Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

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archi
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par archi » ven. 16 août 2013, 20:29

Mgr Bux : "Le Pape ne touchera pas à l'ancienne messe"

La messe selon la forme extraordinaire continuera d'être célébrée librement sans aucune limitation par le pape François. C'est l'opinion
C'est donc une opinion...
Opinion qui plus est déjà contredite par les faits, en l'occurrence, la limitation, justement, imposée aux Franciscains de l'Immaculée.

J'aimerais bien pouvoir afficher son optimisme. Tel quel, il me paraît très peu fondé.
«Le mouvement en faveur de la liturgie traditionnelle continuera certainement parce que la succession des papes ne rompt pas la continuité de la tradition et celui qui succède à un prédécesseur n'a pas inventé de nouveau l'Eglise".
Certes. Il n'empêche - là encore ce sont les faits - qu'un pape a déjà sérieusement tenté de rompre cette continuité en prétendant remplacer entièrement la messe traditionnelle par une nouvelle messe. Et que la poignée de prêtres qui a voulu continuer à célébrer la messe pour laquelle ils ont été ordonnés, celle des Pères, celle qui est substantiellement identique à celle de St Grégoire le Grand (ça a été dit par beaucoup, y compris des "conciliaires" aussi éminents que le RP Congar), se sont vus persécutés, interdits de célébration...

N'oublions pas ces confesseurs de la foi.
Quant à l'attitude du pape François envers le Motu Proprio Summorum Pontificum quand il était évêque de Buenos Aires, selon Don Bux, le cardinal Bergoglio n'a "pas fait obstacle à l'application du Motu Proprio".
Il y a pas mal de sources sur Internet qui disent le contraire. Qu'il l'aurait enrayé non pas de front, mais de manière subtile (comme beaucoup) en autorisant des célébrations selon la FERM tout en imposant des conditions décourageantes pour les fidèles. Alors, qui croire?
L'intérêt pour la liturgie traditionnelle, selon don Bux, est liée à la nouvelle évangélisation.

"En ce moment de grave crise de la foi, une liturgie mystique célébrée avec dignité peut être d'une grande aide pour les personnes à la recherche pour trouver Dieu. Historiquement, les grands convertis ont été frappés par la grâce alors qu'ils assistaient aux rites solennels et à l'écoute de chants extraordinaires".
L'apparence de la FERM est évidemment très importante - et certes on peut arriver (avec quelques efforts) à célébrer une FORM qui ait une apparence similaire. Mais il y a aussi la substance. Et là, entre une tradition qui respecte la "norme des Pères" et "une fabrication produit banal de l’instant" (Card. Ratzinger) qui prétend en faire autant mais commence par la renier ouvertement (notamment en se débarassant du "canon", terme qui veut bien dire ce qu'il veut dire, pour lui substituer de nouvelles prières eucharistiques sans attache dans aucune tradition), le choix devrait être vite fait.

Reste qu'on a déjà vu quel mal pouvait faire l'autorité en la matière, et le risque de l'obéissance aveugle à l'autorité. Aujourd'hui, heureusement, il y a Internet, les catholiques attachés à leur tradition peuvent mieux se défendre, éventuellement s'unir, "voter avec leurs pieds". On a été échaudés. Je pense qu'on ne nous y reprendra pas 2 fois.

Finalement, la question est simple: est-ce-qu'on croit ce que l'Eglise, par ses conciles et ses papes, ont toujours enseigné, c'est-à-dire que la formulation de la foi transmise depuis les Apôtres, mais aussi la discipline et la liturgie, telles qu'elles ont été formulées à l'époque des Pères, sont normatives.

Ou est-ce-qu'on obéit aveuglément au pape du moment, même s'il contredit ouvertement ces prédécesseurs sur ce point, ce qui réduit à rien le sien propre qui n'a, après tout, de valeur que dans la mesure où il peut se réclamer de la continuité de l'Eglise depuis le temps des Apôtres?

Il faut savoir en quoi on croit.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par jean_droit » sam. 17 août 2013, 20:57

Archi,
Quant à l'attitude du pape François envers le Motu Proprio Summorum Pontificum quand il était évêque de Buenos Aires, selon Don Bux, le cardinal Bergoglio n'a "pas fait obstacle à l'application du Motu Proprio".
Je pense comme vous que ce n'est guère la vérité. De très nombreuses sources ont signalées les réticences, et même plus, du cardinal Bergoglio envers la messe Saint Pie V.
Il me semble, en effet, que la messe Saint Pie V ne lui correspond pas.

Mais maintenant il est Pape et cela doit changer bien des choses.

Il a besoin de tous et il doit s'accomoder de diverses sensibilités à partir du moment où ellles s'expriment dans l'Eglise.

Il connait bien le dynamisme du mouvement traditionaliste au sens large du terme même s'il ne faut pas l'exagérer et ce serait une erreur de s'en passer.

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par Suliko » dim. 18 août 2013, 15:14

Il me semble, en effet, que la messe Saint Pie V ne lui correspond pas.
Votre réflexion est étrange. Imaginerait-on un patriarche orthodoxe affirmer que la divine liturgie de saint Jean Chrysostome ne lui convient pas?! C'est tout simplement inenvisageable, car la liturgie fait partie des traditions que nous devons respecter et conserver. Je ne pense donc pas que le pape dirait quelque chose de ce genre...
Isaïe 66 ;7 : "Avant d'être en travail, elle a enfanté ; avant le temps de l'enfantement, elle a mis au monde un enfant mâle."
Targum Jonathan : "Avant que la détresse ne vienne sur elle [=Jérusalem], elle sera rachetée ; avant que le tremblement ne vienne sur elle, comme les souffrances sur une femme en train d'enfanter, son roi [=le roi-Messie] sera révélé."

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par jean_droit » lun. 19 août 2013, 11:07

Je n'ai jamais dit que le Saint Père affirmait que la liturgie Saint Pie V ne lui convient pas.
C'est pour moi une simple constatation car le Saint Père a plutôt simplifé le cérémonial de la messe "ordinaire" telle qu'elle était dite par Benoît XVI.
D'autre part en Argentine la messe Saint Pie V est très, très peu utilisée.
Ce qui ne veut pas dire que le Saint Père ne reconnait pas le mérite des autres liturgies comme il l'a fait pour la liturgie orthodoxe.

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par Suliko » lun. 19 août 2013, 12:15

Je n'ai jamais dit que le Saint Père affirmait que la liturgie Saint Pie V ne lui convient pas.
C'est pour moi une simple constatation car le Saint Père a plutôt simplifé le cérémonial de la messe "ordinaire" telle qu'elle était dite par Benoît XVI.
Cela ne change donc rien à mon propos, puisque si le pape ne le déclare pas, vous pensez que c'est là son avis.
Ce qui ne veut pas dire que le Saint Père ne reconnait pas le mérite des autres liturgies comme il l'a fait pour la liturgie orthodoxe.
Sauf que la messe dans la forme extraordinaire fait partie de notre tradition liturgique, ce qui n'est le cas des liturgies orthodoxes, coptes, etc...Voilà pourquoi je faisais remarquer qu'un patriarche orthodoxe ne penserait jamais que la liturgie de saint Jean Chrysostome ne lui convient pas. En fait, c'est aux hommes de respecter leurs traditions liturgiques et de les conserver avec respect. Ce qui n'a pas été fait avec la nôtre depuis des décennies.
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par jean_droit » lun. 21 oct. 2013, 18:04

De belgicatho :

http://belgicatho.hautetfort.com/archiv ... .html#more
Compte rendu du Deuxième Pélerinage à Rome "Summorum Pontificum"

Summorum Pontificum, on continue..
.
Un pèlerinage Summorum Pontificum à Rome (une interview de l'abbé Barthe par P. Benoit parue sur le site de l'Homme Nouveau)

Samedi prochain aura lieu à Rome, cœur de la chrétienté, le deuxième pèlerinage international Summorum Pontificum pour conclure l’Année de la foi. Son aumônier général est l’abbé Claude Barthe. Il nous en dit plus.

Vous êtes l’aumônier du pèlerinage Summorum Pontificum qui se déroulera samedi 26 octobre. De quoi s’agit-il ?

L’abbé Claude Barthe : Ce pèlerinage est le deuxième du genre.

L’an passé s’était mis en place un groupe ad hoc, le Cœtus Internationalis Summorum Pontificum (CISP), qui avait organisé un premier pèlerinage à Rome, à la Toussaint 2012, au début de l’Année de la foi, pour lequel s’étaient retrouvés des prêtres, religieux, séminaristes et fidèles du monde entier, attachés à ce que l’on nomme la liturgie selon la forme extraordinaire du rit romain.

Il s’était achevé par une messe pontificale à Saint-Pierre du Vatican, célébrée par le cardinal Cañizares, Préfet de la Congrégation du Culte divin.

Nous allons conclure l’Année de la foi, du 24 au 27 octobre prochains, par un pèlerinage semblable. Le CISP, présidé par un magistrat italien, Guiseppe Cappocia, et dont le secrétaire général est Guillaume Ferluc, aime qualifier de représentants du peuple Summorum Pontificum ceux qui viennent à Rome à cette occasion et qui, dans une grande diversité, appartiennent à des paroisses, des communautés religieuses, des communautés Ecclesia Dei, et aussi à la Fraternité Saint-Pie-X.

Nous collaborons bien sûr fructueusement avec des organisations diverses petites ou grandes, des instituts religieux, instituts Ecclesia Dei, etc., mais pour que tout le monde se sente chez soi, ce sont les individus qui sont invités et qui prennent part comme tels aux cérémonies et aux actes de dévotion, de cette pérégrination vers le Tombeau de Pierre et auprès de son Successeur, la paroisse personnelle de forme extraordinaire de Rome, la Trinité-des-Pèlerins, constituant la base d’accueil, conformément à sa vocation qu’indique son titre.

Plusieurs personnalités religieuses ont annoncé leur présence ?

Oui, de Rome et d’ailleurs, qui feront spécialement le voyage – un long voyage pour certaines – pour assister à toutes les cérémonies ou à l’une d’entre elles, spécialement à celle qui a le plus de relief, la messe pontificale qui sera célébrée dans la basilique vaticane, le samedi 26 octobre, à 11 h.

D’autres personnalités nous ont donné une approbation chaleureuse, comme celle publique du message adressé par le cardinal Burke, Préfet du Tribunal de la Signature apostolique. Je vous donnerai seulement le nom des prélats qui vont officier : Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, qui accueillera les pèlerins lors des vêpres du 24 ; Mgr Schneider, évêque auxiliaire au Kazakhstan, qui célébrera pontificalement le 25 ; le cardinal Castrillón, Préfet émérite de la Congrégation du Clergé et ancien Président de la Commission Ecclesia Dei, qui célébrera à Saint-Pierre le 26, assisté par Mgr Ferrer, Sous-Secrétaire de la Congrégation du Culte divin ; Mgr Rifan, Ordinaire de l’Administration apostolique Saint-Jean-Marie-Vianney, au Brésil, qui célébrera le 27, en la fête du Christ-Roi.

.............
La forme extraordinaire, réinstallée officiellement par le pape Benoît XVI, reste donc toujours d’actualité ?

Elle l’est toujours et elle pénètre en profondeur, si j’ose dire.

De nombreux fidèles tout simples, de plus en plus de prêtres, de séminaristes, de religieux ont découvert et découvrent aujourd’hui encore sa richesse spirituelle et liturgique, l’exceptionnelle pédagogie de la foi qu’elle représente et le ferment missionnaire qu’elle porte.

Est-il besoin de rappeler, comme le disait avec émotion le cardinal Cañizares l’an passé, qu’en ces temps de disette extrême des vocations dans le monde occidental, elle attire un nombre conséquent de jeunes vers le sacerdoce et la vie religieuse, en France notamment.

Sans parler du fait qu’elle déteint sur, ou pour mieux dire qu’elle inspire, ou mieux encore qu’elle enrichit, toute une portion très vivante et florissante du catholicisme dans nos pays, non seulement du point de vue liturgique, mais aussi avec tout ce qui suit naturellement cette forme liturgique dans la prédication, l’enseignement dans les séminaires selon une tradition thomiste vigoureuse et vivante, la formation bien charpentée des clercs, la catéchèse des enfants, la structuration doctrinale et spirituelle des mouvements de jeunesse.

Cette nébuleuse – on a parlé de forces vives du catholicisme – est l’une des composantes ou l’un des aspects d’un mouvement de fond qui va continuer à se manifester de manière d’autant plus assurée qu’il épouse, en ces temps de crise radicale, le sens de la foi du peuple chrétien.
Il est clair que, pas davantage que le Pèlerinage à Chartres, le Pèlerinage à Rome n’est une « manifestation ». L’un et l’autre sont des actes de piété, des moments de prières, d’imploration. Mais dans une Église visible, ils représentent des actes, certes modestes, mais bien visibles. La visibilité de la messe traditionnelle, toujours jeune et vivante, à Rome même, auprès de Pierre, aujourd’hui, est d’une importance capitale.

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par Suliko » sam. 14 déc. 2013, 16:52

Bonjour,

J'ai l'impression qu'il y a un grand malentendu entre les partisans de la FERM et la plupart du clergé et des fidèles. Les premiers considèrent que la FERM est plus propice à la sanctification et espèrent que cette messe prendra plus d'importance, la voyant comme un moyen de revenir à un catholicisme traditionnel et orthodoxe. Le clergé semble en majorité voir les choses autrement: les partisans de la FERM sont des nostaliques des formes traditionnelles du catholicisme et leur permettre d'assister à la FERM est une concession faite pour répondre à leur sensibilité, sans plus. Ils ne voient pas (ou ne veulent pas voir?) que l'attachement à la FERM reflète généralement plus que la simple manifestation d'une sensibilité liturgique subjective...

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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par AdoramusTe » sam. 14 déc. 2013, 17:43

Bonjour Suliko,
Suliko a écrit : J'ai l'impression qu'il y a un grand malentendu entre les partisans de la FERM et la plupart du clergé et des fidèles. Les premiers considèrent que la FERM est plus propice à la sanctification et espèrent que cette messe prendra plus d'importance, la voyant comme un moyen de revenir à un catholicisme traditionnel et orthodoxe.
Je me permets d'ajouter que l'attachement à la FERM est plus que l'attachement au latin, au grégorien et même l'orientation du prêtre. C'est le rite dans sa totalité : le missel et la doctrine qui est héritée des Pères et qui a traversé l'histoire de l'Eglise, tout le rituel du prêtre, le lectionnaire, le temporal, etc. C'est tout un bloc qu'on ne peut pas défaire.
Ainsi, tous ceux qui ont essayé d'attirer ces personnes en leur offrant du Paul VI en latin et grégorien ont tous échoué, c'est une tromperie.

C'est aussi une liturgie plus verticale, plus silencieuse, plus contemplative, qui s'adresse à l'homme d'aujourd'hui, comme celui d'hier. C'est pourquoi elle peut jouer un grand rôle dans la nouvelle évangélisation.
Le clergé semble en majorité voir les choses autrement: les partisans de la FERM sont des nostaliques des formes traditionnelles du catholicisme et leur permettre d'assister à la FERM est une concession faite pour répondre à leur sensibilité, sans plus. Ils ne voient pas (ou ne veulent pas voir?) que l'attachement à la FERM reflète généralement plus que la simple manifestation d'une sensibilité liturgique subjective...
C'est parce que l'idéologie des «sensibilités» s'est introduite dans l'Eglise, ce qui est ni plus ni moins que la manifestation de la société de consommation qui pourrit l'Eglise.
Ainsi vont les messes des jeunes, des familles, des enfants du caté, des portuguais, des espagnols, des haïtiens, messes grégoriennes, etc.
Les gens ne voient plus les choses que sous l'angle de la sensibilité. La FERM n'en serait qu'une parmi d'autres.

Or la FERM, c'est la messe de tout le monde sans sensibilité, quels que soient les âges, quelle que soit la langue natale.

L'argument de la nostalgie est toujours aussi malhonnête : la plupart ne peuvent pas être nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont jamais connu.
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par PaxetBonum » sam. 14 déc. 2013, 18:02

AdoramusTe a écrit : Ainsi, tous ceux qui ont essayé d'attirer ces personnes en leur offrant du Paul VI en latin et grégorien ont tous échoué, c'est une tromperie.
Je ne pense pas que se soit systématiquement une tromperie.
Certaines (rares) célébrations de la forme ordinaire en latin auxquelles j'ai assisté n'avaient que bien peu de différence avec la forme extraordinaire, juste une variante de lectures et une mise à jour du sanctoral.
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par AdoramusTe » sam. 14 déc. 2013, 18:05

PaxetBonum a écrit :
AdoramusTe a écrit : Ainsi, tous ceux qui ont essayé d'attirer ces personnes en leur offrant du Paul VI en latin et grégorien ont tous échoué, c'est une tromperie.
Je ne pense pas que se soit systématiquement une tromperie.
Je voulais dire que dans certains cas, le but était de ne pas appliquer le motu proprio en donnat autre chose à la place.
Certaines (rares) célébrations de la forme ordinaire en latin auxquelles j'ai assisté n'avaient que bien peu de différence avec la forme extraordinaire, juste une variante de lectures et une mise à jour du sanctoral.
Pourtant, il y a énormément de différences. Entre les prières au bas de l'autel, la position du prêtre à l'autel, etc.
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par Toto » sam. 14 déc. 2013, 21:00

Pour assister de temps à autre à des messes grégoriennes Paul VI en latin, je confirme qu'il y a un manque par rapport aux messes tridentines.

jean_droit
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Re: Mise en oeuvre de Summorum Pontificum

Message non lu par jean_droit » jeu. 19 déc. 2013, 12:27

Du site Paix Liturgique :

Commentaire personnel :
Malgré les problèmes connus on voit que la messe Saint Pie V se porte bien à Paris.
Et ailleurs, sans doute.
C'est une bonne chose à mes yeux car le monde traditionaliste est un facteur positif dans la vie de l'Eglise de France.
Au même titre que toutes ces communautés et courants de toutes sensibilités qui font avancer l'Eglise de France.
Pour ma part j'aimerais que la célébration des messes Saint Pie V soit planifié au niveau des diocèses. Par exemple une messe dominicale dans chaque doyenné.
À PARIS, LA FORME EXTRAORDINAIRE RASSEMBLE

En 2013, trois événements parisiens ont manifesté, de diverses manières, la beauté, la dignité et l’éternelle jeunesse de la forme extraordinaire du rite romain. Ces trois événements sont l’occasion de faire un point sur la situation de l’application du Motu Proprio Summorum Pontificum dans la capitale.

I – DE SAINT-EUGÈNE À SAINT-SULPICE

Les trois événements qui ont marqué la vie liturgique traditionnelle en 2013 à Paris – exception faite de la reprise, en mars dernier, de la chapelle Notre-Dame de Consolation par la Fraternité Saint-Pie X (voir notre lettre 378) – sont le pèlerinage de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Notre-Dame, le 29 mai, dont nous avons rendu compte dans notre lettre 392 ; la célébration de la fête du Christ-Roi, le 27 octobre, en l’église Saint-François-Xavier ; et, le 16 novembre, la splendide messe des 25 ans de la Fraternité Saint-Pierre, célébrée au maître-autel de l’église Saint-Sulpice.

Ce qu’a démontré le pèlerinage de la paroisse Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Notre-Dame, c’est la vitalité pérenne d’une paroisse Summorum Pontificum avant l’heure. En effet, les deux formes liturgiques romaines ont appris à cohabiter en l’église Saint-Eugène bien avant la promulgation du Motu Proprio de Benoît XVI et, de fait, Saint-Eugène-Sainte-Cécile est l’une des rares paroisses parisiennes où les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle se voient offrir une vraie vie paroissiale. C’est aussi l’une des paroisses de la capitale les plus fécondes, et même la plus féconde, en vocations sacerdotales.

La célébration de la fête du Christ-Roi en l’église Saint-François-Xavier par l’abbé de Tanoüarn, directeur du Centre Saint-Paul, est un parfait exemple d’enrichissement mutuel puisque la cérémonie s’inscrivait dans le cadre de l’initiative prise par l’association Écouter avec l’Église du Père Michel Viot (voir notre lettre 414) qui entendait célébrer la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ in utroque usu, soit le dernier dimanche d’octobre (selon le calendrier traditionnel) et à la veille de l’Avent (selon le calendrier moderne).

Enfin, la messe solennelle d’action de grâces pour les 25 ans de la Fraternité Saint-Pierre a démontré, si besoin était, que les fidèles attachés à la forme extraordinaire du rite romain n’ont pas de difficulté à remplir, de leur présence mais aussi de leurs prières et de leurs chants, l’une des plus grandes églises parisiennes. 1500 personnes ont en effet participé à cette cérémonie, le 16 novembre dernier en l'église Saint-Sulpice.

II – LES RÉFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE

1) Alors que le développement de la forme extraordinaire est bloqué à Paris comme nous avons souvent eu l’occasion de l’écrire (voir nos lettres 208, 220 et 342 notamment) et que la Fraternité Saint-Pie X s’y porte bien, les fidèles répondent présents à chaque fois qu’un événement extraordinaire est proposé. En 2011, dans notre lettre 290, nous faisions le décompte suivant : 1000 à 1200 personnes assistaient aux messes dominicales officiellement autorisées (Saint-Germain-l'Auxerrois, Saint-Eugène, Notre-Dame-du-Travail, Notre-Dame-du-Lys, Sainte-Jeanne de Chantal, Sainte-Odile) ; 450 personnes dans les chapelles privées (Centre Saint-Paul, Notre-Dame-de-la Purification) ; 4000 personnes environ dans les lieux de culte de la FSSPX. Soit près de 6000 fidèles hebdomadaires, représentant environ 5 % des pratiquants parisiens. Ce qui ne répond pas à toute la demande, du moins pas à la demande interne aux paroisses. Le sondage réalisé par Harris Interactive pour le compte de Paix liturgique fin janvier 2010 faisait apparaître que 70,5 % des pratiquants hebdomadaires assisteraient au moins de temps en temps à la forme extraordinaire du rite romain si celle-ci leur était proposée dans leur paroisse. Un pratiquant parisien hebdomadaire sur quatre (24 %) se déclarait même prêt à choisir la forme extraordinaire si celle-ci était célébrée dans SA paroisse.

À Paris comme ailleurs, la liturgie traditionnelle n’est donc pas une affaire de marginaux, ni le ‘‘hobby’’ d’une élite, mais l’aliment désiré par de nombreux catholiques ordinaires, et ordinairement silencieux, pour nourrir leur foi et leur prière.

2) Les trois cérémonies extraordinaires que nous recensons aujourd’hui se sont fort bien déroulées. Il est important de le remarquer car certains esprits peu charitables continuent encore de prêter aux « nostalgiques de la messe tridentine » les pires intentions et les pires comportements. Or les faits disent le contraire. Le peuple Summorum Pontificum est un peuple qui ne demande qu’à prier et à fortifier sa foi selon la lex orandi héritée des siècles qui ont fait de la France la fille aînée de l’Église. Et les pasteurs célébrant cette liturgie ont un sens aigu de l’unité de l’Église.

De fait, à Saint-François-Xavier, comme à Saint-Sulpice et à Notre-Dame, les curés ont accueilli volontiers les messes célébrées par des prêtres issus de communautés Ecclesia Dei. Celle de Saint-Sulpice a même été chantée en présence du nouveau Chancelier du diocèse de Paris. Bref, les curés de Paris ont compris qu’ouvrir les portes des églises diocésaines à la messe traditionnelle n’est pas « courir un risque », mais l’un de ces gestes simples qui témoignent de la fraternité chrétienne, concourent à la réconciliation durable entre catholiques et peuvent servir de levain à la nouvelle évangélisation.

3) On pourrait souhaiter plus. Deux des protagonistes de ces célébrations extraordinaires – le Centre Saint-Paul de l’abbé de Tanoüarn, qui rassemble près de 400 fidèles chaque dimanche au cœur du Sentier, et la Fraternité Saint-Pierre – ne devraient-ils pas bénéficier d’un lieu de culte officiel à Paris, comme depuis peu la Communauté Saint-Martin ?

La grâce qui leur a été faite de pouvoir honorer, louer et adorer publiquement le Bon Dieu dans de belles églises parisiennes comme Saint-François-Xavier et Saint-Sulpice, et dans la forme liturgique extraordinaire, sera-t-elle annonciatrice d’une insertion dans l’offre pastorale et liturgique diocésaine ?

4) Outre Saint-Eugène-Sainte-Cécile, les seules églises paroissiales parisiennes où la forme extraordinaire du rite romain a droit de cité dominical et hebdomadaire, c’est-à-dire dans l’esprit du Motu Proprio Summorum Pontificum, sont les paroisses Sainte-Odile, Saint-Germain-l’Auxerrois, Notre-Dame-du-Travail et Sainte-Jeanne-de-Chantal. Ce n’est pas beaucoup et il faudrait peu de choses pour que la situation évolue favorablement.

Prenons le cas de Saint-François-Xavier où existe depuis des années une messe Paul VI grégorienne (c'est-à-dire où sont chantés les Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus) le dimanche à 9 heures. Cette messe rassemble plus d’une centaine de fidèles qui, pour la plupart, si ce n'est la quasi totalité, préféreraient assister purement et simplement à la messe traditionnelle. En outre, dans cette église ont lieu depuis 2009 les « messes du mercredi », aujourd'hui célébrées par l’abbé Le Coq de la Fraternité Saint-Pierre, qui rassemblent depuis une vingtaine d’années les jeunes parisiens attachés à la liturgie traditionnelle.

Eh bien, en faisant passer la messe du dimanche à 9 heures de la forme ordinaire en grégorien à la forme extraordinaire, Monseigneur Chauvet, curé de Saint-François-Xavier, ne poserait aucun problème à la vie de sa paroisse mais changerait grandement la vie de nombreux Parisiens qui se verraient offrir une messe dominicale en plus, dans une église facilement accessible. Il offrirait du même coup à la Fraternité Saint-Pierre – c'est simple, l'abbé Le Coq est là tous les mercredis – les bases pour un véritable apostolat parisien.

5) Souvent critiqués pour notre dureté de jugement à l’encontre des évêques de la région parisienne, nous voyons dans ces trois cérémonies que nous avons relevées avec grande satisfaction, des signes très encourageants. Nous n'oublions pas pour autant le sort de tant de fidèles, notamment ceux des derniers quartiers populaires parisiens, qui demeurent privés de la forme extraordinaire et sont cantonnés aux périphéries de l’archidiocèse (nous pensons en particulier aux paroissiens de Saint-Georges-de-la-Villette).

Au vu du succès tranquille des messes à Notre-Dame, Saint-François-Xavier et Saint-Sulpice, et de la demande latente qui existe dans la capitale, nous n'avons qu'une interrogation : ce Paris ne vaut-il pas une messe extraordinaire (ou deux) de plus ?

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