L'Inquisition

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VexillumRegis
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L'Inquisition

Message non lupar VexillumRegis » ven. 18 juin 2004, 8:10

Il est clair que l'inquisition, vue aujourd'hui, est une institution totalitaire et obscurantiste. Mais est-il besoin de préciser que cette institution est d'un autre temps, et que qui dit autre temps dit autres mentalités, autres conceptions?

Quelques points à rappeler:

1°- Il n'y a pas une inquisition, mais plusieurs inquisitions : l'institution médiévale du XIIIè siècle (relativement modérée) n'a pas grand chose à voir avec l'inquisition espagnole d'époque Renaissance (plus dure).

2°- Les gens de cette époque, même les savants, avaient une conception magique du monde, et non pas scientifique comme de nos jours. Le très érudit et très savant Jean Bodin, auteur du célèbre traîté politique "Les Six livres de la République", a aussi écrit un ouvrage sur la sorcellerie. Tout le monde y croyait.

3°- La religion, à cette époque là, était un lien social extrêmement important. L'hérétique n'était pas seulement un déviant sur le plan religieux, il l'était aussi sur le plan social : il mettait en danger la stabilité de la communauté, et devait donc être châtié.

4°- Les tribunaux inquisitiriaux ont brûlés infiniment moins de sorcières que les tribunaux laïcs.

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Message non lupar MB » jeu. 02 sept. 2004, 0:14

Bonsoir

Comme vous le dites, l'Inquisition n'est pas un bloc, et celle de l'époque des Cathares ne ressemble pas à celle du 16ème siècle. Tous les pays n'admettaient pas l'Inquisition (ainsi la république de Venise).
Il y a par ailleurs des demi-vérités un peu partout : le but de cette institution n'était pas de brûler des hérétiques, mais de veiller, me semble-t-il, à préserver la foi. Donc l'Inquisition pouvait employer d'autres moyens, tels que l'amende par exemple ; de fait, m'a dit un médiéviste, à l'époque de Torquemada, la peine de mort (bûcher ou autre chose) n'est le fait que de 2 % des cas traités. Ceci dit, c'est évidemment trop.

- Beaucoup des condamnations ont en effet été prononcées par le pouvoir laïc, mais il faut être honnête : pour ces choses-là, l'Eglise s'en remettait au bras du pouvoir séculier, donc une sanction prononcée par l'Eglise devait être exécutée par le temporel.

Enfin, il ne faut pas confondre Inquisition et chasse aux sorcières, ce n'est pas la même chose. La chasse aux sorcières est un phénomène qui s'est développé en Europe au 15ème siècle en particulier, et qui a culminé à la fin du 16ème. Il faut d'ailleurs rappelé que ce phénomène a été également le fait des pays protestants (et peut-être plus en fait, car ce qu'on désignait sous le terme de sorcellerie, c'était des vieilles pratiques païennes, plus courantes dans ces pays christianisés depuis moins longtemps).

De toute manière, tout cela est à replacer dans le contexte d'une époque où l'on voit la mort tous les jours - mortalité infantile, des femmes en couches, maladies, épidémies, etc. La façon de penser la mort du supplicié n'est pas la même dans un tel monde. Bon, là encore, évidemment, nous aurions tous aimé qu'on tue moins de monde.

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histoire ou propagande

Message non lupar bajulans » sam. 10 sept. 2005, 16:41

Voilà du Voltaire :
Ce sanglant tribunal,
Ce monument affreux du pouvoir monacal,
Que l'Espagne a reçu, mais qu'elle-même abhorre:
Qui venge les autels, mais qui les déshonore;
Qui, tout couvert de sang, de flammes entouré
Égorge les mortels avec un fer sacré (1).
Montesquieu dans l'Esprit des Lois prétend Livre XXV ch. XIII prétend de même qu'une jeune fille juive de dix-huit ans a été brûlée pour n'avoir pas renoncé à la religion de ses parents. Abominable calomnie, mais reçue comme vérité sous la plume de ce faux grand homme de Montesquieu.

Cela est tiré des "Lettres sur l'Inquisition" de Joseph de Maistre qui défend cette institution judiciare qui en réalité et c'est un premier indice avait pour formule de condamnation :
« Nous avons déclaré et déclarons l'accusé N. N. convaincu d'être hérétique-apostat (1), fauteur et receleur d'hérétiques, faux et simulé confessant (2), et impénitent relaps; par lesquels crimes il a encouru les peines de l'excommunication majeure et de la confiscation de tous ses biens au profit de la chambre royale et du fisc de sa majesté (3). Déclarons de plus que l'accusé doit être abandonné, ainsi que nous l'abandonnons, à la justice et au bras séculier que nous prions et chargeons très affectueusement, de la meilleure et de la plus forte manière que nous le pouvons, d'en agir à l'égard du coupable avec bonté et commisération. »
Formule qui invite l'autorité laîque à la clémence.

Mais c'est la légende noire de Montesquieu, Voltaire et consorts qui triomphe aujourd'hui.

Pour se faire une idée de l'Inquisition, il est indispensable, à mon avis, de lire l'ouvrage de Joseph de Maistre, ouvrage d'un historien sincère.

On peut la trouver en français sur le net : http://cage.rug.ac.be/~dc/Literature/JMIE/

De fait une histoire sincère et moderne de l'Inquisition, est, à ma connaissance, encore à écrire. Mais on continuera à condamner l'Eglise et à occulter tout le bien qu'elle a fait en la couvrant de calomnies.
Loué soit Jésus-Christ

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Sur l'Inquisition espagnole

Message non lupar VexillumRegis » ven. 03 févr. 2006, 19:44

Quelques éléments...
Une règle de la méthode historique à respecter !

"Sous bien des rapports, l'inquisition fut la réaction de défense d'une société pour laquelle, à tort ou à raison, la préservation de la foi paraissait aussi importante que de nos jours celle de la santé. On touche ici du doigt ce qui fait la différence d'une époque à l'autre, c'est-à-dire des différence de critères, d'échelle de valeur. Et il est élémentaire en histoire de commencer par en tenir compte, voire de les respecter, faute de quoi l'historien se transforme en juge." (Régine Pernoud, Pour en finir avec le Moyen Age, Points Histoire, Éditions du Seuil, La Flèche 1979, p. 104)
__________
Quelques faits et chiffres

Citons Bartolomé Bennassar, dont on ne peut mettre en doute le sérieux ou l'objectivité. Selon lui, les juges inquisitoriaux sont "des hommes d'une qualité intellectuelle remarquable", et l'Inquisition fut une justice "plus exacte, plus scrupuleuse. (... ) Une justice qui pratique un examen attentif des témoignages, qui en effectue le recoupement minutieux, qui accepte sans lésiner les récusations par les accusés des témoins suspects, une justice qui torture fort peu et qui respecte les normes légales (...). Une justice soucieuse d'éduquer, d'expliquer à l'accusé pourquoi il a erré, qui réprimande et qui conseille, dont les condamnations définitives ne frappent que les récidivistes". (L'Inquisition espagnole, Hachette, 2001).

La torture ?

Personne ou presque n'en conteste le principe à cette époque. Son emploi est d'ailleurs strictement réglementé : il nécessite une sentence spéciale, signée de l'inquisiteur et de l'évêque, l'opération devant se dérouler en présence d'un médecin.

Charles-Henri Léa, historien américain libéral du XIXème, très défavorable à l'Inquisition (son ouvrage a été récemment réédité), note : "La croyance populaire selon laquelle la chambre de torture était le théâtre [...] d'un acharnement particulier à extorquer des aveux est une erreur imputable aux écrivains à sensation qui ont exploité la crédulité publique."

Et Henry Kamen, historien britannique auteur d'une Histoire de l'Inquisition espagnole (Paris, 1966) : "A une époque où la torture était universellement répandue dans les cours criminelle de toute l'Europe l'Inquisition espagnole suivait [à cette égard] une politique de modération et de circonspection qui permet de la juger favorablement" (p. 183).

Avant 1500, sur 300 procès devant le tribunal inquisitorial de Tolède, on relève 5 ou 6 cas de torture (catalogo de las causas seguidas ante la Inquisicion de Toledo, dressé par Vicente Vignau, Madrid, 1903) ; de 1480 à 1530, sur 2000 procédures à Valence, 12 cas de recours à la question sont attestés (Sévillia, p. 92).

Le bûcher ?

L'historien danois Gustav Henningsen, dans les années 70, a dépouillé environ 50 000 procédures inquisitoriales datées de 1560 à 1700. Il conclut : "Environ 1% seulement des accusés ont dû être exécutés".

La Revue des études juives, se penchant sur l'activité du tribunal de Badajoz de 1493 à 1599, a recensé une vingtaine de condamnés à morts, en 106 ans (Dumont, p. 519)
__________
Une estimation chiffrée globale...

"Les 10 à 12 000 exécutions capitales en trois siècles doivent être rapprochées des 50 000 sorcières brûlées en trois ou quatre décennies dans le reste de l'Europe au début du XVIIème siècle. Cette comparaison prouve que la répression inquisitoriale a été relativement économe en vies humaines" - Pierre Chaunu, Eglise, Culture et Société, SEDES, 1981 (cité par Jean Sévillia, pp. 94-95)

En Christ,

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Message non lupar giorgino » lun. 20 févr. 2006, 22:34

René Girard dans son livre " des chose cachées ..." explique bien aussi que le christianisme de cette époque relevait d'une vision sacrificielle et notamment de la mort-sacrificielle du Christ lui même . L' inquisition est le fait d 'une mentalité et non d'une vraie foi en Dieu . Cet amour de Dieu n' est pas sacrificiel . Girard est très explicite à ce sujet . Dieu n' a pas voulu ce que les hommes ont cru bon de penser à cette époque .

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Message non lupar Théophile V. » jeu. 09 mars 2006, 5:25

Oui, oui ... Et l'assassin Dominique figure toujours parmi la liste des saints, ce qui m'a toujours horrifié. Je crois que les catholiques doivent assumer leur passé, et ne pas se chercher d'excuses. L'Eglise a commis des méfaits, il faut le reconnaître, l'inquisition en fait partie.

Quant au parallèle entre justice ecclésiastique et justice laïque, c'est de l'hypocrisie pure : toute personne sérieuse sait très bien que l'Eglise confiait aux laïcs la basse besogne ; il n'empêche qu'elle prenait la décision de condamner à mort. Il n'y eut effectivement pas seulement, hélas, ces malheureuses accusées de sorcellerie : les "hérétiques", "blasphémateurs", "infames" (entendez : homosexuels), artistes, scientifiques, tous ceux qui revendiquaient la liberté de penser, ceux qui refusaient de se convertir, la liste est longue !

C'est d'ailleurs à cause de ses nombreux crimes que je ne considérerai jamais l'Eglise comme "sainte". On ne saurait accorder la sainteté à quiconque pratique le crime, même au nom de Dieu.

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thomasthomas
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Message non lupar thomasthomas » jeu. 09 mars 2006, 5:39

Je vous rapelle que l'église catholique ne commet pas de crimes depuis très longtemps , et au contraire s'occupe de beaucoup d'organisations charitatives.
Votre acharnement sur l'église , vu les plusieurs messages , est ahurissant .
Vous dites que les catholiques doivent assumer leur passé?
Mais nous l'assumons très bien , ne vous inquiétez pas .
Apparament vous paraissez plutot etre le seul à ne pas l'assumer .
De plus , vous vous permettez de dire que l'église n'est pas sainte , alors qu'elle est le corps du Christ .
Vous devriez plutot utiliser votre énergie pour dénoncer sur des forums musulmans les crimes islamiques effectuées tous les jours à l'encontre des chrétiens.
Mais cela n'a pas trop l'air de vous gener ceci.

Que Dieu vous benisse

Théophile V.
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Message non lupar Théophile V. » jeu. 09 mars 2006, 6:00

Assumer le passé signifie rejeter le pouvoir absolu de l'Eglise, puisqu'elle n'a toujours pas reconnu ses erreurs, et ne le fera jamais du reste. Je ne cautionne aucune forme de persécution, entendons-nous bien ; au contraire, je suis pour une totale liberté religieuse et pour un esprit de tolérance.

Un pape a-t-il reconnu l'iniquité de l'inquisition ? La vraie question est là. Pour assumer son passé, il faut être capable de le regarder en face. Et il me semble que reconnaître ses fautes était en principe une vertu chrétienne. Quant aux oeuvres caritatives de par le monde, reconnaissez qu'elles ne sont pas dénuées d'arrière-pensées ; mais c'est là un autre (vaste) sujet...

Quant aux forums musulmans, puisque vous m'y invitez, sachez que je discute régulièrement sur des forums de culture musulmane et que je ne me prive pas non plus d'adresser des critiques aux extrémistes. Et j'ai l'occasion de parler de ces questions avec des amis musulmans qui sont loin d'être les ogres que vous semblez craindre.

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Message non lupar FMD » jeu. 09 mars 2006, 20:49

[align=justify]
Et l'assassin Dominique figure toujours parmi la liste des saints, ce qui m'a toujours horrifié.
Plutôt que d'être horrifié, renseignez-vous: l'Ordre des frères prêcheurs n'avait rien à voir avec l'Inquisition médiévale du vivant de Saint Dominique. IL ne fut impliqué dans cette machine judiciaire qu'en 1235, soit près de 14 ans après la mort de Saint Dominique.
Quant au parallèle entre justice ecclésiastique et justice laïque, c'est de l'hypocrisie pure : toute personne sérieuse sait très bien que l'Eglise confiait aux laïcs la basse besogne ; il n'empêche qu'elle prenait la décision de condamner à mort. Il n'y eut effectivement pas seulement, hélas, ces malheureuses accusées de sorcellerie : les "hérétiques", "blasphémateurs", "infames" (entendez : homosexuels), artistes, scientifiques, tous ceux qui revendiquaient la liberté de penser, ceux qui refusaient de se convertir, la liste est longue !

C'est faux. La justice séculière appliquait la peine de mort pour certains crimes et la justice religieuse offrait tout simplement une chance de repentir à ceux qui risquaient d'être condamnés de la sorte. Ceux qui refusaient cette chance accordée par l'Inquisition étaient remis à la justice séculière qui appliquait finalement la sentence prévue. Pour être condamné à mort suite à un passage devant l'Inquisition, il fallait véritablement le vouloir. La véritable problématique n'est donc pas l'Inquisition mais la légitimité de la peine de mort en Europe à cette époque. Il n'est cependant pas déraisonnable de rappeler que les personnes condamnées à mort suite à leur refus d'obtempérer avec l'Inquisition durant ses quatre derniers siècles furent moins nombreux que les victimes de la Terreur lors de septembre 1793. L'Inquisition a également permis d'importantes avancées juridiques de même que la pacification de pays risquant de sombrer dans la guerre civile comme l'Espagne.[/align]

mnementh64
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Question sur Torquemada

Message non lupar mnementh64 » lun. 13 mars 2006, 1:10

Bonjour,

Il y a quelques années, j'ai lu (dans un livre ? un magazine ?) une histoire concernant un assistant de Torquemada qui aurait été très impliqué dans les missions du Saint-Office et qui aurait connu une fin étrange (vu son métier) puisque condamné comme hérétique et brûlé sur un bucher.

Si quelqu'un pouvait confirmer ou infirmer (et préciser) cette information, je lui en serait reconnaissant !

Merci à tous

Sylvain Caillet

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Message non lupar MB » mer. 15 mars 2006, 21:51

Bonsoir

Je n'arrive pas à trouver le texte de la bulle Ad extirpanda des années 1250... je crois qu'elle nous dirait des choses intéressantes. Quelqu'un sait où la trouver ?

elanor
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Message non lupar elanor » ven. 12 mai 2006, 21:47

il est aussi injuste de pratiquer la charia que d'arriver à l'inquisition,même seulement morale
Si l'Inquisition a peut-être été trop loin dans certaines circonstances historique, son principe (tribunal pour condamner les hérésies) est très bon et très utile. Il permet de protéger les fidèles de l'erreur, ce qui est très rassurant. Nous savons que nous pouvons avoir confiance en la doctrine catholique. Ce que je dis est de foi il me semble, c'est ce qu'enseigne un très saint Pape, Pie XII:
"Parmi les biens que les tribunaux ecclésiastiques [tant des Ordinaires des lieux que du Siège apostolique] ont, au cours de l'histoire, défendus parfois durement, on doit signaler la foi elle-même, fondement de toute vie surnaturelle. Le tribunal pour la défense de la foi catholique est donc un organe légitime du pouvoir judiciaire dans l'Eglise, en tant que cette dernière est une société religieuse parfaite. Son rôle est de répondre juridiquement à toute attaque qui vise à atteindre un de ses biens les plus vitaux et les plus importants. Les délits d'hérésie et d'apostasie n'ont pu et ne peuvent laisser l'Eglise indifférente et inerte. Sans doute, au cours des siècles, le tribunal chargé de la défense de la foi a pu prendre des formes et des méthodes qui n'étaient pas exigées par la nature même des choses, mais qui s'expliquent à la lumière des circonstances historiques particulières; Il serait toutefois faux de vouloir en tirer un argument contre la légitimité du tribunal lui-même."

Pie XII AAS, 1946, 392; DPPieXII, 301.
non,l'inquisition est un mal à part entière.la vraie liberté de l'Eglise dépend aussi de la liberté que les catholiques accordent à ceux qui s'en détourne.il est possible à l'Eglise de juger des catholiques,mais pas les autres,or,l'inquisition a jugé des juifs.première erreur.ensuite,l'Eglise peut donner des sanctions ecclesiales(excommunication,interdiction de célébrer,non accès aux sacrements, etc),mais surtout pas humaines.or,l'inquisition a proclamé des condamnations à mort,emprisonnements,tortures et j'en passe.deuxième erreur.par les moyens qu'elle a utilisé,l'inquisition non seulement,n'a aucune raison légitime d'exister,mais elle est très mauvaise.les inquisiteurs sont des APOSTATS,HERETIQUES ,EXCOMMUNIES,MEURTRIERS,en cela,ils ont commis des péchés plus graves que ceux qu'ils ont condamné.c'est AU NOM de ma foi catholique que j'affirme cela.ces gens étaient des JUDAS de l'Eglise catholique.les chrétiens ne doivent pas nier l'histoire,ce n'est pas un témoignage.
C'est à dire qu'il convient que la religion catholique soit la religion officielle de l'Etat. Il est certain que ce n'est pas appliquable dans nos pays laïcistes, mais le principe demeure éternellement. L'Etat ne doit pas traiter de la même façon l'erreur et la Vérité.
je ne suis pas DU TOUT d'accord.la séparation de l'Eglise et de l'Etat,c'est une protection pour la liberté de l'Eglise.la religion catholique était religion d'état pour les anglais:ils sont devenus anglicans.ne croit pas qu'il n'y ait pas eu la tentation du gallicanisme en france,c'est historiquement prouvé.l'Eglise doit être séparée de l'Etat.(ce qui n'empêche pas que c'est bien si le chef d'Etat est catholique,remarque,j'aimerais de loin un juif comme président qu'un catholique comme lepen).

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Message non lupar laiglejo » ven. 12 mai 2006, 22:20

Si l'Inquisition a peut-être été trop loin dans certaines circonstances historique, son principe (tribunal pour condamner les hérésies) est très bon et très utile.
Je suis d'accord avec LEANOR. on devrait meme avoir honte à l'idée que ça ait pu exister. L'inquisition fait partie des erreurs douloureuse d'une humanité encore babutiante

J'ai habité quelques années dans les hautes-alpes où l'inquisition a fait des ravages. Les historiens de la région ont beaucoup de documents et font souvent des conférences sur les victimes, villageoises de nos montagnes qui portaient des noms de familles que nous connaissons. On brulait comme sorcières des gens dénoncés le plus souvent par jalousie ou par vengeances familiales. Beaucoup d'histoires nous ont été relatées concernant des femmes pieuses, bonnes chrétiennes voir quasi-saintes qui étaient ainsi supliciées

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Message non lupar wanderer » ven. 12 mai 2006, 22:42

Soit je me suis mal exprimé, soit vous avez mal lu, soit les deux. En tout état de cause, je vais essayer de préciser.

Le principe de l'inquisition n'est pas de brûler les hérétiques, le principe de l'inquisition est de juger les hommes pour hérésie. Ce principe là est saint et a toujours sa place dans l'Eglise actuelle, même si l'inquisition a changé de nom et s'appelle congrégation pour la doctrine de la foi. Ne pas être d'accord avec ce que je viens de dire, c'est contredire Pie XII et l'Eglise, ce qui n'est pas permis.

Autre question et c'est celle que vous posez, la question des sanctions prononcées. De ce point de vue là, on peut discuter et je suis d'accord pour dire qu'il y a sans doute eu des fautes de commises quoique l'Inquisition a fait beaucoup moins de morts que l'on peut le dire et que ce nombre là doit être mis en parallèle avec le nombre de victimes faites par les autres tribunaux de l'époque. J'ai un livre qui donne des chiffres, je vais essayer de regarder ce week-end si j'ai le temps.

Enfin sur le plan historique, je ne pense pas que les inquisiteurs aient été excommunié. Je n'ai pas la connaissance que l'Inquisition romaine jugeait des juifs (corrigez moi si je me trompe). Quant aux histoire de laiglejo, n'en ayant pas la connaissance, je ne peux pas y répondre et dois mettre cours à la discussion malgré moi. Cela dit, relisez Pie XII, le PRINCIPE, hors de ses MODES D'APPLICATION, est indiscutablement saint. Nier cela, c'est nier le rôle de la congrégation de la plus importante congrégation de la Curie romaine, ce qui n'est pas acceptable.

Cordialement,

Wanderer

:)

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Message non lupar laiglejo » ven. 12 mai 2006, 23:05

Source : ZENIT.org

2004-06-15

Actes du Symposium international d’octobre 1998 sur l'Inquisition

CITE DU VATICAN – Plus jamais des méthodes d'intolérance et de violence dans le service de la vérité: c’était le sens du Symposium international sur l'Inquisition organisé au Vatican du 20 au 31 octobre 1998 par la Commission historico-théologique du Comité du Grand Jubilé de l’an 2000 à la demande de Jean-Paul II.

Et après avoir demandé aux historiens une radiographie des faits historiquement avérés, le pape Jean-Paul II a voulu en demander publiquement pardon, en l’an 2000.

Le volume qui a été présenté ce matin au Vatican par le cardinal Roger Etchegaray, Président du Comité central du Grand Jubilée de l'An 2000, le cardinal Jean-Louis Tauran, Archiviste Bibliothécaire de Jean-Paul II, et le cardinal Georges-Marie Cottier, OP, Théologien de la Maison pontificale, et par le responsable de l'édition, le Prof. Agostino Borromeo.

Le congrès avait réuni au Vatican des chercheurs, catholique ou non, chrétiens et non-chrétiens, autour de 13 historiens d'Italie, de France, d'Espagne, du Portugal, de Malte, de Grande-Bretagne, de Suisse, d'Allemagne, du Danemark, de République tchèque, des Etats-Unis et du Canada.

Le programme pastoral exposé par Jean-Paul II dans sa Lettre apostolique "Tertio millennio adveniente", en 1994, demandait en effet que la préparation au Grand Jubilé s’accompagne d’une "purification de la mémoire", d’un examen de conscience. Cet examen de la vérité historique a permis la demande de pardon du 12 mars 2000, comme le pape l’explique dans une Lettre adressée au cardinal Roger Etchegaray, à l’occasion de cette publication.

Le cardinal Etchegaray a lu le Message de Jean-Paul II lors de la présentation du volume à la presse.

Ce symposium répondait, souligne le pape, au voeu exprimé dans la Tertio Millennio Adveniente: "Il est donc juste que, le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l'Église prenne en charge, avec une conscience plus vive, le péché de ses enfants, dans le souvenir de toutes les circonstances dans lesquelles, au cours de son histoire, ils se sont éloignés de l'esprit du Christ et de son Évangile, présentant au monde, non point le témoignage d'une vie inspirée par les valeurs de la foi, mais le spectacle de façons de penser et d'agir qui étaient de véritables formes de contre-témoignage et de scandale".

"Dans l'opinion publique, écrit le pape dans son message, l'Inquisition symbolise pratiquement ce contre-témoignage et ce scandale. Dans quelle mesure ceci est-il fidèle à la réalité? Avant de demander pardon, il convient d'avoir une connaissance exacte des faits et de replacer ces manquements au respect des exigences évangéliques dans leur contexte réel. C'est la raison pour laquelle le Comité s'est adressé à des historiens à la compétence reconnue".

Jean-Paul II évoque ensuite la Journée du pardon et sa célébration liturgique en la basilique Saint-Pierre le 12 mars 2000. Il s’agissait rappelle le pape, de demander pardon "pour les erreurs commises en servant la vérité par des méthodes non évangéliques".

Cette demande de pardon "vaut pour les drames liés à l'Inquisition ainsi que pour les blessures de la mémoire en découlant".

Et c’est "dans la ligne de cette demande de pardon" que s’inscrit un tel volume, conclut le pape.

En présentant ce volume des actes du symposium jubilaire sur l’Inquisition, le cardinal Georges Marie Cottier a tenu à préciser que le retard de publication du volume n'était pas du, "comme le bruit en a couru, à quelque opposition", qu’il dément absolument, mais "à une série de problèmes de santé".

Dans sa Lettre pour le troisième millénaire, "Tertio millennio ineunte", le pape avait écrit, à l’issue du Jubilé (6 janvier 2001), à propos de la Journée du pardon: "Comment oublier l'émouvante liturgie du 12 mars 2000 où, dans la basilique Saint-Pierre, fixant mon regard sur le Crucifié, je me suis fait moi-même l'interprète de l'Église, demandant pardon pour le péché de tous ses fils? Cette "purification de la mémoire " a raffermi nos pas sur le chemin de l'avenir, nous rendant en même temps plus humbles et plus vigilants dans notre adhésion à l'Évangile".


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