Etre chrétien et nazi ?

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Etrigan » mar. 18 nov. 2014, 22:14

Ni l'un, ni l'autre. C'est diabolique... Mais j'avoue ne pas comprendre votre question.
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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Lys_Sul » mar. 18 nov. 2014, 22:20

Avant que cela soit diabolique, sur le plan politique c'est dans le camp du progressisme ou réactionnaire?


Suivant que l'idéologie Nazi était favorable à ces trois pratiques, je pose la question.
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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Fée Violine » mar. 18 nov. 2014, 22:34

Etrigan a écrit :Malheureusement, on sait que l'Eglise Catholique a aidé à l'extraction des dirigeants nazi. Autre exemple : un Requiem a été célébré après le suicide d'Hitler dont le Mein Kampf n'a jamais été mis à l'index. Je tiens mes sources du Traité d'athéologie de Michel Onfray dont je ne peux suspecter qu'il ait inventé cela tout anti-chrétien qu'il soit.

En somme : pourquoi tant de Catholiques ont soutenu le nazisme et pas, par exemple, le Communisme ?
On connait la détestation du Vatican pour le Communisme. Je crois que cela vient du fait que le Communisme était résolument athée et matérialiste. Pas le Nazisme ni le Fascisme. En tout cas, ils jouaient habilement du double discours : Mussolini, tout anti-catholique qu'il était, savait composer avec le Vatican pour arriver à ses fins.

Bref : désolé de mettre les pieds dans le plat mais l'alliance objective Vatican/Nazisme me reste en travers de la gorge.
Eh bien, vous devriez suspecter Michel Onfray. Pour dire du mal du christianisme, il est capable d'inventer n'importe quoi! C'est d'ailleurs un mystère pour moi, qu'un homme si intelligent devienne si bête quand il s'agit de religion...

Je le répète : les catholiques n'ont pas soutenu le nazisme. Les nazis ont déporté et assassiné des milliers de prêtres catholiques. Les catholiques qui ont essayé de concilier les deux ont dû rapidement choisir.
Pie XII adressait à Hitler des exorcismes à distance. Sur sa prudence envers le nazisme, beaucoup de choses ont été dites, on le lui reproche beaucoup, mais parler plus clairement aurait attiré de violentes représailles.
Après, que des nazis aient pu fuir avec l'aide de certains catholiques, c'est un fait. Mais ce n'est pas "l'Église".

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par cantalou » mar. 18 nov. 2014, 22:47

Cinci a écrit :Merci pour vos réflexions qui sont intéressantes, Cantalou.

Il y a peut-être juste ...
mais qui est bien le même socialisme que le PS actuel.
:?:
Bien entendu il y a énormément de différences ! Je parlais de la définition qu'ils mettent derrière socialisme (= progressisme laïque), pas des différentes mesures qu'ils promeuvent.

@Fée Violine : je n'ai pas lu Mein Kampf, d'où mes pincettes, par contre j'ai lu un certain nombre de livres sur les réactions à la crise de 29 et sur l'économie de l'époque, d'où mes interventions sur le sujet.
Dernière modification par cantalou le mar. 18 nov. 2014, 22:52, modifié 2 fois.

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Etrigan » mar. 18 nov. 2014, 22:51

Fée Violine a écrit :
Etrigan a écrit :Malheureusement, on sait que l'Eglise Catholique a aidé à l'extraction des dirigeants nazi. Autre exemple : un Requiem a été célébré après le suicide d'Hitler dont le Mein Kampf n'a jamais été mis à l'index. Je tiens mes sources du Traité d'athéologie de Michel Onfray dont je ne peux suspecter qu'il ait inventé cela tout anti-chrétien qu'il soit.

En somme : pourquoi tant de Catholiques ont soutenu le nazisme et pas, par exemple, le Communisme ?
On connait la détestation du Vatican pour le Communisme. Je crois que cela vient du fait que le Communisme était résolument athée et matérialiste. Pas le Nazisme ni le Fascisme. En tout cas, ils jouaient habilement du double discours : Mussolini, tout anti-catholique qu'il était, savait composer avec le Vatican pour arriver à ses fins.

Bref : désolé de mettre les pieds dans le plat mais l'alliance objective Vatican/Nazisme me reste en travers de la gorge.
Eh bien, vous devriez suspecter Michel Onfray. Pour dire du mal du christianisme, il est capable d'inventer n'importe quoi! C'est d'ailleurs un mystère pour moi, qu'un homme si intelligent devienne si bête quand il s'agit de religion...

Je le répète : les catholiques n'ont pas soutenu le nazisme. Les nazis ont déporté et assassiné des milliers de prêtres catholiques. Les catholiques qui ont essayé de concilier les deux ont dû rapidement choisir.
Pie XII adressait à Hitler des exorcismes à distance. Sur sa prudence envers le nazisme, beaucoup de choses ont été dites, on le lui reproche beaucoup, mais parler plus clairement aurait attiré de violentes représailles.
Après, que des nazis aient pu fuir avec l'aide de certains catholiques, c'est un fait. Mais ce n'est pas "l'Église".
Je pense de toute façon comme vous. Il y a deux Eglises : celle des Hommes et celle du Christ. Celle des Hommes commet des erreurs ; pas celle du Christ.
Du reste, il faudrait que je lise une étude sérieuse sur la question pour voir si ce qu'en dit Onfray tient la route.
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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Fée Violine » mar. 18 nov. 2014, 22:58

Soyez assuré qu'Onfray n'est pas une source fiable à propos du christianisme ! Il dit absolument n'importe quoi, c'est hallucinant. Cherchez d'autres sources !

Et je n'ai jamais dit qu'il y avait "deux Églises, celle du Christ et celle des hommes". La distinction que je fais, c'est entre l'ensemble de l'Église, et quelques catholiques individuels qui ne représentent qu'eux-mêmes.

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Cinci » mer. 19 nov. 2014, 1:26

Lys_Sul,
Suivant que l'idéologie Nazi était favorable à ces trois pratiques, je pose la question.
Posez, posez ...

Eh bien, l'on va taxer habituellement de "réactionnaires" les partisans d'un retour à un ordre plus ancien, ceux qui voudraient
bien que la société fasse marche arrière par rapport à une certaine tangente déjà largement emprunté jusqu'ici et que nos
intéréssés jugerait alors "hautement" comme décadente, débilitante, dissolvante pour le bon maintien du tonus des travailleurs, de
l'armée, de la famille, du patriarchat, de la virilité ... dangereuse pour le salut de la patrie, déprimante, sans honneur ... name it!

Exemples :
  • Réactionnaires : comme nos catholiques «lefevbristes» pestant contre l'évolution des choses dans l'Église et la société, qui s'insurgent
    contre l'abandon d'anciennes formules, qui piaffent à l'encontre de cette rebellion contre le principe d'autorité, qui aimeraient
    effectuer des coupes sombres dans cette forêt de droits qui aurait poussé en faveurs de subalternes (... en faveur d'étrangers, de
    plus pauvres, plus faibles, de juifs, de ceux qui s'écarteraient d'une certaine norme souhaitable, des civils moins méritants, etc.)

    Réactionnaires : comme des tas d'économistes adepte de malthusianisme, ennemis des syndicats, fâchés contre le Code du
    travail, déchaînés à l'idée qu'une protection artificielle et indue des travailleurs nous rendrait ceux-ci trop mous, difformes, inefficaces, incompétents, gras, efféminés, laids à voir ... absolument incapables de soutenir le choc du "struggle for life" contre les puissances économiques adverses, qui assure que nous serons couillonnés par les Chinois juste avant la conflagration finale.


Votre question :
  • Donc pour contrer les effets sociaux débilitants de la politique "progressiste" qui est ciblée (celle favorisant la survie des
    inaptes à faire des bêtes de travail performantes, des guerriers intimidants, leaders concentrés sur la victoire, etc.), nos
    philosophes de la réacosphère iraient même "en réaction" jusqu'à vouloir nous réimplanter les mesures qui existaient à Sparte et où
    l' eugénisme, là-dedans, ne s'avère qu'un outil parmi d'autres. L'ordre ancien c'est le Moyen-Âge, les chevaliers teutoniques, la
    légion romaine du consul Valerius Gratus, la mentalité du temps des Walkyries s'il le faut; ou simplement l'âge d'or fantasmé des
    barons voleurs américains de l'an 1885 pour les moins ambitieux.

    Donc l'eugénisme est une pratique frustre et réactionnaire, comme donnant au fûhrer (chef, Pater familia) le droit de vie et mort sur les individus du groupe, un moyen peu délicat ou peu civilisé de soumettre extraordinairement, en partant, les individus à une norme. Une méthode éliminationniste.

    Donc le darwinisme social procède aussi d'une croyance pauvre au départ. Disons, l'idée réductrice selon laquelle les hommes devraient tous être régis par une loi agressive de rivalité naturelle, compétition et lutte à finir entre individus. Une dynamique donnée comme seul gage et garantie efficace d'obtention d'un mieux. Absurde! Parce que même dans la nature (ce que les brutes du mouvement oubli de mentionner) des individus ou des espèces différentes sont capables de développer des formes d'entraides bénéfiques aux différents sujets. Il n'y a pas une loi sacrée dans l'univers, une seule et selon laquelle il faille nécéssairement que le gros bouffe le petit.


Conclusion : «réactionnaire!»

:)

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par James » mer. 19 nov. 2014, 3:24

@Cinci

Vous oubliez aussi : réactionnaires comme ces satanés chrétiens qui pestent contre l'évolution de nos sociétés, qui s'insurgent contre l'abandon des anciennes valeurs, qui rabâchent à qui veut l'entendre des formules issues d'un vieux livre poussiéreux ayant 2000 ans et plus, et qui aimeraient effectuer des coupes sombres dans cette forêt de droits qui auraient poussé en faveurs de subalternes (... en faveur des homosexuels, du monde de la prostitution, du monde de la haute finance, des riches, de ceux qui s'écarteraient d'une certaine norme souhaitable, etc...)

On est tous un peu le réactionnaire d'un autre :-D

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Lys_Sul » mer. 19 nov. 2014, 3:50

Pour Sparte : http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Sc ... ates.shtml

Au passage c'est pas cool d'oublier la différence de mentalité dans l'Antiquité et durant la Christinisation sur la conception de "l'être".


Pour le mouvement eugéniste :

http://www.persee.fr/web/revues/home/pr ... _18_1_1220
---------------------------------------------


Anglais:
[+] Texte masqué
Eugenics: the skeleton that rattles loudest in the left's closet
Socialism's one-time interest in eugenics is dismissed as an accident of history. But the truth is far more unpalatable

Source http://www.theguardian.com/commentisfre ... loset-left
Eugénisme sur les Aborigènes d'Australie (Anglais):
[+] Texte masqué
Much as white Australians may castigate themselves today for their deluded assimilation efforts, it is necessary, as with every genocide, to sheet home responsibility to the intellectual authors of the policy. These were the Fabian socialist heroes who believed eugenics principles could be applied to produce a "superior" society. Sydney and Beatrice Webb, John Maynard Keynes and Bertrand Russell all supported this cause. George Bernard Shaw argued for humane extermination of "the sort of people who do not fit in". Marie Stopes publicly pleaded for the sterilisation of the "hopelessly rotten and racially diseased". Virginia Woolf and DH Lawrence privately urged that the state should eradicate "imbeciles". Their slogan was the vile aphorism of Oliver Wendell Holmes: "three generations of imbeciles are enough"

Source: http://www.theguardian.com/commentisfre ... /australia
En Anglais :
[+] Texte masqué
For the socialists, the argument ran that just all the resources of the earth should be held in common, and directed by the state, so the development of the human race should be planned and directed. George Bernard Shaw wrote that ‘The only fundamental and possible socialism is the socialisation of the selective breeding of man’ and William Beveridge, whose report has its seventieth anniversary this year, wrote that ‘those men who through general defects are unable to fill such a whole place in industry are to be recognised as unemployable. They must become the acknowledged dependents of the state … but with complete and permanent loss of all citizen rights – including not only the franchise but civil freedom and fatherhood.’ It’s that last word that should make your blood chill.

Source : http://www.progressonline.org.uk/2012/0 ... -eugenics/
Ailleurs, Suède : http://www.liberation.fr/monde/1997/08/ ... tes_212470

http://www.persee.fr/web/revues/home/pr ... _53_3_6877

http://www.erudit.org/revue/ms/2004/v20 ... 340ar.html
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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Cinci » mer. 19 nov. 2014, 4:06

James :
On est tous un peu le réactionnaire d'un autre :-D
Certes! Je me voyais également dans la peau d'un "réactionnaire" en écrivant. Il y a des choses qui me seront difficile à recevoir aussi.

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Lys_Sul » mer. 19 nov. 2014, 4:37

Götz Aly, compte parmi les meilleurs spécialistes du nazisme et de la Shoah, mais son travail n’est pas seulement celui d’un historien. Sa thèse est que le national-socialisme, loin d’être un phénomène antimoderne, accomplit certaines des tendances les plus fortes de la modernité : hygiénisme militant, promotion du «progrès» même par la violence, rationalité instrumentale, efficacité bureaucratique.
Source: http://www.liberation.fr/chroniques/201 ... me_1124083
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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Cinci » mer. 19 nov. 2014, 15:09

(la suite pour cantalou que je n'avais pas eu le temps de poster hier soir, «hier» pour moi)


cantalou,
Bien entendu il y a énormément de différences ! Je parlais de la définition qu'ils mettent derrière socialisme (= progressisme laïque), pas des différentes mesures qu'ils promeuvent.
La définition?

Vous parliez d'abord d'un «même socialisme» pour suggérer finalement quelque chose comme "un même attrait pour" ou "une même association à faire avec" tout ce que vous venez de dire ici soit le progrès et la laïcité.

Seulement, vous savez aussi bien comme moi que les nazis se différencient des socialistes européens quant à la nature de ces "mesures" à promouvoir, les buts fondamentaux recherchés. Or si les mesures des uns dans une Allemagne de 1938 viennent ruiner les objectifs fondamentaux recherchés par les autres : à quoi bon parler d'un même socialiste ou d'une même définition progressiste et laïciste?

Il me viendrait pas à l'idée d'évoquer un "même socialisme", par exemple, pour parler du royaume socialiste stalinien de 1937 en Russie et ensuite de la sociale-démocratie en Suède.


[...]

Au fond, vous vouliez parler d'une certaine promptitude à manifester un réflexe étatiste et que les uns et les autres peuvent nourrir, dans le but manifeste de concrétiser politiquement leurs différents projets sans doute, non pas vraiment d'un «même socialisme» ou la recherche d'un même genre de société.

Vous voulez dire que les socialistes n'ont pas de répugnance à se montrer étatistes dans le but de révolutionner la société et les nazis pouvaient exprimer ce genre de propension aussi, mais alors que d'autres adeptes du progrès ou de la laïcité comme John D Rockfeller ou Andrew Carnegie seraient beaucoup plus réservés sur l'idée d'utiliser des leviers étatiques dans le but de créer un homme nouveau, la société "plus juste", une nouvelle anthropologie ou de finir de dissoudre la vieille mentalité conservatrice et bourgeoise archaïque comme l'antique culture patriarchale, le mariage bourgeois, etc.


Enfin

Qualifier les nazis de "progressistes" pourrait toujours soulever des sortes de doutes légitimes d'autre part, ou nous ouvrir la boîte de Pandore à discussions interminables au fait de savoir ce qui devrait être un progrès ou pas, un peu comme avec ce que Lys_sul demande et qui n'est rien de coupable en soi non plus, on discuterait ici : «Le darwinisme social ne pourrait-il pas représenter un progrès pour certains? le progrès n'est-il pas relatif? puis des socialistes n'auraient-ils pas trouvé parfois un progrès dans l'idée d'euthanasie? d'eugénisme?»

C'est sûr qu'il y a beaucoup de choses possibles et imaginables dans l'univers, comme disait Hamlet. Mais il reste "quand même" que l'on distingue bien au plan politique ce que pouvait être les aspirations du nazisme en général et puis celles des principaux mouvements socialistes européens, anglais ou américains d'alors; chez tous ceux en somme que les bolchéviks qualifiaient alors avec mépris de "réformistes" et comme pour parler de gens qui ne voulaient rien changer du tout à l'ordre capitaliste injuste d'exploitation des travailleurs.

Pour les socialistes, il reste que l'idée de liquider la démocratie ne constitue pas un progrès, ni la création de camps pour enfermer des intellectuels dissidents ni le racisme.

;)

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Lys_Sul » mer. 19 nov. 2014, 21:42

L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel.

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Cinci » sam. 22 nov. 2014, 16:47

Moi aussi je pourrais m'amuser à ramener des extraits de pages web
L’exposition c’est, en Grèce, le droit reconnu à un magistrat, à un organe délibératif, mais surtout le plus souvent au père de
l’enfant ou, plus généralement, au kyrios [4] Le tuteur légal. [4] de la mère de l’enfant (qu’elle soit son épouse, sa concubine
– un état « non-officiel, mais reconnu » – ou sa fille) de disposer, comme il l’entend, de la vie de l’enfant à naître ou de celle
du nouveau-né. Deux expressions grecques rendent compte de ce choix [...]

Premier cas : on expose, à la naissance, sur avis des femmes qui entourent l’accouchée, un enfant jugé porteur de tares physiques.
Dans de rares cités, la décision d’exposition et l’exécution sont confiées à des magistrats, eux-mêmes chargés d’examiner
l’enfant. C’est le cas à Sparte.
http://www.cairn.info/revue-enfances-et ... age-19.htm



Ce qui n'est pas vraiment cool en général, Lys_Sul, c'est le fait de ne pas vraiment communiquer, d'être plus préoccupé de
chercher toujours des fautes de détails, la petite bête dans une sorte de rivalité (ce qui n'est pas vraiment de la communication non plus), ou alors de ne pas faire effort, soi-même, pour s'exprimer en mots, en phrases de manière suivie dans des paragraphes, pour expliquer pourquoi ceci ou cela.

Renvoyer sans cesse tout le monde à tout un florilège de pages web dans un forum de discussion est une méthode légèrement paresseuse.



Quant à Herodote (le site web) :
« [...]l'eugénisme est inspiré par le darwinisme social. Idéologie portée par la gauche progressiste et laïque»
... les socio-démocrates tant qu'à y être ... la gauche, "la" gauche progressiste ... comme si ce devait être un parti unique,
discipliné et forcé de suivre une seule ligne de pensée.

Franchement!



Il y a une différence entre le fait que tels ou tels individus peuvent être tentés de suivre une opinion à une époque et prétendre
que "la" gauche penserait ceci, comme "la" médecine croirait cela ou "la" science ... Des idées de racisme sont présentes
partout, mais partout dans des individus de n'importe quel parti aussi bien que chez des évêques de l'Église catholique en 1900 ou en 1930, tiens. Alors chez certains gauchistes aussi? Bien sûr. Mais la question n'est pas là.

Si l'on parle "parti politique", il s'avère que c'est le parti nazi qui porte l'idée de racisme institutionnel ou qui veut construire une anthropololgie s'enracinant dans le racisme, non pas l'Église catholique, pas les communistes à Moscou, pas Charlie Chaplin, la IIe internationale ou le Front populaire de 1936.

Les obsessions en matière de génétique et de questions raciales au début du XXe siècle ne sont pas des affaires de parti politique
de gauche ou de droit en premier lieu, mais un courant d'idées qui est présent dans les milieux scientifiques, et à ce titre peut
influencer ensuite les idées de n'importe quel homme à l'échelle du spectre politique complet. Mais il reste que que ce sont nos partis
réactionnaires («contre la dégénérescence de la race!»;« contre la démocratie débilitante!»;« contre la notion d'égalité de droits pour les métèques!») fascistes ou nazis qui se seront saisi de ces concepts "scientifiques" pour souhaiter ordonner autoritairement toute la société autour de ce pôle.

Quant au "darwinisme social" : l'idée séduit surtout des fascistes bien entendu, mais encore que des libéraux classiques, des conservateurs entre autres. La notion de "darwinisme social" séduit peu les communistes ou les socialistes parce que ces derniers ont justement pour principe politique de remédier aux inégalités, corriger le jeu naturel de ceci ou cela.

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Re: Etre chrétien et nazi ?

Message non lu par Lys_Sul » dim. 23 nov. 2014, 2:48

Ce qui n'est pas vraiment cool en général, Lys_Sul, c'est le fait de ne pas vraiment communiquer, d'être plus préoccupé de
chercher toujours des fautes de détails, la petite bête dans une sorte de rivalité (ce qui n'est pas vraiment de la communication non plus), ou alors de ne pas faire effort, soi-même, pour s'exprimer en mots, en phrases de manière suivie dans des paragraphes, pour expliquer pourquoi ceci ou cela.
Pourquoi chercher une quelconque rivalité dans un débat, c'est le but de confronter ses idées à l'autre pour chercher ensemble une vérité, si j'avais voulu  un débat pugilat, j'aurais eu le sarcasme et l'ironie voir l'utilisation d'image comme réponse. Pratiquer la personnalisation du débat ne fait que retarder l'échéance vers la finalité d'un débat, mais s'il faut passer par là pour être intelligible alors soit.
Renvoyer sans cesse tout le monde à tout un florilège de pages web dans un forum de discussion est une méthode légèrement paresseuse
De mon point de vue, une personne ne faisant pas l'effort de cliquer sur un lien et lire releve de la paresse, je laisse la découverte du site qui n'est que la suite logique du débat, si la personne ne veut pas lire même de façon diagonale, alors effectivement le débat ne sert pas à grand-chose. Ce qui relève d'une allégorie d'une personne servant la soupe, mais qui doit aussi la porter à la bouche d'autrui.

Personnalisation du débat off.

Pour votre article sur l'infanticide en Grèce, vous avez je suppose lu les trois principes pour pratiquer l'infanticide ? Que cela ait existé, c'est d'une lapalissade, dans le lien posté sur les fouilles à Sparte   ;
De récentes fouilles archéologiques ne permettent pas de l'établir, malgré le mythe selon lequel cette civilisation jetait les nouveaux-nés jugés difformes ou trop chétifs dans une fosse.

Cinq ans d'analyse des restes humains recueillis dans le gouffre des Apothètes n'ont permis de retrouver que des restes d'adolescents et d'adultes, en majorité âgés de 18 à 35 ans.
[....]

Certaines sources antiques rapportent le meurtre d'enfants chez les Spartiates, mais elles sont rares et imprécises. Elles sont censées attester le caractère militariste de l'organisation spartiate antique.
Ce qui démontre qu'il faut relativiser sur la « toute-puissance » eugénique de Sparte vis-à-vis d'autres cités Antiques, les raisons évoquées dans le document, les tares physiques dans le premier cas, le deuxième cas un enfant provenant d'adultère et le troisième cas, c'est la raison économique, si l'enfant revient trop cher à nourrir avec dans l'optique pour une fille, il lui faut une dot, ce qui complique les finances de la famille.

Ce genre de choses existe toujours de nos jours notamment dans les faits-divers ou tout simplement dans le diagnostic prénatal d'une maladie ou déformation du fœtus.
----------
 Il y a une différence entre le fait que tels ou tels individus peuvent être tentés de suivre une opinion à une époque et prétendre
que "la" gauche penserait ceci, comme "la" médecine croirait cela ou "la" science ... Des idées de racisme sont présentes
partout, mais partout dans des individus de n'importe quel parti aussi bien que chez des évêques de l'Église catholique en 1900 ou en 1930, tiens. Alors chez certains gauchistes aussi? Bien sûr. Mais la question n'est pas là.
Sauf que dans le cas de l'eugénisme, qui furent les principaux théoriciens de ce mouvement ? Que Monsieur X où Y font preuve dans la vie de propos de ce genre, l'impacte sur la vie sera minime, par contre des personnes intelligentes dans des domaines scientifiques ou politiques causeront plus de dégâts.
Si l'on parle "parti politique", il s'avère que c'est le parti nazi qui porte l'idée de racisme institutionnel ou qui veut construire une anthropololgie s'enracinant dans le racisme, non pas l'Église catholique, pas les communistes à Moscou, pas Charlie Chaplin, la IIe internationale ou le Front populaire de 1936.
Pour un parti politique, il faut avoir une base d'idée(s) pour développer ensuite sa vision pour la société, dès lors commence une généalogie de cette idée du commencement vers l'aboutissement. Exemple : le Polygénisme fut le noyau pour développer les thèses racistes contre le Monogénisme. Comme sur les théories raciales Houston Chamberlain et Vacher de Lapouge sur la supériorité des types nordiques et civilisations anglo-saxonnes.

Pour un racisme institutionnel, hum..Disons dans l'Histoire, il y a eu beaucoup de cas semblables notamment avec la Limpieza de Sangre en Espagne à la fin du XVeme siècle et le Décret de l'Alhambra en 1492. En ce qui concerne les communistes à Moscou, les personnes misent dans des goulags notamment les « bourgeois », cela est il une forme de « racisme » de classe ?
Les obsessions en matière de génétique et de questions raciales au début du XXe siècle ne sont pas des affaires de parti politique de gauche ou de droit en premier lieu, mais un courant d'idées qui est présent dans les milieux scientifiques, et à ce titre peut influencer ensuite les idées de n'importe quel homme à l'échelle du spectre politique complet. Mais il reste que que ce sont nos partis réactionnaires («contre la dégénérescence de la race!»;« contre la démocratie débilitante!»;« contre la notion d'égalité de droits pour les métèques!») fascistes ou nazis qui se seront saisi de ces concepts "scientifiques" pour souhaiter ordonner autoritairement toute la société autour de ce pôle.
Vous qui êtes lecteur de Xavier Martin, les Lumières pensent quoi des autres peuples ?

Pour que cette idée trouve naissance, il aura fallu certains facteurs comme le développement de la science moderne, la libre-pensée s'opposant au monogénisme défendu par l'Eglise et l’expansion des Européens dans le monde avec ses conséquences notamment l'esclavagisme. Après une longue réflexion cela arrive au XIXeme siècle avec les théories que nous connaissons. Le Nazisme se voulait comme un tout sur le spectre politique de la gauche à la droite d'où le nom de son parti politique le national-socialisme, pour le Fascisme surtout italien, Mussolini était socialiste avant d'être un nationaliste.

Ces deux idéologies partagées l'idée d'un Homme nouveau à forger avec l'appui de la coercition de l'état, pour avoir cette idée , il faut chercher l'origine http://books.google.fr/books?id=Ent2AwA ... CDIQ6AEwCA ( qu'une page à lire).

Cela est visible dans le nazisme :
« Et, bien sûr, chez Hitler lui-même, qui définit, dans Mein Kampf, l'aryen comme le «Prométhée de l'humanité». Pour que celui-ci puisse accomplir sa «mission régénératrice», il lui faut vaincre les «puissances corruptrices» qui oppriment l'Europe et d'abord les Juifs, auxquels sont assimilés les marxistes. Mais aussi les chrétiens et tout particulièrement les catholiques, qui sont l'obsession de ­Himmler. Alors ­l'Allemagne pourra offrir à la «race aryenne» purifiée un progrès illimité, basé sur l'eugénisme et le développement des sciences et des techniques.
Que ces idées soient folles et criminelles, nous explique Rouvillois, n'enlève rien à leur caractère utopique. Le propre de l'utopie étant de postuler l'instauration rapide du bonheur sur la terre grâce à la maîtrise rationnelle de l'avenir et à l'élimination des méchants. Et c'est pourquoi elle se révèle, toujours, ­totalitaire. »

[…]

Aussi barbare et nihiliste fût-il, à travers son exaltation de la race et du sang, le nazisme était aussi habité par une forme d'hubris moderniste qui ne pouvait que heurter ceux qui se faisaient une certaine idée, à la fois traditionnelle et humaniste, de l'Allemagne
.

Source: http://www.lefigaro.fr/livres/2014/02/2 ... azisme.php

Du même auteur mais un autre entretien :
En voulant instaurer le paradis sur terre, l'utopie n'est-elle pas l'opposé exact de la promesse chrétienne d'un au-delà?
L'utopie singe le christianisme sur tous les plans. Mais elle part du principe qu'on peut établir une société parfaite sans l'aide de la grâce. Un grand nombre d'hérésies chrétiennes sont à l'œuvre dans l'utopie, et notamment le pélagianisme, l'idée selon laquelle il n'y a pas eu de péché originel. L'homme n'est pas pécheur, il n'est pas fautif, et le Christ n'est donc pas venu pour racheter le péché de l'homme. Dès 1935 le juriste René Capitant expliquait que les nazis ne croient pas dans le péché originel, et qu'ils estiment que l'homme peut accéder lui-même à la perfection, par son effort, sa raison et son travail. En ce sens le nazisme est très exactement le contraire du christianisme, qui se fonde sur l'idée d'un homme pécheur et imparfait, devant ici bas se résigner à cette imperfection, et ne pouvant espérer la surmonter que dans l'au delà. Le noyau dur de l'utopie va donc à l'encontre du noyau dur du christianisme. Au fond, l'utopie n'a pas besoin de Dieu, elle se suffit à elle-même. C'est d'ailleurs ce que développe Hitler dans ses conversations avec Rauschning, un conservateur chrétien au départ proche des nazis: il se vante de pouvoir faire disparaître le christianisme et lui explique que son objectif est de faire de l'homme aryen, de l'homme véritable, une sorte de Dieu.
Source : http://www.lefigaro.fr/vox/histoire/201 ... nelles.php
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Il va falloir aussi définir pour vous le mot « réactionnaire, car celui-ci n'est que la réaction contre le progressisme.
 Quant au "darwinisme social" : l'idée séduit surtout des fascistes bien entendu, mais encore que des libéraux classiques, des conservateurs entre autres. La notion de "darwinisme social" séduit peu les communistes ou les socialistes parce que ces derniers ont justement pour principe politique de remédier aux inégalités, corriger le jeu naturel de ceci ou cela.
Spencer est assez libéral sur cette question, avant la révolution industrielle, cela fonctionnait de la sorte, il ne faut pas non plus se le cacher, l’Église était présente comme la solidarité familiale durant les famines ou autres misères sociales . Il y a ensuite Galton qui lui développa l'idée apparentée sur la génétique de l'espèce humaine en utilisant les moyens scientifiques.

Après, si cela relève de l'eugénisme positif ou négatif : http://www.erudit.org/revue/ms/2004/v20 ... img=imPlGr

Exemple de lois via l'eugénisme négative en Scandinavie 1918-1977  : http://www.erudit.org/revue/ms/2004/v20 ... img=imPlGr


[troll on] Pour les communistes, je ne sais pas quoi répondre, je prends cela pour de l'humour. Sur les socialistes, effectivement ils règlent les problèmes des inégalités en favorisant la paupérisation égalitaire grâce aux impôts et diverses taxes. [ troll off] :-D
L’esprit est à soi-même sa propre demeure ; il peut faire en soi un Ciel de l’Enfer, un Enfer du Ciel.

Livre I, Le Paradis perdu - John Milton

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