Liturgie du jour avec Boisvert (2008)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Tous ces prodigieux paradoxes !

Message non lupar boisvert » mar. 20 mai 2008, 18:15

Lettre de saint Jacques 4,1-10.

D'où viennent les guerres, d'où viennent les conflits entre vous ? N'est-ce pas justement de tous ces instincts qui mènent leur combat en vous-mêmes ? (...) L'amour pour les choses du monde est hostilité contre Dieu ; donc celui qui veut aimer les choses du monde se pose en ennemi de Dieu. Vous pensez bien que l'Écriture ne parle pas pour rien quand elle dit : Dieu veille jalousement sur l'Esprit qu'il a fait habiter en nous. Mais il nous donne une grâce plus grande encore ; c'est ce que dit l'Écriture : Dieu s'oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce. Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au démon : il s'enfuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et lui s'approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; hommes partagés, purifiez vos coeurs. Affligez-vous, lamentez-vous et pleurez ; que votre rire se change en lamentations et votre joie en tristesse. Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.

Il existe, de manière éparse dans les Evangiles, une sorte de répétition constante d'un principe spirituel qui équivaudrait, sur le plan de la physique, au principe des vases communicants. A tel niveau d'abaissement correspond un relèvement équivalent. "Ce qui s'abaisse sera élevé, ce qui s'élève sera abaissé", "Beaucoup des premiers seront les derniers seront les premiers", "Celui qui veut être grand parmi vous, qu'il soit votre serviteur", "Heureux le serviteur qui a été trouvé fidèle en peu de choses, il lui en sera confié beaucoup", etc.

C'est un refrain perpétuel, une sorte de "voix mineure" de la miséricorde divine. Ainsi, les ouvriers de la dernière heure, par pure bonté ("Vas-tu me regarder d'un oeil mauvais parce que moi, je suis bon ?"), reçoivent le même salaire que ceux qui ont supporté toute la chaleur du jour. Les enfants sont privilégiés par rapport aux adultes, car il faut leur être semblable pour entrer dans le Royaume. Un truand, pendu au bois de la croix avec Jésus, est le premier à accéder au paradis, avant même que le Christ soit descendu "aux enfers" pour libérer toutes les âmes (qui attendaient ce jour depuis les "temps anciens".) La veuve dans le temple a donné plus que tous les autres puisqu'elle a donné de son nécessaire... quel que soit le montant du superflu abandonné par les autres.

Ces paradoxes entretiennent chez les auditeurs de Jésus, pas seulement dans le peuple, mais aussi chez les pharisiens et les docteurs de la Loi, l'étonnement mais aussi la prudence, l'attention, l'état d'éveil. Quand je lis (toujours) Simone Weil, je vois ce qu'elle appelle "l'attention créatrice" élevée en fondement de la charité. Pas étonnant, si l'on songe à la tirade de Jésus qui, après la guérison de l'aveugle-né, déclare aux Juifs : "Si vous étiez aveugles, alors vous seriez purs et sans péché, mais aussi longtemps que vous dites "nous voyons", votre péché demeure !"

O Seigneur, je T'adore, comme ta Parole fait les délices de mon cœur et de ma bouche !

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Incompatibilité de l'âme

Message non lupar boisvert » jeu. 22 mai 2008, 14:26

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,41-50.

Et si ta main t'entraîne au péché, coupe-la. Il vaut mieux entrer manchot dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux mains dans la géhenne, là où le feu ne s'éteint pas.

Si ton pied t'entraîne au péché, coupe-le. Il vaut mieux entrer estropié dans la vie éternelle que d'être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne.

Si ton oeil t'entraîne au péché, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne dans le royaume de Dieu que d'être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s'éteint pas.
Car tout homme sera salé au feu.
C'est une bonne chose que le sel ; mais si le sel cesse d'être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa force ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »

Cet Evangile tombe à pic pour moi qui, hier soir, après avoir tenté de lier de nouveaux contacts en ville, ne suis rentré que pour m'agenouiller sous le cierge de Pâques que j'avais gardé pour une telle occasion. Après avoir imploré la miséricorde divine, j'ai pris la résolution de ne plus tenter quoi que ce soit dans le but de combattre le sentiment de solitude qui m'a serré le cœur depuis le 17 avril.

Un mois m'a suffit pour comprendre qu'il n'existe plus en moi aucun "point d'ancrage" qui corresponde à ce monde. Une telle entreprise ne correspond plus à l'homme que je suis devenu. Je ne peux plus revivre le passé. Si je persistais dans cette voie, je ne pourrais que m'égarer et me causer un grand mal. En vérité, comme je l'ai écrit récemment : "Je n'attends pas la fin du monde, puisque le monde est fini pour moi". Mais il me reste quelques tâches à accomplir, quelques travaux auxquels je suis soumis par les lois de ce temps, et l'organisation de la société; en apparence, le bouquiniste continuera donc à classer ses livres et conseiller ses clients.

Dans le réel, je vais de l'avant dans la solitude, l'activité silencieuse... et tout le surnaturel que ces silences recèlent. Et un jour, quand les forces m'abandonneront, je dirai comme mon vieux papa Gabriel devant le médecin qui voulait le "récupérer" à tous prix : "Je ferai tout ce que je peux, mais laisser moi me nourrir seul", puis je me laisserai emmener pour traverser la mort et le rejoindre auprès du Père. Et je prie déjà le Père avec un grand désir d'abandon, en disant: "Père, non comme je veux, mais comme Toi, Tu veux"....

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Re: Incompatibilité de l'âme

Message non lupar Anne » ven. 23 mai 2008, 4:19

Que dire? Comme toujours, ce que vous écrivez est touchant et favorise la réflexion.

J'espère que la voie dans laquelle vous vous engagez vous apportera la sérénité et la joie intérieure.

:croix: Dieu vous bénisse et vous garde!
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

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Que tirer d'un malheur ?

Message non lupar boisvert » ven. 23 mai 2008, 11:26

Lettre de saint Jacques Apôtre (Jc 5, 9-12)

09 Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
10 Frères, prenez pour modèles d'endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
11 Voyez : nous proclamons heureux ceux qui tiennent bon. Vous avez entendu dire comment Job a tenu bon, et vous avez vu ce qu'à la fin le Seigneur a fait pour lui, car le Seigneur est tendre et miséricordieux.
12 Et avant tout, mes frères, ne faites pas de serment : ne jurez ni par le ciel ni par la terre, ni d'aucune autre manière ; que votre « oui » soit un « oui », que votre « non » soit un « non », ainsi vous ne risquerez pas d'être condamnés.

Ce qui est arrivé à Job est terrible, et lorsqu'on lit commence à lire le livre de Job, on est d'office tenté de dire: "Comment Dieu a-t-il permis cela ?" Mais ce que dit Job, sa toute première réaction, ce n'est pas du tout cela, bien au contraire ! Mais il déchire ses vêtements, se prosterne contre terre et dit: "Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris: Que le nom du Seigneur soit béni !" Ce n'est pas pour rien que mon amie Simone Weil fait du personnage de Job l'une des préfigurations du Christ, du Serviteur Souffrant. Après avoir été atteint par la perte de ses proches, et par la ruine de ses biens, Job est atteint d'une sorte de lèpre qui l'oblige à se gratter constamment à l'aide d'un tesson. Ses interlocuteurs successifs vont tenter de lui faire admettre qu'aucun ne saurait être frappé ainsi s'il n'a commis quelques fautes contre Dieu, mais Job, imperturbable, clamera de bout en bout son innocence et maintiendra sa foi.

Le malheur nous frappe tous. Tôt ou tard, de manière aveugle, du moins en apparence. Plus de cinquante mille Chinois viennent de périr dans un tremblement de terre. Beaucoup plus proche de moi, Xavier est en ce moment-même sur la table d'opération, car il souffre de calculs biliaires (aussitôt associés par ses connaissances à des excès de table.)

Mais, pour moi-même, ce dont je suis certain, c'est que, par deux fois au moins (et plus, si j'entrais dans les détails), le malheur m'a frappé, mais je m'en suis toujours sorti agrandi ou ayant échappé à un malheur plus grand qui me guettait. Et je dis aussi qu'un de mes malheurs - le plus cruel en apparence, fut et demeure en vérité, un signe particulier de la miséricorde divine. Un signe qui me trouble parfois, mais qui me nourrit toujours.

Par contre, non, je suis loin de pouvoir m'expliquer de la même manière tous les malheurs dont je suis témoin ou bien dont j'entends parler. Mon ami Jean-Paul est décédé un quinze mai en s'écrasant contre un arbre avec sa voiture : totale incompréhension des parents, mais ceux-ci, grands croyants, ont continué de vivre sans perdre ni la foi ni l'espérance.

Et de toute façon, le malheur ne vient pas de Dieu, mais il conduit à Dieu. C'est un discours que la plupart ne veulent pas entendre et cependant, lorsqu'on y songe bien, quiconque n'a connu que des bonheurs dans sa vie, ne sait pas réellement ce qu'est la vie et il se plaint aussi: l'ennui est son perpétuel malheur.

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Re: Incompatibilité de l'âme

Message non lupar boisvert » ven. 23 mai 2008, 14:54

Bonjour Anne,

Je vous crois sensible à la beauté. Et la beauté nous rend fragiles, car pour peu que nous soyons un peu humbles, nous l'admettons, nous comprenons que des forces immenses sont en jeu dans l'univers, mais tout de même capables de créer un spectacle d'eaux tranquilles sous un ciel de mai, entouré d'herbes et de fleurs qui, sans ces pressions immenses, éparses dans l'univers, n'avaient aucune chance de paraître - ne serait-ce qu'une seule heure, un seul jour, du moins dans l'ordre humain. En tout cas, je me suis fait cette réflexion la dernière fois que j'ai pris des vacances, il y a treize ans, dans les Vosges.

Je me souviens: Victor Hugo, dans Choses Vues, raconte l'histoire d'une petite pâquerette, qu'il a entrevue entre deux planches clôturant un terrain vague en plein Paris. Il se renseigne et s'étonne, car il y avait là, à la place du terrain vague, un théâtre qui recevait des centaines de personnes le soir jusqu'à l'incendie qui l'avait ravagé. Et puis, voilà, cette petite fleur, jaune, qui se nourrit d'une goutte d'eau, fait les délices d'un poète déjà vieillissant... Je crois que la vie nous cache beaucoup plus qu'elle nous révèle sur l'ordre "non-apparent" qui est en perpétuel mouvement dans le monde et au-delà du monde.

Tout cela est très vif, optimiste, extrêmement réjouissant. Comment se fait-il alors que la plupart des hommes semblent si pressés... d'agir exactement à l'inverse, et de vouloir tout provoquer, y compris leurs malheurs ?

Je suis sur le site MSN dont je mentionne le lien ci-après. Soyez la bienvenue: c'est Sylvie, une québécoise du Saguenay qui l'a fondé et Dieu sait comment, moi qui suis tournaisien, je m'y suis retrouvé !

http://groups.msn.com/JesusluiditDonnem ... &item=3906


Bien à vous,

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Re: Incompatibilité de l'âme

Message non lupar boisvert » sam. 24 mai 2008, 16:39

4 Les Juifs se groupèrent autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous laisser dans le doute ? Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement ! »
25 Jésus leur répondit : « Je vous l'ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage.
26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis.
27 Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.
28 Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main.
29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père.
30 Le Père et moi, nous sommes UN. »

De mon côté, chez les Clarisses, à cause de la fête d'un saint Franciscain, j'ai entendu avec bonheur ce passage extrait du chapitre 10 de Jean.

Cette Parole protectrice de Jésus, m'est descendue comme un baume de force et de douceur dans l'oreille, puis dans le cœur, après seulement trois heures de sommeil d'une nuit de chagrin profond, épuisante de larmes et de supplications ("Je suis seul, Seigneur, comment puis-je être aussi seul ! Pourquoi me laisser ainsi !", etc.)... que j'avais finalement voulu "tuer" à coups de somnifères - mais en vain.

A 4 heures, je me suis levé, je me suis connecté sur le site de l'Abbaye du Mont-des-Cats (Nord, Pas de Calais), vers laquelle je peux me diriger au plus tôt à la mi-juin. Puis, je me suis rendu à l'Eucharistie, en vue de rapporter l'hostie du dimanche à ma mère, car il est juste qu'elle bénéficie du même service auquel j'avais veillé pour eux deux, chaque dimanche depuis 1995.

J’ai fait part de mon intention. Demeurer à travailler dans le monde ne peut plus rien m'apporter. Mais je trouverais à la Trappe bénédictine une discipline de vie assez comparable à celle que j'avais vécue quand j'étais soldat. "Pour l'instant, j'ai trop le temps de penser, voilà tout, mais du fait de la règle de l'obéissance, je serai libre dans l'esprit, je n'aurai plus jamais aucun souci... et même, je n'aurai plus à combattre ma propre souffrance".

Elle m’a répondu que souvent les membres d'une communauté savent à peine se supporter entre eux, mais je sais de quoi il retourne : « Peu importe les susceptibilités, la seule Personne qui compte est présente à chaque office, Elle fait taire toutes les voix discordantes, et le reste n’importe pas du tout ».

Finalement, est-ce que je pourrais faire un moine heureux ? C’est quasiment évident pour moi : mon travail, quel qu’il soit, serait soumis aux mêmes conditions de silence et de longueur de temps que je connais ; la « Lectio Divina », que je connais déjà, fait partie de la formation des novices ; la journée du moine est entièrement focalisée autour des différences offices, du matin, du midi et du soir : j’ai toujours regretté de ne pouvoir participer en ville aux Vêpres. Par ailleurs, je n’aurais plus à gérer tout un système de surveillance contre le vol, ni à me tenir aux aguets en prévision d’une agression (surtout en fin de semaine), etc.

Ma mère a achevé en disant que « ce n’est pas une vie », mais pour moi, ce n’est déjà plus « une vie » depuis des années. Au fait, qu’est-ce qu’une vie ?

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Fête du saint sacrement

Message non lupar boisvert » dim. 25 mai 2008, 19:12

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean (Jn 6, 51-58)

54 Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.

C'est déjà le cinquième dimanche - du moins que j'ai pu compter, que je reçois l'Eucharistie après la Réconciliation, avec comme à chaque fois depuis 1985, l'embras(s)ement de mon âme par Jésus... aussitôt que les mots d'absolution et de rémission" touchent mes oreilles. A chaque fois, depuis toujours, je me tiens prêt pour essayer de comprendre cet envahissement de l'Amour dans mon âme et à chaque fois, je suis confondu, inondé d'Amour, débordé et débordant.

Mais j'ai obtenu une autre grâce en cette fête du Saint-Sacrement, et c'est de faire mon partage à voix haute avant de communier, à partir du verset 54 et de l'épisode de la résurrection de Lazare:

Ce qui est frappant, ai-je dit, c'est que Jésus ignore superbement l'emploi des temps. N'était-il pas plus logique, en effet, dans le premier membre de ce verset de dire: "celui qui mangera ma chair et boira mon sang aura la vie éternelle ?" Mais par l'emploi de l'indicatif présent semble promulguer une règle qui demeurera valable jusque dans l'éternité. "Celui qui mange ma chair et boit mon sang": c'est nous, aujourd'hui, en 2008 - exactement comme pour les disciples et les fidèles ensuite, dès l'institution de l'Eucharistie.

Mais alors, pourquoi le futur simple dans le second membre du verset: "Et moi je le ressusciterai au dernier jour" ?
Ce que j'en ressens, c'est qu'a partir du moment où, par la communion, le Christ demeure en la personne qui demeure en lui (verset 56), alors à chaque fois, de manière individuelle, le Seigneur viendra le ressusciter. Bref, dans la seconde partie du verset 54, il y a un renforcement, une insistance : "c'est ainsi, croyez moi !"

Enfin, le "dernier jour" me rappelle le récit de la résurrection de Lazare et le dialogue entre Jésus et Marthe. Dans un premier temps, Jésus tente d'ouvrir les yeux de Marthe sur ce qui va se produire: (Jn 11,23) Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » 24 Marthe reprit : « Je sais qu'il ressuscitera au dernier jour, à la résurrection. » 25 Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ;26 et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »

Oui, Marthe croit, mais elle ne comprend pas que puisque Jésus est là, la résurrection de Lazare est pour tout de suite.
Alors, nouvelle réaction de Marthe dès le verset 39

39 Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la soeur du mort, lui dit : « Mais, Seigneur, il sent déjà ; voilà quatre jours qu'il est là. » 40 Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l'ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » 41 On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m'as exaucé.
42 Je savais bien, moi, que tu m'exauces toujours ; mais si j'ai parlé, c'est pour cette foule qui est autour de moi, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé. » 43 Après cela, il cria d'une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »

Dans ce verset 54, aucune trace de la mort. Il y a simplement continuité de la vie après une résurrection, mais pas de mort. Celui qui demeure en Jésus et en qui Jésus demeure ne connaît pas la mort. Il peut connaître la souffrance, le doute, les les larmes, l'agonie, mais il ne connaît pas la mort".

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Les premiers les derniers, les derniers les premiers

Message non lupar boisvert » mar. 27 mai 2008, 14:50

28 Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
29 Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre,
30 sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.
31 Beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers seront les premiers. »
(Mc 10, 28-31)

A cause de Jésus et de l'Evangile, je sais qu'il y a eu en moi beaucoup de déchirements et de brisures et de peines dès le moment de ma conversion - ne serait-ce que lorsque le Supérieur des Franciscains n'a pas su me recevoir, alors que comme les disciples, prenant l'Evangile à la lettre, j'avais tout quitté pour le rencontrer, abandonnant la boutique et mes clients et voyageant par train et en levant le pouce, obligé sur place de l'attendre quatre jours dans un petit motel, car il était absent. Et plus tard, tous les jeunes que j'avais servis pendant trois ans qui se sont éparpillés comme une volée de moineaux, et encore, quand la seule femme que j'avais voulu épouser m'a abandonné - et cette affaire en Justice, lorsqu'au bout de trois années de soucis et de harcèlements policiers, le Juge m'a dit: "Rentrez chez vous, vous n'avez même pas été inculpé (mis en examen), vous ne pouvez pas être jugé".

Mais le centuple, je l'ai eu. Ayant fait vœu de pauvreté en mai 1990, j'ai continué de travailler sans jamais faire attention à l'argent que je gagnais. C'est un peu fou, mais c'est ainsi. Devenu très solitaire, je passais la majeure partie de mes journées en écoutant du Bach, je ne sortais pas, je mangeais peu, je ne prenais pas de vacances, je rendais service et on me filait de "l'argent de poche". Chaque semaine, je mettais la somme sur un compte d'épargne. Accablé par le départ de Marcelline, je suis demeuré muet pendant trois ans, avant de commencer à retourner à l'église régulièrement. Je n'ai jamais manqué de rien du tout - car le secret de la richesse véritable, c'est que les objets n'ont plus d'attrait qu'une utilité temporaire. (L'ordinateur de la maison est de 1995 - il fonctionne toujours très bien pour l'usage que j'en fais).

Le centuple, je l'ai eu aussi par ma formation théologique fondée sur le mystère de la miséricorde, par le talent d'écriture que j'ai découvert assez tard, par des temps d'adoration durant lesquels je me sentais embrasé comme devant un grand feu de joie; par la psalmodie de la liturgie des heures, par ces "marches priantes" durant lesquelles j'ai eu bien souvent le sentiment d'avoir franchi le parvis des Cieux, tant j'avais la tête libre de tout; par la rencontre de certains internautes (que je ne jamais ni vus ni rencontrés - je n'ai jamais tchaté avec une webcam); en écoutant les Variations Goldberg jouées par Glenn Gould, j'ai eu l'impression que des anges m'avaient visité; j'ai été délivré du tabac alors que tous avaient parié contre moi; tous mes concurrents en ville ont vu ma fin lors des travaux de la galerie mais aujourd'hui, je suis mieux placé qu'eux tous, etc.

Que signifie donc cette petite phrase anodine: beaucoup de premiers seront derniers, et les derniers les premiers ? Cela se vérifiera pas seulement en ce monde, mais aussi dans l'autre. Beaucoup auront manifesté leur foi d'une façon tapageuse comme en faisant donner de la trompette devant eux, en s'agitant et en parlant beaucoup, tandis que dans leur ombre, la tête presque rasant le sol, ceux qui ont découvert le Dieu "qui est là et qui voit dans le secret", vont et viennent comme de petites fourmis. Ainsi, Bernadette, 54 ans, qui été comme hiver vient à l’office du matin – depuis le village, sur son mini-vélo (tandis que j’arrive en retard en voiture). Bernadette, qui ne sait pas ce que ça veut dire « théologie » mais qui passe ses journées à visiter les malades, depuis que ses parents sont décédés. Chapeau bas pour Bernadette – que personne ne salue, ni ne regarde même ! Elle me rappelle :

Voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. » (Luc 2,12)

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La succession de Jésus

Message non lupar boisvert » mer. 28 mai 2008, 10:07

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 10, 32-45)

32 Les disciples étaient en route avec Jésus pour monter à Jérusalem ; Jésus les précédait ; ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient étaient aussi dans la crainte. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :
33 « Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l'homme sera livré aux chefs des prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort, ils le livreront aux païens,
34 ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront et le tueront, et trois jours après, il ressuscitera. »
35 Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s'approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu exauces notre demande. »
36 Il leur dit : « Que voudriez-vous que je fasse pour vous ? »
37 Ils lui répondirent : « Accorde-nous de siéger, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, dans ta gloire. »
38 Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire à la coupe que je vais boire, recevoir le baptême dans lequel je vais être plongé ? »
39 Ils lui disaient : « Nous le pouvons. » Il répond : « La coupe que je vais boire, vous y boirez ; et le baptême dans lequel je vais être plongé, vous le recevrez.
40 Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m'appartient pas de l'accorder, il y a ceux pour qui ces places sont préparées. »
41 Les dix autres avaient entendu, et ils s'indignaient contre Jacques et Jean.
42 Jésus les appelle et leur dit : « Vous le savez : ceux que l'on regarde comme chefs des nations païennes commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
43 Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur.
44 Celui qui veut être le premier sera l'esclave de tous :
45 car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Cet épisode me paraît à première vue un peu choquant et je me sens quelque peu "indigné" comme les dix autres apôtres. Cependant, je tiens toujours compte du fait que, jusque là, tous les disciples ont vécu en suivant Jésus plus avec le coeur qu'avec la tête, sans saisir la portée exacte de multiples paroles du Maître.

C'est par exemple le cas lorsqu'ils s'inquiètent de ne plus avoir qu'un pain dans la barque, alors que Jésus vient d'en multiplier cinq mille et qu'il en restait encore. C'est le cas, encore, et de manière plus significative, lorsque, n'ayant rien compris à l'enseignement sur le Pain de Vie... ils ne vont pas cesser de suivre Jésus - qui leur a posé la question directement - mais ils s'exclament en chœur : "Où irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle !"

Et ensuite, je vis moi-même dans une étape transitoire. Mon père est décédé le 9 avril, ma mère est dans la maison de retraite, il y a des factures à payer, je dois m'organiser différemment, et je me demande parfois: qui va faire quoi ? Enfin, il ne faut jamais oublier que tous, Jacques et Jean comme les autres, ne peuvent s'imaginer la crucifixion et la résurrection de Jésus que dans la perspective de fantastiques bouleversements dans le ciel et sur la terre. Le Seigneur lui-même n'a-t-il pas prévenu de sa seconde venue, avec "gloire et puissance" ?

Ce qui me touche personnellement dans ce passage, est beaucoup plus intime. Jésus leur décrit par avance les offenses, les outrages, les coups, la crucifixion... et le mot de résurrection paraît cette fois bien faible tout à la fin. Or, la nuit passée, ayant découvert le carnet de santé de mon papa défunt, j'ai pu lire que dès la fin 2003, le médecin avait noté qu'il désirait mourir tant il souffrait de son dos. Je n'ai pas pu m'empêcher de tourner les pages de ce carnet, en essayant de déchiffrer l'écriture du médecin. J'étais fasciné en même temps par la pugnacité de mon vieux père et son désir de mourir, accompagné d'une grande détresse. A certains endroits, le médecin a écrit: "Il se donne beaucoup de mal pour me montrer qu'il peut marcher et "travailler" encore"; "Aujourd'hui, il joue le mort tout raide sur le lit et refuse que je l'examine"; "Il se plaint d'être une charge trop lourde pour son épouse", ou encore: "Il se montre ironique en disant que seuls les médecins légistes savent de quoi souffrait un malade, mais trop tard !" Et de multiples chutes sont mentionnées, qui ont eu lieu quand je n'étais pas là - et que les deux m'ont cachées, car j'aurais insisté pour un placement rapide en maison de repos et de soins...

Quand j'ai refermé ce carnet, je me suis dit qu'après une longue arrière de chercheur en laboratoire, puis une longue carrière d'enseignant, puis de comptable pour la fabrique d'église, ne s'étant refusé ni comme époux, ni comme père, il ne s'était pas refusé non plus comme croyant, par sa souffrance. Il ne connaissait que le travail et sa souffrance fut bien son dernier travail - je sais de quoi je parle, moi qui l'ai vu communier dans la douleur, chaque dimanche: il tenait l'hostie entre ses longs doigts osseux avec de grands yeux d'enfant... et maintenant, quoi ? QUOI ? Qu'est-ce que je peux faire, moi le fils, après tout ça ?!?

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Fête du coeur de Jésus

Message non lupar boisvert » ven. 30 mai 2008, 18:02

Première lettre de saint Jean 4,7-16.

Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. Voici à quoi se reconnaît l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est lui qui nous a aimés, et il a envoyé son Fils qui est la victime offerte pour nos péchés. (...) Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu'il nous donne part à son Esprit.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,25-30.

Tout m'a été confié par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler.

En découvrant la théologie de la Miséricorde, dont le point central est l'amour de compassion de Dieu, pleinement manifesté dans le coeur transpercé de Jésus-Christ... j'ai en même temps découvert... un état de fait, une analyse, à laquelle j'adhère, mais en entrant en complète opposition avec ce que ma chair - véritablement, conteste et proteste: Dieu se suffit entièrement à Lui-même et n'avait nul besoin de créer, ni de placer l'homme au sommet de la création.
Et en ce sens, dès le départ, le seul fait que nous existions est déjà une manifestation de la miséricorde divine.

En sorte que nous devons rendre grâce à Dieu, pas seulement parce que "Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour", mais simplement du fait qu'il nous a été donné de Le découvrir. (Et si je regarde autour de moi, dans mes relations et ma famille elle-même, cette connaissance de Dieu, par Jésus-Christ, qui n'est jamais achevée, mais qui se poursuit encore... eh bien, j'ai vraiment eu la chance extraordinaire de l'obtenir ! Or, je ne l'ai pas obtenue par un effort surhumain, mais cela m'a été donné, au contraire, par la reconnaissance de mon humanité pécheresse et défaillante.

Ce simple exposé rend bien compte des textes que j'ai cités. Car si le Fils ne m'avait pas donné part à son Esprit, je ne saurais écrire le moindre mot sur un sujet que ma raison, autrefois, aurait repoussé avec un geste d'irritation: le mystère, nous n'aimons pas - du moins tant que nous ne l'avons pas reconnu dans nos vies....

Aujourd'hui, fête du Sacré Cœur, je ne suis presque pas étonné d'avoir lu dans la Pensée du Jour:

Pensée 1C_25: Mon enfant, viens te reposer sur Mon Coeur, remets-Moi ton fardeau et tu trouveras léger Mon joug! Aujourd'hui, le mot de Léandre Lachance colle complètement autant à l'Evangile du jour qu'à ma condition de vie actuelle - qui implique un abandon de confiance absolu

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Cieux et terre se sont rencontrés, alleluia !

Message non lupar boisvert » sam. 31 mai 2008, 16:12

En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint, et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom ! Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides. Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. » Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.

Je suis toujours dans l'admiration que dans cette scène, les yeux de chair ne verront jamais que deux personnes, deux femmes, Elisabeth et Marie. L'une, la plus âgée, dont le ventre rebondi est véritablement signe d'âge; l'autre beaucoup plus jeune, vive et quasi enfantine dans sa salutation.

Et puis, au-delà, la chair, en vérité, au-delà des apparences, il y a ici six personnes... Ils sont bien six: Marie et Jésus, Elisabeth et Jean, l'Esprit-Saint, et l'Esprit étant présent, Dieu le Père y est aussi.

De ce fait, si je puis dire, les dialogues entre les deux personnes "visibles" se placent d'emblée sur un autre plan, et dans les déclarations successives de l'une et de l'autre, nous voyons bien comme le surnaturel est proche du naturel, mais sans pouvoir se mélanger. Elisabeth constate que quelque chose de merveilleux est en train de se passer; et au travers d'un seul "tressaillement d'allégresse" de l'enfant qu'elle porte, elle est pleinement informée de ce que signifie la visite de sa petite cousine Marie...

Et cette allégresse - qui, avec Marie, devient jubilation, exclamation, exaltation, exultation, semble bien être le mode de communication des six personnes entre elles - c'est, dirait-on, comme un "courant de joie" qui passe et qui amplifie les perceptions, les capacités, et la vie elle-même.

Par ailleurs, toute l'histoire sainte, le passé, le présent et le futur, sont condensés dans cette rencontre "au sommet". L'ancienne Alliance est présente par Elisabeth - qui rappelle Sarah, l'épouse stérile d'Abraham, qui enfantera Isaac, l'héritier de la promesse divine. Les Prophètes sont présents avec Jean, dont le Christ dira: "Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui." Car la nouvelle Alliance est déjà présente, par Marie qui apporte avec elle Celui qui était attendu par tous, dont l'origine "remonte aux temps ancien" et par qui "Tout a été fait"....

Et pour une telle rencontre, le lieu n'est pas célèbre (ce n'est pas le Sinaï, ce n'est pas Jérusalem), aucune publicité n'a été faite, la foule n'est pas là, et il n'y a pas d'effets spéciaux... Mais il suffit que le courant passe et la compréhension est totale et parfaite.

Ainsi, en ce lieu, dans la maison de Zacharie, "dans une ville de la montagne de Judée", (avant même qu'à Bethléem), ont convergé et se sont retrouvés les porteurs de Lumière et tous ceux qui l'espéraient. Quant à nous, qui contemplons la scène, nous percevons le mystère du temps universel qui, plutôt que de s'étaler, se condense tout d'un coup, avant de repartir comme si rien ne s'était passé. Et après un moment prodigieux hors du temps, par-delà l'Histoire, le déroulement des événements reprend son cours de manière tout à fait anodine, en effet: "Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle."

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Re: Cieux et terre se sont rencontrés, alleluia !

Message non lupar Anne » dim. 01 juin 2008, 4:01

:amoureux: Comme toujours, vos réflexions sont édifiantes! Merci de les partager avec nous!

J'en profite pour ajouter ces photos de la jolie sculpture qu'on peut trouver à l'Église de la Visitation à Ain Karem...

Image
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"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

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Les vignerons homicides

Message non lupar boisvert » lun. 02 juin 2008, 15:39

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,1-12.

Jésus se mit à leur parler en paraboles : « Un homme planta une vigne, il l'entoura d'une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde. Puis il la donna en fermage à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya son serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par ceux-ci ce qui lui revenait du produit de la vigne.
Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent sans rien lui donner. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l'assommèrent et l'insultèrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d'autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres.

Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé. Il l'envoya vers eux en dernier. Il se disait : 'lls respecteront mon fils.'
Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : 'Voici l'héritier : allons-y ! tuons-le, et l'héritage va être à nous !'
Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d'autres. N'avez-vous pas lu ce passage de l'Écriture ?La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre angulaire. C'est là l'œuvre du Seigneur, une merveille sous nos yeux ! »

Les chefs des Juifs cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. (Ils avaient bien compris que c'était pour eux qu'il avait dit cette parabole.) Ils le laissèrent donc et s'en allèrent.

Aujourd'hui, de tout l'Evangile, je retiens seulement ce mot, qui m'a beaucoup touché:
- "Il lui restait encore quelqu'un : son fils bien-aimé. Il l'envoya vers eux en dernier. Il se disait : 'lls respecteront mon fils.'"

En mettant ces mots dans la bouche du propriétaire de la vigne, Jésus nous montre un Dieu très différent de celui de la toute-puissance exaltée dans l'Ancienne Alliance... mais on dirait plutôt un bon vieux père, qui essaie désespérément de mettre de l'ordre dans sa maison, et qui se dit: "Tout de même, ils n'oseront pas, ils respecteront mon fils !"

Dieu paraît ici comme quelqu'un qui ne sait pas s'imaginer le mal, la spirale du mal, de la violence, de l'avidité et de la haine. Et, en y réfléchissant un peu, ce n'est que la stricte vérité: la seule manière pour Dieu de connaître le mal, c'est comme quelque chose de totalement extérieur à Lui-même. Il voit que les hommes sont atteints et dégradés par le mal, mais Lui-même ne sait concevoir que l'Amour.

Alors, devant le mal, Dieu manifeste encore plus d'Amour. Mais il ne s'agit pas de quantité, de force, de puissance, non, il s'agit de qualité ! C'est comme si, pour éteindre un grand incendie de forêt, les pompiers envisageraient d'abord la qualité de l'eau avant la quantité. Pour détourner les hommes du mal, Dieu ne va pas envoyer une armée d'anges, mais Il va se livrer Lui-même en son Fils, Il va prendre sur Lui tout le mal, toute la violence, toute la haine, et réussir - à travers l'impossible - de montrer que, oui, tout de même, il n'y a que l'Amour pour passer au-dessus du mal et de la mort.

Cette parabole des vignerons homicides nous est rapportée alors même que les ces meurtriers sont présents: ce sont ces "chefs des Juifs" qui cherchent à arrêter Jésus, à se saisir de lui physiquement. Comme cela me paraît étrange : ce mouvement qui consiste à vouloir s’emparer du corps de quelqu’un, en vue de le mettre au supplice… pour une parole dite ?

C’est hors de proportion, c’est même « hors de sujet ». Oh, cela se pratique couramment, mais c’est comme vouloir élever une digue contre du vent, ou un château contre une fourmilière, c’est comme attaquer du son avec des épées et des couteaux, tuer la poésie en jouant du tambour… c’est pourquoi les martyres ont peu de difficultés à donner leur vie – c’est ce qu’ils faisaient déjà.

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"Gott mitt Uns", "In God we trust", "Dieu et mon droit", etc

Message non lupar boisvert » mar. 03 juin 2008, 15:19

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 13-17)

On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? ¦ De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 13-17)

On envoya à Jésus des pharisiens et des hérodiens pour le prendre au piège en le faisant parler, et ceux-ci viennent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens, mais tu enseignes le vrai chemin de Dieu. Est-il permis, oui ou non, de payer l'impôt à l'empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »

Mais lui, sachant leur hypocrisie, leur dit : « Pourquoi voulez-vous me mettre à l'épreuve ? Faites-moi voir une pièce d'argent. » Ils le firent, et Jésus leur dit : « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? De l'empereur César », répondent-ils. Jésus leur dit : « A César, rendez ce qui est à César, et à Dieu, ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d'étonnement à son sujet.

Les envoyés des pharisiens et des hérodiens commencent par parler à Jésus en toute vérité, mais leur discours a un défaut majeur : ils ne croient pas un mot de ce qu'ils disent. Eux-mêmes ne peuvent imaginer et se représenter que ce qui est pure flatterie à leurs yeux n'est en réalité que la simple vérité… C'est ce que j'ai d'abord remarqué ce matin, en songeant qu'il en advient ainsi de beaucoup de religieux et de religieuses, de prêtres et de pasteurs, surtout dans les églises instituées… qui ont cessé de se remettre en question chaque jour. Est-ce la routine ? La surcharge de travail ? Est-ce simplement l’indifférence générale ou la « congruence » de la modernité, ou les deux… qui font qu’un matin, plutôt que de voir Jésus dans le prochain, on lui demande sa carte d’identité ?

C’est en tout cas ce qui m’est arrivé, il y a trois jours à peine, lorsque j’ai envoyé un courriel à un « frère Bernard », webmaster d’un monastère, dans lequel je rapportais mon désarroi. Lui n’a pas su quoi me répondre. Il m’a répondu : que voulez-vous ? Je lui ai répondu : sans doute un partage, un mot de compassion, peut-être une invitation à venir me ressourcer chez vous ? Est-ce que cela ne me ferait pas du bien ? Votre prière, peut-être, suffirait… mais le dialogue s’est arrêté là.

Ensuite, en déchiffrant les petits caractères italiques qui figurent en préface comme commentaire dans le missel (ancien) des sœurs Clarisses, j’ai lu : « Les disciples, étant soumis tant aux lois de la cité terrestre qu’à celles de la cité céleste, doivent satisfaire aux deux »… Or, c’est impossible. Il est impossible de satisfaire entièrement aux lois de la cité humaine, et en même temps, de satisfaire entièrement à la volonté divine qui se traduit parfaitement dans l’amour du prochain. Ou bien on répond à la loi de la cité – et l’on finira par livrer et crucifier Jésus de nouveau, ou bien on dit comme Pierre et les apôtres : « Ac529 : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes »… quel qu’en soit le prix.

Trop souvent, l’Eglise s’est compromise à essayer de « faire la part des choses ». Cela me rappelle cette merveilleuse « tirade » de Bernanos, justement à propos de l’impôt payé par Jésus
à César : « Notre-Seigneur savait très bien le pouvoir de l’argent, il a fait près de lui une petite place au capitalisme, il lui a laissé sa chance, et même il a fait la première mise de fonds; je trouve ça prodigieux, que veux-tu! Tellement beau! Dieu ne méprise rien. Après tout, si l’affaire avait marché, Judas aurait probablement subventionné des sanatoria, des hôpitaux, des bibliothèques ou des laboratoires. Tu remarqueras qu’il s’intéressait déjà au problème du paupérisme, ainsi que n’importe quel millionnaire. « Il y aura toujours des pauvres parmi vous, répond Notre Seigneur, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Ce qui veut dire: « Judas,ne laisse pas sonner en vain l’heure de la miséricorde. Tu ferais mieux de rendre tout de suite l’argent que tu m’as volé, au lieu d’essayer de monter la tête de mes apôtres avec tes spéculations imaginaires sur les fonds de tes projets d’œuvres sociales. De plus, tu crois ainsi flatter mon goût bien connu pour les clochards, et tu te trompes du tout au tout. Je n’aime pas mes pauvres comme les vieilles Anglaises aiment les chats perdus, ou les taureaux les corridas. Ce sont là manières de riches. J’aime la pauvreté d’un amour profond, réfléchi, lucide – d’égal à égal – ainsi qu’une épouse au flanc fécond et fidèle. Je l’ai couronnée de mes propres mains. Ne l’honore pas qui veut, ne la sert pas qui n’ait d’abord revêtu la blanche tunique de lin. Ne rompt pas qui veut avec elle le pain d’amertume. Je l’ai voulu humble et fière, non servile. Elle ne refuse pas le verre d’eau pourvu qu’il soit offert en mon nom, et c’est en Mon nom qu’elle le reçoit. »

J’aime beaucoup Bernanos, mais il y a plus court à répondre. « De qui est l’effigie de la pièce » demande Jésus. De César ? Eh bien, hâtez-vous de lui rendre ce qui lui appartient ! Quant à vous, rendez à Dieu ce qui est à Dieu, car vous êtes d’un autre espèce, vous que Dieu a créés à son image et selon sa ressemblance !

- (Gn1.26 Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance. Qu'il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. » Rm 8.30 Ceux qu'il destinait à cette ressemblance, il les a aussi appelés ; ceux qu'il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu'il a justifiés, il leur a donné sa gloire.)

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L'annonce de l'Evangile, force de vie !

Message non lupar boisvert » mer. 04 juin 2008, 11:32

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc (Mc 12, 18-27)

18 Des sadducéens - ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection - viennent trouver Jésus, et ils l'interrogeaient :
19 « Maître, Moïse nous a donné cette loi : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.
20 Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance.
21 Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement.
22 Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et finalement, la femme mourut aussi.
23 A la résurrection, quand ils ressusciteront, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ?
24 Jésus leur dit : « N'êtes-vous pas dans l'erreur, en méconnaissant les Écritures, et la puissance de Dieu ?
25 Lorsqu'on ressuscite d'entre les morts, on ne se marie pas, mais on est comme les anges dans les cieux.
26 Quant à dire que les morts doivent ressusciter, n'avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob ?
27 Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l'erreur. »

C'est un texte fondamental sur ce qu'est la résurrection, sur l'essence différentes d'un corps de chair et d'un corps ressuscité. La question, baroque jusqu'au ridicule que pose les Sadducéens à Jésus présuppose une résurrection "dans l'état": à la fin des temps, d'un seul coup, tous les morts se relèveraient dans leurs corps de chair, n'ayant aucunement évolué, ni sur le plan physique, ni spirituel... ni sentimental, ni émotionnel... depuis le jour de leur passage dans l'au-delà. D'une certaine façon, les Sadducéens font de leurs morts des sortes de cadavres congelés. Jésus les reprend vivement, car c'est tenir pour rien "la puissance de Dieu".

Et si Dieu est le Dieu des vivants, et si nous évoluons sans cesse dès le temps de notre existence terrestre, alors de quelle vie prodigieuse sont animés, dès à présent et pour l'éternité, ceux que nous appelons nos disparus ? (Sont-ils même disparus, absents, ou bien est-ce nous qui ne pouvons pas les percevoir ?)

J'ai remarqué une chose. C'est que depuis le décès de mon père le 9 avril, en dépit du chagrin, de la fatigue et de divers malaises, rien ne m'a empêché de communier chaque jour, ni d'écrire chaque jour mon petit partage d'Evangile. J'ai
écrit en toute lucidité même dans des moments qui m'ont paru impossibles à vivre, parce que j'ai tout à fait gardé conscience que l'abandon de foi m'a littéralement "emporté en avant"

...Mais il faut ajouter en toute humilité que j'ai été fortement tenté par les pratiques de nombre de mes connaissances - la plupart dans leur cinquantaine. Avant moi frappés par le deuil, l'isolement, les nécessités matérielles qui semblent devenir écrasantes...ils sont passés d'un mode de vie "cohérent" à une sorte de marche déterminée vers la mort.

Ils se suicident chaque jour à l'alcool - selon leur constitution et leur âge, certains en ont pour une dizaine d'années au moins. Xavier, Jean-Paul, Christophe, Costa, David... pour ne citer qu'eux, des personnes que j'apprécie, qui ont eu un parcours parfois lourd mais généreux et lucide... à présent manifestent qu'ils n'ont pas d'espérance... C'est affreux. Que j'ai de la peine pour eux ! J'ai essayé souvent, parfois en m'exposant, de leur faire entendre raison, mais devant les réactions de rejet, parfois violentes verbalement ("Tu ne sais rien ! Tu ne sais pas que nous sommes rien ! Qu'est-ce que tu nous em... !"), j'ai dû reprendre de la distance - alors que j'aurais tant apprécié, de ce temps-ci, d'avoir leur amitié, leur compagnie...

Ce dont je témoigne reste bien dans le contexte de ce partage. Car ceux dont j'ai cité les prénoms (merci si vous pouvez prier pour eux...) ne se rendent pas compte qu'ils raisonnent comme les Sadducéens de notre temps. Or, pour moi, paradoxalement, le fait de continuer à vivre le plus normalement du monde... c'est encore une raison de rendre grâce et d'exalter la miséricorde de Dieu.

Et finalement, je rejoins facilement saint Paul, dans son épître à Thimothée, qui exalte la beauté et la grandeur de la vie - quand bien-même il est, lui, entré dans la souffrance: "Cette grâce nous avait été donnée dans le Christ Jésus avant tous les siècles, et maintenant elle est devenue visible à nos yeux, car notre Sauveur, le Christ Jésus, s'est manifesté en détruisant la mort, et en faisant resplendir la vie et l'immortalité par l'annonce de l'Évangile." (2Tm1). Si je m'étais appelé Timothée, en recevant cette lettre, je me serais senti tout réconforté en lisant que c'est l'annonce de l'Evangile qui fait resplendir la vie et l'immortalité !

Deo Gratias !


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