Page 6 sur 6

Re: La réforme de la Semaine Sainte (1955)

Publié : mer. 19 avr. 2017, 21:45
par AdoramusTe
Formes canoniques ou pas, cela ne change rien au fait que pour Paul VI, la nouvelle messe avait pour but de remplacer totalement l'ancienne.
Mais si Benoit XVI s'est servi de cette faille, pourquoi ne pas y voir la marque de l'Esprit ? Ce n'est qu'une petite graine de sénevé mais qui peut devenir le plus grand des arbres.
Le motu proprio est arrivé contre toute espérance.
Est-il normal qu'un catholique ne puisse plus vivre correctement sa foi dans la grande majorité des paroisses et qu'il soit obligé d'aller chez les traditionalistes ou dans certains communautés nouvelles pour recevoir un enseignement un minimum orthodoxe et des sacrements conférés dignement ? Je ne le pense pas et à vrai dire, je ne peux tout simplement pas croire que c'est l'Eglise qui égare les fidèles. Ces réformateurs qui ne transmettent plus clairement les vérités de foi et de morale ne peuvent pas être d'Eglise, ou alors les mots n'ont plus aucun sens.
C'est que l'Eglise a embrassé l'esprit du monde depuis les années 1960, tout simplement. Il n'y a qu'à voir l'excès d'optimisme qui y régnait.
En ce qui concerne les réformes liturgiques, les textes du concile en font état : c'est l'esprit du changement, il faut tout changer, réformer tous les rituels sans réelle justification.

Re: La réforme de la Semaine Sainte (1955)

Publié : mer. 19 avr. 2017, 23:49
par Pierre Carhaix


C'est une étude faite par une commission dans les années 1980 qui a déterminé que les formes canoniques d'une abrogation n'ont pas été employées, indépendamment de toute déclaration de Paul VI.
Formes canoniques ou pas, cela ne change rien au fait que pour Paul VI, la nouvelle messe avait pour but de remplacer totalement l'ancienne. Pour moi, cela suffit entièrement à décrédibiliser totalement l'autorité de l'Eglise conciliaire (j'utilise cette expression que tout le monde comprend pour faire simple et ne pas tourner autour du pot). A présent, le mal est fait et on ne peut qu'au mieux espérer recoller maladroitement les morceaux, rien de plus...
D'ailleurs, dire que les formes canoniques n'ont pas été respectées me semble être un peu comme prétendre que l'esprit du concile est infidèle à ce dernier ou encore que le concile n'est pas infaillible : c'est un très bel argument théorique, mais dans les faits, dans la réalité des paroisses ordinaires de France et d'ailleurs, ce que vivent les fidèles, c'est la nouvelle messe et les réformes conciliaires telles qu'elles sont comprises et appliquées depuis des décennies... Prétendre que l'esprit du concile est trahi ne fait que reporter la question, car c'est admettre que les papes et les évêques ont été incapables, pendant des décennies, de mettre en oeuvre correctement le concile et qu'ils en sont actuellement tout aussi incapables. Cela ne me convainc évidemment pas. Est-il normal qu'un catholique ne puisse plus vivre correctement sa foi dans la grande majorité des paroisses et qu'il soit obligé d'aller chez les traditionalistes ou dans certains communautés nouvelles pour recevoir un enseignement un minimum orthodoxe et des sacrements conférés dignement ? Je ne le pense pas et à vrai dire, je ne peux tout simplement pas croire que c'est l'Eglise qui égare les fidèles. Ces réformateurs qui ne transmettent plus clairement les vérités de foi et de morale ne peuvent pas être d'Eglise, ou alors les mots n'ont plus aucun sens.
Votre réaction, que je ne partage pas, car je veux continuer de croire dans l'Église, montre néanmoins une chose assez simple à comprendre : les réformes des années soixante, ont au moins apporté la Division dans l'Église. Ont elles apporté quelque chose de bon, je n'en sais rien. Mais il y a au moins une chose certaine qu'elles ont apporté : une Division profonde, durable et irréconciliable dans l'Église. Et je suis sûr que par la même occasion, elle a aussi perdu la majorité du troupeau.

Maintenant, Suliko, je vous pose cette question : où est l'Église ? Quel est son Pasteur ? D'après la promesse du Christ, elle est censée durer jusqu'à la fin des temps. C'est pourquoi je ne vous rejoins pas. L'erreur est entrée, certes. Mais dans l'ensemble les prêtres, les curés, sont demeurés dans l'orthodoxie. Ce n'est pas évident de le découvrir, car ils ont pris l'habitude de pratiquer l'enfouissement, ordonné par l'esprit du concile, mais quand on discute avec eux, ils sont parfaitement orthodoxes pour la plupart.

Je pense simplement que l'Église est malade, comme elle l'a déjà été plusieurs fois au cours de son histoire.

Re: La réforme de la Semaine Sainte (1955)

Publié : jeu. 20 avr. 2017, 11:55
par Suliko
Mais dans l'ensemble les prêtres, les curés, sont demeurés dans l'orthodoxie. Ce n'est pas évident de le découvrir, car ils ont pris l'habitude de pratiquer l'enfouissement, ordonné par l'esprit du concile, mais quand on discute avec eux, ils sont parfaitement orthodoxes pour la plupart.
Le moins que je puisse dire, c'est que je ne partage hélas pas votre constat. Croyez-vous vraiment que l'on puisse vivre pendant des années, voire des décennies, en mettant la foi sous le boisseau sans finir par penser de la même manière que l'on vit ? Je ne le pense pas.