Réaction des évêques au Motu Proprio

jean_droit
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Réaction des évêques au Motu Proprio

Message non lupar jean_droit » sam. 15 mars 2008, 6:41

Summorum Pontificum
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À la dernière assemblée plénière de la CECC, en octobre dernier, les évêques du Secteur français de la Conférence ont souhaité quelques éclaircissements et précisions concernant l’application du motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI, publié le 7 juillet 2007 et entré en vigueur le 14 septembre dernier.

Commission épiscopale de liturgie et des sacrements

a) Désormais, en vertu du motu proprio Summorum Pontificum, dans l’Église catholique de rite latin, deux formes de liturgie sont autorisées : soit la « forme ordinaire » (Missel romain promulgué par le pape Paul VI en 1970, en attendant la parution de la traduction française de la Tertia Typica de 2002), soit la « forme extraordinaire » (selon le Missale Romanum de 1962). Il y a donc deux formes du même rite latin.

b) Pour les célébrations sans la présence de fidèles, les prêtres peuvent utiliser l’un ou l’autre missel sans autorisation préalable de l’évêque, sauf durant le triduum pascal où la forme extraordinaire n’est pas autorisée.

c) Au niveau des communautés paroissiales habituelles, avec la participation du peuple chrétien, la faculté de célébrer la messe dans sa forme extraordinaire repose sur le principe de l’harmonie entre, d’une part, l’intérêt et le bien pastoral des fidèles qui la requièrent et, d’autre part, la pastorale ordinaire de la paroisse sous la responsabilité des pasteurs qui agissent en étroite collaboration avec leur évêque.

d) À l’intérieur d’une paroisse ou d’une unité pastorale, des groupes de laïques (cf. SP, article 7) peuvent requérir l’autorisation auprès de leur curé (selon SP, article 5, § 1). Si ces groupes touchent diverses paroisses, la requête serait à adresser à l’évêque, lequel peut désigner un répondant pour ces questions. On s’efforcera évidemment de considérer l’impact d’une telle situation sur un plan régional, dans un esprit d’entente avec les pasteurs des communautés touchées.

Une évaluation sommaire de la situation en notre pays révèle que, au moins dans les diocèses francophones, il n’y a eu que très peu de demandes pour la célébration en langue latine selon le Missel romain promulgué par le pape Pie V et réédité sous le pontificat de Jean XXIII en 1962. Les rares demandes plus formelles se concentrent dans les plus grands diocèses, en milieu urbain, comme Montréal, Québec ou Toronto.

La Commission épiscopale de liturgie et des sacrements (CELS) souhaite toujours être informée de la nature des demandes qui sont adressées aux évêques à ce sujet pour que nous puissions, en temps opportun, informer le Saint-Siège de la situation en notre pays.
Globalement, la CELS, selon les éléments recueillis au Secteur français, ne croit pas nécessaire de fixer des orientations supplémentaires relatives à l’application du motu proprio. Elle s’en tient ici à quelques rappels et propose brièvement quelques éléments utiles pour le discernement des évêques quand il s’agira de répondre à certaines demandes éventuelles qui pourraient leur être adressées.

1 Quelques rappels sommaires

a) Il importe, nous semble-t-il, de toujours garder à l’esprit le bilan positif de la réforme liturgique conciliaire et postconciliaire. Dans cet esprit, les groupes qui demandent la forme extraordinaire ne doivent pas, en principe, justifier leur demande par rejet des orientations du Concile ou exclure la célébration selon les nouveaux livres liturgiques.
Une loyauté fondamentale dans la réception de l’entière liturgie de l’Église et à l’égard du Concile est donc normalement requise de la part des groupes concernés.

b) On se souviendra de certains critères mis de l’avant par le motu proprio lui-même :
i) Il faut examiner si les demandeurs et les prêtres eux-mêmes ont la formation liturgique et une « certaine familiarité » avec la forme extraordinaire du rite latin de même qu’une bonne connaissance de la langue latine que le pape Benoît XVI lui-même juge nécessaires pour une célébration fructueuse selon la forme extraordinaire.
ii) Quant aux demandeurs, il doit s’agir d’un groupe permanent et durable. Au sujet de la taille des groupes, le motu proprio ne donne pas de prescription formelle. En d’autres épiscopats du monde, on fait valoir le nombre minimum d’au moins 25 personnes comme chiffre de référence, ce qui peut représenter un groupe significatif.

c) L’autorisation doit être donnée en tenant d’abord compte du bien pastoral des fidèles qui sont conviés à la messe dominicale. Pour préserver ce principe, dans une paroisse autorisée, le dimanche ou les jours de fête, on peut envisager une messe en la forme extraordinaire, sans toutefois qu’elle prenne la place de la messe dans sa forme ordinaire. Le dimanche, il ne peut y avoir qu’une seule célébration sous cette forme extraordinaire au même endroit. Il convient alors que les messes selon la forme extraordinaire soient
annoncées publiquement comme telles.

d) S’il faut considérer sérieusement les demandes qui peuvent nous être adressées, il est bon de se rappeler qu’aucun prêtre ne peut être tenu de célébrer lui-même selon le rite extraordinaire. Dans les pays où la situation se présente avec plus d’acuité, certains épiscopats exigent que des prêtres des diocèses soient désignés et autorisés pour ces célébrations publiques selon le rite extraordinaire. Ce qui évite de s’en remettre à quelques prêtres qui ont des idées trop personnelles ou des visions particulières.

e) Dans les diocèses à forte densité humaine, dans les grands centres urbains par exemple, un ou deux lieux et une équipe de quelques prêtres du diocèse peuvent être désignés pour rendre ce service pastoral à un groupe significatif de fidèles. C’est une
façon de garantir l’intégration du groupe concerné dans l’Église diocésaine.

2 Quelques éléments de discernement
J’espère que cette note saura servir aux prêtres et aux évêques à qui de telles demandes peuvent être adressées. En terminant, je réitère que la CELS apprécierait être mise au courant de la teneur des demandes adressées aux évêques et des autorisations accordées.

En la fête de la Présentation du Seigneur,

† Dorylas Moreau
le 2 février 2008 Évêque de Rouyn-Noranda
Président de la Commission épiscopale de liturgie et des sacrements
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Arzur
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Re: Réaction des évêques au Motu Proprio

Message non lupar Arzur » lun. 17 mars 2008, 17:31

Mgr Dorylas Moreau a écrit :Ce qui évite de s’en remettre à quelques prêtres qui ont des idées trop personnelles ou des visions particulières.
Même si cela n'est entièrement faux, je trouve quand même que la formulation est humiliante pour les nombreuses associations de prêtres traditionalistes, comme la FSSP, l'Institut du Christ Roi, l'IBP, etc.

En quoi les prêtres diocésains sont ils supérieurs aux prêtres des communautés traditionalistes ?


J'avoue avoir été mal à l'aise avec ce texte de Mgr Dorylas Moreau au nom de Conférence des évêques du Canada ... Ce texte ne me semble pas dans " l'esprit " du Motu proprio Summorum Pontificum.


In Christo Rege
+ Arzur




Ps : Si des personnes non habituées à ce forum lisent ce message, je précise que je n'ai rien contre les prêtres diocésains ! Au contraire, je suis en discernement vers la prêtrise (forme ordinaire principalement) pour mon diocèse, donc si Dieu et Son Église le désire, prêtre diocésain ! Pour la Gloire de Dieu et le salut du monde.
Ar brezoneg hag ar feiz a zo breur ha c'hoar e Breiz !
La langue Bretonne et la foi sont frère et soeur en Bretagne !

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Re: Réaction des évêques au Motu Proprio

Message non lupar Isabella » mer. 05 août 2015, 22:16

Bonjour Arzur,

Excellente remarque ! Les chanoines ICRSP, par exemple, me semblent tenir la mer !
Etes-vous déjà prêtre ? Si oui, officiez-vous à St Patern à Vannes en latin ?
Que Dieu et santez Anna vous bénissent !


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