Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

« Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. » (Is 26.9)
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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2016-2017)

Message non lupar etienne lorant » lun. 09 janv. 2017, 18:42

Livre d'Isaïe 42,1-4.6-7.
Ainsi parle le Seigneur : «Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu qui a toute ma faveur. J’ai fait reposer sur lui mon esprit; aux nations, il proclamera le droit. Il ne criera pas, il ne haussera pas le ton, il ne fera pas entendre sa voix au-dehors. Il ne brisera pas le roseau qui fléchit, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, il proclamera le droit en vérité. Il ne faiblira pas, il ne fléchira pas, jusqu’à ce qu’il établisse le droit sur la terre, et que les îles lointaines aspirent à recevoir ses lois.»« Moi, le Seigneur, je t’ai appelé selon la justice; je te saisis par la main, je te façonne, je fais de toi l’alliance du peuple, la lumière des nations: tu ouvriras les yeux des aveugles, tu feras sortir les captifs de leur prison, et, de leur cachot, ceux qui habitent les ténèbres. »

Psaume 29(28),1-2.3ac-4.3b.9c-10.
La voix du Seigneur domine les eaux,
le Seigneur domine la masse des eaux.


Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 3,13-17.
Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait: « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Cy Aelf, Paris

Pour les juifs, l'eau est, comme pour nous, un bien indispensable à la vie, mais aussi: un élément incontrôlable. Nul ne peut se passer d'eau, puisque notre organisme a besoin de la renouveler constamment - certains seraient étonnés de d'apprendre que nous sommes constitués à 90 pour cent par de l'eau ! C'est la raison pour laquelle les hommes qui s'imaginent pouvoir s'immoler par le feu ... n'ont pas choisi le moyen le plus rapide !

En Israël, du temps de Jésus, tous se souviennent que le peuple est sorti Égypte en traversant la mer à pieds secs,tandis que les chars de pharaon y furent engloutis. Mais ils se souviennent également du déluge, car cette eau, indispensable à la vie, peut se muer d'un instant à l'autre en puissance dévastatrice. Indispensable mais potentiellement dangereuse, l'eau est donc un élément ambivalent : indispensable à la vie courante, il peut, tout comme le feu, devenir un destructeur aveugle et sans pitié.

Cette ambivalence est bien présente au Jourdain, là où Jean baptise : le Jourdain, lui aussi peut se montrer capricieux. Dans ce contexte, que peut signifier la parole de Jésus adressée à Jean - lequel proteste : "C'est moi qui ai besoin d'être baptisé par toi !" Car, bien sûr, il ne peut s'imaginer qu'à cet instant le Seigneur va prendre sur Lui tous les péchés que les autres y ont laissés ! Tel est le mystère du baptême de Jésus - qui le conduira, tout à la fin, à la tentation finale au Jardin des Oliviers...


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«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Jésus oeuvre toujours dans le secret des coeurs

Message non lupar etienne lorant » mer. 11 janv. 2017, 17:46

Le mercredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 2,14-18.
Puisque les enfants des hommes ont en commun le sang et la chair, Jésus a partagé, lui aussi, pareille condition: ainsi, par sa mort, il a pu réduire à l’impuissance celui qui possédait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et il a rendu libres tous ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,29-39.
En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche.» Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.


Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris

L’Évangile de ce jour nous montre Jésus à l’œuvre, une œuvre qu'il poursuit sans fin parmi les hommes afin de les délivrer de tout mal. Non pas seulement le mal qui atteint les corps mais aussi ceux qui touchent le cœur et l'âme. Et cette œuvre de salut, d'abord destinée à la descendance d'Abraham s'est étendue à tous les hommes, de toutes les générations.

Je voudrais rapporter ici la petite œuvre accomplie par un ami, lorsqu'il s'est efforcé - avec succès - de convaincre les parents d'une jeune fille de la laisser suivre une année de formation d’institutrice, alors même qu'on l'avait destinée à un travail à la chaîne dans l'usine où son père était contremaître. Je ne saurais dire comment cet ami s'y est pris, mais c'est un fait que cette jeune fille a très bien réussi dans ce nouveau travail.

Cette histoire n'est peut-être qu'anecdotique, mais c'est, tout simplement, du fait qu'il n'existe pas de journaux pour publier de bonnes nouvelles - tandis que les mauvaises nouvelles demeurent les plus répandues. N'est-ce pas du fait que le bien, au contraire du mal, ne fait jamais de publicité ?

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Guérison d'un lépreux

Message non lupar etienne lorant » jeu. 12 janv. 2017, 18:01

Le jeudi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 3,7-14.
Frères, veillez à ce que personne d’entre vous n’ait un cœur mauvais que le manque de foi sépare du Dieu vivant. Au contraire, encouragez-vous les uns les autres jour après jour, aussi longtemps que retentit l’« aujourd’hui » de ce psaume, afin que personne parmi vous ne s’endurcisse en se laissant tromper par le péché. Car nous sommes devenus les compagnons du Christ, si du moins nous maintenons fermement, jusqu'à la fin, notre engagement premier.

Psaume 95(94),6-7abc.7d-9.10-11.
Aujourd'hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
comme au jour de tentation et de défi,
où vos pères m'ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 1,40-45.
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié.» À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi: cela sera pour les gens un témoignage.» Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui
.

La désobéissance du peuple d'Israël leur aura valu d'errer quarante ans dans le désert, de se donner des rois afin d'être "comme les autres peuples", de mener des guerres sanguinaires, de voir leur temple détruit, de connaître l'exil à Babylone... et toutes ces mésaventures leur sont survenues du fait d'avoir voulu "humaniser" Dieu et lui rendre un culte du "donnant-donnant"...

Et lorsque Jésus paraît toutes ses actions sont examinées sous le même mode. Dans l’Évangile de ce jour, c'est d'ailleurs Jésus qui ordonne au lépreux de se conformer aux règles prescrites dans un tel cas. Mais tout en lui conseillant d'agir selon les règles établies, Jésus sait très bien que l'homme guéri, dans sa joie, ira se montrera à d'abord au membres de sa famille - quelle extraordinaire surprise !

Jésus savait très bien que, dans sa joie, l'homme irait courir de maison en maison pour témoigner de Jésus et de sa guérison. Et en définitive, ce sont les règles instituées qui devront céder le pas à une religion déchargée du fardeau de multiples règles qui contredisent la joie et le bonheur d'une foi d'abandon total dans le Seigneur.

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Vivre sa foi concrètement

Message non lupar etienne lorant » ven. 13 janv. 2017, 17:54

Le vendredi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,1-5.11.
Frères, craignons, tant que demeure la promesse d’entrer dans le repos de Dieu, craignons que l’un d’entre vous n’arrive, en quelque sorte, trop tard. Certes, nous avons reçu une Bonne Nouvelle, comme ces gens-là; cependant, la parole entendue ne leur servit à rien, parce qu’elle ne fut pas accueillie avec foi par ses auditeurs. Mais nous qui sommes venus à la foi, nous entrons dans le repos dont il est dit : ‘Dans ma colère, j’en ai fait le serment : On verra bien s’ils entreront dans mon repos !’

Psaume 78(77),3.4cd.6ab.7bc.8.
Qu'ils ne soient pas, comme leurs pères,
une génération indocile et rebelle,
génération de cœurs inconstants
et d'esprits infidèles à Dieu.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,1-12.
Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé.
Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés.»  Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes: « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ?  Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche”?  Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison.» Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »



Les textes de la liturgie de ce jour parlent tous de la même voix pour nous prévenir contre le danger, toujours présent,  d'une conversion qui ne serait pas suivie concrètement d'une mise en œuvre concrète. Dans la guérison du paralytique, le plus important aux yeux du Seigneur, ce n'est pas la guérison du corps, mais celle de l'âme.

Ce qui signifie, pour chacune et chacun d'entre nous, qu'il serait nettement préférable de vivre la condition de l'homme totalement paralysé - plutôt que d'être en bonne santé, mais de vivre en suivant tout ce que le monde nous propose en matière de plaisirs, de jouissances immodérées, de quête d'argent, de domination sur autrui, de distractions vaines, et combien d'autres choses encore...

Il serait très facile - y compris pour le converti que je suis - de relâcher sa vigilance et de considérer, le grand âge approchant, qu'il en a déjà fait assez.  En vérité, ce serait une grotesque erreur de relâcher l'attention aux plus faibles et envers celles et ceux qui n'ayant jamais connu le message de l’Évangile, ont besoin d'un témoignage concret d'une charité et d'une miséricorde effectivement et librement  pratiquées.

Notre époque est tout à fait propice au témoignage et de la pratique, non pas seulement à l'église mais aussi dans le quotidien de l'existence. Il nous faut, à la sortie de la messe, pratiquer effectivement la charité et la miséricorde envers le prochain.  Un homme comme moi, converti dans une vision, est tout autant exposé qu'un autre - du fait des crises en cours, au repliement sur lui-même. C'est une tentation qui ne peut se vaincre que par la charité effectivement pratiquée...

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Les choix du Seigneur débordent toujous les nôtres

Message non lupar etienne lorant » sam. 14 janv. 2017, 19:26

Le samedi de la 1re semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 4,12-16.
Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles; elle juge des intentions et des pensées du cœur. Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard; nous aurons à lui rendre des comptes. En Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi. En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché. Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,13-17.
En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »



Ce samedi, en écoutant les lectures, oui, je me suis senti comme faisant partie du nombre des publicains et des pécheurs, tant je manque de rigueur à vivre concrètement ma foi. Or, je me souviens très bien que j'étais autrefois prêt à toutes sortes de gestes de charité et de miséricorde. Ce fut une époque où tombé ivre de l'amour de Jésus, je me livrais aux autres pour les assister du mieux que je pouvais. Cela ne procédait pas d'une évaluation, d'un calcul de ce qu'il était possible de faire en se fondant sur la raison.

Tout procédait d'une inspiration intérieure, à laquelle je pouvais adhérer ou non. Aussi longtemps que j'ai pu faire abstraction des règles courantes, j'étais pénétré d'une Joie très profonde, laquelle me semblait aussi comme un "puits d'énergie".

Ce temps-là est passé depuis longtemps, car je suis devenu ensuite un "chrétien raisonnable" ...mais il me reste quelques signes de vraie charité qui me sont inspirés ici et là.

Ainsi, l'an dernier,au printemps, je cherchais un jardinier pour débroussailler mon jardin. J'avais constaté des professionnels dans l'annuaire, mais sans succès. Et puis, un matin, j'ai croisé un homme qui semblait attendre sur un trottoir; j'ai lié conversation et au bout de quelques minutes à peine, j'ai appris qu'il avait été jardinier. C'est lui donc cet homme qui a retiré les pousses indésirables du printemps dernier de celles qui avaient autrefois été choisies par ma mère. Et tout s'est très bien passé, mais le dernier jour, il m'a confié qu'il avait perdu cet emploi depuis longtemps : il était "SDF", séparé de sa femme et de sa fille !

L’expérience passée, le travail achevé, je me suis souvenu
des élans de joie d'autrefois. Le lien que je puis tirer entre cette expérience et le choix par Jésus d'apôtres de toutes origines, ceci manifeste que le Seigneur est toujours à l’œuvre parmi nous, sans faire distinction des personnes.


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La foi suscite les oeuvres

Message non lupar etienne lorant » lun. 16 janv. 2017, 19:19

Le lundi de la 2e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 5,1-10.
Tout grand prêtre est pris parmi les hommes; il est établi pour intervenir en faveur des hommes dans leurs relations avec Dieu; il doit offrir des dons et des sacrifices pour les péchés. Il est capable de compréhension envers ceux qui commettent des fautes par ignorance ou par égarement, car il est, lui aussi, rempli de faiblesse; et, à cause de cette faiblesse, il doit offrir des sacrifices pour ses propres péchés comme pour ceux du peuple. On ne s’attribue pas cet honneur à soi-même, on est appelé par Dieu, comme Aaron. Il en est bien ainsi pour le Christ: il ne s’est pas donné à lui-même la gloire de devenir grand prêtre; il l’a reçue de Dieu, qui lui a dit: ‘Tu es mon Fils, moi, aujourd'hui, je t’ai engendré,’car il lui dit aussi dans un autre psaume : ‘Tu es prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.’ Pendant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort, et il fut exaucé en raison de son grand respect. Bien qu’il soit le Fils, il apprit par ses souffrances l’obéissance et, conduit à sa perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel, car Dieu l’a proclamé grand prêtre de l’ordre de Melkisédek.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 2,18-22.
En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus: « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ?» Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront.
Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves
. »



A vin nouveau, outre neuve : remarquable image de la supériorité de la mise en ouvre concrète de l’Évangile sur les pratiques rituelles ! Les règles préétablies ont leur valeurs, il faut donc les respecter. Mais au-delà ? Heureux les fidèles qui assimilent les leçons de l'amour divin et trouvent leur mise en œuvre en toutes sortes de situations particulières !

Ainsi, celui qui fait le bien se sentira poussé à vivre mieux encore. C'est par un perpétuel entraînement de la grâce que les hommes et les femmes deviennent des saints ... En effet, quiconque a goutté de cette sorte d'envahissement de la Joie ... accomplira des actes d'autres actes de miséricorde en n'éprouvant aucune gêne à se dépouiller puisque la Joie du Seigneur dépasse tous les biens.

Cet Évangile est véritablement une incitation non pas à supporter les règles de la charité et de la miséricorde, mais à les dépasser encore, dans le quotidien, par l'adhésion du cœur. Quiconque à goûté à là cette adhésion spirituelle se trouvera capable de plus grandes œuvres encore.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » jeu. 19 janv. 2017, 13:26

L'évangile du jour: André Sève ;
Commentaires.

Quand mettons nous Jésus en colère?


"Il promena sur eux un regard de colère"
Jésus voulait entamer un débat,mais il se heurte à des hommes emmurés dans le refus.Chaque vois que j'entends ce texte j'oublie la scène,les discussions sur le sabbat,l'alliance venimeuse des pharisiens avec les hérodiens.Je ne vois qu'une chose:le regard de colère de Jésus.
Il est venu pour être inconditionnellement bon,pour nous apprendre à être bon,et des êtres arrivent à faire de lui un homme envahi par la colère.
J'ai besoin de savoir pourquoi.Il n'a pas regardé la sammaritaine avec colère,ni la femme adultère,ni même Judas.Contre quoi se fâchait-'il?
Contre l'argent qui évacue la confiance en Dieu,contre l'hypocrisie,contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau.Et surtout contre ceux qui se blindent devant la primauté de l'amour fraternel,comme ces épieurs de la synagogue.
Quand mettons nous Jésus en colère? Aller confesser des péchés de gourmandise,et de coquetterie,ce n'est pas très sérieux!Pendant qu'on s'attarde dans des futilités,on évite d'aller jusqu'aux enjeux véritables sur lesquels Jésus revenait souvent : ne pas gâcher sa vie.Ne pas perdre son âme.

J'ai acheté ce livre d'André Sève sur les commentaires des évangiles du jour.Très intéressant .

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » ven. 20 janv. 2017, 0:54

Dans ce texte,cette phrase demande réflexions!
Cette réflexion ,je me la fait souvent sur ce forum!

"contre ceux qui arrivent à pervertir la religion en fardeau."

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Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar papillon » lun. 23 janv. 2017, 3:32

Remarque très pertinente, Trinité.
Cela mérite en effet réflexion. :oui:
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De l'Ancienne à la Nouvelle Alliance

Message non lupar etienne lorant » mar. 24 janv. 2017, 11:30

Le mardi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,1-10.
Frères, la loi de Moïse ne présente que l’ébauche des biens à venir, et non pas l’expression même des réalités. Elle n’est donc jamais capable, par ses sacrifices qui sont toujours les mêmes, offerts indéfiniment chaque année, de mener à la perfection ceux qui viennent y prendre part. Si ce culte les avait purifiés une fois pour toutes, ils n’auraient plus aucun péché sur la conscience et, dans ce cas, n’aurait-on pas cessé d’offrir les sacrifices ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 3,31-35.
En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent.» Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »


Cy Aelf, Paris

Les textes de la Liturgie de ce jour se rejoignent dans une double rupture d'avec l'ancienne Alliance. Sur ce thème, la première lecture pointe la perpétuelle répétition de sacrifices destinés à obtenir le pardon des péchés. Tous y étaient soumis, tous y prenaient part et tous savaient qu'il demeureraient dans cette condition malheureuse.

Tous liés entre eux par la faute originelle, les Juifs l'étaient aussi par le système des générations. Pour être admis comme membre du peuple élu, il fallait appartenir à la descendance d'Abraham. Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).

Mais Jésus, juif, né descendance juive, va rejeter ce précepte sacro-saint. A partir de sa venue dans le monde, est saint quiconque accomplira la volonté de Dieu. Cependant, afin de conclure pleinement la nouvelle alliance, il faudra que Jésus supporte l'ultime sacrifice, celui de la croix.

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Cinci » mer. 25 janv. 2017, 17:00

Bonjour,
étienne lorant :
Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).
Votre information manquerait apparemment d'exactitude.

Voyez ce que dit l'Encyclopédie du judaïsme :
Conversion au judaïsme
hébr : giyyour

La conversion au judaïsme consiste pour un non-Juif (traditionnellement défini comme une personne née d'une mère non juive) à adopter la foi juive, son mode de vie religieux, à subir les rites de la conversion et à être accepté comme membre à part entière du peuple juif par un bet din (cour religieuse).

Le processus éducatif précédant la conversion varie selon l'époque, le lieu et les besoins du candidat à la conversion. Son objectif est d'assurer un engagement informé et entier, pour la vie et l'intégration dans la communauté juive. Certiains des commandements majeurs et certains des commandements mineurs doivent être enseignés. Le candidat doit être prévenu des persécutions et des efforts exercés pour anéantir le peuple juif. On doit aussi lui dire que, du fait de sa conversion, beaucoup de choses qui lui étaient auparavant permises lui seront interdites, comme de travailler le chabbat. En fait, la loi juive requiert spécifiquement qu'avant toute initiation on tente de dissuader le candidat à la conversion. Cette étape est destinée à filtrer ceux dont les motifs ne sont pas sincères. Une fois que le candidat manifeste de la détermination à se convertir, il y est encouragé.

Les rites essentiels de la conversion sont, pour l'homme, la circoncision, qui marque l'entrée dans l'alliance d'Abraham (à ceux qui sont déjà circoncis, on prend un goutte de sang, au cours d'une circoncision symbolique), et la tevilah, c'est à dire l'immersion complète dans un bain rituel ou tout autre plan d'eau autorisé. Les enfants qui sont convertis sur l'ordre de leurs parents légaux peuvent, quand ils deviennent majeurs, choisir de quitter le judaïsme. Mais le converti adulte relaps demeure, comme les autres, techniquement juif et soumis comme tel à la loi juive; il ou elle peut aussi retourner au bercail juif sans passer par le processus d'une nouvelle conversion.

La conversion relève d'une longue histoire chez les Juifs [...] Dans les temps bibliques, Ruth est la prosélyte modèle. A la fin du IIe siècle avant notre ère, Jean Hyrcan força les Édomites à se convertir, et certains des vaillants défenseurs de Jérusalem contre les Romains vinrent des rangs des Édomites. Une autre conversion à grande échelle eut lieu des siècles plus tard avec celle des Khazars.

A l'époque gréco-romaine, un grand nombre de non-Juifs s'associèrent aux communautés juives de la diaspora, en croissance constante, trouvant dans la foi juive une réponse à leur insatisfaction du polythéisme païen. On dit que certains parmi les plus grands des anciens maîtres rabbiniques comme Chemayah, Avtalyon et rabbi Aquiba, descendent de convertis, et que même Onqelos, qui traduisit le Pentateuque en araméen, l'était aussi.

Une voix minoritaire parmi les sages talmudiques s'opposait néanmoins à l'accueil des convertis. Cette opinion reflète sans doute la situation particulière de la communauté juive, à une époque où tout tentative de prosélytisme devait être sévèrement sanctionnée. Il existe de nombreuses expressions allant en sens inverse, louant les convertis et leur contribution au peuple juif [...] Cette dernière est celle qui prédomine dans la littérature talmudique. Il semble toutefois que les différents points de vue sur le sujet furent moins le produit d'une philosophie particulière que des circonstances prévalant à une période donnée. (p. 249)
Votre remarque n'aurait reflété que l'avis de certains individus minoritaires, pas vraiment représentatifs.

En tout cas, il serait faux sur le seul plan historique de laisser entendre que tous les Juifs du monde descendent uniquement de parents juifs, et ce, en remontant jusqu'à Abraham (!) Non, la religion juive permet à des convertis d'intégrer le peuple juif. Désolé.

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Fête de la conversion de saint Paul

Message non lupar etienne lorant » mer. 25 janv. 2017, 17:14

Fête de la conversion de saint Paul, apôtre

Livre des Actes des Apôtres 22,3-16.
Donc, comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté.
Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.” Comme je n’y voyais plus rien, à cause de l’éclat de cette lumière, je me rendis à Damas, conduit par la main de mes compagnons.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 16,15-18.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné.

Le récit de la conversion de Paul me renvoie, chaque année, de façon systématique, à ma propre expérience de conversion. J'étais baptisé, mais parvenu à l'âge adulte, au contact du milieu universitaire, je m'étais laissé "contaminer", en quelque sorte, par le jeu des concepts philosophiques. Il n'y avait donc plus de mystère, tout pouvait être soumis à l'examen, tout pouvait être décrypté... Mais à ce jeu-là, comme j'en ai fait l'expérience, la foi, tout autant que l'amour, avaient cessé de m'inspirer.

Pour citer l’évangile de ce jour, quiconque refuse de croire se retrouve tôt ou tard enfermé dans ses propres spéculations, ses ambitions et ses désirs, mais de manière douloureuse, puisque sans espérance.

Il m'a donc fallu tomber de haut, me retrouver "par terre", avec une très forte amertume, jusqu'au moment où Jésus s'est révélé de nouveau. Et depuis lors, je sais combien l'homme a besoin d'être abaissé afin de mieux être relevé... Mais il n'y a que l'amour du Christ qui rend cela possible.

Et lorsque se produit cet événement, de la révélation de l'amour inconditionnel de Jésus, le chemin à suivre n'est plus du tout sinueux, il est tout droit: il faut aimer, l'amour est une nécessité fondamentale, urgente, irrépressible. C'est donc ici que la conversion de Paul nous rejoint tous : il nous faut aimer comme nous avons été aimés.

.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar etienne lorant » mer. 25 janv. 2017, 17:21

Bonjour,
étienne lorant :
Il était essentiel, sous peine d'exclusion définitive, de pouvoir faire état de sa descendance. Tous pouvaient justifier des origines des membres de leur propre famille - c'est-à-dire qu'il n'existe toujours pas de cas où un homme puisse entrer en "religion juive" comme cela se pratique dans d' autres religions. (On peut bien devenir bouddhiste par conviction profonde, mais pour ce qui est de la religion juive, il faut être de descendance juive - c'est tout ou rien).
Votre information manquerait apparemment d'exactitude.

Voyez ce que dit l'Encyclopédie du judaïsme :
Conversion au judaïsme
hébr : giyyour

La conversion au judaïsme consiste pour un non-Juif (traditionnellement défini comme une personne née d'une mère non juive) à adopter la foi juive, son mode de vie religieux, à subir les rites de la conversion et à être accepté comme membre à part entière du peuple juif par un bet din (cour religieuse).

Le processus éducatif précédant la conversion varie selon l'époque, le lieu et les besoins du candidat à la conversion. Son objectif est d'assurer un engagement informé et entier, pour la vie et l'intégration dans la communauté juive. Certiains des commandements majeurs et certains des commandements mineurs doivent être enseignés. Le candidat doit être prévenu des persécutions et des efforts exercés pour anéantir le peuple juif. On doit aussi lui dire que, du fait de sa conversion, beaucoup de choses qui lui étaient auparavant permises lui seront interdites, comme de travailler le chabbat. En fait, la loi juive requiert spécifiquement qu'avant toute initiation on tente de dissuader le candidat à la conversion. Cette étape est destinée à filtrer ceux dont les motifs ne sont pas sincères. Une fois que le candidat manifeste de la détermination à se convertir, il y est encouragé.

Les rites essentiels de la conversion sont, pour l'homme, la circoncision, qui marque l'entrée dans l'alliance d'Abraham (à ceux qui sont déjà circoncis, on prend un goutte de sang, au cours d'une circoncision symbolique), et la tevilah, c'est à dire l'immersion complète dans un bain rituel ou tout autre plan d'eau autorisé. Les enfants qui sont convertis sur l'ordre de leurs parents légaux peuvent, quand ils deviennent majeurs, choisir de quitter le judaïsme. Mais le converti adulte relaps demeure, comme les autres, techniquement juif et soumis comme tel à la loi juive; il ou elle peut aussi retourner au bercail juif sans passer par le processus d'une nouvelle conversion.

La conversion relève d'une longue histoire chez les Juifs [...] Dans les temps bibliques, Ruth est la prosélyte modèle. A la fin du IIe siècle avant notre ère, Jean Hyrcan força les Édomites à se convertir, et certains des vaillants défenseurs de Jérusalem contre les Romains vinrent des rangs des Édomites. Une autre conversion à grande échelle eut lieu des siècles plus tard avec celle des Khazars.

A l'époque gréco-romaine, un grand nombre de non-Juifs s'associèrent aux communautés juives de la diaspora, en croissance constante, trouvant dans la foi juive une réponse à leur insatisfaction du polythéisme païen. On dit que certains parmi les plus grands des anciens maîtres rabbiniques comme Chemayah, Avtalyon et rabbi Aquiba, descendent de convertis, et que même Onqelos, qui traduisit le Pentateuque en araméen, l'était aussi.

Une voix minoritaire parmi les sages talmudiques s'opposait néanmoins à l'accueil des convertis. Cette opinion reflète sans doute la situation particulière de la communauté juive, à une époque où tout tentative de prosélytisme devait être sévèrement sanctionnée. Il existe de nombreuses expressions allant en sens inverse, louant les convertis et leur contribution au peuple juif [...] Cette dernière est celle qui prédomine dans la littérature talmudique. Il semble toutefois que les différents points de vue sur le sujet furent moins le produit d'une philosophie particulière que des circonstances prévalant à une période donnée. (p. 249)
Votre remarque n'aurait reflété que l'avis de certains individus minoritaires, pas vraiment représentatifs.

En tout cas, il serait faux sur le seul plan historique de laisser entendre que tous les Juifs du monde descendent uniquement de parents juifs, et ce, en remontant jusqu'à Abraham (!) Non, la religion juive permet à des convertis d'intégrer le peuple juif. Désolé.
Merci. Je suis enchanté d'apprendre qu'hommes et femmes peuvent se convertir au judaïsme. Ce peut aussi être un chemin qui conduit, comme saint Paul, fêté aujourd'hui, à la conversion au christianisme - Bien à vous.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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L'oeuvre discrète de la grâce

Message non lupar etienne lorant » ven. 27 janv. 2017, 11:59

Le vendredi de la 3e semaine du temps ordinaire

Lettre aux Hébreux 10,32-39.
Frères, souvenez-vous de ces premiers jours où vous veniez de recevoir la lumière du Christ : vous avez soutenu alors le dur combat des souffrances, tantôt donnés en spectacle sous les insultes et les brimades, tantôt solidaires de ceux qu’on traitait ainsi.En effet, vous avez montré de la compassion à ceux qui étaient en prison; vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, car vous étiez sûrs de posséder un bien encore meilleur, et permanent. Ne perdez pas votre assurance; grâce à elle, vous serez largement récompensés. Car l’endurance vous est nécessaire pour accomplir la volonté de Dieu et obtenir ainsi la réalisation des promesses. En effet, encore un peu, très peu de temps, et celui qui doit venir arrivera, il ne tardera pas. Celui qui est juste à mes yeux par la foi vivra ; mais s’il abandonne, je ne trouve plus mon bonheur en lui. Or nous ne sommes pas, nous, de ceux qui abandonnent et vont à leur perte, mais de ceux qui ont la foi et sauvegardent leur âme.


Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 4,26-34.
En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence: nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé.» Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde: quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre.» Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.


Il n'est pas simple d'expliquer aux hommes comment la Parole agit en eux et l'on comprend que même Jésus se demande comment expliquer son action dans l'âme du converti. Cela m'a rappelé le "Journal d'un curé de campagne" de Bernanos. Le jeune prêtre prend des notes dans un cahier, mais il lui semble qu'il ne réussit en rien - du moins en comparaison d'un curé plus âgé, bien posé, pondéré et stable.

Mais c'est pourtant lui, le jeune prêtre sans expérience, qui va convertir la Comtesse du lieu - laquelle avait renié sa foi lors du décès de son unique enfant. A cause de cette épreuve, elle avait renié Dieu et n'était pas loin de se maudire d'elle-même. A la fin du roman, le prêtre découvre qu'il est atteint d'un cancer et, ne sachant plus que faire, il se retrouve dans le petit logement d'un autre prêtre, défroqué celui-là, et vivant en concubinage... mais c'est là qu'au moment de rendre l'âme, il perçoit que "tout est grâce" et qu'il avait accompli son ministère en peu de temps et en dépit de tout ce qu'il se reprochait en conscience...

J'ai lu cinq fois au moins cette histoire avant de saisir qu'il en est bien ainsi - car pour moi aussi, il ne m'est pas possible d'expliquer comment, depuis ma conversion, j'ai pu accomplir quelques bonnes choses - et c'est vrai que l'on perçoit ses mauvaises actions plus que les bonnes.

Ayant réussi à suivre, par correspondance avec Cracovie, une théologie de la miséricorde divine, j'ai cru un temps que ma "vocation" serait reconnue et que je pourrais œuvrer d'une manière ou d'une autre au sein de "l’Église visible" - mais les Sœurs de Pologne n'ont même jamais voulu me fournir un document attestant que j'avais suivi cette formation. Donc, pour l’Église, je ne suis demeuré qu'un simple paroissien. Et je n'ai jamais saisi en quoi mes commentaires des lectures pourraient servir d'autres - mais c'est le besoin d'écrire, de commenter, de chercher d'autres points de compréhension de "la Parole" qui a fait de moi un petit témoin de l'Amour. N'est-il pas étonnant que la frustration du cœur puisse aboutir au témoignage?

Je dédie ce commentaire à ma mère Léa: je crois que, de son côté elle a saisi ce qui se passait en moi, mais elle ne n'a jamais voulu m'influencer..


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Re: Liturgie du jour avec Etienne Lorant (2015-2016)

Message non lupar Trinité » ven. 27 janv. 2017, 23:20

Je suis tout a fait conscient de ce que vous relatez , cher Etienne Lorant ,car depuis mon retour vers Dieu ,j'éprouve beaucoup de choses semblables .
Il est évident que l'on perçoit beaucoup plus les mauvaises actions que les bonnes. Avant,j'avais pratiquement aucune conscience de mes mauvaises actions ,aller savoir pourquoi ? Jusqu'à me demander si j'étais vraiment coupable!


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