Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2017-2018)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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etienne lorant
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La Joie - le signe donné aux convertis

Message non lupar etienne lorant » sam. 17 févr. 2018, 14:16

Livre d'Isaïe 58,9b-14.
Ainsi parle le Seigneur: Si tu fais disparaître de chez toi le joug, le geste accusateur, la parole malfaisante, si tu donnes à celui qui a faim ce que toi, tu désires, et si tu combles les désirs du malheureux, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera lumière de midi. Le Seigneur sera toujours ton guide. En plein désert, il comblera tes désirs et te rendra vigueur. Tu seras comme un jardin bien irrigué, comme une source où les eaux ne manquent jamais. Tu rebâtiras les ruines anciennes, tu restaureras les fondations séculaires. On t’appellera : « Celui qui répare les brèches », « Celui qui remet en service les chemins ». Si tu t’abstiens de voyager le jour du sabbat, de traiter tes affaires pendant mon jour saint, si tu nommes « délices » le sabbat et déclares « glorieux » le jour saint du Seigneur, si tu le glorifies, en évitant démarches, affaires et pourparlers, alors tu trouveras tes délices dans le Seigneur ; je te ferai chevaucher sur les hauteurs du pays, je te donnerai pour vivre l’héritage de Jacob ton père. Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 5,27-32.
En ce temps-là, Jésus sortit et remarqua un publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts) du nom de Lévi assis au bureau des impôts. Il lui dit: «Suis-moi » Abandonnant tout, l’homme se leva; et il le suivait. Lévi donna pour Jésus une grande réception dans sa maison; il y avait là une foule nombreuse de publicains et d’autres gens attablés avec eux. Les pharisiens et les scribes de leur parti récriminaient en disant à ses disciples : « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus leur répondit : « Ce ne sont pas les gens en bonne santé qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes mais des pécheurs, pour qu’ils se convertissent. »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les recommandations du prophète Isaïe, Jésus les met en oeuvre autour de lui, démontrant ainsi qu'une conversion complète est possible pour tout homme. Or, à quoi les hommes eux-mêmes peuvent constater une conversion véritable ? Essentiellement: au fait que le converti change complètement de vie.

Très concrètement, les convertis, hommes et femmes, commencent par verser des larmes sur leur vie passée - et ce ne sont certes pas des larmes de cinéma ! Ce sont  comme des des bouillonnements de larmes, répétées, incoercibles, destinées à vider complètement le cœur et l'âme de tous les liens intérieurs que les péchés avaient noués. Ils se rendent compte que leurs addictions - que ce soit à l'alcool, au gain d'argent, à la séduction, aux plaisirs de la "bonne chère", avec des plats épicés, avec des apéritifs exotiques et de de ces vins rares et anciens - et très coûteux, qui ne rendent pas ivres mais agissent au contraire, qui semblent dénouer tous les conflits possibles entre le corps, le cœur et l'esprit. Et des années après avoir goûté de ces nectars, le pénitent y reconnaît comme une sorte de "substitut charnel" de la grâce qui ne peut venir que de Dieu seul - il se passeront du bon vin, ayant reconnu que toutes les drogues ne finissent par rendre l'homme plus esclave que jamais !  Et tandis que les vins finissent par rendre malades et alcooliques celles et ceux qui en consomment, la Joie qui vient dans l'âme par la conversion, ne cesse jamais de la renseigner: telle chose est bonne à vivre, telle autre est à fuir comme la peste ! De ce fait, il n'y a pas plus grave maladie que de se croire en parfaite santé... ou de croire posséder une "santé de fer" !

Cette analyse rend compte exactement de ce qui est survenu, d'un instant à l'autre, dans l'âme de Lévi, le collecteur d’impôts. Sa fonction l'avait rendu intouchables parmi les juifs, puisqu'il collectait l’impôt pour les Romains. Mais en rencontrant Jésus, Jésus venu à lui,
Matthieu s'est converti, pour avoir reconnu, directement,  quel e seul et unique bonheur qui commence ici-bas, se continue jusque dans les épreuves et abouti dans l'éternité, là où la Joie demeure !


.Jésus, que ma Joie demeure !

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Passer des commandements à l'amour parfait

Message non lupar etienne lorant » lun. 19 févr. 2018, 11:02

Livre du Lévitique 19,1-2.11-18.
Le Seigneur parla à Moïse et dit : « Parle à toute l’assemblée des fils d’Israël. Tu leur diras : Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Vous ne volerez pas, vous ne mentirez pas, vous ne tromperez aucun de vos compatriotes.
Vous ne ferez pas de faux serments par mon nom : tu profanerais le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur.

Tu n’exploiteras pas ton prochain, tu ne le dépouilleras pas: tu ne retiendras pas jusqu’au matin la paye du salarié. Tu ne maudiras pas un sourd, tu ne mettras pas d’obstacle devant un aveugle: tu craindras ton Dieu. Je suis le Seigneur.

Quand vous siégerez au tribunal, vous ne commettrez pas d’injustice ; tu n’avantageras pas le faible, tu ne favoriseras pas le puissant : tu jugeras ton compatriote avec justice. Tu ne répandras pas de calomnies contre quelqu’un de ton peuple, tu ne réclameras pas la mort de ton prochain. Je suis le Seigneur.

Tu ne haïras pas ton frère dans ton cœur. Mais tu devras réprimander ton compatriote, et tu ne toléreras pas la faute qui est en lui. Tu ne te vengeras pas. Tu ne garderas pas de rancune contre les fils de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis le Seigneur. »


Psaume 19(18),8.9.10.15.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu'il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu'ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur
!



Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25,31-46.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche. Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !” Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.” Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.” Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?” Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.” Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

En eux-mêmes, les textes de ce jour manifestent un passage, une transformation, entre ce qu'il n'est pas permis de faire et ce qu'il est bon d'accomplir. Subtilement, on va passer d'une logique de stricte obéissance à un commandement d'amour.  

Le Lévitique expose tout ce qu'il est mauvais et tout ce qu'il est interdit de faire pour échapper au châtiment. Mais un homme peut-il prétendre à la sainteté en ne faisant que renoncer devant tout ce qui est interdit ?

Les choses que l'on ne fait pas, puisqu'elles, sont interdites, peuvent-elles nous rendre sages et bons et nous faire ressentir joie et bonheur ?  Certes, la conscience nous permettra toujours de distinguer par l'intelligence ce qui est bien et ce qui est mauvais. Mais si l'on en reste là, c'est-à-dire: à la fidélité aux préceptes, on ne fait toujours que fléchir devant les règles - mais  on n'a pas aimé !

Si l'on contemple les textes,  on constate clairement que la "logique binaire" - de ce qui est interdit et ce qui il est permis de faire - va céder la place au mouvement intime du cœur : quiconque se met à aimer son prochain et se demande ce qu'il pourrait faire pour atténuer ses peines et lui faire retrouver confiance ... à déjà dépassé que ce que la Loi l'oblige - de faire ou de ne pas faire.  

Ce qui se passe dans le cœur de l'homme, lorsqu'il se prend à dépasser par l'amour ce qu'il est obligé de faire par la morale ... c'est une  mutation radicale de l'être que nous nommons : la conversion.  Pour nous chrétiens, nous passons, sans même nous en rendre compte, de l'obéissance à la règle l'amour parfait - lequel n'émane que de Dieu seul.

C'est très bien d'obéir aux règles, et cela est récompensé. Mais il est, pour tout homme et toute femme, un mouvement de l'être qui entraîne, au-delà des règles à connaître et vivre de l'amour même de Dieu.  

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Religions : quels sacrifices ?

Message non lupar etienne lorant » mar. 20 févr. 2018, 10:48

Livre d'Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur : « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Psaume 34(33),4-5.6-7.16-17.18-19.
Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Le Seigneur entend ceux qui l'appellent :
de toutes leurs angoisses, il les délivre.
Il est proche du cœur brisé,
il sauve l'esprit abattu.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 6,7-15.
En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Le don de la prière du Notre Père nous a été octroyé par Jésus afin que nous entrions,  avec lui-même dans l'intimité de l'amour de Dieu. Est-ce nous qui avons aimé en premier lieu ? Evidemment: non. La manière dont les hommes se représentent Dieu sans passer par le Christ, tiennent au pouvoir, à la puissance, aux prodiges, à la destruction, ainsi qu'à de multiples sacrifices sanglants.

Quelle est la civilisation, depuis l'antiquité, qui n'a pas n'a pas commencé par sacrifier - à Dieu et aux dieux - d'abord des sacrifices d'animaux, puis des sacrifices humain ? N'est-ce pas pour y mettre fin que Dieu, une fois pour toutes, a donné son Fils unique?  Ce que Dieu a empêché sur le mont Horeb, à la dernière seconde, était pratiqué dans toutes les civilisations antiques. Et lorsque les navigateurs ont découvert l'Amérique du sud, ils ont découvert d'autres pyramides qui servaient d'autel pour sacrifier aux dieux des enfants innocents. Les premiers explorateurs ont découvert des horreurs que leurs lointains ancêtre avaient eux-mêmes pratiquées.

La religion des sacrifices humains continue de nos jours par ces multiples attentats suicidaires: on sacrifie autrui, tout en se sacrifiant soi-même et l'on croit honorer ainsi l'Auteur de toute vie ?  Tuer est le plus facile, mais donner des enfants au monde, cela prend toute une vie! C'est le moment de nous souvenir de nos parents et de nos propres ancêtres qui ont eux-mêmes offert leurs vies - mais de bout en bout - afin d'élever leurs enfants.  Combien de saintes et de saint n'ont-ils pas trouvé leur vocation en découvrant le don de soi dans l'agir de leurs père et mère ?  Ce matin, évidemment, je me suis souvenu des sacrifices  - de vrais sacrifices ! - par lesquels mes parents nous ont élevé, mes sœurs et moi !

Réjouissons-nous et rendons grâce de cette foi qui nous anime et qui nous a été donné en germe lors de notre baptême. La conclusion de l'homélie de ce jour fut assez simple: de même que nous avons été élevés et éduqués, au travers de multiples renoncements consentis par nos parents, de même nous devons trouver notre joie dans le témoignage vécu concrètement et par le sourire en plus !


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La foi et les idéologies

Message non lupar etienne lorant » mer. 21 févr. 2018, 9:54

Livre de Jonas 3,1-10.
La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur.  Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il quitta son trône et son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! » En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume 51(50),3-4.12-13.18-19.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Si j'offre un sacrifice, tu n'en veux pas,
tu n'acceptes pas d'holocauste.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c'est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11,29-32.
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Il est rare que la Liturgie associe directement à la première lecture  un passage qui lui répond aussi directement. Evidemment, dans un tel cas, le commentaire est d'autant plus simple, croyons-nous facilement. Cependant, hors de toute facilité, il en émane une solennité de l'avertissement tout Ninive a fait pénitence à l'annonce faite par Jonas, mais qu'en est-il pour chacun de nous ?  Il est grand temps que tous les chrétiens, de toutes les "sensibilités" acceptent de faire pénitence pour en vue de leur salut en un temps où l'ambition du projet européen marque le pas, au point les peuples commencent de se rebiffer un peu partout!  Le projet européen est totalement fondé sur une laïcité de bon ton, tandis que les tous les peuples ont gardé préceptes chrétiens selon leurs propres sensibilités. Qu'on le veuille ou non l'Europe a été évangélisée bien avant que l'on se mette à prétendre qu'étant tous européens, nous sommes "ipso facto" favorables à tout de qui est mis en oeuvre par nos politiciens.

Et notre prêtre de dénoncer ce qui le choque le plus: le passage en force de projets de lois qui ne correspondent en rien au passé des peuples et à leur religion. C'est ainsi que les politiciens ont fait passer "en force" le "mariage-pour-tous" et se montrent favorables aux aberrations de la "théorie du genre".  Mais ne nous y trompons pas, a dit notre prêtre, les "élucubrations idéologiques" ne dureront pas : la laïcité conquérante a déjà dû baisser pavillon et connaît des revers un peu partout. Dis que le projet européen est de plus en plus contesté - il ne tient pas assez comte des la spécificités de chacune des nations qui la composent... et de nombreuses régions d'Europe secouent le joug des institutions européennes:  après le Brexit, des régions telles la Catalogne et la Lombardie, parmi d'autres, ont commencé de "secouer le joug idéologique"...  Puisse donc notre carême susciter nos consciences et nous encourager à vivre pleinement notre foi.





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L'âme puise force et joie dans le service

Message non lupar etienne lorant » jeu. 22 févr. 2018, 12:02

Première lettre de saint Pierre Apôtre 5,1-4.
Bien-aimés, les anciens en fonction parmi vous, je les exhorte, moi qui suis ancien comme eux et témoin des souffrances du Christ, communiant à la gloire qui va se révéler: soyez les pasteurs du troupeau de Dieu qui se trouve chez vous; veillez sur lui, non par contrainte mais de plein gré, selon Dieu; non par cupidité mais par dévouement; non pas en commandant en maîtres à ceux qui vous sont confiés, mais en devenant les modèles du troupeau. Et, quand se manifestera le Chef des pasteurs, vous recevrez la couronne de gloire qui ne se flétrit pas.

Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.
Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d'herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m'accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-19.
Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ?» Ils répondirent :« Pour les uns, Jean le Baptiste; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit: Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emporte r la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.
»

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


L’élection de l'apôtre Pierre, correspond une charge importante, une charge telle qu'elle nécessite un renoncement complet aux choses de ce monde pour le service de tous et par le service de Dieu. Et ce que fait le Pape, à Rome, c'est ce que font les prêtres, à l'oeuvre dans leur paroisse, où qu'elles soient:  ils servent Dieu en servant les hommes, de bout en bout. Ils clarifient le regard des hommes et des femmes qui sont dans le "bouillonnement" du monde, afin qu'ils puissent tracer sur la terre leur propre sillon, pour qu'ils marquent leurs vies par leur foi, par l'amour manifesté et l'espérance de la vie éternelle qui ne peut s'obtenir par des œuvres spectaculaires, mais par une veille constante et le service...

Je n'ai pas suivi l'homélie dans sa totalité car je songeais à cette époque, dans les années 80, qui fut remplie de toutes sortes de rencontres - mais particulièrement:  jeunes garçons et filles qui avaient été éduqués, tant bien que mal, dans des institutions marquée de l’appellation "protection de la jeunesse". La plupart d'entre eux s'étaient retrouvés hors du milieu familial, lequel s'était désagrégé pour une raison ou l'autre. Mais à l'âge de seize ou dix-sept ans, ils étaient relâchés dans le monde où ils commençaient d'assumer, tant bien que mal, la liberté au sein du monde... Ils avaient été préparés, mais que sait-on de l'existence lorsqu'on a vécu son enfance sans parents ?  Leur liberté toute neuve en a conduit beaucoup dans "les pattes" d'adultes mal intentionnés. En relation avec des instituions (aujourd'hui disparues) d'assistance et de protection de la jeunesse, j'ai pu concilier travail, rencontres et services. Anecdote burlesque: j'ai pu confier sans problème le magasin et ma caisse à deux d'entre eux afin de procéder au déménagement d'un jeune couple à l'aide d'une fourgonnette mise à ma disposition par un ami proche... et c'est ainsi qu'en rendant service aux uns, j'ai aussi aidé celui qui m'a remplacé à la caisse car, m'a-t-il dit à mon retour: "Maintenant, je sais que je suis capable de travailler comme tout le monde !"  Et je me souviens de tous ces regards qui brillaient...

Mais au milieu des années 80, tous les services d'aide à la jeunesse ont fermé, les uns après les autres. Cela correspond assez bien à une sorte d'explosion de l'individualisme - aux coupes désunis et, comme partout ailleurs, l'exigence de la "réussite personnelle".  Les hommes comme les femmes se sentent dans l'obligation d'être toujours meilleurs, plus efficaces et plus riches que le prochain. Hors de la foi, de l'espérance et de l'Amour, rien de bon ne peut survenir...

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Conversion, larmes et joie... et Joie

Message non lupar etienne lorant » ven. 23 févr. 2018, 15:37

Livre d'Ézéchiel 18,21-28.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Si le méchant se détourne de tous les péchés qu’il a commis, s’il observe tous mes décrets, s’il pratique le droit et la justice, c’est certain, il vivra, il ne mourra pas. On ne se souviendra d’aucun des crimes qu’il a commis, il vivra à cause de la justice qu’il a pratiquée. Prendrais-je donc plaisir à la mort du méchant – oracle du Seigneur Dieu –, et non pas plutôt à ce qu’il se détourne de sa conduite et qu’il vive ? Mais le juste, s’il se détourne de sa justice et fait le mal en imitant toutes les abominations du méchant, il le ferait et il vivrait ? Toute la justice qu’il avait pratiquée, on ne s’en souviendra plus : à cause de son infidélité et de son péché, il mourra ! Et pourtant vous dites : “La conduite du Seigneur n’est pas la bonne”. Écoutez donc, fils d’Israël : est-ce ma conduite qui n’est pas la bonne ? N’est-ce pas plutôt la vôtre ? Si le juste se détourne de sa justice, commet le mal, et meurt dans cet état, c’est à cause de son mal qu’il mourra. Si le méchant se détourne de sa méchanceté pour pratiquer le droit et la justice, il sauvera sa vie. Il a ouvert les yeux et s’est détourné de ses crimes. C’est certain, il vivra, il ne mourra pas. »

Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l'homme te craigne.

J'espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l'espère, et j'attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu'un veilleur ne guette l'aurore.

Oui, près du Seigneur, est l'amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C'est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,20-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu. Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Quel est le juge parmi les hommes qui, ayant entendu un criminel se repentir jusque dans les larmes, lui accorderait de demeurer libre malgré ses antécédents et sur la seule promesse de ne plus retomber?  Dans notre société, le meilleur des cas de clémence consiste en un sursis, une période de probation. Mais s'il se produit un cambriolage dans son quartier, il sera convoqué, on le mettra sous surveillance - et nul doute, étant donné le "bouche à oreille, l'homme, même s'il est vraiment repenti, vivra de longues années en sentant peser sur lui la désapprobation de ses voisins.

Il n'en va pas de même devant Dieu. La faute, une fois avouée, le passé redevient une page blanche. L'homme accusé, l'homme mauvais, le jaloux, le violent, le révolté, le jouisseur, le paresseux... est comme né de nouveau - ou plutôt : comme s'il venait de naître. Voici une forme de justice que nos sociétés sont loin de vouloir appliquer !  Et pourtant , quels sont les hommes et les femmes, parmi les convertis, ne sont pas sortis d'un confessionnal en éprouvant effectivement un extraordinaire soulagement dans le cœur, un front tout léger, et dans le cœur comme un "pétillement" de joie ?

Ce tribunal, ce n'est pas celui de la condamnation mais de la délivrance, du soulagement des souvenirs, de l'effacement des remords. Ce dont l'Eglise à hérité, ce n'est pas d'une justice infligeant des peines, mais c'est le tribunal de la miséricorde divine.  Combien de convertis pourraient en témoigner ?  Certains d'entre eux ont prié en disant: "Seigneur, accorde-moi de mourir de suite, afin que ne retombe jamais !"  Ce serait trop facile, trop simple. La lumière qu'ils ont reçu de la part de Dieu doit servir à éclairer d'autres âmes. Et c'est pourquoi ils s'efforcent de pratiquer concrètement la miséricorde, à leur échelle, selon leurs moyens, leurs talents particuliers, le milieu social, les épreuves déjà subies.

Tout le danger qui menace ses "nouveaux-nés par l'Esprit" viendrait d'une forme d'auto-satisfaction du cœur et de l'esprit. Le mouvement qui a conduit à la conversion, il faut qu'il se continue toujours, même si la Joie surnaturelles des premières années finit par passer: on n'est donc pas étonné que "Mère Éthérisa" ait supporté, sur la fin, une très grande période de sécheresse du cœur et de l'âme - si Jésus a lui-même a supporté les tentations du mont des oliviers, comment pourrions-nous échapper à de tels revers, ou à l'abandon de celles et ceux en qui nous avions cru pouvoir confier nos peines ?  Cependant, si vraiment, nous sommes fidèles, nous passerons vainqueurs l'épreuve du feu !


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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La foi vérifiée par l'épreuve

Message non lupar etienne lorant » sam. 24 févr. 2018, 15:28

Livre du Deutéronome 26,16-19.
Moïse disait au peuple d’Israël : « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme. Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix. Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration: tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements. Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit. »

Psaume 119(118),1-2.4-5.7-8.
Heureux les hommes intègres dans leurs voies
qui marchent suivant la loi du Seigneur !
Heureux ceux qui gardent ses exigences,
ils le cherchent de tout cœur !

Toi, tu promulgues des préceptes
à observer entièrement.
Puissent mes voies s'affermir
à observer tes commandements !

D'un cœur droit, je pourrai te rendre grâce,
instruit de tes justes décisions.
Tes commandements, je les observe :
ne m'abandonne pas entièrement.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,43-48.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, que méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. ».



Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


La première lecture précise comment se comporter à l'égard de Dieu: il s'agit d'obéissance, d'une obéissance à laquelle nos parents ont souscrit et qu'ils nous ont enseigné tant par leurs paroles que par leurs actes. Et leur enseignement fut suivi du catéchisme. Ces préceptes ne sont pas si nombreux que nous devions les réciter souvent pour nous en souvenir. Car tout peut se résumer par un verbe: Aimer.

Aimer paraît simple, mais devient de plus en plus exigeant à mesure que nous montons en âge.  Comme il était facile, dans l'enfance, de partager son "dix-heures" et, dans l'après-midi son "quatre-heures"! Je m'en suis souvenu comme si c'était hier: avec mon cœur de petit enfant, je m'empressais de partager les sandwiches préparés par ma mère et placés sous d'alu papier alu. Mais il existait déjà des "signes extérieurs de richesses", en ce sens que les plus aisés avaient emporté des barres chocolatées qu'ils s'échangeaient entre eux... en "comité restreint". je me souviens de manière très nette d'avoir été moqué, sans bien m'en rendre compte. Bienheureuse innocence que celle de l'enfance !

Mais en grandissant, d'autres inégalités apparaissaient et qui étaient très simples à distinguer. Ma rue était celle des salariés et des fonctionnaires: des maisons de rangée toutes différentes par le style, la hauteur des étages, les jardins petits ou grands, parfois équipés de trapèzes ou de balançoires avec des parterres de fleurs et des lierres montant sur les murs de façade. Par contraste, un peu plus bas, la rue s'ouvrait sur une chaussée toujours fréquentée, mais constituée de petite maison édifiée toutes de la même manière - il s'agissaient tout simplement d'un ancien coron. Il n'y a jamais eu charbon à extraire à proximité, mais les maisons ouvrières ne manquent pas d'y faire songer ! Et enfin, perpendiculairement à cette dernières s'ouvre une large avenue plantée d'arbustes couverts de fleurs roses au printemps - et réservées aux professions libérales: médecins, avocats, rentiers, chefs d'entreprises, hauts fonctionnaires, etc.

J'écris tout ceci comme à la suite de l'homélie de notre prêtre qui a voulu nous faire bien comprendre que notre Seigneur, entré dans le monde dans une telle pauvreté qu'il nous est difficile d'admettre...finira dans le dénuement le plus total et soumis à des tortures infamantes. C'est donc sur un chemin de perfection qu'il nous est demandé d'avancer avec courage autant qu'audace - non pas afin d'être reconnus par tous comme fidèles, mais comme serviteurs de tous - jusque dans le manque, la peine, la solitude, la détresse, l'agonie et la mort. Grande est  la foi de quiconque ne faiblit faiblit pas dans les épreuves,  puisque l’or est vérifié par le feu !


.


«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Confiance en la miséricorde divine

Message non lupar etienne lorant » lun. 26 févr. 2018, 12:12

Livre de Daniel 9,4-10.
Je fis au Seigneur mon Dieu cette prière et cette confession : « Ah ! toi Seigneur, le Dieu grand et redoutable, qui garde alliance et fidélité à ceux qui l’aiment et qui observent ses commandements, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons fait le mal, nous avons été rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos princes, à nos pères, à tout le peuple du pays. À toi, Seigneur, la justice ; à nous la honte au visage, comme on le voit aujourd’hui pour les gens de Juda, pour les habitants de Jérusalem et de tout Israël, pour ceux qui sont près et pour ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés, à cause des infidélités qu’ils ont commises envers toi. Seigneur, à nous la honte au visage, à nos rois, à nos princes, à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Au Seigneur notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous nous sommes révoltés contre lui, nous n’avons pas écouté la voix du Seigneur, notre Dieu, car nous n’avons pas suivi les lois qu’il nous proposait par ses serviteurs les prophètes. »

Psaume 79(78),5a.8.9.11.13ab.
Combien de temps, Seigneur, durera ta colère ?
Ne retiens pas contre nous les péchés de nos ancêtres :
que nous vienne bientôt ta tendresse,
car nous sommes à bout de force !

Aide-nous, Dieu notre Sauveur,
pour la gloire de ton nom !
Délivre-nous, efface nos fautes,
pour la cause de ton nom !

Que monte en ta présence la plainte du captif !
Ton bras est fort : épargne ceux qui doivent mourir.
Et nous, ton peuple, le troupeau que tu conduis,
sans fin nous pourrons te rendre grâce.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 6,36-38.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux. Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés. Pardonnez, et vous serez pardonnés.Donnez, et l’on vous donnera : c’est une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans le pan de votre vêtement ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure aussi pour vous. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Les lectures de ce matin nous incitent à  poser un regard courageux, sans omission ni faiblesse, sur les fautes que nous avons commises.  Non pas seulement celles commises envers autrui par négligence, mais aussi - et plus encore: ces fautes envers nous-mêmes, car nous nous nous sommes voilés les yeux sur nos faiblesses profondes, intimes... Nous avons donc manqué d'amour envers Dieu, envers autrui et envers nous-mêmes.

Nous nous fions à nos raisonnements, aux arguments de notre intelligence, sans nous représenter que la raison, la connaissance et l'habileté de l'esprit nous détournent de la voix de nos cœurs de baptisés qui ne cessent de nous dire: il faut aimer !  

Or, lorsqu'une femme ou un homme se convertissent, ils se mettent à verser de longues s larmes - non pas du fait d'avoir manqué  de justice, de rectitude, d'obéissance aux règles morales et civiles ...  mais c'est d'avoir  manqué d'amour - envers Dieu, envers autrui et envers eux-mêmes. Car tout se tient dans l'amour et dans le défaut d'amour.  

Pour illustrer son propos, notre prêtre nous a lu intégralement cette sorte d'hymne à l'Amour que saint Paul nous a laissé par la première Épître aux Corinthiens - qu'on nous avons écouté de nouveau ce matin et que je rappelle ici :

"Frères, parmi les dons de Dieu, vous cherchez à obtenir ce qu’il y a de meilleur. Eh bien, je vais vous indiquer une voie supérieure à toutes les autres. J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés, j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien.

L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. Un jour, les prophéties disparaîtront, le don des langues cessera, la connaissance que nous avons de Dieu disparaîtra.
En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel disparaîtra. Quand j’étais un enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai fait disparaître ce qui faisait de moi un enfant. Nous voyons actuellement une image obscure dans un miroir; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle; ce jour-là, je connaîtrai vraiment, comme Dieu m’a connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité; mais la plus grande des trois, c’est la charité.
"

Nous avons donc manqué d'amour, cela est certain - mais en négligeant le prochain, c'est nous-même aussi - que nous avons privé d'amour . Heureux, donc,  les miséricordieux - car ils obtiendrons miséricorde !


.

«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Un jeûne pour l'humilité

Message non lupar etienne lorant » mar. 27 févr. 2018, 12:33

Livre d'Isaïe 1,10.16-20.
Écoutez la parole du Seigneur, vous qui êtes pareils aux chefs de Sodome ! Prêtez l’oreille à l’enseignement de notre Dieu, vous, peuple de Gomorrhe ! Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de ma vue vos actions mauvaises, cessez de faire le mal. Apprenez  le bien: cherchez le droit, mettez au pas l’oppresseur, rendez justice à l’orphelin, défendez la veuve. Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. Si vous consentez à m’obéir, les bonnes choses du pays, vous les mangerez ; mais si vous refusez, si vous vous obstinez, c’est l’épée qui vous mangera. – Oui, la bouche du Seigneur a parlé.

Psaume 50(49),7ab.8.13-14.16bc-17.21abc.23ab.
« Écoute, mon peuple, je parle ;
Israël, je te prends à témoin.
Je ne t'accuse pas pour tes sacrifices ;
tes holocaustes sont toujours devant moi.

« Vais-je manger la chair des taureaux
et boire le sang des béliers ?
Offre à Dieu le sacrifice d'action de grâce,
accomplis tes vœux envers le Très-Haut.

« Qu'as-tu à réciter mes lois,
à garder mon alliance à la bouche,
toi qui n'aimes pas les reproches
et rejettes loin de toi mes paroles ?

« Voilà ce que tu fais ;
garderai-je le silence ?
Penses-tu que je suis comme toi ?
Qui offre le sacrifice d'action de grâce,
celui-là me rend gloire.
»


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,1-12.
En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas selon leurs actes: ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter et ils en chargent les épaules des gens mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens: ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges; ils aiment les places d’honneur dans les dîners dans les synagogues et les salutations sur les places publiques; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Pour les hommes et les femmes qui ne veulent pas de religion, qu'ils n'ajoutent donc pas l'hypocrisie à leurs fautes. Personne, parmi nous, n'a échappé au péché. Nous nous sommes tous laissé tenter, que ce soit par la vie facile, par le dérèglement des mœurs,  par l'argent facile, par la domination sur les plus faibles, par la fraude et le mensonge, par les désirs de toutes natures. Nous n'adorons pas un veau d'or comme firent les juifs en l'absence de Moïse, car nous avons beaucoup mieux qu'une statue d'or: nous avons des comptes en banque et des extraits de compte. Pour éluder l'impôt, on a recours à de coffres. Et pour gagner encore, sans travailler, il y a les paris en ligne: autant sur un joueur de tennis,  l'on mise non pas sur le favori, mais sur l'outsider, le sportif qui monte, le bon cheval qu'un jockey réputé vient de prendre en main, etc.  Et très rapidement, certains ont gagné en quelques mois ce que d'autres gagnent en dix ans de travail... Cependant, a dit notre prêtre, nombreux ceux qui ont fini par devoir revendre leur maison !

Toutes ces spéculations ne peuvent entrer dans la véritable pratique religieuse. On ne va pas à Dieu pour asseoir son pouvoir  il est inutile et vain de prier afin de satisfaire notre désir de bonheur. "Bien sûr, cela vous étonne !" a insisté notre prêtre, mais avant tout, c'est du salut de nos âmes dont il est question.  Et sur ce thème, l'hypocrisie des pharisiens  n'a d'égal que la mollesse de nos examens de conscience, car bien souvent nous aurions besoin que nos proches nous dévoilent nos manies, nos paroles trop faciles, nos préjugés, nos bavardages sur autrui et, en général, nos manques d'amour...

Écoutons-donc ce que dit Jésus aujourd'hui dans l’Évangile. Commençons avec simplicité: à céder le passage à plus âgés que nous; à mieux écouter les reproches que l'on nous fait parfois; offrons de payer un repas; évitons de protester au moindre des reproches; offrons un sourire; chassons les soucis; ne noircissons pas nos agenda de ce qui est superflu; apprenons à deviner les difficultés rencontrées par nos proches; n'éludons pas le pourboire du serveur; saluons autrui sans attendre d'être salué; et n'offensons pas le Seigneur pour nos demandes non exaucées, car bien souvent nous ne saurions porter ce que nous désirons; chassons les soucis semés par l'Adversaire; et réjouissons-nous de la lumière d'un matin, car tout a été mis en oeuvre pour que nous vivions, perpétuellement, l'esprit d'enfance...



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Non pour être servi mais pour servir

Message non lupar etienne lorant » mer. 28 févr. 2018, 14:02

Livre de Jérémie 18,18-20.
Ils ont dit: «Allons, montons un complot contre lui. La loi ne va pas disparaître par manque de prêtre, ni le conseil, par manque de sage, ni la parole, par manque de prophète. Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à ses paroles. » Mais toi, Seigneur, fais attention à moi, écoute ce que disent mes adversaires. Comment peut-on rendre le mal pour le bien ? Ils ont creusé une fosse pour me perdre. Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur, pour détourner d’eux ta colère.

Psaume 31(30),5-6.14.15-16.
Tu m'arraches au filet qu'ils m'ont tendu ;
oui, c'est toi mon abri.
En tes mains je remets mon esprit ;
tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.

J'entends les calomnies de la foule :
de tous côtés c'est l'épouvante.
Ils ont tenu conseil contre moi,
ils s'accordent pour m'ôter la vie.

Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
je dis : « Tu es mon Dieu ! »
Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
des mains hostiles qui s'acharnent.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 20,17-28.
En ce temps-là, Jésus, montant à Jérusalem, prit à part les Douze disciples et, en chemin, il leur dit:«Voici que nous montons à Jérusalem. Le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes, ils le condamneront à mort et le livreront aux nations païennes pour qu’elles se moquent, le flagellent et le crucifient; le troisième jour, il ressuscitera.» Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit:« Que veux-tu ? » Elle dit: « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume.» Jésus répondit: «Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent: « Nous le pouvons.» Il leur dit: « Ma coupe, vous la boirez; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder, il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père.» Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit: « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi: celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave. Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


C'est toujours au moment où les menaces se précisent que l'on vérifiera la qualité de tout engagement. Croire est une démarche simple, mais aller jusqu'au bout de la foi, voici sur quoi beaucoup d'appelés trébuchent et renoncent !  

C'est aujourd'hui que commence la tragédie qui nous entraîne avec elle jusqu'à la Croix.Et, parmi nous, il en est quelques-uns qui détourneront quelque peu leur âme, car le récit devient pénible, les mots et les paroles vont se faire de plus en plus sévères, la menace se précisera, les protagonistes seront contraints, les uns de reculer et les autres d'avancer. Comme il est bon de se réjouir aux paroles des Béatitudes, mais comme il est difficile d'entrer dans ce drame où celui qui l'annonce est aussi Celui qui le subira!  Beaucoup vont hésiter et trébucher jusqu'à la  résurrection. Ils sont nombreux, a insisté notre prêtre, qui préféreront "sauter quelques épisodes" jusqu'à l’Évangile du tombeau vide !

Mais la première lecture nous rappelle qu'en toute occasion, il nous faut nous tourner vers le Seigneur et dire, comme le prophète, dans la première lecture, et dire : "Souviens-toi que je me suis tenu en ta présence pour te parler en leur faveur !" Car ce n'est pas en usant de sentiments, que nous vivrons la passion du Seigneur, mais en regardant au-delà de la Croix pour contempler le mystère d'où déborde la certitude du salut final.




Ecrit au bas d'un crucifix

Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car il pleure.
Vous qui souffrez, venez à lui, car il guérit.
Vous qui tremblez, venez à lui, car il sourit.
Vous qui passez, venez à lui, car il demeure


Viclor Hugo
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Au tribunal de la Miséricorde

Message non lupar etienne lorant » jeu. 01 mars 2018, 11:31

Livre de Jérémie 17,5-10.
Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable.

Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il n'est pas inquiet : il ne manque pas de porter du fruit. Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs et qui scrute les reins, afin de rendre à chacun selon sa conduite, selon le fruit de ses actes.


Psaume 1,1-2.3.4.6.
Heureux est l'homme
qui n'entre pas au conseil des méchants,
qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
ne siège pas avec ceux qui ricanent,
mais se plaît dans la loi du Seigneur
et murmure sa loi jour et nuit !

Il est comme un arbre
planté près d'un ruisseau,
qui donne du fruit en son temps,
et jamais son feuillage ne meurt ;
tout ce qu'il entreprend réussira.
Tel n'est pas le sort des méchants.

Mais ils sont comme la paille
balayée par le vent :
Le Seigneur connaît le chemin des justes,
mais le chemin des méchants se perdra.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,19-31.
En ce temps-là,  Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua: “Eh bien, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères: qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit:: “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Parmi nous, nombreux les hommes et les femmes et les hommes habiles pour toutes les affaires de ce monde. Ils sont nés doués d'une grande intelligence, ils apprennent vite et leur mémoire est telle que chaque erreur et chaque revers de fortune ont servi afin de mieux connaître comment agir, comment dire et comment faire afin de se sortir le mieux possible de situations défavorables.

Avec un tel "bagage" hérité dès la naissance, ils ont toutes les chance de briller dans le monde, d'accéder au pouvoir et à la renommée: ils sont comme ces météores dont on annonce le passage dans le ciel et que les hommes simples viennent voir passer...

Cependant, de tels hommes et femmes, méritent moins d'attention que  ceux qui investissent leur être tout entier dans la recherche de la vérité, du bien, de l'équité, de la correction des erreurs et des fautes et du salut de l'âme.

En effet, quiconque, bien éduqué, pourra distinguer le bien du mal, non pas seulement selon les règles qui prévalent en société, mais avant tout: selon la sagesse que Dieu a confère aux humbles. L'humilité, tout au contraire de constituer un abaissement, garantit un chemin bien droit qui laisse entrevoir grâces et vertus. A quoi reconnaître de tels hommes ?  Le plus souvent, ce ne sera pas possible mais on attribuera leur sagesse à de la chance...

Il importe de noter que, ce riche dans la souffrance - tel que Jésus le montre, n'est pas n'est pas un damné. S'il l'avait été, il n'aurait pas tourné son regard vers Abraham - il n'aurait pas même songé à un recours possible - pour lui même d'abord, mais aussi pour ses frères. afin qu'ils soient avertis de ne pas agir comme lui-même avait agi...

Ce souci qu'a le riche du salut de ses frères, voici ce qui manifeste un remord sincère ainsi qu'une conscience intacte. Un second indice de ce que cette souffrance est de simple   purification, réside dans le fait qu'Abraham continue de l'appeler "mon enfant": le dernier recours réside donc dans la miséricorde divine. Mais malheur à celles et ceux qui en abuseraient !  En temps de carême, il nous est proposé "d'effacer les ardoises" de ceux qui nous doivent. Mais si l'aveu conscient nos fautes devait nous servir comme un moyen d'obtenir une absolution par un prêtre - ce calcul serait ajouté à nos autres fautes - gare à l’hypocrisie  !!!


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Résister au mal est source de justice

Message non lupar etienne lorant » ven. 02 mars 2018, 12:34

Livre de la Genèse 37,3-4.12-13a.17b-28.
Israël, c’est-à-dire Jacob, aimait Joseph plus que tous ses autres enfants, parce qu’il était le fils de sa vieillesse, et il lui fit faire une tunique de grand prix. En voyant qu’il leur préférait Joseph, ses autres fils se mirent à détester celui-ci, et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité. Les frères de Joseph étaient allés à Sichem faire paître le troupeau de leur père. Israël dit à Joseph: « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem? Va donc les trouver de ma part ! »Joseph les trouva à Dotane. Ceux-ci l’aperçurent de loin et, avant qu’il arrive près d’eux, ils complotèrent de le faire mourir. Ils se dirent l’un à l’autre: « Voici l’expert en songes qui arrive ! C’est le moment, allons-y, tuons-le, et jetons-le dans une de ces citernes. Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré, et on verra ce que voulaient dire ses songes ! » Mais Roubène les entendit, et voulut le sauver de leurs mains. Il leur dit : « Ne touchons pas à sa vie. » Et il ajouta : « Ne répandez pas son sang : jetez-le dans cette citerne du désert, mais ne portez pas la main sur lui. » Il voulait le sauver de leurs mains et le ramener à son père. Dès que Joseph eut rejoint ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, la tunique de grand prix qu’il portait, ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne, qui était vide et sans eau.Ils s’assirent ensuite pour manger. En levant les yeux, ils virent une caravane d’Ismaélites qui venait de Galaad. Leurs chameaux étaient chargés d’aromates, de baume et de myrrhe qu’ils allaient livrer en Égypte. Alors Juda dit à ses frères : « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère et à dissimuler sa mort ? Vendons-le plutôt aux Ismaélites et ne portons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre propre chair. » Ses frères l’écoutèrent. Des marchands madianites qui passaient par là retirèrent Joseph de la citerne, ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

Psaume 105(104),4a.5a.6.16-17.18-19.20-21.
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
souvenez-vous des merveilles qu'il a faites,
Vous, la race d'Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu'il a choisis.

Il appela sur le pays la famine,
le privant de toute ressource.
Mais devant eux il envoya un homme,
Joseph, qui fut vendu comme esclave.

On lui met aux pieds des entraves,
on lui passe des fers au cou ;
il souffrait pour la parole du Seigneur,
jusqu'au jour où s'accomplit sa prédiction.

Le roi ordonne qu'il soit relâché,
le maître des peuples, qu'il soit libéré.
Il fait de lui le chef de sa maison,
le maître de tous ses biens.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 21,33-43.45-46.
En ce temps-là,  Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple  «Écoutez cette parabole: Un homme était propriétaire d’un domaine; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : “Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !” Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. » Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : ‘La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !’ Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » En entendant les paraboles de Jésus, les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux. Tout en cherchant à l’arrêter, ils eurent peur des foules, parce qu’elles le tenaient pour un prophète.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Les textes du jour nous parlent de la même façon pour dire que les desseins de Dieu ne sauraient être annulés d'aucune façon. Ils nous conseillent également de ne pas nous rebeller lorsque survient une remise en question sous la forme d'une épreuve quelconque.

Ne pouvoir comprendre, en dépit même de notre foi, ne nous empêche pas de continuer de croire. Au contraire, c'est le bon moment d'un sursaut de la conscience, d'un relèvement de l'âme qui s'était séduire par l'une ou l'autre propositions entachées d'une forme de fausseté quelconque.  Car même si l'esprit est prompt, la chair demeure l'objet de tentations - et  les deux entrent en conflit dans le cœur de l'homme. Par simple jalousie, parce que le plus jeune des a la faveur de son père. Ce père n'a pas pourtant pas commis d'injustice envers ces enfants, mais voici ce qui arrive aux hommes et aux femmes qui s'estiment eux-mêmes en étant toujours prêts à dévaloriser leur prochain pour mieux briller en société.

Ce n'est pas en donnant des leçons de morale que Juda va sauver son frère, mais tout au contraire: en pariant sur l'immoralité de ses frères. La proposition est irrésistible: ils n'auront pas commis un meurtre prémédité et ils auront aussi réalisé une très bonne affair'e! Et comme cette histoire est "moderne". On fait le mal et le mal rapporte deux fois: non seulement on gagne un pactole, mais en outre, on échappe à toute sanction !  Et notre prêtre de souligner l'actualité d'une telle histoire - car c'est ainsi que procèdent de nombreux "chevaliers d’entreprises" !

C'est en usant de mêmes artifices que les maîtres du temple de Jérusalem vont obtenir la mise à mort du Seigneur. Ne pouvant pas accepter la profondeur de de son enseignement, auquel il ajoute des signes extraordinaires - par la guérison de malades incurables, ils vont tomber dans le jeu du diable: Jésus risque de tout bouleverser de leur manière de vivre - il faut donc l'éliminer au plus vite. Et puisque la Loi divine interdit l'assassinat dès le meurtre d'Abel, ils recourront aux Romains - leur pire ennemi i

Les lectures d'aujourd'hui font appel à notre conscience de baptisés afin que nous nous préservions, consciemment, d'user de calculs, de mensonges, de menaces, d'actes malhonnêtes ou de diffamations afin de garder nos privilèges. Mais souvenons-nous des conseils du Seigneur: "Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes."



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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Le tribunal de la Miséricorde

Message non lupar etienne lorant » sam. 03 mars 2018, 14:58

b]Livre de Michée 7,14-15.18-20.
Seigneur, avec ta houlette, sois le pasteur de ton peuple, du troupeau qui t’appartient, qui demeure isolé dans le maquis, entouré de vergers. Qu’il retrouve son pâturage à Bashane et Galaad, comme aux jours d’autrefois ! Comme aux jours où tu sortis d’Égypte, tu lui feras voir des merveilles ! Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte comme tu le fais à l’égard du reste, ton héritage : un Dieu qui ne s’obstine pas pour toujours dans sa colère mais se plaît à manifester sa faveur ? De nouveau, tu nous montreras ta miséricorde, tu fouleras aux pieds nos crimes, tu jetteras au fond de la mer tous nos péchés ! Ainsi tu accordes à Jacob ta fidélité, à Abraham ta faveur, comme tu l’as juré à nos pères depuis les jours d’autrefois.

Psaume 103(102),1-2.3-4.9-10.11-12.
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.

Il n'est pas pour toujours en procès,
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n'agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.

Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;
Aussi loin qu'est l'orient de l'occident,
il met loin de nous nos péchés.


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15,1-3.11-32.
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »Alors Jésus leur dit cette parabole :« Un homme avait deux fils.Le plus jeune dit à son père: “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.Alors il rentra en lui-même et se dit  “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance et moi je meurs de faim! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »[/b]

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

On l'appelle "La parabole du fils prodigue" mais on pourrait la nommer d'autre façon. On pourrait aussi l'appeler: la parabole des ados - des adolescents qui veulent "tout vivre et tout de suite ".  Ou bien leurs parents leur tiennent tête de manière radicale, ou bien ils leur cèdent, sachant bien qu'une fois passée la vie de bohème passée, ils reviendront tête basse, ayant tout dépensé, disposés à être sages et se remettre aux études. Et c'est tant mieux si les parents ont pu se priver quelque temps pour permettre à leurs à leurs jeunes de comprendre par eux-mêmes que des choix sont nécessaires et que les épreuves peuvent être  autant de graines de sagesse pour l'avenir.

Voici pour donner à réfléchir à celles et ceux qui condamneraient le fils prodigue sans vouloir se souvenir de leurs propres "expériences". La première lecture parle de même: Qui est Dieu comme toi, pour enlever le crime, pour passer sur la révolte ! Et Jésus d'ajouter: "Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde"- et encore: "La mesure dont vous aurez mesuré, servira pour vous mesurer vous-mêmes "... On peut encore citer le Psaume : "Il n'agit pas envers nous selon nos fautes, ne nous rend pas selon nos offenses"

Le fils aîné de la parabole est plus jaloux qu'il n'est en colère. Mais peut-être craint-il pour l'héritage ?  Mais son père le rassure: "Tout ce qui est à moi est à toi"- ce qui signifie que tous les partages ont déjà été accomplis: il sera l'héritier du domaine. Telle est donc la justice à laquelle nous sommes soumis, car nous tenons des deux frères: tantôt sévères et droits, mais aussi : fiers à l'excès, prompts à juger sans discernement, et parfois animés de désirs de revanches.

Le sacrement de confession - ou de réconciliation - s'il nous paraît comme un tribunal, est mieux encore: c'est celui de la  miséricorde divine !

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Tout est grâce

Message non lupar etienne lorant » lun. 05 mars 2018, 23:30

Deuxième livre des Rois 5,1-15a.
En ces jours-là, Naaman, général de l’armée du roi d’Aram, était un homme de grande valeur et hautement estimé par son maître, car c’est par lui que le Seigneur avait donné la victoire au royaume d’Aram. Or, ce vaillant guerrier était lépreux. Des Araméens, au cours d’une expédition en terre d’Israël, avaient fait prisonnière une fillette qui fut mise au service de la femme de Naaman. Elle dit à sa maîtresse : « Ah ! Si mon maître s’adressait au prophète qui est à Samarie, celui-ci le délivrerait de sa lèpre. » Naaman alla auprès du roi et lui dit : « Voilà ce que la jeune fille d’Israël a déclaré. » Le roi d’Aram lui répondit : « Va, mets-toi en route. J’envoie une lettre au roi d’Israël. » Naaman partit donc ; il mportait dix lingots d’argent, six mille pièces d’or et dix vêtements de fête. Il remit la lettre au roi d’Israël. Celle-ci portait : « En même temps que te parvient cette lettre, je t’envoie Naaman mon serviteur, pour que tu le délivres de sa lèpre. » Quand le roi d’Israël lut ce message, il déchira ses vêtements et s’écria : « Est-ce que je suis Dieu, maître de la vie et de la mort ? Ce roi m’envoie un homme pour que je le délivre de sa lèpre ! Vous le voyez bien: c’est une provocation!» Quand Élisée, l’homme de Dieu, apprit que le roi d’Israël avait déchiré ses vêtements, il lui fit dire : « Pourquoi as-tu déchiré tes vêtements ? Que cet homme vienne à moi, et il saura qu’il y a un prophète en Israël. »
Naaman arriva avec ses chevaux et son char, et s’arrêta à la porte de la maison d’Élisée.
Élisée envoya un messager lui dire: «Va te baigner sept fois dans le Jourdain, et ta chair redeviendra nette, tu seras purifié.» Naaman se mit en colère en disant: «Je m’étais dit: Sûrement il va sortir, et se tenir debout pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre. Est-ce que les fleuves de Damas, l’Abana et le Parpar, ne valent pas mieux que toutes les eaux d’Israël ? Si je m’y baignais, est-ce que je ne serais pas purifié? » Il tourna bride et partit en colère. Mais ses serviteurs s’approchèrent pour lui dire: «Père! Si le prophète t’avait ordonné quelque chose de difficile, tu l’aurais fait. Combien plus, lorsqu’il te dit : “Baigne-toi, et tu seras purifié.”» Il descendit jusqu’au Jourdain et s’y plongea sept fois, pour obéir à la parole de l’homme de Dieu ; alors sa chair redevint semblable à celle d’un petit enfant : il était purifié ! Il retourna chez l’homme de Dieu avec toute son escorte ; il entra, se présenta devant lui et déclara : « Désormais, je le sais : il n’y a pas d’autre Dieu, sur toute la terre, que celui d’Israël ! »


Psaume 42(41),2-3.43(42),3-4.
Comme un cerf altéré
cherche l'eau vive,
ainsi mon âme te cherche
toi, mon Dieu.

Mon âme a soif de Dieu,
le Dieu vivant ;
quand pourrai-je m'avancer,
paraître face à Dieu ?

Envoie ta lumière et ta vérité :
qu'elles guident mes pas
et me conduisent à ta montagne sainte,
jusqu'en ta demeure.

J'avancerai jusqu'à l'autel de Dieu,
vers Dieu qui est toute ma joie ;
je te rendrai grâce avec ma harpe,
Dieu, mon Dieu !


Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 4,24-30.
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara: « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Par


Dans l'antiquité, s'il y avait un Dieu, ce Dieu ne pouvait être qu'effrayant puisque doué d'une puissance dépassant même tout ce qu'ils pouvaient se représenter - et pour gagner ses faveurs, il fallait faire preuve de courage et se préparer à manifester ce courage par la réussite de grand de défis plus difficiles les uns que les autres.  Les êtres humains estiment avec raison que Dieu les dépasse infiniment - et par conséquent, par une logique très simple, quasi simpliste, on ne pouvait obtenir ses faveurs qu'en accomplissement tel ou tel grands exploit. Il en reste quelque chose, sans doute, dans ces signes de croix répétés de certains coureurs sportifs lorsqu'ils se signent en franchissant en vainqueurs la ligne d'arrivée...

En tout cas, du point de vue du général Syrien, il lui faudrait démontrer que son courage et sa bravoure méritaient bien qu'il soit guéri de sa lèpre. En ce point précis, Naaman se trompe. Et nous aussi, nous sommes dans l'erreur si nous prions le Seigneur en ajoutant des promesses quelconques - des promesses parfois difficiles à tenir - en signe de gratitude... Hélas, cette attitude ressemble trop à un "donnant-donnant" pour vraiment plaire au Seigneur. Notre prêtre nous a rapporté le cas de ce jeune homme pieux qui, ayant rencontré une femme qui lui plaisait, s'est mis à prier afin qu'elle lui revienne.  La belle vivait déjà en couple, mais peu importe: l'homme se mit à prier pour que sa "belle" lui revienne. Et elle revint... au bout de trois années de prières constantes.  Mais jamais ce couple ne parvint au mariage, car la belle n'en voulait pas et préférait des "aventures". Cependant, cette "catastrophe domestique" finit en grâce pour cet homme qui obtint une belle réussite dans son travail - et épousa avec bonheur la proche amie d'enfance qui l'avait attendu...

La considération d'un Dieu qui s'incarne dans au sein d'une famille pauvre - et dans l'emploi de charpentier est définitivement rejetée comme blasphème. Tout comme Naaman s'attendait à devoir prouver sa valeur, de même les juifs de Nazareth ne pouvaient se représenter la venue du Seigneur que dans une manifestation de gloire, de force et de puissance - c'est bien d'ailleurs ce que le diable suggéra à Jésus lors de sa tentation au désert. Nul ne peut "forcer" Dieu car "tout est grâce" !


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Nul ne peut servir deux maîtres

Message non lupar etienne lorant » mar. 06 mars 2018, 16:07

Livre de Daniel 3,25.34-43.
En ces jours-là, Azarias, debout, priait  au milieu du feu, ouvrant la bouche, il dit : À cause de ton nom, ne nous livre pas pour toujours et ne romps pas ton alliance. Ne nous retire pas ta miséricorde, à cause d’Abraham, ton ami, d’Isaac, et d’Israël que tu as consacré. Tu as dit que tu rendrais leur descendance aussi nombreuse que les astres du ciel, que le sable au rivage des mers. Or nous voici, ô Maître, le moins nombreux de tous les peuples, humiliés aujourd’hui sur toute la terre, à cause de nos péchés. Il n’est plus, en ce temps, ni prince ni chef ni prophète, plus d’holocauste ni de sacrifice, plus d’oblation ni d’offrande d’encens, plus de lieu où t’offrir nos prémices pour obtenir ta miséricorde. Mais, avec nos cœurs brisés, nos esprits humiliés, reçois-nous, comme un holocauste de béliers, de taureaux, d’agneaux gras par milliers. Que notre sacrifice, en ce jour, trouve grâce devant toi, car il n’est pas de honte pour qui espère en toi. Et maintenant, de tout cœur, nous te suivons, nous te craignons et nous cherchons ta face. Ne nous laisse pas dans la honte, agis envers nous selon ton indulgence et l’abondance de ta miséricorde. Délivre-nous en renouvelant tes merveilles, glorifie ton nom, Seigneur.

Psaume 25(24),4-5ab.6-7bc.8-9.
Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m'oublie pas.
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemi
n.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.
En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

Azarias est dans la tourmente avec ses frères, l'image est forte, car ils subissent un tourment dont ils ne devraient pas sortir vivants. Mais soumis avec ses frères à l'épreuve du feu, ils continuent d'invoquer le Seigneur, ils ne protestent pas, ils ne récriminent pas contre Dieu qui n'est pas intervenu au moment où ils ont été introduits dans la fournaise. Au contraire, ils vont continuer d'invoquer Dieu en s'offrant eux-mêmes aux flammes qui doivent les consumer. Une telle foi, en une telle détresse - acceptée sans réserve - ne peut que toucher le Seigneur et exciter en Lui sa miséricorde. Nous qui vivons en ce temps où les tous les progrès de l'informatisation aboutissent à priver de travail et de revenus un très grands nombres de personnes - et parmi les plus jeunes, nous ferions bien de cesser de nous lamenter pour "commencer-de-nouveau" à nous en remettre à la bienveillance de notre père dans les Cieux. Ce matin-même, notre prêtre s'est inspiré du fait qu'arrivant aux caisses d'un supermarché, il a découvert qu'il devait "scanner" de lui-même ses achats et effecteur le paiement électronique. Une toute jeune caissière va de nouveau se retrouver en chômage pour la troisième fois en cinq ans ... N'est-elle pas, elle aussi, sacrifiée à des dieux païens ?

Tôt ou tard, la justice passe. D'abord la miséricorde, ensuite la justice. Que choisirons-nous donc: la miséricorde ou la justice ?  Sommes-nous bien placés pour devenir le juge de notre prochain ?  Tel homme a commis un vol et sort à peine de prison : il a payé sa dette à la société. Il peut recommencer sa vie - mais qui lui donnera cette chance ?  Quel patron lui confiera la caisse de son magasin et lui confiera les clés qui ouvrent les portes ?

Dans le cas exposé par Jésus dans la parabole, le roi remet volontiers une dette très importante à l'un de ses sujets. Certes, celui-ci l'aura remercié vivement, mais est-il sincère? Ne se dit-il pas, comme beaucoup d'homme d'argent:  "Ce roi est vraiment un naïf parmi tous ? Mais quant à moi, je vais, de ce pas, régler mes comptes !" ¨La conclusion, en ce temps de carême, est évidente. Nous savons bien que nous sommes aimés par le Seigneur. Des fautes, il nous en a pardonné beaucoup - mais nous: à qui avons nous pardonné et pardonner du fond du cœur ?

Dans certains cas, il est difficile - voire impossible - de rétablir la pleine confiance ! L'an dernier, une jeune inspectrice du fisc a voulu me faire"cracher" plus de dix mille euros lors de ma de ma déclaration fiscale - ce montant absurde a été annulé après réclamation et réévalué à trois cents euros... Ce fut pour moi un signe: j'ai cessé mon activité de bouquiniste en octobre de l'année écoulée. - Cependant, mes nerfs en ont pâti lourdement et je suis fragilisé.  Avec de la patience, je redeviendrai comme je fus: joyeux du fond du cœur. Mais je ne peux certes pas me tourner, à mon tour, vers celles et ceux qui me doivent quelques prêts que j'ai pu faire - table rase de tous des calculs !







«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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