Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

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Cinci
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Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » dim. 21 mai 2017, 21:23

Bonjour,

Les montréalais célèbrent cette année le 375e anniversaire de la fondation de Montréal.

Cette ville importante en Amérique fut fondée en 1642 par le Sieur Paul Chomedey de Maisonneuve. Il vaudrait le coup de développer un peu la chose : développer ce que furent les origines de la cité. J'y reviendrai tantôt.

Disons pour l'instant que sa création fut consécutive à la formation d'un projet missionnaire, décidé en France, par la Société de Notre-Dame, un regroupement de personnes pieuses et de mystiques comme Jean-Jacques Olier, Jérôme de la Dauversière, etc. Il s'agissait d'établir un avant-poste en Nouvelle-France, dans le but d'appuyer le projet d'évangélisation des Indiens d'Amérique.

Le nom d'origine donné à la cité était "Ville-Marie". C'est la seule ville en Amérique dont la raison d'être fut de répondre à un dessein purement religieux.

'Maintenant, après cette rapide mise en bouche, voici une entrevue de l'historien Robert Comeau, à qui l'on fit appel le 17 mai dernier, afin de présenter brièvement le projet initial de création de la ville soit l'espace d'un moment, et durant le déroulement de la messe commémorative, en présence des invités d'honneurs : premier ministre canadien, chef du gouvernement québécois, maire de la ville, etc.

Faut voir ce qu'il dit :
Mais l'historien Comeau cache mal sa déception en ce mercredi matin, le 17 mai 2017, 375 ans précisément après la fondation de Montréal.

«Vous avez lu Le Devoir ce matin?», lance-t-il. «On annonce les événements de la journée du 375e. On fait commencer cela à 10h, soit après la messe. Comme si la messe ne faisait pas partie de cette journée de célébration. J'ai trouvé cela plutôt décevant.»
et
L'omission de cette messe questionne l'historien. «C'est comme si les Québécois francophones avaient honte de la Nouvelle-France, honte de leur propre histoire.» Il ne comprend pas que dans les articles qui traitent du 375e anniversaire, «on réussit à ne pas parler de la Société de Notre-Dame, à l'origine de Montréal, une société de dévots. Ce n'est peut-être pas populaire de raconter cela aujourd'hui mais cela s'explique dans le contexte de la Contre-Réforme où il y avait un élan mystique, une volonté missionnaire.»

http://presence-info.ca/article/aurions ... -montreal-

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » dim. 21 mai 2017, 21:55

Lors de la même célébration du 17 mai dernier ...

Lors de cette messe commémorative, notre archevêque de Montréal Mgr Lépine n'aura pas hésité à donner la communion à monsieur Justin Trudeau, premier ministre canadien.

Un geste que personne n'aura relevé dans les grands médias à ma connaissance. Ce ne sera pas le cas sur ce site web anglais de catholiques et d'activistes pro-vie. On y fait remarquer que Justin Trudeau ne devrait tout simplement pas avoir droit de communier. Celui-ci n'étant que bien trop connu pour être un politicien favorisant activement toutes les mesures gouvernementales les plus contraires à la doctrine de l'Église : avortement, homosexualité, euthanasie, etc.

En 2014, Justin Trudeau a ni plus ni moins chassé de son parti fédéraliste le moindre représentant libéral pouvant encore manifester une quelconque velléité de s'opposer à la ligne de pensée général du parti libéral du Canada. En clair, il a viré ceux qui pouvaient avoir des scrupules religieux et menaçaient de se prévaloir de leur droit de s'objecter en "consience" aux projets de loi votés, contraires à la doctrine de l'Église.

The Church’s Code of Canon Law requires ministers of the Eucharist to deny Communion to those who are excommunicated or are “obstinately persevering in manifest grave sin.” This law is based in St. Paul’s teaching in 1 Corinthians 11:29: “Any one who eats and drinks without discerning the body eats and drinks judgment upon himself.”

Cardinal Joseph Ratzinger, who later became Pope Benedict XVI, affirmed in a 2004 letter from the Vatican that this law applies to pro-abortion politicians.

The Church views denying Communion in these cases as an act of compassion. It is intended both to protect the individual from committing the sacrilege of consuming the Host while in a state of grave sin, and to avoid the scandal of appearing to show approval for the individual’s gravely sinful actions.

Justin Trudeau is a paradigm example of a high-profile, apostate Catholic who should be denied Communion,” Georges Buscemi, president of the Quebec Life Coalition, told LifeSiteNews.

https://www.lifesitenews.com/news/sacri ... justin-tru

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » dim. 21 mai 2017, 22:19

Pour la partie historique et proprement religieuse de la fondation : on a ici le contexte général qui est évoqué par l'abbé Pierre Desroches. Le vidéo commence à être captivant au-delà des trois-quatre premières minutes. Il nous en ressuscite un peu la réalité de cette France mystique et missionnaire du grand siècle.


http://www.unfeusurlaterre.org/qehelata ... auversiere

(première partie : 23 minutes)

http://www.unfeusurlaterre.org/qehelata ... ersiere-22

(seconde partie : 30 min.)

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » lun. 22 mai 2017, 1:45

Récit de la fondation de Montréal tiré des Relations des Jésuites de 1642.

Ici :

"Le quinzième d'Octobre de l'année dernière 1641, iour dédié à la memoire de Saincte Terese, vniquement aimée et amante de la Saincte Famille, Monsieur le Gouuerneur, le R.P. Vimont et plusieurs autres personnes bien versées en la connoissances du pays, arriuerent au lieu qu'on a choisi pour la premiere demeure qui se doit faire dedans cette belle Isle [de Montréal],l que j'appellerois volontiers l'Isle Saincte, puis que tant d'Ames d'élite l'ont si sainctement consacrée à la Saincte Famille.

Le dix-septiéme de May de la presente année 1642, Monsieur le Gouuerneur ['Montmagny] mit le sieur de Maison-neufe en possession de cette Isle, au noms de Messieurs de Montreal, pour y commencer les premiers bastiments : le R.P. Vimont fit chanter le Veni Creator, dit la saincte messe, exposa le Sainct Sacrement, pour impetrer du Ciel vn heureux commencement à cet ouurage : l'on met incontinent apres les hommes en besogne; on fait vn reduit de gros pieux pour se tenir à couuert contre les ennemis ...

Le quinzieme d'Aoust on solemnisa la premiere Feste de cette Isle Saincte, le iour de la glorieuse et triomphante Assomption de la Saincte Vierge. Le beau tabernacle que ces Messieurs ont enuoyé fut mis sur l'Autel d'vne Chapelle, qui pour n'estre encore bastie que d'ecorce, n'en est pas moins riche. Les bonnes Ames qui s'y rencontrerent se communierent. On mit sur l'Autel les noms de ceux qui soustiennent les deseins de Dieu en la Nouuelle France, et chacun s'efforça de bannir l'ingratitude de son coeur et de se ioindre auec les Ames sainctes qui nous ont vnies par des chaisnes plus precieuses que l'or et que les diamans, chanta le Te Deum en action de graces, de ce que Dieu nous faisoit la grace de voir le premier iour d'honneur et de gloire, en vn mot la premiere grande Feste de Nostre Dame de Montreal; le tonnerre des canons fit retentir toute l'Isle, et les Demons, quoy qu'accoustumez aux foudres, furent épouuantez d'vn bruit qui parloit de l'amour que nous portons à la grande Maistresses; ie ne doute quasi pas que les Anges tutelaires des Sauuages et de ces contrées n'ayent marqué ce iour dans les fastes du Paradis. Après l'instruction faites aux Sauuages, se fit vne belle Procession apres les Vespres, en laquelle ces bonnes gens assisterent, bien etonnez de voir vne si saincte ceremonie, où on n'oublia pas à prier Dieu pour la personne du Roy, de la Reine, de leurs petits Princes et de tout leur Empire; ce que les Sauuages firent avec beaucoup d'affection. Et ainsi nous vnismes nos voeux auec tous ceux de la France."


Récit de la soeur Marie Morin (1649-1731) dans les Annales de l'Hôtel-Dieu

"Maisonneuve et sa suite partirent de Kebec, à ce qu'on peut conjecturer , dans le commencement du mois de may [8 mai], puisqu'ils arrivèrent à l'isle de Ville-Marie, terre de promission et de grande espérance, le 17e du dit mois ; aussy tôt qu'ils aperçurent cette chère ville future dans les desseins de Dieu, qui n'estoit encore que des forêts de bois debout, ils chantèrent des cantiques de joie et d'action de grâces à Dieu, de les avoir amenées si heureusement à ce terme, comme les Israélites firent autrefois, et mirent pied à terre dans le lieu où est bâtie la ville à présent. Mademoiselle Mance m'a raconté plusieurs fois par récréation, que le long de la grève, plus d'une demi-lieue de chemin ci-devant, on ne voit que prairies émaillées de fleurs de toutes couleurs, qui fesois une beauté charmante; après avoir descendu de la chaloupe et mit pied à terre, Monsieur de Chomedey se jeta à genoux pour adorer Dieu dans cette terre sauvage, et toute la compagnie avec luy qui, tous ensemble, rendirent les devoirs de la religion à la supresme Majesté de Dieu, qui luy avois point encore esté offerts en ce lieu barbare, habité par les nations qui nous font la guerre aujourd'huy jusqu'à lors.

Ils chantèrent encore des psaumes et des hymnes au Seigneur, puis les hommes travaillèrent à dresser des tentes ou pavillions comme de vrais Israélites, pour se mettre à couvert du plus fort des pluies et des orages, qui furent grandes et extraordinaires cette année-là; le lendemain matin on dressa un autel, où toutes nos dames épuisèrent leur industrie et leurs bijoux, et firent en ces rencontres tout ce que leur dévotion leur suggéra, sur lequel le R. Père Dupairon, Jésuite, offrit la sainte victime J,C. N.S, à son père éternel en odeur de suavité. Le 18e jour du mois de may de l'année 1642, on ne peut pas dire la joie et la consolation que ressentit alors cette troupe élue, car je les croy toutes des saintes; on entendoit de tous côtés que des voix des cantiques, f'hymnes et psaumes en action de grâce et de louanges à Dieu, surtout de nos dames, qui en firent leur principale affaire, pendant que les hommes commencèrent à travailler pour se faire du découvert et mettre leur vie plus en assurance."


Source : Guy Fregault, Marcel Trudel, Histoire du Canada par les textes, Paris/Montréal, Fides, 1963, tome 1, p. 30

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » lun. 22 mai 2017, 2:29

Sur Paul Chomedey de Maisonneuve ...


"... l'association obtint en 1640 la concession de l'île, et l'année suivante Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, gentihomme de Champagne, un des associés arriva à Québec avec plusieurs familles, quelques soldats pour combattre et un armement formé à la Rochelle et à Dieppe de 25 000 piastres, quoi qu'il 'y eut encore que huit personnes qui y eussent contribué. Le baron fancamp donna jusqu'à 20 000 livres. Rien ne fait mieux connaître l'esprit de cette colonisation, que la manière dont on s'y prit pour s'assurer des sentiments religieux de M, de Maisonneuve. On voulait non seulement des soldats, mais un chef digne de commander. "Je connais un brave gentilhomme champenois, dit le P, Charles Lalemant, revenu depuis quelque temps du Canada, à M, de la Dauversière, qui ferait votre affaire. Il loge à telle auberge. Celui-ci, malgré la recommandation du jésuite, voulut connaître son caractère avant de l'employer, et pour cela il alla se loger dans la maison indiquée, sans faire connaître son dessein.

Il amena insensiblement M, de Maisonneuve à parler de l'établissement de Montréal, et à lui dire un jour, en secret, qu'il serait bien aise, pour éviter les débauches, de s'éloigner et de le servir dans son projet; qu'il avait telle et telle qualité, qu'il était sans intérêt, qu'il avait assez de biens pour son peu d'ambition, qu'il emploierait sa fortune et sa vie à l'entreprise, sans autre récompense que l'honneur de servir Dieu et son roi dans les armes qu'il avait toujours portées. M. de la Dauversière l'entendant parler un langage si chrétien et si résolu, le reçut comme un présent de la Providence, et s'empressa d'accepter ses services.

M, de Maisonneuve avait commencé le métier des armes dans la Hollande, à l'âge de 13 ans, et avait conservé sa piété au milieu de ces pays hérétiques, dit le chroniqueur. Il avait appris à pincer le luth pour passer son temps seul et n'être pas obligé d'aller dans la compagnie des méchants. Il partit pour le Canada le coeur plein de joie. En arrivant, le gouverneur voulut en vain le fixer sur l'île d'Orléans pour ne pas être exposé aux attaques des Iroquois, il ne voulut pas se laisser intimider par le danger, et alla, en 1642, jeter les fondements de la vile de Montréal. Il éleva une bourgade palissadée à l'abri des attaques des Indiens, qu'il nomma Ville-Marie, et se mit à réunir les Sauvages chrétiens, ou qui voulaient le devenir, autour de lui, pour les civiliser et leur enseigner l'art de cultiver la terre.

[...]

M, de Maisoneuve voulant visiter la montagne de Montréal, fut conduit sur la cîme par deux vieux Indiens de la nation qui avait autrefois habité ce pays. "Nous étions, lui dirent-ils, en très grand nombre, et toutes les collines que tu vois au midi et à l'orient, étaient peuplées. Les Hurons en ont chassé nos ancêtres, dont une partie s'est réfugiée chez les Abénaquis, une autre dans les cantons iroquois et quelques uns sont demeurés avec nos vainqueurs". Ce gouverneur touché du malheur qui avait frappé cette nation, leur dit de tâcher d'en rassembler les débris; qu'il les recevrait dans le pays de leurs pères, les protégerait et ne les laisserait manquer de rien; mais tous les efforts ne purent réunir les restes d'un peuple dont le nom même était oublié.

Les annales des sauvages remontent peu loin sans se perdre; les premiers voyageurs ne pouvaient faire un pas dans les forêts sans entendre parler de tribus qui avaient existé dans des temps reculés, selon nos idées, mais déjà bien loin dans celles de ces peuples, dont chaque siècle couvrait l'histoire d'un profond oubli."

Source : F.X. Garneau, "Dispersion des Hurons 1632-1663", Livre 3, chapitre 1 dans Histoire du Canada, tome 1, Québec, John Lovell, rue de la Montagne, 1852

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » ven. 02 juin 2017, 17:20

Information sur le 375e anniversaire :

http://revermontreal.com/fondateurs.php

(les fondateurs de Montréal, etc.)

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » dim. 25 juin 2017, 0:48

Supplément :

Le 24 juin c'est la fête nationale des descendants des anciens Canadiens et tous ceux qui auront voulu participer de leur histoire collective, qui se seront unis à le destinée de cette population d'origine française.

J'ai pris part aujourd'hui à cette messe de la Saint Jean Baptiste, à l'église Saint Jean baptiste même. Là où il fallait être pour cette célébration quoi ! :)

Durant l'homélie, l'archevêque de Montréal nous a rappelé que la véritable première messe sur le sol de la grande île où allait s'édifier plus tard la ville de Montréal avait eu lieu le 24 juin 1615.

Quand Maisonneuve est venu édifier les fondements de Ville-Marie en 1642, il a choisi pour cela le site que Samuel de Champlain avait lui-même retenu soit une langue de terre s'avançant dans le fleuve près de l'actuel vieux port. L'emplacement que Champlain avait choisi était encore facile à repérer en 1642, Maisonneuve pouvait apercevoir les restes d'une palissade que Champlain y avait élevée sur place. Maisonneuve est mort à Paris en 1676 et l'on sait où se trouve ses restes mortels, dessous des bâtiments actuels de la ville de Paris. Du travail pour de futurs archéologues!


Le 24 juin 1615, pour la toute première fois, la messe est chantée à Rivière-des-Prairies. Il s'agit alors de la première célébration eucharistique sur l'île de Montréal (du moins depuis l'époque de Jacques Cartier). Peu de traces témoignent aujourd'hui de cet événement. Néanmoins, une magnifique toile dans notre cathédrale illustre ce moment historique.

La toile marouflée, située dans le transept ouest de la cathédrale, rappelle à ceux qui s'y arrêtent la célébration du 24 juin 1615. L'artiste, Georges Delfosse y représente les pères Joseph Le Caron et Denis Jamet, tous deux missionnaires récollets, célébrant la messe autour d'un petit groupe parmi lesquels on peut reconnaître Samuel de Champlain. La présence de quelques Amérindiens à l'avant-plan n'est pas une fantaisie de l'artiste, mais un fait inspiré du récit de Champlain lui-même. Ces derniers, écrivait-il dans son recueil de voyage, étaient en admiration devant les cérémonies et les ornements religieux.


http://diocesemontreal.org/actualite/do ... iries.html
24 juin 1615 = première messe célébrée sur l'île de Montréal
17 mai 1642 = messe de fondation de la cité de Ville-Marie (rebaptisée "Montréal" plus tard)

Quand nous pensons à l'Église primitive, nous pensons habituellement aux premiers disciples, aux Apôtres, etc. Dans l'école de spiritualité française du XVIIe siècle : l'Église primitive c'était plutôt la sainte Famille. Marie, Joseph, Jésus. C'est la raison pourquoi l'on trouve tellement souvent les noms de Marie ou de Joseph en lien avec le développement de Montréal au XVIIe siècle. La Société de Notre-Dame, Ville-Marie, Soeurs hospitalières de Saint-Joseph (ordre religieux fondé par le Bienheureux Jérôme Royer de la Dauversière), etc. Saint Joseph est le saint patron du Canada, etc.

Les missionnaires ambitionnaient de recréer en Amérique une Église primitive idéale, une chrétienté idéale.

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Vianney 61 » mar. 29 août 2017, 4:27

On a oublié le plus important dans cette messe: Considérée comme la cofondatrice de Montréal avec Jeanne Mance, ainsi que cofondatrice de l’Église du Canada, Marguerite Bourgeoys est aussi appelée la "mère de la colonie. Sans elle, rien n'aurait été pareil.

J'ai encore mon manuel scolaire de 6e année rédigé en 1953 par les frères de l'instruction chrétienne et intitulé L'Histoire du Canada. C'est à peine si le nom de sainte Marguerite Bourgeoys y est cité alors qu'elle a tant fait pour Ville-Marie et ses habitants.
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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Nanimo » mar. 29 août 2017, 12:42

Eh bien, si cela peut vous/nous rassurer, elle a été amplement citée dans une petite fête du quartier de Pointe aux Trembles, offerte... par la Ville dans le cadre des célébrations du 375e anniversaire de la fondation de Montréal. Bien entendu, nous avons eu droit aux filles du Roy en costume d'époque, mais aussi à des choeurs qui ont interprété Ave Maria, etc. Non, on n'a certainement pas tu le rôle de Sainte Marguerite Bourgeoys et j'espère que les autres festivités de quartier ont été semblables.
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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Cinci » mar. 29 août 2017, 15:26

Vianney61,

J'ai vérifié dans des ouvrages que je possède et - c'est vrai - l'on ne dit pratiquement rien au sujet de sainte Marguerite Bourgeoys (canonisée en 1982).

Il a quelques années, juste pour le plaisir, je m'étais payé un ouvrage de collection soit L'histoire du Canada par F.X. Garneau, un historien dit libéral du XIXe siècle. Parce que son histoire avait eu de l'importance dans la construction de l'identité québécoise et se voulait une réplique à la publication fameuse d'un certain rapport de Lord Durham publié à Londres. Eh bien, il ne se trouve pas un mot sur Marguerite Bourgeoys dans l'ouvrage de Garneau. Je me rappelle aussi que Lionel Groulx qui aura détenu longtemps la chaire d'histoire à l'université de Montréal ne disait pas grand chose de Marguerite Bourgeoys lui non plus. Autour des années 1950, je crois que l'on mettait prioritairement l'accent sur l'histoire politique du pays.

Peut-être que les Frères des écoles chrétiennes auront eu tendance à suivre le mouvement et à parler davantage de l'épopée missionnaire dans le genre "voyage d'exploration" ou "conquête de l'Amérique sous une autre forme" (conquête des âmes), bien plus dans sa mouture masculine qu'autre chose.

Je croirais que l'idée de se pencher sérieusement sur l'étude du rôle des femmes via les communauté de soeurs ou les grandes fondatrices de communautés religieuses est une idée assez récente.

Dans la Revue d'histoire de l'Amérique française qui existe encore (une très importante revue) et qui a été fondée en 1947 par Lionel Groulx, on s'y sera bien repris depuis lors, en terme de publications d'articles savants touchant le rôle des femmes dans le développement du pays.

:)

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Re: Messe célébrant la fondation de Montréal (375 ans)

Message non lupar Vianney 61 » mar. 29 août 2017, 22:46

Merci Nanimo, content de savoir qu'elle a été célébrée dignement.

@ Cinci
En effet les exploits (faits d'armes, conquêtes et épopées.) des hommes passent en avant plan dans les vieux livres d'histoire.

Peut-être aussi peut-on dire que la reconnaissance des faits est moindre lorsque la personne n'est pas encore officiellement devenue "saint(e)".

Le rôle des femmes est mieux reconnu de nos jours. Forcément car selon ce que je constate dans nos célébrations, plus de majorité des bénévoles sont des femmes. Et que sans elles le prêtre se retrouverait pratiquement seul.

Ah je me demande parfois comment peut-on accepter les mariages gais, mais ne pas accepter que des femmes puissent devenir prêtres. Nous ne serions pas obligés d'aller chercher les prêtres qui nous manquent au Congo.
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