Pie XII et la shoah

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FMD
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Pie XII et la shoah

Message non lupar FMD » lun. 31 mai 2004, 0:14

La sortie du film Amen de Costa-Gavras donna naissance il y a déjà plusieurs années à une vive polémique quant à la position de l’Église catholique durant la Seconde Guerre Mondiale, accusant notamment le Pape Pie XII de complaisance passive envers le Nazisme.

Il est tout d’abord primordial de rappeler la haine virulente développée par la plupart des dirigeants nazis envers le Christianisme. Hitler lui-même, sous les influences ésotériques des Rose-croix et des Illuminés de Bavière nourrissait un très fort ressentiment envers l’Église, il alla même jusqu’à déclarer selon Rauschning, « Je vous garantis que, si je veux, j’anéantirai l’Église en quelques années ». Avis partagé par Joseph Goebbels, son dauphin, qui se montre encore plus explicite, « L’Église catholique poursuit son infâme travail d’excitation, cette prêtraille politisante est, à côté des juifs, l’espèce la plus odieuse que nous hébergions aujourd’hui encore dans le Reich. Il faudra, après la guerre, résoudre le problème une fois pour toutes ».

Ainsi, la doctrine Nationale-Socialiste a toujours farouchement combattu la morale chrétienne et son but à long terme n’était ni plus ni moins que l’instauration d’une religion « Aryenne », inspirée notamment par les mythes païens et nordiques comme celui de Thulé. Heinrich Himmler, « païen convaincu » - prétendant par ailleurs être la réincarnation de Heinrich Ier, célèbre oiseleur de Slaves - organisa l’Ordre Noir, les tristement célèbres SS (SchutzStaffel) comme une véritable secte possédant ses propres « temples », dont le plus célèbre est celui du Wewelsburg où se déroulait toutes sortes de messes noires et de séances de spiritisme.

C’est dans ce contexte de montée du Nazisme que le futur Pie XII, Eugenio Pacelli, fervent germanophile, fut l’une des personnalités religieuses les plus critiques de son temps envers l’idéologie hitlérienne. Durant son nonciature apostolique en Allemagne, sur quarante-quatre discours prononcés entre 1917 et 1929, pas moins de quarante dénonçaient les dangers imminents du Nazisme. Il alla même jusqu’à qualifier les nazis de « faux-prophètes à l’orgueil de Lucifer » en 1935 dans une lettre ouverte à l’évêque de Cologne avant de participer en 1937 à la rédaction de l’encyclique Mit brennender Sorge (« Avec un souci brûlant ») de Pie XI, dénonçant les exactions des nazis et qui fut introduite clandestinement en Allemagne et lue le dimanche dans toutes les églises sans que les nazis se doutent de quoi que ce soit.

Devenu Pape sous le nom de Pie XII, Eugenio Pacelli allait poursuivre cette lutte inégale contre le Nazisme tout en restant extrêmement prudent : il était bien conscient des répercussions que pouvait avoir chacun des mots qu’il prononçait. Sa première encyclique, Summi Pontificatus, condamnait si fermement le racisme que les avions alliés en larguèrent plusieurs milliers d’exemplaires sur l’Allemagne afin de susciter la naissance d’un sentiment antiraciste parmi la population. De plus, dans son message à la radio pour le Noël de 1942, Pie XII évoqua clairement « les centaines de milliers de personnes qui, (…) par le seul fait de leur nationalité ou de leur race, ont été vouées à la mort ou à une extermination progressive. » La réaction de Heydrich - instigateur de la « solution finale » durant la conférence de Wannsee - ne se fit pas attendre, dans une circulaire interne datée du 22 Janvier 1943 il dit : « De façon sans précédents, le Pape a répudié le nouvel ordre européen national-socialiste (…). Son discours n’est rien qu’une longue attaque contre tout ce que nous soutenons (…). Dieu, dit-il, regarde tous les peuples et les races comme dignes de la même considération. Il fait clairement allusion aux Juifs (…). Il se fait lui-même le porte-parole des criminels de guerre juifs ».

On peut néanmoins se demander ce qui se serait déroulé si le Pape avait été encore plus clair à l’égard du Nazisme ? Difficile à dire mais la barbarie nazie ne connaissait pas de limites. On peut néanmoins se baser sur ce qui se déroula en Hollande où suite à une condamnation encore plus ferme des exactions nazies de la part d’évêques hollandais, les persécutions redoublèrent d’intensité et les nazis déportèrent vers les camps de la mort plusieurs dizaines de milliers de personnes en quelques semaines dont Edith Stein.

La rabbin new-yorkais David Dalin, réfute par ailleurs formellement les travaux de John Cornwell, qui alimenta récemment la polémique, « Contrairement à ce qu’a écrit John Cornwell, selon lequel Pie XII aurait été le ‘Pape de Hitler’, je crois que le pape Pacelli a été le plus grand soutien des juifs. », n’oublions pas également que le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, fut si touché par la charité de Pie XII qu’il décida de se convertir au Catholicisme, et de prendre pour prénom de baptême Eugenio, en hommage à Pie XII.

La vérité historique est donc bien éloignée de tout ce que nous avons pu entendre à ce sujet durant ces dernières années, et même si le Pape ne parvint hélas pas à stopper la folie nazie, il adopta une attitude responsable qui permit de sauver la vie de plusieurs centaines de milliers de juifs, ce qui le place indiscutablement dans le camp des « justes ».

Franck
Dernière édition par FMD le lun. 02 avr. 2007, 13:48, édité 3 fois.

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Pie XII déclaré juste ?

Message non lupar Paul » sam. 31 juil. 2004, 21:28

L'historien et Rabbin américain David G. Dalin demande que Pie XII soit reconnu juste !

Nous vous conseillons la lecture de son article "A Righteous Gentile: Pope Pius XII and the Jews"

Il peut être consulté en intégralité dans sa version originale anglaise (il a été publié en français dans La Documentation catholique, il n'est donc guère accessible qu'aux accrocs au travail en bibliothèque, nous ne disposons pas des droits mais pour que tout le monde puisse en connaître le contenu nous en publierons une présentation détaillé respectant le droit de citation si nous disposons d'un peu de temps).

Les non-anglicistes peuvent également lire un compte-rendu français de son article en activant le lien ci-contre http://harissa.com/D_forum/Judaisme/pie12.htm

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Eremos
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Quelques éléments supplémentaires

Message non lupar Eremos » mar. 21 févr. 2006, 23:21

Désolé de revenir sur ce très vieux sujet et de le faire remonter. Il me semble cependant intéressant. Voici quelques éléments supplémentaires (un peu disparates) qui peuvent aider à mieux cerner une polémique historique dans laquelle les tenants de l’accusation sont bien plus relayés que les défenseurs. D'autant que ce sont bien souvent des accusations reprises à tord et à travers par beaucoup de personne mal informées.


L’attitude diplomatique du Vatican était évoquée en ces termes par Wladimir d'Ormesson, ambassadeur de France auprès le Saint Siège : « Elle [l’Eglise] est très favorable à la Grande Bretagne et aux Etats Unis, nettement hostile à l'Allemagne, encore plus à l'URSS, affectueuse et désolée envers l'Italie (...) Pas de trace de naziphilie au Vatican : Hitler est vraiment considéré comme l'ennemi de la civilisation chrétienne. » Léon Bérard, pétainiste et ambassadeur de France près le Saint Siège affirmait : « Le Saint Siège aperçoit une opposition foncière, théoriquement irréductible entre la doctrine de l'Eglise et celle dont s'inspire le national-socialisme ».

Pour compléter les éléments donnés par Franck quant à l’attitude des chefs nazis vis-à-vis des chrétiens, voici ce que le théoricien nazi Alfred Rosenberg dans « Mythe du XXème siècle » déclarait : « Les nègres possèdent en propre une grande cathédrale à Chicago et un Evêque noir y célèbre la messe ! Voilà un exemple de cette culture abâtardie (...) La Rome et le judaïsme marchent main dans la main ». Ouvrage qui reçu les remerciements d'Hitler pour avoir « détruit spirituellement le monde idéologique qui s'opposait à nous ». Pour bâtir son Allemagne de la race supérieure et de l'homme dieu, Hitler devait se débarrasser des "mythes" étrangers, judaïsme mais aussi catholicisme... Goebbels, déjà cité, a également été l’auteur des propos suivants : « L'Eglise catholique persiste à se conduire de manière indigne. On me montre une série de lettres pastorales... hostiles à l'Etat. Et cependant, nous n'intervenons pas... Nous leur présenterons la facture après la Guerre ». De même : « Pour le moment, le Führer ne veut pas encore intervenir dans la question de l'Eglise. Il préfère n'agir qu'après la fin de la Guerre... ». Certaines mesures répressives avaient déjà débuté : profanation d'églises, arrestation de religieux, mise en surveillance de certains Evêques, suppression de nos associations et assassinat de certains des chefs de ces associations.

Au passage, les cartes des élections où les länder catholiques sont ceux qui votèrent le moins national-socialiste (si vous le souhaitez, je peux essayer de les retrouver et de les scanner).

Pour ne plus parler seulement du Saint Père mais de l’Eglise en général, trois exemples courageux du haut clergé contre le nazisme : Mgr Von Galen et Mgr Von Preysing, avec l'appui du Cardinal Pacelli, condamnèrent au risque de leur vie le nazisme et l'antisémitisme. Mgr Clemens August Von Galen, Evêque de Münster déclara par exemple : « Un catholique peut-il s'inscrire au parti d'Hitler ? Un prêtre peut-il admettre les membres de ce parti en tant que tels à des cérémonies religieuses ? Nous répondons négativement. » On peut aussi parler de l'attitude courageuse de Michael Cardinal Faulhaber, qui participa aussi à la rédaction de Mit Brennender Sorge et dont le palais épiscopal fut un jour attaqué ! Il faudrait établir peut-être quelques nuances à son sujet car il n'était probablement pas conscient de l'ampleur du problème que rencontraient les juifs et ce problème il n'en a pas fait sa priorité. Mais, de façon générale, il s'est remarquablement opposé au nazisme, « une hérésie qui ne peut s'accorder avec la vision chrétienne du monde ». En 1923, sa critique des menées antisémites lui valut même d’être traité de « cardinal juif » par des étudiants, adeptes fanatiques du National-Socialisme. Il s'est surtout opposé aux attaques nazi contre le catholicisme, notamment à certaines dérives marcionistes (rejet de l'Ancien Testament) que des nazis défendaient, prétextant que ce serait « un livre juif ». «Les sermons bien connus du cardinal Faulhaber en 1933, l'année même où le national-socialisme parvint au pouvoir... exprimèrent clairement le rejet exprès de la propagande antisémite nazie.» (L.Volk) Ceci lui valu un rappel à l'ordre de la Chancellerie allemande...

De même, un dernier exemple français pourrait être avancé : le cas de Mgr Saliège, Evêque de Toulouse et auteur de cette lettre de 1942 qui parle d’elle-même :

« Mes très chers frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits.

Ces devoirs et ces droits tiennent de la nature humaine. Ils viennent de Dieu. On ne peut pas les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que des membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle. Pourquoi le droit d’asile de nos églises n’existe-t-il plus? Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les juifs sont des hommes, les juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes et contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. »



Il est cependant vrai qu'un certain nombre de membres du clergé catholique a obéi au pouvoir légal de l'Etat... Il ne s'agit pas de les excuser, mais de se demander : pourquoi ? Par adhésion pour l'idéologie ? Par lâcheté ? Pour certains, oui, mais ils demeurent minoritaires. En réalité, à l'époque, on invoquait surtout le principe d'obéissance à l'Etat de Saint Paul : "Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constituées par Dieu. Si bien que celui qui résiste à l'autorité se rebelle contre l'ordre établi par Dieu. Et les rebelles se feront eux-mêmes condamner" ("Omnis anima potestatibus sublimioribus subdita sit. Non est enim potestas nisi a Deo; quae autem sunt, a Deo ordinatae sunt. Itaque, qui resistit potestati, Dei ordinationi resistit; qui autem resistunt ipsi, sibi damnationem acquirent." Romains ; XIII, 1, 2). Je cite une recherche de M.R Macina : « Les considérations de saint Paul sur l’obéissance due aux autorités procédaient, bien sûr, d’une situation très différente de celle à laquelle étaient confrontées les Églises sous la férule d’un pouvoir sans foi ni loi. Mais le clergé et les pasteurs d’alors n’avaient pas encore intégré, entre autres critères modernes d’herméneutique, celui qui prône la re-situation des écrits dans leur contexte culturel et social, et ils lisaient les Écritures de manière anhistorique et apologétique. En outre, des travaux récents ont montré, de manière convaincante, semble-t-il, que ce qui, pour nos contemporains sensibilisés aux droits de l’homme, apparaît aujourd’hui comme intolérable dans les propos et les attitudes des dignitaires religieux à l’égard des juifs, ou comme lâcheté, compromission, voire adhésion plus ou moins déclarée aux idéaux national-socialistes, n’était, en fait, que le résultat pervers du loyalisme national, aussi sincère que mal éclairé, des autorités religieuses, conjugué à leur souci de ne rien faire ni dire qui puisse mettre en péril l’équilibre précaire des relations de l’Église avec le pouvoir nazi, ou provoquer des mesures de rétorsion à l’encontre des institutions, des œuvres et de la presse chrétiennes. »

Il est facile pour nous, avec le recul historique et l'avancé des recherches, de juger des hommes de cette époque. Ce que l'on retire de cet extrait, c'est que cette obéissance n'était en aucun cas due à une adhésion du clergé au nazisme (sauf quelques exceptions notables évidemment, mais très minoritaires), mais plutôt à un problème – lourd de conséquence – d’herméneutique. L'auteur l'exprime mieux ainsi : « Toutefois, si regrettables qu’ils soient, il serait injuste de juger ces manques de discernement – dont les dirigeants religieux n’avaient d’ailleurs pas l’exclusivité, à l’aune de nos critères contemporains "éclairés", et en faisant abstraction du régime d’intimidation et de terreur que les nazis ne cessèrent de faire régner, à des degrés divers, durant toute la durée du Troisième Reich. Car nul ne peut ignorer que c’est le plus souvent dans des conditions extrêmement troublées et violentes que nombre de responsables politiques ou religieux, en Allemagne et partout où les Nazis régnaient en maîtres, durent exercer leurs fonctions, adopter des positions et prendre des décisions, dont certaines eurent des conséquences imprévisibles et parfois dramatiques. Et si, avec le recul du temps et sachant aujourd’hui ce qu’ignoraient ou ne pouvaient prévoir les protagonistes des événements d’alors, certains de leurs comportements peuvent nous sembler entachés d’erreurs, de compromissions et de faiblesses, il est clair qu’ils ne furent pas tous, tant s’en faut, des antisémites, des collaborateurs, ni des lâches. » J'ajoute que la politique anti-communiste des nazis aveugla bon nombre de prêtres qui voyaient, à raison, dans le communisme une horreur pour le christianisme.

En s'éteignant en 1958, Pie XII laissa un testament dans lequel il demandait pardon à tout ceux qu'il n'avait pas aidés et pour son attitude qui n'était peut-être pas la meilleure... ces regrets ne peuvent pas être ceux d'un homme qui aurait été de connivence avec les nazis. Ce même Pape qui, encore Cardinal, déclarait à des pèlerins belges : « Non, il n'est pas possible à un chrétien de participer à l'antisémitisme. Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes. Mais l'antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement des sémites. » (reprenant des propos de Pie XI). Peut-être n'a-t-il pas agit au mieux, mais il ne pouvait probablement pas le savoir à ce moment là, et l'on ne peut pas douter du drame intérieur qu'il a vécu si l'on en croit le témoignage de proches. En 1968, le Cardinal Döpfer disait à son sujet : «Le jugement rétrospectif de l'Histoire autorise parfaitement l'opinion que Pie XII aurait dû protester plus fermement. On n'a cependant pas le droit de mettre en doute l'absolue sincérité de ses motifs, ni l'authenticité de ses raisons profondes.»


Voici enfin une citation assez étonnante de Robert Hue, au sujet de l’affiche du film « Amen » de Costa Gavras : « Les valeurs chrétiennes ont constitué un progrès historique pour l'humanité. La nazisme en incarne la négation même. » (La Croix)


D’autre part, je signale un article dans le dernier numéro du magazine « L’Histoire », p.75 « Le Vatican et les orphelins juifs de la Shoah ». Je n’ai pas fini de lire l’article mais il semblerait qu’il faille nuancer certaines accusations d’historiens.
NISI Dóminus ædificáverit domum, in vanum laboravérunt qui ædíficant eam.
(Liber Psalmorum, 126)

Benoit Douville
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Message non lupar Benoit Douville » lun. 13 mars 2006, 1:03

Pie XII est confronté directement au drame lors de la rafle des Juifs de Rome du 16 octobre 1943 effectuée par les SS. Prévenu aussitôt, il fait convoquer Von Weiszäcker par le Cardinal Maglione qui menace l'Allemagne d'une protestation pontificale. Von Weiszäcker obtient l'arrêt de la rafle moyennant le silence du Pape. 1000 Juifs déjà enlevés vont mourir à Auschwitz, 4000 sont sauvés et accueillis dans les collèges, chez les particuliers du Vatican.

Salutations

Renaud
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Message non lupar Renaud » lun. 13 mars 2006, 12:20

Bonjour à tous,

Au sujet du Pape Pie XII, je voudrais mettre au "dossier" le fait que le grand Rabbin de Rome Zolli, fin 1944, admirait tellement Pie XII pour son attitude envers les Juifs durant la guerre, qu'il se convertit au catholicisme, et, par reconnaissance au Pape Pie XII, Eugenio Pacelli, prit le nom chrétien de Eugenio. J'ai l'essentiel de l'histoire du grand Rabbin Zolli, elle est très belle. Il faut rajouter qu'après guerre, Madame Golda Meir, la future premier Ministre d'Israël, alors qu'elle était ministre des affaires étrangères d'Israël, vint elle-même au Vatican remercier Pie XII pour tout ce qu'il avait pu faire pour les Juifs durant la deuxième guerre mondiale. De ces deux faits, on ne parle jamais, on dirait que c'est interdit...
Ave Maria,

C'est trop facile, dans le confort et la sécurité (?) contemporaine, de porter des jugements pour être "bien vu" à très bon marché...

Il est vrai qu'il est très pénible de voir que s'est développé un "fonds de commerce" politico-médiatique, frauduleux et récurrent, sur l'attitude de Pie XII vis à vis du nazisme. Car ceux qui entretiennent ce "fonds de commerce" auraient pu être, comme n'importe qui, les pires lâches, maîtres en "retournement de veste", toujours prêts à récolter, en n'importe quelle circonstances, les deniers de la trahison...

Attention! Nous serons jugés. Car qui nous dit que notre époque ne sera pas sévèrement jugée, pour ne pas dire plus, dans les décennies à venir? S'il y a une continuité de la mémoire (ce qui n'est même pas sûr) c'est plus que probable.
Renaud

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Message non lupar Benoit Douville » jeu. 18 mai 2006, 2:04

J'aimerais ici parler d'une Encyclique qui n'a jamais vu le jour que le Pape Pie XI avait commencé à écrire juste avant son décès et on ne sait pas ce que Pie XII son successeur à fait avec... Il s'agit là d'un grand mystère. Il s'agit d'une Encyclique sur le racisme et l'antisémitisme que Pie XI avait commencer à écrire puisqu'il avait vu la montée du Nazisme. Si une telle Encyclique avait vu le jour, Dieu seul sait ce quel aurait pu avoir comme influence.

Salutations

Renaud
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Message non lupar Renaud » jeu. 18 mai 2006, 11:04

Ave Maria

Bonjour Benoit Douvelle,

Effectivement, j'ai entendu parlé de cette encyclique de Pie XI qui n'a jamais vu le jour et dont il existerait une ébauche. Avec les plus grandes réserves, je crois savoir que cette ébauche aurait été écrite par un jésuite dont je n'ai pas retenu le nom. Les choses ont dû en rester là. À moins, et dans ce cas cela ne m'étonnerait nullement, que ce sujet dramatique traité en cette ébauche d'encyclique contienne des éléments qui contrediraient la version frelatée de nos "maîtres à penser" actuels au sujet du Pape XII ayant succédé à Pie XI peu de temps après. Dans ce cas, il n'est pas du tout certain que le voile soit levé sur cette ébauche d'encyclique...

Par contre il existe bien la lettre encyclique "Mit Brennender Sorge" du Pape Pie XI sur la situation de l'Eglise catholique dans l'Empire allemand, du 14 mars 1937, qui est surtout une défense des principes catholiques et une mise en garde contre les dérives païennes de la société allemande d'alors et des graves conséquences pouvant en découler. Le cas de l'antisémitisme n'y est pas nommément cité, je crois, mais l'on peut dire que les préceptes chrétiens qui y sont défendus condamnent les dites dérives, donc bien évidemment, à posteriori, l'extermination des Juifs. Il est sûrement très dommage que l'encyclique à laquelle vous faites allusion n'ait jamais pu voir le jour.
Cordialement
Renaud

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Message non lupar Christophe » jeu. 18 mai 2006, 23:41

Bonsoir

J'ai évoqué ce projet d'encyclique dans une fiche de lecture. J'ai acheté le livre chez un bouquiniste mais je n'ai pas vraiment eu le temps de m'y plonger. Je me tiens à votre disposition pour y rechercher toute information...

:arrow: viewtopic.php?p=9070#9070

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Christophe
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Message non lupar fred9323 » dim. 30 juil. 2006, 17:40

bonjour

quelques éléments sur l'opposition entre Pie XII et le nazisme , en plus de ce qui a déja été dit :

L'encyclique Mit brennender Sorge ne fut pas considérée comme nuancée par les nazis, qui déclenchèrent immédiatement des représailles (plus d'un millier d'arrestations de prêtres et religieux, dont 304 déportations à Dachau, l'exil de monseigneur Sproll, et le saccage des évêchés de Munich, Rottenburg et Freiburg). Certains considèrent que ces persécutions ont essentiellement eu lieu en raison de l'idéologie nazie selon laquelle toute religion était considérée comme une idéologie rivale à éliminer. Des milliers de copies de la première encyclique qu'il publie en tant que pape, Summi Pontificatus, furent cependant larguées au-dessus de l'Allemagne en 1939 par les avions Alliés pour participer à la lutte contre le nazisme.
Le discours pour lequel la pièce Le Vicaire accuse Pie XII d'avoir été silencieux citait les « centaines de milliers de personnes vouées à la mort ou à une extermination progressive du seul fait de leur nationalité ou de leur race ». Les nazis écrivent alors : « Le Pape se fait le porte-parole des juifs, criminels de guerre », tandis que le New York Times publie : « le Pape a pris la défense des juifs (...) »
Son action lors du complot du général Beck pour supprimer Hitler, le poids qu'il a pesé pour retarder l'entrée en guerre de l'Italie ou encore le fait qu'il ait transmis à la France et au Royaume-Uni les plans de l'offensive allemande en mai 1940 laissent pourtant peu de doute quant à son engagement face au nazisme. Les propos rapportés par Léon Bérard au gouvernement français sont également très clairs : « Je redoute Hitler encore plus que Staline.» De même les textes des discours qu'il a prononcé alors qu'il était nonce apostolique en Allemagne montrent que sur ces 44 discours, 40 dénonçaient l'idéologie nazie.
Enfin, vis-à-vis des juifs, il donne l'ordre en 1943 aux églises et couvents d'Italie de recueillir et cacher ceux-ci. À Rome, pendant l'occupation allemande, 5000 juifs sont cachés dans les monastères dont plusieurs centaines au Vatican. 3 000 juifs furent également logés à Castel-Gandolfo et 400 enrôlés dans la Garde pontificale. En janvier 1944, le plan allemand Rabat-Fohn prévoyait d'envoyer la huitième division de SS au Vatican pour abattre Pie XII en raison de sa « position pro-juive ». Margherita Marchione en conclut que Pie XII « a risqué personnellement la déportation et les camps pour avoir aidé les persécutés du régime nazi.»

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Pour Pie XII

Message non lupar jean_droit » lun. 04 sept. 2006, 13:55

De zenit

.............

Pie XII a sauvé de nombreux Juifs de la déportation, affirme un rabbin argentin


ROME, Dimanche 3 septembre 2006 (ZENIT.org) – Un nouveau livre vient d’être publié aux Etats-Unis sur les relations du pape Pie XII avec le peuple juif en pleine guerre mondiale, par le rabbin David G. Dalin. Il s’intitule : « The Myth of Hitler’s Pope: How Pius XII rescued Jews from the Nazis » (Le mythe du Pape de Hitler : Comment Pie XII sauva-t-il des Juifs des Nazis).

Invités par la « Fondation internationale Raoul Wallenberg » et les organisations non-gouvernementales faisant partie de son réseau, Casa Argentina en Jerusalem, Interfe Internacional, l’Institut international Angelo Roncalli, l’Institut international Souza Dantas, des représentants de différentes confessions se sont réunis pour analyser les résultats des recherches historiques de David G. Dalin.

Le fondateur de ces centres interconfessionnels, Baruj Tenembaum a analysé le sens de la publication d’un livre qui traite de problèmes aussi polémiques, ainsi que sa perspective juive.

Baruj Tenembaum est diplômé du Majon Lelimude, Hayahadut. Il est professeur d’histoire de la Bible et d’hébreu dans différents centres d’étude et conseiller de rabbins, d’intellectuels, de prêtres. Il fut l’un des pionniers du mouvement interconfessionnel, ce qui lui a valu de recevoir des décorations du pape Paul VI et de différents gouvernements.

L’auteur de l’ouvrage est le rabbin David G. Dalin, historien, professeur à l’Université Ave Maria. Il a consacré plusieurs années de recherche à ce thème.

Pour expliquer le contexte de l’ouvrage, Baruj Tenembaum a rappelé que l’œuvre théâtrale « Le Vicaire » écrite en 1963 par Ralf Hoch Hunt a jeté les bases d’une vision particulière d’Eugène Pacelli qui fut élu pape sous le nom de Pie XII en 1939. Puis, en 1999, John Cornwell publia « Hitler’s Pope » (Le Pape de Hitler) et en 2002, Daniel Goldhagen publia « A Moral Reckoning », tous deux présentant un regard critique sur le rôle joué par le pape.

David Dalin tente en revanche de montrer que Pie XII a sauvé de nombreuses vies au cours de l’Holocauste.

Même si des personnes comme le père Tosé Tiso, prêtre slovaque, sont, selon certaines sources historiques, soupçonnées d’avoir encouragé les Allemands à déporter les Juifs en Pologne (occupée par l’Allemagne) de nombreux autres prêtres, religieux et religieuses sauvèrent des juifs, spécialement en Pologne, en France et en Italie.

Dalin cite les remerciements de Golda Meir, ministre des Affaires étrangères en Israël au moment de la mort de Pie XII, qui envoya un message au Vatican à l’occasion du décès du pape, en disant : « Nous sommes désolés, nous avons perdu un serviteur de la paix. La voix du pape durant le nazisme fut claire et défendit les victimes ».

Dalin analyse et documente de manière exhaustive le chapitre tragique de la déportation des Juifs de Rome à Auschwitz en 1943, en mentionnant différentes sources, y compris la princesse italienne catholique Enza Aragona Cortes.

Le pape demanda à son secrétaire d’Etat, le cardinal Luigi Maglione, de protester auprès de l’ambassadeur allemand près le Saint-Siège, Ernst von Weizsacker : « Essayez de sauver les innocents qui souffrent du fait de leur appartenance à une race déterminée », déclarait le cardinal.
A la demande du cardinal Maglione, l’ambassadeur allemand donna l’ordre d’interrompre la déportation ; et le pape fit ouvrir les portes du Vatican pour cacher les Juifs de Rome qui furent recueillis dans des couvents et des monastères, selon ces sources.

Grâce à l’intervention du pape, c’est Rome qui a eu, parmi les villes occupées par les nazis, le plus grand pourcentage de survivants juifs.

Sur les 5.715 Juifs de Rome enregistrés par l’Allemagne pour être déportés, 4.715 furent accueillis dans 150 institutions catholiques (477 dans des lieux appartenant au Vatican). L’ambassadeur britannique près le Saint-Siège confirme ce fait.

Le pape a eu une attitude similaire en Hongrie à travers son représentant, le nonce apostolique Angelo Rotta qui contribua de manière décisive à sauver la vie de 5000 Juifs.

La Bulgarie est également citée dans la liste d’événements historiques mentionnés par Dalin, et en particulier l’attitude de l’archevêque Angelo Roncalli (futur Jean XXIII) ainsi que d’autres catholiques qui sauvèrent des Juifs en affirmant qu’ils le faisaient sur ordre du pape. Des faits curieux sont rapportés, telle que la nomination de Juifs renvoyés par Benito Mussolini, comme experts au Vatican.

Baruj Tenembaum « invite chacun à chercher et annoncer la vérité. Sans préjugé ! Rien que la vérité ! A ne pas s’attacher à des idées préconçues, à ne pas répandre des calomnies ! »

« Suivons le chemin de la réconciliation avec l’esprit ouvert ! », s’exclame-t-il.

« Nous les Juifs souhaitons rappeler et défendre la vérité. Toute la vérité et rien que la vérité », a-t-il conclu.
ZF06090305

Pie XII
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Pie XII eut-il tort durant la guerre vis-à-vis des Juifs ?

Message non lupar Pie XII » mar. 09 janv. 2007, 12:08

[align=center]En relisant l'Histoire, je me demande de plus en plus si Pie XII n'avait pas in fine raison de préférer HITLER à STALINE, le premier représentant un danger immédiat moindre à ses yeux que le second qui aurait pu bolchéviser toute l'Europe et y instaurer l'athéisme d'état s'il avait pu devancer les troupes anglo-saxonnes qui ne purent débarquer en Europe qu'en 1944 ! N'oublions pas non plus la situation délicate des catholiques allemands qui auraient pu être les prochaines victimes d'HITLER qui voulait réinstaurer le paganisme dans son Reich en cas de victoire contre l'U.R.S.S. ! Je suis donc persuadé que Pie XII était devant un choix cornélien : choisir entre la peste et le choléra ! De plus, nombre d'esprits anti-catholiques oublient ou feignent d'oublier que nombre de Juifs furent sauvés par l'Église en général et aussi par le Vatican dès que les troupes nazies eurent envahies Rome ! Qu'en pensez-vous ?[/align]
Dernière édition par Pie XII le jeu. 11 janv. 2007, 14:52, édité 1 fois.

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Message non lupar Pie XII » mar. 09 janv. 2007, 17:16

Je parlais d'une préférence politique ! Je sais qu'il les détestait tous les deux mais comme il fut nonce apostolique en Bavière après la Première Guerre mondiale, il avait vu de quoi étaient capable les insurgés spartakistes tandis que les nazis apportaient un semblant d'ordre !

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Re: Pie XII et le Nazisme

Message non lupar Pie XII » mar. 09 janv. 2007, 17:23

Il est tout d’abord primordial de rappeler la haine virulente développée par la plupart des dirigeants nazis envers le Christianisme. Hitler lui-même, sous les influences ésotériques des Rose-croix et des Illuminés de Bavière nourrissait un très fort ressentiment envers l’Église, il alla même jusqu’à déclarer selon Rauschning, « Je vous garantis que, si je veux, j’anéantirai l’Église en quelques années ». Avis partagé par Joseph Goebbels, son dauphin, qui se montre encore plus explicite, « L’Église catholique poursuit son infâme travail d’excitation, cette prêtraille politisante est, à côté des juifs, l’espèce la plus odieuse que nous hébergions aujourd’hui encore dans le Reich. Il faudra, après la guerre, résoudre le problème une fois pour toutes
Le paganisme d'Hitler était tellement évident que la première ville construite sous son "règne", la ville de Wolfsburg (où l'on construisait les Volkswagen) ne comportait pas la moindre église ! bizarre de la part d'un Autrichien élevé dans le catholicisme !

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Message non lupar kyrie » ven. 12 janv. 2007, 12:15

D'après Etienne François, professeur émérite à Paris I, et aujourd'hui professeur à Berlin, un des spécialistes du nazisme, Hitler et ses plus proches amis s'étaient promis, une fois la guerre gagnée, de faire subir à l'Eglise catholique ce que les soviétiques avaient fait subir aux orthodoxes. C'est à dire lors des grandes purges de 1937-1938, l'Eglise orthodoxe voit 40 000 de ses prêtres se faire fusillés, et les églises sont détruites, puisque on passe d'environ 55 000 églises en 1913 à un millier d'églises en 1939. La question qu'il faut peut être ici prendre en compte: est ce que le pape a eu vent des ses rumeurs, qui s'avèrent fondées ? Donc voulait-il protéger les catholiques sachant que la nazisme était du paganisme pure et dure ? Ou bien fût il aveuglé par une obssession, ici aussi surement justifiée, de la peur du communisme ?

source: Religion et politique, Les rendez-vous de l'Histoire, Blois 2005, Editions Pleins Feux, 2006

Je n'ai pas lu tout les articles, mais si on veut approfondir le sujet il existe un très bon livre qui est un résume de toutes les recherches faites par des jésuites lors de l'ouverture des documents du saint siège relatif à cette question:
Pierre Blet (S.J), Pie XII et la seconde guerre mondiale d'après les archives du Vatican, Perrin, Paris, 1997, [2e édition, 2002]

Bien cordialement à tous, et surtout en union de prière pour que les débats historiques se fassent avec de vraies réflexions et dans la sérennité pour que la vérité soit connue au monde, que se soit pour l'Histoire des Hommes, ou celle de Dieu...

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Message non lupar Boris » ven. 12 janv. 2007, 12:46

Il suffit de reprendre les écrits de Pie XI avant qu'il soit Pape : il était conseillé de Pie XI et a notamment beaucoup fiat pour dénoncer Hitler avant son élection.

Enu fois élu, il a voulu continuer dans la même voie mais c'est rendu compte du tort qu'il causait aux catholiques Allemands. Il a donc cherché dans un second temps à protéger les catholiques Allemands sans les laisser tomber.

Cela a donner un Bienheureux Van Gallen par exemple.
UdP,
Boris


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