Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

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etienne lorant
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Vivre sa foi concrètement

Message non lupar etienne lorant » ven. 13 janv. 2017, 17:54

Le vendredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,1-5.11.
Frères, craignons, tant que demeure la promesse d’entrer dans le repos de Dieu, craignons que l’un d’entre vous n’arrive, en quelque sorte, trop tard. Certes, nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens-là; cependant, la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas accueillie avec foi par ses auditeurs. Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : ‘Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos !’

Psaume 78(77),3.4cd.6ab.7bc.8.
Qu'ils ne soient pas, comme leurs pères,
une génération indocile et rebelle,
génération de cœurs inconstants
et d'esprits infidèles à Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,1-12.
Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.»  Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes: « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?  Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche”?  Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison.» Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »



Les textes de la liturgie de ce jour parlent tous de la même voix pour nous prévenir contre le danger, toujours présent,  d'une conversion qui ne serait pas suivie concrètement d'une mise en œuvre concrète. Dans la guérison du paralytique, le plus important aux yeux du Seigneur, ce n'est pas la guérison du corps, mais celle de l'âme.

Ce qui signifie, pour chacune et chacun d'entre nous, qu'il serait nettement préférable de vivre la condition de l'homme totalement paralysé - plutôt que d'être en bonne santé, mais de vivre en suivant tout ce que le monde nous propose en matière de plaisirs, de jouissances immodérées, de quête d'argent, de domination sur autrui, de distractions vaines, et combien d'autres choses encore...

Il serait très facile - y compris pour le converti que je suis - de relâcher sa vigilance et de considérer, le grand âge approchant, qu'il en a déjà fait assez.  En vérité, ce serait une grotesque erreur de relâcher l'attention aux plus faibles et envers celles et ceux qui n'ayant jamais connu le message de l’Évangile, ont besoin d'un témoignage concret d'une charité et d'une miséricorde effectivement et librement  pratiquées.

Notre époque est tout à fait propice au témoignage et de la pratique, non pas seulement à l'église mais aussi dans le quotidien de l'existence. Il nous faut, à la sortie de la messe, pratiquer effectivement la charité et la miséricorde envers le prochain.  Un homme comme moi, converti dans une vision, est tout autant exposé qu'un autre - du fait des crises en cours, au repliement sur lui-même. C'est une tentation qui ne peut se vaincre que par la charité effectivement pratiquée...

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Les choix du Seigneur débordent toujous les nôtres

Message non lupar etienne lorant » sam. 14 janv. 2017, 19:26

Le samedi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,12-16.
Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard; nous aurons à lui rendre des comptes. En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,13-17.
En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »



Ce samedi, en écoutant les lectures, oui, je me suis senti comme faisant partie du nombre des publicains et des pécheurs, tant je manque de rigueur à vivre concrètement ma foi. Or, je me souviens très bien que j'étais autrefois prêt à toutes sortes de gestes de charité et de miséricorde. Ce fut une époque où tombé ivre de l'amour de Jésus, je me livrais aux autres pour les assister du mieux que je pouvais. Cela ne procédait pas d'une évaluation, d'un calcul de ce qu'il était possible de faire en se fondant sur la raison.

Tout procédait d'une inspiration intérieure, à laquelle je pouvais adhérer ou non. Aussi longtemps que j'ai pu faire abstraction des règles courantes, j'étais pénétré d'une Joie très profonde, laquelle me semblait aussi comme un "puits d'énergie".

Ce temps-là est passé depuis longtemps, car je suis devenu ensuite un "chrétien raisonnable" ...mais il me reste quelques signes de vraie charité qui me sont inspirés ici et là.

Ainsi, l'an dernier,au printemps, je cherchais un jardinier pour débroussailler mon jardin. J'avais constaté des professionnels dans l'annuaire, mais sans succès. Et puis, un matin, j'ai croisé un homme qui semblait attendre sur un trottoir; j'ai lié conversation et au bout de quelques minutes à peine, j'ai appris qu'il avait été jardinier. C'est lui donc cet homme qui a retiré les pousses indésirables du printemps dernier de celles qui avaient autrefois été choisies par ma mère. Et tout s'est très bien passé, mais le dernier jour, il m'a confié qu'il avait perdu cet emploi depuis longtemps : il était "SDF", séparé de sa femme et de sa fille !

L’expérience passée, le travail achevé, je me suis souvenu
des élans de joie d'autrefois. Le lien que je puis tirer entre cette expérience et le choix par Jésus d'apôtres de toutes origines, ceci manifeste que le Seigneur est toujours à l’œuvre parmi nous, sans faire distinction des personnes.


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La foi suscite les oeuvres

Message non lupar etienne lorant » lun. 16 janv. 2017, 19:19

Le lundi de la 2e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 5,1-10.
Tout grand prêtre est pris parmi les hommes; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron. Il en est bien ainsi pour le Christ: il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit: ‘Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t’ai engendré,’car il lui dit aussi dans un autre psaume : ‘Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.’ Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,18-22.
En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus: « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?» Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves
. »



A vin nouveau, outre neuve : remarquable image de la supériorité de la mise en ouvre concrète de l’Évangile sur les pratiques rituelles ! Les règles préétablies ont leur valeurs, il faut donc les respecter. Mais au-delà ? Heureux les fidèles qui assimilent les leçons de l'amour divin et trouvent leur mise en œuvre en toutes sortes de situations particulières !

Ainsi, celui qui fait le bien se sentira poussé à vivre mieux encore. C'est par un perpétuel entraînement de la grâce que les hommes et les femmes deviennent des saints ... En effet, quiconque a goutté de cette sorte d'envahissement de la Joie ... accomplira des actes d'autres actes de miséricorde en n'éprouvant aucune gêne à se dépouiller puisque la Joie du Seigneur dépasse tous les biens.

Cet Évangile est véritablement une incitation non pas à supporter les règles de la charité et de la miséricorde, mais à les dépasser encore, dans le quotidien, par l'adhésion du cœur. Quiconque à goûté à là cette adhésion spirituelle se trouvera capable de plus grandes œuvres encore.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » jeu. 19 janv. 2017, 13:26

L'évangile du jour: André Sève ;
Commentaires.

Quand mettons nous Jésus en colère?


"Il promena sur eux un regard de colère"
Jésus voulait entamer un débat,mais il se heurte à des hommes emmurés dans le refus.Chaque vois que j'entends ce texte j'oublie la scène,les discussions sur le sabbat,l'alliance venimeuse des pharisiens avec les hérodiens.Je ne vois qu'une chose:le regard de colère de Jésus.
Il est venu pour être inconditionnellement bon,pour nous apprendre à être bon,et des êtres arrivent à faire de lui un homme envahi par la colère.
J'ai besoin de savoir pourquoi.Il n'a pas regardé la sammaritaine avec colère,ni la femme adultère,ni même Judas.Contre quoi se fâchait-'il?
Contre l'argent qui évacue la confiance en Dieu,contre l'hypocrisie,contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau.Et surtout contre ceux qui se blindent devant la primauté de l'amour fraternel,comme ces épieurs de la synagogue.
Quand mettons nous Jésus en colère? Aller confesser des péchés de gourmandise,et de coquetterie,ce n'est pas très sérieux!Pendant qu'on s'attarde dans des futilités,on évite d'aller jusqu'aux enjeux véritables sur lesquels Jésus revenait souvent : ne pas gâcher sa vie.Ne pas perdre son âme.

J'ai acheté ce livre d'André Sève sur les commentaires des évangiles du jour.Très intéressant .

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » ven. 20 janv. 2017, 0:54

Dans ce texte,cette phrase demande réflexions!
Cette réflexion ,je me la fait souvent sur ce forum!

"contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau."

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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar papillon » lun. 23 janv. 2017, 3:32

Remarque très pertinente, Trinité.
Cela mérite en effet réflexion. :oui:
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De l'Ancienne à la Nouvelle Alliance

Message non lupar etienne lorant » mar. 24 janv. 2017, 11:30

Le mardi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,1-10.
Frères, la loi de Moïse ne présente que l’ébauche des biens à venir, et non pas l’expression même des réalités. Elle n’est donc jamais capable, par ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année, de mener à la perfection ceux qui viennent y prendre part. Si ce culte les avait purifiés une fois pour toutes, ils n’auraient plus aucun péché sur la conscience et, dans ce cas, n’aurait-on pas cessé d’offrir les sacrifices ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,31-35.
En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent.» Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »


Cy Aelf, Paris

Les textes de la Liturgie de ce jour se rejoignent dans une double rupture d'avec l'ancienne Alliance. Sur ce thème, la première lecture pointe la perpétuelle répétition de sacrifices destinés à obtenir le pardon des péchés. Tous y étaient soumis, tous y prenaient part et tous savaient qu'il demeureraient dans cette condition malheureuse.

Tous liés entre eux par la faute originelle, les Juifs l'étaient aussi par le système des générations. Pour être admis comme membre du peuple élu, il fallait appartenir à la descendance d'Abraham. Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).

Mais Jésus, juif, né descendance juive, va rejeter ce précepte sacro-saint. A partir de sa venue dans le monde, est saint quiconque accomplira la volonté de Dieu. Cependant, afin de conclure pleinement la nouvelle alliance, il faudra que Jésus supporte l'ultime sacrifice, celui de la croix.

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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

Cinci
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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mer. 25 janv. 2017, 17:00

Bonjour,
étienne lorant :
Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).
Votre information manquerait apparemment d'exactitude.

Voyez ce que dit l'Encyclopédie du judaïsme :
Conversion au judaïsme
hébr : giyyour

La conversion au judaïsme consiste pour un non-Juif (traditionnellement défini comme une personne née d'une mère non juive) à adopter la foi juive, son mode de vie religieux, à subir les rites de la conversion et à être accepté comme membre à part entière du peuple juif par un bet din (cour religieuse).

Le processus éducatif précédant la conversion varie selon l'époque, le lieu et les besoins du candidat à la conversion. Son objectif est d'assurer un engagement informé et entier, pour la vie et l'intégration dans la communauté juive. Certiains des commandements majeurs et certains des commandements mineurs doivent être enseignés. Le candidat doit être prévenu des persécutions et des efforts exercés pour anéantir le peuple juif. On doit aussi lui dire que, du fait de sa conversion, beaucoup de choses qui lui étaient auparavant permises lui seront interdites, comme de travailler le chabbat. En fait, la loi juive requiert spécifiquement qu'avant toute initiation on tente de dissuader le candidat à la conversion. Cette étape est destinée à filtrer ceux dont les motifs ne sont pas sincères. Une fois que le candidat manifeste de la détermination à se convertir, il y est encouragé.

Les rites essentiels de la conversion sont, pour l'homme, la circoncision, qui marque l'entrée dans l'alliance d'Abraham (à ceux qui sont déjà circoncis, on prend un goutte de sang, au cours d'une circoncision symbolique), et la tevilah, c'est à dire l'immersion complète dans un bain rituel ou tout autre plan d'eau autorisé. Les enfants qui sont convertis sur l'ordre de leurs parents légaux peuvent, quand ils deviennent majeurs, choisir de quitter le judaïsme. Mais le converti adulte relaps demeure, comme les autres, techniquement juif et soumis comme tel à la loi juive; il ou elle peut aussi retourner au bercail juif sans passer par le processus d'une nouvelle conversion.

La conversion relève d'une longue histoire chez les Juifs [...] Dans les temps bibliques, Ruth est la prosélyte modèle. A la fin du IIe siècle avant notre ère, Jean Hyrcan força les Édomites à se convertir, et certains des vaillants défenseurs de Jérusalem contre les Romains vinrent des rangs des Édomites. Une autre conversion à grande échelle eut lieu des siècles plus tard avec celle des Khazars.

A l'époque gréco-romaine, un grand nombre de non-Juifs s'associèrent aux communautés juives de la diaspora, en croissance constante, trouvant dans la foi juive une réponse à leur insatisfaction du polythéisme païen. On dit que certains parmi les plus grands des anciens maîtres rabbiniques comme Chemayah, Avtalyon et rabbi Aquiba, descendent de convertis, et que même Onqelos, qui traduisit le Pentateuque en araméen, l'était aussi.

Une voix minoritaire parmi les sages talmudiques s'opposait néanmoins à l'accueil des convertis. Cette opinion reflète sans doute la situation particulière de la communauté juive, à une époque où tout tentative de prosélytisme devait être sévèrement sanctionnée. Il existe de nombreuses expressions allant en sens inverse, louant les convertis et leur contribution au peuple juif [...] Cette dernière est celle qui prédomine dans la littérature talmudique. Il semble toutefois que les différents points de vue sur le sujet furent moins le produit d'une philosophie particulière que des circonstances prévalant à une période donnée. (p. 249)
Votre remarque n'aurait reflété que l'avis de certains individus minoritaires, pas vraiment représentatifs.

En tout cas, il serait faux sur le seul plan historique de laisser entendre que tous les Juifs du monde descendent uniquement de parents juifs, et ce, en remontant jusqu'à Abraham (!) Non, la religion juive permet à des convertis d'intégrer le peuple juif. Désolé.

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Fête de la conversion de saint Paul

Message non lupar etienne lorant » mer. 25 janv. 2017, 17:14

Fête de la conversion de saint Paul, apôtre

Livre des Actes des Apôtres 22,3-16.
Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté.
Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.” Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-18.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné.

Le récit de la conversion de Paul me renvoie, chaque année, de façon systématique, à ma propre expérience de conversion. J'étais baptisé, mais parvenu à l'âge adulte, au contact du milieu universitaire, je m'étais laissé "contaminer", en quelque sorte, par le jeu des concepts philosophiques. Il n'y avait donc plus de mystère, tout pouvait être soumis à l'examen, tout pouvait être décrypté... Mais à ce jeu-là, comme j'en ai fait l'expérience, la foi, tout autant que l'amour, avaient cessé de m'inspirer.

Pour citer l’évangile de ce jour, quiconque refuse de croire se retrouve tôt ou tard enfermé dans ses propres spéculations, ses ambitions et ses désirs, mais de manière douloureuse, puisque sans espérance.

Il m'a donc fallu tomber de haut, me retrouver "par terre", avec une très forte amertume, jusqu'au moment où Jésus s'est révélé de nouveau. Et depuis lors, je sais combien l'homme a besoin d'être abaissé afin de mieux être relevé... Mais il n'y a que l'amour du Christ qui rend cela possible.

Et lorsque se produit cet événement, de la révélation de l'amour inconditionnel de Jésus, le chemin à suivre n'est plus du tout sinueux, il est tout droit: il faut aimer, l'amour est une nécessité fondamentale, urgente, irrépressible. C'est donc ici que la conversion de Paul nous rejoint tous : il nous faut aimer comme nous avons été aimés.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar etienne lorant » mer. 25 janv. 2017, 17:21

Bonjour,
étienne lorant :
Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).
Votre information manquerait apparemment d'exactitude.

Voyez ce que dit l'Encyclopédie du judaïsme :
Conversion au judaïsme
hébr : giyyour

La conversion au judaïsme consiste pour un non-Juif (traditionnellement défini comme une personne née d'une mère non juive) à adopter la foi juive, son mode de vie religieux, à subir les rites de la conversion et à être accepté comme membre à part entière du peuple juif par un bet din (cour religieuse).

Le processus éducatif précédant la conversion varie selon l'époque, le lieu et les besoins du candidat à la conversion. Son objectif est d'assurer un engagement informé et entier, pour la vie et l'intégration dans la communauté juive. Certiains des commandements majeurs et certains des commandements mineurs doivent être enseignés. Le candidat doit être prévenu des persécutions et des efforts exercés pour anéantir le peuple juif. On doit aussi lui dire que, du fait de sa conversion, beaucoup de choses qui lui étaient auparavant permises lui seront interdites, comme de travailler le chabbat. En fait, la loi juive requiert spécifiquement qu'avant toute initiation on tente de dissuader le candidat à la conversion. Cette étape est destinée à filtrer ceux dont les motifs ne sont pas sincères. Une fois que le candidat manifeste de la détermination à se convertir, il y est encouragé.

Les rites essentiels de la conversion sont, pour l'homme, la circoncision, qui marque l'entrée dans l'alliance d'Abraham (à ceux qui sont déjà circoncis, on prend un goutte de sang, au cours d'une circoncision symbolique), et la tevilah, c'est à dire l'immersion complète dans un bain rituel ou tout autre plan d'eau autorisé. Les enfants qui sont convertis sur l'ordre de leurs parents légaux peuvent, quand ils deviennent majeurs, choisir de quitter le judaïsme. Mais le converti adulte relaps demeure, comme les autres, techniquement juif et soumis comme tel à la loi juive; il ou elle peut aussi retourner au bercail juif sans passer par le processus d'une nouvelle conversion.

La conversion relève d'une longue histoire chez les Juifs [...] Dans les temps bibliques, Ruth est la prosélyte modèle. A la fin du IIe siècle avant notre ère, Jean Hyrcan força les Édomites à se convertir, et certains des vaillants défenseurs de Jérusalem contre les Romains vinrent des rangs des Édomites. Une autre conversion à grande échelle eut lieu des siècles plus tard avec celle des Khazars.

A l'époque gréco-romaine, un grand nombre de non-Juifs s'associèrent aux communautés juives de la diaspora, en croissance constante, trouvant dans la foi juive une réponse à leur insatisfaction du polythéisme païen. On dit que certains parmi les plus grands des anciens maîtres rabbiniques comme Chemayah, Avtalyon et rabbi Aquiba, descendent de convertis, et que même Onqelos, qui traduisit le Pentateuque en araméen, l'était aussi.

Une voix minoritaire parmi les sages talmudiques s'opposait néanmoins à l'accueil des convertis. Cette opinion reflète sans doute la situation particulière de la communauté juive, à une époque où tout tentative de prosélytisme devait être sévèrement sanctionnée. Il existe de nombreuses expressions allant en sens inverse, louant les convertis et leur contribution au peuple juif [...] Cette dernière est celle qui prédomine dans la littérature talmudique. Il semble toutefois que les différents points de vue sur le sujet furent moins le produit d'une philosophie particulière que des circonstances prévalant à une période donnée. (p. 249)
Votre remarque n'aurait reflété que l'avis de certains individus minoritaires, pas vraiment représentatifs.

En tout cas, il serait faux sur le seul plan historique de laisser entendre que tous les Juifs du monde descendent uniquement de parents juifs, et ce, en remontant jusqu'à Abraham (!) Non, la religion juive permet à des convertis d'intégrer le peuple juif. Désolé.
Merci. Je suis enchanté d'apprendre qu'hommes et femmes peuvent se convertir au judaïsme. Ce peut aussi être un chemin qui conduit, comme saint Paul, fêté aujourd'hui, à la conversion au christianisme - Bien à vous.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'oeuvre discrète de la grâce

Message non lupar etienne lorant » ven. 27 janv. 2017, 11:59

Le vendredi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,32-39.
Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances, tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi.En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent. Ne perdez pas votre assurance; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses. En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas. Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence: nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé.» Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde: quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre.» Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.


Il n'est pas simple d'expliquer aux hommes comment la Parole agit en eux et l'on comprend que même Jésus se demande comment expliquer son action dans l'âme du converti. Cela m'a rappelé le "Journal d'un curé de campagne" de Bernanos. Le jeune prêtre prend des notes dans un cahier, mais il lui semble qu'il ne réussit en rien - du moins en comparaison d'un curé plus âgé, bien posé, pondéré et stable.

Mais c'est pourtant lui, le jeune prêtre sans expérience, qui va convertir la Comtesse du lieu - laquelle avait renié sa foi lors du décès de son unique enfant. A cause de cette épreuve, elle avait renié Dieu et n'était pas loin de se maudire d'elle-même. A la fin du roman, le prêtre découvre qu'il est atteint d'un cancer et, ne sachant plus que faire, il se retrouve dans le petit logement d'un autre prêtre, défroqué celui-là, et vivant en concubinage... mais c'est là qu'au moment de rendre l'âme, il perçoit que "tout est grâce" et qu'il avait accompli son ministère en peu de temps et en dépit de tout ce qu'il se reprochait en conscience...

J'ai lu cinq fois au moins cette histoire avant de saisir qu'il en est bien ainsi - car pour moi aussi, il ne m'est pas possible d'expliquer comment, depuis ma conversion, j'ai pu accomplir quelques bonnes choses - et c'est vrai que l'on perçoit ses mauvaises actions plus que les bonnes.

Ayant réussi à suivre, par correspondance avec Cracovie, une théologie de la miséricorde divine, j'ai cru un temps que ma "vocation" serait reconnue et que je pourrais œuvrer d'une manière ou d'une autre au sein de "l’Église visible" - mais les Sœurs de Pologne n'ont même jamais voulu me fournir un document attestant que j'avais suivi cette formation. Donc, pour l’Église, je ne suis demeuré qu'un simple paroissien. Et je n'ai jamais saisi en quoi mes commentaires des lectures pourraient servir d'autres - mais c'est le besoin d'écrire, de commenter, de chercher d'autres points de compréhension de "la Parole" qui a fait de moi un petit témoin de l'Amour. N'est-il pas étonnant que la frustration du cœur puisse aboutir au témoignage?

Je dédie ce commentaire à ma mère Léa: je crois que, de son côté elle a saisi ce qui se passait en moi, mais elle ne n'a jamais voulu m'influencer..


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » ven. 27 janv. 2017, 23:20

Je suis tout a fait conscient de ce que vous relatez , cher Etienne Lorant ,car depuis mon retour vers Dieu ,j'éprouve beaucoup de choses semblables .
Il est évident que l'on perçoit beaucoup plus les mauvaises actions que les bonnes. Avant,j'avais pratiquement aucune conscience de mes mauvaises actions ,aller savoir pourquoi ? Jusqu'à me demander si j'étais vraiment coupable!

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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » sam. 28 janv. 2017, 16:21

Je suis tout a fait conscient de ce que vous relatez , cher Etienne Lorant ,car depuis mon retour vers Dieu ,j'éprouve beaucoup de choses semblables .
Il est évident que l'on perçoit beaucoup plus les mauvaises actions que les bonnes. Avant,j'avais pratiquement aucune conscience de mes mauvaises actions ,aller savoir pourquoi ? Jusqu'à me demander si j'étais vraiment coupable!
Si nous ne saisissons jamais toute l'amertume que devrait nous causer la conscience de nos fautes , c'est encore une grâce venant de Dieu. Le Seigneur nous préserve du désespoir dans lequel nous entraînerait la pleine conscience de nos fautes... Il nous faut apprendre à prêter très simplement à Jésus : nos paroles, nos actes, nos mains, nos chagrins, et Lui être utile par notre abandon de confiance dans l'Amour...

(Je file visiter ma mère !)

Etienne
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Nos obstacles au témoignage

Message non lupar etienne lorant » lun. 30 janv. 2017, 18:01

Le lundi de la 4e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 11,32-40.
Par leur foi, ils ont conquis des royaumes, pratiqué la justice, obtenu la réalisation de certaines promesses. Ils ont fermé la gueule des lions, éteint la flamme des brasiers, échappé au tranchant de l’épée, retrouvé leurs forces après la maladie, montré du courage à la guerre, mis en fuite des armées étrangères. (...) D’autres ont subi l’épreuve des moqueries et des coups de fouet, des chaînes et de la prison.Ils furent lapidés, sciés en deux, massacrés à coups d’épée. Ils allèrent çà et là, vêtus de peaux de moutons ou de toisons de chèvres, manquant de tout, harcelés et maltraités  (...)–mais en fait, c’est le monde qui n’était pas digne d’eux


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 5,1-20.
En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens.(...) Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme Jésus remontait dans la barque, le possédé le suppliait de pouvoir être avec lui. Il n’y consentit pas, mais il lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde.»  Alors l’homme s’en alla, il se mit à proclamer dans la région de la Décapole ce que Jésus avait fait pour lui, et tout le monde était dans l’admiration.


Cy Aelf, Paris

Les lectures de ce jour nous montrent clairement l'obstacle qui demeure en nous dans le témoignage de la foi, tant par la parole que par les œuvres.  L'obstacle de la crainte du jugement d'autrui, de la solitude, des moqueries et des rebuffades ou bien, encore:  du simple simple du "respect humain" (très conventionnel !)- voici ce qui freine notre témoignage.

Pour les prophètes de l'Ancienne Alliance, comme pour les Géraséniens qui préfèrent que Jésus s'écarte, la reconnaissance d'une œuvre divine, surnaturelle, se heurte toujours à crainte - très humaine - d'une existence bouleversée par la grâce. De la sorte, Les prophètes avaient été reconnus comme tels,  mais leurs paroles et leurs actes rencontraient l'obstacle de la crainte d'un nécessaire changement de vie. Ainsi furent-ils persécutés parce qu'ils appelaient   le peuple à une conversion profonde, radicale, plutôt que le seul respect des règles de leur religion.

Le même obstacle est toujours présent en nous.  Nous faisons du bien, soit, mais irions-nous jusqu'à partager, ne fut-ce qu'une journée, le quotidien des pauvres, des SDF ou des malades ?   Je peux témoigner qu'après ma propre conversion, ce qui me fut le plus difficile, c'est de parcourir, de temps à autre, les couloirs d'une clinique toute proche... Je n'avais pas peur d'y rencontrer tel ou tel clients ou relations, non, mais ce que je craignais, c'est bien sûr de me confronter à mes propres phobies - dont celle de la maladie, bien sûr !

Or, il ne suffit pas de croire en Dieu pour sauver son âme, mais il faut plus sûrement apprendre à nous donner nous-mêmes et à laisser le Seigneur agir à travers nous - quiconque a tenté cela  s'est heurté à un obstacle exceptionnel : lui-même !

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mar. 31 janv. 2017, 14:29

L'affirmation de saint Paul est devenue la lumière décisive de nos vies ; "Vous avez été élus, dès la création du monde, pour être saints."

Osons donc observer le chemin qui reste à parcourir, et nous questionner sans ménagement. Puisque nous connaissons notre vocation, qu'est-ce qui empêche un homme de devenir un saint? Contre quel obstacle allons-nous buter? Qu'est-ce qui, concrètement, va se mettre au travers de notre route, stériliser nos efforts?

Beaucoup répondront : l'accaparement de nos tâches, nos travaux les plus divers, les soucis du quotidien, sans même parler des divertissements que procurent les loisirs ou la télévision ...

C'est vrai. Et je rappelle à ceux-là la terrible parabole des Noces. Le plus inquiétant dans les paroles du Seigneur, n'est pas le rejet des invités qui ont décliné l'offre, mais - l'avons-nous bien remarqué? - le caractère apparemment légitime des motifs qu'ils opposent. L'un s'est marié, l'autre vient de faire un achat d'importance, un troisième est retenu chez lui : quoi de plus naturel? Nous aussi, nous pourrions un jour renoncer aux plus impérieuses exigences de notre vocation chrétienne avec de semblables raisons. Cependant, allons au vif du sujet. Il y a quelque chose de plus grave, et parfois d'inconscient : nous avons peur, et nous aurons peur. Regardons en face cette source permanente de toutes nos infidélités.

J'ai lu cette phrase dans une revue, voici quelques semaines : "Au commencement était la peur." L'auteur entendait par là, et ce n'est pas nouveau, que la réaction spontanée du primitif devant le divin est un mouvement de recul, une angoisse devant le mystère. Le primitif craint parce qu'il ne peut expliquer. Notre peur est-elle de même nature? Sommes-nous ici en face d'un univers inconnu aux prises avec des forces dont le secret est indéchiffrable?

Oui, pour une part. Un pécheur se trouve devant l'amour de Dieu comme d'autres devant l'amour humain; comme certains hommes, certaines femmes qui se défendent contre le sentiment qui est en train de naître dans leur coeur ou qu'ils devinent dans le coeur d'autrui. S'attacher, prendre au sérieux ce qui fut peut-être un jeu jusque là, laisser quelqu'un avoir des droits sur nous, parce qu'on a cédé à son appel , se mettre à souffrir : tout cela pose des problèmes; on est arraché à son confort et nul ne peut dire jusqu'où ira cette dépossession de soi. Le chrétien se demande pareillement dans quelle aventure il est embarqué. "Il vient à moi comme un incendie" : l'aveu de soeur Marie-Saint-Anselme, religieuse missionnaire en Afrique, engendre autant d'Inquiétudes que la parole si forte du Seigneur à Angèle de Foligno : "Ce n'est pas pour rire que je t'ai aimée."

Néanmoins, le refus de poursuivre la route, sous prétexte que son tracé ne se lit pas assez nettement, la peur de l'aventure n'expliquent nos dérobades que de façon insuffisante.

Le vrai motif - apparemment opposé à celui-là, et qui sait pourtant se conjuguer avec lui - n'est-il pas la connaissance trop précise que nous avons des itinéraires de sainteté? Ce qui nous attend est à la fois mystérieux et très clair. L'Évangile parle un langage dru, sans place pour les commentaires lénifiants, le sermon sur la montagne met les points sur les "i", et l'histoire de la sainteté, depuis vingt siècles, est éloquente. C'est cette précision qui nous fait peur.

(à suivre)


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