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Guaérison d'un paralytique

Publié : mar. 28 mars 2017, 10:39
par etienne lorant
Le mardi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Ézéchiel 47,1-9.12.
Quand il m’eut ramené, voici qu’il y avait au bord du torrent, de chaque côté, des arbres en grand nombre. Il me dit : « Cette eau coule vers la région de l’orient, elle descend dans la vallée du Jourdain, et se déverse dans la mer Morte, dont elle assainit les eaux. En tout lieu où parviendra le torrent, tous les animaux pourront vivre et foisonner. Le poisson sera très abondant, car cette eau assainit tout ce qu’elle pénètre, et la vie apparaît en tout lieu où arrive le torrent. Au bord du torrent, sur les deux rives, toutes sortes d’arbres fruitiers pousseront ; leur feuillage ne se flétrira pas et leurs fruits ne manqueront pas. Chaque mois ils porteront des fruits nouveaux, car cette eau vient du sanctuaire. Les fruits seront une nourriture, et les feuilles un remède. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,1-16.
À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. [...] Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans. Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? »  Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche.»  Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait ! Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pieds : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua: « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard et marche !”» Ils ’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit. Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : «Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »
L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.



Les textes de ce jour nous parlent de l'eau comme du bien primordial entre tous. Un homme pourrait bien s'abstenir de nourriture durant quarante jours, mais il ne peut certes pas faire de même avec l'eau !  Notre corps est constitué de 90% d'eau et tous les malheureux qui ont choisi de s'immoler par le feu - la plupart en signe de de révolte absolue - souffrent affreusement d'avoir ignoré ce "détail" sans pour autant mourir !... L'eau, c'est la vie, et c'est aussi la source de multiples formes de vie. Notre prêtre nous a rappelé la richesse de cet élément naturel - Il n'est guère étonnant que les enfants soient symboliquement plongés dans l'eau du baptême, en signe de purification.

Cette eau se retrouve bouillonnante dans la piscine de Bethzatha et c'est à cet endroit que, pour la première fois dans cette montée vers Pâques, Jésus va se trouver mis en accusation pour avoir "travaillé" un jour de Sabbat...  Mais  à l'origine, le dessein de Dieu pour le jour du sabbat, c'est que l'homme se repose et qu'il se rappelle combien Dieu est miséricordieux. Et dès lors, comment un acte de miséricorde peut-il donc se retrouver sanctionné spécialement ce jour-là ?  Comment peut-on être assez faux pour ne pas se réjouir de voir se relever un homme qui était paralysé sur un brancard durant trente-huit ans !  Tout au contraire, combien grande devrait être la joie, en ce jour consacré à Dieu, de voir un paralytique porter le brancard-de-douleurs qui l'avait porté, lui, durant tant d'années ?

Que nos vies soient donc renouvelées dans la joie le jour de Pâques !

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Rupture de l'ancienne alliance

Publié : mer. 29 mars 2017, 10:37
par etienne lorant
Le mercredi de la 4e semaine de Carême

Livre d'Isaïe 49,8-15.
Ainsi parle le Seigneur : Au temps favorable, je t’ai exaucé, au jour du salut, je t’ai secouru. Je t’ai façonné, établi, pour que tu sois l’alliance du peuple, pour relever le pays, restituer les héritages dévastés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,17-30.
En ce temps-là, après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat, Jésus déclara aux Juifs: «Mon Père est toujours à l’œuvre, et moi aussi, je suis à l’œuvre.» C’est pourquoi, de plus en plus, les Juifs cherchaient à le tuer, car non seulement il ne respectait pas le sabbat, mais encore il disait que Dieu était son propre Père, et il se faisait ainsi l’égal de Dieu. Jésus reprit donc la parole. Il leur déclarait  « Amen, amen, je vous le dis : le Fils ne peut rien faire de lui-même, il fait seulement ce qu’il voit faire par le Père ; ce que fait celui-ci, le Fils le fait pareillement. Car le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. Il lui montrera des œuvres plus grandes encore, si bien que vous serez dans l’étonnement. Comme le Père, en effet, relève les morts et les fait vivre, ainsi le Fils, lui aussi, fait vivre qui il veut. Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger, afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé. Amen, amen, je vous le dis : qui écoute ma parole et croit en Celui qui m’a envoyé, obtient la vie éternelle et il échappe au jugement, car déjà il passe de la mort à la vie. Amen, amen, je vous le dis: l’heure vient – et c’est maintenant – où les morts entendront la voix du Fils de Dieu, et ceux qui l’auront entendue vivront. Comme le Père, en effet, a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir, lui aussi, la vie en lui-même; et il lui a donné pouvoir d’exercer le jugement, parce qu’il est le Fils de l’homme. Ne soyez pas étonnés; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix; alors, ceux qui ont fait le bien sortiront pour ressusciter et vivre, ceux qui ont fait le mal, pour ressusciter et être jugés. Moi, je ne peux rien faire de moi-même ; je rends mon jugement d’après ce que j’entends, et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas à faire ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. »

Cy Aelf, Paris

La première lecture de ce jour est tout à fait claire et dévoile le dessein de Dieu en Jésus-Christ. Le Seigneur a été établi qu'il soit "l’alliance du peuple, afin de relever le pays et restituer les héritages dévastés."

Ces héritages dévastés sont tout entiers constitués par les règles artificiellement ajoutées par les maîtres du temple afin que la miséricorde divine ne puisse s'étendre au-delà des frontières d'Israël.  
Pour bien saisir ce qui se joue ici, il suffit de se souvenir que le tout premier commandement: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces" est indissociable du second: "Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l'amour de Dieu".

Pour les pharisiens, pour Caïphe également, pour les prêtres du temple de Jérusalem, il est tout à fait hors de question de remettre en cause "l'ordre établi". Par contre, tous avaient en vue la domination d'Israël sur tous les peuples du monde - après tout, n'étaient-ils pas parvenus - en vertu de l'Alliance - à venir à bout des Égyptiens ?  De fait, la fête juive de Pâques demeure le rappel  perpétuel de la délivrance du peuple juif par l'engloutissement sous les eaux de la cavalerie de Pharaon lancée à la poursuite...  

Aujourd'hui, la lecture de l’Évangile rend manifeste la rupture du lien privilégié entre Dieu et le peuple élu - ou pour dire mieux: l'ouverture au monde entier, dans toutes les générations, de l'oeuvre de la miséricorde divine. Les fidèles partagent cette joie à Pâques, mais ils doivent eux aussi passer par une purification de leurs estimations et jugements propres.  Les catholiques ne sont certainement pas les seuls à pouvoir entrer dans le Royaume. La règle est toujours la même :  "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme et de toutes tes forces et ton prochain comme toi-même".

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Il est temps de nous remettre en question

Publié : jeu. 30 mars 2017, 10:39
par etienne lorant
Le jeudi de la 4e semaine de Carême

Livre de l'Exode 32,7-14.

Pourquoi donner aux Égyptiens l’occasion de dire  “C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir;il voulait les tuer dans les montagnes et les exterminer à la surface de la terre”? Retiens   ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : “Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.”» Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 5,31-47.
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs: « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai. Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean: ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé.»Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face,  et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé.
Vous scrutez les Écritures car vous pensez y trouver la vie éternelle; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! La gloire, je ne la reçois pas des hommes; d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez! Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique? Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »
Cy Aelf, Paris

                                                                     

Voici, aujourd’hui, comme chaque année, les textes que l'on a difficile de commenter, car nous savons tous que, par les paroles qu'il prononce de lui-même, en toute liberté et en toute vérité, le Christ va s'exposer de lui-même au jugement des pharisiens pour être finalement livré à l'autorité de l'occupant romain - et mourir crucifié comme entre deux bandits.

Qu'est ce qui nous choque le plus, individuellement ?

Au-delà du drame qui se noue, il nous est demandé à tous de revenir sur nous-mêmes, de reconnaître de nouveau nos propres manques de foi, de charité - et surtout: d'espérance !  Notre prêtre nous a dit qu'il reconnaissait de nouveau, à de nombreux signes dans nos sociétés... que les temps de violence et de guerre sont en train de prendre de nouveau le dessus dans les cœurs. Car lorsque les hommes renoncent à la miséricorde et à la charité, ils se livrent d'eux-mêmes à l'Adversaire...

Je fais le point pour moi-même: dans un an, je devrai cesser mon activité de bouquiniste car la boutique où j'exerce mon activité sera remise en vente. Mon propriétaire veut bien me la céder à un prix très démocratique, mais est-il bien raisonnable de d'investir à deux ans de la retraite ?  Mon choix est fait - je me confie à la Providence et la miséricorde divine et je prie afin de reconnaître le bon chemin, un pas après l'autre en pleine confiance à la miséricorde divine...

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Puissance du Verbe de Dieu

Publié : sam. 01 avr. 2017, 10:42
par etienne lorant
Le samedi de la 4e semaine de Carême

Livre de Jérémie 11,18-20.
«Ils disaient : « Coupons l’arbre à la racine, retranchons-le de la terre des vivants, afin qu’on oublie jusqu’à son nom.»

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 7,40-53.
En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient:« C’est vraiment lui, le Prophète annoncé !» D'autres disaient: « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient: « Le Christ peut-il venir de Galilée? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? »
C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui.Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? »
Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! »
Les pharisiens leur répliquèrent: «Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! » Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit: «Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! »
Puis ils s’en allèrent chacun chez soi.



Cy Aelf, Paris

L'affaire des gardes en dit long, non sur l'éloquence, mais sur la puissance de la parole - du Verbe qui s'est fait chair en Jésus. Les gardes ont été à ce point impressionnés qu'ils restent sur le coup de leur émotion au moment de rapporter l'échec de leur mission. Ce sont des soldats et quand des soldats reviennent bredouilles d'une mission, ils préfèrent généralement inventer une histoire parfaitement plausible afin de justifier leur échec.

Par exemple,ils auraient pu déclarer que la foule était trop dense et et excitée pour qu'ils puissent, s'emparer de Jésus et le ramener sans dommage. Tout aussi logiquement, ils pouvaient réclamer un renfort de troupe, etc. Bref, une explication plausible vaut toujours mieux qu'une sanction désagréable. Mais ces gardes sont revenus subjugués, encore sous le coup de l'émotion que les mots de Jésus avaient suscité en eux... . Unanimement, ils déclarent:  "Jamais homme n'a parlé comme cet homme  !"

De sorte que, dans cette scène, je retrouve l'idée que lorsque Jésus s'adresse à une foule, celle-ci ne réagit pas en tant que foule, mais chacun est touché dans sa personnalité profonde. Autrement dit, les mêmes mots rejoignent chaque auditeur  dans ce qu'il a de plus profond. Suis-je dans l'erreur de parler ainsi , est-ce que j'introduis un caractère quelque peu "fantastique" ou superflu ?  Cependant, on lit dans l'Épître aux Hébreux, chapitre 4:  Elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu'une épée à deux tranchants ; elle pénètre au plus profond de l'âme, jusqu'aux jointures et jusqu'aux moelles; elle juge des intentions et des pensées du cœur."

Comme est riche ce "moment" de la Passion  !

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Que préférons-nous : la justice ou la miséricorde ?

Publié : lun. 03 avr. 2017, 10:50
par etienne lorant
Le lundi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 13,1-9.15-17.19-30.33-62.
Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l’esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel, qui se mit à crier d’une voix forte:« Je suis innocent de la mort de cette femme!» Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? »  Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Fils d’Israël, vous êtes donc fous ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d’Israël. Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage.» Tout le peuple revint donc en hâte, et le collège des anciens dit à Daniel: « Viens siéger au milieu de nous et donne-nous des explications, car Dieu a déjà fait de toi un ancien.» Et Daniel leur dit : « Séparez-les bien l’un de l’autre, je vais les interroger.» Quand on les eut séparés, Daniel appela le premier et lui dit : « Toi qui as vieilli dans le mal, tu portes maintenant le poids des péchés que tu as commis autrefois en jugeant injustement : tu condamnais les innocents et tu acquittais les coupables, alors que le Seigneur a dit : “Tu ne feras pas mourir l’innocent et le juste.” Eh bien! si réellement tu as vu cette femme, dis-nous sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre?» Il répondit:« Sous un sycomore.» Daniel dit : « Voilà justement un mensonge qui te condamne : l’Ange de Dieu a reçu un ordre de Dieu, et il va te mettre à mort. » Daniel le renvoya, fit amener l’autre et lui dit : « Tu es de la race de Canaan et non de Juda ! La beauté t’a dévoyé et le désir a perverti ton cœur. C’est ainsi que vous traitiez les filles d’Israël, et, par crainte, elles se donnaient à vous. Mais une fille de Juda n’a pu consentir à votre crime. Dis-moi donc sous quel arbre tu les as vus se donner l’un à l’autre ? » Il répondit : « Sous un châtaignier. » Daniel lui dit : « Toi aussi, voilà justement un mensonge qui te condamne : l’Ange de Dieu attend, l’épée à la main, pour te châtier, et vous faire exterminer. »  Alors toute l’assemblée poussa une grande clameur et bénit Dieu qui sauve ceux qui espèrent en lui. Puis elle se retourna contre les deux anciens que Daniel avait convaincus de faux témoignage par leur propre bouche. Conformément à la loi de Moïse, on leur fit subir la peine que leur méchanceté avait imaginée contre leur prochain: on les mit à mort. Et ce jour-là, une vie innocente fut épargnée.



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,1-11.
En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère.Ils disent à Jésus:«Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu» Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre.» Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.  Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda:« Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée?» Elle répondit : « Personne, Seigneur.» Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »
© AELF, Paris


La plupart des jugements sont précaires. Il nous suffit d'examiner notre propre conscience pour reconnaître que nous sommes très loin d'une parfaite innocence ! Et, de ce fait, il est bien préférable, pour nous-mêmes, de nous abstenir de jugement. Et dans certaines constances, mieux vaut encore ne pas faire valoir notre droit.
Je me souviens encore la réponse que m'a donnée un entrepreneur lorsque j'ai protesté que les travaux  entrepris dans la galerie marchande me feraient subir un fort manque à gagner. Il m'a répondu simplement: "Envoyez-moi donc vos avocats, ils rencontreront les miens !" Je m'étais tout de suite résigné, car les travaux devaient durer six mois, tandis que la procédure judiciaire prendrait jusqu'à trois ans avant d'être inscrite au rôle !  

Dans l'affaire de Suzanne, la contre-accusation déposée par Daniel joue sur la reconnaissante d'un arbre parmi cent autres - et c'est tout simple: selon l’endroit d'où l'on observe, on reconnaîtra un arbre ou l'autre ! Et dans l’Évangile, il suffit à Jésus de renvoyer les accusateurs à leur propre conscience. Celui qui est pur et sans péché, qu'il jette la première pierre !

La leçon proposée par la liturgie de ce jour est bel et bien de renoncer à nos jugements, puisque dans la plupart des cas, nous ne savons quasi rien des motivations du prochain, nous ne connaissons pas son histoire, et nous sommes même ignorants de ce que nous ferions nous-mêmes en telle ou telle circonstances. De sorte que,  pour ne pas être nous-mêmes jugés, il est toujours préférable de pratiquer la miséricorde - et cela jusque dans nos moindres pensées...

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Re: Que préférons-nous : la justice ou la miséricorde ?

Publié : lun. 03 avr. 2017, 13:52
par Belin
l'un n'exclu pas l'autre. Il y a une béatitude qui dit "heureux les assoiffés de justice car le royaume des cieux est à eux", et une autre qui dit "heureux les miséricordieux ils obtiendront miséricorde".
Donc on doit préférer les deux. Une société sans justice c'est la guerre, une société sans miséricorde c'est la tyrannie.

Comment guérir en notre temps

Publié : mar. 04 avr. 2017, 9:59
par etienne lorant
Le mardi de la 5e semaine de Carême

Livre des Nombres 21,4-9.
Le peuple vint vers Moïse et dit : « Nous avons péché, en récriminant contre le Seigneur et contre toi. Intercède auprès du Seigneur pour qu’il éloigne de nous les serpents. » Moïse intercéda pour le peuple,
et le Seigneur dit à Moïse: «Fais-toi un serpent brûlant, et dresse-le au sommet d’un mât: tous ceux qui auront été mordus, qu’ils le regardent, alors ils vivront ! » Moïse fit un serpent de bronze et le dressa au sommet du mât. Quand un homme était mordu par un serpent, et qu’il regardait vers le serpent de bronze, il restait en vie !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,21-30.
En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens:«Je m’en vais; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » Les Juifs disaient: «Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit:“Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller”? Il leur répondit:« Vous, vous êtes d’en bas; moi, je suis d’en haut. Vous êtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés.» Alors, ils lui demandaient:« Toi, qui es-tu ?» Jésus leur répondit: «Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde.» Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.» Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

         
                                                           © AELF, Paris

Dans ce passage, il est clair que Jésus ne s'adresse pas uniquement aux représentants du peuple de l'Alliance, mais il s'adresse déjà à toute l'humanité. Ce langage, apparemment difficile à pénétrer, n'est   pas destiné uniquement aux juifs, mais également à toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté qui cherchent la vérité.

Cette vérité n'est pas comme un concept philosophique ou scientifique, car l'homme  ne peut le pénétrer sans y livrer tout autant le cœur que l'intelligence. Telle en effet est la démarche de la foi. Elle n'est certes pas simple à suivre, mais nous sommes tous  invités à l'entreprendre.

De même qu'un regard posé sur le serpent a pu guérir les juifs qui récriminaient contre Dieu, de même nous ne pourrons guérir des maux de notre temps qu'en tournant notre regard vers Jésus notre sauveur, Lui qui donne librement sa vie afin que nous en héritions par la foi, l'espérance et l'amour...

Ne tardons pas, a conclu notre prêtre, car notre temps, du fait du manque de foi, risque de basculer de nouveau dans le chaos...

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Adhésion ou jugement

Publié : mer. 05 avr. 2017, 10:35
par etienne lorant
Le mercredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 3,14-20.91-92.95.
En ces jours-là, le roi Nabucodonosor parla ainsi: « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d’adorer la statue d’or que j’ai fait ériger? Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j’ai faite, quand vous entendrez le son du cor, de la flûte, de la cithare, de la harpe, de la lyre, de la cornemuse et de toutes les sortes d’instruments ? Si vous n’adorez pas cette statue, vous serez immédiatement jetés dans la fournaise de feu ardent ; et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? »
Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n’est pas à nous de te répondre. Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise de feu ardent et de ta main, ô roi. Et même s’il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as érigée. » Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s’altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu’à l’ordinaire. Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise de feu ardent. Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent: «A ssurément, ô roi. » Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. »
Et Nabucodonosor s’écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l’ordre du roi ; ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d’adorer un autre dieu que leur Dieu. »



Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,31-42.
En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui:
«Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répliquèrent: «Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire:“Vous deviendrez libres”?» Jésus leur répondit «Amen,  je vous le dis: qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père.» Ils lui répliquèrent:« Notre père, c’est Abraham.» Jésus leur dit:« Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père.» Ils dirent: « Nous ne sommes pas nés de la prostitution! Nous n’avons qu’un seul Père:c’est Dieu.» Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé.»


Cy Aelf, Paris

Au commencement de cette longue mise au point d'ordre théologique, il est bien indiqué que Jésus s'adresse "à ceux des juifs qui croyaient en lui". Mais cette foi n'est certes pas celle des des apôtres et des disciples! Ceux-ci ont tout quitté pour suivre Jésus, tandis que ces juifs du temple n'abandonnent rien de leur première manière de croire - et donc, forcément, ils en resteront à leur pratique première, jusqu’à s'emparer du Seigneur pour le mettre en procès. De notre temps aussi, a dit notre prêtre, nombreux sont les fidèles qui sont fidèles à l'Eglise et à la pratique des sacrements, sans pour autant éprouver le besoin de se remettre en question.

En effet, avant de devenir véritablement un enfant de Dieu, il faut accepter de subir l'épreuve du détachement; il faut d'abord se dépouiller tout ce qui est ancien et qui pèse sur le cœur, l'opprime et empêche sa délivrance. Telle est l'épreuve de la foi qu'ont traversée avec succès Sidrac, Misac et Abdénago: dans la foi, on ne change pas de cœur et d'esprit pour ménager sa vie...

Les lectures de ce matin m'ont rappelé, une fois encore, combien j'ai souffert le troisième jour après avoir résolu de cesser de fumer. C'est au moment où j'allais "craquer"- et racheter un paquet de tabac, qu'une Joie indescriptible m'a envahi. De ce jour-là j'ai toujours gardé le sentiment profond que: "Le Seigneur est présent tout entier à notre âme, Il nous regarde par fenêtre de l'instant qui passe". Les juifs qui vont condamner Jésus ne peuvent pas Le reconnaître car ils sont prisonniers de leurs convictions - et la foi n'est pas une conviction, mais c'est un mouvement du cœur qui ne cesse d'emporter le cœur ...


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Un choix radical et sans retour

Publié : jeu. 06 avr. 2017, 10:14
par etienne lorant
Le jeudi de la 5e semaine de Carême

Livre de la Genèse 17,3-9.
En ces jours-là, Abram tomba face contre terre et Dieu lui parla ainsi: « Moi, voici l’alliance que je fais avec toi : tu deviendras le père d’une multitude de nations. Tu ne seras plus appelé du nom d’Abram, ton nom sera Abraham, car je fais de toi le père d’une multitude de nations. Je te ferai porter des fruits à l’infini, de toi je ferai des nations, et des rois sortiront de toi. J’établirai mon alliance entre moi et toi, et après toi avec ta descendance, de génération en génération ; ce sera une alliance éternelle; ainsi je serai ton Dieu et le Dieu de ta descendance après toi. À toi et à ta descendance après toi je donnerai le pays où tu résides, tout le pays de Canaan en propriété perpétuelle, et je serai leur Dieu. » Dieu dit à Abraham : « Toi, tu observeras mon alliance, toi et ta descendance après toi, de génération en génération. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,51-59.
En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs: « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort.» Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? » Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : «Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.



C'est en s'identifiant au "JE SUIS", c'est-à-dire au nom que Dieu avait donné au père Abraham que Jésus, de lui-même, scelle son sa propre condamnation à mort. Comme chaque année, il me suffit d'entendre cette déclaration pour que je ressente de nouveau combien j'étais aimé avant même ma conversion au pied d'un crucifix, il y a déjà plus de trente ans... Jusqu'alors, en effet, j'avais cherché une sorte de "compromis" entre le bonheur strictement humain et l'idéal de l'amour.

En réalité, il n'y a pas de compromis viables entre l'homme et le monde. Mais il faut que l'homme choisisse Dieu, Dieu chaque jour, en dépit du monde. Ce bouleversement radical se traduit assez vite une forme d'existence qui fait passer au second plan la réussite dans le monde.  C'est ce qui fait des chrétiens - les hommes comme les femmes, des personnes qui seront, à leur tour, remises en question par "le monde".

Il n'est pas possible, en effet, d'appartenir au Seigneur et, en même temps, de se faire aimer d'une multitude de personnes. Bien heureusement, celles et ceux qui ont adhéré de tout leur cœur à l’Évangile, se rendent capables, à la manière de Jésus, de s'en remettre au Père quelles que soient les circonstances. Jésus est sorti du temple en se cachant et il n'est donc guère étonnant que notre mérite n'apparaisse pas - et mieux vaut ainsi !  

Partage tout à fait personnel en ce jour tout à fait particulier !

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Toujours prier dans la volonté du Père

Publié : sam. 08 avr. 2017, 11:45
par etienne lorant
Le samedi de la 5e semaine de Carême

Livre d'Ézéchiel 37,21-28.  
Je conclurai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d’eux pour toujours. Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Alors les nations sauront que Je suis le Seigneur, celui qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d’eux pour toujours. »
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,45-57.
En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême; ils disaient: « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. » Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit: « Vous n’y comprenez rien; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas.» Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés. À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer.


Ce qui m'a le plus impressionné, ce matin, c'est bien de découvrir que, même lorsqu'ils complotent contre Jésus, et décident de le mettre à mort, ils ne font encore, qu’entrer dans le dessein de Dieu. Certes, ils se condamnent eux-mêmes en devenant déicides, mais ils accomplissent (sans pouvoir s'en rendre compte), le dessein de Dieu en vue de la conversion du reste du monde.

L'erreur fatale des dignitaires du temple, c'est de s'imaginer que l'on puisse indéfiniment, au nom même de l'Alliance, contraindre Dieu à intervenir comme ils le souhaitent.

Or, a déclaré notre prêtre, ce type de péché, est malheureusement très courant chez de nombreux fidèles. Ils ne peuvent pas s'imaginer, quand une demande tarde d'être exaucée,  que c'est pour leur bien qu'il en est ainsi..  Je reconnais moi-même qu'à force de formuler une certaine demande, j'ai fini (au bout de trois années) par obtenir ce que j'avais demandé... le résultat final fut une catastrophe étalée sur trois années !  

Les maîtres du temple de Jérusalem feront donc mourir Jésus par par la main de l'occupant romain... mais le résultat final sera la destruction du temple, la diaspora et l'évangélisation du reste du monde. Quelle que soit la situation, il est toujours plus juste de prier à la manière de Jésus en disant: "Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel" ou bien, en une occasion pénible : Qu'il m'en soit fait, non comme je veux, mais comme Toi tu veux !"

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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Publié : lun. 10 avr. 2017, 10:31
par etienne lorant
Le lundi saint

Livre d'Isaïe 42,1-7.
Ainsi parle le Seigneur : « Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 12,1-11.
Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. » Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Cy Aelf, Paris
Avant d'entrer dans la Passion, cette scène nous offre comme une pause dans la tension qui s'accroît à l'encontre de Jésus.  Pour ma part, je l'avoue, je n'ai guère écouté la brève homélie de notre prêtre, car j'endure un "coup de dépression" lié à un problème de fiscalité (qui se résoudra d'une manière ou d'une autre), mais aussi et surtout: à la mise vente par le propriétaire de la boutique où j'exerce mon activité depuis la fin des années 90...

Du fait de ces préoccupations, il m'est apparu qu'à Béthanie, chaque participant de la scène se retrouve confronté à lui-même, comme le sont les personnages d'un drame à la manière antique : chacun se retrouve dans un rôle tout personnel qu'il doit assumer tant bien que mal. D'un côté, il y a le geste de pur amour de Marie, de l'autre la veulerie de Judas - qui songe au moyen de se "retirer des affaires" après un dernier "bon coup" !

Il m'est donc venu à l'esprit cette question que je me pose  - que je propose à  celles et ceux qui me  liront :  où en suis-je de ma démarche de foi ?

(Inutile de tomber en dépression pour autant !)

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Un parmi nous le livrera

Publié : mar. 11 avr. 2017, 9:41
par etienne lorant
Le mardi saint

Livre d'Isaïe 49,1-6.
Écoutez-moi, îles lointaines ! Peuples éloignés, soyez attentifs ! J’étais encore dans le sein maternel quand le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore dans les entrailles de ma mère quand il a prononcé mon nom. Et il dit : « C’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob, ramener les rescapés d’Israël : je fais de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,21-33.36-38.
En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis: l’un de vous me livrera.»  Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler. Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit. Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »  Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »


                                                                   
Chaque année, je l'écris en mon propre nom, l’Évangile de ce jour m'oblige à un pénible retour sur moi-même car, lors de ce dernier repas, je pourrais peu glorieusement m'identifier à l'un quelconque des disciples qui vont s'éparpiller comme une volée de moineaux apeurés !

Je ne tiens pourtant pas compte du traître, Judas, car je puis redouter la pauvreté sans pour autant  m'avilir. Et qu'il y a-t-il de plus veule que de trahir les siens pour un gain d'argent ?

Ceci dit, je ne me sens guère meilleur que les onze autres qui vont abandonner leur maître et le renier - comme Pierre - sous le coup de la frayeur. Si Pierre a pu renier trois fois, qui parmi nous prétendra être meilleur que lui ?

Du reste, je serais curieux d'apprendre, de leur bouche, ce que mes voisins en Eglise ressentent et pensent de ces jours-ci, comment ils vivent leur relation à Dieu en cette circonstance... mais pour ma part, aujourd'hui et jusqu'à l'évangile du tombeau vide, je vais m’abstenir de commentaire... merci de me comprendre !  

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Publié : mar. 11 avr. 2017, 11:42
par Aldous
"Il y a des gens qui peuvent parler de Dieu, qui savent tout de Dieu, qui ne cessent de disserter sur Dieu et qui jamais ne vous donnent Dieu."
Maurice Zundel, théologien suisse (1867-1975)

Deux proverbes:
Qui ne sait se taire, ne sait dire.
Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas.

Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Publié : mer. 12 avr. 2017, 15:19
par etienne lorant

Si la parole que tu vas dire n'est pas plus belle que le silence, ne la dis pas.

Merci !!!

Retour sur le dimanche des Rameaux

Publié : jeu. 13 avr. 2017, 8:46
par etienne lorant
Evangile selon saint Mathieu 21 / 1 - 9
Quand ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent en vue de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples en leur disant : " Rendez-vous au village qui est en face de vous ; et aussitôt vous trouverez, à l'attache, une ânesse avec son ânon près d'elle ; détachez-la et amenez-les-moi. Et si quelqu'un vous dit quelque chose, vous direz : "Le Seigneur en a besoin, mais aussitôt il les renverra". " 
Ceci advint pour que s'accomplît l'oracle du prophète :Dites à la fille de Sion : Voici que ton Roi vient à toi ; modeste, il monte une ânesse, et un ânon, petit d'une bête de somme.
Les disciples allèrent donc et, faisant comme leur avait ordonné Jésus, ils amenèrent l'ânesse et l'ânon. Puis ils disposèrent sur eux leurs manteaux et Jésus s'assit dessus. Alors les gens, en très nombreuse foule, étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d'autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient le chemin. Les foules qui marchaient devant lui et celles qui suivaient criaient : " Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! "



Le Roi des Cieux n'est pas comme les rois de la terre. Un roi de la terre vient monté sur un cheval fougueux, de pure race, ou bien sur un éléphant - comme en Asie les maharadjah. Notre Roi vient sur le dos d'un anôn, un animal qui est une "bête de somme", doué non pour la course pour le labeur. C'est dans cet équipage que Jésus entre à Jérusalem. Mais n'est-il pas habitué à monter un âne ? L'âne était présent dès la crèche, il était là pour le départ à Béthléem, pour la fuite en Egypte et le retour. Le texte nous dit que cette entrée dans Jérusalem est un triomphe. Sans doute pour quelques-uns, qui ont saisi, au fond même de la confusion du coeur, que quelque chose de très important est en train de se passer; quelque chose qui a du sens au-delà de l'apparence, mais dont nul ne saurait présager l'issue.

Jésus ne dit rien. Il se laisse acclamer mais, tout à la fin (et le texte que j'ai trouvé n'en parle pas) les Pharisiens veulent interdire aux disciples de célébrer l'événement. Alors Il ouvre la bouche et déclare: "Si ceux-ci doivent se taire, alors les pierres crieront !" Jésus n'a rien perdu de la promptitude de son esprit. Pourquoi les pierres, me suis-je demandé ? Parce que, reprenant les Juifs dans leur certitude d'être tous justes car fils d'Abraham, Il les avait au contraire appelés au repentir: "Ne prétendez pas dire en vous-mêmes: Nous avons Abraham pour père! Car je vous déclare que de ces pierres-ci Dieu peut susciter des enfants à Abraham !"

Cet épisode m'a réaffirmé dans la conscience que je puis désormais employés les talents que le Seigneur m'a donné pour le service de son Nom, mais pourvu que ce soit du point de vue de l'homme juché sur une bête de somme, qui ne peut être reconnu par les autres hommes, ses semblables, mais qui portera le fardeau de beaucoup. Puisque "le Fils de l'homme est venu non pour être servi mais pour servir - et qu'il n'y  de grandeur devant Dieu que dans l'humilité, l'acceptation, le don de soi.

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