Quelle différence entre homme et animal ?

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Crosswind
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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lu par Crosswind » jeu. 07 nov. 2019, 13:00

Xavi a écrit :
jeu. 07 nov. 2019, 12:16

S’il n’y avait pas de création divine extra-naturelle dans l’histoire concrète, nous ne serions vraiment que poussière. Une forme éphémère individuelle parmi d’autres. C’est une réduction à un matérialisme et un individualisme absolus. L’être humain ne serait qu’un animal parmi d’autres dans une nature qui serait la seule réalité concrète. Il n’y aurait pas d’autre connaissance que la connaissance scientifique produite par du cerveau naturel.
J'aimerais vous demander… Qu'est ce qui vous pousse, vous motive, à vous penser "différent" au point d'en justifier l'idée de Dieu?

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Xavi
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Re: Quelle différence entre homme et animal ?

Message non lu par Xavi » jeu. 07 nov. 2019, 19:59

Bonsoir Crosswind,

Votre question est assez étrange et difficile à comprendre. Si vous ne vous pensez pas vous-même « différent » des êtres naturels, est-ce parce que vous pensez que tant les humains que les animaux sont exclusivement naturels ou, au contraire, parce que vous pensez que les animaux ont une vie spirituelle comme les humains ?

En outre, je ne sais pas pourquoi vous évoquez Dieu comme une « idée », ni en quoi il y aurait lieu de la « justifier ».

Quoi qu’il en soit, je pense, en effet, que nous sommes « différents » des autres créatures et que cette différence confirme, en effet, la réalité de Dieu.

Qu’est-ce qui me « motive » ou me « pousse » à le penser « au point d'en justifier l'idée de Dieu » ?

D’abord, il me semble nécessaire de préciser d’emblée que Dieu n’est pas une idée, mais quelqu’un à reconnaître et à rencontrer dans une relation personnelle qui est possible.

Un cerveau naturel (animal ou humain) est limité par ce que la nature lui permet. Les êtres naturels ne peuvent connaître, par des moyens uniquement naturels, que ce qui est naturel ou peut être perçu naturellement. Une différence est nécessaire pour entrer en relation avec un Autre au-delà de la réalité naturelle.

À cet égard, notre intelligence nous suffit pour admettre que, nécessairement, notre connaissance naturelle (ce que notre cerveau est capable de connaître naturellement) ne peut s’étendre à toute la réalité mais ne peut connaître que les choses (visibles ou invisibles) de la nature.

La réalité au-delà du naturel, c’est ce qu’on peut nommer « le spirituel » ou « les cieux ».

Il n’y a certes aucune raison a priori de penser que nous serions les seuls parmi les créatures à être en relation, d’une manière ou d’une autre, avec cet au-delà de la nature.

Mais, comment rencontrer Quelqu’un qui est au-delà de tout, qui règne dans les cieux, qui est esprit et amour, si nous sommes incapables de le connaître.

Or, si nous sommes seulement naturels, comment pouvoir rencontrer un être qui est au-delà du naturel ?

Les êtres naturels sont tout simplement naturels. Rien ne prouve, ni même ne permet de penser que les animaux soient davantage que des êtres naturels.

Vous demandez quelle est notre différence ? Mais, précisément, notre seule réelle différence par rapport à tous les êtres naturels, n’est-ce pas que nous pouvons rencontrer Dieu au-delà des limites naturelles ? Nous pouvons le rencontrer et le reconnaître parce que lui sommes semblables, parce qu’il nous a créés par son souffle, sa vie, et que cela nous confère une nature spirituelle qui nous permet de le rencontrer, de le reconnaître et de partager sa vie et son amour.

Il ne s’agit pas ici de « justifier » une « idée » de Dieu, mais de pouvoir vivre une rencontre, un partage que notre cerveau ne peut expliquer car c’est au-delà de ses capacités, mais que notre cœur, notre esprit créé par Dieu, rend possible parce qu’il n’est pas « que » naturel mais est différent de cette nature.

Il n’y a pas besoin d’être « poussé » ou « motivé » pour percevoir la différence de cette vie « particulière » que nous avons reçue de Dieu au-delà des réalités terrestres naturelles qui nous entourent, inertes, végétales ou animales.

Nous sommes des enfants de Dieu. Si vous en cherchez une preuve naturelle ou terrestre, vous risquez d’être déçu, car la preuve de notre lien à Dieu ne peut être trouvée que par l’esprit et l’amour. C’est par une rencontre de cœur à cœur avec notre Dieu que nous découvrons à la fois notre singularité d’enfants de Dieu et la présence de Dieu.

Pourquoi un animal n’est-il pas un enfant de Dieu ? Pourquoi cette différence alors qu’il est aussi créé par Dieu ?

Mais, cette question a-t-elle un sens ? Pourquoi faudrait-il que tout soit de nature spirituelle divine ? Dieu est capable de créer en dehors de lui une nature autonome avec ses règles propres et pas seulement des êtres capables de partager sa vie.

N’est-ce pas parce qu’il a voulu nous confier le monde et toutes les créatures qu’il a voulu créer la nature, y compris les animaux, avec une existence et des règles autonomes (et donc avec une existence uniquement naturelle) pour que l’humain, créé, par contre, avec une double nature corporelle et spirituelle, puisse y agir et développer cette nature librement en communion spirituelle avec son créateur ?

L'humain n'est-il pas ce lien entre le fini et l'infini, le naturel et l'éternel, le créé et Dieu ?

Crosswind
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Re: Quelle différence entre homme et animal ?

Message non lu par Crosswind » mer. 13 nov. 2019, 15:17

Xavi a écrit :
jeu. 07 nov. 2019, 19:59

À cet égard, notre intelligence nous suffit pour admettre que, nécessairement, notre connaissance naturelle (ce que notre cerveau est capable de connaître naturellement) ne peut s’étendre à toute la réalité mais ne peut connaître que les choses (visibles ou invisibles) de la nature.
La réponse se trouve dans le mot souligné par moi dans votre extrait : le concept de connaissance et d'en-soi absolu peut être remanié (par la rationalité philosophique) en horizon épistémologique régulateur. Le principe de cause Divine, de preuve Ontologique, est depuis longtemps mis à mal par la raison même qui l'a construite.

Pour tout vous dire, je ne porte pas plus de crédit métaphysique à l'animal qu'à l'homme.

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