Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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Le monde a de la haine contre nous

Message non lupar etienne lorant » sam. 05 mai 2018, 11:33

Livre des Actes des Apôtres 16,1-10.
En ces jours-là, Paul, qui avait quitté Antioche avec Silas, arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec. À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage. Paul désirait l’emmener; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec. Dans les villes où Paul et ses compagnons passaient, ils transmettaient les décisions prises par les Apôtres et les Anciens de Jérusalem, pour qu’elles entrent en vigueur. Les Églises s’affermissaient dans la foi et le nombre de leurs membres augmentait chaque jour. Paul et ses compagnons traversèrent la Phrygie et le pays des Galates, car le Saint-Esprit les avait empêchés de dire la Parole dans la province d’Asie. Arrivés en Mysie, ils essayèrent d’atteindre la Bithynie, mais l’Esprit de Jésus s’y opposa. Ils longèrent alors la Mysie et descendirent jusqu’à Troas. Pendant la nuit, Paul eut une vision : un Macédonien lui apparut, debout, qui lui faisait cette demande : « Passe en Macédoine et viens à notre secours. » À la suite de cette vision de Paul, nous avons aussitôt cherché à partir pour la Macédoine, car nous en avons déduit que Dieu nous appelait à y porter la Bonne Nouvelle.

Psaume 100(99),1-2.3.5.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l'allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,18-21.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'affaire de la circoncision de Timothée, à laquelle saint Paul dût se soumettre,  fait partie de ces persécutions que tout croyant pratiquant aboutit toujours à rencontrer. De sorte que les fidèles quels qu'ils soient sont très souvent moqués sans par des remarques parfois des plus simplistes. Je me souviens qu'on a dit de moi : "Voici le petit crétin qui sort de sa réunion d'avec les autres crétins !" Cela ne m'a pas blessé, mais une réponse a jailli de mes lèvres : "Vous avez raison: j'étais comme vous, intelligent, rapide, ironique, moqueur, mais désormais je suis débarrassé de l'ironie ..."  Ils n'y ont rien compris mais je suis persuadé que certains d'entre eux s'en seront souvenu un jour ou l'autre !  Lorsque notre prêtre a quitté les études de médecine pour la prêtrise, son père a dit: "Je ne paie pas pour ces études-là !" Mais plus tard, quand son fils, devenu un temps professeur dans une école "officielle"- afin se payer ces "autres études", il revint sur son premier jugement et plus encore: il renoua avec l'Eucharistie...

De la même façon, les lectures d'aujourd'hui nous proposent de réfléchir à notre cheminement. Pour ma part, comme je l'ai dit parfois, j'avais abandonné toute pratique religieuse en découvrant la philosophie jusqu'au jour où j'ai découvert que la raison permet très bien de prouver une chose et son contraire : est-il bien utile de pouvoir démontrer, en parfaite logique, qu'une forme ronde peut être appelée carrée ? Eh bien, j'ai obtenu une grande Distinction pour avoir joué avec le sens des mots... inutile de dire  n'en suis plus très fier aujourd'hui !

Le choix de la Liturgie, dans l’Évangile de ce jour est tout à fait en concordance avec la première lecture: en effet, c'est tout simple: à la circoncision de la chair a succédé la conversion des esprits. L'annonce de la bonne nouvelle par le Christ a délivré l'homme de la stricte rationalité qui finit toujours  en désordre et catastrophe, car en aucun cas un homme ne saurait devenir un robot - évidemment !

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Mon Dieu m'a dit: Mon fils, il faut m'aimer.
Tu vois mon flanc percé, mon cœur qui rayonne et qui saigne
Et mes pieds offensés que Madeleine baigne de larmes
Et mes bras douloureux sous le poids de tes péchés
Et mes mains !

Et tu vois la croix et les clous, le fiel, l'éponge et tout t'enseigne
A n'aimer en ce monde amer où règne la chair,
Que ma Chair et mon Sang, ma parole et ma voix.

Ne t'ai-je pas pas aimé jusqu'à la mort, moi-même ?
Ô mon frère en mon Père, Ô mon fils en l'Esprit
Et n'ai-je pas souffert, comme c'était écrit ?

N'ai-je pas sangloté ton angoisse suprême ?
Et n'ai-je pas sué la sueur de tes nuits ?
Lamentable ami qui me cherche où je suis ?
 



(Auteur inconnu.)..
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'Esprit Saint bouscule les préjugés

Message non lupar etienne lorant » lun. 07 mai 2018, 10:21

Livre des Actes des Apôtres 16,11-15.
Avec Paul, de Troas nous avons gagné le large et filé tout droit sur l’île de Samothrace, puis, le lendemain, sur Néapolis, et ensuite sur Philippes, qui est une cité du premier district de Macédoine et une colonie romaine. Nous avons passé un certain temps dans cette ville et, le jour du sabbat, nous en avons franchi la porte pour rejoindre le bord de la rivière, où nous pensions trouver un lieu de prière. Nous nous sommes assis, et nous avons parlé aux femmes qui s’étaient réunies. L’une d’elles nommée Lydie, une négociante en étoffes de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, et qui adorait le Dieu unique, écoutait. Le Seigneur lui ouvrit l’esprit pour la rendre attentive à ce que disait Paul. Quand elle fut baptisée, elle et tous les gens de sa maison, elle nous adressa cette invitation : « Si vous avez reconnu ma foi au Seigneur, venez donc dans ma maison pour y demeurer. » C’est ainsi qu’elle nous a forcé la main.

Psaume 149(148),1-2.3-4.5-6a.9b.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
louez-le dans l'assemblée de ses fidèles !
En Israël, joie pour son créateur ;
dans Sion, allégresse pour son Roi !

Dansez à la louange de son nom,
jouez pour lui, tambourins et cithares !
Car le Seigneur aime son peuple,
il donne aux humbles l'éclat de la victoire.

Que les fidèles exultent, glorieux,
criant leur joie à l'heure du triomphe.
Qu'ils proclament les éloges de Dieu,
c'est la fierté de ses fidèles.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,26-27.16,1-4a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Quelle disgrâce pour ces bon juifs qu'ont été les disciples et ensuite les apôtres, de se trouver contraint d'accepter l'hospitalité d'une femme et - qui plus est - n'est pas juive. Entrer dans la maison du femme, une étrangère par surcroît, quelle disgrâce pour tous ces bons juifs que sont les apôtres !  Il leur faudra du temps et de nombreuses péripéties avant qu'on ne dise plus "elle :  elle nous a forcé la main ! Cependant, a dit le prêtre, il est cohérent que les tâches diverses, en Eglise, respectent les cultures des pays où la bonne nouvelle est annoncée.  Mais, pour autant, c'est sainte mère Theresa et les sœurs de Calcutta qui ont commencé de sortir en ville afin de secourir les plus pauvres, les malades et les mourants. Qui dira combien d'hommes parmi ces miséreux de la mégapole, auront découvert de la sorte l'oeuvre immense de la miséricorde divine ?  Plus proche de nous : que de pièges tendus à Bernadette Soubirous lors des interrogatoires auxquels on l'a soumise, mais pas une seule fois elle ne s'est contredite !

Et l’Évangile de ce jour confirme combien, les saintes comme les saints seront souvent soumis à des interrogatoires, avec des brimades, des pièges de langage, à des contradictions, mais aussi à des persécutions jusqu'au martyre.

Plus concrètement, notre prêtre nous a mis en garde : nous,  simples fidèles dans l'Eglise, devront supporter des moqueries du genre "Chrétien-crétin !" Et moi, à l'énoncé de cette parole, je me suis souvenu  du moqueur de service qui m'a interpellé de retour d'un pèlerinage à Lourdes  avec  toute une série de blagues ...  de circonstance.  D'abord confus,  tout d'un coup, une réponse à jailli de ma bouche que je n'avais pas pu préparer :  "Un jour tu remercieras ta mère de t'avoir baptisé sous le nom de Christian ! " Moqueur invétéré, devenu alcoolique profond, il est décédé d'un cancer du foie... .


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Nous sommes veillés en tout temps

Message non lupar etienne lorant » mar. 08 mai 2018, 10:35

Livre des Actes des Apôtres 16,22-34.
Ces jours-là, dans la ville de Philippes, la foule se déchaîna contre Paul et Silas. Les magistrats rdonnèrent de leur arracher les vêtements pour leur donner la bastonnade. Après les avoir roués de coups, on les jeta en prison, en donnant au geôlier la consigne de les surveiller de près. Pour appliquer cette consigne, il les mit tout au fond de la prison, avec les pieds coincés dans des blocs de bois. Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les autres détenus les écoutaient. Tout à coup, il y eut un violent tremblement de terre, qui secoua les fondations de la prison : à l’instant même, toutes les portes s’ouvrirent, et les liens de tous les détenus se détachèrent. Le geôlier, tiré de son sommeil, vit que les portes de la prison étaient ouvertes ; croyant que les détenus s’étaient évadés, il dégaina son épée et il était sur le point de se donner la mort. Mais Paul se mit à crier d’une voix forte : « Ne va pas te faire de mal, nous sommes tous là. » Ayant réclamé de la lumière, le geôlier se précipita et, tout tremblant, se jeta aux pieds de Paul et de Silas. Puis il les emmena dehors et leur demanda : « Que dois-je faire pour être sauvé, mes seigneurs ? » Ils lui répondirent : « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta maison. » Ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui vivaient dans sa maison. À l’heure même, en pleine nuit, le geôlier les emmena pour laver leurs plaies. Aussitôt, il reçut le baptême avec tous les siens. Puis il fit monter chez lui Paul et Silas, il fit préparer la table et, avec toute sa maison, il laissa déborder sa joie de croire en Dieu.

Psaume 138(137),1-2a.2bc-3.7c-8.
De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n'arrête pas l’œuvre de tes mains.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,5-11.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous; mais si je pars, je vous l’enverrai. Il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement. En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi. En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus. En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les lectures de ce jour nous entraîne de nouveau dans la contemplation de l'Esprit Saint, lequel peut tout puisqu’il est l'Esprit même de Dieu. Ou bien, si nous n'arrivons pas à y croire, comment croire, dès lors, que Dieu ait crée le ciel et la terre uniquement par sa parole ?  L'aventure vécue par Paul et Silas ne doit pas rester pour nous comme une scène merveilleuse telle qu'il y en eu beaucoup dans les récits de l'ancienne Alliance.  Malheureux ceux qui ne croiraient pas à  l'authenticité de ce récit. Si l'on commence à dire : "Ces mystères ont été introduits pour encourager à croire tous ceux qui les liront", alors bientôt l'on doutera de la réalité de la traversée de la mer à pieds secs comme on doutera plus tard qu'il existe "quelque chose" après la mort !  

Notre prêtre a beaucoup insisté pour que nous ne remettions pas en question les récits qui nous sont donnés à croire. Comme il parlait ainsi, je me suis souvenu de l'accident de voiture que j'ai subi : un choc frontal contre une voiture roulant en sens inverse qui avait débordé du fait d'un fort verglas. Des deux véhicules, tous sont sortis indemnes, à l'exception de quelques écorchures - tandis que les deux véhicules furent envoyés à la ferraille...  J'insiste en ajoutant que cet accident m'a valu de terminer mon temps d'armée, non pas à la grande caserne - de très mauvaise réputation - à laquelle j'allais être affecté. Quant à l'autre automobiliste, en dépit de la violence du choc, s'en est sorti, comme moi, avec de simples égratignure.

Si je prends mon cas en exemple, ce n'est pas à la recherche de "merveilleux", car sur le moment j'avais tout lieu de craindre de lourde sanctions en parvenant en "Unité". Le rapport qui devait m'envoyer directement devant un tribunal militaire a été déchiqueté dans une broyeuse à papiers et par un Lieutenant -Colonel qui considérait comme "ridicule" une armée constituée de simples "conscrits.  Ce qu'il m'est a advenu à cette époque-là est, pour moi, tout aussi miraculeux, que l'évasion de prison, toutes portes ouvertes, de  Paul et Silas.

Mais une chose est tout aussi claire: si quelqu'un parmi nous attribue à la chance d'avoir évité la mort  par  un simple enchaînement de circonstances, hélas, cette personne tombera fatalement dans un scepticisme  coupable - tout aussi coupable que le "prince de ce monde" que Jésus dénonce dans l’Évangile.

Rien n'est impossible à Dieu, mais demande une foi de confiance absolue - et Il nous y entraîne !


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Ascension du Seigneur, solennité

Message non lupar etienne lorant » jeu. 10 mai 2018, 10:50

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.
Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis. C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu. Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem et d’attendre que ’accomplisse la promesse du Père. Il déclara: «Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche: alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours.» Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient: «Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël? » Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9.
Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-13.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation: ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous. À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. C’est pourquoi l’Écriture dit : ‘Il est monté sur la hauteur, a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes.’ Que veut dire: ‘Il est monté ?’ – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers. Et les ‘dons qu’il a faits’, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'édification du Royaume a bel et bien été confié aux hommes et aux femmes de tous les pays, de toutes les races, ainsi qu'à chacune et chacun d'entre nous selon les talents qui leur ont été conférés par l'Esprit Saint.
La troisième personne de la trinité est invisible, inaccessible par nos sens, et cependant à l'oeuvre  partout dans le monde - bien évidemment elle est présente en chaque Eucharistie, par les rites institués, par les lectures, par l'homélie, par la communion et mieux encore: par ce temps de recueillement en Eglise, lequel, pour beaucoup d'entre nous, confère force, courage, liberté de l'esprit et une forme de joie qui rappelle beaucoup les meilleurs jours de notre enfance.

Avons-nous véritablement le sentiment, en quittant notre lieu de culte que nous sortons pour travailler à la "vigne du Seigneur" ?  Hé bien, si l'on posait la question, la plupart du temps, la réponse serait, sans doute, le simple sentiment d'avoir été fidèle à notre baptême et une sorte de contentement, le sentiment que chaque chose est bien à sa place, que la nuit s'est achevée et que l'ombre a laissé place à a lumière. Pour ce qui me concerne personnellement, j'ai eu très souvent, jour après jour, mois après mois, année après année, d'avoir reçu "force et joie" par la communion aux mystères du Christ. Telle est la grâce que j'ai reçue et qui continue de m'animer.  Il ne m'est jamais venu à l'esprit de demander aux autres comment eux-mêmes vivent leur foi.
C'est une question qui mérite d'être posée - mais sans attendre de réponse: à chacun sa réponse.

Tandis que notre prêtre poursuivait son homélie, je me suis souvenu des grâces reçues, mais aussi des agressions subies par trois fois de la part de dealers de cannabis: menaces de mort, présentoirs renversés, vols et une agression, un soir, comme je rentrais chez moi:  en descendant d'un trottoir, j'ai ressenti un choc dans le dos et je me suis réveillé sur une table d'opération sur laquelle on m'a "décoré" de cinq points de sutures au front. Un membre du personnel soignant m'a dit : "La police a embarqué votre vélo" - n'ayant pas de vélo, j'ai mieux compris: mon agresseur avait volé un volé et en s'élançant, avait pointé mon dos en soulevant la roue avant. J'ai pris cinq jours de congé et j'ai continué de dénoncer systématiquement le trafic de drogue - sans plus de conséquences "flacheuses"...

Tout ce récit comme pour dire: la Joie reçue à l'Eucharistie est comme une "pile d'énergie céleste" ou, plus simplement : l'Esprit Saint Défenseur ...




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le plus grand don : la joie céleste

Message non lupar etienne lorant » ven. 11 mai 2018, 19:38

Livre des Actes des Apôtres 18,9-18.
À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. » Paul y séjourna un an et demi et il leur enseignait la parole de Dieu. Sous le consulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal en disant: «La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs: « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit. Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, je m’y refuse.»  Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent. Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

Psaume 47(46),2-3.4-5.6-7.
Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Celui qui nous soumet des nations,
qui tient des peuples sous nos pieds ;
il choisit pour nous l'héritage,
fierté de Jacob, son bien-aimé.

Dieu s'élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,20-23a.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples: « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie.
La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

S'il est un critère de l'authenticité d'une parole et d'un message, ce critère tient tout entier dans les difficultés rencontrées au moment de sa diffusion.  La vie de saint Paul fut constamment en butte à la contradiction. L'élève n'est pas supérieur à son maître et de même que Jésus a rencontré de multiples obstacles à l'annonce de la bonne Nouvelle, de même l'apôtre Paul.

Cependant,  ces contrariétés, acceptées et supportées dans l'amour de Dieu, c'est-à-dire au travers de peines et de souffrances diverses peuvent très bien, par la grâce divine, se muer en une sorte de conversion constamment renouvelée.  Comme notre prêtre parlait ainsi, je me suis souvenu qu'au moment même de ma propre expérience spirituelle, ma propre réaction, toute simple mais si intense et si puissante, fut de dire : "Seigneur, laisse-moi mourir tout de suite afin que je garde toujours cette Joie !"  Et il est tout à fait clair que les convertis, les femmes comme les hommes, perçoivent soudainement que pour échapper tout à fait à l'emprise du péché, le mieux serait de mourir dans l'instant ! Car l'on éprouve profondément que "le monde est démon", que la chair est vraiment faible  -  tout autant que l'esprit est prompt !

Lorsqu'on a découvert, par intuition ou par illumination, que le seul mobile noble de vivre, c'est d'aimer - et d'aimer sans retour, on ne peut que désirer de tout quitter et de se quitter soi-même. Aujourd'hui encore, j'ai songé aux sandales de saint François. Tout au long des trois premiers mois qui ont suivi cette toute brève "expérience spirituelle", je me suis promené pieds nus dans des sandales, car je me disais: plus l'homme veut monter haut, plus il doit se rapprocher du sol et de la terre. On pensera que ces idées sont farfelues, mais tant pis. Le fait demeure pour moi que, deux ans plus tard, la même Joie m'a envahi le troisième jour de mon renoncement au tabac. Aucun des substituts de nicotine n'est réellement efficace. Pour ma part, le mieux que j'ai trouvé fut de me considérer comme malade et souffrant. Et dans l'instant qui suivit, la Joie a de nouveau rejailli - et que l'on me croie ou pas, pour garder cette Joie, irrésistible,  j'ai de nouveau désiré mourir.

Il y a les joies toutes humaines, mais elles ne sont rien à coté de l’éblouissante joie céleste.  

A la question posée un jour à un prêtre franciscain, concernant cette "irruption de la Joie dans l'humain,  la réponse fut: "Si les âmes du purgatoire souffrent, c'est du désir de se purifier, vite et plus vite encore, afin d'entrer au plus tôt dans la "Joie du maître céleste".  -   Quant à la souffrance des damnés, elle consiste à devoir contempler, éternellement, la même béatitude - à laquelle elles ont renoncé à jamais.  Ne tardons pas !





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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Tous appelés au témoignage

Message non lupar etienne lorant » sam. 12 mai 2018, 9:57

Livre des Actes des Apôtres 18,23-28.
Après avoir passé quelque temps à Antioche, Paul partit. Il parcourut successivement le pays galate et la Phrygie, en affermissant tous les disciples. Or, un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, venait d’arriver à Éphèse. C’était un homme éloquent, versé dans les Écritures. Il avait été instruit du Chemin du Seigneur ; dans la ferveur de l’Esprit, il parlait et enseignait avec précision ce qui concerne Jésus, mais, comme baptême, il ne connaissait que celui de Jean. Il se mit donc à parler avec assurance à la synagogue. Quand Priscille et Aquilas l’entendirent, ils le prirent à part et lui exposèrent avec plus de précision le Chemin de Dieu. Comme Apollos voulait se rendre en Grèce, les frères l’y encouragèrent, et écrivirent aux disciples de lui faire bon accueil. Quand il fut arrivé, il rendit de grands services à ceux qui étaient devenus croyants par la grâce de Dieu. En effet, avec vigueur il réfutait publiquement les Juifs, en démontrant par les Écritures que le Christ, c’est Jésus.

Psaume 47(46),2-3.8-9.10.
Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l'annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Les chefs des peuples se sont rassemblés :
c'est le peuple du Dieu d'Abraham.
Les princes de la terre sont à Dieu
qui s'élève au-dessus de tous.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,23b-28.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom; demandez, et vous recevrez: ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

De la même façon que saint Paul fut un signe de la providence divine pour les juifs de Jérusalem, Appollos  sera providence pour les Grecs. Ce n'est pas le fait seulement le fait de pouvoir parler la même langue, mais plus profondément d'appartenir à une culture, d'en être imprégné et de l'aimer comme on aime père et mère. Car il ne suffit pas d'apprendre une langue, de connaître la nuance particulière de certains mots et de certains noms, mais il faut en être imprégné depuis la naissance.

Ainsi, c'est une grâce, aussi, d'être là où nous sommes, des témoins de la grâce divine. En Eglise et par la grâce divine, nous sommes appelés à devenir "porteur de la grâce divine", telle ou telle personnes. Jusque dans nos gênes, nous sommes toutes et tous porteurs de la bonne nouvelle auprès de notre prochain. Pour ma part, blanc, né en Afrique noire, ayant appris très facilement l'Anglais, je suis, comme vous et moi, mieux à même de témoigner de l'amour de Dieu en telles et telles circonstances. Pour dire encore plus simplement: chacune et chacun d'entre nous sont destinés  - non par hasard, mais par grâce - appelés à témoigner pour telle et tel de nos connaissances.

Lorsque se présente un obstacle au témoignage, il ne s'agit pas vraiment de l'abattre, ni de le contourner, mais essayer du mieux que l'on peut de témoigner selon nos propres talents. Ainsi, il n'y a pas concurrence entre Paul et Appolos, mais convergence. Là ou Paul a semé, Appolos arrosera et un autre viendra tailler dans la vigne du Seigneur.  Notre prêtre s'est  réjoui que les prêtres de pays africains viennent désormais nous "rafraîchir" notre foi !  "Nous les avons colonisés et nous les avons baptisés, mais désormais ce sont eux qui, bien souvent, viennent réveiller et aviver nos consciences de baptisés... . 


[center][youtube]R8AG-eX42Ow[/youtube][/center]
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Fête de saint Matthias, Apôtre

Message non lupar etienne lorant » lun. 14 mai 2018, 10:47

Livre des Actes des Apôtres 1,15-17.20-26.
En ces jours-là, Pierre se leva au milieu des frères qui étaient réunis au nombre d’environ cent vingt et il déclara , et il déclara : « Frères, il fallait que l’Écriture s’accomplisse. En effet, par la bouche de David, l’Esprit Saint avait d’avance parlé de Judas, qui en est venu à servir de guide aux gens qui ont arrêté Jésus: ce Judas était l’un de nous et avait reçu sa part de notre ministère. Car il est écrit au livre des Psaumes  Que son domaine devienne un désert, et que personne n’y habite, et encore : Qu’un autre prenne sa charge. Or, il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a vécu parmi nous, depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu’au jour où il fut enlevé d’auprès de nous. Il faut donc que l’un d’entre eux devienne, avec nous, témoin de sa résurrection.» On en présenta deux: Joseph appelé Barsabbas, puis surnommé Justus, et Matthias. Ensuite, on fit cette prière: «Toi, Seigneur, qui connais tous les cœurs, désigne lequel des deux tu as choisi.pour qu’il prenne, dans le ministère apostolique, la place que Judas a désertée en allant à la place qui est désormais la sienne. » On tira au sort entre eux, et le sort tomba sur Matthias, qui fut donc associé par suffrage aux onze Apôtres.

Psaume 113(112),1-2.3-4.5-6.7-8.
Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Du levant au couchant du soleil,
loué soit le nom du Seigneur !
Le Seigneur domine tous les peuples,
sa gloire domine les cieux.

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard vers le ciel et vers la terre.
De la poussière il relève le faible,

il retire le pauvre de la cendre
pour qu'il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,9-17.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. » Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Cette fête de saint Mathias, choisi parmi ses frères qui ont suivi Jésus constamment, avec les douze, préfigure également comment les Papes seront élus: non pas selon les critères de l'éloquence ou de l'intelligence, mais pour son attachement et sa fidélité au Christ : en effet, il fait partie de ceux qui ont tout laissé, sur place, d'un instant à l'autre, afin de suivre Jésus. Exactement l'inverse du jeune homme riche qui s'en retourna  "tout triste" et "parce qu'il avait "de grands biens ".  Pour notre prêtre, ces grands biens qui empêchent de suivre le Christ, ce ne sont pas uniquement les richesses de ce monde, mais tout autant : les habitudes, le sens des responsabilités, l'idée que l'on se fait du bonheur, de ce qui est convenable ou non, mais encore: l'intelligence, les talents, et encore: le sens des responsabilités et des idées préconçues  concernant  la réussite d'une vie... et tout un ensemble de préjugés, de craintes de toutes natures, ou de "respect humain".

Tout cela m'a rappelé toutes mes propres démarches auprès de l’évêché, puis d'un Archevêque absent lors de ma visite chez lui...comme ce fut pénible ! Car, à chaque fois, il me fallut insister, mais sans succès - tellement que je suis passé de la joie parfaite au pénible sentiment d'un déchirement douloureux et jusqu'au jour où j'ai pu bénéficier, par correspondance avec des Sœurs polonaises et un prêtre de Montréal (!!!),j'ai enfin  pu suivre durant quatre ans une théologie de la miséricorde divine.  Encore ai-je dû convaincre mon confesseur et ce fut de façon quasiment "surnaturelle".  J'étais chez lui, mais lui ne me croyait pas jusqu'au moment où ces mots me sont sorti de la bouche sans même y avoir réfléchi:  "Monsieur l'Abbé, voyez tous ces livres recouverts d'un papier Kraft brun et dont les étiquettes sont illisibles: prenez-en un et vous trouverez toutes les preuves dont vous avez besoin". Extraordinaire intuition !  L'abbéd a pris un de ses livres parmi une centaine, et il a lu : "Vie du petit frère André Bessete de Montréal."  Mon confesseur me dit encore:
" Je sais bien que du as des contacts avec Montréal, mais tout ceci ne me donne aucune preuve de la validité de tes choix !"  

Avant même d'avoir pu répondre, trois petites "images pieuses", sont tombées du livres:  il s'agissait de feuillets demandant des prières en vue de la canonisation de sainte Faustine - fondatrice de l'ordre des "Apôtres de la Miséricorde divine" -et les trois feuillets dataient de l’année de ma naissance - 1956  !


A partir de ce moment-là, toutes les peines de vexation ont été effacées, remplacées par une Joie qui ne jamais quitté...  comme on peut le comprendre !

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Pleine liberté dans la foi

Message non lupar etienne lorant » mar. 15 mai 2018, 12:03

Livre des Actes des Apôtres 20,17-27.
En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont valus les complots des Juifs ; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus. Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous, car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu. »

Psaume 68(67),10-11.20-21.
Tu répandais sur ton héritage une pluie généreuse,
et quand il défaillait, toi, tu le soutenais.
Sur les lieux où campait ton troupeau,
tu le soutenais, Dieu qui es bon pour le pauvre.

Que le Seigneur soit béni !
Jour après jour, ce Dieu nous accorde la victoire.
Le Dieu qui est le nôtre est le Dieu des victoires,
et les portes de la mort sont à Dieu, le Seigneur.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1-11a.
En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

La première lecture montre en quels termes saint Paul fait ses adieux aux Éphésiens et dans l’Évangile de ce jour, Jésus conclut :  «Désormais, je ne suis plus dans le monde; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi. »  Pourquoi en est-il ainsi ?  Parce que nous avons à grandir dans la foi; car toutes et tous, nous avons besoin de la compréhension au geste, à l'action. Il est nécessaire pour chacun d'entre nous d'évoluer depuis l'enfance - durant laquelle tout nous est donné - à une forme "d'adolescence spirituelle" qui nous fera reconnaître échecs et réussites, chutes et relèvements et que nous devenions, nous aussi, comme des "signes" de la providence divine.

L’enseignement de ce matin m'a rappelé le temps heureux où j'avais apprivoisé un canari.  Tout au début, pour peu que l'on s'approche de la cage, l'oiseau donnait des signes de crainte, voire de panique. Mais petit à petit, ayant reconnu quels graines il appréciait le mieux , je les lui apportais entre deux, ou bien en les lui montrant dans le plat de la main. une fois, deux fois, cinquante fois, jusqu'au moment où mes doigts ne lui causèrent plus de panique. Toute une année, j'ai poursuivi les mêmes gestes prudents jusqu'au jour où j'ai ouvert la cage et lui ai offert un doigt qui lui a servi de perchoir.  Et vint un jour où j'ai pu le laisser libre de tous ses mouvements. Il apprit de lui-même à "grimper " dans les étages de la maison, puis de prendre un bain dans un vase en terre cuite et, finalement: libre dans le jardin... je le lâchais, il explorait, il revenait - jusqu'au jour du printemps où il se lança et ne revint plus...  J'en avais pris le risque et je ne l'ai pas regretté. Je me suis dit plus tard que de toute façon, je l'aurais rendu libre.

Dans ma démarche de foi, j'ai réalisé, de nombreuses années plus tard, qu'à l'oiseau rendu totalement libre, correspondait ma propre démarche:  car être libre, cela s'apprend.  Il en est encore de même des actes de foi dans le travail comme dans les relations personnelles, les affections, les choix de carrière, les lectures, les recherches - et que, jusque dans la maladie, il y a toujours la même démarche: avancer !

Avoir la foi, ce n'est pas posséder des certitudes -un peu comme des "certificats de garantie", mais bien à chercher et pratiquer tout ce qui, dans la foi, nous est proposéd'accomplir. En ce domaine, a conclu le prêtre, s'il est possible de se faire aider dans nos choix, chacun de nous choisira seul, mais avec le secours de l'Esprit Saint .



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Toujours de l'avant

Message non lupar etienne lorant » mer. 16 mai 2018, 15:28

Livre des Actes des Apôtres 20,28-38.
En ces jours-là, Paul faisait ses adieux aux Anciens de l’Église d’Éphèse. Il leur disait : « Veillez sur vous-mêmes, et sur tout le troupeau dont l’Esprit Saint vous a établis responsables, pour être les pasteurs de l’Église de Dieu, qu’il s’est acquise par son propre sang. Moi, je sais qu’après mon départ, des loups redoutables s’introduiront chez vous et n’épargneront pas le troupeau. Même du milieu de vous surgiront des hommes qui tiendront des discours pervers pour entraîner les disciples à leur suite. Soyez donc vigilants, et souvenez-vous que, durant trois ans, nuit et jour, je n’ai cessé, dans les larmes, de reprendre chacun d’entre vous. Et maintenant, je vous confie à Dieu et à la parole de sa grâce, lui qui a le pouvoir de construire l’édifice et de donner à chacun l’héritage en compagnie de tous ceux qui ont été sanctifiés. Je n’ai convoité ni l’argent ni l’or ni le vêtement de personne.
Vous le savez bien vous-mêmes : les mains que voici ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons. En toutes choses, je vous ai montré qu’en se donnant ainsi de la peine, il faut secourir les faibles et se souvenir des paroles du Seigneur Jésus, car lui-même a dit : Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Quand Paul eut ainsi parlé, il s’agenouilla et pria avec eux tous. Tous se mirent à pleurer abondamment ; ils se jetaient au cou de Paul et l’embrassaient ; ce qui les affligeait le plus, c’est la parole qu’il avait dite : « Vous ne verrez plus mon visage ». Puis on l’accompagna jusqu’au bateau.


Psaume 68(67),29-30.33.34c.35a.36.
Ton Dieu l'a commandé : « Sois fort ! »
Montre ta force, Dieu, quand tu agis pour nous !
De ton palais, qui domine Jérusalem,
on voit des rois t'apporter leurs présents.

Royaumes de la terre, chantez pour Dieu,
jouez pour le Seigneur,
Voici qu'il élève la voix, une voix puissante ;
rendez la puissance à Dieu.

Redoutable est Dieu dans son temple saint,
le Dieu d'Israël ;
c'est lui qui donne à son peuple force et puissance.
Béni soit Dieu !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,11b-19.
En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les lectures de ce jour nous mettent en garde contre les possibles détournement du message de l’Évangile, et nous ne doutons pas que ce danger est bel et bien réel, car les hommes sont toujours avides de nouveautés, mais également retissant à se convertir. Vivre dans la foi requiert un désir profond de cohérence avec le message de l’Évangile. Et notre prêtre de rappeler la bonne volonté du jeune homme riche, qui désirait suivre Jésus mais ne se rendait même pas compte qu'il devrait tout quitter afin de suivre le Seigneur.  Pour qu'il se rende bien compte de ce que sa démarche supposait d'abandon des richesses de ce monde, il faudrait tout abandonner, sans hésitation aucune.  Comme l'esprit est prompt, mais comme la chair est faible !  Les premiers disciples ont renoncé à leurs sorties de nuit en recherche de bonnes prises qui font leur fierté devant toutes et tous.

Il n'est certes pas simple de se détacher des choses de ce monde, quand bien même ces activités sont reconnues par tous comme bonnes et nécessaires. Mais l’Évangile exige de la part des croyants et des fidèles qu'ils s'efforcent, en toute occasion, de manifester que le Verbe les a convertis et détachés de ce monde, afin de vivre pleinement leur conversion.

Pour ma part, ce matin, je me suis encore souvenu des jours qui ont suivi ma propre conversion : je n'avais aucune idée de ce que je devrais faire, mais je savais que je perdrais l'extraordinaire Joie de ma conversion, si je ne m'impliquais pas totalement. Je ne savais vraiment que faire et, par la suite, toutes mes démarches échouèrent du fait que j'étais déjà trop âgés - j'avais la trentaine et, bien évidemment, les vocations soulèvent diverses difficultés ...  Néanmoins, au travers de nombreuses démarches, qui devenaient pénibles à la longue, j'ai hérité d'une sorte "d'abandon essentiel" par lequel j'ai pu suivre mon chemin sans déchirure intérieure.

Le départ de saint Paul de chez les Éphésiens sera comme une grande déchirure, comme un second appel - lequel le conduira jusqu'au don absolu du martyre.  Qu'il me soit permis de dire ici combien la fin de ma propre activité professionnelle m'a valu de multiples contrariétés et de souffrance de dépression. Mais je suis en train de "passer au travers" et après toute une période de profonde dépression, j'en sors plus cohérent que jamais au témoignage dans la vie courante ainsi que par l'écriture. Il nous faut marcher de l'avant, un pas chaque jour, et tous les jours jusqu'à la fin du monde ...


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Heureux les miséricordieux !

Message non lupar etienne lorant » ven. 18 mai 2018, 11:43

Livre des Actes des Apôtres 25,13-21.  
En ces jours-là, le roi Agrippa et Bérénice vinrent à Césarée saluer le gouverneur Festus. Comme ils passaient là plusieurs jours, Festus exposa au roi la situation de Paul en disant : « Il y a ici un homme que mon prédécesseur Félix a laissé en prison. Quand je me suis trouvé à Jérusalem, les grands prêtres et les anciens des Juifs ont exposé leurs griefs contre lui en réclamant sa condamnation. J’ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de faire la faveur de livrer qui que ce soit lorsqu’il est accusé, avant qu’il soit confronté avec ses accusateurs et puisse se défendre du chef d’accusation. Ils se sont donc retrouvés ici, et sans aucun délai, le lendemain même, j’ai siégé au tribunal et j’ai donné l’ordre d’amener cet homme. Quand ils se levèrent, les accusateurs n’ont mis à sa charge aucun des méfaits que, pour ma part, j’aurais supposés. Ils avaient seulement avec lui certains débats au sujet de leur propre religion, et au sujet d’un certain Jésus qui est mort, mais que Paul affirmait être en vie. Quant à moi, embarrassé devant la suite à donner à l’instruction, j’ai demandé à Paul s’il voulait aller à Jérusalem pour y être jugé sur cette affaire. Mais Paul a fait appel pour être gardé en prison jusqu’à la décision impériale. J’ai donc ordonné de le garder en prison jusqu’au renvoi de sa cause devant l’empereur. »

Psaume 103(102),1-2.11-12.19-20ab.
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
Aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés.

Le Seigneur a son trône dans les cieux :
sa royauté s'étend sur l'univers.
Messagers du Seigneur, bénissez-le,
invincibles porteurs de ses ordres
!

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,15-19.
Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre: «Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ?» Il lui répond: « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit: « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois: « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait: « M’aimes-tu ? » Il lui répond: « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller.  Jésus disait cela pour signifier de quelle genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il  dit : « Suis-moi. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L'élève n'est jamais plus grand que son maître mais, bien formé, il devient comme son maître. Saint Paul et saint Pierre deviendront effectivement comme leur maître, non pas seulement par leur martyre annoncé, mais en témoignant du Seigneur de bout en bout. Le sacrifice de leurs vies, de la part des deux disciples deviendra même le sacrifice de tout un peuple de chrétiens envoyés dans les arènes à la merci des griffes de fauves expressément affamés... car les plus armés des animaux répugnent, pour la plupart à s'attaquer à l'homme.  De même, les loups, lorsqu'ils s'en prennent à d'autres animaux  attaquent en premier lieu aux animaux malades. Maltraités par les hommes, leur férocité est d'autant plus grande qu'ils ont subi des brimades gratuites.

De fait, c'est de l'homme qu'il y a le plus à craindre. Encore de nous jours, l'homme n'est-il pas plus dangereux pour l'homme que l'animal ?  Assurément  oui: qui prétend le contraire n'a jamais ouvert un livre d'histoire !

La précarité de la vie humaine, fondamentalement, repose essentiellement sur le lit des tentations humaines.
Nous savons bien que nous avons un Adversaire , le diable qui est menteur et assassin depuis le commencement du monde. La manière la plus concrète de s'en prévenir consiste à ne pas lui laisser de prise - en multipliant les bonnes œuvres, en choisissant de pardonner, dans son cœur, à quiconque nous offense d'une façon ou d'une autre.  Ce sont les miséricordieux qui obtiennent miséricorde. Tandis que garder en nous des reproches non formulés, c'est flétrir laisser flétrir en nous des grâces obtenues.  Bienheureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Les temps à venir

Message non lupar etienne lorant » sam. 19 mai 2018, 10:32

Livre des Actes des Apôtres 28,16-20.30-31.
À notre arrivée à Rome, Paul a reçu l’autorisation d’habiter en ville avec le soldat qui le gardait. Trois jours après, il fit appeler les notables des Juifs. Quand ils arrivèrent, il leur dit : « Frères, moi qui n’ai rien fait contre notre peuple et les coutumes reçues de nos pères, je suis prisonnier depuis Jérusalem où j’ai été livré aux mains des Romains. Après m’avoir interrogé, ceux-ci voulaient me relâcher, puisque, dans mon cas, il n’y avait aucun motif de condamnation à mort. Mais, devant l’opposition des Juifs, j’ai été obligé de faire appel à l’empereur, sans vouloir pour autant accuser ma nation. C’est donc pour ce motif que j’ai demandé à vous voir et à vous parler, car c’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte ces chaînes. » Paul demeura deux années entières dans le logement qu’il avait loué; il accueillait  ceux qui venaient chez lui; il annonçait le règne de Dieu et il enseignait ce qui concerne le Seigneur Jésus Christ avec une entière assurance et sans obstacle.

Psaume 11(10),4.5.7.
Le Seigneur, dans son temple saint,
le Seigneur, dans les cieux où il trône,
garde les yeux ouverts sur le monde.
Il voit, il scrute les hommes.

Le Seigneur a scruté le juste et le méchant :
l'ami de la violence, il le hait.
Vraiment, le Seigneur est juste ; il aime toute justice :
les hommes droits le verront face à face.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 21,20-25.
En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? » Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? » Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? » C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait
.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Par

Beaucoup de lecteurs des Évangiles se demandent en quoi saint Jean "demeure", puisque jusqu'à ce jour, c'est la chaire de Pierre qui demeure et se perpétue en chaque nouveau Pape ?  Mais si l'autorité de "Pierre" demeure, les écrits de saint Jean - et notamment  son Prologue, source de contemplation du Dieu créateur, qui ne cesse de soutenir son ouvrage ion et de la projeter dans l'infini. Tout comme les hommes se sont lancés sur les océans à la recherche de nouvelles terres habitées, de même l'oeuvre du Créateur n'a jamais cessé et se renouvelle encore.  Notre prêtre s'est montré "intimement convaincu" de la continuation perpétuelle de la Création.  De même que les hommes ont découvert l'Amérique et les diverses couleurs de peau, de même la recherche spatiale finira à la rencontre d'autres créatures de Dieu, lesquelles seront notre "prochain" tout comme les différentes races humaines le sont pour nous.

Du reste, saint Jean est aussi l'homme de la Révélation que nous appelons Apocalypse et laquelle manifeste, certes, que Dieu créateur n'est certes pas en train de se reposer dans l'infini !  Mais Il continue de créer et de soutenir la création. Spécialement aujourd'hui, le Psaume renforce cette approche de bonne compréhension::

"Le Seigneur (...) garde les yeux ouverts sur le monde,  Il voit, il scrute les hommes."

Pour conclure notre prêtre nous a engagé à ne NE PAS nous risquer dans prédictions multiples de la "fin des temps".  Si Dieu est éternel, son oeuvre demeure. Malheureux les fidèles qui se laissent entraîner dans la lecture de toutes sortes révélations non reconnues par l'Eglise.  Car, pour certains fidèles, il faudrait bien que la "fin du monde" soit proche de sorte qu'ils n'auraient pas à vivre pleinement la maladie, l'agonie et la mort.
Notre foi est celle de la résurrection immédiate et du jugement particulier, bien avant la "fin des temps" !

N'ayons pas peur !  

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Aimer est plus fort que d'être aimé

Message non lupar etienne lorant » lun. 21 mai 2018, 10:20

Lettre de saint Jacques 3,13-18.
Bien-aimés, quelqu’un, parmi vous, a-t-il la sagesse et le savoir ? Qu’il montre par sa vie exemplaire que la douceur de la sagesse inspire ses actes. Mais si vous avez dans le cœur la jalousie amère et l’esprit de rivalité, ne vous en vantez pas, ne mentez pas, n’allez pas contre la vérité. Cette prétendue sagesse ne vient pas d’en haut; au contraire, elle est terrestre, purement humaine, démoniaque. Car la jalousie et les rivalités mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes. Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut est d’abord pure, puis pacifique, bienveillante, conciliante, pleine de miséricorde et féconde en bons fruits, sans parti pris, sans hypocrisie. C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de la paix.

Psaume 19(18),8.9.10.15.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu'ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,14-29.
En ce temps-là, Jésus, ainsi que Pierre, Jacques et Jean, descendirent de la montagne ; en rejoignant les autres disciples, ils virent une grande foule qui les entourait, et des scribes qui discutaient avec eux. Aussitôt qu’elle vit Jésus, toute la foule fut stupéfaite, et les gens accouraient pour le saluer. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? » Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils, il est possédé par un esprit qui le rend muet ; cet esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette par terre, l’enfant écume, grince des dents et devient tout raide. J’ai demandé à tes disciples d’expulser cet esprit, mais ils n’en ont pas été capables. » Prenant la parole, Jésus leur dit : «Génération incroyante, combien de temps resterai-je auprès de vous ? Combien de temps devrai-je vous supporter ? Amenez-le-moi. »On le lui amena. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit fit entrer l’enfant en convulsions ; l’enfant tomba et se roulait par terre en écumant. Jésus interrogea le père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il répondit : « Depuis sa petite enfance. Et souvent il l’a même jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par compassion envers nous ! » Jésus lui déclara : « Pourquoi dire : “Si tu peux”… ? Tout est possible pour celui qui croit.» Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » Jésus vit que la foule s’attroupait; il menaça l’esprit impur, en lui disant: « Esprit qui rends muet et sourd, je t’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus jamais ! » Ayant poussé des cris et rovoqué des convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme un cadavre,  tout le monde disait: «Il est mort. » Mais Jésus, lui saisissant la main, le releva, et il se mit debout. Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples l’interrogèrent en particulier : « Pourquoi est-ce que nous, nous n’avons pas réussi à l’expulser ? » Jésus leur répondit : « Cette espèce-là, rien ne peut la faire sortir, sauf la prière. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Quel silence en ville !  Et pas de messe...  On dirait que tous sont restés au lit, n'est-ce pas ce que les navigateurs appelle un "calme blanc": la mer devenue aussi plate qu'un miroir et pas le moindre souffle de vent. Mais tout au fond du silence,  l'Esprit de Dieu est manifesté. N'ayant pas de Parole à rapporter ici, je me contente d'un ancien petit texte, très imparfait qui m'est venu un autre jour aussi tranquille que celui-ci:


L'Esprit s'étend sur toutes choses également
Par-delà la grisaille et le détour des nuits
Comme un soleil Il est, apaisant nos tourments
C'est un Cœur, quelque part, et le meilleur du fruit.

S'il te semble aujourd'hui que l'espoir est trahi
et que demain te ment,
Songe, ami, que ce pain pour l'amour de te nourrit
Car ton sort Il bénit et le veille ardemment.
J'ajoute, comme une autre "illustration" de l'Esprit à l'oeuvre en tout temps,  cette chanson de Daniel Balavoine - qui s'en souvient ?  Il avait écrit un superbe paradoxe, toujours intéressant à méditer :

Aimer est plus fort que d'être aimé

Et c'est bien exact:  hommes, femmes, enfants, jeunes ou vieux, nous ne pouvons être aimés que si nous avons d'abord d'abord été aimés !


Voici la chanson de Balavoine :




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Revêtir le Christ

Message non lupar etienne lorant » mar. 22 mai 2018, 11:42

Lettre de saint Jacques 4,1-10.
Bien-aimés, d’où viennent les guerres, d’où viennent les conflits entre vous ? N’est-ce pas justement de tous ces désirs qui mènent leur combat en vous-mêmes ? Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien, alors vous tuez ; vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins, alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre. Vous n’obtenez rien parce que vous ne demandez pas; vous demandez, mais vous ne recevez rien; en effet, vos demandes sont mauvaises, puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs. Adultères que vous êtes ! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde rend ennemi de Dieu ? Donc celui qui veut être ami du monde se pose en ennemi de Dieu. Ou bien pensez-vous que l’Écriture parle pour rien quand elle dit : ‘Dieu veille jalousement sur l’Esprit qu’il a fait habiter en nous ?’ Dieu ne nous donne-t-il pas une grâce plus grande encore ? C’est ce que dit l’Écriture : ‘Dieu s’oppose aux orgueilleux, aux humbles il accorde sa grâce.’
Soumettez-vous donc à Dieu, et résistez au diable : il s’enfuira loin de vous. Approchez-vous de Dieu, et lui s’approchera de vous. Pécheurs, enlevez la souillure de vos mains ; esprits doubles, purifiez vos cœurs. Reconnaissez votre misère, prenez le deuil et pleurez ; que votre rire se change en deuil et votre joie en accablement. Abaissez-vous devant le Seigneur, et il vous élèvera.


Psaume 55(54),7-8.9-10ab.10cd-11ab.23.
J'ai dit : « Qui me donnera des ailes de colombe ?
Je volerais en lieu sûr ;
loin, très loin, je m'enfuirais
pour chercher asile au désert. »

J'ai hâte d'avoir un abri
contre ce grand vent de tempête !
Divise-les, Seigneur,
mets la confusion dans leur langage !

Car je vois dans la ville
discorde et violence :
de jour et de nuit, elles tournent
en haut de ses remparts.

Décharge ton fardeau sur le Seigneur :
il prendra soin de toi.
Jamais il ne permettra
que le juste s'écroule.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,30-37.
En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. » Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Tout le partage que je venais d'écrire, vient d'être effacé et je me vois contraint de tout reprendre: voici une leçon pour moi, une leçon de patience, puisqu'il faut tout recommencer... Leçon d'humilité ?


Les lectures de ce matin nous mettent en garde contre l'auto-satisfaction qui peut conduire à la suffisance,  et la suffisance à l'orgueil. C'est ainsi que les disciples auxquels s'adresse s'adresse saint Jacques , comme des gosses dans une cour de récréation, cherchent à savoir qui parmi eux est le meilleur. A peine convertis, ils sont retombés dans des manies de comparaison pour savoir qui est le meilleur d'entre eux, ils font de leur église un lieu de pouvoir.

Saint Jacques réagit vivement afin de les sauver d'une grave dérive. Le royaume de Dieu ne souffre aucune comparaison aux royaumes terrestre. Comment se peut-il qu'ils se soient laisses tenter par des préoccupations tout à fait terrestres, humaines, dépouillées de toute recherche d'élévation de l'âme ?   Mais cela survient dans  les églises, encore aujourd'hui !  Nombreux les fidèles qui croient de la sorte.  Ils veillent à une pratique parfaite et rigoureuse en Eglise, fidèles à tous les sacrements, mais  qui en sortant de la messe, redeviennent des "hommes du monde", durs de cœur dans leurs affaires, exigeants envers ceux qui travaillent pour eux, tandis qu'eux-mêmes se croient exemptés de laisser entrer dans leurs cœurs la pitié  envers  plus petit qu'eux-mêmes.

Pour notre prêtre, c'est faute d'avoir d'abord chercher à corriger autrui plutôt que de se convertir en toute sincérité. Quel dommage pour eux, car s'ils persistent, ils ne connaîtront jamais la joie fulgurante des convertis qui,  tel saint François d'Assise, ont préféré se dépouiller jusqu'à ses vêtements afin de "revêtir" le Christ, de devenir une nouvelle créature, dans la vie de la grâce.

Il faut en effet renoncer à tout ce qui faisait notre orgueil dans le monde, afin de rencontrer, dans notre prochain, un autre soi-même.  Tel est le chemin des saints: toutes et tous se sont "retirés du monde" - déjà morts pour ce monde mais déjà vivants pour le Royaumes des Cieux.

Tout à la fin de son sermon,  notre prêtre n'a pas hésité à dire : "Ne cherchons pas à devenir de parfaits catholiques, mais de parfaits chrétiens :  "Chacun s'y retrouvera !"   Ouf, ce souffle d'ardeur m'a rappelé ma conversion : qu'en ai-je fait ?  Suis-je digne d'entrer dans la Joie de mon maître ?   Voici un bon objet de méditation !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Prier et œuvrer sont mêmes choses

Message non lupar etienne lorant » mer. 23 mai 2018, 11:33

Lettre de saint Jacques 4,13-17.
Bien-aimés, vous autres, maintenant, vous dites : « Aujourd’hui ou demain nous irons dans telle ou telle ville, nous y passerons l’année, nous ferons du commerce et nous gagnerons de l’argent », alors que vous ne savez même pas ce que sera votre vie demain ! Vous n’êtes qu’un peu de brume, qui paraît un instant puis disparaît.
Vous devriez dire au contraire : « Si le Seigneur le veut bien, nous serons en vie et nous ferons ceci ou cela. »
Et voilà que vous mettez votre fierté dans vos vantardises. Toute fierté de ce genre est mauvaise !
Être en mesure de faire le bien et ne pas le faire, c’est un péché.


Psaume 49(48),2-3.6-7.8-9.10-11.
Écoutez ceci, tous les peuples,
entendez bien, habitants de l'univers,
gens illustres, gens obscurs,
riches et pauvres, tous ensemble.

Pourquoi craindre aux jours de malheur
ces fourbes qui me talonnent pour m'encercler,
ceux qui s'appuient sur leur fortune
et se vantent de leurs grandes richesses ?

Nul ne peut racheter son frère
ni payer à Dieu sa rançon :
aussi cher qu'il puisse payer,
toute vie doit finir.

Peut-on vivre indéfiniment
sans jamais voir la fosse ?
Vous voyez les sages mourir :
comme le fou et l'insensé ils périssent, laissant à d'autres leur fortune.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,38-40.
En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. » Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les lectures de ce jour nous engagent à demeurer attentifs. Attentifs à nous-même en premier lieu, et envers autrui qui est notre "prochain-immédiat". A moins d’être attentifs en tous temps, nous sommes beaucoup trop souvent distraits de l'essentiel. Mais comment devenir plus attentifs à l'essentiel ?  Un des remèdes est de prier en tout temps - le second lui est semblable - c'est l'attention envers le prochain.

C'est l'attitude de celles et ceux qui sont dociles à l'Esprit-Saint. Mais on demandera: "Comment discerner en tout temps pour ne pas tomber dans l'erreur ?" Pour l'essentiel, il nous faut apprendre ce que c'est que l'attention. Attention constante dans la foi et la prière. Même si nos habitudes de vie demeurent les mêmes et nous font lever pour travailler, peu importe que lieux et les conditions soient souvent les mêmes : il nous faut apprendre l'attention envers autrui, notre prochain, quel qu'il soit. C'est un double mouvement de conversion: conversion par la rectification de nos regards, de nos pensées, de nos habitudes. Et conversion par la bienveillance envers le prochain, quel qu'il soit.

Comment y parvenir ?  C'est vraiment tout simple: il faut prier en tout temps. La prière incessante est celle de ceux qui ont toujours un chapelet dans une poche. Où qu'ils aillent, ils prient. On dira que beaucoup prient distraitement - mais c'est faux et c'est même un grave mensonge de dire cela. Car la prière fait directement descendre l'Esprit Saint en nous. Que peut-il nous arriver de mal si nous demeurons attentifs en tout temps à la présence du Seigneur dans nos vies ?

Être en mesure de faire le bien et ne pas le faire, c’est un péché. Ou  bien, comment peut-on demander au Seigneur de nous exaucer dans nos demandes si, dans le même temps, nous négligeons les besoins de nos  semblables ?  Il est vraiment très simple de se procurer un dizainier et de le tenir dans une une poche. Et plutôt que de nous distraire, la prière nous rend beaucoup plus attentifs. Attentifs à nous-même, attentifs à autrui, attentifs à Dieu.  Mais ne peuvent vraiment saisir ce mystère que celles et ceux qui franchissent le pas de prier en tout temps...

https://books.google.be/books/about/Le_ ... edir_esc=y

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Renoncement et purification

Message non lupar etienne lorant » jeu. 24 mai 2018, 11:01

Lettre de saint Jacques 5,1-6.
Vous autres, maintenant, les riches ! Pleurez, lamentez-vous sur les malheurs qui vous attendent. Vos richesses sont pourries, vos vêtements sont mangés des mites, votre or et votre argent sont rouillés. Cette rouille sera un témoignage contre vous, elle dévorera votre chair comme un feu. Vous avez amassé des richesses, alors que nous sommes dans les derniers jours ! Le salaire dont vous avez frustré les ouvriers qui ont moissonné vos champs, le voici qui crie, et les clameurs des moissonneurs sont parvenues aux oreilles du Seigneur de l’univers. Vous avez mené sur terre une vie de luxe et de délices, et vous vous êtes rassasiés au jour du massacre. Vous avez condamné le juste et vous l’avez tué, sans qu’il vous oppose de résistance.

Psaume 49(48),14-15ab.15de-16.17-18.19-20.
Tel est le destin des insensés
et l'avenir de qui aime les entendre :
troupeau parqué pour les enfers
et que la mort mène paître.

Dans la mort, s'effaceront leurs visages :
pour eux, plus de palais !
Mais Dieu rachètera ma vie aux griffes de la mort :
c'est lui qui me prendra.

Ne crains pas l'homme qui s'enrichit,
qui accroît le luxe de sa maison :
aux enfers il n'emporte rien ;
sa gloire ne descend pas avec lui.

De son vivant, il s'est béni lui-même :
« On t'applaudit car tout va bien pour toi ! »
Mais il rejoint la lignée de ses ancêtres
qui ne verront jamais plus la lumière.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,41-50.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.  « Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas. […]Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds. Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. Chacun sera salé au feu. C’est une bonne chose que le sel ; mais s’il cesse d’être du sel, avec quoi allez-vous lui rendre sa saveur ? Ayez du sel en vous-mêmes, et vivez en paix entre vous. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Des personnes très riches, il y en a beaucoup autour de nous . Nous croisons chaque jour des hommes et des femmes qui ont "réussi". Nous en connaissons tous, mais et parmi il faut beaucoup de temps avant de se rendre compte de à quel point la richesse fini par "brider" les cœurs.  Elle, héritière de l’ensemble des fermages d'un village et lui, détenteur d'un brevet d'architecture, a participé à l'établissement de grandes surfaces commerciales de la région. Pour tout gérer, comptables, avocats, placements boursiers, achats de terrains, réalisations de chantiers publics, etc.  Au point d'offrir lors du mariage d'un jeune politicien prometteur : une toute neuve Jaguar décapotable, d'un rouge vif inimitable... Le jeune marié s'est bien sûr écrié : "Je ne peux pas accepter, çà ressemble trop à un pot-de-vin !  Mais l'autre de rétorquer : "Vous ai-je demandé quoi que ce soit ?"  Mais bien sûr, lorsqu'un devis de travaux publics a été déposé en toutel légalité sur son bureau au nom du bienfaiteur ... c'est bien sûr lui qui a obtenu le contrat - le premier d'une série...  

Mais la fortune a de ces revers !... Le fils, ne voulut pas reprendre les rennes de l'entreprise, se contactent de devenir Kinésithérapeute. Un homme très gentil, aimable, serviable,  mais un matin, à la chapelle où j'allais, on apprit que sa voiture flambant neuve s'était écrasée contre un arbre.  Sa sœur se mit à souffrir d'étranges problèmes phénomènes d'audition qui ne cessaient qu'à grand recours aux psychotropes. En vérité, les grands riches rencontrent aussi de grandes difficultés de vie !   Savent-ils bien estimer à celles et ceux qu'ils
rencontrent ?  

J'ai songé à tout cela, ce matin et je suis je me suis trouvé heureux de ma profession de bouquiniste, exempte de "grandes espérances" de fortune, mais exempte de préoccupations financières. Du reste, nous avons toutes et tous à nous renoncer nous-mêmes.  Ce renoncement à soi, dans la foi, procure d'ailleurs de grandes joies inattendues - et d'autant plus appréciables...




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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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