Communion dans la bouche ou dans la main?

Jb
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Communier sur la langue

Message non lu par Jb » mar. 29 août 2006, 21:19

faut il revenir a la communion sur la langue?
et pour ceux qui ne l ont jamais quitté?

sinon reponse oui!
oui aussi pour communier a genoux
oui aussi pour redonner le sens du sacré a ce que nous faisons. mais faisons le intelligemment, si les choses ont disparues ou ont été supprimées c est qu il n y avait plus le sens alors expliquons pourquoi nous faisons ces choses l!

au passage la communion sur la langue et la coupelle tenue par un enfant de choeur n ont jamais été supprimées, relisez le redemptionis sacramentum et vous verrez!

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Message non lu par Théophane » mer. 30 août 2006, 0:11

En ce qui me concerne j'ai été habitué dès mon enfance à la communion dans la main. Si cette pratique est légitime il n'y a pas de raison de la rejeter. Mais il est vrai que la communion sur la langue est sans doute plus respectueuse du Corps du Christ. Quoi qu'il en soit je pense que c'est au Saint-Siège de dire ce qu'il faut faire et ne pas faire.
« Être contemplatifs au milieu du monde, en quoi cela consiste-t-il, pour nous ? La réponse tient en quelques mots : c’est voir Dieu en toute chose, avec la lumière de la foi, sous l’élan de l’amour, et avec la ferme espérance de le contempler face à face au Ciel. »
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Message non lu par Boris » mer. 30 août 2006, 7:44

La manière normale de communier est ... "sur la langue" !

Vatican II n'a rien changé à cela.

Suite à des dérives inspirées de protestantismes, Rome a accepté de donner un indult (vous savez : comme pour le missel de 1962) pour la communion dans la main.
Cette dernière manière de faire n'a rien de traditionnel : elle fut interdite dès le moyen age !

on cite souvent St Cyril de Jérusalem pour la défendre, mais les historiens sérieux pensent que le manifeste en question est un faux, en fait il n'est pas de St Cyril.

Aux Philippines l'indult n'est pas appliqué : il est donc impossible de communier dans la main !

Regardez un Dimanche la façon de communier de ceux qui prennent le Corps du Christ dans la Main : entre ceux qui le font comme s'il s'agissait d'un vulgaire morceau de pain, et ceux qui font 5 pas pour s'autocommunier, on prend qu'il s'agisse d'un indult qui sera tôt ou tard retiré.
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Message non lu par François-Xavier » mer. 30 août 2006, 9:46

C'est au Saint Siège de dire ce qu'il faut faire :
Là encore, une position nuancée et intelligente dont il ne faut pas grossir les traits.

1- la façon normale (normée !) de communier, c'est dans la bouche.
2- il est possible, dans certains diocèses, sur autorisation de l'évêque en vertu d'un indult du Saint Siège, de pratiquer la communion dans la main qui n'est nullement obligatoire.

Certains diocèses ou régions n'autorisent pas la communion dans la main (Cf. la Pologne). Certains diocèses ou régions l'ont d'abord autorisée puis sont revenus sur cette autorisation (cf. les Philippines), et c'est maintenant interdit.

Il ne s'agit pas de "revenir" à la communion dans la bouche, puisque ça n'a jamais été interdit, et c'est la façon normale de faire.
La vraie question, c'est : Faut il encourager la communion dans la main ?
Ma réponse, c'est la même que le Saint Siège, et elle est simple : non.

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Message non lu par Théophane » mer. 30 août 2006, 19:45

C'est facile de faire des discours. Mais observez-vous les différentes situations qui se présentent dans les paroisses ? Il va de soi que la communion sur la langue est ce qu'il y a de plus respectueux. Cependant, quand par exemple on est comme moi à l'orgue et qu'on ne peut communier qu'après la Messe on n'a parfois pas le choix que de se donner soi-même la communion (à la rigueur je demande à quelqu'un de me donner le Corps du Christ). Il faut donc aussi voir le côté pratique.
Ceci dit je suis bien entendu partisan de la Tradition. C'est comme les filles qui servent la Messe, je trouve cela grossier et déplacé.
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Message non lu par François-Xavier » mer. 30 août 2006, 19:54

Si, si, ça existe, en France, et même dans une paroisse qui n'est pas traditionnaliste (au sens que le missel romain de 1962 n'est pas utilisé) : http://eglisestraphael.canalblog.com/

Il y a des photos, des films, tout. Preuve que les carottes ne sont pas cuites !!!!

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Message non lu par Jb » mer. 30 août 2006, 20:45

francois xavier> c est parce que c est la formidable communaute saint martin qui est a saint raphael! ceci explique cela!

teophane> vous ne l avez peut etre pas vu mais quand vous arrivez devant le pretre sans presenter les mains, il comprend! et alors si vous vous mettez a genoux!....

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Message non lu par Boris » jeu. 31 août 2006, 7:41

Présentation Générale du Missel Romain, 2002, a écrit : 43
(...)
Ils[les fidèles] s´agenouilleront pour la consécration, à moins que leur état de santé, l´exiguïté des lieux ou le grand nombre des assistants ou d´autres juste raisons ne s´y opposent. Ceux qui ne s'agenouillent pas pour la consécration feront une inclinaison profonde pendant que le prêtre fait la génuflexion après la consécration.

Toutefois , il appartient à la Conférence des évêques d´adapter les gestes et les attitudes décrits dans l' Ordinaire de la messe à la mentalité et aux justes traditions des peuples, selon la norme du droit. On veillera cependant à ce qu´ils correspondent au sens et au caractère des différentes parties de la célébration. Là où il est de coutume que le peuple demeure à genoux depuis la fin du Sanctus jusqu'à la fin de la prière eucharistique, il est louable de conserver cette coutume.
Promulgué par Jean-Paul II, le Jeudi Saint de l'Année 2002.

En France comme en Europe, la coutume est de s'agenouiller comme décrit dans la dernière phrase.
Je ne parle pas de ce qui se fait actuellement, mais de ce qui s'est toujours fait.

Une coutume n'a pas 30 ou 40 ans d'age maximum. Elle a plusieurs siècles.
UdP,
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Faut-il revenir à la communion sur la langue?

Message non lu par Buonavventura » jeu. 31 août 2006, 16:17

Bonjour à Tous,

Encore une fois, je me sens réellement noyé dans cette controverse...

Donc la façon la plus correcte de recevoir la communion est dans la bouche.

Pourquoi ? La bouche est pure alors que la main ne l'est pas ?

Pour ma part j'estime que ni l'une ni l'autre ne le sont puisque je suis un pauvre pécheur.

Je ne vois vraiment pas où est le problème que ce soit directement dans la bouche ou dans la main.

En plus il me semble que le Christ a bien dit "Prenez et mangez en tous" non ?

Avec quoi prenez vous donc les choses chez-vous ?

Il me semble que la seule offense au corps du Christ est de s'éloigner de sa Loi d'Amour quelle que soit la circonstance et ça demande plus d'effort que de se mettre à genoux...

Marc,II,27 : "Puis il leur dit : Le sabbat a été fait pour l'homme, et non l'homme pour le sabbat"

Fraternellement en Jésus Christ.

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Message non lu par Boris » jeu. 31 août 2006, 17:19

Le "prenez" du Christ est à prendre au sens passif. Tous les éxégètes peuvent vous le confirmer. Ne vous fiez pas à la traduction et à la lecture.
Le Christ dit d'ailleurs cette phrase aux apôtres (dont les successeurs sont les Evêques et non les laïcs) et non à d'autres.
Enfin il dit "prenez" et non "servez-vous".

La véritable raison est celle que le Christ donne au moment de sa livraison par Juda : "Ma vie, nul ne la prend, mais c'est moi qui la donne" cf. Jn 10,18

Ensuite, dans la grande tradition de l'Eglise, on voit que jamais personne sauf les prêtres n'ont communié en prenant l'hostie dans une main et en l'ammenant à la bouche.
Ce qui s'est fait était l'inverse : à genou à la table de communion, les fidéles présentaient les mains sous la nappe et le prêtre déposait le Corps du Christ là. Ensuite les fidèles se penchaient pour que leur bouche aille jusqu'au Très Saint Sacrement.

Le fait de communier avec la main tel que c'est de nos jour n'a rien ni d'authentique et encore moins de traditionnel.
De plus, cela s'approche plus de l'autocommunion que de la réception de la part du Christ qui représentait dans le prêtre ou le ministre (ordianire ou non) de la communion.

Mais la question ne se poserait pas si on avait respecté les normes d'une part, et si on enseignait la Liturgie d'autre part.
Dernière modification par Boris le jeu. 31 août 2006, 17:25, modifié 1 fois.
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Message non lu par Boris » jeu. 31 août 2006, 17:20

R.P. Paul J. McDonald a écrit :
On rapporte habituellement l'histoire de la communion dans la main de la façon suivante:

1) Depuis la Dernière Cène et au temps des apôtres, on distribuait naturellement la communion dans la main. Il en était également ainsi à l'époque des martyrs et cela s'est poursuivi durant l'âge d'or des Pères de la liturgie, après la paix de Constantin. On distribuait la communion aux fidèles de la façon dont on le fait maintenant (dans les secteurs plus ouverts et plus à la page de l'Église). Cette pratique s'est maintenue au moins jusqu'au dixième siècle. Telle fut donc la norme durant la moitié au moins de la vie de l'Église. On en trouve une preuve merveilleuse dans le texte de saint Cyrille de Jérusalem (313-386), dans lequel il conseille aux fidèles de former un trône de leurs mains pour y recevoir le Roi [dans la sainte Communion]. Ce Père de l'Église conseille également de prendre bien soin de tout fragment qui pourrait rester dans la main, car de même qu'on ne laisserait pas tomber sur le sol de la poussière d'or, il faut y veiller plus soigneusement encore lorsqu'il s'agit du Corps du Seigneur. On pense généralement que le changement dans la manière de recevoir le pain consacré est survenu de la façon suivante: Au cours du Moyen Âge, sont apparues certaines distorsions dans la foi et dans l'approche de la foi qui se sont graduellement développées. Celles-ci incluaient une peur exagérée de Dieu et une préoccupation subséquente en ce qui concerne le péché, le jugement et le châtiment; une trop grande importance accordée à la divinité du Christ qui consistait virtuellement à nier, ou tout au moins à minimiser Son humanité sacrée; une exagération du rôle du prêtre dans la liturgie sacrée; et une perte du sens de la communauté qui constitue, en fait, ce qu'est l'Église. En particulier, en raison d'une importance excessive accordée à l'adoration du Christ dans la sainte Eucharistie et à une approche trop stricte en ce qui concerne les questions morales, la sainte communion était devenue de plus en plus rare. On considérait qu'il était suffisant de contempler l'hostie consacrée au moment de l'élévation. (En fait, cette pratique décadente de "l'élévation" [c'est ainsi que le courant de pensée dominant actuel continue d'interpréter cette époque] et la pratique également malsaine de l'exposition et de la bénédiction du Saint Sacrement ont pris naissance au cours de cette malheureuse période du Moyen-Âge qui a donné lieu à des pratiques liturgiques dont nous ferions bien de nous débarrasser). C'est dans cette atmosphère et en raison de ces circonstances qu'on a commencé à restreindre la pratique de la communion dans la main. La pratique du prêtre qui dépose l'hostie consacrée directement dans la bouche du communiant s'est développée et, cela est triste à dire, a été imposée.
La conclusion est assez claire: nous devrions nous débarrasser de cette coutume qui trouve ses racines dans un âge d'ignorance. Nous devrions interdire, ou à tout le moins décourager cette pratique qui ne permet pas aux fidèles de "prendre et de manger" et revenir à la manière originale des Pères et des Apôtres de la communion dans la main.

2) Voilà une histoire "irrésistiblement convaincante". Mais elle n'est pas vraie. Le sacré Concile de Trente a déclaré que la coutume pour le prêtre qui célèbre la messe de se donner à lui-même la communion (de ses propres mains) et des laïcs de la recevoir du prêtre est une tradition apostolique. Un examen plus rigoureux des documents sur l'histoire de l'Église et des écrits des Pères ne justifie pas l'assertion selon laquelle la communion dans la main était une pratique universelle qui fut graduellement supplantée et finalement remplacée par la pratique de la communion sur la langue. Les faits semblent plutôt conduire à une conclusion différente. Déjà au Vè siècle, le Pape saint Léon le Grand (440-461) témoigne de cette pratique traditionnelle. Dans son commentaire sur le sixième chapitre de l'Évangile de Jean, il mentionne que la communion dans la bouche est d'un usage courant: On reçoit dans la bouche ce que l'on croit par la foi [2]. Le Pape ne parle pas comme s'il introduisait une nouveauté, mais comme s'il s'agissait d'un fait bien établi. Un siècle et demi plus tard, mais toujours trois siècles avant que la pratique (selon ce que nous lisons plus haut) ait été prétendument introduite, le Pape Grégoire le Grand (590-604) en est lui aussi le témoin. Dans ses dialogues (Romain 3, c. 3) il rapporte que le Pape saint Agapet accomplit un miracle durant la messe après avoir placé le Corps du Seigneur dans la bouche d'une personne. Jean le Diacre nous parle également de la manière dont ce Pape distribuait la sainte communion. Ces témoins remontent au cinquième et au sixième siècle. Comment peut-on raisonnablement affirmer que la communion dans la main était la pratique officielle qui s'est poursuivie jusqu'au dixième siècle ? Comment peut-on affirmer que la communion sur la langue est une invention médiévale ? Nous ne prétendons pas que jamais, en aucune circonstance, les fidèles n'ont reçu la communion dans la main. Mais dans quelles conditions cela se passait-il ? Il semble bien que très tôt le prêtre plaçait habituellement l'hostie consacrée dans la bouche du communiant. Cependant, à l'époque des persécutions, lorsque la présence des prêtres fut rendue difficile et que les fidèles emportaient chez eux le sacrement, ils se donnaient à eux-mêmes la communion, de leurs propres mains. Autrement dit, plutôt que d'être totalement privés du Pain de Vie, ils pouvaient le recevoir de leurs propres mains, faute de quoi ils auraient été privés de cette nécessaire nourriture spirituelle. Il en était de même pour les moines qui s'étaient retirés au désert où ils ne disposaient pas des services d'un prêtre et ne voulaient pas abandonner la pratique de la communion quotidienne. En résumé, il était permis de toucher l'hostie lorsque ne pas le faire signifiait se priver du sacrement. Mais lorsqu'un prêtre était présent, on ne recevait pas la communion dans la main. Saint Basile (330-379) dit clairement que recevoir la communion de ses propres mains n'est permis qu'en temps de persécution ou, comme dans le cas des moines au désert, lorsqu'il n'y a ni prêtre ni diacre pour la distribuer. Il n'est pas nécessaire de montrer que communier de sa propre main ne constitue par une faute grave en l'absence d'un prêtre ou d'un diacre (Lettre 93). Le texte laisse entendre que recevoir la communion dans la main en d'autres circonstances, hormis la persécution, représente une faute grave [3]. Le saint fonde son opinion sur la coutume des moines solitaires au désert, qui conservaient le saint sacrement dans leur demeure et qui, en l'absence du prêtre ou du diacre, se donnaient à eux-mêmes la communion. Dans son article intitulé "Communion" dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne, Leclerq déclare que la paix de Constantin mettait un terme à la pratique de la communion dans la main. Ceci réaffirme, en ce qui nous concerne, le raisonnement de saint Basile voulant que ce soit la persécution qui ait créé l'alternative entre recevoir la communion dans la main ou de ne pas la recevoir du tout. Lorsque les persécutions eurent cessé, il est évident que la pratique de la communion dans la main a persisté ici et là. Cela était considéré par les autorités de l'Église comme un abus dont il fallait se débarrasser, puisqu'on l'estimait contraire à la coutume des Apôtres. C'est ainsi que le Concile de Rouen, qui s'est réuni en 650, déclare : Ne mettez pas l'Eucharistie dans les mains d'un laïc ou d'une laïque, mais seulement dans leur bouche. Le Concile de Constantinople, connu sous le nom de concile in Trullo interdisait aux fidèles de se donner à eux-mêmes la communion (ce qui est évidemment le cas lorsque la particule consacrée est placée dans la main des communiants). Il décrétait une excommunication d'une semaine pour ceux qui feraient cela en présence d'un évêque, d'un prêtre ou d'un diacre.

3) Que penser de saint Cyrille ? Évidemment, les promoteurs de la "communion dans la main" font généralement très peu mention des faits que nous venons de présenter. Ils font cependant grand usage du texte attribué à saint Cyrille de Jérusalem, contemporain de saint Basile au quatrième siècle. Henri Leclerq résume les faits comme suit: "Saint Cyrille de Jérusalem recommandait aux fidèles qu'en se présentant pour recevoir la communion, ils devraient avoir la main droite tendue, les doigts joints, soutenus par la main gauche, la paume légèrement concave; et au moment où le Corps du Christ serait déposé dans sa main, le communiant dirait: Amen." Le texte ne s'arrête toutefois pas là. Il poursuit en proposant ce qui suit: "Sanctifiez votre oil par le contact avec le Corps Sacré (...) Alors que vos lèvres sont encore humides, touchez vos lèvres et passez votre main sur vos yeux, votre front et vos autres sens pour les sanctifier." Cette recommandation plutôt bizarre (ou même superstitieuse ? Irrévérencieuse ? ) à amené les savants à s'interroger sur l'authenticité de ce texte. Certains pensent qu'il y a eu interpolation, ou que c'est en réalité le successeur du saint qui en est l'auteur. Il n'est pas impossible que ce texte soit réellement l'oeuvre du Patriarche Jean qui a succédé à saint Cyrille de Jérusalem. Mais l'orthodoxie de ce Jean était suspecte. Nous le savons grâce à la correspondance échangée entre saint Épiphane, saint Jérôme et saint Augustin. Nous avons donc à l'appui de la communion dans la main un texte dont l'origine est douteuse et le contenu discutable. D'un autre côté, nous avons des témoins digne de foi, y compris deux grands papes, montrant que la pratique de placer l'hostie consacrée dans la bouche du communiant était habituelle et ordinaire au moins depuis le cinquième siècle. Cléricalisme? N'est-ce pas une forme de cléricalisme de permettre au prêtre de toucher l'hostie consacrée et d'interdire aux laïcs de faire la même chose? Mais les prêtres n'étaient autorisés à toucher le saint sacrement que par nécessité. En fait, en dehors du célébrant lui-même, personne, pas même un prêtre, ne pouvait recevoir la communion de ses propres mains. Ainsi, dans la pratique liturgique traditionnelle du rite romain, si un prêtre assistait à la messe (sans la célébrer) et désirait recevoir la sainte communion, il ne le faisait pas de ses propres mains: un autre prêtre la lui donnait sur la langue. Ce qui serait également vrai pour un évêque. Ce qui est vrai pour le Pape lui-même. Lorsque le Pape saint Pie X, par exemple, était sur son lit de mort, en août 1914, et que la sainte communion lui fut apportée en viatique, il ne lui a pas été permis de la recevoir dans la main; il la reçut sur la langue en conformité avec la loi et la pratique de l'Église catholique. Ce qui confirme un point fondamental : en signe de révérence, l'hostie consacrée ne devrait pas être touchée sans nécessité. Il est évidemment nécessaire que quelqu'un distribue le Pain de Vie. Mais il n'est pas nécessaire que chaque homme, chaque femme et chaque enfant se fasse son "ministre eucharistique" en multipliant les manipulations et les dangers de laisser tomber l'hostie et de perdre des parcelles. Même les mains de ceux qui ont été spécialement consacrés pour toucher la très sainte Eucharistie, c'est-à-dire les prêtres, ne devraient le faire sans nécessité. [1] sess. 13, c. 8: En ce qui concerne la réception du sacrement, il a toujours été la coutume de l'église de Dieu que les laïcs devraient recevoir la communion des prêtres; mais que les prêtres, lorsqu'ils célèbrent, devraient se communier eux-mêmes; laquelle coutume, nous venant de la tradition apostolique, devrait avec justice et raison être maintenue. In sacramentale autem sumptione semper in Ecclesia Dei mos fuit, ut laici a Sacerdotibus communionem acciperent; Sacerdotes autem celebrantes seipsos communicarent: qui mos, tamquam ex traditione Apostolica descendens, jure, ac merito retinere debet. [2] Hoc enim ore sumiter quod fide creditur. Serm. 91.3 [3] Tout comme si je disais que ce n'est pas une faute grave de manquer la messe un dimanche si l'on doit prendre soin d'un malade. Ceci implique (ce que nous savons déjà) que lorsqu'une pareille excuse n'existerait pas, il y aurait faute grave.
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Message non lu par Boris » jeu. 31 août 2006, 17:24

Abbé Bouchez, diocèse aux armées a écrit :
OBJECTIONS VALIDES À LA COMMUNION DANS LA MAIN

Le temps est venu de commencer à faire tout ce que nous pouvons pour raisonnablement et licitement décourager la pratique de la communion dans la main.
En fait, il y a longtemps que nous aurions dû commencer à le faire. Il vaut beaucoup mieux recevoir la communion de la façon traditionnelle que de recevoir l'hostie consacrée dans la main. Il est vrai qu'au Canada et aux États-Unis il est permis de la recevoir "sur la main", avec les précautions nécessaires, mais il est préférable de la recevoir sur la langue. Il y a pour cela plusieurs raisons :

1. Le statut légal des deux méthodes

C'est une loi de l'Église universelle, dans le rite romain (auquel nous appartenons pour la plupart), de recevoir la communion de la manière traditionnelle. La recevoir dans la main n'est seulement qu'un "indult", c'est-à-dire une concession accordée ici et là. Elle n'existe pas dans la plus grande partie du monde. Par exemple, elle a été autorisée un certain temps aux Philippines, mais les évêques ont changé d'avis et sont revenus sur leur décision. Une autre façon d'illustrer le même point, c'est de se rappeler que dans les pays où l'indult de la communion dans la main a été accordé par le Saint-Siège, un évêque peut à lui seul interdire cette pratique. Mais aucun évêque n'est autorisé à interdire la façon traditionnelle de recevoir la communion: sur la langue. Ainsi, du point de vue de la loi liturgique, les deux sont loin d'être égales. On notera également que la législation en cause nous exhorte tous vigoureusement à recevoir la communion de la façon traditionnelle, laquelle est officiellement décrite comme étant "plus révérencieuse". On chercherait en vain un encouragement à recevoir la communion dans la main de la part de l'autorité suprême de l'Église. En vérité la seule fois où elle est mentionnée dans les documents officiels, c'est pour nous mettre en garde. Cela peut être fait de façon révérencieuse, mais faites attention ! Cette pratique de recevoir la communion dans la main a été introduite dans certains pays. Elle a été demandée par des conférences épiscopales individuelles et a reçu l'approbation du Siège apostolique. Cependant, des cas de manque de respect déplorables envers les espèces eucharistiques ont été rapportés, des cas imputables non seulement aux individus qui s'en sont rendus coupables, mais également aux pasteurs de l'église qui n'ont pas été suffisamment vigilants en ce qui concerne l'attitude des fidèles envers l'Eucharistie. Il arrive également, à l'occasion, que le libre choix de ceux qui préfèrent continuer la pratique de recevoir la communion sur la langue n'est pas pris en considération dans les endroits où la distribution de la communion dans la main a été autorisée. Il est par conséquent difficile, dans le contexte de la présente lettre, de ne pas mentionner le triste phénomène auquel nous avons fait allusion précédemment. Ceci ne s'adresse évidemment d'aucune façon à ceux qui, dans les pays où cette pratique a été autorisée, reçoivent le Seigneur Jésus dans leur main avec une révérence et une dévotion profondes (Jean-Paul II, Dominicae Cenae, 11). Dans Memoriale Domini, qui accordait la concession originale, et dans la lettre aux nonces qui accompagnait dans chacun des cas l'indult lui-même, la permission de recevoir la communion dans la main était entourée de tant de précautions que certains en ont conclu que même dans les pays où cette pratique pourrait paraître légale, en réalité, dans la grande majorité des cas, elle n'est pas autorisée.


2. Origine de la communion dans la main

L'origine de la pratique actuelle de la communion dans la main en chrétienté occidentale remonte à la révolution protestante, ou "Réforme". Certains diront que c'était la réintroduction d'une ancienne pratique universelle et vénérable. Nous examinerons cela plus bas. Mais même s'il s'agissait d'une ancienne pratique de l'Église catholique, sa réintroduction au seizième siècle n'était guère orthodoxe. Elle concrétisait plutôt la négation de la présence réelle enseignée par le Christ et son Église, et la réalité du sacerdoce catholique. C'était la conséquence liturgique d'une hérésie antérieure. On sait que la communion dans la main a commencé à se répandre dans des cercles hollandais au début des années soixante. Elle a donc commencé de la même manière que la pratique protestante, ou à tout le moins comme un "faux archéologisme": une idolâtrie des (prétendues) pratiques de l'Église des premiers temps. Elle impliquait l'oubli (ou le rejet !) du développement véritable de la doctrine catholique eucharistique d'une façon plus claire et plus explicite que jamais. Elle impliquait un rejet de ce qui nous avait de fait était transmis dans le développement organique de la liturgie. Et c'était un cas flagrant de défi et de désobéissance envers la loi de l'Église et l'autorité ecclésiastique. Le désir de cette pratique ne provenait ni de l'autorité suprême de l'Église, qui y était opposée, ni des rangs des fidèles du Christ (par définition, ceux-ci demeurent fermement attachés à la croyance en la transsubstantiation) qui n'ont jamais demandé cette pratique. Elle était souhaitée plutôt par une partie des cadres moyens de l'Église et d'un "establishment liturgique" en particulier. Et cela s'est fait d'une manière typiquement révolutionnaire. Lorsque le temps fut venu d'exercer des pressions en faveur de cette pratique en Amérique du Nord, les moyens utilisés n'ont pas été des plus honnêtes. En fait, il s'y est mêlé un certain degré de tromperie ou à tout le moins de "désinformation". Il est préférable de tirer le rideau sur certains détails sordides, mais une abondante documentation peut être fournie à quiconque voudrait contester que les choses ne se sont passées de cette façon. Nous pouvons résumer en disant que dans les temps modernes, la pratique de la communion dans la main trouve son origine dans l'hérésie et la désobéissance. Est-ce là ce que le Saint Esprit voudrait inspirer pour amener des changements liturgiques souhaités ? Il est peut-être permis de penser qu'une différente sorte d'esprit était à l'oeuvre.


3. Les fragments...

Si nous examinons la pratique de placer l'hostie consacrée dans la main du communiant, un dogme de l'Église vient immédiatement à l'esprit : la présence eucharistique du Christ commence au moment de la consécration et demeure tant que subsistent les espèces eucharistiques. Le Christ est tout entier présent dans chacune des espèces et tout entier dans chacune de leurs parties, de sorte que la fraction du pain ne divise pas le Christ [Note 205: cf. Concile de Trente: DS 1641]. (CEC n. 1377). Le catéchisme romain nous dit : le Christ tout entier est contenu non seulement sous les deux espèces, mais également dans chacune des particules de chaque espèce. Chacune, dit saint Augustin, reçoit le Seigneur Jésus Christ, et Il est tout entier dans chacune des portions. Il n'est pas diminué pour être distribué au grand nombre, mais se donne Lui-même tout entier à chacun (...) le Corps de Notre Seigneur est contenu tout entier sous la plus petite particule de pain. Il faut par conséquent traiter ces fragments avec grande révérence, grand soin et grand respect. Si tel est le cas, pourquoi voudrions-nous multiplier immensément le nombre de personnes qui manipulent l'hostie consacrée, alors que certaines d'entre elles sont maladroites, ou ne voient pas très bien, ou sont indifférentes, ou ne savent pas, etc., etc. Pour ceux dont la foi est vivante, cette question devrait suffire à mettre un terme à la communion dans la main : "Et les fragments? "


4. Qui encourage la communion dans la main ?

On pourrait considérer que cet argument est entaché du sophisme de "culpabilité par association". Mais il n'est pas nécessairement faux. Les personnes appartenant au courant de pensée actuel de l'establishment liturgique (et leurs disciples) qui encouragent la communion dans la main sont les mêmes qui, pour la plupart, éprouvent de la répugnance en général pour l'adoration du Seigneur dans la sainte Eucharistie et l'adoration perpétuelle en particulier. Une forte insistance sur le culte dû à la présence réelle du Christ Notre Seigneur dans la sainte communion n'est pas une caractéristique des liturgistes modernes. En vérité, ils vont même jusqu'à la décourager. Nous devons porter notre attention sur la communauté, disent-ils. En général, nous pouvons appliquer aux corrupteurs (conscients et inconscients) de la doctrine et de la pratique catholiques, en ce qui concerne la messe, les paroles de G. K. Chesterton : Ils sont coupables d'idolâtrer ce qui est intermédiaire pour oublier ce qui est fondamental. Eh bien, voilà les promoteurs de la communion dans la main. Ils éprouvent de l'aversion pour la manière traditionnelle de recevoir la communion et ils la découragent. Pour quelle raison?


5. L'expression "communion dans la main" n'est pas appropriée

On ne donne pas la sainte communion à une personne lorsqu'on place une hostie consacrée dans sa main. Le sacrement de la sainte communion consiste à manger du Pain de Vie.Chaque personne qui reçoit l'hostie consacrée dans sa main se donne plutôt à elle-même la sainte communion. Chaque personne devient son propre ministre (extraordinaire devenu ordinaire) de la communion. De cette façon, le ministère des prêtres (et des diacres) ou même celui des ministres extraordinaires légitimes de la sainte communion est rendu obscur, ou même évacué. On a suggéré que cette pratique devrait être rebaptisée "une auto-communication manuelle commune".


6. La communion dans la main est trop désinvolte

Quelle sorte de nourriture mangeons-nous avec les mains? Souvent, dans notre "culture", c'est un aliment auquel on ne prête guère attention. Nous mangeons du pop-corn avec les mains, machinalement, les yeux rivés sur l'écran. Nous avalons des amuse-gueule à une réception, tout en poursuivant la conversation. Particulièrement avec les enfants, mais pas seulement avec eux, il semble peu judicieux d'associer cette manière de manger avec la très sainte Eucharistie.


7. Ses fruits...

Il nous faut être rigoureusement honnêtes avec nous-mêmes. Cette pratique a-t-elle réellement raffermi et clarifié notre foi dans la présence réelle ? A-t-elle eu pour résultat une piété plus grande, un plus grand amour, une charité fraternelle plus abondante ? Comme peuple de Dieu, sommes-nous de plus en plus remplis d'une crainte révérencielle en prenant le Corps du Christ dans nos mains ? Il est au moins un fruit que l'introduction de cette pratique n'a pas donné et c'est aussi un trait de l'ensemble de la réforme liturgique en général : l'unité en a souffert. Il apparaît à l'auteur de ces lignes que la communion dans la main doit au moins prendre sa part du blâme pour le déclin parmi les catholiques de la croyance en la présence réelle.


8. Était-elle universelle ?

Pour montrer que la communion dans la main a déjà été une pratique universelle, on cite habituellement un texte en particulier de saint Cyrille d'Alexandrie selon lequel nous devrions faire de nos mains un trône pour y recevoir le Roi. Ce qu'on n'ajoute habituellement pas, cependant, c'est ce que tout chercheur sérieux en patristique vérifierait: ce texte est d'origine douteuse. En fait, il est plus vraisemblablement de l'évêque untel, qui serait un évêque nestorien. De plus, nous avons des textes de Léon le Grand... de Grégoire le Grand... de saint Basile... etc.


9. La dernière Cène

Mais les apôtres ont sûrement reçu la communion dans la main à la dernière Cène ? On le présume habituellement. Cependant, même si cela était, nous voudrions faire remarquer que les apôtres étaient eux-mêmes prêtres, ou même évêques. Mais nous ne devons pas oublier une pratique de l'hospitalité au Moyen-Orient, qui avait cours à l'époque de Jésus et que l'on rencontre encore aujourd'hui: elle consiste à nourrir ses invités de ses propres mains en plaçant un morceau symbolique dans la bouche de l'invité. Et nous avons également de cela une preuve scripturaire: Notre Seigneur trempa un morceau de pain dans le vin et le donna à Judas. A-t-il déposé le morceau trempé dans la main de Judas ? Cela serait un peu malpropre. N'a-t-il pas tendu à celui à qui il s'est adressé plus tard dans le jardin en l'appelant "Ami", le geste d'hospitalité dont nous venons de parler ? Et dans ce cas, pourquoi pas avec la sainte communion, "se donnant Lui-même de Sa propre main".


10. Considérations scripturaires

Dans la sainte communion, nous recevons le Verbe fait chair. Lorsque Ézéchiel a reçu la parole de Dieu, d'une manière merveilleuse quoique inférieure à nôtre, ce fut ainsi: Et [le Seigneur] me dit (...) "Et toi, fils d'homme, écoute ce que je vais te dire, ne sois pas rebelle comme cette engeance de rebelles. Ouvre la bouche et mange ce que je vais te donner" Je regardai: une main était tendue vers moi, tenant un volume roulé. (...) J'ouvris la bouche et il me fit manger le volume, et il me dit: " Fils d'homme, nourris-toi et rassasie-toi de ce volume que je te donne." Je le mangeai et il fut dans ma bouche doux comme du miel. (Ez 2.1, 8, 9; 3.1-3). Il n'est pas écrit que le prophète tendit la main, mais qu'il ouvrit la bouche. Et n'est-ce pas ce qu'il convient de faire puisque nous allons recevoir la parole comme des petits enfants, que ce soit le pain de la doctrine ou le Pain qui descend du Ciel. A un autre endroit, dans un psaume ayant des accents prophétiques et eucharistiques évidents et qui est utilisé dans l'Office du Corpus Christi, le Seigneur nous dit : C'est moi le Seigneur ton Dieu, qui t'ai fait monter du pays d'Égypte. Ouvre grand la bouche et je la remplirai! (...) Il nourrirait Israël de fleur de froment, et de miel sauvage il le rassasierait. "Je la remplirai", et non "tu la rempliras toi-même". J'admets que cela ne constitue pas en soi une preuve. Mais, cela pointe dans une certaine direction.
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Boris

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Message non lu par Deo Gratias » ven. 01 sept. 2006, 19:52

J'ai voté "pour" la communion sur la langue,parce que c'est la coutume ancestrale,mais comme me l'a dit mon père spirituel," mieux vaut communier dans la main,en état de grace,que de communier sur la langue en état de peché mortel"
Pour ma part,quand je communie sur la langue,je sens un plus grand respect pour le corps du christ.
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Boris
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Message non lu par Boris » sam. 02 sept. 2006, 10:27

Je vous suis complètement.

De plus, recevoir la communion sur la langue est plus humble je trouve que de la recevoir dans la main : il n'y a pas de rsique d'autocommunion !
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Marc
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Message non lu par Marc » dim. 03 sept. 2006, 17:36

Il est heureux que Jean Paul II a excommunié , marcel Lefebvre , mais que de dégats, "Intégrisme quand tu nous tiens !", pourquoi ne pas réinstaller la grille des catéchumènes et interdire aux non baptisés , touristes et impies , l'entrée d'une église.

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