Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Celui qui dit non, mais qui y va quand même

Message non lupar etienne lorant » mar. 16 déc. 2008, 11:55

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,28-32.

Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : 'Mon enfant, va travailler aujourd'hui à ma vigne.' Celui-ci répondit : 'Je ne veux pas.' Mais ensuite, s'étant repenti, il y alla. Abordant le second, le père lui dit la même chose. Celui-ci répondit : 'Oui, Seigneur !' et il n'y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier ».Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean Baptiste est venu à vous, vivant selon la justice, et vous n'avez pas cru à sa parole ; tandis que les publicains et les prostituées y ont cru. Mais vous, même après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis pour croire à sa parole."

Évidemment, c'est le premier fils qui a fait la volonté du père. Et comme souvent dans l'Evangile, le père lui sera d'autant plus reconnaissant qu'il avait d'abord fait défaut. Car ceux qui reviennent à l'amour du Père, ceux-là comme le Père les aime ! Il suffit de lire l'accueil réservé au fils prodigue: c'est la fête ! Quant à l'autre fils, non seulement il a menti, mais il n'a pas obéi...

Ce matin, je ne sais pourquoi, j'avais les larmes aux yeux en écoutant cet Evangile, mais aussi le Psaume qui le précédait. C'est peut-être à cause du repentir, de cette notion de retournement, de revirement intérieur. Dans la vie d'un homme, c'est le moment crucial, c'est là que tout se joue. C'est un passage si important que j'ai difficile de penser qu'un converti puisse un jour retomber dans les désordres qui lui étaient propres... Personnellement, je me souviens que j'étais en même temps homme de désir, et homme de raison. Comment pouvais-je être ainsi ? J'avais dans mon coeur autant d'eau bouillante que d'eau glacée dans mon cerveau ! J'étais vraiment cet homme dont la maison est divisée : comme elle était secouée ! La conversion m'a unifié au contraire, mais je dois reconnaître que le chemin du retour fut long. Du retour vers l'amour: il a fallu autant quitter la place forte du rationnel et le feu brûlant des désirs, et remonter le fleuve vers sa source, comme font les saumons. Le Seigneur permet qu'on y applique toutes ses forces, puisque ces forces en réalité, c'est Lui qui les procure.

Levé tôt dans la nuit, à mon arrivée à la chapelle ce matin, j'avais prié déjà près de cinquante dizaines de chapelet... on a beau dire ce qu'on voudra de cette "prière automatique", elle maintient l'âme constamment en éveil et elle est comme le cordon de rechargement d'une batterie: il fait froid, mais je ne vais pas faiblir de toute ma journée. Merci Ô Seigneur, Tu es toujours avec moi !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2008-2009)

Message non lupar etienne lorant » lun. 22 déc. 2008, 12:08

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,46-56.
Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur."
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle."

J'ai repris la première et la dernière ligne de l'Evangile du jour pour mieux ressentir combien la plus grande louange est possible au milieu du quotidien le plus ordinaire.

Ce week-end, en ville, il y avait festivité: plus de quatre vingt mille personnes ont suivi un "cortège de Noël" ...qui n'avait de Noël que le nom, et auquel je n'ai pas participé. Une voisine m'a dit: "Vous avez eu tort, c'était très beau !" J'aurais pu lui répondre que j'ai vu plus beau encore: sur mon chemin, samedi, j'ai croisé cet homme, que tous traitent de voyou, qui a séjourné plusieurs fois en prison pour des faits de dégradation de biens publics, mais qui a complètement changé, qui travaille dur et m'a poliment salué d'un signe de tête, un signe de reconnaissance discret, mais empreint d'amitié et de respect. Cela m'a ému.

En deux ou trois occasions, il m'avait menacé devant ma boutique aec sa bande, mais je lui avais répondu crânement sur le même ton que lui - mais en disant tout autre chose. C'est vrai que pour moi, cette rencontre vaut plus que cette parade organisée dans les rues, dont l'organisation a elle seule a coûté plus de cinquante mille euros, d'après les chiffres annoncés. Un homme dont on n'attendait plus rien mais qui se remet debout, voilà quelque chose que je peux admirer.

La louange, la joie, la fête, l'exultation, elles sont ici, dans mon coeur. En plus, au cours du dernier week-end, que j'ai passé tant bien que mal avec des problèmes de digestion et cette petite épine que je porte, j'ai eu la grâce de me servir de ma peine, afin d'appeler par la miséricorde divine sur une soixantaine de personnes dont j'ai pu citer les noms (et parmi eux beaucoup qui liront ce mot).

J'ai beaucoup prié aussi sur ce couple d'amis, dont l'épouse a eu un jeune garçon, né bien après ses soeurs, un enfant qu'on attendait plus, qui est doué de telles facultés qu'il pose quelques difficultés à ses parents, ainsi qu'aux personnes chargées de son éducation. J'ai prié pour lui, j'ai prié pour eux, j'ai prié pour toutes les jeunes âmes que Dieu éveille très tôt: puissent-ils connaître la paix, se réjouir des choix de Dieu et comme Marie s'abandonner en toute confiance !
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Pour la joie !

Message non lupar etienne lorant » sam. 27 déc. 2008, 12:52

Première lettre de saint Jean 1,1-4.

Ce qui était depuis le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons contemplé de nos yeux, ce que nous avons vu et que nos mains ont touché, c'est le Verbe, la Parole de la vie. Oui, la vie s'est manifestée, nous l'avons contemplée, et nous portons témoignage : nous vous annonçons cette vie éternelle qui était auprès du Père et qui s'est manifestée à nous. Ce que nous avons contemplé, ce que nous avons entendu, nous vous l'annonçons à vous aussi, pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Et nous, nous sommes en communion avec le Père et avec son Fils, Jésus Christ. Et c'est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie.

C'est nous qui écrivons cela, afin que nous ayons la plénitude de la joie. Je note d'abord que Jean n'a pas écrit: "Nous vous écrivons cela afin que vous ayez la joie", mais "Nous écrivons, nous témoignons afin que nous-mêmes ayons la joie en plénitude." Cela veut bien dire ce qu'éprouvent les premiers apôtres. Chez eux, le témoignage est essentiel, évident: comment pourraient-ils vivre sans témoigner ?

Et moi aussi, ce matin, je suis dans la joie. Levé malgré moi, prêt en un quart d'heure, je suis parti pour l'Eucharistie alors que le thermomètre est descendu à moins 4 degrés cette nuit et que l'on nous annonce moins 7 la nuit prochaine. A mon retour, je suis passé saluer ma maman dans sa maison de retraite. Elle a été toute surprise (c'est déjà dimanche ?) et elle a ri. Et ensuite, vite, vite, j'ai ouvert la boutique car j'étais pressé d'écrire. Plus pressé d'écrire que de me réchauffer, au moins cela, car à l'intérieur, la température se maintient à quelques degrés au-dessus de zéro. Mais je suis heureux, comme si souvent après avoir communié, heureux de vivre, heureux sans pouvoir me l'expliquer à moi-même.

Mais c'est tout de même de ce bonheur que je témoigne, car s'il n'est pas de Dieu, de quoi es est-il ? En cours de route, je me disais: "Quel étrange destin, tout de même !". Après avoir tant couru vers les succès scolaires puis professionnels, les conquêtes féminines, les places d'honneur, les amitiés nombreuses, la vie facile et les voyages à travers le monde... et me retrouver seul un 27 décembre gelé, pressé de m'habiller non pour un rendez-vous galant, mais pour assister à une messe dans une chapelle, à huit kilomètres, avec les dangers du verglas sur la route, et pour trouver la compagnie de cinq autres aussi muets que moi... oui, tout de même, quelle étrangeté !

C'est que ce matin à nouveau j'ai reçu une force de joie qui dépasse tout ce j'ai pu connaître de joie depuis ma naissance jusqu'à l'âge de 29 ans. Et depuis, j'ai été entraîné dans toutes sortes de tempêtes, de tentations, quelques brimades aussi, et toutes les amitiés perdues, et l'incompréhension de certains prêtres... mais je suis là, aujourd'hui, et je crois que la saint Jean, ne serait-ce pas aussi la fête des écrivains, des libraires et des bouquinistes ?
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Entrer en vie cachée

Message non lupar etienne lorant » mar. 30 déc. 2008, 16:59

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (Lc 2, 36-40)
2
36i Quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait là une femme qui était prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d'Aser.
37 Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
38 S'approchant d'eux à ce moment, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l'enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
39 Lorsqu'ils eurent accompli tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
40 L'enfant grandissait et se fortifiait, tout rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.



Cette petite scène me permet de voir comment des appels différents peuvent se développer sans entrer en conflit les uns par rapport aux autres. Marie était consacrée à Dieu dès sa naissance et aussitôt son Fiat donné à l'ange, tout s'accomplit pour elle; de son côté, Joseph continuera d'explorer à pas prudents l'extraordinaire de sa propre vocation: car il va apprendre un métier à Jésus mais aussi contempler chaque jour la pédagogie divine à l'oeuvre au travers des plus petits événements de la vie de famille; quant à la prophétesse Anne, c'est après le décès de son époux qu'elle s'est sentie appelée à adopter ce mode de vie, entièrement dévoué à Dieu mais, jusqu'à ce jour, de façon cachée. A la relecture, j'entrevois de très belles âmes qui entourent Jésus et Marie, mais s'il n'y avait eu ce texte - comme celui d'hier, je n'aurais rien vu.

Sur le moment, ceci me rappelle un mot de saint Paul qui dit, je crois: "Conduisons-nous en hommes raisonnables et religieux". Je crois donc qu'il nous est possible à tou(te)s, de vivre cette existence "à l'imitation" de la sainte famille, vie cachée mais essentielle. Cela demande d'abord et évidemment un cœur ouvert à l'Amour, ensuite beaucoup d'attention envers ceux qui vivent avec et autour de nous et une considération du temps qui n'est guère celui de notre époque (où tout doit aller si vite !)

Ainsi commence donc la vie cachée: souvenons-nous bien que la vie de tous les saints est faite des éléments que l'on retrouve dans ce passage: peu de grands événements, beaucoup d'amour, de l'attention au quotidien et un grand silence qui recouvre le tout jusqu'aux temps de la moisson....
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Bienheureuse Anne, fille de Phanuel

Message non lupar etienne lorant » mar. 30 déc. 2008, 18:44

Durant mon temps de midi, j'ai songé à cette femme, Anne, dont l'Evangile dit si peu et beaucoup en même temps: "Demeurée veuve après sept ans de mariage, elle avait atteint l'âge de quatre-vingt-quatre ans." Si je considère l'âge moyen du mariage des femmes à cette époque, dans cette région du monde, je suis tenté de croire qu'elle s'est retrouvée veuve avant sa trentaine. Et je me dis aussi qu'à partir de ce moment-là, elle a commencé de vivre un autre amour, un amour directement inspiré par le Seigneur du fait même de son chagrin, comme une lumière puisée au plus profond du deuil.

Cette interprétation est de mon cru, peut-être, mais deux éléments m'y ont conduit. D'abord, il y a cette expression: elle est demeurée veuve. Mieux que la durée, ce verbe implique un choix délibéré. Pour moi, voici quelqu'un qui n'a pas cherché à refaire sa vie, mais qui a endossé le vêtement de deuil comme elle avait fait de celui de ses noces (sans doute en signe de fidélité à son premier amour au-delà de la mort.) C'est qu'il y a ce second élément qui m'incite à croire à cette fidélité farouche, résolue: c'est l'attitude des saintes femmes, après la crucifixion, lorsqu'elles se rendent au tombeau pour embaumer le corps de Jésus selon la tradition juive. Elles n'ont pas peur des soldats romains, que les disciples redoutent, surtout à ce moment-là.

En sorte que, de points de détail en inspiration, j'en suis arrivé à la conclusion que la veuve du temple, Anne, a eu "sa" révélation, peu après le décès de son époux, issue de la bienveillance divine, tout comme les autres ont eu la leur, et comme j'ai eu la mienne. A mes yeux, il n'est guère étonnant qu'elle ne se soit plus éloignée du temple. Le psaume dit si bien: "Je ne demande qu'une chose au Seigneur, la seule que je demande: c'est d'habiter la maison du Seigneur chaque jour de ma vie", et c'est typique, du moins du point de vue psychologique, de ce qu'éprouvent tous les convertis. Car Dieu, comment aller à lui avec son corps ? Mais il reste les lieux de cultes et les lieux de pèlerinage: temple, église, monastère, chapelle... Il est de ces lieux où soufflent l'Esprit. A la fin de cette année 2009, je me sens très proche de cette Juive et je prie instamment le Seigneur de m'accorder la douceur de sa présence en mon coeur - qu'Il nous l'accorde à tous !
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Re: Entrer en vie cachée

Message non lupar antioche » mar. 30 déc. 2008, 19:12

Bonsoir,

A la messe ce matin le prêtre nous a donné une explication nouvelle pour moi concernant Anne.
84 ans = 12 fois 7 ans. Quant on sait que 7 est un chiffre parfait dans la Bible et que 12 renvoie aux 12 tribus d'Israël, il faudrait voir là l'expression de la perfection.
Cette femme toute donnée au Seigneur symboliserait la perfection (du don). alice evna
7 est aussi le nombre d'années durant lesquelles Anne fut mariée, on peut faire aussi le lien avec cette perfection biblique.
Voilà mon humble contribution à cette réflexion.
Dans la paix du Christ.
Antioche.

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Re: Entrer en vie cachée

Message non lupar etienne lorant » mar. 30 déc. 2008, 19:20

Merci, Antioche, pour cette nouvelle approche ! Je me rends compte, étant donné qu'elle fut "prophète", que cette interprétation ne chasse pas l'autre, toutes deux peuvent même se compléter ! C'est très dynamisant, tout ça !
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Lumière derrière la croix

Message non lupar antioche » mer. 31 déc. 2008, 9:34

Bonjour et sainte journée à tous et à toutes,

Je voudrais simplement porter à votre méditation les lectures de ce jour, superbes écrits de Saint Jean où la lumière est présente !
La lumière est toujours derrière la croix (derrière la croix du Christ et derrière nos croix quotidiennes).
Lumière et vérité sont radicalement portées en nous par le Christ au jour de notre baptême.
Dans nos épreuves, accrochons-nous à la croix, déposons nos fardeaux à son pied et levons nos yeux. La lumière est là.
Je m'accroche à cela dans mes difficultés.
Accrochez-vous y dans les vôtres si vous le voulez bien.
En fraternité.
Antioche.

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Re: Lumière derrière la croix

Message non lupar etienne lorant » mer. 31 déc. 2008, 12:06

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,1-18.

Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.
Par lui, tout s'est fait, et rien de ce qui s'est fait ne s'est fait sans lui.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu. Son nom était Jean.
Il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage.
Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, lui par qui le monde s'était fait, mais le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu.
Mais tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « Voici celui dont j'ai dit : Lui qui vient derrière moi, il a pris place devant moi, car avant moi il était. »
Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce :
après la Loi communiquée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l'a jamais vu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, c'est lui qui a conduit à le connaître.


Parmi tous les symboles qui émanent de la crèche (et il y en a beaucoup), c'est l'Etoile, la nouvelle étoile, signe du ciel, celle qu'ont suivi les mages, qui les domine tous. Elle me paraît l'illustration parfaite de ce verset du prologue de Jean : la vie était la lumière des hommes ;la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée. Depuis le commencement des temps jusqu'à la Nativité, le Christ était présent comme l'Etoile qui, du fond du coeur de tout homme, l'appelle à l'amour et au bonheur, mais aussi au Bien, au Beau, à l'absolu. A la Nativité, cette Etoile devient une étoile, elle se montre aux yeux de chair, avant de devenir chair elle-même. Et ensuite, jusqu'à l'accomplissement complet du temps, l'Etoile scintillera en Croix, et la Croix est en même temps un croisement et un point de jonction, un centre qui aime et qui agit comme un aimant - dans le sens du pôle d'attraction, car une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi.

"La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas arrêtée" Il y a toujours et y a encore contestation, opposition, débat dans le coeur de l'homme, entre la Lumière et les ténèbres. Je mets une majuscule à Lumière, je n'en mets pas à ténèbres, car je considère les ténèbres comme l'état physique et psychologique ordinaire des êtres humains jusqu'au moment où ils perçoivent la Lumière.

Tout l'Evangile de Jean tournera autour de cette rencontre cruciale, de la Lumière qui lui au fond des ténèbres, dans le coeur même de l'homme et de l'homme au sein du monde. Le meilleur exemple en est pour moi cet épisode dans lequel Jésus guérit un aveugle né. Les Pharisiens qui sont présents refusent tout simplement cette guérison et dénonce l'ancien malade: il a toujours feint sa maladie. Et ici intervient le jugement de la Lumière: "Je suis venu dans ce monde pour un jugement, afin que ceux qui ne voient pas voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles." Et le Seigneur de répondre aux objections des ses contradicteurs: "Si vous étiez aveugles, vous seriez purs et sans péché; mais tant que vous dites: Nous voyons; votre péché demeure."

Cette théologie de la Lumière est d'ailleurs présente dès le chapitre 3 : "Le Jugement, le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient reconnues comme des œuvres de Dieu"

Ce jugement de la Lumière va évidemment entraîner une contestation en tout homme, et c'est pourquoi Jésus dira aux disciples qu'Il n'est pas venu apporter la paix (au sens ou les hommes considèrent une absence de conflit), mais une épée - l'épée de la Vérité, qui ne manquera pas d'opposer, dans une même famille, ceux qui auront foi et ceux qui refuseront de croire. Je me souviens de la prophétie de Syméon: n'est-ce pas la même épée qui transpercera le coeur de Marie ? "Ainsi seront dévoilées les pensées de bien des cœurs", lui déclare-t-il. Quel destin pour Marie, nous est-il vraiment compréhensible ? Car elle est en même temps mère de Dieu et mère des hommes, refuge des pécheurs, et la femme qui écrase la tête du Serpent !

Le prologue de l'Evangile de Jean est superbe. A travers ses mots, ou plutôt en remontant de l'écrit à l'écrivain, on devine un homme en pleine contemplation mystique. Il contemple quelque chose qu'il voit, on dirait que se déroule devant lui le parchemin de la connaissance divine, une connaissance qui elle-même s'enroule, comme font les vagues, afin de prendre plus d'ampleur, et se dérouler encore, en autant de grâces, sur les plages des âmes humaines. En effet : "A tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu.Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d'une volonté charnelle, ni d'une volonté d'homme : ils sont nés de Dieu."

C'est beau. Que dire d'autre, si ce n'est que nous recevons de Lui grâce après grâce.

L'année 2009 sera difficile mais nous pouvons nous réjouir qu'ayant accueilli en nos cœurs la lumière qui vient de Dieu, nous ne serons pas confondus. Bonne année !
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La voix qui crie dans le désert

Message non lupar etienne lorant » ven. 02 janv. 2009, 12:50

vendredi 02 janvier 2009
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 1, 19-28)

23 Il répondit : «Je suis la voix qui crie à travers le désert : Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe.»

Dans chacun de nos déserts, comme ce désert de solitude que j'ai commencé de traversé depuis avril dernier, il y a une voix qui crie et qui ne cesse de dire : "Aplanis le chemin du Seigneur !" Or, hier soir, avant mon coucher, fatigué et déprimé par la lourde ambiance du repas du jour de l'an - dans la maison de repos, j'ai prié longuement le Seigneur de m'indiquer quelle voie je devrais suivre désormais, quel est le travail (le travail intérieur, derrière l'activité professionnelle) Il me donnerait de me livrer pour mon bonheur.

Excellente question au commencement d'une nouvelle année ! Je l'ai laissée poursuivre son chemin dans les lacets de mon cerveau, car c'est certainement une bonne question, mais dont la réponse n'est jamais immédiate ! Un peu plus tard, j'ai ouvert comme chaque soir mon exemplaire de l'Imitation et j'ai commencé un nouveau chapitre qui disait avec une forte insistance: "Il faut rapporter tous les biens au Christ, qui est le souverain bien". C'est une exigence fondamentale et à la lumière de ce que dit Isaïe, reprit par Jean, j'ai commencé à comprendre que je pourrai tracer un nouveau chemin de bonheur en agissant de la sorte.
Il faut que même le travail fastidieux de l'inventaire annuel soit comme tout le reste, rapporté au souverain bien qui est le Christ.

Le rapport est lointain, si l'on veut... Néanmoins, j'ai compris l'Evangile du jour de cette façon et je me rappelle à présent que saint Paul a pratiqué cette formule jusqu'à pouvoir dire: "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi".

Que le Seigneur nous aide à retirer encore quelques pierres et quelques cailloux qui gênent encore sa venue dans nos coeurs !
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Re: La voix qui crie dans le désert

Message non lupar etienne lorant » ven. 02 janv. 2009, 17:22

vendredi 02 janvier 2009
Un peu plus tard, j'ai ouvert comme chaque soir mon exemplaire de l'Imitation et j'ai commencé un nouveau chapitre qui disait avec une forte insistance: "Il faut rapporter tous les biens au Christ, qui est le souverain bien".
Voici ce passage de l'Imitation : "Considérez chaque bien comme découlant du souverain bien, et songez que dès lors ils doivent tous remonter à moi comme à leur origine (...) Mais celui qui cherchera sa gloire hors de moi, sa joie ne sera ni vraie ni solide, et son coeur, toujours à l'étroit, ne trouvera que des angoisses".

En découvrant ce mot d'angoisse, je réalise d'une part que ma lecture d'hier m'était vraiment destinée, et d'autre part, que ce labeur auquel je peux me livrer, en vue de nouveaux bonheurs, sera de dégager encore le chemin de toutes ces pierres d'achoppement semées autrefois par mes "a priopri d'intellectualisme". Je n'en suis donc toujours pas débarrassé ? En effet, ce qui avait freiné ma conversion, c'est d'avoir fait de l'intelligence, de ce moyen, de cet extraordinaire don de Dieu, le principe même de toute mon existence. Et ainsi tout se tient. Par cette parole d'Isaïe, que répète Jean, le Seigneur me donne pour travail de "faire place nette", de vraiment nettoyer ma maison de tout ce qui n'est pas de lui, c'est-à-dire de tout ce dont je me considérais comme l'unique auteur... je le dis pour ma plus grande confusion: c'est encore et toujours ce manque de foi et d'abandon de foi... et dire que je me prive moi-même de la Joie !
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Evangile de J.C. selon saint Jean 1, 29-34 de Etienne Lorant

Message non lupar christiane » sam. 03 janv. 2009, 18:10

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,29-34.
Le lendemain, comme Jean Baptiste voyait Jésus venir vers lui, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c'est de lui que j'ai dit : Derrière moi vient un homme qui a sa place devant moi, car avant moi il était. Je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l'eau, c'est pour qu'il soit manifesté au peuple d'Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui. Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser dans l'eau m'a dit : 'L'homme sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est celui-là qui baptise dans l'Esprit Saint. ' Oui, j'ai vu, et je rends ce témoignage : c'est lui le Fils de Dieu. »

Comme tout le peule est baptisé, nous dit Luc (3,21), voici que Jésus apparaît lui-même sur les rives du Jourdain. Il est accueilli par le Baptiste, qui utilise à son propos une salutation nouvelle, mais qui n'est pas totalement inconnue des Juifs: "Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde L'Agneau... cette appellation figure dans la prophétie d'Isaïe, au chapitre LIII, et est employée par le prophète pour manifester non seulement la docilité, l'humilité et l'obéissance absolues du Messie à Dieu, mais aussi son extraordinaire destin:

On le maltraite et lui se soumet
et n'ouvre pas la bouche.
Semblable à l'agneau que l'on mène à l'abattoir,
à la brebis muette devant ceux qui la tondent,
il n'ouvre pas la bouche.

Vraiment c'était nos maladies qu'il portait
et nos douleurs dont il s'est chargé.
Et nous, nous le regardions comme un puni,
frappé de Dieu et humilié



Il nous faut bien garder en tête ces éléments: le peuple baptisé, la dénomination de Jésus comme Agneau de Dieu, ainsi quel la prophétie le concernant, si l'on veut comprendre et dévoiler le sens profond de l'événement du baptême de Jésus que Matthieu nous rapporte ainsi:

Alors Jésus vint de Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui, mais Jean s'y opposait en disant: C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi et c'est toi qui vient à moi! Mais Jésus lui répondit: Laisse faire maintenant, c'est ainsi qu'il nous convient d'accomplir toute justice

Désignant Jésus au peuple comme étant l'Agneau de Dieu, Jean le Baptiste a parlé comme Simon-Pierre lorsqu'il affirmera: "Moi je dis que tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !" En sorte que le Baptiste ne comprend pas que Jésus se soumette au baptême, Lui que personne ne peut convaincre de péché ! Mais il se soumet, il obéit et baptise Jésus, tout en se demandant, comme nous, quel est cet accomplissement de toute justice Comment donc Jésus est entré dans les eaux du Jourdain, en faisant pression sur Jean qui résistait ? Pourquoi ?

C'est simplement que, venant après que tout le peuple est baptisé, après que Jean l'ait désigné comme étant l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, Jésus ACCOMPLIT par son baptême la prophétie d'Isaïe. Jésus ne vient pas au baptême comme nous, pour nous y laver de nos fautes, mais Il vient à l'autre bout, Il vient d'En Haut, pour prendre dans l'eau limoneuse du Jourdain tous les péchés que les autres y ont laissés. En paraphrasant, si j'ose: "Il faut que j'entre dans le baptême afin que toute justice soit accomplie"

Dès cet instant, il se charge des péché et les porte pendant trois ans, jusqu'à être broyé par nos fautes et c'est pas ce sacrifice que nous sommes guéris.

O, qui dira la profondeur des mystères et la splendeur des œuvres de Dieu !

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Re: Evangile de J.C. selon saint Jean 1, 29-34 DE ETIENNE LORANT

Message non lupar gerardh » sam. 03 janv. 2009, 18:18

__________

Bonjour Christiane, vous écrivez :
il se charge des péché et les porte pendant trois ans
Ce n'est pas exact : pendant les trois ans de son ministère, Jésus a vécu une vie parfaite, sans péchés, passant de lieu en lieu faisant du bien : il a ainsi accompli la Loi, la rendant grande et honorable. Lexpiation de nos péchés de sa part a eu lieu quant à elle pendant les trois heures sombres de la croix, de la sixième à la neuvième heure (voir par exemple Matthieu 27, 45-46).

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Re: Evangile de J.C. selon saint Jean 1, 29-34 de Etienne Lorant

Message non lupar Etrigan » sam. 03 janv. 2009, 21:08

Lecture agréable que vous faites. Je rajouterais ce qu'en dit Benoît XVI : dans le Jourdain, Jésus est immergé : ce geste préfigure sa mort, descente aux Enfers et sa sortie de l'eau, la résurrection.
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Re: Evangile de J.C. selon saint Jean 1, 29-34 de Etienne Lorant

Message non lupar franc_lazur » dim. 04 janv. 2009, 9:27

Lecture agréable que vous faites. Je rajouterais ce qu'en dit Benoît XVI : dans le Jourdain, Jésus est immergé : ce geste préfigure sa mort, descente aux Enfers et sa sortie de l'eau, la résurrection.
il se charge des péché et les porte pendant trois ans, jusqu'à être broyé par nos fautes et c'est pas ce sacrifice que nous sommes guéris.
Bonjour à tous.

Et moi, avec votre permission, je vais me faire l'avocat du diable !

Car si chez les chrétiens évangéliques, on est obsédé par la rédemption, c'est-à-dire la valeur expiatoire du sacrifice du Christ, il n'en est pas de même chez les théologiens catholiques d'aujourd'hui. Ce sacrifice aurait censément permis à Dieu de pardonner à l'homme ses péchés, car la peine qui leur était due a été subie par le Christ (on trouve cette idée du transfert de la faute dans l'AT avec les sacrifices d'animaux).


L'idée qu'on puisse payer pour la faute d'autrui, et que cela soit suffisant pour effacer la faute de ce dernier, cette idée peut paraître bizarre et même absurde. Même au cas où on entretiendrait de forts liens affectifs avec le coupable... Quel tribunal accepterait qu'un innocent aille en prison à la place d'un coupable, même si l'innocent se portait volontaire?


Une analogie souvent donnée, c'est que le péché était comme une dette, et qu'une dette peut être payée par quelqu'un d'autre. Mais voilà. Je ne suis pas convaincu que le péché soit identique à une dette. Avoir une dette, ce n'est pas "mal". Ce n'est pas la même chose qu'une faute, qui nous cause un sentiment de culpabilité. Une faute nous rend coupables, parce qu'on se rend compte qu'il valait mieux agir autrement. Mais une dette ne rend pas coupable, et il ne valait pas nécessairement mieux ne pas la contracter.

Ces théologiens "évangéliques" présentent Dieu comme un justicier sanguinaire, un maquignon rapace, pour qui la rançon n’a d’ailleurs pas d’odeur, puisqu’il sacrifie l’innocent pour le coupable. A moins qu’on y voit une transaction fictive de Dieu à Dieu, un capital changeant de tiroir dans la même caisse. Mais alors, pourquoi cette comédie ? et dans ce "jeu", pourquoi la souffrance et la mort d’homme ?... de toute façon, dans un cas comme dans l’autre, la Résurrection devient sans importance puisque tout est payé, "racheté" par la mort.


Du coup, de nombreux théologiens catholiques prennent leur distance face à ce scénario, qui leur paraît incompatible avec un Dieu d'amour. Mais il semblerait que les Textes du NT donne raison aux évangéliques sur ce point.


Qu'en pensez-vous ?


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