Fukushima, les Japonais et le nucléaire

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stephlorant
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Fukushima, les Japonais et le nucléaire

Message non lupar stephlorant » sam. 13 août 2011, 16:01

Le casse-tête des déchets du tsunami

Vincent Touraine, Correspondant au Japon

La côte nord-est du Japon doit gérer des montagnes de décombres. Un chantier énorme doublé d’une pollution massive due aux rejets toxiques.

C’est certainement le plus grand défi écologique de l’histoire du Japon, celui de la collecte et du recyclage des 25 millions de tonnes de décombres générés par le tsunami de mars dernier.

Dans le port d’Ishinomaki, en plein cœur de la province de Miyagi, la plus durement touchée par la catastrophe, la tâche est tout simplement dantesque. On estime que le volume total de débris charriés par les flots y représente l’équivalent d’un siècle d’ordures ménagères ! Pour Tomofumi Miura, en charge de la gestion des déchets de la ville, il faudra certainement "plus d’un an pour tout nettoyer".

Carcasses de voitures, restes de maisons, appareils ménagers, troncs d’arbres, bateaux échoués Où que l’on aille dans les régions dévastées de la côte nord-est de l’archipel, le spectacle est le même. Faute de pouvoir les répartir efficacement dans le reste du pays, les décombres sont soigneusement triés et accumulés sur place, formant d’impressionnantes montagnes qui se confondent presque avec le relief de l’arrière-pays.

Même si tout ne pourra pas être recyclé, tout est fait pour récupérer un maximum de débris. Le bois, réduit en copeaux, sera incinéré dans les centrales thermiques et produira de l’électricité. Les métaux seront fondus. Les gravats, eux, réutilisés comme remblai dans la reconstruction des routes et des ports.

Mais parfois les volumes sont tels que les circuits de recyclage sont vite saturés. Les lots de déchets métalliques mis sur le marché par certaines municipalités trouvent difficilement preneurs du fait de leur taille. Autre obstacle au recyclage : la concentration parfois excessive en sel décelée dans des déchets comme le bois. Les incinérer en l’état produirait des gaz toxiques. D’où l’idée de certaines localités de les laisser quelque temps à l’air libre, pour que ce sel soit rincé par les pluies. "Une méthode loin d’être parfaite, mais réaliste", estime-t-on au ministère nippon de l’Environnement.

Autre solution : mettre au point des incinérateurs spéciaux, filtrant plus efficacement les gaz dangereux. La ville de Sendai a déjà lancé un appel d’offres pour l’acquisition de tels équipements.

Largement occultée par les retombées radioactives de l’accident nucléaire de Fukushima, la question de la pollution des régions sinistrées par les substances toxiques libérées par le tsunami demeure une zone d’ombre. Une véritable "menace cachée" pour Junichi Sato, directeur général de Greenpeace Japon, qui dénonce la lenteur avec laquelle le gouvernement japonais s’est attaqué au problème.

En frappant les côtes de Miyagi et d’Iwate, le tsunami a submergé des zones à forte concentration industrielle. Usines chimiques, pharmaceutiques, raffineries de pétrole, sites métallurgiques, industries du plastique et du papier Sans parler de la production de pesticides, massivement utilisés dans la culture du riz. Autant d’activités générant des substances plus nocives les unes que les autres : hydrocarbures, peintures, solvants, aérosols, acides, métaux lourds De quoi polluer la terre et l’océan pour des décennies.

Pire : "La lame de fond a aussi fait remonter vers la surface des tonnes de déchets toxiques accumulés au fond de la mer" , s’alarme Junichi Sato. Autant de polluants persistants dangereux pour la santé humaine, et qui risquent de contaminer durablement la chaîne alimentaire marine.

Déjà, les provinces sinistrées notent une recrudescence des troubles dus à l’inhalation de poussières de boues chargées de particules toxiques. Selon Masaru Yanai, docteur à l’hôpital d’Ishinomaki : " Les cas de pneumonies ont décuplé, et dans vingt à trente ans, on verra apparaître des cancers du poumon ou des maladies liées à l’amiante." Un verdict sombre mais crédible quand on sait que des milliers de survivants et de volontaires ont évolué pendant des semaines au milieu des ruines, sans protection particulière.

Si cette pollution reste limitée aux régions touchées directement par le tsunami, il en est une qui concerne tout l’est du Japon : la contamination radioactive des boues résiduelles des stations d’épuration. Dans les jours qui ont suivi l’accident nucléaire, les pluies chargées de particules irradiées ont pollué fleuves et rivières, avant de gagner les circuits de distribution d’eau de ville. Au total, et selon une estimation du ministère de la Santé, plus de 120 000 tonnes de boue radioactive se sont accumulées dans une quinzaine de préfectures.

Aujourd’hui, une agglomération comme celle de Tokyo, pourtant distante de plus de 200 kilomètres de Fukushima, se retrouve avec des milliers de tonnes de cette boue contaminée sur les bras, dont elle ne sait que faire.
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
http://www.youtube.com/watch?v=WDV94Iti5ic&feature=related (Philippe Herreweghe)

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Re: Fukushima : suite et pas fin !

Message non lupar Serge BS » sam. 13 août 2011, 17:09

Volume des ruines de Berlin en 1945 : 55 millions de mètres cube, soit plus ou équivalent, selon le tonnage au mètre cube (plus significatif que le poids d'ailleurs)... Et le problème fut résolu ! On a maintenant par exemple une colline dans un parc naturel où les enfants glissent joyeux l'hiver sur la neige...

De même, le volume des déchets d'Hiroshima et de Nagazaki, pour certains bien plus contaminés que ceux de Fukushima ! Et le problème a été surmonté !

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La catastrophe de Fukushima - Les chiffres

Message non lupar etienne lorant » sam. 10 mars 2012, 11:16

Le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima survenus le 11 mars 2011, ont fait des milliers de morts et blessés et causé des dégâts colossaux, mobilisant des moyens exceptionnels pour circonscrire la crise.

Voici les chiffres-clés de cette triple catastrophe.

SEISME:
Vendredi 11 mars 2011, 14H46 heure locale (05H46 GMT)
Magnitude 9,0, épicentre 38 degrés nord, 142,9 degrés est, dans l'océan Pacifique, à une profondeur terrestre sous-marine de 24 km

TSUNAMI:
Alerte au tsunami lancée 3 minutes plus tard.
Hauteur de vague mesurée: plus de 15 mètres en plusieurs endroits (Ishinomaki, Soma, Ofuna, etc.)

BILAN:
15.846 morts confirmés (au 7 février 2012)
3.317 personnes encore portées disparues.(Aucun mort ou disparu du fait des radiations dues à l'accident de Fukushima).
6.011 blessés

REFUGIES:
341.411 personnes réparties dans tout le pays
52.882 logements provisoires construits

DESTRUCTIONS:
128.558 bâtiments totalement détruits
916.883 bâtiments en partie détruits
22 millions de tonnes de déchets totalisés dans les trois préfectures les plus touchées (Miyagi, Iwate, Fukushima)

AIDE:
163 pays ont apporté leur aide (dons, envois d'équipes et matériels de secours) au Japon

L'Etat a approuvé 4 rallonges budgétaires de reconstruction pour l'année fiscale d'avril 2011 à mars 2012 totalisant un montant de 20.500 milliards de yens (plus de 200 milliards d'euros.

(Dépêche AFP reprise ce jour sur La Libre Belgique et l'express
http://www.lalibre.be/actu/internationa ... astre.html
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/ ... 85905.html)

A noter encore que le nombre de suicides sur tout l'archipel a également augmenté de 20 %sur la même année :

Cette hausse de plus de 20% du nombre de suicides enregistré en un mois est probablement due au moins en partie à l'anxiété qui s'est emparé de la société japonaise dans les semaines suivant cette catastrophe, a estimé le gouvernement.

En mai 2011, 3.375 personnes se sont donné la mort, soit plus d'un dixième du total annuel et plus de 20% par rapport au même mois de l'année précédente. Selon les statistiques de la police et du gouvernement, le nombre de suicides a atteint 30.651 en 2011.

"Un sentiment d'anxiété s'est diffusé au sein de toute la société japonaise après la catastrophe et nous soupçonnons cela d'avoir été un facteur aggravant", a déclaré un responsable. Il a ajouté que le nombre de suicides a été particulièrement élevé parmi les hommes de trente ans.

Le séisme et le tsunami, qui ont fait 19.000 morts et provoqué la plus grave catastrophe nucléaire depuis 1986, ont eu des conséquences graves sur l'économie japonaise avec notamment une flambée de faillites.

(Communique de l'Agence Belga Belga mis en ligne le 09/03/2012)

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: La catastrophe de Fukushima - Les chiffres

Message non lupar Fée Violine » sam. 10 mars 2012, 12:27

Pour les morts dus aux radiations, je ne sais pas si le chiffre de 0 est vrai... En tout cas il y a le cas de ce présentateur de la télé japonaise qui voulait démontrer que l'accident n'était pas dangereux pour les aliments et qui a mangé publiquement, en direct, des aliments provenant de la zone contaminée. Quelques mois après, il a été hospitalisé avec une grave leucémie et je ne sais pas s'il est encore en vie à l'heure qu'il est.

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Re: La catastrophe de Fukushima - Les chiffres

Message non lupar miel » sam. 10 mars 2012, 14:28

Je suis comme vous tous incapable de faire quoi que ce soit et ça m'énerve !

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170.000 japonais refusent la réouverture d'une centrale

Message non lupar etienne lorant » ven. 20 juil. 2012, 10:14

170 000 personnes (selon les organisateurs) à une nouvelle manifestation contre le redémarrage de Ohi.

Les organisateurs ont affirmé que 170.000 personnes avaient convergé à proximité du parc de Yoyogi (sud-ouest du centre de Tokyo), bien au-delà des 100.000 participants qu'ils espéraient rassembler. La police n'avait pas encore fourni d'estimation vers 07H00 GMT.

"Pas besoin d'énergie nucléaire ! Rendez-nous la région de Fukushima !", hurlaient les manifestants, munis de drapeaux colorés indiquant leur ville d'origine et leur revendication.

Région du Tohoku (nord-est) où se trouve Fukushima, mais aussi île de Kyushu (sud), de Shikoku (sud-est), de Hokkaido (nord) ou région du Kansai (centre-ouest de l'île principale de Honshu), les protestataires sont venus de toutes les contrées du Japon.

http://www.la-croix.com/Actualite/S-inf ... -16-831639
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Fukushima - août 2012

Message non lupar etienne lorant » lun. 20 août 2012, 18:22

Avec le temps, puisqu’on n’en parle presque plus, on pourrait penser que la crise nucléaire est terminée. Oui, la crise spectaculaire, avec ses explosions, ses émanations gigantesques, ses déplacements de population, est terminée. Mais la crise nucléaire est maintenant permanente au Japon. Pour les évacués qui ne peuvent pas rentrer chez eux, pour les évacués à qui les autorités demandent de rentrer chez eux alors que c’est encore contaminé, pour les familles séparées, pour les enfants qui ne peuvent plus jouer dehors parce qu’ils savent que c’est dangereux, pour les personnes dont on a repéré des nodules dans la thyroïde, pour les parents qui doivent surveiller quotidiennement la nourriture de leur famille, pour les milliers d’ouvriers qui travaillent dans l’ex-centrale de Fukushima Daiichi, pour les personnes recrutées pour décontaminer les zones interdites, pour les personnes contaminées, pour ces centaines de milliers de Japonais qui manifestent régulièrement pour sortir du nucléaire, la crise n’est pas terminée.
Difficile de faire une synthèse. Car cette catastrophe n’aura sans doute pas de fin.Voici plutôt quelques aspects actuels de cette crise nucléaire permanente, abordée par thèmes.

Nouvelles sur l’ex-centrale de Fukushima Daiichi

Unité 1
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Depuis qu’il avait été mis sous tente par Tepco, le réacteur 1 ne faisait plus trop parler de lui. Mais le 22 mai 2012, on apprenait qu’il ne restait plus que 40 centimètres d’eau au fond de la cuve du réacteur et qu’une fuite existait probablement au niveau de la canalisation reliant la cuve du réacteur à la piscine torique. Le 26 juin 2012, une analyse endoscopique a été réalisée : la radioactivité de l’eau située dans les soubassements prouve une rupture de confinement.

Unité 2
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Un nouveau thermomètre semble défectueux : le thermocouple « TE-2-3-69N1″ montrait une température anormalement élevée de 144°C le 22 juillet 2012. Petit à petit, les ex-réacteurs (officiellement, ce ne sont plus des réacteurs depuis le 19 avril 2012) se dégradent, l’eau salée, les coriums et la forte radioactivité accélérant la corrosion des matériaux.
Selon Arnie Gundersen, du combustible se serait échappé de l’enceinte de confinement, d’après l’observation du 28 juin 2012 au fond de la chambre de suppression n° 1.

Unité 3
Le scénario du pire est confirmé : il y a eu meltdown et rupture de confinement.
Le 11 juillet 2012, un robot n’est pas revenu de l’une de ses explorations dans le réacteur n°3. Même les robots conçus pour résister à la radioactivité ont des problèmes. Et encore, ce sont de tout petits robots.

Unité 4
Le 11 juillet 2012, Tepco a fini de démanteler le sommet du bâtiment réacteur 4.
Les 18 et 19 juillet 2012, deux assemblages neufs ont été retirés de la piscine 4, ce qui porte à 1533 le nombre d’assemblages restant à retirer : 1331 de combustible usé et 202 de combustible neuf. Le début de ce transfert phénoménal ne se fera pas avant décembre 2013. D’où l’inquiétude légitime qui motive cette pétition.

Fuites et pannes
Il y a toujours des fuites à Fukushima Daiichi, mais on en parle moins car elles sont régulières, ce n’est plus spectaculaire. Le 26 juillet 2012, les sous-sols du bâtiment turbines de l’unité 6 étaient encore inondés, il a fallu pomper et transvaser durant 6 heures. D’où vient cette eau ? Mystère. Est-elle radioactive ? On peut le supposer car l’eau récupérée a été stockée dans un réservoir.

Pollution

Air : 16 mois après le terrible mois de mars 2011, le site rejette toujours 10 millions de Bq/h de radio-césium. Où vont ces poussières mortelles ? La plupart vers l’océan pacifique, mais le vent peut les pousser aussi vers les terres. Autre moyen de transport rapide pour la dissémination planétaire : le jet stream.

Terre : personne ne veut de la terre contaminée qu’on racle partout dans les territoires touchés par les retombées radioactives. On en fait quoi ? Si on était sûr qu’elle ne contenait que du césium, il « suffirait » de la mettre de côté durant 300 ans.

Eau : 228 000 tonnes d’eau contaminée sont actuellement stockées sur le site. Tepco aimerait s’en débarrasser en la rejetant à la mer, mais pour l’instant l’opérateur n’a pas d’autorisation. L’objectif de réutiliser l’eau en circuit fermé ne marche pas car la nappe phréatique remplit les sous-sols. On en fait quoi ? Il y aura un moment donné où, matériellement, il ne sera plus possible de la stocker.
On trouve aussi de l’eau contaminée très loin de Fukushima, à 25 km du centre de Tokyo. Si aujourd’hui les nappes phréatiques sont polluées, c’est à cause de la migration progressive des radionucléides dans le sous-sol, partout où il y a eu des retombées.
Le MEXT a mis en ligne des résultats de mesures très fines sur l’eau du robinet : du césium 134 et 137 est détecté à des concentrations très faibles dans 11 provinces.
Irradiation
On vient de découvrir qu’une société filiale de Tepco demandait à ses employés d’insérer leur dosimètre dans un boîtier en plomb. Ce qui évidemment fait baisser la dose enregistrée et permet aux ouvriers de travailler plus longtemps sur le site contaminé. Par la même occasion, leur espérance de vie va sans doute diminuer, mais les entreprises de l’industrie nucléaire se moquent bien de ce genre de détail, on l’avait déjà remarqué depuis longtemps.

Nationalisation
Au terme d’un long processus, Tepco est désormais nationalisée, le pourcentage d’actions de l’Etat ayant dépassé 50% mardi 31 juillet 2012. Par un tour de passe-passe, l’opérateur ruiné à cause de la catastrophe nucléaire éponge ses dettes grâce au contribuable japonais. L’entreprise a subi une perte nette de 3 milliards d’euros entre le 1er avril et le 30 juin 2012, causée pour plus de moitié par le versement d’indemnisations pour les victimes.

Santé
L’institut japonais des maladies infectieuses montre des résultats toujours inquiétants pour certaines affections. L’année 2011, suite aux explosions de la centrale nucléaire, avait montré une augmentation des cas de pneumonie à mycoplasme. L’année 2012 est encore pire, comme le montre ce graphique. Les poussières radioactives invisibles sont disséminées partout dans le pays. La maladie avance sournoisement.
Le bilan des doses reçues par les intervenants sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi pour les mois d’avril à juin 2012 est en ligne sur le site de Tepco. Selon l’analyse de l’ACRO, ce sont toujours les sous-traitants qui prennent les doses les plus fortes, avec un maximum de 23,53 mSv en un mois.

Pêche
Le Japon, soucieux d’oublier la catastrophe nucléaire, a décidé de réintroduire sur les étals des produits de la mer en provenance des eaux de Fukushima. Pourtant, d’autres pays comme la Corée du Sud renforcent plus que jamais leurs régulations à l’importation dans un souci de limiter la diffusion de la contamination marine. Et ils ont bien raison car après un recul au printemps, elle augmente au large d’Hokkaido : le plus haut relevé a été de 70 Bq/Kg (Cs-134 : 31 Bq/Kg, Cs-137 : 39 Bq/Kg) sur un échantillon pris le 1eraoût 2012 (source MEXT).

Démographie
Selon Fukushima Diary, la chute de la population japonaise (Décès – Naissances) entre janvier et mai 2012 est 4 fois plus forte que sur la même période de 2007. Si l’on compare avec 2006, c’est 5 fois plus fort.
Ces données sont basées sur le tableau de bord du service de la statistique démographique du ministère de la Santé, du Travail et de l’Aide Sociale du Japon. Le rapport de juin 2012 n’est pas encore paru.

Justice
Pour les anti-nucléaires, un “acte criminel” qualifiant le drame de Fukushima aurait été commis par l’entreprise électrique Tepco et par le gouvernement. Plusieurs procureurs viennent d’accepter de mener une enquête (après le dépôt de 1300 plaintes quand même !). S’ils arrivent à prouver que la catastrophe nucléaire de Fukushima a été la conséquence de négligences, des poursuites pourraient être lancées contre les responsables. On pourrait leur suggérer de s’appuyer sur les résultats de la commission d’enquête indépendante dont le rapport a été publié récemment.
Presse

Depuis la catastrophe de Fukushima, la mainmise du lobby nucléaire sur les médias connaît quelques failles. En effet, 3 quotidiens ont décidé de résister : le Mainichi Shinbun, le Tokyo Shinbun, et le Shinbun Akahata. A Tokyo, avec la Révolution des Hortensias en cours, l’enjeu est important. Les manifestations antinucléaires apparaissent en une du journal Tokyo Shinbun qui ne prend plus de gant pour soutenir la sortie du nucléaire.
Redémarrage des centrales nucléaires du Japon
Le gouvernement a décidé de relancer au forceps deux réacteurs à la centrale nucléaire d’Ohi (préfecture de Fukui, dans l’ouest du pays). Selon Courrier International, le Tokyo Shimbun, quotidien désormais antinucléaire, dénonce une décision politique, sans garanties quant à la sûreté, comme s’il ne s’était rien passé à Fukushima.
Kansaï Electric a déjà planifié le redémarrage des unités 3 et 4 de la centrale nucléaire de Takahama, située à environ 250 km à l’ouest de Tokyo. Comme pour l’unité 3 de Fukushima Daiichi, le réacteur 3 de Takaham utilise du MOX.

Mobilisation
A chaque rendez-vous, le nombre de participants à la Révolution pacifiste des Hortensias progresse. La grande manifestationdu 29 juillet 2012 a conduit la foule à encercler complètement le parlement. Il y a une semaine, un ancien Premier ministre, Yukio Hatoyama, s’était joint à la manifestation hebdomadaire devant la résidence du premier ministre actuel Noda. Tout semble s’accélérer. Alors qu’au départ les manifestations ne se tenaient qu’à Tokyo, une trentaine de villes emboîtent le pas en organisant une manifestation chaque vendredi : Sapporo, Morioka, Mizusawa, Sendai, Koriyama, Mito, Sodegaura, Sakuragicho, Niigata, Kofu, Nagano, Toyama, Kanazawa, Nagoya, Gifu, Ogaki, Fukui, Otsu, Kyoto, Osaka, Kobe, Himeji, Okayama, Maigo, Hiroshima….
Il est prévu que le groupe des organisateurs des manifestations de Tokyo (dont 13 organisations citoyennes) rencontre le premier ministre Noda. La nomination de Tanaka Shunichi pour la nouvelle instance de sécurité nucléaire sera sans doute sur la table des négociations, mais rien n’est encore joué.
Spoiler!
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Fukushima - août 2012

Message non lupar DanielaMax » jeu. 30 août 2012, 18:49

Après l’accident de Fukushima, le traumatisme reste immense. La crise a été une catastrophe d’origine humaine, qui aurait pu être évitée. On peut dire aujourd'hui ce que redoutaient les membres d’Attac Japon, qui se sont battus il y a 40 ans contre la construction de ces centrales nucléaires, s'est produit.

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Re: Fukushima - août 2012

Message non lupar JACQUES-FRANCOIS » ven. 31 août 2012, 13:39

Bonjour,
Alors que fait-on pour prendre des mesures pour sortir du nucléaire, chez-nous, dans Notre beau de FRANCE ?
Au lieu de ça, des membres du présent gouvernement vantent les mérites économiques de nos installations nucléaires.
Jusqu'à la catastrophe, bien sûr!
Pauvre monde rongé par le profit immédiat, sans souci pour les générations qui nous suivrons.
Maranatha!
Merci!
JFL

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Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar etienne lorant » sam. 01 juin 2013, 10:20

1. Fukushima sont "sans risque pour la santé"
AFP
Mis en ligne le 31/05/2013
*
L'ONU félicite "les mesures prises par les autorités pour protéger la population".
Les émissions radioactives après la catastrophe à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima en 2011 ne devraient pas avoir de conséquences sur la santé à l'avenir, a estimé vendredi un comité de chercheurs de l'ONU à Vienne.

"L'exposition aux radiations qui a suivi l'accident nucléaire à Fukushima-Daiichi n'a pas entraîné d'effet immédiat sur la santé", a déclaré le Comité scientifique de l'ONU sur les conséquences des émissions radioactives (UNSCEAR).

"Il est peu probable de pouvoir y attribuer à l'avenir des conséquences sur la santé pour la population globale et la grande majorité des travailleurs, pour qui l'historique de l'exposition aux radiations a été établi", a ajouté l'UNSCEAR.

Le Comité, qui présentait les principales conclusions d'un rapport qui sera publié ultérieurement, a salué la réaction du gouvernement japonais immédiatement après la catastrophe.

"Les mesures prises par les autorités pour protéger la population (évacuation et protection sous abri) ont réduit de manière significative l'exposition aux radiations, qui aurait été dans le cas contraire multipliée par 10", selon l'UNSCEAR.

"Aucune mort liée à l'exposition aux radiations n'a été observée auprès des quelque 25.000 travailleurs envoyés sur le site de l'accident. Au vu du faible nombre de travailleurs très exposés, il est peu probable de pouvoir détecter dans les prochaines années une augmentation des cas de cancers de la thyroïde dû aux radiations", a ajouté le comité.

Consécutif à un séisme de magnitude 9 et à un tsunami géant, l'accident de Fukushima avait provoqué en mars 2011 d'importantes émissions radioactives dans l'air, les eaux et les sols de la région de la centrale, située à 220 km au nord-est de Tokyo. (Sur "La Libre Belgique")
___

2. Ambassade de France :

Carte des zones d’accès restreints dans la préfecture de Fukushima
Autour de la centrale nucléaire de Fukushima-1 (un site isolé sur le littoral de la préfecture de Fukushima) sont définies une zone interdite et des zones d’accès restreint.

Les consignes données par les autorités japonaises évoluent en fonction de l’actualisation de la cartographie des zones contaminées et des mesures de décontamination. Il convient à l’heure actuelle de se référer à la carte ci-dessous
Le dispositif initial : l’arc de cercle de couleur verte représente la zone initiale d’exclusion des 20 kms ; les autres zones représentent la "plume" de contamination qui a été également évacuée après le sinistre ;

Le dispositif actuel : les zones en rouge et rose sont balisées et interdites d’accès ; les zones en vert, jaune, et orange clair, sont accessibles pour une visite courte (il est recommandé d’éviter les zones boisées et d’y ramasser des produits).
Dans tous les cas, il convient de respecter scrupuleusement les consignes données par les autorités japonaises. Dans les zones d’accès restreint, il est recommandé de se référer localement à la mairie concernée.

http://www.ambafrance-jp.org/IMG/pdf/Ca ... 5-2013.pdf
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar PaxetBonum » sam. 01 juin 2013, 12:45

Ces 2 informations ne sont pas contradictoires.
L'une met en évidence l'absence de répercussions médicales, l'autre les précautions prises actuellement.
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"

St François d'Assise

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Re: Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar etienne lorant » sam. 01 juin 2013, 14:46

Ces 2 informations ne sont pas contradictoires.
L'une met en évidence l'absence de répercussions médicales, l'autre les précautions prises actuellement.
Bref, tout va bien. Si vous désirez y passer des vacances, quant à moi, je vous cède la place ! :cool:

Deux ans après Fukushima, écrit David Naulin, du site « cdurable », on n'entend plus beaucoup parler de la vie au quotidien de tous ceux qui ont dû quitter pour toujours leurs maisons, de ceux qui ont choisi d'y rester en tentant désespérément de nettoyer tous les jours une contamination qui revient régulièrement car les forêts toutes proches sont contaminées. (...) Les trois réacteurs accidentés ainsi que les explosions d'hydrogène dans les bâtiments de la centrale dans les jours qui ont suivi le 11 mars 2011 ont ainsi libéré de grandes quantités de césium radioactif. Ce césium a une durée de vie longue. Il est considéré qu'il ne sera "inoffensif" qu'au bout de 300 ans. Il reste aujourd'hui 98% de sa radioactivité initiale dans l'environnement, un taux qui sera encore de 81% en 2020.

Après tout, après l'incident de Tchernobyl, les nuages ont carrément longé les frontières de l'Europe. On n'a jamais entendu dire qu'il y ait eu des personnes contaminées chez nous... en tout cas, je n'ai jamais vu un article sur une personne contaminée en France.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar PaxetBonum » lun. 03 juin 2013, 8:14

Je n'ai pas dit que c'était inoffensif.
D'ailleurs les 2 articles que vous citez ne disent pas cela non plus.
Je m'interroge sur votre raison de publication de ces informations ?
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Re: Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar etienne lorant » lun. 03 juin 2013, 11:02

Je m'interroge sur votre raison de publication de ces informations ?
Car les jouneaux ont la mission d'informer, non de désinformer. Et la désinformation, de plus en plus, prend le pas sur l'objectivité. Mais il y aussi le silence coupable :

viewtopic.php?f=94&t=25745

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Fukushima : deux informations comparées

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 août 2013, 16:04

D'heure en heure, la situation évolue:

http://tempsreel.nouvelobs.com/tag/fukushima
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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