - et celles du Bade-Wurtemberg, région très riche aussi, en face = rapport de 1 à 3, authentique), malgré cela donc, les prix des produits de consommation courante sont moins élevés outre-Rhin ! Cela vaut aussi pour le reste (une cuisine équipée est deux fois moins chère en Allemagne ; même chose pour le pressing, etc.). C'est d'ailleurs presque honteux à voir, car on voit, tous les week-ends, des cohortes d'Alsaciens allant en face pour faire leurs courses ; ça fait vraiment pays sous-développé.
Pourquoi dis-je cela ? Non par amour immodéré des richesses ; simplement pour noter que ce résultat provient d'un état d'esprit, outre-Rhin, qui consiste à ne pas vouloir systématiquement arnaquer son prochain. Naturellement, cela existe, mais beaucoup moins ; et on peut même se demander si dans un sens, les Allemands ne sont pas plus enclins à pratiquer le juste prix ; simplement, le fait qu'à toutes les étapes de la vie sociale, personne ne cherche à truander son interlocuteur, a pour résultat final que la vie est mille fois plus facile et commode. En tout cas, ce qui est certain, c'est que - avec la réserve que j'ai dite dans mes précédents posts sur la politique familiale - leur économie correspond bien davantage à la DSE que la nôtre, fondée sur l'humiliation.

Amicalement
MB

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