ti'hamo a écrit:
@Philémon
. Vouloir relire toute l'Histoire à travers le seul filtre d'une soit-disant "lutte des classes", c'est se condamner à ne rien comprendre ni à l'Histoire, ni aux personnes des temps passés, ni à leur vie. Un peu comme les courants féministes qui veulent à tout prix tout réinterpréter en termes de lutte de dominance "homme/femme".
Le résultat d'une telle "étude", c'est qu'on ne retient de l'Histoire que ce qui arrange le parti pris initial, a priori, voire qu'on réécrit les passages ne cadrant pas avec la conclusion voulue. Donc, qu'on ne fait pas d'Histoire.
C'est fatigant, vous interprétez systématiquement votre interlocuteur en lui attribuant des théories, des généralisations, et des sytèmes de pensée. Je ne lis pas l'histoire par le filtre de la lutte des classes. Où m'avez-vous vu dire ça ? Je dis simplement que c'est un aspect de l'histoire.L'inégalité hommes/femmes est aussi un aspect de l'histoire. On ne peut pas plus nier ces réalités qu'on ne peut en faire des fils conducteurs.
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. Dire d'un acte violent qu'il est violent, ça n'a rien d'anachronique. Une foule qui décapite des gens, qui éviscère une femme et va trimballer sa tête et ses organes génitaux sous les fenêtres de son amie, c'est violent. Quelle que soit l'époque.
ok : le débarquement américain en Normandie est un évènement violent, dans ce cas. La libération de Paris est un évènement violent. Les campagnes de Jeanne d'Arc étaient violentes. Le Christ était violent lorsqu'il chassait les marchands du Temple. Le problème, c'est que vous cherchez à réduire l'évènement à une partie de son aspect factuel. ça n'a aucun sens. Vous cherchez à manipuler l'histoire pour faire passer vos idées, en choisissant uniquement les faits qui vous arrangent.
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Qu'on choisisse ensuite de récupérer l'événement pour en faire un symbole, soit. Mais alors il y a, dans ce cas, dans le cas d'un tel acte, d'un côté les événements, et de l'autre le symbole qu'on veut en faire ; mais l'acte en lui-même ne contient pas ce symbole. C'est là une opération purement intellectuelle, abstraite. D'un côté la réalité concrète, de l'autre le monde des idées, ce dernier puisant dans le premier pour en tirer au hasard des illustrations.
(et là on pourra faire un apparté sur Descartes, au point où on en est...)
Non. La réalité concrète est la Prise de la Bastille, c'est-à-dire la prise de contrôle par le peuple de Paris, qui vient de se constituer en municipalité, d'une citadelle importante se trouvant dans ses murs. Le fait qu'il y ait eu des débordements, des morts, est purement accidentel.
Quand vous déballez un saucisson, le but est de manger le saucisson. La destruction de l'emballage n'est pas le but recherché, ni même d'ailleurs la mise à mort de l'animal. Pourtant il a bien fallu que vous détruisiez l'emballage pour pouvoir manger le saucisson, et il a bien fallu tuer l'animal. Cela fait-il de vous un tueur sadique d'animaux, et un pollueur volontaire ? Non, tout ce que vous voulez est manger du saucisson.
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. Dans le même ordre d'idée, parler d'"avènement de la liberté" à ce propos est là encore une relecture, une idée, un produit de l'imaginaire qui réinvente une histoire en la colorant par des bribes de faits réels : la liberté ne naît pas en 1789.
C'était déjà l'imagination présomptueuse des intellectuels du XVIIIe qui s'imaginaient avoir découvert et inventé la culture, la raison, la science, la philosophie, et la réflexion, et cela aboutit assez logiquement à s'imaginer inventer et découvrir la liberté.
(là encore, on retrouve les mêmes mécanismes de pensée quand notre époque actuelle s'imagine avoir découvert et inventé la liberté et l'amour, que les innombrables siècles précédents n'auraient, pense-t-telle, jamais connus ni même imaginés).
Oui, c'est ce que je dis. Il y a une mise en place d'une idéologie nationale, par le moyen de symboles.
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Je laisse posée ma question : pourquoi devoir à tout prix fonder la notion de liberté sur un acte violent, irrationnel (c'est vous-même qui avez parlé de peur irrationnelle), pourquoi devoir fonder la notion de liberté avant tout sur des principes de lutte, de guerre, de rejet, de division,
et pour quelles conséquences ?
La notion de liberté ne repose pas sur un acte violent en lui-même. Cette violence découle uniquement de la résistance s'opposant à cette aspiration à la liberté. La violence n'est pas forcément illégitime. Si je viens chez vous et que je tente de vous expulser, vous allez, je suppose, me résister. Et pour cela, vous userez de violence... Si des kidnappeurs vous enlèvent et vous réduisent en esclavage dans un camp, et que vous décidiez de vous enfuir, je suppose que vous ferez à un moment appel à la violence, si par exemple quelqu'un se met en travers de votre chemin. Vous aurez ainsi fondé votre liberté sur un acte violent, selon votre théorie. Vous voyez, c'est absurde. Et Clovis, pour convertir son royaume au christianisme, a bien dû conquérir ce royaume par la violence, aussi ! Donc, ça ne veut strictement rien dire.
Vous faites d'un des moyens employés le but et le fondement, alors qu'il n'a été qu'un moyen parmi d'autres.
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Remarquez aussi que vos messages ne feront que conforter Dragon du roy ou d'autres dans leur propre analyse : vous leur confirmez que la république est née uniquement du rejet total du passé, de l'opposition violente, de la guerre d'une partie des français contre une autre, que cela devait naître ainsi, que cela est bon et souhaitable, et louable, et que cela doit se poursuivre et se répéter comme moteur principal de la société, et comme exercice principal de la liberté. Vous confirmez totalement leur conception d'une république fière d'être née dans le sang, fondée avant tout sur la division et la démagogie, en justifiant même cette attitude !
Non, je regarde ce qui s'est passé sans porter de jugement, et en essayant de comprendre. C'est tout.
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La précision de Serge vient par contre m'éclairer plus heureusement sur ma question : il est possible et il existe une autre vision et un autre exercice de la république, plus apaisée, et dès l'origine des républicains recherchèrent cette autre vision, cet apaisement.
Je trouve ça encore réducteur. Pourquoi la fête de la Fédération a-t-elle eu lieu un 14 juillet ? A peine un an après, il s'agissait bien de célébrer déjà la Prise de la Bastille. Donc si on commémore la Fédération, on commémore aussi la Prise de la Bastille.